COMMERCE
Le commerce qui existe entre m îles et le golfe de Carpentarie, sar h côte septentrionale de rAustralie,nd pas précisément celui des Bougoisitt sont les Chinois qui font les expéifr tions, dans lesquelles ils emploient af des koro-koros les marins mangkasafl et bouguis du comptoir hollandais i Vlaardingen,dans l'ile Célèbes; maisa n'est pas le seul lieu d'où partent cesfmements. Cette branche d'industni n'est pas un commerce replier; c'M simplement une pècheriequi apoarn objet d'approvisionner les nurchésà la Chine ; c'est un trafic isolé, qui M se lie pas avec les entreprises barifi des négociants bouguis (*).
Quand on pèse ces circonstances. A que l'on considère que la traversée à Célèbes au golfe de Carpentarie^ longue et dangereuse; que oe goi est dans la latitude des oiins>Ç et des tomados; que le sol «JJJ climat de la partie de la Noavell^Hr lande la plus voisine ne sont j^ 6^ râbles à la constitution phvsiqaev Européens , on conçoit que les fs^ tions y soient rares, et gue lesA^ aient abandonné la colonie qu'iisavaBj établie au port Raf fles, dont le priaap objet était de former un marché q«*^ tirerait une grande partie du comatfj
général de la Malaisie. Mais la teneçl* aie d'Arnheim nous semblent nu^ placées pour une colonie (**). ^^ S'il est permis de nous citer encoi»
nous-méme, nous répéterons oef| nous avons dit dans un de ooséoitt' « Ce qui doit le plus surprends "
no. L. D. de Rîeozi, Decriptio»* Célèbes.
(**) Malle-Brunct D. de Rienn,"f'f*
OCÉANIE
la part des indigènes de ia terre d'Arnhenn, c'est que la curiosité, qui parait être le trait caractéristique et dominant de l'espèce humaine, n'a
Kresque fait aucun progrès cliez eux.
Lien de ce qu'on leur otifre ne parait exciter leur admiration, leur étonnement ou leur désir. £n effet, pour admirer les productions de l'industrie ou des arts, il faut au moins posséder les
i)remières idées de ces productions, ^lais ces hommes simples considèrent les ouvrages les plus parfaits et les plus compliqués , du même œil qu'ils voient les lois et les phénomènes de la nature; et à leurs yeux il n'y pas de différence entre le mécanisme d'un chronomètre de Breguet et le casuarina qui croît sans culture dans leurs immenses forêts. L'orgueilleux Européen qui, après s'être exposé à de nombreux dangers pour arriver dans ces régions lointaines, pense qu'il s'abaisse en les questionnant ou en s^asseyant .auprès d'eux , n'est-il pas humilié en voyant la parfaite inditférence avec laquelle ils regardent nos chefs-d'œuvre? Ils sont cependant curieux de voir si notre peau et nos habits ne font qu'un. La musique aussi a quelque attrait pour eux. Ils sont assez discrets et reconnaissants , mais vindicatifs à l'excès. On trouve chez ces Australiens plusieurs guides qui servent avec zèle et probité les Bouguis ou autres étrangers, surtout s'ils appartiennent à la race malaie {*), »
Ces indigènes ont élevé quelques tombeaux peu loin de ia côte (voy.
pL 265).
On est quelquefois étonné d'entendre un rémoiUeuriians la profondeur des forêts de laterred'Arnheim; c'est qu'elles [>at au nombre de leurs habitants un [>is^u qui fait entendre exactement [e murmure de la pierre à aiguiser, |uand le rémouleur la met en mouvement. Dans les solitudes australiennes , ecbantde V oiseau-cloche ^ qui retentit x>inme une clochette de mouton, anlonce la présence de l'eau , si précieuse lUX voyageurs, et on peut en toute
(*) Rienzi, loco cit.
81* Livraison, (Océanie.) t. m.
confiance s^en rapporter à cet utile avertissement. On voit dans l'intérieur des opossums, des oumbats, quelques cereopsis, et sur la cote de beaux nautiles (voy. pL ÎS66).
Le golfe de Carpentarie , qui est au milieu des deux parties de la terre d'Arnheim, dans l'étendue que nous avons donnée à celle-ci, a cent dix lieues de largeur sur trente de profondeur (c'est-à-dire de l'ouverture au fond du golfe). La côte serait propre à un vaste établissement. Ses deux fleuves principaux sont le Tasman à l'ouest, et le Caron au sud. On y trouve des forets entières d'eucalyptus, et les kangarous v sont en abondance. L'eucalyptus, arbre dont il existe près de cent espèces, et le kangarou (macropus), animal de la classe des mammifères, de l'ordre des marsupiaux et de la famille des macrotarses, qui compte également plusieurs espèces , caractérisent assez bien l'Australie , car il parait qu'on les trouve sur tous les points de sa surface, dpns les parties de la zone torride , à moins de quinze degrés de l'équateur, comme dans celles de la zone tempérée , qui en sont éloignées de trenteneuf degrés.
Les côtes orientales de ce golfe sont partout accessibles ; mais les côtes occidentales sont bordées d'Iles et de petits archipels d'un accès diflicile, dans lesquels l'intrépide iiougui et le brave Maugkassar ne craignent pas toutefois de pénétrer. Au sud du cap d'Arnheim est située Caledony-Bay (la baie de Calédonie), dont 1 entrée est facile, et dont les indigènes sont assez doux. En s'avançant au sud, est Groote EyUvndt. On aperçoit, à dix lieues en mer, la montagne qui se trouve au centre de cette iie. Elle a des sources d'eau douce. Dans ses bois on entend quelquefois le cri de grands aigles au plumage foncé et à la tête blanche, qui s'approchent sans crainte de vous , et sans chercner à vous nuire. On y voit de vastes forêts d'eucalyptus et une espèce de chou palmiste.
Le midi de l'ile est sablonneux et stérile, ainsi que les îles d'Edouard Pellew, •
Les sept fles Wellesley, situées presque au fond du golfe, sont placées Tîs-à-vis une côte basse. D'après ce ^e nous avons appris, elles sont littéralement couvertes de casuarinas et d'eucalyptus ; une d'elles , qu'on nomme Mornington, en est la plus grande. Celle de Bentink, qui est au sud , a un petit étang d'eau douce , guoi . qu'en ait dit Flinoérs , et, ce qui est un avantage immense , ce lac est près de la côte.
A l'est, c'est-à-dire au fond du golfe, on est à l'abri de tous les vents. On y trouve des sources d'eau douce ; la mer y fournit du poisson en quantité , et une foule de tortues marines vertes se répandent sur ses rivages depuis le mois d'août jusqu'au mois de janvier.
La côte orientale du golfe de Carpentarie est uniforme, sablonneuse, stérile ; elle se termine par le détroit de Torrès , que nous avons déjà décrit.
Voilà notre périple terminé. Nous avons transporté le lecteur du cap York, extrémité septentrionale de la Nouvelle-Galles méridionale, jusqu'au promontoire Wilson, au sud, et de là nous l'avons ramené, par l'ouest, au fond du golfe de Carpentarie, c'est-àdire au point de départ.