COLONIE DE LA RIVIÈRE DES CYCRES
C'est ici que les Anglais ont tflj d'établir une colonie , qui a pris ^ ^ de Black Swan hiver, TJw^ifrf»
Cygnes noirs. Elle est située au P oriental des monts Darling. L'enW est par le 32** 4' 3o", et It3»î6''j[ d'après Van Keulen. Le terrain p* être entièrement composé d'un sol^ et fertile. Selon M. Frazer, boûnj de Sidney, il est bien supérieurjc^ de la jNouvelle- Galles du Sud. LaJ icre dosCvgnes coule, pendant oo»
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OCÉAIflE.
léM. On ne reçoit, dans cette cololie, que des colons libres-, les dépor*» tés en sont donc exclus. Elle est divisée »n comtés, en cantons , en juridictions st en sections. Chaque section contient m mille carré de six cent quarante icres.
Ce Heu reçut le nom de Rivière les Cygnes de Tamiral d'Entrecasleaux, qui Texplora en 1792, dans ^intention probablement d*en assurer a possession à la France. Mais celle* ;i , ayant oublié de faire valoir ses iroits , nos rivaux profitèrent de notre légligence; et , trente-deux années plus tard , M. Stirling, capitaine de la ma* rine britannique , qui fit de Swan Rirer une pompeuse description à son gouvernement, obtint facilenient les moyens nécessaires pour y fonder une colonie.
Grâce à la fièvre d^émigratlon gui igitaft si fort, en 18S3, la population j^^ngleterre, les colons afuuerent au nouvel établissement, croyant y faire ine fortune rapide; mais ils furent cruellement désappointés : au lieu du dimat doux et sain , des terres fertiles 5t bien arrosées qu'on leur avait pronîs , ils ne trouvèrent qu'un sol sa- >lonneux et battu par les terribles rents d'ouest. Aussi , malgré les efbrU de leur gouverneur, beaucoup rentre eux se retirèrent à Sidney m à Hobart-Town. dont les négociants, >eu satisfaits de leurs spéculations avec e nouvel établisse ment cherchaient à les lécourager.Cependant la colonie s'obs- ;ina à cultiver. la Rivière des Cygnes, malgré l'inégalité du climat qui y empêche souvent les moissons de parvenir i leur maturité , et engendre des épilétnies qui déciment les hommes et les inimaux , malgré Tinconvénient d'une ade qui , n'étant abritée des lames et les vents du large que par une petite fie, i*offre presque aucun abri aux gros bâiments. La plupart à^s obstacles qui ;*opposent à sa prospérité, disparairont probablement quand les habiants auront mis les montagnes entre ux et la mer.
L.e gouvernement habile de la Granle^Bretngne étend sa puissance sur
tous les points da gIdM où il peut protéger le commerce anglais, avec une justesse mathématique, que le ministère et la nation possèdent et allient souvent avec une rare élévation d'idées, et toujours avec une noble persévérance. Voyant la puissance anglaise garantie et consolidée dans l'Indeetdans l'tle magnifique de Ceyian»
à rîle de France et au cap de Bonne- Es-
Sérance , qui sont devenus à leur tour crissants, le aouvemement anglais, dis-je , pensa qu H importait d'encourager un établissement sur la côte occidentale de l'Australie : pour rapprocher entre eux ces divers pointa, il a fait choix du bassin pittoresque et fertile de la Rivière des Cygnes, et a donné des ordres pour gue les premiers travaux fussent repris et avantagés. Aussi sur ce point on dirij^e aujourd'hui les expéditions les plus importantes ; car, cette colonie , liant l'océan Indien à la mer du Sud , rapprochera de plusieurs centaines de lieues l'Australie de la métropole.
Après la Nouvelle-Galles du Sud, la colonie la plus importante de l'Austr^»
lie est celle de la Rivière des Cygnes. Depuis 1829. le' capitaine Stirling eo a été nommé gouverneur. Le littoral decettecolonievientde s'étendre,de la côte occidentale jusque sur la côte sudouest de l'Australie. i:ile possède plusieurs rades importantes ; tes plus sûres sont la baie du Hoi-Geotge, qui comprend deux bassins , le havre du Prince 'Royal y le havre aux HtOtres, le havre Augusta^ et enfin la baie du Giographe, La baie de Cokburn^ située par le 32" 10' de latitude sud , entre la terre ferme et l'île des Jardins , offre une rade d'un facile accès, qui peut contenir plus de mille bàti> ments. En cas de guerre, ce serait une
fiosition redoutable. Le territoire enler de la colonie s'étend du 32« au 35* de latitude sud , et du 155° au 158<> de longitude est.
Les fondements de quatre villes y ont déjà été jetés, savoir : sur la •côte, Freemantle , vers la rive sud de l'embouchure de la rivière; Clarence- Town, au bord de la mer, devant
Cockburn-Souiid; Perth, à neuf milles de Freemantie, sur ia rive nord; et Guildford, à cinq ou six milles plus haut, située également sur le bordée la rivière des Cygnes. En 183 1, Perth avait déjà cent vingt maisons, et la colonie entière ne comptait pas moins de quinze cent quarante - huit habitants, d*après les Statisticai transac- Uons.
Deux îles, Buache et Rottenest, avoisinent ia rivière des Cysnes ( propre): il faut j joindre les cArolhos de Houtman, ou Pelsart fit naufrage.
Les indigènes des environs de cette colonie paraissent être semblables à ceux de la terre de Witt , dont nous parlerons bientôt.
Maintenant, cet établissement prospérera-t-il ? Cette question est bien diflicile à résoudre aujourd'hui , car les colons de la Rivière des Cygnes , aussi bien que ceux de TAustraiie et de Van-^ Diemen^ cherchent également à cacher' la vérité , les uns par intérêt local , les autres parce qu'ils prévoient que si les établissements situes sur les côtes occidentales de rAustralie prennent de l'importance, ils attireront, en raison de leur position , les navires destinés pour Sianey ou Hobart-Town , et causeront, par conséquent, un très-grand dommage au commerce de ces deux
Ï)orts. Grâce à la persévérance et à ^habileté anglaise, nous ne doutons pas de la prospérité de la Rivière des Cygnes. Ce sera un anneau de plus ajouté à cette ceinture d*immenses possessions, dont T Angleterre entoure notre monde.
TKRRB D'ENDRACHT OU DE CONCORDE.
La terre dEndracht ou de Concorde, qui termine la côte occidentale, a des rivaçes très-bas et des montagnes dans l'intérieur qui paraissent fort hautes. La presqu'île Pérou divise la baie des Chiena marins {*) en deux golfes, nommés le havre Freycinet et \^ havre Hamelin, La partie orientale du havre Hamelin n'a pas été reconnue en cn-
{*) Elle est airiM nommée à cause des •quales, nommés vulgairement chiens marins, mais qui sont de vénlables requins.
tter. Peut-être qu^e rivière via^ elle s'y jeter. Ces deux havres offnÉ deux bdos mouillages, mais l'eau don
{)araît y manquer jusqu'à œvour; wà a végétation , composée d'arbral sang-dragon, demanglto,etc,f^ triste. «Pourtant, dit élégamment Mi te-Brun , les phoques, les baleiDes,ll poissons de toute espèce, et les gni serpents de mer rendent ses flots ad animés (]ue sa terre est déserte. ■ D» pier y vit d'immenses lézards guaa^ et la plupart des arbres et dei »
brisseaux portaient des Qeors bien Selon le savant naturaliste philoso|l| Pérou , toute cette côte sabionneusn couverte de coquillages pétrifies, eth végétaux même sont tres-souvntft veloppés de matière calcaire. L'i# tuné Riche disait a qu*an notiM Persée semblerait avoir promené* seconde tête de Méduse sur ces éM^ nants rivages. » Les incrustatioBJiI ' font avec une rapidité extraonliMi< on y a trouvé des arbrisseaux, desej»
ments d'animaux qui étaient en^df pés d'une croûte calcarifère (*). L^ quipage de l' brame avait établi • camp sur la côte de ta baie des Cti4 marms ( voy. pi. 273 ) , et les Fnn^
Îj eurent une plaissaiite entrevue rtj es noirs indigènes , qui étaient m timides ( voy. pL 258 ). M. de Fr^ net y vit un nid gigantesque, gflj et solide comme une hutte (^or.JI 275). !
La presqu'île Pérou renferme^ étangs, la plupart du temps desseejj
L'île /'a//re, à rentrée du havreol mel in , est dépourvue d'eau doaceij couverte de dunes de sables éle^t*^ mobiles. J
Les îles Dooresy J^ernier. et m de Dirck^Haiicli^ , situées a l'ei^J du golfe des Chiens marins, m très -sablonneuses ; cependant leorw dure annonce le voisinage du tropj (du Capricorne). « Elles nournfl»
des buissons de mimosa et ui nombre de kangarous (**). »
(*)Péron, Mémoires surquelq^-, , etc. J
(**) Leschenaut de la Tour, jonnal ^ nuscrit.
OCÉAKIÊ.
ILE DIRCK-HATICHS.
nrscRiPTioir cr rieuse.
Cest sur Tile Dirck-Uatichs que fl[. de Freycinet fit enlever une plaque l*étain fort précieuse , laissée par Vlaningh en 1697, trouvée par Baudin en 801 , et retrouvée par M. de Freycinet n 1818. Voici ce que ce savant navigaeur écrivit à ce sujet à M. Pougens, nemhre de (Institut ( Académie des nscriptions) , en offrant cette plaque à 'Académie qui en accepta Thommage.
a L'expédition du capitaine Baudin , |ui relâcha en 1801 à la baie des 'Chiens marins ^ sur la côte x)ccidentale le la Nouvelle-Hollande, trouva, sur a pointe nord d'une des îles qui gisent i 1 entrée de la baie, une plaque circuaire en étain, sur laquelle étaient gros- ;îèrement gravées deux inscriptions loi landaises. Cette plaque était plus ]U*à moitié ensevelie dans le sable, et )rès des restes d'urf vieux poteau oà :out indiquait qu'elle avait été clouée lans le principe. On crut alors devoir *especter ce monument qui offrait la )reuve irrécusable de la visite sur ces )ords des premiers navigateurs hollanlaîs. On disposa donc un nouveau poeau , et la pliique d'étain, y avant été •eclouée , lut replacée sur le point néme où on Tavart prise.
a Pérou , dans la rédaction quMl a lonnée du f^oyage atiœ terres ausrcUeSy fait mention du fait que je
I>en 25 october, is hier aen geko* men het schip de Endracht^ van Ams- ;erdam : de opper koopman Gilles Ùiebajs, van Luick; schipper Dirck- Uatichs, van Amsterdam. De 27 dito, ;e zeil gegaan na Bantam. De onder JLOopman Janstins ; de opper stuier- Dan, Pieter £. Doores van Bil. Anno
I>en 4 february , is hier aen gekomen het schip de Geeloincky van Amsterdam : den comander ent schipper Willem de Vlaniingh, van Vlielandt; sdsistent Joanne^ Bremer, van Coppeahagen ; opper stuierman Michiel
viens de relater, et donne la traduction des inscriptions dont il s'agit. Ayant eu occasion de visiter ces mêmes parages pendant le voyage autour du monde que je viens de terminer, j'ai voulu savoir si la plaque hollandaise était toujours au même lieu. On eut beaucoup de peine à la retrouver; le poteau était tout à fait détruit, et la plaque, jetée par le vent à c|uelque distance, eût été bientôt entièrement recouverte par le sable, si je ne Teusse fait ramasser et porter sur le vaisseau.
a Faire reclouer cette plaque sur un nouveau poteau , c'eût été s'exposer à la perdre tout à fait : mais comme il est intéressant pour l'histoire de conserver cette espèce de médaille, j'ai cru devoir l'apporter en France.
Les deux inscriptions qui s'y trouvent , quoique de dates différentes , paraissent cependant avoir été gravées par la même main. Un examen un peu attentif fait reconnaître que la plaque était primitivement un plat d'étain dont on a mis la surface de niveau en abaissant les bords. Son diamètre est de 0"* 365, et les lettres ont de hauteur 12 millimètres : toutes ont été frappées à l'aide de trois poinçons seulement, l'un recti ligne, l'autre demicirculaire, et le troisième légèrement ondulé en forme d'^.
Voici les deux inscriptions , avec de légères correctious et une traduction littérale :
Le 25 octobre, est arrivé ici le navire VEndrachty d'Amsterdam, premier marchand Gilles Miebais de Liège; ca« pitaine Dirck-Uatichs, d'Amsterdam.
Le 27 du même mois, il remit à la voile pour Bantam : sous marchand Janstins; premier pilote, Pieter £• Doores van Bil. Année 1616.
Le 4 février, est arrivé ici le raîsseau le Geelvinck, d'Amsterdam, capitaine-commandant AVillem de Vlamingh, de Vlielandt; lieutenant, Joannés Bremer, de Copenhague ; premier pilote, Michiel Bloem, de la ville libre
Bloem , van sticht Bremen. De hoecker ûé Nyptangh : schipper Gerrit Colaart, van Amsterdam; adsistent Théodoric Hiermans , van dito ; opper ttuierman, Gerrit Gerritsen, van Ere- Rien. De galjoot het /fle^^e&jc.-gesagh hebber Cornelis de Vlamingh, van Vlielandt; stuierman Cocrt Gerristen, Tan Bremen. En van hier, gezeylt met onze viot, den voort Zuvdlandt verder te ondersoecken, en geâistineert voor Batavia.
« L'histoire nous apprend , dit Fréycinet, i\\ït Vlamingh avait été chargé par la Compagnie hollandaise de faire la reconnaissance de la partie des côtes de la Nouvelle-Hollande, comprise entre la rivière des Cygnes et le cap nordouest de la terre d'Endracht. Le nu* méro qui est au bas de la plaque pourrait faire présumer que Vlamingh en a déposé plusieurs autres , du même genre, sur les différents points qu'il a visités avant d*arriver à la baie des Chiens marins, et ce fait est d'autant plus probable, que cette baie se trouve à la fin de l'espace que ce navigateur avait été chargé crexplorer.
L'inscription relative au voyage de Vlamingh semble donc avoir toute l'authenticité désirable; l'autre, au contraire , qui donne l'indication da voyage du capitaine Dirck-Hatichs , n'aurait été faite que quatre-vingts ans environ après le voyage lui-même auc[uel elle se rapporte. Au reste, cette inscription n'en est pas moins précieuse, car ces faits, qu'elle relate et qui paraissent avoir écé parfaitement connus de Vlamingh (O9 étaient jusquelà , pour la plupart, ignorés. On savait . il est vrai , que les Hollandais avaient abordé à la terre d'Endracht en 1616.
L'inscription nous apprend de plus l'époque précise de cet événement, le nom
(*) Je lis dans une traduction manuscrile du Voyage de Ylamingh, que ce navigateur avait trouvé lui-même sur Tile Dirck-Hatichs une inscription gravée sur élain , qu*y avait laissée le capitaine de ce nom ; la première partie de rioscription de Vlamingh n*est donc évidemment aucune simple copie de celle de Oirck-Uatidis,
de Brème. La honrque (*), le ^ptmf^ capitaine Gerrit Colaart, oAmAi dam; lieutenant, TliéodoricHiennM du même lieu : premier pilote, GiB Gerritsen , de Brème. La ealic ' yeeseltjcy commandant, Cont Vlamingh ; pilote^ Coert Gerrit Brème. Partis d'ici avec notre pour continuer à explorer les australes, et en dcstinatioD poorl ta via.
du vaisseau VEndrachty quidefnM imposé à la c^te, le nom do ciDiÉj devenu aussi celui de l'tle sur iid ce navigateur a mis à terre (iH Uatichs); enfin elle nous appreai^ core les noms do premier PilolM l'jin descjuels (Doores) on wÀpÀ jourd'hui une fie voisine de la P dente. Jusqu'à ce jour, im» m ont étrangement défiguré ce tMij Dirck-Hatichs ; la plupart l'oflt til formé en Dirk-tiurtog, et odhl Voya^ de Baudio dIes-mIflMN substituant à ces mots ceux de IM Kartighs, n'ont pas non plus ëki rectes.
COTE SEPTENTmiON ALB BtVA TBAUE.
La côte septentrionale de TAi^ )ie s'étend de l'ouest à Test, dcfiii cap Murât jusqu'au cap York; c'a seule qui soit en entier comprise i la zone torride. Elle se divise en m parties : la terre de AVitt, la ■ d'Amheim, dans laquelle on oon^ la terre de Van-Diemen, et la W Carpentarie.