TERRE ET^BAIE OU PORT DU ROI-GEORGE (*)* GÉOGRAPHIE ET CLIMAT
La terre du Roi- George possède une baie ou port appelé en anglais King George^s Sound, situé par 35* 10' latitude sud, et 11 5"^ 42^40" longitude est du méridien de Paris. Elle est convenablement placée pour le radoub et les approvisionnements des navires allant de la Nouvelle-Galles du Sud à Yan-Diemen et à la nou-* velle cx)lonie de la rivière des Cygnes {Swan river) y fondée vers le sudouest; elle présente un havre excellent. La belle situation de ce havre que Vancouver visita le premier en 1793, que Flinders, Baudin, Freycinet, virent ensuite , dont Texpédition de d'Entrecasteaux a levé tous les plans , et où débouche la rivière des Français (voy.
gl. 259), détermina le gouvernement ritannique à y former un établissement en 1826. L'un de ses deux bassins intérieurs pneut recevoir les grands vaisseaux, qui y jettent Tancre en pleine sécurité près au rivage.
L'aspect général de la contrée est triste, quoique pittoresque. Les colonies, qui s'élèvent derrière l'établissement, sont couvertes d'arbustes assez beaux, mais la plupart frappés au cœur , et impropres aux constructions; ony distingue seulement le leptospermum aux
(*) Ce qui concerne cette terre est extrait en grande partie de la Relation du Voyage du docteur Scott-Nind de 18^7 à 1829; Journal de la Sodéié royale de géogr. de Londres.
feuilles argentées. Plus loin,cependaiit, les montagnes ont des bois debonnequlité. Parmi les animaux sontle goélandbourgmestre de Buffon, le pingouin, nommé aptenodyta minor, des cygi»
noirs, des kasoars, des pélicans, des perroquets, et parmi les coquilles qodques phasianelles élégantes, souveot privées du mollusque, et de jolies térébratules {*).
Il serait difficile d'indiquer id la succession des vents et des saiswSf parce au*elle n'est point uniforme. La vents a*est commencent d'ordinaire i souffler en décembre, pour continoer de régner jusqu'à la Gn de mars. Otti période peut être considérée comoi formant l'été. Les vents d'est soutd*)bord assez changeants et accompa^ de pluie ; à mesure que la saison araM^ les vents du nord se montrent, et b chaleur est d'environ 29'* et demi* Réaumur- (près de 37' centigrad^i pour continuer ainsi pendant les wà de mars et d'avril, où dofliiDaf les yents d'ouest qui dureot iusfi'i la fin de juillet. Les vents dem* est régnent en août et septembre; Is mois d'octobre et de novembre «â généralement beaux et signalés {tf des pluies fréquentes. Le vent ebîii du nord , qui se fait sentir à Sidnei, brûle aussi de temps à autre la tent du Roi-George , et pendant Tété le tôt* nerre et les éclairs y régnent souv<iL Au total , le climat est beau , lorsqil tombe assez de pluie pour les besoii de la végétation.
MQBURS ET COITTUMBS DES IKOlCftSISH LA TEREB DU ROI-OEORGB.
Les indigènes de la terre da li^ George ont une taille moyenne, dtf membres grêles , et la plupart us à' domen protubérant. Leur seul ^ billement est une peau de kangaroii descendant presque jusqu'au geooit jetée comme un manteau sur lesépu* les , et attachée à l'épaule droite xM
(^ Nous avons trou^'é souvent la a^ espèce de térébratules, à Téut foeile,' environs de Paris» G. L. IX K*
in jonc , de manière à laisser la main Iroite libre de ses mouvements. LorsluMl pleut , ils mettent la fourrure en lehors. Quelques-«unsde ces manteaux ;ont si étroits et si minces, que ceux |ui les revêtent semblent marcher :out nus , et en particulier les enfants, lont le mantelet n*est guère qu'une ;imple bande. Les peaux plus larges ont pour les femmes. Les autres arides d'habillement sont la ceinture, es bracelets et la coiffe. La ceinture !St une longue bande fllée ou tissue de a fourrure de Topossum , et tournée lutour de la peau de kaugarou piuieurs centaines de fois. Ils placent souvent une bande autour du bras gau- :he et la coiffe autour de la tête; quelques chefs portent sur la tête des )lumes et des queues de chiens , qu'ils 'oulent ordinairement autour de leur ongue chevelure. Les femmes n'ont lucun ornement, et portent les cheveux courts; mais les filles mettent luelquefois autour du cou un petit cor- Ion de laine filée. Les deux sexes se frotent le visage et la partie supérieure du ;orps avec un rouge mêlé de graisse , |ui leur donne une odeur désagréable.
Js l'emploient , disent - ils , comme noven de propreté et pour se garantir le la pluie et au soleil. Leur chevelure st souvent empreinte du même fard.
En signe de deuil , ils se peignent me bande blanche sur le front en traers et en descendant sur les poninettes des joues. Les femmes s'appli- [uent la couleur blanche en larges aches.
Se peindre le corps n'est pas ici un iene de guerre comme dans la Nou- ^le-Galles du Sud , c'est un ornement u'on réserve pour les jours de danses, u pour les occasions où les tribus se isitent réciproquement; on s'en sert urtout dans les saisons de Tannée où on peut se procurer de la graisse de oisson ou de quadrupède. Sur la terre Il Roi-George existe le même usage qu'à Idney, celui de se tatouer^" de se faire ^ entailles sur le corps, et ae maintenir lue profonde cicatrice, en ferme de sailè; ce qui a lieu principalement sur m épaules et sur la poitrine, et ce qui
BO* Uoraison, (Ocbame.) t. m.
est tout à la fois une marque propre à différentes tribus , ainsi qu une hono-^ rabie distinction personnelle. Les indigènes se perforent la cloison nasale, pour y suspendre une plume ou quelque autre objet, ^'éanmoins les ornements du costume n'annoncent pas quelque marque d'autorité, car les
Ieunes gens seuls les portent. Les )lessures cicatrisées sur le corps sont des marques de distinction plus relatives aux tribus qu'aux personnes.
Chaque homme de la tribu, lorsqu'il voyage ou va seulement à une certaine distance du campement, porte un bâton enflammé par un bout, afin de pouvoir allumer du feu, et en hiver tous en ont un sous leur manteau pour mieux se préserver du froid. C'est généralement un cône du banksia grarv' (Us^ qui a la propriété de rester allumé un temps considérable. Une écorce pourrie ou une espèce de bois vermoulu est aussi employée au même usage. Les naturels ont aussi grand soin de conserver ce luminaire, et ils allument même du feu par le frottement de morceaux de bois sec, exprès pour le raviver.
Leurs armes sont des lances de deux ou trois espèces, qu'ils poussent avec un bâton approprié à ce dessein, un couteau (bâton armé de pierres aiguës fixées sur un lit de gomme a l'extrémité) , un martinet de pierre, et un curl ou arme courbée, unie, analogue au bounierang des aborigènes de la ^Nouvelle-Galles du Sud. Les lances sont faites d'un long et mince bâton , épais d'un doigt, et d'un bois dur, poli avec soin , bien dressé et durci encore au feu. Il y en a quelques-unes qui servent pour la pêche , en y adaptant un nerf de kangarou , et qui ont huit pieds de longueur. Les lances de guerre sont plus longues et plus lourdes , étant , à cinq ou six pouces de leur bout , armées de pierres aiguës fixées avec de la gomme , et analogues aux dents d'une scie. Chaque homme porte de deux à cinq lances.
Les huttes des Australiens difTèrent considérablement entre les diverses tribus ; en général elles sont en forme de
four, d*uD^ construction simple et grossière. Partout elles consistent en
Sielques baguettes plantées dans le sol formant un berceau de quatre pieds de liauteur sur cinq ou six de largeur. On en réunit quelquefois deux en une, et on les couvre légèrement de feuilles de ooostera, A Tépoquedes pluies, on y ajoute dés morceaux d'écorce sur lesquels on place des pierres , afin que le vent ne puisse les emporter. Ces huttes se voient généralement dans les lieux abrités, près des eaux, le derrière opposé au vent régnant, et avec un feu 2ui brûle constamment sur le devant, ihaque hutte renferme plusieurs individus, qui y reposent enveloppés de leurs manteaux, pêle-mêle et par tas; on y voit également les chiens admis à partager leur couche.
Un campement se compose rarement de sept ou huit huttes ; car, ex* cepté dans les temps de pêche et durant les chaleurs, où une multitude considérable se rassemble , le nombre des individus est ordinairement petit, et j^eu de huttes suffisent. Ce nombre excède rarement cinquante personnes.
Les habitations sont disposées de manière à ce qu*on ne voie pas de Tune dans Tautre. Les hommes se tiennent seuls dans une petite hutte; les enfants reposent avec les femmes dans une plus grande, près des maris. Ces sortes de campements constituent plutôt des familles quedes tribus, qui quittent la côte en hiver, et se retirent dans Tintérieur,
Î|uand relies de l'intérieur viennent à eur tour sur la côte, dans la saison de la pêche. Comme le pays est pauvre en aliments , ces naturels ne sont pas stationnaires, ils vont d'un lieu à Vautre, suivant les provisions qu'ils peuvei^i s*y procurer. C'est en hiver et au printemps qu'ils sont le plus dissémmés ; mais , à mesure que l'été approche, ils se réunissent en plus grand nombre.
Cest pendant cette saison qu'ils amassent le plus de gibier, et ils y réussissent à merveille, en mettant le feu autour des lieux où ils chassent , et enveloppant ainsi leur proie, sans lui iaiss(ur aucune issue. Les chasseurs, cachés par la fumée dans les sentiers les plus
fréquentés des animaux, les taent alofls à leur passage , et ils en détruisent une quantité considérable. L'incendie quelquefois s'étend 'à plusieurs milles de distance.
Dès gue le feu a passé quelque part, les indigènes se mettent à chercher parmi les cendres les lézards et ks serpents détruits par milliers, et îb prennent aisément aussi dans lean trous ceux qui ont échappé aux flam* mes.
Les chasseurs se font aider de leurs chiens , qu'ils ont pris jeunes et élevés dans ce dessein, toutefois sans m donner beaucoup de peine et sans ie«r enseigner un mode de chasse particalier. Ces chiens paraissent avoir no flair très-subtil , et ils s'élancent ven le gibier en le saisissant , ou en le fid* sant lever avec une étonnante dextérité^ principalement les bandiooots ( espèce de gros rats sans queue ) , la petits kangarous et les opossums; mas ris ne sont point assez agi les pour prendre l'ému et le ghand kangarou. Ces ehieoi vivent de végétaux , de racines , d'entrailles et d'os d'animaux. A certaines époques de disette , le chien est forte de quitter son maître; mais il revksit au bout de quelques jours. Il n'aboie pas, dit Cunningham, il burie d*Die façon lamentable en cherchant sa proie, et il mord avec fureur , en happant à la manière du renard. C*est un trèsbon gardien domestique , et il attaqM hardiment les étrangers. Dans PéUI sauvage, les naturels le tuent pov manger sa chair; mais ils font un usage plus fréquent de la cheir de kangaroa, et moins souvent de celle de l'ému , oîseau qu'ils épargnent, surtout en tiivcr, au moment de la ponte. Les léza^di composent leur nourriture de prédiie^ tion, et c'est même leur principal aM* ment en certaines saisons. Ils mangnl aussi des fourmis , et surtout leurs tpih qui ont un goût d'huile, et mette des serpents , dont quelques-uns sont venimeux; mais ils ont soin auparavant de leur écraser la tête et de vider leur estomac. Au printemps, la pnocipale nourriture des indigènes se tiredes œufs et des jeunes oiseaux, tels ^
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perroquets, ducs, cygnes, faucons, pigeons , etc. Ils prennent ropossum en suivant la trace de ses griffes sur récorce jusqu'à son trou dans les arbres.
En été et en automne, les naturels de cette terre, dit M. Nind , tirent de la pécbe une grande partie de leurs aliments ; ils n ont pas de canots et ne savent pas nager, différents en cela des autres indigènes du continent aus* tralien : aussi ne saisissent-ils que le poisson qui s'apçrocbe du rivage. Ils n'ont ni ulets , ni crochets , ni ligne , et ne se servent ^ue de là lance, qu'ils savent, il est vrai, manier avec une grande dextérité. C'est aux embou* cfaures des ruisseaux^ ou des rivières que leur pécbe est la plus abondante (*). Quand elle dépasse leurs besoins pressants, ils sècnent, rôtissent et gardent le restant dans des écorces. Ils prennent surtout beaucoup d'huîtres | parfois des tordues, des phoques qus se familiarisent avec l'homme, et qui ont un bêlement presque semblable à celui du clievreau , et même des baleines que le hasard a jetées sur le rivage, et
âui leur fournissent une graisse abonante, dont ils assaisonnent les racines ou autres végétaux.
Ainsi les mdigènes de la terre du Koi'George vivent des productions de la nature , sans le secours de l'art.
liCur nourriture variant dans les différentes saisons et les divers pays, pauvre en qualité, souvent rare, les oblige [larfois à une vie vagabonde. La population est donc loin d'être considérable, et elle varie en apparence et en coutumes suivant Tespece de nourriture des habitants. Il y a de noRibreuses subdivisions dans les tribus; mats ii est difiicile de les distinguer, parce qu'elles ont toutes le même nom , «ans aucune autre désignation. En
(*) M. le capitaine Dumont dTrville a «bsenré que ces sauvages élèvent des digues ée pierre ou de branches d'arbre, lors des fliarées , pour retenir le poisson et en prendre davantage au reflux. Voyage de \ Astrolabe, 1. 1 1 p- I lo. Cette remarque aura sans doute éabappé i M. Niud. G. L. D. H.
temps d e paix , ces malheuieux Australiens s'associent rarement, et leurs guerres ont lieu plutôt entre individus ou familles qu'entre tribus ou districts. Us n'ont pas de camp ou de rendez-vous, ne reconnaissent aucun chef général, et ils s'assemblent ou se dispersent, suivant que la saison ou leur penchant les détermine.
Dans les temps de sécheresse ils quittent le pays qu'ils habitent, s'il se trouve privé d'eau. Ils grimpent siur les arbres afin de rassasier leur soif, en y pratiquant des trous et en extrayant la sève; les femmes elles-mêmer ont recours à ce moyen.
La disette de vivres a occasionné quelques autres usages qui sont curieux et caractéristiques. Les hommes et les femmes s^en vont le matin en détachements séparés et composés de deux ou trois personnes ; les femmes pour recueillir des racines ou des écrevisses, et les hommes , avec leurs lances , pour prendre du poisson et tuer du gibier. Les femmes cui^nt les racines ou ce qu'elles ont trouvé, et les mangent, mais elles en réservent une partie pour les enfants et pour les hommes. Quand les hommes ont réussi à amasser un bon butin, ils allument un crand feu et mangent une portion de leur chasse. Les nommes mariés en réservent généralement une part pour leurs femmes. Ils sont extrêmement jaloux de leurs aliments; ils les cachent et les mangent en secret ; cependant , si d'autres individus sont pr^ sents. ils leur en donnent ordinairement une faible partie. Les hommes amas^ sent aussi des racines ; mais le plus souvent ils abandonnent ce soin à leurs compagnes.
Us ont quelques idées superstitieuses à l'égard de la nourriture : chaque âge et chaque sexe doit avoir la sienne.
Ainsi les jeunes filles, après onze ou douze ans, ne mangent plus de bandi»
coûts : ce mets, disent-ils, nuirait à leur fécondité prochaine; les jeunes gai^ çons ne mangent pas d'aigle noir : ils n'auraient point de belle barbe. Us épargnent aussi le kangarou et ne s'e»
nourrissent que lorsqu ils ont plus de
l'univeuî;.
trente ans. Les vieillards préfèrent les cailles. L'usage de la chair de kangarou rend les femmes plus fécondes.
Les naturels de' cette contrée paraissent aimer beaucoup leurs enfants et les punissentrarement; mais ils ne sont pas aussi tendres pour leurs femmes, car on en voit souvent qui ont à la cuisse ou aux jambes de larges blessures que leur a faites la lance de leurs maîtres.
Les femmes sont très-utiles à leurs maris , non -seulement en leur procurant de la nourriture, mais aussi en leur préparant leurs vêtements , leurs huttes , et en remplissant d*autres devoirs domestiques. Elles ont peu d'ustensiles , et encore sont-ils grossièrement faits : un morceau d'écorce, dont les deux bouts sont joints ensemble , tient lieu de coupe; la griffe d'un kangarou sert d'aiguille; un roseau creux ou Tos d'une aile d'oiseau leur sert à pomper 1 eau avec la bouche.
La polygamie est Iine pratique générale , chaque homme ayant un certain nombre de femmes ; mais les usages intérieurs de ces naturels n'ont pu encore être bien connus. Les filles paraissent être à la disposition de leur père, et sont généralement fiancées dès leur enfance ; il y en .a même que l'on fiance avant d'être nées , et par conséquent avant que la mère soit sûre de mettre au monde une fille. En certains cas l'échange est mutuel. Il n'est pas rare que les hommes auxquels on fiance de jeunes filles soient d'un âge mûr ou même avancé, et possèdent déjà plusieurs femmes. Il parait qu'ils n'ont point de cérémonies nuptiales. Dès le premier âge, la jeune fille estamenée à son futur époux. Les prévenances et les présents sont plutôt pour son père que pour elle, qui reçoit à peine quel- ^ ques aliments, tandis que le père reçoit un manteau et quelquefois des lances.
A onze ou douze ans , la jeune fiancée est définitivement remise à son époux.
Ceux (jui volent des femmes pour en faire leurs compagnes, ce qui est commun parmi les naturels de la terre du Roi-George, sont obligés de veiller davantage sur elles. Quelquefois ils usent de violences , et la
jeune fille est enlevée malgré die; en général cependant celles qu'oQ enlève ainsi appartiennent à de vieoi maris , et le jeune couple s'unit dès , lors par une inclination naturelle; quelquefois même la tribu est dans le secret du ravisseur, car les parties souvent s'éclipsent du milieu d*elle, vont aussi loin que,possible , et changent continuellement de lieu jusqu'au moment où la femme enlevée est d^ venue enceinte ; les amis de part et d'autre intercèdent; on fait des présents au mari , et elle.est affranchie de son premier engagement. Il arrive plifi souvent que la femn?e est retrouvée à temps , et alors le mari la punit sévè* rement, jusqu'à lui percer la cuisse avec sa lance.
L'infidélité est assez commune. U mari veille d'un œil jaloux sur sa moi* tié, et au moindre soupçon il la châtie avec rigueur.
La majorité des hommes reste célibataire jusqu'à trente ans passes ; qadques-uns plus longtemps. Les bomnei vieux ont non-seulement plusieurs feflh mes , mais encore des femmes de toos les âges.
Cet inconvénient est compensé p»
un autre usage qui permet de courtiser une femme du vivant de sou nari, mais de l'aveu des conjoint^, et â b condition qu'elle deviendra Tépoofl du sigisbé après la mort du mari. O lui-ci reçoit alors quelques préseots ainsi que sa compagne, qui, au resUi les partage ordinairement avec lii Cet usage se pratique ouvertement <t au su de tout le monde ; mais il ei^ un certain décorum , afin de ne ptf trop chatouiller la -susceptibilité du légitime époux.
Lorsqu'un homme meurt, TuMge veut aue ses jeunes femmes se retirw dans la tribu de leurs pères pendant b période du deuil, période où eJiesti* vent presque dédaignées par ceux màtf auxquels elles doivent appartenir, ^ elles seraient punies exemplairemeot, si elles allaient immédiatement avee eux , à moins que les deux amants ne s'éloignent tout de suite. Il n'est ptf rare qu'une femme consente à a\itf
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des aocointanees avec les plus proches parents de son mari, s'il le permet.
Comme 1^ femmes des autres tribus sauvages', celles de la terre du Roi- George souffrent peu pendant leUrs couches , et même le jour qui suit celui de la délivrance, elles vont déjà chercher leur nourriture. L'enfant, recueilli dans un pan de manteau , est ensuite suspendu à Tépaule maternelle, et n*est couvert qu'au moment où il peut courir seul. S*il naît deux jumeaux, Fun des enfants est mis à mort, et c'est le mâle qui est sacriGé , s'ils sont de sexes différents. Les raisons que ces sauvages donnent d'une telle barbarie, c'est qu'une femme n'a point assez de lait pour nourrir deux enfants , et ne saurait non plus chercher assez de nourriture pour eux et pour elle à la fois. On allaite les enfants jusqu'à rage de quatre ou cinq ans ; mais bien avant qu1ls soient sevrés, on leur enseigne à se procurer déjà une portion de leur nourriture.
Une fille de neuf à dix ans a la surintendance de toutes celles qui peuvent marcher; elle les amène avec elle, chacune ayant un petit bâton , cueillir des racines dans le voisinage de leur campement : si elles aperçoivent un étranger , elles se cachent aussitôt dans les herbes , en s*y couchant à plat ventre comme un lièvre. Plus âgées, elles accompagnent les femmes, qui généralement les portent sur leurs épaules à califourchon.
Ordinairementces sauvages dansent tout nus (*); mais devant M. Nind et les Anglais, ils avaient leurs manteaux roules autour des reins , laissant la partie supérieure du corps entièrement découverte. La face était peinte en rouge , et sur les bras comme sur le corps on apercevait différentes figures peintes en blanc. Le blancest la couleur nabituelle ou l'emblème du deuil ; mais on Tem-
1)loie dans les danses , parce qu'elle est a plus voyante la nuit. Les médecins ou sorciers et les vieillards ne dansent
(*) M. Nînd dit n'avoir jamais vu les femmes danser avec les hommes , et il croit que ce mélange n'a jamais eu lieu.
I'amais. Un feu s'allume sur un lieu n'en apparent, et un vieillard se tient derrière, tandis qu'on danse devant comme pour aller vers lui. Cette danse est accompagnée de beaucoup de contorsions , et représente communément la chasse et la mise à mort de divers animaux; aussi n'offre-t-elle ni élégance ni vélocité; elle est, au contraire , bouffonne et quelquefois peutêtre symbolique (voy- pL 268). Le bruit qui se lait en dansant est loin d'être musical : le danseur répète à chaque saut le mot oifôy (môy sorte d'exclamation. Ils sont grimaciers et timides; il devait être plaisant de vbir avec quelle peur ils acceptèrent les cadeaux que leur donnèrent les officiers de X Astrolabe ( voyez /?/. 266 ).
Les individus qui ont le plus d'influence parmi ces sauvages sont lesma^ garadocks ou médecins-charlatans. Il y en a de plusieurs classes, lesquelles indiquent la nature et l'étendue du pouvoir de chacun. Un malgaradùck est regardé comme possédant le pouvoir de dissiper le vent ou la pluie , de faire descendre la foudre ou la maladie sur un objet quelconque de sa haine.
Quand il essaye de calmer un orage, il se tient en plein air, agite les bras, secoue son manteau de peau, et gesticule violemment pendant assez longtemps. Il procède à peu près de même pour éloigner la maladie en faisant moins de bruit, en pratiquant des frictions (ces frictions n'ont pas lieu dans les cas de dyssenterie, qtii sont ass^ez fréquents ; on administre alors au patient de la gomme d'un arbre , et quelquefois des tiges vertes d'une certaine racine rouge) avec deux baguettes de bois vert, auparavant chauffées au feu , et en lâchant par intervalle une bouffée de vent, soi-disant propre à enlever la douleur. On suppose que la main du mulgaradock peut conférer la force ou l'adresse, et il est fréquemment visité par les naturels qui désirent l'une ou Vautre. L'opération consiste simplement à lui tirer la main plusieurs fois de suite avec une forto pression, de l'épaule aux doigts, et il 1 étend alors jusqu'à ce que let
articulations craquent. L'office habituel de ces jongleurs est de euérir les blessures de lance , qui , du reste , Inquiètent peu les naturels. Ces naturels sont tres-adroits à extraire Tarme, après quoi ils appliquent un peu de poudre analogue a celle du fard, et bandent bien la plaie avec une éoorce douce. Dans la diète du malade, les degrés de la convalescence sont marques par la nourriture qui lui est permise : d'abord seulement des racines, ensuite des lézards , puis du poisson, etc. On ne voit parmi les naturels aucun cas de dlITormité, et rarement des sourds ou des aveugles. Les défaillances n'alarment point. Toutefois un de ces sauvages , apercevant un matelot anglais dans un état d'ivresse la plus complète , au point de ne pouvoir se tenir debout, vint alarmé prier M. le docteur Nind de secourir le patient, ajoutant que parmi eux Ils avaient souvent de pareils exemples :
il entendait , probablement , indiquer par là , les coups de soleil auxquels ils aont sujets.
Le traitement usité parmi eux pour la morsure d'un serpent est simple et rationnel : ils fixent une ligature de ionc sur la partie du membre atteinte , élargissent la plaie avec la griffe d'un kangarou ou la pointe oTune lame, et sucent cette plaie, en la lavant souvent, ainsi que leur bouche, avec de l'eau. Dans les lieux où ils ne trouvent pas d'eau , ils considèrent la succion comme dangereuse.
Dans leurs rencontres , les naturels font plusieurs circuits, et s'embrassent plusieurs fois en enveloppant de leurs bras le manteau de leur ami qu'ils soulèvent de terre, et dont ils baisent les mains ; ce que l'ami leur rend exactement. La baguette de bois vert paraît être toujours un symbole de paix , et elle figure dans les âanses. Les querelles entre individus cessent h l'intervention des familles respectives.
Lorsqu'un homme est tué , la tribu ee réunit sur-le-champ autour de lui , et jure de venger sa mort; mais il leur est indifférent de tuer le principal coupable ou un autre homme de la tribu
adverse. Fourtant la peine du (iBmi s'étend beaucoup plus loio *, ctr « qn homme périt par accident en tombiiit d'un arbre, en plonceani dans te mcf, où de toute-autre raçon, les imit ài défunt imputent sa mort à qoehpe malgaradock d'une tribu ennemie, et ils tuent pour le venger un homiiKée cette tribu. Aussi , lorsqu'un indindii est sérieusement malade, et qu'il Mit ne pouvoir en revenir , il tâche de tuer quelqu'un , espérant de la sorte édBf' per au danger .**
Dans les combats singulien % ils e»
ploient leurs marteaux , leurs btoi longs ou courts ^et souvent sanidoile les coups qu'ils' portent seraient w»
tels; mais ils semblent incapables (faséner de bons coups lourds ; ils fitp* nent plutôt mollement comine ds remmes. Ils n'usent pas de bouclioi< mais ils sont extrêmement adroitii éviter les coups de lance.
Les querelles les plus fréquentei^^ lèvent a Toccasion des femmes. Vm les déprédations sur les terres Ici tf des autres , ou pour toute cause 1^ gère, ces sauvages se contentent ée coups de lance aux jambes ou as cuisses, sans chercher à se tuer; 4), dès qu'un individu de part on d'ao^ est blessé , le combat cesse.
Dans quelques contrées de F Ansif»
lie, les indigènes ont des asseinU^ régulières pour se livrer bataille; > n'en est pas ainsi chez ceux de la ta* du Roi-George. Leurs attaques, loiS'
?[u*elles doivent être fatales , ont le (A< réquemment lieu la nuit , et touj ^ à la dérobée. Dès que l'ennemi si
{proche , ils élèvent un .cri , saisisî' eurs lances , fondent sur lui es multe , repoussent leur barbe dans f bouche, et font les plus hideiises maces. Un ou deux guerriers, de| d'autre, se li\Tent œmbat ; et,duraBl mêlée, on essave de les séparer en i rant autour d^eux. Ils poussent l< lances en se tenant à quelques pasi uns des autres, et leur dextérité à I éviter est vraiment merveilleuse, carj
ne boucent jamais de place; ce qui que les la nces jetées devant l'un dcsd
partis occasionnent des accidents it
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tendus. Pendant la lutte, les femmes et les enfants se tiennent éloignés de ce théitre sanglant , et en grand nombre, afin de se protéger mutuellement. On n'allume alors que bien rarement du feu, si ce n'est pour cuire les aliments, et on prend beaucoup de précautions pour n'être pas découvert. Les hommes non mariés sont d'ordinaire les guerriers attaquants. Ils voyagent par détachements de trois ou quatre, en laissant le moins de traces possibles de leur marche , évitant les sentiers , de peur que l'empreinte de leurs pas ne les trahisse ; car, de même que les autres sauvages , les Australiens ont une sa-
facité inouïe à suivre la trace d'un pas umain. Lorsqu'ils ont découvert un campement ennemi , ils attendent la nuit ; alors ils approchent avec précaution, en rampant sur les mains et les genoux , jusqu'à ce qu'ils aient trouvé la personne quMls cherchent, et aussitôt de leur lance ils lui traversent le corps. L'ennemi qui est surpris de la sorte, se met à l'instant à fuir sans essayer de résistance, car, dans les ténèores de la nuit, il ne peut discerner un ami d*un ennemi , et la lueur des feux ne sert qu'à exposer plus sûrement à des coups meurtriers. Les femmes et les enfants sont également sacrifiés , mais toujours en petit nombre, lïéanmoins, ce>s escarmouches continuelles affaiblissent considérablement Ja population indigène, puisque, dès qu'un individu tombe frappé, sa mort est aussitôt vengée. Après ses funérailles , on quitte le pays pour une certaine période, durant laquelle on a soin de ne pas prononcer le nom du mort; et, en rappelant l'événement, on se borne à mentionner les survivants; car si on citait le nom du mort, on craindrait de voir son ombre.
Les funérailles sont accompagnées de lamentations bruyantes. On creuse une fosse de quatre pieds de long, trois de lar^e et six de profondeur , au bas de laquelle on dépose une écorce, des rameaux verts et le corps par-dessus, enveloppé de son manteau, les genoux rephes vers la poitrine, et les ras croisés ; on couvre le tout de nou-
Telles branches et d*écorces , et enfin de terre pour remplir la fosse , qui ef| aussi marquée par des branches d'art bre, et par les lances, le couteau de pierre et le marteau du guerrier expiré [voy. pL 264). Les pleureurs gavent des cercles dans Técorce des arbres toi* sins de Ist tombe, à la hauteur de six ou sept pieds du sol ; enfin ils alla|nent un petit feu en tête, recueillent quel» ques rameaux qu'ils nettoient a?ee grand soin pour qu'aucune parcelle terreuse n'y soit adhérente. On se couvre la race en noir ou en blanc ; on se fait quelques pustules au front autour des tempes , et sur les os des joues, marques de deuil qu'on porte assez longtemps; on se coupe aussi le bout du nez, et on l'egratigne comme pour en faire couler des larmes. Dorant le deuil, on ne porte ni ornements ni plumes. Il arrive souvent
Sue deux personnes ont le même nom; la mort d'une d'elles, l'autre cbanse le sien pour un certain temps , afin eue celui du défunt ne puisse être proléré. Une femme est ^^''lement ensevelie avec tous ses accoutrements et ustensiles.
On pourrait conclure de là que les sauvages croient à la vie future. Le voyageur anglais qui nous a fourni ces détails , n'y met aucun doute. Us pensent , dit-Il , qu'après la mort ils s'en vont vers la lune. Ils ont foi aux esprits, et prétendent même en avoir vu. Ils croient aussi aux présages, et le chant du coucou, par exemple, est, selon eux, un augure de mort.
«t Dans leurs campements, dit M« r^ind , ils faisaient toujours beaucoup de bruit ; mais ce bruit cessait à notre approche, jusqu'à ce que l'on sût qui nous étions. A la venue d'un étranger, on paraissait joyeux , on le cajolait, on le flattait ; on lui volait d'abord quelques petits objets , et de jour en jour de plus considérables. Toutefois beaucoup d'articles étaient restitués, s'ils lui avaient été dérobés par des individu^ étrangers à la tribu au sein de laquelle il se trouvait. >•
Les naturels de la terre du Roi- George désignent par des noms par-
tieiiliers , soit les saisons , en partant de juin , qui est pour eux le commencement de l'hiver, soit les venU , soit les tribus f*^ les ciasses'et les noms des personnes qu'ils connaissent.
En général , ils parlent vite , et souvent interrompent la conversation par un cliant , dans lequel ils relatent les circonstances qui les intéressent. Ils ont aussi des chansons, pour ainsi dire, improvisées. Les femmes chantent plus souvent entre elles, et leurs chansons ne sont pas toujours décentes ; les hommes sont de même enclins aux paroles graveleuses et satiriques.