GROUPE DES ILES ARBOU
Ce groupe, dont je n'ai pu trouver aucune description, auquel Malte- Brun , Balbi et d'Urville n'ont consa-
OCÉANIE
cré que six lignes, et dont on n'a nommé Jusqu'à ce jour que quatre ou cinq îles, en altérant leurs noms, en possède , à ma connaissance, trente , dont trois sont assez importantes. Voici leurs noms véritables : Kobror , Maïkor , Tranna, Workardont le port est Longar, Waria, Kola,Wassir, Wadjar, vVokan qui a un port nommé Fanaool, Kaltani, Wabam ou Wamma dont le port est Dobo , Toba, Noba, Jeddin , Wanna,-Marim, Doer, Karvar, Wateli, Jobdi, Kri, Boutogodjang, Tîle Babi au nord de Maïkor, et une autre tle Babi au nord-ouest^ie Ttle Workar, et cinq ou six dont j'ai oublié les noms. Elles sont situées entre les 5° et 7" de lat. sud , et les 132 et ISS» de longit. est. Je les ai placées dans la Mélanésie, parce que leurs habitants ne sont pas Malais. comme leurs voisins des trois Iles Key et qu'à mon avis, ils se rapprochent des Papouas.
Ces belles Iles sont environnées d'un récif qui entoure le nord, le sud et toute la partie orientale du groupe.
Elles sont fertiles et bien peuplées.
Une entfe autres , située au centre du groupe, surpasse en beauté tout ce que l'imagination des poètes orientaux a jamais conçu. C'est d'ici que le grand oiseau cle paradis s'élance coninie un ballon, et se sert des plumes placées au-dessous de ses ailes comme d'un parachute. Les naturels l'appellent l'oiseau du soleil ; il y est indigène, ainsi que le lori, dont les teintes rouges , si variées et si brillantes , surpassent celles de la plus belle tulipe, et le papoua , |iont le plumage d'azur est plus éclatant que 1 azur des cifux. Ici on trouve le maînat - maînou au plumage d'un bleu foncé métallique, dont la crête, le bec et les pattes resplendissent d*or, et qui est marqué d'une grande tache blanche au milieu de ses rémiges; le paon, enorgueilli de sa parure, et de petits oiseaux écarlate d une admirable beauté, qui se nourrissent d'épices, qui exhalent de tous côtés leurs parfums aromatiques.
Cette île centrale a une anse assez commode; mais les indigènes, un peu farouches, ne permettent guère aux
Européens d'y débarquer. Je conseill<ir rais aux voyageurs de ne s*y rendre que sur un kofo-koro, avec un équipage bougui et vêtu comme ce brave peuple.
Les tles Arrou sont gouvernées par des chefs indépendants. Les Hollandais avaient eu autrefois quelques établissements à Wamma , Maïkor et Wadjir.
En 1824, M. le baron van derKapellen, alors gouverneur général de l'Océanie hollandaise, y envoya deux bâtiments pour rétablir les anciens établissements et les relations commerciales avec les indigènes; mais il y éprouva
Î^lus de difficultés qu'avec les chefs des les Key qui sont vassaux des Hollandais.
Les indigènes de ces îles trafiquent avec la côte occidentale de la Papouasie. Le groupe d'Arrou peut devenir une station importante de pêcheries de cachalots; car ce cétacé, nommé improprement baleine à spermaceti, abonde dans la mer qui baigne les côtes de ses trente îles. Quelques baleiniers commencent à fréquenter ces parages.
D^ROIT DAIfGEREirX OE TORRÈS.
Outre le passage par le détroit de Dampier et ceux qui existent au nord et au sud de Ttle Maindanao , et celui de Saint- Bernardin entre Tîle Louçon et l'ile Samar, il en existe un autre par lequel les navigateurs malais auraient pu pénétrer dans la mer du Sud; c'est le détroit de Torrès, qui sépare l'Australie de la Papouasie. Nous n'avons pas traversé ce détroit, et nous manquons même de guide pour en parler. Mais comme on n'a pas encore trouvé de mots malais dans le peu de mots connus des idiomes de la Nouvelle-Bretagne, des tles Salomon et de la Nouvelle-Calédonie, il paraît certain que les Malais n'ont pas habituellement traversé le canal de Torrès, où d'ailleurs les courants de l'est à l'ouest paraissent dominer pendant toute l'année.
Entre la grande île de la Papouasiei ou Nouvelle-Guinée et le continent de l'Australie ou Nouvelle-Hollande, est situé ce terrible passage que la plupart
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des navigateurs n*ont osé franchir.
L^opinion la plus générale est que Louis Paz de Torrè^ opéra son retour de la mer du Sud dans la Malaisie par ce détroit qui porte son nom. Il a environ trente-quatre lieues de largeur.
Une multitude d'ilôts et de récits en rendent la navigation extrêmement difficile et dangereuse. Les plus grands de ces tiots n^ont que trois ou quatre milles d*étendue, et sont peu élevés.
Ils sont peuplés de noirs andamè* nés, farouches, perfides et barbares, qui y seront venus , selon notre opi* nion, de r intérieur de la Pupouasie; et qui, en passant d*un à l'autre de ces petits îlots , auront été s'établir dans TAustralie. Ces hommes cruels, armés d'arcs et de flèches, ont as* sailli à diverses reprises des navires marchands. Plusieurs marins des équipages du Chesterfieid et ô\i Hormuzîer qui mouillèrent, en 1793, entre les ties Warmwax et Mera ou Murray, ayant pris terre, tombèrent sous leurs coups.
ILES DU DÉTROrr DE TORRÈS.
Les tles principales du détroit sont les îles Mera ou Murray, "Warmwax, Bristow, Dalrymple,Bennell, Retour, Cornwallis , Talbot et Délivrance. Les Anglais ont fait un groupe de quelquesunes de ces îles sous le nom éternel de Prince de Galles, nom qui , comme tant d'autres trop souvent repétés , ne sert qu*à jeter de la confusion dans la géographie. Nous allons donner quelques détails sur l'île Mera ou Murray, la plus grande des îles du groupe Murray, et vraisemblablement de toutes celles qui sont semées à travers les récifs de ce détroit, dont le passage est plus redoutable que celui du cap Horn et du capdeBonne-E^érance. L'île Murray fut découverte en 1790 par le capitaine Edwards, qui reconnut encore trois îles parmi les neuf qui composent ce groupe.