ILES VOLCANIQUES
On ne sera pas fâché de lire la description des Iles volcaniques à l'orient de la Papouasie , par répouse et là compagne d'un marin célèbre, par madame Morrell , narrateur du voyage de son mari.
« A six lieues au nord-nord-est du cap Li vingston , situé par 4° 59^ de lat. sud, et par 14ô* i& de longitude est, est une fie volcanique isolée au milieu de l'Océan : pendant la nuit, nous y jouîmes d'un spectacle sublime; des colonnes de flammes s'élançaient du cratère, et montaient beaucoup plus haut que celles de l'Etna et du Vésuve. A en juger par les détails qu'on nous a donnés sur leurs éruptions , elles atteignaient jusau'à une élévation de mille pieds, si Ton veut bien s'en rapporter à là science aue j'avais acquise dans lé voyage, d'évaluer, sans autre secoure que celui de mes yeux, les hauteurii et réloignement. Aux lueurs éclatan^*
tes que jetait le volcan, on eât dit que dix milU lampes brillaient pour éclairer le pont du navire; et les pierres qu'il lançait semblaient autant de boulets rouges, jetés dans les ténèbres à dMncalculables distances. J'admirai cette scène comme une des merveilles les plus sublimes de la nature; et combien tout langage humain me parut impuissant a en donner une exacte et complète idée ! Le lendemain , nous dirigeant vers l'île de la Nouvelle-Guinée, nous vîmes six autres lies volcaniques, qui toutes étaient en pleine éruption. »
Disons adieu à cette riche terre des Papouas, rile la plus longue et une des plus grandes du globe; quittons les petites îles qui la cernent de toutes parts, et nous dirigeant vers Test et au sud de cette région , parcourons le reste de la Mélanésie. .
ARCHIPEL DE LA LOCiSiADE.
La Louisiade^ située à Test de la Papouasie , est le p-einier groupe d'îles que nous rencontrons en sortant du détroit de ïorrès. Ses limites connues sont entre le 161° 56' et 147" 10' longitude est, et en latitude de 8° 19' à ir43'. Ces lies sont hautes et peuplées d'une race de sauvages, noirs, farouches, crépus comme ceux de la Nouvelle-Bretagne et de la Nouvelle-Irlande. Ils vont nus, et ont la lèvre supérieure qui surpasse de beaucoup l'inférieure, conime les noirs de Mozambique, quoique d'une race différente. Ce tut Bougamviile qui aperçut le premier ces terres en 1768. Après avoir suivi la bande méridionale pendant cent lieues environ, il trouva une grande baie ouverte, qu'il nomma le CtU^esac de COrangerie.
Voici comment il caractérise la contrée à partir du Cul-de-sac de TOrangerie (mot ridicule que nous proposons de remplacerpr celui de Baie de l'Orangerie) : « J'ai vu peu de pays dont le coup d'œil fût plus beau : un terrain bas, partagé en plaines et en bosquets, régnait sur le bord de la mer, et s'élevait ensuite en amphithéâtre jusqu'aux montagnes,
dont la cime se {>erdait dans les nues. On en distinguait trois étages, et la chaîne la plus élevée était à vingt-cinq lieues dans l'intérieur du pays. Le triste état où nous étions réduits ne nous permettait point de sacrifier oue^ que temps à la visite de ce magnifique pays , que tout annonçait être fertile et riclie. »
En 1793, l'amiral d'Entrecasteaux explora le nord de cet archipel, et courut de grands dangers à travers les écueils dont ces parages sont semés.
La côte aux environs du cap Pierson lui offrit les plus beaux sites.
« C'était, dit ce grand navigateur, un des paysages les plus riants que nous eussions encore rencontrés : la verdure en est variée et l'raîche ; les montagnes sont coupées d'une manière moins unilorme que celles de la cote qui est à Test du cap Pierson ; les cocotiers , que l'on apercevait même sur les parties les plus élevées, semblaient annoncer que cette terre était fertile et pouvait alimenter une nombreuse population (*). On vit plusieurs petits hameaux dont les habitants se ras.seniblaient sur le rivage pour jouir du spectacle que leur offrait la vue d'un de nos bâtiments. Les cases de ces hameaux étaient de forme variée . et meublaient le paysage d'une manière très-pittoresque. »
Entre les îles Bonvouloir et Saint- Aignan, une pirogue s'approcha du navire; les sauvages qui la montaient parurent timides aux officiers, français. Leur taille était médiocre, leur complexion faible, leurs cheveux crépus et leur visage barbouillé de noir.
On obtint à peine d'eux des ignames, des bananes et des patates, pour des verroteries, et ils ne parurent pas se soucier du fer qu'on leur offrit; ils
(*) On y trouve aussi le bétel et le laurier cuUlaban. Les indigènes aiment beauroap les odeurs et parfument la plupart des objHa dont ib se ser\ent. Ils sont d'une rare habileté à serrer le vent. Voy. Labillardière, t. I et 11; Desbrosses, Uist. des navigatiooa aux terres australes,!. I, p. 444; Rossel, d'Enirecasteaux et Bougainville, Voyage a»> . tour du monde , p. aS. G. L. D. R«
OCÉÀNIE.
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n'avaient point d'armes ; cependant ils portent un bouclier au bras gauche; ils ont, comme quelques Australiens, des haches en serpentme , chose rare dans cette partie du monde.
La Louisiade occupe un espace de cent vin^t lieues environ de IVst-sudest à Touest-nord-ouest, depuis le cap de la Délivrance jusou'aux îles Lusançay et à la Baie de 1 Orangerie. Elle a
λeu de largeur dans Test, mais dans 'ouest elle a environ quarante lieues de large. Les îles gui la composent sont vaguement indiquées sur les cartes :
les meilleures indiquent à peine la configuration des côtes. Nous ne pouvons citer avec quelque exactitude qiie les tles Rossel, Sanit-Aignan, d'Entrecasteaux , Bon vouloir , Trobriand , Lusançay, qui en sont les plus remarquables. Les montagnes de fintérieur paraissent être occupées par des noirs de la race andamène.
On rencontre à quarante-cinq lieues au nord de l'île Rossel un petit groupe de cinq à six milles de diamètre en tout sens, comprenant huit petites îles basses, boisées et inhabitées, découvertes en 1812 par le capitaine Laughlan du Mary y qui leur imposa son nom. Le groupe Laughian n'a en tout sens que cinq milles à peu près de diamètre. Ces îlots sont couverts d*arbres, et surtout de beaux cocotiers.
En 1827, d'Urville découvrit à neuf milles à l'ouest un petit rocher qu'il nomma Cannac,