‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 41 sur 122 · ILES WALL · texte numérisé non relu

ILES WALL

Les îles Wallis furent découvertes, en 1767, par le capitaine de ce nom.

(*) BliMseTiUe et John.

Le terrain, dit ce navigateur, paraissait élevé dans fintérieur, mais au bord de Peau il était bas et d'un aspect agréable. L'Ile était entièrement environnée de récifs qui s'étendaient à deux ou trois milles dans la mer: la côte était couverte de cocotiers ; des cabanes et de la fumée se remarquèrent en plusieurs endroits. Les canots envoyés en découverte trouvèrent que les arbres croissaient jusqu'au bord de Peau, et quelques-uns d entre eux étaient fort grands; on remarqua aussi plusieurs petits ruisseaux. Dès que les Anglais furent près de la côte , plusieurs pirogues se détachèrent, portant chacune cinq ou six' hommes, et accostèrent les canots. Ces Mélano- Polynésiens, robustes et actifs, n'avaient pour tout tétement qu'une sorte de natte qui leur ceignait les reins ; ils portaient de grandes massues semblables à celles qu'on donne à Hercule dans les tableaux. Us consentirent à en céder deux au maître pour un ou deux clous et quelques colifichets.

Maurelle revit ce groupe en 1781; Edwards le reconnut en 1791. Personne ne Ta revu depuis. Sa position, par le 13** 26' latitude sua, et 178** 20' longitude ouest, nous paraît douteuse.

ILES ALLOr-FATOtT.

Ces îles, dont l'existence et la position sont douteuses, paraissent être les îles de Hom, que Schouten découvrit en 1616. A près quelques attaques des naturels et les représailles des Holiafidais, Schouten fit mouiller dans une petite snse qui offrait un ancrage sûr, visà-vis d'un petit ruisseau descendant de la montagne. Le navire hollandais fut affourche de manière à ce que les canons du bord pussent protéger les embarcations qui se rendraient a terre. Alors les échanges de porcs, d'ignames, avec des verroteries, commen(!èrent.

Dans leurs cabanes, on ne trouva aucune espèce de meubles, et on n'y vit que des hameçons et des casse • tête.

Les cabanes avaient vingt-cinq piKls de circoiiférence sur douze de hauteur.

L'UTîfVERS.

La porte, qui était l'unique issue, était tellenxent basse, qu'on n'y pouvait entrer qu'en rampant.

Plusieurs insulaires vinrent s'installer à bord , et trois HollanViais , parmf lesquels se trouvait Aris Claes, un des principaux personnages , descendirent a terre. Ce fut alors^un concours mutuel de politesse.

«Le roi, dit la relation, fit beaucoup d'honneur aux trois étrangers; il tint près de demi-heure ses deux mains l'une contre l'autre et son visnge dessus, se baissant presque jusqu'à terre, et demeuraut diins cette pos ure jusqu'à ce qu'A ris lui fît une pareille révérence. Alors il se releva, et baisa les pieds et les mains d Aris. Un autre nonmie, assis près du roi, pleurait comme un enfant et disait beaucoup de choses à Aris. qui n'en entendait rien. Enfin il retira ses pieds de dessous son derrière, sur quoi il était assis, et se les mit sur le cuu, s'humilianl et se roulant comme un ver de terre.

« Les présents qu'on leur fit leur furent fort agréables. Néanmoins le roi mar('|uait une si grande envie d'une chemise blanche qu'Aris avait sur le corps, que celui-ci en envoya quérir une autre pour la lui donner. En reconnaissance, il donna aux ûages quatre petits pourceaux. On traita aussi pour pouvoir faire de l'eau, et il fut résolu d'y envoyer deux chaloupes, dont l'une serait armée pour la défendre dé ceux qui iraient a l'aiguade en cas de besoin.

a Malgré la foule des naturels qui se rassemblèrent autour des matelots, ce qui les gênait quelquefois dans leur travail, il n'arriva aucun accident; car le roi faisait exercer une police active et rigoureuse par ses officiers. Il paraît qu'il avatt des moyens pour faire respecter ses ordres , car les naturels s'empressaient d'y obéir. Un sauvage ayant volé un sabré dans la chambre, comme ou ne put le rejoindre, on porta plainte au roi; bien qu'il se l'dt déjà enfui à une assez grande distance^ le larroa fut poursuivi , saisi et amené. Le sabre fut restitué à son maître, et ic voleur

OCÉANIE

châtié i coups de bâton. Après cet exemple, rien ne fut plus dérobé, ni sur le vaisseau ni à terre.

« Us avaient une frayeur extrême des armes à feu ; une décharge de mousquets les faisait trembler et fuir de toutes leurs forces; m.iis on les épouvanta bien davantage quand on leur fît entendre par signes que ces grosses pièces tiraient aussi. Le roi désira qu*oa les fît tirer une fois devant lui; mais, quand on le fit, ils furent loua saisis d un si grand effroi , que les deux rois mêmes, nonobstant tous les avis et tontes les assurances qu'on leur avait donnés, ne purent se contenir, et tous s'enfuirent dans les bois, laissant la les Hollandais. Ils revinrent pourtant quelques heures après; mais il n'y avait pas moyen de les rassurer et de les reniettie de leur frayeur.

« Le :2n, les couûnis Lemaire et A ris retournèrent sur l'île, suivis des trompettes et portant un petit miroir et d'autres bagatelles pour le roi. Ils trouvèrent sur le rivage un homme tout courbé sur les pierres, les mains jointes ensemble, le visage contre terre, comme s'il eût voulu prier à la turque : c'était le roi qui leur faisait ainsi la révérence. Ils le relevèrent et allèrent ensemble dans sa maison ou be/ai (vraisemblablement malaï ) , parce qu'il pieiivait. Elle était p.eine de gens qui étendaient devant eux deux petites nattes pour s'asseoir, et le roi s'assit auprès deux.

« Les trompettes ayant alors commencé à sonner, il parut autant d'étonnement que de frayeur sur tous les visages, et ils se prirent tous à crier : j4wOf awo! Cependant le vice-roi ou le second roi entra le visage tourné yers les étrangers, quoiqu'il marchât le côté tourne vers eux. Quand il fut devant eux, il courut vite derrière, prononçant tout haut et avec rapidité quelques paroles d'un ton d'autorité.

£n même temps, il fit un grand saut eh l'air, et se laissa ton)ber tout d'un coup sur son derrière, les jaml)es croisées sous lui; et, comme c'était sur des pierres , les Hollandais s'étonnèrent de ce qu'il ne s'était pas cassé les Jam-

bes; mais ces gens-là sont agiles et robustes plus qu'on ne peut se l'imaginer. Apres cela, il lit une haranffuft ou prière avec beaucoup de gravité^ et, quand elle fut finie, on comment à manger d'une sorte de fruit dont un domestique fît distribution à tout Id monde ; c'était une espèce de limon , è peu près du go()t des limons d'eau « étant écaillé comme une nomme de pin; le breuvage était fait de feuilles d'atoM bouillies.

« Parmi les honneurs qu'on fit aux étrangers, on leur étendit partout deil nattes pour marcher dessus. Le roi et le vice-r i leur firent pèsent de leura couronnes, qu'ils dterent de dessut leurs têtes, et mirent sur celles de Le* maire et d'Arts. Lemaire leur fit snsai quelques présents de peu de valeurf qui devinrent des choses très-ph^cit*uses pour eux. Il leur donna surtout un petit miroir rond ou globe, itur fai* • sant entendre que c'était la figure du soleil et ^e la lune qui étaient ainsi ronds et luisants, et que dans oe mi^ roir on |)ouxait voir toutes les chose! qui lui étaient opiiosées, de quoi ils témoignèrent l)eaucoupde surprise, lia firent entendre qu'ils le suspejid raient à la poutre de leur maison, et ils !• firent bientôt après. Ces couronuts étaient de plumes blanches, longues ^ étroites, ornées par-dessus et par dessous de quelques autres |)etites pliH mes rouges et vertes, venues de per^ roquets, y en ayant dans leur Ile, oà il y a aussi une ^orte de pigeons qui j sont fort estimés; car chacun des coi^ se i tiers du roi en avait un perché aiip* près de lui sur un bâton. Ce jour-lè| on fit enœre beaucoup d'eau , et on eut par troc des noix de coco avec des racines d'oubas; mais on ne put sfoir de pourceaux parce qu'il n'y en avait pas trop pour les haoitants, qui n*»

vaient pour nourriture que ces troit sortes cle vivres et quelques bananei* Ils nous firent entendre, en se sermnl le ventre, qu'ils n'avaient pas de quoi se rassassier eux-mêmes, et que nom leur ferions plaisir de leur donner dee vivres. Le capitaine Schouten vint à.

terre avec les trompettes, que le roi

prenait beaucoup de plaisir à entendre sonner. Les insulaires se prirent à rire à gorge déployée, en voyant nos gens danser au son des instruments; mais rien ne les réjouit davantage que Tescrime qu'Aris Claes et Nicolas Jensz se mirent à faire Tun contre l'autre, répéeà la main. Nous leur avions porté du pain et du vin pour les régaler; mais ils n*en firent pas grand cas, car ils aimaient bien mieux le poisson tout cru. Le roi de l'autre tie étant venu le même jour visiter celui-ci, ils se firent beaucoup de révérences, de gesticulations , et se régalèrent de racines ; mais enfin il y eut un grand démêlé entre eux, et il se fit un bruit terrible. Le roi de Ttle voisine voulait que l'autre retint ce qu'il y avait de Hollandais entre ses mains, et qu'on tâchât de s'emparer de leurs navires; et celui-ci ne voulait pas y consentir, craignant, après tout ce qu'il avait vu, qu'il ne lui en arrivât mal.

« Le vice-roi ou fils du roi ayant passé à bord et visité le vaisseau, ne fut pas moins surpris qu'il l'avait été de le voir extérieurement. Vers le soir, on alla pêcher avec la seine; comme on prit beaucoup de [x>issons , on en fit présent d'une partie au roi, qui en mangea sur l'herbe, de tout crus, têtes, entrailles , queues , arêtes , sans en rien Jeter. On 'ne saurait croire quel apprit ces gens-là ont, et avec combien de gourmandise ou plutôt de voracité \h mangent le poisson. Quand la lune fut levée, les matelots allèrent danser au bord de la mer avec les sauvages, qui y prirent un ^rand plaisir. Ce' fut une joie à l'équipage d'avoir enfin trouvé des gens avec qui ils pussent Are sans appréhension, et avec qui ils fussent aussi familiers que s'ils avaient été 4ans leur pays.

Le 39, sur le midi, le commisi, le sous-commis et l'un des pilotes , après avoir fait une promenade dans 1 Ile, revinrent à bora , amenant avec eux le jeune roi et son frère, à qui Ton ne manqua pas de donner à dîner. Pendant qu'ils étaient à table, on leur fit entendre qu'on voulait partir dans deux jours, de quoi le jeune roi mar-

qua tant de joie qu'il sortit de table, courut dans la galerie, et cria vers le rivage que dans deux jours le vaisseau ferait voile ; ce qui fit encore plus connaître qu'il craignait qu'on n'envahît son pays , quoique cette crainte ne les empêchât pas d'en user amiablement.

Ce roi promit que si Ton voulait partir dans deux jours, il ferait présent de dix pourceaux et de quantité de noix qu'ils nomment ati.

« Le repas fini, le grand roi ou premier souverain vint aussi à bord. Il paraissait âgé de soixante ans. Il était suivi de seize personnes qui composaient son conseil. On les reçut avec toute la civilité possible. En entrant dans le vaisseau , il se coucha sur le visage, et fit sa prière; puis on le mena dans les dedans, où il recommença à prier. Il paraissait dans la surprise et dans i'aomiration de tout ce qu'il voyait , et les Hollandais n'étaient pas moins surpris de ses manières. Ses gens nous voulant baiser les pieds, nous les retirâmes. Ensuite ils se mirent les mains sur la tête et sur la gorge pour marquer qu'ils étalent sujets. Le roi visita tous les endroits du navire, les hauts, les bas,' l'arrière, l'avant, et paraissait extasié comme s'il eût fait un rêve. Ce qu'il admirait le plus était le gros canon dont il avait ouï le bruit à son honneur deux jours auparavant.

Lorsqu'il eut été partout, il désira s'en retourner prompte ment , et il fit beaucoup de civilités en se retirant.

« A ris ayant fait une bonne pêche au clair delà lune, en porta une partie au roi, auprès de qui il trouva une troupe déjeunes filles nues, qui dansaient, jouant sur un bois creux comme une pompe, qui rend quelques sons sur lesquels les jeunes filles se réglaient pour danser. Les Hollandais étaient assez surpris de voir toutes ces clioses pratiquées par des sauvages, n'ayant pas encore ouï dire qu'on en eût trouvé qui parussent si civilisés.

« Le matin du 30 du même mois, le roi envoya par présent deux petits pourceaux , quantité de noix de coco et d'autres fruits, dans l'espérance que le vaisseau partirait. Le même jour,

OCÉANIEi

arr

le roi de Tautre tie le revint visiter, et lui amena seize pourceaux avec trois cents hommes, qui avaient tous, autour de la ceinture, certaines herbes vertes dont ils font une boisson (*). Dès

Î[u'il découvrit celui qu'il allait voir, il ui Gt un grand nombre d*inclinations, et se mit la face contre terre, priant avec ardeur d'une voix fort haute qui ressemblait à un grand cri.

« Le roi qui recevait la visite alla au-devant deTautre, et, en l'abordant, ne fit pas moins de gestes et de postures. Enfin s'étant relevés, ils s'en allèrent dans le belaî du roi visité , où il s'assembla environ neuf cents hommes autour d'eux. Quand ils furent assis , ils recommencèrent leurs prières , joignant les mains et baissant la tête jusqu'à terre.

« Aris étant ailé, avant midi , dans l'tle , il envoya quérir Lemaire et Ban , qui menèrent avec eux quatre trompettes et un tambour, que les rois ouïrent avec un plaisir smgulier. Ensuite il vint une troupe de paysans de la plus petite tIe, qui apportaient quantité d'herbes vertes qu'ils nommaient kava, semblables à celles que les trois cents hommes avaient autour du corps, et ils commencèrent tous à les mâcher.

Quand ils les eurent mâchées, ils les retirèrent de leurs bouches, et, ayant tout mis ensemble dans un grand vaisseau de bois, ils jetèrent de l'eau douce, la mêlèrent et la pétrirent avec les herbes, et en présentèrent aux rois et à leurs officiers qui en burent. Ils en offrirent aussi aux Hollandais; mais ils étaient trop dégoûtés de ce qu'ils avaient vu. On servit encore devant le roi quantité de racines d'ubas rôties et seize pourceaux, à qui, pour apprêt, on avait tiré les entrailles du corps, et qui étaient encore tout sanglants, n'ayant point été lavés. Il n'y avait que' la soie qu'on avait fait brdler en les flambant, et on leur avait mis des

f lierres ardentes dans le corps. C'était à le rôti dont ils se régalaient, et la manière dont ils le rôtissaient.

(*) C'était le piper methjrsticum.

« Voici quelles furent les cérémonies de ce festin : on servit d'abord des racines de kava, qu'on mit en monceaux par rang, en dansant et chantant devant les arikis ou rois. Puis le roi étranger s'assit, et ses femmes et les gens de sa cour s'étant assis derrière lui en cercle , on mit des mets au milieu d'eux, et chacun en prit. On apporta ensuite de grandes civières de vingt à trente pieds de long , chargées d'ubas ou ouhdSy et d'autres racines crues et rôties ojui furent aussi distribuées. Enfin vinrent les pourceaux rôtis remplis d'herbes , les foies y étant attachés avec de petites chevilles. Ils furent mangés non- seulement avec beaucoup d'appétit, mais avec autant d'avidité que s'ils eussent été admirablement bouillis ou rôtis. Tout ce qui se servait devant le hercier ou roi y était porté sur la tête par respect, et ron se mettait à genoux pour le poser devant lui. De ces seize pourceaux, chaoue roi en fit présent d'un aux Hollandais ; ils furent tous apportés sur la tête de ceux ^ui en étaient chargés , et ils se mirent a genoux pour les leur poser aux pieds. Aveo cela les rois leur firent encore présent de onze petits pourceaux en vie , et de quelques autres d'une moyenne grandeur. D'un autre côté , les Hollandais leur donnèrent trois petits gobelets en cuivre, quatre couteaux , douze vieux clous et quelques verroteries qu'ils avaient avec eux. Ils eurent beaucoup de plaisir à voir cette fête, et, vers le soir, ils se rendirent à bord.

« Le dernier de mai , les deux rois allèrent ensemble visiter le vaisseau , et y menèrent presque toute la cour. Les principaux avaient des feuilles de coco vertes autour du cou pour marque de dignité et aussi de paix. On les reçut dans la chambre avec beaucoup de cérémonie, pour répondre aux nonneurs qu'ils avaient faits. Ils firent présent de six pourceaux , dont chaque roi en apporta un lui-même sur la tête, qu'il mit aux pieds du capitaine et du commis , s'inclinant jusqu'à terre avec beaucoup de respect. On fit emporter les pourceaux , et l'on ramena les rois dans la

chambre. On fit sonner les trompettes, jlont 1^ grand bruit et Tharmonie les irenipiissaieut d'admiration. Ce fut bien IMtr^ cbose quand ils ouïrent les dé-

Î barges de la grosse artillerie retentir 9ns1es vallons. Nous leur montrâmes |in portrait du prince Maurice , armé qe pied en cap, en leur Aiisant entendre que c'était là notre kercier. Le principal de ces deux rois se nommait Gramlay, On leur donna à chacun

3 eux couteaux , et un clou à chacune es principales personnes de leur suite; puis ils s*en retournèrent. L'un des fois, voyant un de ses gens voier une tarière en sa présence, lui décharf^ea, ^e colère, un si grand coup sur la tcte, GjM'il pensa le tuer. Quand ils furent embarques, on appareilla, au grand étonnament d«'S insulaires, qui craignaient toujours qu\)n ne les tuât, et qu'on n^ voulût s'emp<irer de leur île.

« Ces insulaires étaient hauts et puisspnts; Içs cens de la taille ordinaire étaif;nt aussi grands que les plus grands hollandais i mais les plus grands étaient

Î'une taille bien plus avantageuse, ils taient vigoureux et bien proportionnés, légers à la course, nageaient et plongeaient fort bien. Leur peau était d'un brun jaunâtre, lis étaient asss.z ingénieux, et aimaient à purer leurs che^f^ux et à les accommoder de diverses manières, les uns les ayant crépus et las autres bien frisés, et d'autres, en cinq ou six tresses nouées adroitement ensenibie, et d'autres, hérissés et droits sur le sommet de ta tête , de la longueur d'un quart d'aune de Uoltande,' comme sj c'avait ét^ des brosses ou des vergettes de crins de pourceau.

f Lit roi avait, au côté gauche de la tête, une longue tresse pendante sur le côté gaucne de son corps ^jusqu'à la hanche , et le reste était noué d'un ou deux nœuds. I^s courtisans avaient deux tresses aux deux cotés. Rn général , tout était nu , hommes et femmes, rois et sujets, hormis le peu de couverture qui couvrait leurs parties naturelles.

« Xm femmes étaient fort laides de

visage, mal faites de corps, de petite taille, et avaient les cheveux courts, comme les hommes les portent en Hollande. Elles avaient de longues mamelles qui leur pendaient comme des sacs de cuir jusque sur le ventre; étaient fort luxurieuses, et se mêlaient sans honte avec les hommes publiquement, même tout proche du roi.

« On ne put remarquer s'ils adoraient un dieu ou des dieux, et s'ils pratiquaient quelque autre culte que la prière qu'on leur avait vu faire; mais on remarqua bien qu'ils vivaient sans souci, comme des oiseaux dans un bois.

Ils ne savaient ce que c'était que de commercer, de vendre et d'acheter. Ce qu'ils donnèrent aux Hollandais ne fut point par forme de trafic ou de troc; cela se fit par boutades et par saillies, selon qu'il leur venait dans l'esprit de donner, et les Hollandais réglaient leurs présents à proportion de ce qu'ils recevaient.

« Ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni ne font aucun ouvrage. Ils recueillent ce que la terre produit d'elie-ni('me pour l'entrelien de leur vie, et qui ne consiste presque qu'en noix de coco ou uba.s et bananes, et en un petit no.-nbre d'autres Iruits. Lorsque la mer se retire, les femmes vont quelquefois chercher sur le rivage , dans des creux , de petits poissons qui y demeure. .t; ou bien elle^ vont pécher avec de petits hameçons, et les mnnizent tout crus; de sorie que l'on vit la comme dans le premier àite dont les poètes ont tant parlé; car ou peut dire, en vérité,

aue l'on trouve encore ici li's prémices e l'homme tout simple et tout brut, tel qu'il est sorti des ma'ns de la nature. En partant, on nomma ces fies les lies (Je Hoorn, dii nom de la ville où le vaisseau avait été équipé, et où la plupart des gens de l'équipage avaient pris naissance. La baie fut ïiowwwét ConcQidia y du nom du ua« vire. »

Il est temps d'aborder l'archipel important de Vi(i, pour terminer la description de notre grand archipel mélano-poly nésieo.

OCÉANIE

ITt

ARCHIPEL DE TlTl OU FIDOI.

GiOGRAFaiB.

Les naturels donnent à cet archipel le nom de Viti, de celui de Hle principale, et les Tongas celui de Fidgi.

rfous lui conserverons le premier nom, selon notre usage.

I iti-Levou, c'est-à-dire Fiti la Grande y est lu plus populeuse de toutes ces iies : elle a vingt mille habitants, d'après Toumboua-Nakoro. Les insulaires de Viti s'appellent eux-mêmes A'at-Pt7i,conune ils appellent Kalton-ha les habitants des îles Tonga ou des Amis, et Pppalan-hi tous les peuples civilisés , ou mieux tous les hoxu' me^ à vêtements qui les visitent. Leurs connaissances géographiques sur notre globe paraissent se borner à savoir qu'il est habité par trois races d'Iiommes ou trois peuples différents : les Kdi'Viti^ les Katton-ha et les Kalpapalan-kL

L'origine du nom de Fidgi est probablement due aux habitants des Iles Tonga, qui nomment ntchi-Levou , la grande Viti, et / ifchiy les habitants de tout l'archipel. Panni les Vitiens eux-mêmes il en est qui disent aussi Vitchi-Levou. De Vitchi et Fitchi, les premiers navigateurs ont fait Fidgi.

L'archi|)el Viti se prolonge dans une étendue de cent lieues du nord au sud, sur quatre-vingt-dix lieues de l'est à l'ouest, entre le 16** et le 20<» de latitude sud et le 174" et le 179° de longitude ouest du méridien de Paris. On y remarque' deux grandes Iles, deux autres moins étendues , une quinzaine d'autres de médiocre grandeur ; enfin , unnomhreencore inappréciable dîiots, d'érueils et de rérifs restent iiicornius.

Les trois grande^ îles de l'archipel Viti sont Viti-Lcvou, Vanoua-Levou et Kandabon.

Viti-Levou, la plus grande de ce

fronpe, et une des plus étendues de la Polynésie, sauf la Nouvelle-Zeeland , a soixante-dix milles de l'est à Toiiést, et près de soixante milles du nord au sud. Les terres sont heureusement accidentées; elle est verdoyante et paraît être

eouverte de fleurs et ie flniîti. iiii-

vant Dillon , Viti-Levoa se divisenûl en Quatre distritcs, Rêva, Taouzara^ Breto et Imbao. Ce dernier, le plus iiiH portant de tous, occupe la^rtie orieil»

taie de l'Ile; et son cher On vo, qui a pris le titre d'Abouni-Vano , ou pld^ tôt Abounivalou^ a rendu presque toutes les îles orientales %e% trtbutai<< res. Dillon prétend que cette tte a cent mille habitants, dont la moitié appartiendrait au district d'imbao. Les limi« tes géographiques de l'tle sont, au sud » IS"* 16 latitude sud; à l'est, 176* l!f longitude est; à l'ouest, 174<> 46^ lon-t gitude est. Les gisements de la cota nord n'ont point encore été exactement' relevés. On y trouve, ainsi que dans la plupart des autres îles de Tarcbipel, un grand nombre de tortues.

Vanoua-Lbvou, qui paraît presque aussi grande que Viti-Levou, est encore bien peu connue. On a eité les noms de Paou, Dagon rabé, Taka-Nova et Boua , comme ceux d'autant de districts de l'Ile. Dans celui de Dagon-* rabé , selon Toumk)oua-Nakoro, est une grande ville ; mais son rapport paraît être exagéré. Ce serait dan» ce dernier canton que se trouverait la Baie du Bois de sandcUy d'un mouillage sûr, mais d'un accès difticile. Les divers dis* tricts reconnaissent chacun un chef, et ces chefs se font entre eux une guerre acharnée. Il fut un temps où le bois de sandal abondait sur cette île, et notamment sur la côte occidentale.

Vers les premières années du siècle, un grand nombre d'aventuriers espagnols, américains et anglais, y trouvèrent de ifiagnifiques chargements.

Mais il paraît que depuis cette époque, les beaux arbres sont devenus plus rat res et moins faciles à se procurer; l'im-* mense palmier, corupna umlfracuU^ Jera,y domine des forets impénétrables^ et ses branches en éventails servent de toit aux cabanes des indigènes. D'à* près M. de Krusenstern, Vanoua-Levou aurait cinquante lieues de circuit, et s'étendrait depuis I6<* 18' jusqu'à 17^ de latitude sud, et depuis 176* 4 jusqu'à 175» 13' de longitude est. Mais ces données sont encore peu sûres.

MO

Entre ces deux Iles règne un canal de doaze lieues de large ,passe dangereuse, peu pratiquée et semée de brisants dans toute sa longueur. Un autre canaK d'une étendue à peu près égale , sépare Viti- Levou deKandabon. Kandabouy dont le gisement a été fixé par les travaux de VJstrolab€y est une île haute , montueuse, terminée, au sud-ouest, par un pic d'une grande élévation (voy. pL 802). Son étendue est de trente milles environ de l'est-nord-est à Touest-sudouest, sur une largeur variable de quatre à neuf milles. Selon Toumboua- Kakoro, il y a un mouillage sur la côte méridionale, et l'île contient dix mille habitants, chiffre qui paraît fort exagéré. Le pic de l'ouest est situé par 19« 6' latitude sud, et 175> 30' longi- . tude est.

ILE DB PÂOU.

Nous donnerons, d'après Mariner, la description de l'Ile de Paou, qui nous paraît être la même que Vanoua- Levou, malgré l'opinion de Malte-Brun qui l'a confondue avec Viti-Levou.

L'île de Paou est très-fréquentée par les bâtiments américains et anglais du Port-Jackson , qui vont y chercher du bois de sandal, lequel ne vient que dans une certaine partie de l'île appelée Voaia {*), C'est principalement à la Chine que l'on vend ce bois ; la demande en est si grande en proportion de la quantité que l'on coupe, qu'il commence à devenir rare, et, par conséquent , cher. Autrefois on en obtenait d'assez grandes quantités pour quelques clous. Mais aujourd'hui 4es indigènes demandent en échange des ciseaux, et ils les veulent delà meilleure qualité; car ils ont appris peu à peu a les connaître. Ici les chefs ne sont pas généralement dans l'habitude de s'oindre le corps, ce qui fait qu'ils ne font qu'une légère consommation de ce bois , dont tes habitants se servent

(*) Ces! Tmisenblablement Yoiiia , autrement la Baie du bois de seuidat, un des diilricU et ports de Tile Vaoua-Le\ou ; c'est un mouUlage sûr, mais d'un accès difficile, G. t. D. R.

uniquement pour parfumer l'huile. 1 habitants des îles Tonga, au contraire, qui en emploient une grande quantité, se plaignent de sa rareté. Avant qu'ils seiussent procurés des outils enfer, ils donnaient en échange du bois de sandal, des dents d'éléphant, du gnatou{**), des nattes pour voiles, etc.

Paou , selon Mariner, est la plus importante des îles Viti , et elle est beaucoup plus étendue oue Vavao ( de l'archipel de Tonga ). Il y a , dans la partie occidentale, des montagnes d'une assez

Srande élévation. A la base de Tune 'elles se trouvent deux sources chaudes situées l'une auprès de l'autre, et qui servent à la garnison d'un fort du voisinage, à bouillir ses yams et ses plantains; on les met, à cet effet, dans un vaisseau perforé sur les côtés.

Les naturels de ce pays ont les cheveux beaucoup plus crépus que ceux des îles Tonga. Hommes et femmes se poudrent avec les cendres des feuilles de l'arbre à pain , avec de la poudre de corail , ou bien de la suie provenant du toui-toui. Ils ne fout usage de la poudre de corail que de temps à autre pour donner de la roideur à leurs cheveux , qualité que cette poudre possède au suprême degré. Ils font usage de ces différentes substances en les mêlant en abondance avec de Teau , dans laquelle ils se plongent ensuite la tôte deux ou trois fois de suite.

Dans ces contrées, les enfants des deux sexes vont entièrement nus, les filles jusqu'à l'âge de dix ans, et les garçons jusqu'à quatorze. Les filles prennent alors le costume ordinaire des femmes, qui ne consiste qu'en une espèce de tablier taillé circulairement, de douze à quatorze pouces de large, et qu'elles attachent autour des hanches; en vieillissant, elles en augmentent la largeur jusqu*à dix-huit pouces. A quatorze ans, les garçons prennent le mahi ou le costume ordinaire des hommes , tel qu'on le porte aux Iles Haouaî, à

(*) Le gnatou est une espèce d'éloffe faite de récorce du mûrier que les Ctiinoîs emploient pour fabriquer leur papier.

OCÉANIE

rexception qu'il est beaucoup plus ample.

Les enfants sont ffancés dès l'âge de trois à quatre ans. Aussi les habitants des tles Tonga qui visitent les îles Viti disent-ils que Ton n'y trouve pas une seule femme qui ne soit surveillée par un mari jaloux. Un homme peut avoir plusieurs femmes ; mais leur rang est réglé d'après leur naissance, et celte qui est diine naissance distinguée est* toujours l'épouse en titre, et respectée comme telle par les autres. Si son mari meurt avant elle, on l'étrangle le jour même de sa mort, et elle est enterrée avec lui.

Les individus des^ deux sexes sont dans l'habitude de se faire, au bas de chaaue oreille , une incision où ils introouisent un morceau de côte de feuille de plantain, d'environ un pouce de lonij, ann d'élargir l'incision. Quand celle-ci est cicatrisée , on y place d'abord un autre morceau de côte plus gros que le premier, et ensuite un morceau de bojs , de manière à élargir et à faire pendre considérablement le bout de l'oreille. Les femmes qui se font cette incision, considérée comme un grand ornement , l'outrent au point de passer dans les oreilles des morceaux de bois d'une si grande dimension, que les extrémités leur pendent presque sur les épaules. Souvent l'incision acquiert ainsi dix pouces de circonférence. Les hommes et les femmes sont d'ailleurs loin d'avoir la peau aussi douce et aussi lisse que celle des habitants des îles Tonga ; ce qui provient sans doute de ce qu'ils ne sont pas dans l'habitude de s'oindre le corps. Comme ceux de l'archipel de Tonga, les insulaires des îles Viti se repaissent souvent de la chair de leurs ennemis. Mais on doit dire cependant que cette barbare coutume n'est guère pratiquée que par les chefs et les guerriers.

Selon Mariner, les habitants de Paou aperçurent, en 1800, un lézard gigantesque qui en dévora plusieurs, et répandit la terreur dans l'Ile. Un chef parvint à lui jeter un nœud coulant, et les naturel» I à coups de casse-téte ,

assommèrent ce monstre, le firent rôtir et le mangèrent. Les vieillards qui racontaient cette aventure à Mariner, prétendirent que c'était un excellent régal. Nous pensons que ce lézard gigantesque n'était autre chose qu'un crocodile biporcatus,

I/île Ono (*) , décoQTcrte , «d 1819 * par le Rdsm Bellinghaasen. Terre haute et peuplée, de quinia lîeaes de ctrcuil, avec an liane de corail au snd- ODCSt, et deux petites Ile* inhabitée* d'une lieue de tour ; le aommei gU par ao* degrés 39' latitude sud, et 178** 55' longitude est.

Batoa, d^ouTcrte, en 1773, par Cook, qui la nomma Ile Tortue, parce qu'il 7 TÎt beaucoup de ces animaux ; reconnue , en 1 793 , par d'Entrecas. teaux, et par d'Urville, en 1817. C'est une terre peu élevée, peuplée faiblement, a jant envi ronqua* tre ou cinq milles die circuit, avec un récif qui s'étend jnsqu'i deux millvs du rivage. Quand Cook descendit à terre, tous les naturels prirent la fuite. Latitude snd 19" 4^', longitude est 179^ ai'. A quatre ou cinq milles an sud-ouest de cette Ke r^ne nn récif dangereux de quatre i cinq lieues de circuit et parsemé de tètes de corail , en forme de chapiteaux. Ces tètes de corail s'élèvent parfois jusqu'à quinze pieds au-dessus du niveaa de la mer.

OvoesA-ITavoD , découverte de loin par Wilson, en 1797 , fut revue de près par d'Urville, en 1817. C'est une terre haute et bien boisée , de six i sent milles de circuit , avec une autre Ile h.-iute aussi , mais plus petite , nommée Hong-Hea , lUki , et deux îlots de sable , Nougou , Chongoia ; le tout entouré d'un récif commun. Les habiténls de ces divers endroits ont été massacrés par les Tongas , qui ont fait de ce groupe une sorte de pied à terre pour lenrs opérations. Latitude sud 19^ 8', longitude est 179^ 10' (sommet.)

Boai.Aaa<HA parait avoir été découverte par les navires Hanington et ÉlùaSeik, qui la nommèrent i tort Laquebe. Vue de loin par Wilson, elle fui exactement reconnue par d'Urville en 18x7. C'est une île hante , bien boisée , d'un agrésbie aspect , longue de six milles du noid-nordouest an sud-Andest , large de trois , et cernée par nn brisant. On lui donne quatre-vingts habitants. Latitude sud 19* 8', longitude est 179 (sommet.)

Iles Ako-Haia, aperçues par Bligh en 1789 1 revues par Wilson en 1797 , et reconnues en 1897 par d'Urville. Le groupe se compose de trois ou quatre petites îles hautes et inbabilées .dont la principale n'a que trois ou quatre milles de circuit, et gli par 18*57' latitude sud, et 179° 7' longitude est.

Namooxa, découverte par Bligh en 1789. revue par Wilson en 1797 , qui la nomma Neai't TamgtUt reconnue par d'Urville en 1837. C'est une Ile haute, ayant quatre milles de l'est à l'ouest sur un mille de large, et environnée d'un vaste récif; fort peuplée jadis , elle n'a pins aujourd'hui qu'une centaine d'habitants . tant des guerres fréquentes avec Imbao et Lagouemba ont moissonné d'hommes. KUe est fertile en cochons et en ignames. Latitude sud 18* 53', longitude est 178° 55' ( pointe ouest). (Il exista une lie de ce nom dans l'archipel de Tonga.)

(*) Nous emprunterons la position des îles sui- Tantes au yojogt pittontqmf de d'Urville, q ni, dans ce travail , a iiMliqué ses découTcrtat et ses recoa< naissancet.

MABAMiOt reconnue par d'UrrilIc en 1837; petite {le b<jia<^, inbabiire, de trois à quatre milles de circuit, latitude sud 19" i'. loiif^itude est 178' 49'*

KiMBâSA, rrcnniiue par d'Urvillp en 1827, ile ]iaut« de nrufà dix millra de ci rcui i ; c'est VApoUo de Krofrnstrrn, découverte, selon lui , psr les narires Uarringtoa et É/iiabelh, On J compte 'une centaine d'habitants , vassaux du rni d« La^oupinba, occtipés soit h prchi>r dt?» tortues, soii à fabrifiuer des lances et des pirogues. Latitude sud 18** bH', lon^iiude est i7M'*39' (sommet.)

Wano4RA, reconnue par d'Urville en 1837; île haute et inhabitée, de drux mill<* et demi d'étendue du nord-nord est au sud sud-ouest; c'est l'ili' Fooeaffa de la carte de Krtisensiern. Latitude sud xV* 53*, longitude et 178" 43' (pointe nord.)

Mq^B, découverte par Bligh en 1789, vue par 'Wilson en 1797* qui la nomma Itt Danger, el reconnue par d'Urville en 1837-, ile haute d'environ dix milles de circuit et entourée d'un brisant. On lui ashigtie une centaine d'habitants. Sur un large brisant, situé dans l'est de cette ile, se |»erdïl le navirr i'^rgo, el le capitaine Wilson ne s'en tira lui même qu'après avoir couru dit grands dangers. Latitude sud 18^ ii\ longitude est 179** 5'.

KoMo, découverte par Bligh en 1789, recnnnne par d'Urville en 1817; Jle hiiute de trois h quatre milles de circuit avec une quarantaine d'habitants. Latiiudif sud i8'*4i'f longitude est 179'' 58'.

IluLO-RonA, déi-ouverte par Bligh en 1789, re- Tue par d'Urville en 1817; petite ile haute et inhabite. Latitude sud 18" 40', longitude est 178" Si*.

KiHooA, aperçue de loin par Wilson en 17971 reconnue aussi de loin |Mir d'Urville en 1817; île haute ^ inhabitée, dont l'étendue n'est pas di-teiminée encore d'une manière précise Latitude sud x$'* 19', longitude est 17'*" 56' (commet )

Laooubmbs. découverte, srion Kruscustern , par las navires Ham'ngfon et £7/ aùetA, qui la ooinmèrent , par erreur, Atnkamho, reconnue de près par M d'Urville en 1847; ÎN* haute d'un aspect agréable, ayant cinq milles du n< rd an sud , et autant au moins de l'est * l'ouest . environnée de brisauts qui s'étendent au large dans l'e^ti on y compte mille habitants. I.e mi de Lagt.ueinha n'Çoit les Iribnts de toutes les Iles situées an sud ; mais , à son tour, il est tributaire du rtii d'Intbau Latitude sud 18* la*, loDgitude e«t 178* 47' (soinmel )

Tasoii«kSiki , la Tabouna Colly de la carte de Krus<-iisiern, reconnue par d'Urville en 1837 ; petite tie inhiibilee de deux on trois milles de rircuit. Latitude sud 16** 46'. longitude est 178** 33'.

B&ROu Ratoii , ViMMiu V.idou sur la carte de Kru- SeiiNtem, reconnue p;ir d'Urville en 1817 ; île hante ayant une ciiK{uantaine d'habitante et quatre à cinq milles de circuit. Latitude sud 18° sa', longitude est 178" ao'.

Nasoii, reconnue par d'Urville en 18x7, et nommée ifi-lida Kur la cane de Knisenstern, par ctmfusion avec la suivante; île haute de sept à huit milles de circuit, et peuplée d'une centaine d*in<»olairet. Latitude sud 17 59', longitude est 178°

Dztn* , la Favorite de la carte de Krusenstern, reconnue par d'Urville en 1817 ; Ile haute de neuf à dix milles de circuit avec ou millier d'h^ibilunls. Latitude sud 17*46', longitude est 178** i4' (pointe •ud-ouesi.)

BsTuicBftta. reconnue par d'Urville en 18x7, pourrait bien être l'île Haweis de Wilson, vue en X797i U« trw-b«ttle« ayant troia ou quatre milles

au pins de circuit et pourtant habitée. Latitude swi 17* i5', longitude est 178".

AzATâ , découverte en 1797 par Wilson, qui la nomma Hamitton, reconnue p^ir d'Urville en 1827; Ile haute, peuplée, de six milles de circuit. Latitude snd 17* i5'. longitude est 178* 3" (sommet). A l'ouest-snd -ouest d'.Azata , trois îlots boises el inhabités, nommés Kou{:ou-Tolou , |>oiatenl an* des.«u<( d'un réc f de trois milles d'étendue.

Mâ«ao, découverte en \']t'] \)»r Wilson, qui la nommM //e Cot , vue de loin pard^UrviHe en 18x7; ile très- hante, de quatre h. cinq inilirs de circuit, ovec quatre cents habitants. Latitude sud 17^ a4** ionifitude est 178** 18'.

Karazka, découverte en 1797 )>ar Wilson. qui la nomma Ile Sims, vue de loin par d'Urville eu 18x7; île hante , a>.'înl quatre uiitlr» de circuit et cent habitants. Latitude sud 17" 17', longitude est 178° iK'.

Ile IIadows, découverte par W^ilson en 1797 ; île haute de deux ou trois milles d'éiendnc du uord au snd, sans doute l.i Mounia de^ naturels, p-uplée de quatre vingt.s habitants. Latitude sud 17" 16', longitude est 178" 3o'?

Ile Scott, découverte par Wilson en 1797: île haute de dix ou douze nnl'es de cirtnil , pnihableroent la Banoiuin ttoulalou des naturfN; elle compte deux mille habitants. Latitude snd 17'' i a', longitude est 178" >6' (milieu)?

Ile MiuDLKTOK, déciinvcrte p.ir WiUon en 1797; ile hante ayant sept à huit milles d'éiêndne. Seraitce l'ile Kahava des indiginie»? I.alitude sud 17 6', longitude est 178*26' milieu ). OUe îJe.-aver (a précédente et une troisième petite noinoiée Oirfing, |ïar Wilson , sont entourées d'pn rérif c<»ini»i«i"'

Ile Sribdiro, découverte par Wilson en 179?» Ile h.nule de cinq ou six mil/es de circuit. Latitude sud 17" 10", loiigitiide est 17^" 3"'.

Ile Tasse-RHOTHsiis. découverte en 1797 par WiUon ; Iro s îlot» sur un même récif , occupant une étendue de quatre O'i cinq iniUeH a l'<»iiest.>»»aouest ; peut-éire e«.t-ce le JVougoti'To.ou «le» natniels» Latitude sud 17**, longitude est i78* 40' ( l>o:iitO Dord-est. )

Ile Bluff, découverte en 1797 par WiUo»»! P*;" tite ile Inhabitée et «'nvironnée d'un rétif; elle P«""*J* être la Muiima des naturels. Latitude suA ib 56', longitude est 178" 3a'.

Ile ScAss, découverte par Wilson en «797" 9* sont trois îlots entoures d'un réc f de cinq 011 s«» milles de circuit. Serait-ce encore un Nougou-Toloar Latitude 17" 6', bmgitude est 178^ x4'*

lie Nkita-Oduba , découverte eu 1797 par Wilson , qui la nomma Ht Direction, reconnue par d'Urville en 18x7; ile lianie avdui trois no q"*"* milles de circuit el une ;.nixanlaine d'h»biiants. L*" tituda sud 18" a', longitude est 178" 18 ?

Ile l.ow, découverte par Wilson en 1797 î P***!* île basse et inhabitée, accoinjMignee d'un brt»<inl de six à huit milles du no.d au sud C'est ril** ^f bioua des indigènes. Latitude sud 16° 44't ^obC* tU'Ie est 178" a4' ?

Noi<ooi'-Laovdzala , découverte par Wil*^" *** 1797, reconnue par d'Urville en iSï'j; petite lia baisse et inhabitée, avec un brisant de dix ou douze milles du nord au sud. Latitude sud 16** 4^'* '''"' gitnde est 178"* 3'.

Ile Sa RDI. découverte en 16 13 par Tasinan, »*'"• par Wilson eu «797 i petite ile basse aceoinpagnéa d'un rétif de douze on quinze milles du ooro ** sud , et peu|ilée de quelques habitaots. C'wt P^

0CÉA.1NIE.

Lableaient la Jftugtuie-Levou des indigènes. Latitude &Hd i6* ao', lônptude nt 178* 4'.

D'iinroeiisrs brisants, noiniiié&, en 1797, par WiUou, r^if de CaàsvBDs et ircif de bcfLLA, «niuent presque coiitpléteiueul ces iles aux sai- Tantes;

lie Và.mmwnvi., découTerte par Tasmanen i643, revue par Wilson en 1797 ; île haute , de trois i quatre inillrs de circuit, avec une crntaîne d'habitants. C'est sans doute la Zigombia des natifs. Latitodr sud t5* 4a'. longitude est 177** 4a'-

lle Edwasds, découverte par Tasinan en i643, Tevue par Wilson m 1797 ; terre hsutc et cnnsidérable, mais fort ma' signalée. Latitude sud 16° 16'» longitude est 177" 17*.

lies Uhoddza , dpcouvertes en i643 par Tasman, revun en 1797 par Wilson, qui les nomma Ciuster, reconnues en 1887 par d'Urville; groupe de quatre i cinq îlots élevés, inhabités, et occupant un es-

f>ace de quatre a cinq milles du nord an sud. Latiude sud 16" 36', longitude est 17^7** Sx' (celle du sud.)

Ramis, découverte en t643 par Tasman , revae en 1797 par Wilson , qui en passa fort an large, et la noutina ffes (iiUet et Tate , aperçne de loin par d'Urville- en 1837. C'est une terre hauteet considérable, dont la dimension est emore iiiconnui*; on ignore mémr si elle forme une srule ile ou plusieurs îles. Sa p4ipulation estévaliiéei ccni habitaiiis. Latitude sud 16** 33', longitude est 177" 37' (^iiommet).

Tasb-Oumi , 'découverte en i643 par Tasman, revuf en 1797 par Wilson , qui la nomma lie Lambeiu, rrvonnoe par d'Urville en 1827 ; terre d'une immense .hauteur , ayant au moi us vingtdeux railles d'étendue du nnrd-est au sud ouest , sur dix 00 douze milles de largeur ; on lui donne on millier d'habitants. Latitude sud 17^ i', longitude est 177** 28 (pointe sud-oaest). A sa pointe Dord-est e^t une petiie ile nommée Bioumbam. U

Earaît que Ta be- Ou ni n'est séparée de Vanoaa-Leou qnr par on canal étroit.

' OoooMKA, d*'Couverte en 164) par Tasman , re- Toc en i79f |»ar Wilson , qui la nomma , conjointement avec la suivante , Ile Ross , reconnue en 1837 par rt'DrvtlIe, qui constata leur séparation par un canal étroit ; ile haute et peuplée , de six milles d'étendue de re-st-nurd-est à l'onest-sudouest , sur trois i quatre miMes dehirge. Latitude sud f8** 48', longitude est 177** 4^' (pointe sudouest).

LAODZAI.A , découverte en 1643 par Tasman, vue en 1797 par Wilson, reconnue par d'Urville en x8>7 ; ile bavte d'environ cinq ou six milles de circuit . avec une centaine d'babiinnts. Il y a quelques années, ane pirogue de Tonga ajant fait naufrage sur leurs côte», ces cannibales ma.^9a• errrenl et mangèrent tous les hommes de l'equi-

rage. Latitude sod 16® 46', longitude est 177^, 3' ((jointe est) Koo , reconnue de loin, en 1837, par d'Urville. C'est oDe ile fort hante , longue au moins de douze Ipillea du nord-nord e!>t au sud sud-ouest , sur quatre A cinq milles de large . avec nn brisant sur sa partie orientale. On lui donne mille habitants. C'est la Gonm de la rarte de Kru>enstern , et son vrai découvrenr est inconnu Du 17** la' au 17^ a6 de latitude sud ; longitude est 177 (soicmet).

Nais ai , découverte par Bligh en 1789. reconnue par d'Urville en 1827; ile haute, de neuf i dix nillas de eircuit , ayant mille habitants, l^atitude »qd 17* 6«'» longitude est i-j^ 67' (sommet).

Nbao , découverte par BItgb en 17I9 , reconnue par d'Umlle eo 1827; Ile très-haute, ayant au moina tlix milles d'étendue da nord-nord ouest an sad sud-e»t, sur quatre ou cinq milles de large. On porte sa population i cinq mille lines. Latitude and 18** a', longitude est 176" &3 (milieu). A l'est «f ao sud de cette ile r^gne nn grand brisant , sur lequel se |)«rdit le brick VÉlîta,

MoDALA , découverte eu 18x7 par d'Urville ; lie haute , ayant sept miHes de l'est-nord-est à l'ouestaud-ouest , sur cinq milles du nord au sud. On loi donne mille habitants. Elle est environnée de brisants dangereux. C'est peut-être l'île Merfa-Ea^ou de la carte de Kruiienstem. Latitude sud 18^ 35', longitude est 177° a7'.

MoToaoD , découverte en 18x7 par d'Urville , qui ne la vit que de loin; ile irès-haote , avec cinq milles au moins d'étendue et mille habitants. Latitude sud 19" 7', longitude est 177** si' (sommet).

FoToo A , découverte en 18x7 par d'Urville , qui n'en vit que les sommets; ile haute, ayant au moins onze milles d'étendue de l'est à l'ouest , et mille habitants. Latitude aud 18^ &5', longitude est 177'* 45" (milieu).

Batiodi , découverte en 1789 par Bligh , reconnue eo 18x7 par d'Urville, qui la vit de loin; Ile houle , ayant au moins trois milles d'étendue ; \ïopulaiionde mille Ames. C'est «ans doute la f^aiega de la carte de Krusenstcrn. Latitude sod 17* 4e*i longitude est l'jH'* 4>'.

Balaou , Buif/ou de la carte de Krosenstern , reconnue de très-loin par d'Urville en 18*7 ; ile hnute d'une étendue inconnue, avec une population qu'on évalue à un mil ier d'habitants. Latitude sud 17" 44', longitude est 176" 3 a'.

Vakia de la carte de Krusenstern, ^akala des indtgcnes; petite ile avec une centaine d'habitante. Latitude sud 17** 3à', longitude est 176** 4o' ?

Ile Kdhvocs de la carte de Kro^en-stern , peutêtre la Mingani des in»uiain*s ; ile d'un ou deux milles de circuit. Latitude sud 17'' 3a', longitude est 1^6** ï.."?

rie Pa&saos de la carte de Kruseusiern , f^atau des natureLs; un ou deux milles de circuit. Latitude sud 17" a4', longitude est 176° xs' ?

Ile Mackanib de la carte de Krusenstern. MagotiH'Hui des insulaires; deux nu trois milles de drcuit et une cinquantaine d'habitants. Latitude sud 17° a8', longitude est 176" 40'?

MoTou-RiKi , découverte par Bligh en 1789, reconnue par d'Urville en 1817, nommée k'erat snr la carte de Krusenstern; ile hante, ayant an moina quatre milles d'étendue; population de mille habitants. Latitude sud 17" 4^' , longitude est 176" 17'.

Lkls-Oiisia , denx Ilots bas et boisca,- déconverta en 18 J7 par d'Urville, ayant chacun un mille de circuit. latitude sud i7''f>8', long it'ude est 176** 19*.

Noocou-LAao et Nooood-Loobk, deui Ilots boi* ses peu élevés , ayanf chacun au plus un mille de circuit, découverts par d'Urville eu 18x7. Latitude sud 18" i3', Iniigitiide est i7&° Sp'.

OifusKHOA, découverte par d'Urville en 1817; île haute, ayant an moins oeuf ou dix milles de circuit; population de deux mille habitants. Celt^ Ile est .'iépnrée de Kaiidabon par un canal étroit, et accompagnée d.ms le nord de récifs et d'ilôts nombreux , dont l'étendue n'est point encore déterminée. I.atîtude sud j8* 5S', longitude est 176** a' (mibeu).

Vatoo-Lblv , déeonTerte par d'UrrilIe en 1 837 ; tie baue , boisée , arec des brisants qui s'étendent an loin daw l'est; population rstiinée À deux mille âmes ; étendue de neuf railles du nord-nord-oucrsl au sod-sad«e8t , sur deux ou crois milles de large. Latitude sud 18° 33'; longitude est 17&'' 11' (milieu).

Ile.« Maloi.0, d^ouvertes en 1827 p'r d'Urrille) grouftc d'Iles hautes et entourées de récifs , dont la

1>!us grande a sept ou huit milles de circuit. Popuation , mille émes. Latitude sud l'j^ 4b', longitude est 174** 4s' (la plus grande).

Iles Nakoso, découvertes par d'Unrille en 1827; groupe d'une dizaine d'iles hautes , peuplées , dont les plus grandes ont deux ou trois milles de circuit. Latitude sud 17* 33', longitude est 174'* 37' (celle du nord).

Iles BiTOKHO , découvertes par d'UrvilIeen r8a7; groupe de deux îles et quatre ilots élevés , dont les plus grands ont deux ou trois milles de circuit. Latitudesud 17" a6', longitude est i-jA° 34' (la plus grande).

Iles BnroD k , reconnues de loin par d'Urrille en 1837 ; groupe de trois ou quatre un hautes et

Seuplées , dont la plus grande a sept on huit milles e circuit. Ces tirs paraissaient former la partie sud- ouest des lies découvertes en 1794 par le capitaine Barber. Latitude sud 17** 16',* longitude est X74* 38".

Iles M«TAZooA<LxTOiJ, Sara-Lstoo et Sasa-Raxa. D'après 1rs indications des naturels, ce serait li les »oms des principales îles découvertes par Barber «n »794i et qui figurent d'une manière vague sur la carte de Knisenstern. Les plus grandes auraient

3ainze et dix-huit milles de circuit. Tout ce groupe, n reste , est si peu connu, qu'on ignore même son gisement exact. Il faut les placer à peu près entre 16® 38' et 17" 4' latitude sud d'une part, et de l'autre entre 174'* 4o' et 175*» longitude est.

Ile RoaoB sur la carte de Krusenstern, ayant trois ou quatre milles de circuit. Latitude sud 16* 5o', longitude est 175* 54'.

Ile An DOUA sur la carte de Knisenstern , ayant quatre ou cinq milles de circuit. Latitude sud 16** 6o', longitude est 175** 5a' ?

Quelque longue que soit cette nomenclature, elle ne comprend probablement point encore toutes les îles Viti; le^ naturels en connaissent et en nomment une foule d'autres.

Touinboua-INakoro était le chef vitîen le plus propre à fournir tous les renseignements sur la population; c'était le Torrès de Viti. Voici ceux qu'il transmit au savant docteur Gaimard :

ILES VITI HABITÉIÎS.

1 Iles.

Roau

Hono. .

Inibao

Ong-hea-Levou . .

Boulang-Ha

Namvaka

Kambara 100

Komo.

Meaé..

OaUlanU.

5oo

NoiD* dn lin. lUbîunU.

Neilaoumba 60

l^ouEnla 100

Tah<H)uni inoo

Ranv'ué ino

Nao;ruélé-I<evou . 10

Zigoumbia loe

4o Ijiguucmba.. , -. ., 1000

^ IfoMiksilM. BaUlaKU.

Zixîa 1000

Man{;-Ho 400

Kanazéa. ....... 100

Mounia. 80

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