GRAND ARCHIPEL DE LA NOU- VELLE.RRKTAGNK
Cet archipel, wn des mieux peuplés de i'Océauie, est situé à Test de la Papouasie ou Nouvelle-Guinée, dont il est séparé par le détroit de Dampier; ses limites géographiques sont d'une
Sart les 4** 8' et 6« 30' de latitude sud, e l'autre les 145° 65' et lôO<> 2" longitude est. Sa superficie est d'environ seize cent soixante lieues carrées, et le nombre de ses habitants parait être de plus de cent mille. Il a été découvert, par les navigateurs Dampier et Carteret, en 1700 et 1768. Ses principales îles sont celles de la Nou-
velle-Bretagne et de la Nouvelle-Irlande, séparées Tune de l'autre par le canal Saint-George, où est située l'île .de Man. Viennent ensuite les Iles du duc d'York (Amakata) avec un port; du Nouvel -Hanovre, dont les nabitants sont, après ceux de la Nouvelle-Irlande, les plus civilisés de cet archipel , de Mathvs, Abgarris^ Caen, Dampier, des bêcheurs (^i«chers)^ de Gérard de Nys, Saint- Jean, Orageuse, Mathias , Jesus-Maria, Anachorètes , Commerson , Boudeuse, Purdy, Elisabeth, Durour, San Gabriel, San Miguel, la Vendola, les Reyes et los Negros , avec la principale île de ce nom ; le petit groupe des Iles françaises, les îles de l'Amirauté» de Portiand , des Hermites et de rÉchi* quier. Leur surface est en générai couverte de montagnes qui paraissent être primitives , tandis que les collines de leur circonférence et les écueils de leur rivage sont, surtout pour la Nouvelle-Irlande, entièrement formés de carbonate de chaux madréporique, qui les entoure d'une espèc-e ae mur semblable à un nouveau rivage moulé sur un rivage ancien. Ces tles possèdent plusieurs volcans en ignition, et elles sont bien boisées et bien arrosées.
La végétation y est assez riche; elle comprend le cocotier, le muscadier sauvage, l'arbre à pain, des figuiers, l'aréquier, le sagoutîer, les grandes fougères, les drymirrhisées, etc.
Les habitants de ces iles appartiennent a la race des Papouas \ mais leur taille est plus haute et leurs traits sont plus beaux que ceux de l'île Papouasie. Ils ont des temples, et ils adressent leurs offrandes tantôt à des idoles à figure humaine, et à d'autres revêtues de la forme de certains animaux. Ils sacrifient, dit-on, à leurs dieux des victimes humaines; mais M. J. de Blosse ville , qui les a vus en 1825 , prétend que cette coutume n'existe (las chez eux, et qu'ils sont au contraire généreux, humains et hospitaliers.
Aucune de ces îles n'est bien connue.
La Nouvelle- Bretagne, nommée Bi' tara par les naturels , selon Bougainville (peut-être Birara n*est-il qu'un dis*
L'UNIVKES.
triet de rtl#) , ett la phif gHinde de tout rardiipei. SeshaftntanUeiceliept, eomme le reste des Papoues , dans lir eonstraction et la manœuvre des pfro^
fues, qui ont ordinairement de dix dix-sept mètres de long.
Cette terre n*a pas été visitée depuis )a découverte de Dampier. Ce célèbre navigateur mouilla le 14 mars dans une baie assez profonde, formée par quelques îlots ; il la nomma Port Mon-tague. Quoique navigateur du com*»
merce, Dampier était naturaliste et observateur judicieui ; mais il ne sa- Tait pas maintenir la discipline à son bord. Son équipage commit dans ces ]>arages, et maigre ses ordres, un acte de vrais flibustiers; voici ce que nous apprenons de Dampier lui-même : « Le lendemain matin (19 mars), je pris nos deux chaloupes pour me rendre à l'aiguade et voir si , par le moyen de nos bagotelles et de nos instruments de fer, je ne pourrais pas engager les naturels du pays à quelque échauffe avec nous ; mais je les trouvai remplis de crainte et de friponnerie. Je ne vis ou'un petit garçon et deux hommes , oont un, sollicité par quelques signes, vint à côté de ma chaloupe; je lui donnai un couteau, un chapelet et une bouteille de verre. Là-dessus il se mit à crier : Cocos ! cocos ! et nous montra un village voisin , comme sMI voulait y aller prendre de ces noix ; mais il n'y retourna plus. C'est ainsi qu'ils en avaient usé plusieurs fois avec nos gens. Quoi qu'il en soit, j'allai moimême à leurs maisons, accompagné de huit ou neuf de me» hommes, et je les trouvai si misérables que les portes ne tenaient qu'à un morceau d'osier.
« Je parcourus trois de leurs villages, abandonnés des habitants qui avaient emmené avec eux tous leurs cochons : j*y pris quelques petits filets pour nous dédommager de ce qu'ils avaient reçu de nous. Au retour, itous Vîmes deux des naturels du pays; je leur montrai ce que nous emportions , et leur criai en même temps : Cocos ! tocoi ! pour leur faire entendre que je Tavais pris parce qu'ils n'avaient pas tenu ce quMls nous avaient [«-omis
par leurs signes et par la répétition du mot cocos. Fendant que j'étais à cette promenade, nos gens remolirent deux barriques d'eau et tous les oarils qu'ils avaient. Nous retournâmes v^rs une heure après-midi à notre bord, et je trouvai que tous mes officiers et matelots avaient grande envie d^aller à la baie où l'on avait dit que les cochons étaient. Il me faisait beaucoup de peine d'y donner les mains , dans (a crainte qu'ils n'en -agissent trop rudement avec les naturels du pays. A deux heures , il se leva quantité de nuages noirs sur le continent, et j'espérais que ceci les détournerait de leur entreprise : mais ils me sollicitèrent avec tant d'instance que je fus obligé de le permettre. Je leur donnai les quincailleries que pavais eues le matin à terre, et je leur recommandai sur toutes choses d'employer les voies de la douceur et d'en agir avec précaution pour leur propre sûreté. La baie où ils allaient était à deux milles environ du vaisseau. Dès qu'ils furent partis, je fis mettre tout en état pour les soutenir en cas de besoin, et les défendre avec ma grosse artillerie. Sur le point d*aborder, les naturels du pays se présentèrent en fouie pour s'y opposer; ils secouaient leurs lances et ne respiraient que des airs menaçants; il yen eut même quelques-uns assez hardis pour entrer dans Teau, armés d'un bouclier et d'une lance. Mes gens eurent beau leur offrir les curiosités qu'ils avaient et leur faire des signes d'amitié ; toutcela ne leur servit de rien. Résolus pourtantd'avoir de leurs provisions , ils tjrèrent quelques coups de mousquet pour les effrayer.
Cela ne manqua pas de réussir à Té* jjard de la multitude, puisqu'ils s'entuirent tous, à la réserve de deux ou trois qui continuèrent à tenir ferme dans une posture menaçante, iusqu'à ce que le plus hardi laissa toni- Der son bouclier et prit la fuite. Il y a grande apparence qu'il fut blessé d'une balle de mousquet, et qu'il sefttit avec quelques autres de ses camarades la vertu de notre poudre, quoiqu'on u*&à tuât aucun et que ce ne fût pas non plus notre dessein, mais plutôt de laur
OCÉÀNIE.
Mf
donner l'épouvante. Enfin, nos gens mirent pî^ a terre et trouvèrent auantité de cochons apprivoisés autour des maisons. Après en avoir tné neuf et blessé plusieurs autres , ils revinrent au plus vite. Ils n'eurent pas plutôt mis les cochons à bord du vaisseau qu'ils me prièrent de leur laisser faire ee soir une autre course au même endroit. J'y consentis, pourvu Qu'ils revinssent avant la nuit; il était alors près de cinq heures. En effet, ils retournèrent vers le crépuscule avee huit gros cochons morts et up petit en vie. Les autres étaient déjà dépecés et salés ; mais nous ne fîmes qu éventrer ceux-ci , les échauder et les saupoudrer pow le lendemain. Le jour venu , je renvoyai les deux chaloupes à terre pour se munir de nouveaux rafraîchissements, soit de cochons, soit de racines. Mais la nuit précédente, les naturels du pays avaient transporté ailleurs toutes leurs provisions , quoique plusieurs d'entre eux fussent retournés vers leur cabane, et qu'il n'y en eût pas un seul qui s'opposât à la descente de nos chaloupes. Au contraire, ils étaient devenus si honnis, 3u'un de leur nombre porta dix ou onze noix de coco sur le rivage, et qu'il disparut après les avoir montrées à mes gens. Ceux-ci ne trouvèrent que des filets et des images ( probablement quelques idoles) , ils en prirent quelque peu des uns et des autres.
a L'après-midi , je renvoyai le canot à l'endroit où on 1 avait pris, et l'on y mit deux haches , deux couperets dont Tun était garni d'un manche, six couteaux, six miroirs, un gros paquet de chapelets et quatre bouteilles en verre. Mes gens n'eurent pas plutôt mis le canot au sec et disposé toutes les choses de la manière qui paraissait la plus convenable, qu'ils retournèrent dans la pinasse que j'avais envoyée pour leur
Suivant Dampier, les hommes du pays avaient la tête ornée de plumas de diverses couleurs, lis inarohaient avec la lance ^ la main. Les femmes se couvraient avec une ceinture de fti|jllages,et portaient sur leur tête de grandes corbeilles remplies d'ignames.
« Le pays des environ*, ajouta DaQV pier, est montagneux , ren^pli de boijii de vallées et d'agréables ruisseaiiXi 14 terre des vallons est profonde et jaiin^ tre; mais celle des ooliinas esil d'u9 brun obscur, peu profonde e|; pierreus^b quoique admirable ppqr )§ plantag^p Les arbres, en général, n'y ^opt poi fort droits, ni â)ais ni hauts; mm ils paraissent verts et font plaisir à 1» vue. Qudaues-uns portaient des fleurfi d'autres des baies, d'autres de gros fruits de plus d'une sorte, et qu^aucun de nous ne connaissait, Le^ cocotieri; viennent très-bien , tant sur les bum proche de la.mer que plus avant parmi les plantations. Leurs noix sont d'une grosseur médiocre; niais le lait et Iç noyau en sont d'un goOt agréable. Oo trouvait ici du ginsembre, des joncs et d'autres racines bonni^Ç pour le pot, dont nos gens goûtèrent. Pogr les animaux terrestres, nous n'y vîmes que des cochons et des cliiens. A Tégard des oiseaux, qui nous étaient connus, il y avait des pigeons, des perroquets, des coukadores et des corneilles. La 'mer et les rivières abondent en pois^ sons. Nous en vîmes beaucoup: ceux que nous prîmes étaient des cdvSllès , des poissons à la queue jaune et des raies qui sautent. »
Carteret, en 1767, ne vit que la partie septentrionale, dont il fixa la limite.
Au mois de juin 1793, d'Entrecasteaux traversa le détroit de Pampier , et fut explorer la partie occidentale de la Nouvelle- Bretagne. Il la trouva fort belle ; le ri vageétaitcouvertdecocotiers et était occupé par un grand non)bre de cases. Peu de temps après , le grand navigateur fut mourir du scorbut à Java, à l'âge de cinquante-quatre ans.
Au mois de juillet 1827, le capitaine d'Urvilie accosta cette terre près du «ap Butler. H resta treize jours en vue de cette côte périlleuse. Le 2 août au matin, au moment de donnfr dans le détroit de Dampier, VÂstrolabe toucha deux' fois sur un récif inconnu .
rempli de coraux, et se serait perdue si la lame ne l'eût enlevée. M. d'Urville a fait connaître le pic Quoy, montagne conique d'un aspect imposant
près da cap Orford, la baie Jacquinot et plusieurs autres petites îles , entre autres le groupe pittoresque des îles Gracieuses. La Nouvelle-Bretagne forme une chaîne continue , bien que réduite en certains i^ndroits à une petite largeur. Le capitaine d'Urviile nngea de très- près la pointe occidentale de cette île, de manière à en pouvoir saisir les détails. Voici ce qu'il dit de cette [Mirtie de la côte :
« Comme à Dampier et à d'Entre- Casteaux, cette terre nous offrit un aspect délicieux. Rarement la nature imprime aux pays dont la main de l'homme n'a point modifié ta surface, des accidents aussi agréables, des effets de perspective aussi gracieux, aussi variés. Partout une côte saine, accessible et baisnée par des flots tranquilles; un sol s*élevant doucement en amphithéâtre sur divers plans, tantôt ombragé de sombres forêts, tantôt couvert de fourrés moins élevés, tantôt, enfin, de vastes pelouses dont la teinte jaunissante contraste avec la nuance plus sombre des forêts et des bocages environnants. Les deux pitons du mont Glocester couronnent de leurs masses imposantes cette riante scène , et cachent fréquemment leurs cimes majestueuses sous les nuages de i'équateur.
En somme, la Nouvelie-Bretai^ne est une île d'environ quatre-vingt-quinze lieues de longueur de l'est-nord-est à l'ouest -sud -ouest, avec une largeur très-variable, quelguefois de trentesix milles, quelquefois de huit ou dix milles seulement, comme dans les baies Jacquinot et Montague. C'est en queloue sorte une longue et étroite chaîne ae montagnes élevées , qui affecte une courbure dont la concavité se présente au nord-ouest. Les pitons de la Mère et des Deux^SœurSy de DeS' champs j de Quoy et de Glocester y st font remarauer dans la charpente montueuse de cette contrée, et semblent tous accuser une origine ignée.
Les limites géographiques de cette terre sont d'une part les 4<* 8' et 6» 80' de latitude sud, et de l'autre les \hb** 56' et ]50« de longitude est. Sur la côte méridionale sont les petites
îles du cap Sud de Roos , et Gradeases « avec quelques autres toutes basses, boisées et découvertes en 1827 par le capitaine d'IIrville. Sur la partie nord, et plus ou moins rapprochées de la côte, sont les îles yiùaumezy JKaouiy Giequel Filtz y Duportuil, et le Z)cniseuTy dont quelques-unes sont hautes et assez étendues. Sur la première , qui est la plus considérable, les Français fcmarquèrent quelque fumée, et les arbres couvraient tout le sol depuis le rivage jusqu'aux sommets les plus élevés. D'iLotrecasteaux, qui découvrit ces îles en 1793, trouva un peu plus loin au nord-ouest un groupe, qu*il nomma îles Françaises, et dont le plus considérabies'furent appelées îles Mérite y DestacSy Forestier et du MonL Ce groupe forme un triangle de trente milles sur chaque côté, et le milieu
{;ît par 4» 41' latitude sud et 146* sy ongitude e-st. Près de la pointe nordest de la Nouvelle-Bretagne est la petite île Mau, découverte en 1767 par Carteret. Elle a six à sept milles de circuit, et gît par 4» 8' de latitude sukI et 149« 40' de loncitude est. l\ faut encore citer \l\e à.4makafa y découverte en 1767 par (^.arteret, qui la nomma yorky visitée en 1791 par Hunter, reconnue en 1793 par d'Eotrecasteaux , et en 1823 par Duperrej.
C'est une ile haute, populeuse et pourvue d'un bon mouillage dans la partie nord-est. £lle a huit milles du nord-est au sud-ouest, sur cinq milles de large; - 4<* 10' latitude sud, lôO« 4' longitude! est (pointe est) (*).
a Le 22 août 1823, à Tinstant de sortir du canal Saint-George, qui sépare la Nouvelle-Bretagne de la Nouvelle-Irlande, nous côtoyâmes, dit] M. Lessbn, la petite île d'York {^ kata)y d'où nous vîmes sortir, d havres qui en morcèlent les côtes plusieurs pirogues montées par grand nombre de naturels qui ramaîen avec vigueur. En un clin d^oeil, o huitaine de ces embarcations tèrent la corvette la CoquUie. Gh
(*) D*nrviUe , Astrolabe^ etYoyage toreaque.
OCÉANIE
d'elles était montée par six ou sept insulaires, entièrement nus et offrant la ressemblance la plus complète avec les habitants de la Nouvelle-Irlande; seulement nous remarquâmes que la plupart des naturels que nous avions sous les yeux, étaient d'une taille mieux
Srise et plus robustes que les habitants u port Praslin , dont ils ne diffèrent d^aillfîurs ni par la teinte noire de la peau, ni par leur chevelure laineuse, recouverte de chaux et de poussière d'ocre. Ces nègres nous accostèrent sans manifester la moindre hésitation , et aussitôt ils nous proposèrent de faire des échanges, qui consistaient principalement en cocos secs et en bananes, rious ne leur vtmes point d'armes, excepté des frondes et de grands amas de pierres arrondies au fond de leurs pirogues. Tout nous porte à croire qu'ils sont familiarisés avec les navires européens, qui, de temps à autre,- apparaissent sur leurs rivages; tous sollicitaient à la fois des hacnes et du fer, sous quelques formes qu'il fût. JNous cédâmes d'autant plus volontiers à leurs désirs, qu'ils nous donnèrent en échange de beaux nautiles flambés, de grandes volutes couronnes d'Ethiopie, et des ovules, œufs de I^da. Ils nous donnèrent un instrument fort ingénieux , fait en forme de cloche, et dont ils se servent pour prendre au fond de l'eau les sèches et les poulpes. Quant aux frondes y aux colliers en dents de poissons, aux flûtes à Pan , qu'ils nous échangèrent aussi , nous n'avons rien à en dire de particulier; car ces objets sont absolument les mêmes que ceux usités au port Praslin. Les pirogues dont ils se servent sont également identiques avec celles du port Praslin; il en est de même relativement aux ornements, soit qu'ils traversent la cloison du nez avec un bâtonnet en os, soit qu'ils se barbouillent en rouge. De nombreuses cicatrices, un air farouche, une hardiesse prononcée dans l'ensemble de leur démarclie, prêtaient à leur physionomie un caractère plus guerrier et plus redoutable que celui que nous avions vu chez les naturels du port Praslin. »
ILES DB L'AlURAirrÉ.
Ce groupe occupe un espaced'environ cent vingt milles de Test à. l'ouest, sur quarante ou cinquante milles du nord au sud. Il se compose de vingt -cinq Iles, suivant Schouten qui en est le découvreur. Quel au'en soit le nombre, elles sont élevées , d'un aspect charmant et varié , et elles sont peuplées des plus beaux hommes de la race des Papouas.
Ses limites géographiques sont à peu près du 1°53' au 2''34' latitude sud, et du 1480Ô1' au 14502O' longitude est.
Carteret les visita en 1767, et leur imposa le nom qu'elles portent; Maurelle les visita en 1781 , et leur donna divers noms conservés jusqu'à ce jour.
Les principales îles sont :
La grande lie de TAmirauté, nommée Ile Bosco par Maurelle, en 1781 , explorée en grande partie en 1792 par d'Entrecasteaux , qui visita avec soin la partie septentrionale de ce groupe.
Cette île est assez élevée, boisée et populeuse (voy. pL 241 ); elle a environ cinquante niil les de l'est à l'ouest, sur dix-huit a vingt milles du nord au sud ; la partie méridionale n'est point encore connue. Limites du i^CtT au 2° 17' de lat. sud, et du 144*' 10' au 145» 00' de longitude est. Voici en quels termes d'Ëntrecasteaux parle de ses relations avec les indigènes, durant sa relâche:
« Après une heure d'attente, sans avoir pu réussir à les attirer près de nous, dit ce navigateur, je voulus leur donner le spectacle d'une fusée, prévo}ant bien que cet artitice commencerait par les étonner, mais qu'il pourrait exciter ensuite leur admiration, puis leur curiosité. Au moment où la fusée partit, ils cessèrent de répondre a nos cris , et restèrent dans le silence. Lorsque ensuite elle éclata et retomba en pluie de feu, la frajeur s'empara d'eux , et ils s'éloignèrent avec précipitation. Peu après, nous les vtmes revenir, mais ils se tinrent toujours à une grande distance. J'imaginai de faire mettre sur une planche, avec des clous et d'autres objets d'échange, une bougie enveloppée d'une lanterne de pa«
pier, afin qae eet objet flottant pût être aperçu et recueilli par eux. Mais ils parurent plus effravés de cette lumière aui , détachée de la frégate, semblait s avancer sur eux en marehant sur Teau , qu'ils ne l'avaient été de l'éclat de la fusée. Ils soupçonnèrent sans doute qu'il y avait quelque chose de merveilleux dans la marche apparente de ce feu errant sur les flots; car, à mesure qu'elle leur semblait approcher, ils s'écartaient, en prononçant à haute voix et d'un ton précipite, des mots par lesquels ils avaient l'air de conjurer en quelque sorte un génie maltaisant; enfin ils se retirèrent tout à fait. Le temps était si calme et la mer si belle, que cette bougie resta allumée près de deux heures. Lorsque les naturels arrivèrent à terre, ils allumèrent des feux. Au reste, ce spectacle, dont ils parurent si effrayés, fut très-réjouissant pour l'équipage. «
L'Ile Jesus-Maeia, ainsi nommée par Maurelle en 1781 ; fie haute d'environ vingt milles de circuit. Latitude sud 2* 18\ longitude est 145« S7' (milieu).
Les Iles Sàn-Gàbbtel, San-Mi-
GUEL, LA VeNDOLA, L08-ReY£8 et
Los-Negbos , ainsi nommées par Mau* relie en 1781 , et explorées par d'En* trecasteaux en 1792 et 1793. Les deux premières ont cinq ou six milles d'étendue; les autres sont plus petites { toutes sont peuplées et bien boisées.
Position : 2° 14' latitude sud, 140» ôO* longitude est (île Vendola).
Il existe en outre, au sud de la grande île de l'Amirauté, plusieurs autres petites Nés inconnues ; et les Iles Pardy et Elisabeth, dit M. d'Urville, indiquées sur la carte de Krusenstern, d'après la carte de Pardy, font peutêtre partie de ce~ groupé. Au sud se trouve le récif Sydney, où le capitaine Aiistin Forrest fit naufrage, le l'*" mai 1806. Cet écueil est indiqué par 8<> 20' latitude sud, et 144« 80'.
Les indigènes de ces îles sont d'un noir peu foncé, et leur physionomie est assez agréable; leurs cheveux sont crépus et noirs, mais ils les rougissent fouvent avec de l'ocre mêlée d huile.
II9 Gonnfiîssei^t Vimw du fer. T44 chefs paraissent avoir une grande autorité. Quelques individus sopt araies de sagaies et de lances faites d'un verre volcanique* lis attachent à Tei^trémîté de leurs parties naturelles la coquille ovula ovi/ormis. Le reste du corps est enMèrement nu ; mais les femmes portent une ceinture. Ces îles sont riches en cocotiers, et on y a aperçu le pbien à Qrejlles droites, plusieurs oiseaux de la plus grande beauté, et entre autres quelques-uns de |a grande famille 4e8 psittacidées.
Le Nouvpi.-Hanoy9E (séparé de la Nouvelle-Irlande par le détroit deByroyi QU du Mausolée, fut vu-, en 161 6, par Schouten, qui nomnriî^ sa pointe Cap SoLomon-Sweert; revu ensuite par Tasman, Dampier etBougainville, mais reconnu seulement par Carteret ii d'Entrecasteaux. L^ KouveU^anovrç est une terre élevée , couverte d'arbres, à travers lesquels pn distingue plusieurs plantations. La terre du cap Sar lomon-Sweprt est tr^-basse-, et boisée de distance en distance. Cette fie ^ trente-huit nulles de rest-sad-est à l'ouest-nord-ouest; sa largeur, encore incertaine, est au moins dedouze railles. Limites d'unp part, 2° 32' et 2« 44' latitude sud; de Vautre, 147" 31' çt 148'' y longitude est (*).
Iles PoBTLANn, découvertes, en 1767, par Carteret; revues ensuite par Bunter et (|ar d'Entrecasteaux; chaîne de sept petites îles basses, boisées, et entremêlées de brisants, occupant une étendue de huit milles de l'est-nord-esl à l'ouest-sud-euest. La plus grande a deux milles de longueur. Position : latitude sud, 20° 38', longitude est, 147'' 12' (pointe sud-ouest).
La série d'îles qui suivent forme une chaîne parallèle à la Nouvelle-Irlande.
L'île Saint- Jean , en face du cap Maria , à une distance de trente milles, fut découverte par Schouten et revue par Tasman et Dampier. BougainviUe,qi4i la revit en 1 768 , la nomma lie Bour-
(*) La position de cette lie et des iciae suivantes est due i lyL d'Urville,
ocAanie.
ut
Râud; Maurelle ta reconnut en 1781.
Sa position, mal déûnie, doit être à peu inrès 8* 51' latitude sud, et lôf* 15' longitude est.
Iles ABGABR18, découvertes parr le navire AbaarrUj de 1830 à 1Q95; deux groupes d Iles basses de vtn^ à vingt* cinq milles d'étendue. Limites du 3»
5' au 3« 38' latitude sud, et du 152'' 2' au 15a<' 25' longitude est.
Ile CAErr, d&ouverte, en 1643, par Tasmân; en 1700, Dampier eut des communications avec les naturels.
Bougain ville vit Caen en 1768, et la nomma Ile Oraison; Maurelle, en 1781 , l'appela HefugiOy et nomma les deux petites îles voisines Santa-Rosa et Mctgdalena, L'ile Caen doit être par %"" 28' latitude sud , et 150o 48' longitude est.
Ile Ga^bbet-Dents (Gérard deNys) , découverte, en 1616, par Scbouten.
Dampier, qui la côtoya en 1700, est le seul qui ait laissé quelques détails sur elle. « C'est, dit-il , une lie haute, mon* tueuse, couverte de bois, ayant quatorze on quinze milles de circuit. Les plages sont toutes garnies de cocotiers. Quantité de plantations paraissaient sur les collines. Cette île est peuplée par des hommes noirs, vigoureux et bien Dâtis ; leur tête est grosse , ronde ; leurs cheveux sont frisés, courts, teints en rouge, blanc et jaune. Ils ont la face large, le nez olat, les narines traver* sées par une cneviile de la grosseur du doigt. Leurs armes sont les lances, les easse-téte, les frondes. Tare et les flè* ches. Ils ont des pirogues étroites et longues, munies de balanciers, ornées sur l'avant et sur l'arrière de figures bien sculptées, comme poissons, oiseaux , mains d'homme, etc. Leur laniçage est bien articulé et distinct. Pour inviter les Anglais à se rendre à terre, ils répétaient souvent : Fahousi ala^ maî, en montrant le rivage. Leurs signes d'amitié consistaient à placer un gros bâton ou un rameau d'arbre sur leur tête, et à se frapper souvent la tête de la main.» Bouâjainville, en 1768, visita cette tle, quM nomma lie DiAouchage; et Maurelle, en 1781, l'appela San-Blas. Sa situation, encore
peu assurée, est environ 8« 12' latitude sud , et 150« 15' longitude est.
Ile D AKPiBB. Dampier, qui la vit en 1700, dit qu'elle a quatre ou cinq lieues de circuit, qu'elle est haute, couverte de bois, et enrichie de plantations suf la pente des collines. C'est probable* ment la même que Maurelle, en 1781.
nomma San-lorens^. et probablement la même aussi que Scnouten, en 1616, appela Ile Moïse. La position de cette tle, fort incertaine, est vers les 3<> 12' latitude sud, et 150° longitude est.
Ile ViSGHBBS ou DES PBCHEUBS,
vue pour la première fois par Schouten, en 1616 , et en 1700 par Dampier, qui dit (]ue c'est une tle haute et grande , située à six lieues du continent, et sur laquelle il aperçut quantité de fumée, ce qui l'empêcha d'en approcher. Bou* gain ville, en 1768, la nomma fie SUf stannej et Maurelle, en 1781, paraît avoir fait de ses sommets autant o'îles. qu'il nomma San-Francisco y SanrJosi et San- Antonio. Ses dimensions et sa position sont fort inconnues. La pointe nord glt environ par 2° 33' latitude sud, et 140° 40' longitude est.
Ile Obagecsb , découverte par Dan^r pier en 1700; revue, en 1768, par Bougainville, qui la nomma lie Kérué, Selon Dampier, elle est basse, unie, couverte de grands arbres verdoyants et très-serrés les uns contre les autres. Elle a deux ou trois lieues de long, et à sa pointe sud-ouest est un flot plat, boise, d'un mille de circuit. Position : 1» 40' latitude sud , et 148'* 9' longitude est.
Ile Mathiàs, découverte par Dampier en 1700. D'après Dampier, elle est montagneuse, avec des accidents de terrain en bois, savanes et portions de terre qui semblent défrichées. Elle a environ neuf ou dix lieues de long. Posisition : 1" 30' latitude sud, 147° 10* longitude est (sommet).
Iles Anachobètbs, découvertes , en 1768, par Bougainville qui les rangea de près. C'est une chaîne d'îles basses situées sur un même récif, dans une étendue de trois lieues environ. Bougainville y aperçut beaucoup d'arbres, et surtout des cocotiers. lies bords de