‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 72 sur 122 · TERRE DE FLINDERS · texte numérisé non relu

TERRE DE FLINDERS

En tra^nt notre topographie vers "ouest, nous trouvons dans la terre le Ftinders le golfe Saint-Vincent ,dont a côte orientale est une bande uni' orme de falaises arides , semblable à me grande muraille. La côte occiden- ;ale est un peu moins stérile.

ILE DBS KANGAROUS.

A rentrée de ce golfe est Tile des ICangarous, que les Français ont seuls reconnue en entier, et où'ils n'ont pas rencontré d'indigènes. C'est la plus grande de toutes les petites îles aus- ;raliennes. Elle est située par 35« 48' le latitude sud, et iSô'^SS' de longitude, et a soixante-dix lieues de circonférence; elle est montagneuse et K>isée. On y trouve Neapan-Bay^ o\x me colonie de déportés fugitifs est renue s'établir.

L'Ile des Kangarous est un Eden de rerdure auprès des plages stériles de 'Australie. Une fraîche pelouse règne e long de ses rochers d'ardoises , dispolés par couches, parfaitement horizonales. Cette végétation, cette plage, belle lomme un tapis , ont sans doute attiré à un grand nombre de kangarous, et iavorisé leur multiplication. Un bois issez épais couvre toutes les autres paries de la baie. Le nom de cette tte lui \ été donné au moment de sa découverte, par Flinders, en 1802. Les kangarous y étaient si nombreux et si peu aroucbes, que son équipage tua, en me soirée, trente et un de ces aninaux , dont le plus petit pesait soixante [▼res , et le plus gros cent vingt-cinq. Is paissaient par bandes, le long d'une »eloose qui bordait la lisière d'un bois ; [uelques-uns faisaient des bonds de [uarante pieds de haut et étaient

assaillis par des aigles. Non moins nombreux, des phoques monstrueux se traînaient sur la plage, jusqu'au*

Er^ des bandes de kangarous , et semlaient vivre avec ces derniers dans la plus parfaite intelligence. Flinders observa que les phoques , à l'ap- ^oche des hommes , montrèrent une sagacité bien plus grande que les kangarous, leurs commensaux. Ceux-ci ne s'inquiétèrent pas de l'arrivée des Anglais : on eût dit qu'ils les prenaient pour des phoques ; mais les phoques n'agirent pas de même. Flinders aurait dû ajouter qu'il était possible que les phoques eussent fait connaissance avec les hommes sur d'autres î)iages de l'Australie, tandis que les kangarous, isolés et relégués sur leur île, n'avaient pu acquérir la même expérience. Quoi qu'il en soit , cette expérience leur est maintenant acquise, et elle a changé complètement leurs mœurs confiantes. En effet, un voyageur arrivé prés de Kangwroo head, que Flinders donne pour la résidence favorite de ces animaux, en vit sur une dizaine d'entre eux qui s'y trouvaient occupés à paître , neuf décamper à toutes jambes dès qu'ils raperçu" rent; et, dans le nombre, à peine put-il en tirer deux, que les cniens poussèrent vers un endroit où deux des siens s'étaient embusqués. On tira aussi , mais vainement , quelques coups de fîisil aux kasoars. Ces oiseaux tombent difficilement sur le coup; et, quelque blessés qu'ils soient, dès qu'ils peuvent s'enfuir, ils sont introuvables (*}.

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