AVENIR DE L'AUSTRALIE
Quelles seront les destinées de ces colonies lointaines? Quel sera l'avenir de ces nations qui grandissent aux extrémités de l'univers? Le continent qu'elles occupent est destiné , par la force de sa position , à devenir un jour le centre des grandes relations commerciales et politiques entre FAsie , TAmérique , et même l'Afrique. Par elles, la civilisation aura fait le tour du globe ; mais persévéreront-elles dans les voies de félicité où elles ont marché jusqu'à ce jour ? Que ne nous est-il donné de leur garantir à jamais cette sagesse publique qui peut seule assurer la prospérité des peuples? Longtemps encore elles^ ne
compteront que des éléments de pio-
Îirès, L'espace ne manquera ps à *homme.
Aujourd'hui l'Australie compte sa villes ; avant un siècle eHe comptera ses nations ; mais l'Angleterre y scn représentée par des peuples, la France par ûes familles , comme TEspaçne, comme la Grèce même, et TaïtL Cette pensée est triste. L'honneur do savoir est sauf pour la France ; en est-il ■de même pour la politique française?
Au milieu de ces merveilles,' quel sera le sort des aborigènes de l'Australie? Cette question importante»
rattaclie intimement au progrès des établissements britanniques dans le grand continent méridional ; et od ne saurait recommander, d'une maniàe trop pressante, aux pouvoirs législatif de leur métropole de s'en occuper sus délai. L'idée que les colons anglais d^ vr aient se mélanger et s'amalganier avec des noirs répugne aux idéa européennes, et c'est une opinion établie , que les aborigènes de l'Australie ne sauraient se plier à des mceurs plus douces. Il résulte de cette manière de voir , que les communications entre les colons anglais et les tribus aborigènes, se sont réglées d'après ks mêmes prindpes qu'on applique à un pays quePoo»
propose de coloniser , et qui ne serait peuplé que d'animaux sauvages. Mais maintenant , nous l'avons dit, on ness borne plus à amener graduellement b destruction des indigènes, en diminuant peu à peu leurs moyens de subsistance, ni a les exterminer s'ils sont féroces. On a cherché les mojtns d'améliorer leur sort par la civilis^ tion, et cette méthode a déjà rcça dans la Nouvelle-Galles du Sad et dans le pays de Van-Diémen un coob* mencement d'exécution. Quel serait rétonnement de MM. deRossd, I^ billardière, fieautems- Beaupré, tous de l'expédition du savant navigaiflff d'Entrecaste^x , si, revenant da0 des lieux qu^ils ont vus jadis <kserts et couverts de forêts , ^ voyaient , devant une jolie ville, df grands vaisseaux à l'ancre, une popu* uttion nombreuse, étendue dans un
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grftnd espace, des fermes charmantes couvrant la campagne, des voitures, des journaux , tous les agréments de l'Europe ! eniin , transportés dans un lieu ou ils n'eurent que des privations à supporter dans l'important travail
Su'ils y exécutèrent , quel serait leur tonnementen revoyant ces piases jadis arides et solitaires, et que les Anglais viennent de coloniser ! Lorsqu'on connaît ces beaux éléments de civilisation partielle dans la civilisation Générale, on ne peut s'empêcher de ire qu'une puissance (jui , en temps de guerre, chercherait a les détruire, commettrait un crime contre l'humanité et contre l'intérêt de plus d*un i)eu[)Ie. De tels travaux , secondés par le zèle, le talent, et surtout par la loyauté des nouveaux administrateurs envers les aborigènes, serviront non moins les intérêts de la science que ceux de l'Angleterre. C'est grâce à des hommes semblables, c'est à la suite d'entreprises aussi honorables, que cette nation s'est élevée à cette grandeur étonnante, sujet de tant de déclamations absurdes, etqui nedevrait être de la part des grandes puissances que l'objet d'une émulation éclairée.
Quant à nous Français, nous qui préférons la gloire brillante et fausse des combats à la gloire attachée au colonisateur qui crée une seconde nation, et universalise sa langue et ses bienfaits ; nous, si insouciants et si inhabiles aujourd'hui à conquérir cette gloire pacifique, nous qui l'avons négligée dans cette même Australie , vers cette Hviére des Cygnes y choisie par d'Entrecasteaux pour y établir une colonie française , il existe encore pour nous un autre genre d'exploitation à laquelle nous sommes du moins appelés au premier rang par notre esprit civilisateur:
c'est l'exploitation scientifique. Les peu-
Ïlles d'Europe et les Américains blancs, eurs descendants, qui forment une seule et même race, et à qui une ci- Tilisation supérieure donne auiourd*hui 1« triomphe sur les autres habitants du globe, doivent s'imposer la mission d'étudier attentivement toutes les parties de la terre, pour en con*
naître la véritable valeur, et pour observer et recueillir les mœurs, les souvenirs, les langues de tant de populations qui périssent ou qui se transforment , afin de compléter l'histoire de l'humanité.
Les Malais, et surtout les Célébiens, ont sans doute fréquenté les côtes septentrionales de l'Australie avant l'arrivée des Européens.
Le président des Brosses et l'abbé Prévôt ont attribué la découverte de la Nouvelle-Hollande à Paulmier de Gonneville. Nous croyons que c'est à Madagascar qu'aborda Gonneville, et qu'il y prit son prince Essomerie, qu'il amena en Europe avec lui. Il est probable que les Portugais eurent connaissance de quelques points de cette grande région. Une carte de 1542, d'une grande terre nommée Grande-Java, mdique le nord de l'Australie. Mais il est certain que le Duyjheriy navire hollandais, expédié de Bantam pour explorer les lies de la Nouvelle-Guinée, reconnut, en 1606, une étendue d'environ trois cents lieues de ses côtes seutentrionàles, dans l'ouest du détroit de Torrès. Voici en quels termes est raconté tout ce qu'on peut apprendre de ce voyage :
« Cette vaste contrée fut trouvée en majeure partie déserte ; cependant , en certains endroits, on rencontra des sauvages noirs, cruels et farouches, qui massacrèrent quelques hommes de 1 équipage. Ainsi on ne put apprendre d'eux rien qui concernât le pavs ; on ne put même s'y procurer de l^eau et des vivres; et la disette des navires fut cause qu'on ne put pas pousser fort loin cette reconnaissance. Le point oiî les Hollandais longèrent la terre fut nommé par eux Cap Keer-^eer, ou Cap du Retour. »
En 1606, vers le mois d'aolût à peu près , et dans les mêmes parages , un navigateur espagnol eut connaissance de la partie septentrionale de l'Australie.
Ce fut Louis Vaes de Torrès, second commandant de l'expédition dirigée par Hernandez de Quiros, qu'il avait
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L'UMVERS.
quitté sur la terre du Saint-Esprit. Là, Torrès s*étant séparé de l'amiral , poursuivit sa route à Touest.
Après avoir côtoyé, pendant trois cents lieues environ, uneterre qu'il prit pour la Pïouvelie-Guiuée et qui était probablement la Louisiane , ce navigateur arriva dans un espace semé diies (ledetroit de Torrès); il y recueillit une vingtaine d'individus de diverses peuplades noires du détroit qui porte son nom, afin d'acquérir par eux quelques renseignements sûrs; Torrès empioya près de deux mois pour le franchir, puis on fit route au nord, et d'après sa relation , nous sommes porté à croire qu'il découvrit la partie du nord de TAustralie, aux environs du cap York.
Le Hollandais Dirck-Hatichs , capitaine du navire Endracht^ reconnut, en 1616, une portion de la côte occidentale, à laquelle il donna le nom de son navire ; ce qui fut constaté par une plaque en étain, trouvée, en 1697, par Vlamingh, retrouvée, en 1801, par Freycinet, et dont nous avons déjà donné les deux inscriptions.
Le Mauritius , navire également hollandais, semble, dit d'Lrville, avoir, en 1618, fait, à son tour, quelques découvertes aux enviro?is de fyiilem^s Hiver, mais aucun détail précis n'existe sur ce voyage. Longtemps aussi on présuma qu'un nommé Zeachem avait, dans la même année, découvert la terre d'Arnheim et celle de Van-Diemen ; mais il est aujourd'hui prouvé qu'aucun navigateur de ce nom ne figure parmi ceux qui visitèrent les premiers la ^ouveile-Hollande. J. de Edels, en 1619, donna son nom à la côte qui s'étend au sud de la terre d' End raclit. Le grand récif (TJIoufman's Ahrolhos passe pour avoir été découvert, à la même époque, sinon par Kdels luimême, du moins par un navigateur contemporain. Trois ans plus tard , le Leewvih étendait du côté du sud la
Sortion de côte déjà coimue. En 1623, an Carstens, commandant les navires Fera et Amheim, fut expédié d'Araboine pour explorer les cotes septentrionales de l'Australie , que l'on confondait encore avec la Nouvelle-Guinée.
Carstens périt dans cette recomuls* sance, massacré par les sauvag;es,}vec huit hommes de VÂrnhem' Lexpwl>tion n'en poursuivit pas nK)ins sa mission ; on dé^'ouvrit des terres qui re^ rent les noms d'Arnheim etdeStwuit, après quoi les deux navires se sépa^^ rent. IJÂrJiheim retourna à AniMiof, mais le Fera continua de prolonger la côte jusqu'à Staaten Rirer, d'où il fit voile pour les Moluques. « DaiiS crttc découverte, dit la relation, on ne trocvi partout que des bas- fonds , drt côifl stériles , des Iles maigrement peuplées par diverses nations cruelles, brutales et misérables, qui ne pouvaient offrir que très-peu d'utilité à la Compagnie.»
En 1627, PieterNuyts, qui montait le Guide Zeepaard, longea, pfndal mille milles environ , la côte de l'Aitttralie. Le journal de l'expédition* fut jamais publié; mais on suppca que la terre visitée par Nuyts,coœprise entre les 84° et 36" de laftludesut devait offrir, comme tous les aoW pays de cette zone terrestre, dfs tfl" raîns habitables, riches et fertile- L'année d'après, de Witt donna s* nom au pays qui se prolonge entre î< 14** et le 21° de latiti.de meridiomlf- Il paraîtrait toutefois que, peu derotf auparavant, le navire / ?a»efi avait* toyé cette île Tespace de deux rente milles, et y avait reconnu, au milw d'une plage stérile et dangereuse, qu<^ ques terrains verdoyants qu*ocfupai<^ des peuples noirs et barbares. En l^ft Francis Pelsart perdit son navire^ } Batavia , sur les rochers non»»* Houtman*s Jbrolhos. N'ayant poi^ trouvé d'eau douce sur ces îlots,* capitaine fît ponter un de ses canots^ chercha à gagner le continent avft' * portion de sou équipage. Après ^ sieurs jours d'etYorts pénibles et i»* fructueux , et à la suite d'une m^^ tion de quatre cents milles, le lonc^ côtes, il prit le parti de se' rendrai Batavia, d'où il revint avec le yacht»
Saardam , pour reprendre les lio»nri< laissés sur les Abrolnos. Ceux-ci aviierf .fini par découvrir de Teau dans lecf(0 des rochers ; mais , avec la certitude* pouvoir vivre sur cet écuMl , élaicftt^
OCÉANIE. ^1
nues des pensées d'insubordination et ^ustrtUes. Le nom de NoqTeIle-Ho|^
de révolte. A son retour, Pelsart fut lande a longtemps prévalu parmi leti
obligé de sévir; on exécuta quel<|ues géographes; mais il doit faire pla« i
mutins, et on en déposa deux autres c»lui d'Australie, plus rationnel et
sur le continent vis-à-vis des Abrolhos. plus vrai, que les Anglais établis syc
.En 1636, Gerrit Tomaz Pool fut ex- ceterritoireontadaptéetinaintenu('),
Ipédié de Banda avec les yachts Klyn Les instructions données à Tasman
i Amsterdam et tVezel, pour le même fournissaient le moyen d'établir avec
objet que Carslens ; mais, par une fa- précision l'ordre chronologique des
tiilitp singulière , il fut, comme ce na- découvertes le long des côtes nord,
vigateur, niaSsaoré par les sauvages et ouest et sud de la Nouvelle-Hollande,
presqu»' au niénie endroit. L'expédition jusqu'au second voyage de ce naviga-
n'en fut pas moins continuée sous la teur; en voici le tableaa.
di FPCtion du subrécargue Pieterz Pie- i««6. - L'y.cht iu.ii,n<i.is a.,/»». .C4t. «nd.
' tersen. On ne put, à cause des vents »*'6.— Dirck-H«ticii»,na»ire£/i*»oSf. ciJieoii«i.
! contraires, atteindre la côte occiden- ^A':^ — ht^^'^\"L^'- ■'''™' taie du golfe de Carpentarie; mais on leH^—i. c"î!^,*. . . . .T.'.'.'.'.'.'.'.'.(Ju^Zh
reconnut celle de Van-Diemen's Land '627. — p. Moy» '..'.'.''..cdie«>d.*
dans le golfe, dans un prolongement '*>»•— D«Wit« •...C4t«ooeit.
de cent vingt milles environ. Puis on .636.-0. T.p<»i..c4t.nori .... j m^'i^ s'en retourna sans y avoir vu d'habi- | dAmhriui.
tants , malgré plusieurs apparences de '«iî" ~ î'*™*"" • " ; .• •*^""« •^<'-
fumée. Dèi 1643, Tasmârdécouvrit '««— T"-» ••«^«•.__^w»«<i««o.J-««v
'"" P'''J^!!„''"''"''' ''^ !f Tf manie , sans ce tableau complète la reconnais-
soupçonner que cette terre formait saxiix de toutes ces côtes, et donne le
""* "h/ ^'f *'n* '"' '^'f '':?""k- '* "«"» «le Nouvelle-Hollande à la part e
nom de Van-Diemens Land, bien „„rd-ouest que Tasman «vait vue le
au une portion considérable du nord p„mier. CeLm passa ensuite à tout
de 1 Austnilie eût déjà reçu le même fè continent. "^ non^. Ces désignations étaient, de la o,e ne fut qu'en 1688 et 160» que
part des divers nav:gatein-s , des hom- ,.^,313 d^^^^ ,„ ' '^ ^
'""'^fiJLTr^l*- ^^?" D'enien , alors taine étendue de côtes dfoord-ou^t,
gouverneur gênerai de Batavia. En et ce fut à cet observateur judicieux
16-14, Tasman fut envoyé de nouveau q^g ,.„„ j^t ,^3 premières notions
en reconnaissance vers les terres d'Aus- exactes et utiles sur ces vastes contres,
*''*"r-i. !! f/:Slf r,f P'"/"'"'?"»""" Jusqu'alors impai-faitement connues. 1
ment e golfe de Carpentarie , la terre ^décrivit plusieurs de ses productions
d'Arnheim et cel e de Van-Diemen. singulières. Dampier vit les abori-
■ Malheureusementl esprit etroi et mer- gèn^'eg en 1688 et 1699 : il Jes dépeint
I çantile qui présidait aux opérations de ^^^ jes hommes noirs, nus ravec
la compagnie hollandaise ensevelit ces j^s cheveux crépus et lainiix. beaux travaux dans un profond my». £„ if^ aillera VlamSgh aborda
tere;.aiissienest-on,denosjoursencore, ptte Rottenest, la rivière dé» Cvgnes et
réd u it a de simples conjectures sur les la baie des Chiins marias, à rentrée de
découvertes de Tasman. ^ous savons laquelle il trouva l'inscription de Direk
P?"''w.i?I DalO-mple qu il cpminu- ^atichs , qu'il lit placer sur un tronc
""•" Ti ^^ri»"T'"lr** '"* "rT'^r «•'«'•'"•e ' "Fès y avoir fait ajouter une
'"'?*■ 'Zl''^"'*'**^'''"^'^"*''''' SMonde inscription sur son propre
^"'*to«. reconnaissances de Tasman voy,ge. En 1 769 . si Bougainville ^t
<!"« ^\i^ ^""*'l'*'N<f. 'T* â«'^^"'*T prolongé yingt^uatre heures sa course
î"*"-il ^..wT„M .Nouvelle-Holh.nde ^ i.^^^^ i, eî^àt aperçu le premier la
î""lnf1nHinn"i'c"„' Ti ' ^"" ^'-^^''^' <^^ Orientale. A M était réservé» lement indiquée sons le nom générique
de Orande- Terre du Sud ou Terres (*) D'Urville, Voyage pittoresque.
SM
la gloire de la découvrir et de la tracer en entier. C*est depuis ce grand navi-
Sateur, qui faillit y périr sur les bancs e la mer de Corail, ainsi que le lecteur ]*a déjà vu , que ce vaste pays a excité l'attention de TEurope. Mais Quoique le périmètre entier de la Nouvelle-Hollande fûtàpeu près connu, on n'avaitencore sur sa géographie que des données générales. Des recx)n naissances détaillées furent ordonnées par la France et TAngleterre. Vancouver , d'Entrecasteaux , le chirurgien Bass , le capitaine Grant, et surtout Baudin et Fhnders, aidés des naturalistes Péron et Browns, explorèrent avec soin une grande portion des côtes occidentales et méridionales.De 1818 à 1822, le capitaine King reconnut la partie septentrionale avec une rare précision. Eiifln , M. deFreycinet en 18f8, M. dTrville en 1827, et Quelques autres navigateurs ajoutèrent ae nouveaux documents à ceux que leurs prédécesseurs avaient fournis sur les côtes surtout sur celles du sud de ce continent dont la vue est curieuse et dont nous donnons ici le dessin d'après Péron ( voy. pi. 279). Enfin, parmi les derniers voyageuris qui ont ▼isité TAustralie, nous ne pouvons oublier de mentionner M. Holman, qui a fait le tour du monde, quoique aveugle.
EXPLORATIONS ET DlrlCOUVERTES RÉCENTES DANS L'INTÉRIEUR DE L'AUSTRALIE.
Le périmètre entier de TAustralie est aujourd'hui tracé et bien connu , mais Tintérieur ne Tétait pas dans ces derniers J;emps. MM. Oxley, Blaxiand , "Wentworth, Hawson, Evans , Frazer, Currie, Hur^e, Cunningham , Howell, Sturt, Mac-Leay. Barker, Kent, Mitchell , Roë, Wilson, Coxen , etc. , ont exécuté par terre diverses expéditions aussi honorables qu'utiles. — Nous allons donner le résumé de leurs explorations dans r intérieur.
Le' pays à Touest des montagnes Bleues , contigu à celui de Sidnev, n'a été exploité qu'en partie. 11 se distin-
§ue par son immense étendue , la on té de son sol et la grande diversité de son climat. Les niontacnes Bleues ont cinquante-huit milles de largeur à
l'endroit où la route a été pnti(|Ke, et comme la distance de Sidncy à Émù-Ford, où elle oommenee, est d'environ quarante milles, cette rasU région doit se trouver à quatre-vingt* dix milles de la capitale. Cette route^ quoique très-escarpée et daneemse, est cependant praticable pour les (^ rettes. La montagne la plus élevée, appelée York , est à trois mille deo cents pieds au-dessus du nÎTeau A la mer ; mais la hauteur m^ des autres n'excède pas déux'milk piexis. Pendant les dix ou douze mmiers milles , elles sont assez m boisées et offrent quelques pâtura^; au delà le sol est d'une extrême aridîlé, étant couvert d'un taillis épais,»
tremélé <^ et là de quelques pommien rabougris. On y trouve du grés, * (Quartz et de la "^pierre de taille en |^ tite quantité; toutefois le granit, fs l'on rencontre toujours dans lesraoïîf gnes de formation primitive, ncsTfft nulle part, bien qu*ii en existe dans ii plaine, pendant l'espace de deux cfl^ milles. Dans toute cette étendue, k pays est couvert des plus riches lieri»ges, et est assez bien arrosé. Us résr seaux qui serpentent le long des m»
tagnes^ vont tous se perdre dans Is rivière de l'ouest, ou la Warraga"»!* affluent principal de rHawkesboff.
Mais du moment que les rivières pr* nent leur cours à l'ouest , le niauf* d'eau commence à se faire sentir, d augmente à mesure que l'on a^ws dans rintérieur, particulièrement d* la direction de l'ouest et du sudHWW* Cet immense et fertile territoire «f presque généralement dégarni de Wj taillis, et dans plusieurs endroits ili; croît aucun arbre quelconque. D* les plaines de Balhurst, parexerng où il ^ a un commandant, un d^ militaire et quelques étahlisseineBls»
on rencontre a peine un arbre sff une étendue de soixante mille aei* (quatre-vingt-dix mille arpents).
La possession de cette immense ffgion rut suivie des plus heureux^ sultats pour la colonie ; et il ne rj plus, pour rendre ce désert habita»
que de trouver une rivière qui ^
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ÔCÉANIÊ.
lerait avec la côte occidentale, rs expéditions y ont été endans ce dessein, xley, si on en croit le rapport >les australiens , est le premier ita de gravir les montagnes , en 1813, si nos souvenirs ne nit pas défaut; mais il recula devant les difllcultés à vainil paraît être revenu sur ses rès avoir pénétré à seize milles, I , dans leurs retraites sombres (es.
i comment en parle Tauteur du r pittoresque autour du monde.
ôt après Tinsuccès de cette expéttlans Tannée 1813, une affreuse esse vint frapper la colonie.
je était brûlée depuis le littoral au pied des montagnes; les sournient disparu ; les cours d'eau I taris ; les bestiaux mouraient ^es parts. Alors trois braves co- MM. Blaxiand , Wentworth et* lOn, se décidèrent à tenter enone reconnaissance, pour voir si oe -trouverait pas quelques res- )es au delà des montagnes Bleues, me heureuse inspiration , au lieu engager dans les ravins et dans (éfilés , ils eurent Tidée de suivre tamment les crêtes des monta- I. Après une foule de détours qui Àligerent plus d'une fois à revenir * lurs pas , ils se trouvèrent enfin xtréinité occidentale de cette e , environ vingt-cinq milles à (t de la rivière Nepean. On devine fut leur joie lorsqu'ils découit sous leurs pieds une magnifi- Ivallée, couverte d'herbes et bien L'ingénieur de la colonie , '. Ëvans , marchant sur les traces (S voyageurs, découvrit bientôt laines' de Bathurst, et les nvières [uarie et Lachlan qui les traver- Dès l'année suivante, un chetilt tracé à main d'homme à tra- H les montagnes , et aujourd'hui de Oniptes et belles communications •Istent entre la bande maritime et i contrées de l'intérieur. »
En 1817, M. Oxley, devenu inspec- Mir général de la colonie, fut mis à
84« JJvraUon. (Ogéanie.) t. m.
la tête d'une expédition importante, ayant pour but de suivre les rivières Lachlan et Macquarie aussi haut que possible , pour constater leur état plus ou moins navigable, et explorer la nature du pays qu'elles arrosaient.
M. Oxley, accompagné du docte botaniste M. Cunningham, porta son attention sur la première de ces rivières, et* continua de suivre ses sinuosités , jusqu'à ce qu'il lui semblât que ses eaux se perdissent dans des marais successifs , et qu'elle cessât d'être rivière. Ea 1818, cet inspecteur , accompagné de M. Evans, de M. Frazer, etc. ^ retourna vers la Macquarie, et la remonta de même , jusqu'à l'instant où il se vit arrêté par des marais infranchissables qui couvraient devant lui une plaine étendue ^ et parmi les-
2uels se perdait le lit. de la rivière, lette importante reconnaissance se termine à près de quatre cents milles dans l'intérieur. Voici comment il en rend compte lui-même :
« Le 29 juin , après avoir suivi le courjs de la rivière Macquarie dans la direction du nord-ouest ^ l'espace de soixante-dix milles, ses eaux s'enflèrent tout à coug, et elle sortit de son lit. Nous en étions alors éloignés d'environ une lieue; mais le pays était si plat, que Peau gagna en peu de tenips l'enaroit où nous nous trouvions. Pendant les jours précédents, nous avions parcouru une contrée tellement bosse, que nos gens qui étaient restés dans les embarcations , voyant le débordement de la rivière , n'avancèrent que lentement. Je leur fis dire de retourner au monticule que nous avions quitté le matin; mais celui-ci n'était pas non plus à l'abri de l'inondation : j'envoyai les chevaux et les vivres vers un plateau élevé, situé à seize milles de là y et je m'embarquai dans le plus grand de ces bateaux avec l'intention de suivre la rivière jusqu'à son embouchure.
«Le 2 juillet, je la descendis l'espace de trente milles , dans la direction du nord -nord-ouest. Pendant dix milles je perdis entièrement la terre de vue , le pays environnant offrant de toutes parts l'aspect d'une vaste mer. Les
Bti
L'UIVIVERS.
Hume , colon , explorèrent le pays plus au sud et à Touest de Sidney ; ils découvrirent la plus grande partie de la nouvelle contrée nommée Argyle ^ ainsi que le lac Bathurst, M. Hume fi'associa ensuite avec M. Howel , pour une excursion à la côte sud , et après un long et pénible voyage, ils gagnèrent la mer : mais était-ce à Port- Philips , ou à Western-Port? Dans les premières parties de leur voyage, ils traversèrent les plaines d'York ou d' Yass, et après avoir passé le Moroumbidgi , ils se trouvèrent pris au milieu de chaînes de montagnes, qui croissaient en hauteur à Test et au sud-est : trois rivières qui tombaient à Touest, reçurent d'eux les noms de Goviburn , de Hume et de Oven, Ils trouvèrent dans le voisinage de cette côte un pays beau et bien arrosé.
£n 1826, M. Cunningham traversa une partie considérable de Tintérieur au nord de Bathurst, et, en 1827, ayant de nouveau dirigé ses pas vers le nord , il parvint à sV^ever au 28* degré de latitude sud. Plus tard , ayant pris pour point de départ la baie Moreton, il réunit cet établissement à son premier voyage, et contribua ainsi à augmenter nos notions sur le pays montueux qui s'étend entre ce point et la capitale. M. Cunningham partageait Tavis de M. Oxley sur la nature marécageuse et infranchissable des contrées reculées de Tintérieur. Cette opinion recevait chaaue jour une confirmation nouvelle , des détails donnés par les indigènes, qui se mêlaient de plus en plus avec les blancs , et rapportaient qu'à l'ouest étaient de grandes eaux sur lesquelles les naturels avaient des barques, et où l'on trouvait de eros j)oissons. Il fut donc arrête dans ropinion de tous , que l'intérieur de TAustralie, à l'ouest, contenait un vaste bassin, dont l'océan de roseaux devant lequel M. Oxley avait reculé, marquait sans doute les bornes, et Ton pensait généralement que toute expédition, se dirigeant vers l'intérieur, rencontrerait des marécages immenses, qu'il serait très-diflîci le de tourner, et non moins dangereux de
vouloir traverser. Il restait toutefois à prouver si ces conjectures étaient fondées. L*année 1826 se. fit remarquer par le commencement d'une de ces terribles sécheresses auxquelles le dimat paraît périodiquement exposé : oelle-d dura deux ans avec une rigueur implacable, plus terrible que la sécb^ resse de 1813. La surface de la terre était tellement grillée, que la petite végétation y avait cessé entièreineDt On ne faisait venir qu'avec difficulté les légumes , et les récottes manquèrent, même dans les situations b plus favorables. Les planteurs poussaient leurs troupeaux au loin dans les terres pour y chercher l'eau et la pâture ; mais l'Intérieur souffrait autant que la c^te , et les hommes fînissaieot par tomber dans un profond dëcoongement , sous le poids de ce fléau, fl semblait que le ciel australien fûtderfoo d'airain et qu'il ne dût plus être traTcrsé par un nuage. Dans ces moments critiques , on pensait que l'état humide et marécageux de l'intérieur avait seul empédié M. Oxley d'y pénétrer pto avant, en 1818. Toutes les nouieiks qui arrivaient de Wellington-Valley, rétablissement le plus avancé dans le nord-ouest, confirmaient la nourelie d'une sécheresse inusitée des term basses , et de Tétat des rivières qui J coulaient , et que la chaleur avait presque mises à sec. On espérait donc qu^une expédition, suivant le cours de la Macquarie, aurait u ne chance desoccès plus grande que jamais , et que les difficultés à surmonter seraient snadement diminuées. Une expédition W donc immédiatement envoyée ^ constater la nature et retendues bassin dans lequel la Macquarie étirt supposée se perdre, et s'il existait une communication entre elle et la rinot coulant à l'ouest. Le capitaine Sturt, ayant toujours montré un grand )«• terét pour la géographie de la colonie, fut choisi par le gouverneur pour *• riger l'expédition dont on va hn Je résumé (*).
(•) sturt, Voyagcdansrintériearde FA»
tralieméridionale, Ind. par M. Mootcnont.
OCÉANIE
Après avoir descendu la rivière Macquarie plus loin que ses prédécesseurs, M. Sturt arriva avec ses compagnons sur le sommet du mont Harris. Alors jetant un coup d'ail .sur la plaine , il reconnut avec surprise et avec joie que les vastes nappes d*eau stagnante reconnues par son devancier , n'existaient plus. A leur place se prolongeait une plaine verte, d'un terrain uni, sans la moindre éminence. Sturt traversa cette plaine, dont le sol était çà et là crevassé , et , à cinquante milles plus loin , le lit de la Macquarie , effacé jusqu'alors, se reproduisit dans une petite rivière qui alliiit réunir ses eaux à celles du Castlereagli , découvert un peu plus au nord. Alors le capitaine Sturt poursuivit ses recherches vers le nord-ouest, dans la direction de ces immenses plaines ou, plus d'une fois, sa troupe eut à souffrir du manque d'eau. A peine, par intervalles, Quelques coteaux isolés rompaient-ifs la monotonie de ces steppes ingrates. ' Un petit courant d'eau qu'il suivit, le mena sur les bords d'une grande rivière qu'il nomma Darling , et dont la vue lui donna de grandes espérances. C'était vers le 30' degré de latitude, et à cent cinquante lieues environ des rives de la mer Orientale. Mais quet fut le désappointement des voyageurs, quand ils s'aperçurent que les eaux du Darling étaient complètement salées ! Pendant quarante milles environ ils suivirent son cours dans la direction du sud -ouest, et ne trouvèrent ailcun changement dans la nature de ses eaux. La largeur de son lit, au point où ils se trouvaient , pouvait être de trente toises environ , et Te lévation de ses rives , de trente à quarante pieds. Enfin, le manque d*eau potable, Taridité du sol, et le défaut de provisions, déterminèrent Sturt et ses compagnons à revenir sur leurs pas. Le point où ils quittèrent le cours du Darling est situé par 30*" 16' de latitude sud , et 144** 50' longitude est Les voyageurs eurent, avec les naturels, des rapports nombreux et journaliers. liC capitaine Sturt évalue à deux cent cinquante le nombre des sauvages qu'il
eut l'occasion d'observer. Leur conduite fut toujours amicale, et ils rendirent plus d'un service aux Anglais (*)•
M. Sturt , trace de ces régions lointaines le tableau suivant : « Les naturels , dit-il , étaient errants dans le désert, et la mauvaise qualité de Feau qu'ils étaient obligés de boire, leur avait fait contracter une maladie cutanée qui les faisait promptement périr. Les oiseaux que l'on voyait sur les arbres, semblaient soutenir avec peine le poids de l'existence, au milieu d'une atmosphère lourde et embrasée. Le chien sauvage ou cUngo se 'traînait cà et là en plem jour, et sa faiblesse t'empêchait de fuir l'approche des hommes. La végétation était coiuplétement consumée , et les arbres eux-mêmes périssaient de langueur, à cause de la grande profondeur où la sécheresse avait pénétré l'intérieur du sol. Plusieurs personnes de Pexpédition furent afQigées d'ophthalmies, occasionnées par Ta réverbération de la chaleur sur les plaines que l'on avait parcourues. Le thermomètre , à l'om- Dre, indiquait 50<> (centigrade) à trois heures après midi , et 38** au coucher du soleil. »
Les résultats importants obtenus par le capitaine Sturt dans les régions situées au nord-ouest de la colonie , déterminèrent le gouvernement à l'envoyer dans te sud-ouest pour examiner le cours du Moroumbidgi. Tout ce qu'on savait jusque-là dejcette rivière, c'est qu'après avoir pris sa source sous le flanc occidental oes monts Warragong dans le comté de Murray, à quatre-vingts milles environ de la côte orientale , elle recevait d'abord le tribut de plusieurs torrents peu importants, puisqu'elle poursuivait son cours vers l'ouest, pendant l'espace de plus de trois cents milles , en tormant une foule de sinuosités, mais sans recevoir le moindre afHuent. Le Lachlan offrant déjà un caractère semblable à trente ou quarante lieues au nord , on conçoit facilement pourquoi les plaines situées entre ces deux cours d*eau of^
(*) L. Keybaud.
firent en génial nn aspect àsses aride« En décembre 1839, M. Sturt commença cette nouvelle reconnaissance.
Il suivit la rive droite du Moroumbid-
{(1 , jtisou*à oe qu*ii eât dépassé tous es rapides et toutes les barres qui auraient pu mettre un obstacle à sa na-* TÎgatioii. Là , h une distance presque égale des mers de Test , du sud et de Fouest , il établit une espèce de dépôt , init à flot le canot qu'il avait apporté par terre de Sidney, et réussit à construire un canot sur place. Ce point n'était situé qu'à vingt-sept milles entlron de celui où Oxley avait perdu de vue le cours du Lachlan dans de tastes marais. Stnrt, en effet, retrouva le lit du Lachlan se déchargeant dans le Moroumbidgi , à douze niilies environ de son dépôt. Ça et là le fleuve était coupé par des barrages qui déterminaient des rapides et des tourbillons dangereux pour les pirogues. Enfîn, après quatre-vingt-dfx milles de navigation à travers un£ contrée unie et monotone, le 7 janvier 1830, les voyageurs arrivèrent au terme du cours du Kloroumbidgi, qui déchargeait ses eaui dans une belle rivière. Cette rivière coulait à son tour avec cet affluent dans un lit large de quatre cents pieds, et avec une vitesse de deux milles et demi h Tlieure. Elle fut nommée le Murray, et tout annonce qu'elle est formée par les eaux réunies du Hume, du Goulburn et de TOven , découvertes en 1824 par M. Howell et Hume.
Après neuf jours et demi de navigation le long du Murray, durant lesquels on fit environ cent milles à l'ouest, fians qu'on vit changer l'aspect triste et uniforme du pays , l'expédition parut devant une rivière qui descendait du nord est, avec un fort courant peu inférieur à celui du Murray lui-même.
Le capitaine Micois le remonta pendant quelques milles, et trouva qu'il avait une largeur d'environ cinquante toises. Ses rives, peuulées de naturels, étaient d'une plus belle apparence que celles du Murray. Ses eaux avaient onze pieds de profondeur ; elles étaient troubles, mais parfaitement douces au goût. Sturt n'oésita pourtant point
à écrire que oette rivière n'était autre aue le Darlîng, qu'il avait décoaveit tannée précédente. Il resterait toutefois à expliquer comment ses eaui, de salées qu elles étaient , seraient devenues entièrement douces. Après avoir reçu la rivière Darling, le lac Mur* ray se srossit encore, à vingt -cioq lieues plus à l'ouest, d'un nou^eaa torrent assez considérable qui vint do sud , et qui fut nommé Lindsay, Uen qu'il soit probablement identique aiee le Goulburn de MiM. Hume etHowd Au delà, le pays changea tout à fait d'aspect et devint inontueux. La rivt septentrionale du fleuve offrait de biates falaises qui semblaient en partit d'origine volcanique. Plus loind'autrei montagnes calcaires se dressaient, le long du fleuve, en parois verticales de deux cents pieds de hauteur, et daos lesquelles on distinguait en grande abondance des fossiles et des coraui engagés. Enfin, le 3 février, après uix longue et pénible navigation, (es voyageurs se trouvant par le méridien de IST** 46' environ, la direction du Murray changea tout à coup du nord »
suà, pendant que ses eaux, devenues
1)rofondes, troubles et paisibles, coa* aient au milieu de sinuosités, et datf un espace de trente lieues enviroD, jusqu'au vaste lac salé que l'on noniaii Alexandriita, C'est un réservoir d'eai immense auquel Sturt n'attribue pas moins de cinquante milles de longueur sur trente ou quarante de large. I>afi$ le milieu même, ce lac n*a auèrepii^ de quatre pieds de profondeur, d'oii il résulte que ce n'est , dans le is^} qu'un vaste marais salant, commuBiquant par un canal sinueux avec Ifi eaux de la baie Encounter. Du suffi* met de quelques dunes de sable, ^ Ciipitaine Sturt put voir la mer à s« pieds, et prendre des relèvements sif te cap Jervis. Sur les bords du lac,* observa des phoques, et, sur larij méridionale, on aperçut de loin qip ques naturels armes et le corps peia^ ce qui n'indiquait pas des inteotioal bienveillantes. Ces mdigènes ne fircnj aucune tentative pour se rapprodJ?' des Anglais ; ils semblaient se ^
BUT la défensive. Alors Sturt s'embar- Çfua de nouveau, et revint avec son monde par le même chemin , au dépôt qiiMI avait formé. Ainsi il eut le premier la gloire d*avoir traversé T Australie dans l'une de ses moindres largeurs ^ il est vrai , mais dans une étendue suffisante pour ouvrir la voie h d^autrès recherches, et pour résoudre Tiraportant problème du système hydrografihique de cette vaste contrée (*).
^'ous devons donner quelques détails sur les dangers qu'offrit cette expédition.
« Le 21 février 1830, un changement très-évident s'opéra, dit le capitaine Sturt , dnns Tétat de la rivière Murray et de ses bords. Ils acquirent tout à coup un aspect perpendiculaire; ils étaient rongés par Tenu à la base. Nous avions rencontré-deux jours auparavant une grande réunion d'indigènes. Quand nous approchâmes, ils se montrèrent très-disposés à combattre, et couraient le long du bord, leurs lances en arrêt, comme s'ils ne guettaient que loccnsion de nous attaquer.
Ils étaient à droite , et comme la rivière était assez large pour pouvoir les éviter, je prenais peu garde à leurs menaces ; mais une autre troupe s'étant montrée sur la rive gauche, je pensai qu'il était temps de disperser l'une des deux, car le canal n'était pas assez large pour me mettre à l'abri du danger, si J'étais assailli par tous ensemble. Toutelois ils ne surent pas tirer parti de l'avantage de leur position, et les deux divisions opérèrent leur jonction.
C'est celle de la rive gauche qui alla trouver à la nage le corps principal sur la rive droite. Cette circonstance rendit heureusement inutile l'emploi de toute mesure hostile de ma part, et nous permit de continuer notre navigation sans être inquiétés, si ce n'est par les clameurs effrayantes et le cliquetis des lances et dès boucliers que les hommes qui nous suivaient en masse faisaient entendre pour nous intimider. Dans cette situation critique, nos hommes montrèrent un grand
(*) L. Kejbaud.
sang-froid, et quand nous campâmes sur la rive gauche, je les quittai un instant avec M. Mac-Leay pour aller au-devant des sauvages, la branche paisible d*olivier h la main. Après un long dialogue en pantomime^ deux ou trois passèrent à gué la rivière pour venir a nous et nous faire de vives remontrances de la part de la majorité; celleci, voyant les prières inutiles, se mit à pleurer à voix haute et h suivre cefi hommes avec la résolution, j'en suis silr, de partager leur sort, auel qu'il pût être. Dès que les envoyés eurent franchi le gué, je me retirai avec M. Mac-I^ay à une petite distance da rivage. Nous nous assîmes, car c'est la. manière chez les naturels de l'intérieur. Nous voyant auir ainsi, ils vinrent prendre place près de nous , mais sans lever les yeux , par suite d'une dé* fiancé qui leur est particulière, et qu'ils conservent même à l'égard de leurs plus proches parents. Je leur fis alors présent de haches et de morceaux de cercles de fer, et tout s'arrangea pacifiquement. Il n'en fut point ainsi avec une autre tribu que nous vîmes le 23.
Nous desrendions la rivière quand , le 22 au matin , nous vtmès quatre naturels qui étaient à Tavant de notre bateau , s'arrêter sur-le-champ pour voir comment nous nous tirerions d'un ropide qui écumait devant nous, et que nous ne passâmes pas sans un grand danger. Les naturels nous a valent aidés, et ils furent bien traités au camp; mais dès le matin, ils étaient partis, et je pensai que c'était dans l'intention d'dvertir une tribu de notre approche.
«Après le déjeûner, nous continuâmeà une navigation aussi rapide qu'à l'ordinaire, et à la voile pour la première fois. Nous avions fait neuf milles environ, quand, sous une ligne d'arbres magnifiques et du plus épais feuillage, nous vîmes une vaste assemblée de natui'iels, et plus nous approchions, mieux nous entendions leurs chants de guerre, mieux nous distinguions qu'ils étaient armés et peints, comme ils le sont ordinairement quand ils vont engager une lutte sérieuse. Je reconnus que tenter de débarquer serait courit
à notre perte. Les indigènes 'paraissaient résolus à s'y opposer, et leurs javelots frémissaient dans leurs mains prêtes à les lancer. Ils étaient diversement peints; quelques-uns s'étaient couvert les côtes, les cuisses et le visage avec de la craie blanche , et Ton eût cru voir des squelettes; d'autres étaient entièrement barbouillés d'ocre jaune et rouge, et la graisse dont ils étaient enduits luisait sur leurs corps. Un silence de mort régnait dans les premiers rangs ; mais ceux gui étaient en arrière, et les femmes qui portaient les dards, et sur la tête desquelles il semblait que Ton eût renversé de la détrempe blanche, poussaient incessamment des clameurs. Comme je ne voulais point engager un combat avec ces gens, j'amenai ma voil^, et nous passâmes tranquillement en descendant ta rivière par le milieu. Ainsi désap- ]>oihtés , les naturels se mirent à cou« rir le long de la rivière, s'efibrçant de nous viser, mais ne pouvant le faire avec certitude , à cause du mouvement rapide du bateau ; ils se jetèrent dans les attitudes les plus extravagantes, et à force de faire des cris violents , ils se mirent dans un état complet de fréné* sie. C'est avec une vive appréhension
3ue je remarquais combien la rivière evenait peu profonde, surtout à la hauteur d'un énorme banc de sable qui s'étendait devant nous, et du coté même oii les naturels étaient réunis.
ÏIs se précipitèrent sur ce banc avec un tumulte effroyable et le couvrirent d'une masse pressée; quelques-uns des chefs s'avancèrent tout à fait au bord de Teau pour être plus près de leurs victimes, et se tournaient de temps en temps pour diriger leur suite. Malgré toutes mes dispositions pacifiques et mon extrême répupance à verser le sang, je prévis qu'il serait impossible d'éviter plus longtemps un conflit, et après avoir donne ordre aux hommes qui gardaient le bateau, je fis signe aux sauvages de se désister, mais sans succès. Alors je pris mon fusil, l'armai et le mis en joue : j'étais résolu h bien viser, convaincu que la mort d'un homme sauverait la vie à plusieurs;
mon doi^ était sur la détente, ftmoa regard bien fixé sur le point de mire, quand M. Mac-Leay m arrêta, en me criant qu'une autre troupe de naturels venait de paraître sur la rive gauche.
Me retournant, je vis quatre homvass courant avec la plus grande rapidité.
Celui qui était en avant, quand il fut vis-à-vis du banc de sable , sauta à l'eau d'une hauteur très-considéraUê, et, dans un espace de temps difficile i se figurer, il se trouva en face du sauvage que je visais, et l'ayant saisi par la gorge, il le poussa en arrière, et forçant toute la troupe à gagner k bord , il se mit à marcher en long et en large dans une véhémence et une agitation singulière ; tantôt il montrait le bateau , tantôt il agitait sa main ouverte toute grande devant la face des plus acharnes, ou frappait du pied le sable avec colère. Sa voix, qui était d'abord claire et distincte, se perdit ee mouvements rauques.
« Le lecteur peut imaginer qudies furent en cette occasion nos impressions, car il est impossible de les décrire. Nous étions si entièrement absorbés par ce qu'il y avait d'intérêt dans cette scène, que le bateau allait au courant sans que nous y pensas; sions. Nous fûmes rappelés à la réalité par un choc violent au bateau sur ud bas-fond qui traversait la rivière d'un bord à l'autre. Sauter deliors et le pousser dans une eau plus profonde»
fut l'affaire d'un seul instant, et il était remis à flot, quand nous aperçûmes une nouvelle rivière très-Wld et qui, selon toute apparence, venait du nord. La masse des naturels s'étaot portée sur la langue de terre que for* maient les deux rivières, le hardi saavage qui était si intrépidement intervenu en notre faveur, se disputait encore vivement avec eux , et je crai; gnais réellemfnt que son ardente gén^ rosité n'attirât sur lui la vengeance des tribus. J'hésitai donc pour savoir si je devais aller ou non à son aide ; mais je crus remarquer, ainsi que M. Mx- Leay, que tout se calmait. Il y a^*^'^ sur la rive droite de Ja rivière nouvellement découverte une ttouf^ ^
OCÉAME.
«>ixante4ix noirs environ , et je pensai qu'en débarquant au milieu d'eux, nous opérerions une diversion en faveur de notre hdte qui nous avait sauvé. Le stratagème auquel j'eus ainsi recours réussit, et les noirs n'eurent ^s plutôt rem<urqué que nous étions à terre, que tout déliât cessa : la curiosité remporta , et ils vinrent de notre côté à la nage, comme un troupeau de veaux marins. Ainsi , en moins d'un quart d'heure, nous avions été menacés d'un combat sanglant, et ceux qui nous menaçaient nous entouraient paisiblement : ils étaient six cents au moins.
Mon premier soin fut d'appeler mon ami, et de lui témoigner par un présent convenable, combien nous étions contents de lui ; mais , quant aux chefs des tribus, je leur refusai positivement la moindre chose. »
Après que Sturt et ses gens furent arrivés en vue du lac Alexandrina, son compagnon , le capitaine Barker, étant resté campé , monta sur une colline, et pour observer de là le lac Alexandrina et le canal par où il communique avec la mer au nord-est. La beauté du paysage environnant était parfaite, et les voyageurs étaient loin de penser à la sanglante tragédie qui était imminente.
Au bout de cette plage , ils se trouvèrent sur les bords du canal , et près d'un monticule de sable. Le capitaine Barker jugea que la largeur du canal devait être d'un quart de mille , et témoigna le désir de le traverser à la nage, pour aller sur une éminence de sable voisine, prendre des hauteurs, et reconnaître la nature de la plage qui s'étend au delà dans l'est.
Une triste fatalité voulut que, dans le détachement, il fût le seul habile à nager; c'est pourquoi ses gens lui remontrèrent le danger qu'il y a«^ait à exécuter cette tentative sans suite. Toutefois , bien qu'il filt indisposé , il quitta ses vêtements , attaciia sur sa tête la boussole qui lui était nécessaire, et gagna à la nage très-néniblement le bord opposé ; il lui fallut près de dix minutes pour l'atteindre. Ses camarades in- ^ets le virent monter sur le monticule
de sable, et prendre plusieurs hauteurs; ensuite il descendit de l'autre côté, et l'on ne le revit plus. A une distance trèsconsidérable de la première éminence de sable, il en est une autre où le capitaine Barker se rendit , car une femme sauvage déclara que trois indigènes allaient au rivage, et traversaient le chemin où le capitaine avait passé. Leur sagacité de perception leur dit que ces traces étaient celles d'un étranger. Ils les suivirent donc, et virent le capitaine Barker qui revenait. Ils hésitèrent longtemps avant d'approcher de lui, parcequ ilsavaientpeurdel'instrument qu'il portait; enfin ils se décidèrent et le serrèrent de près. Le capitaine essaya de les apaiser; mais voyant qu'ils avaient pris la résolution de l'attaquer, il se dirigea vers l'eau d'où il ne pouvait être éloigné. Un des noirs lui lança immédiatement son javelot , et i'atte'ignit à la hanche; cependant ce coup ne l'arrêta point; il entrait dans les brisants quand le second javelot le frappa à l'épaule : soudain il se retourna, et , en faisant ce mouvement , il reçut le troisième en plein dans la poitrine , tant est fatale la précision avec laquelle ces sauvages lancent leurs armes. II tomba sur le dos dans l'eau ; alors les naturels s'y précipitèrent, le tirèrent par les jambes, reprirent leurs javelots, et après avoir couvert son corps de blessures , ils le rejetèrent, et la marée l'emporta (*).
a Tel fut , dit M. Kent, (du moins nous devons le croire) , le sort prématuré de cet bomme distinjzue et aimable : ce m'est une satisîaction douloureuse de publier ici ce qu'il valait « moi, qui puis me considérer comme l'instrument qui le poussa dans ce fatal voyage. Le capitaine Barker ressemblait par sa vie, roinme il lui ressemble par sa mort , au capitaine Cook. La mort de cet interprète et ami de la science, fut une grande perte pour le pays et pour ses amis. )\
Il reste a constater que, lorsque M. Kent revint au schooner, après c^tte déplorable catastrophe , il se tint
(*) Slurt ut suprà.
au sud du point à la hauteur duquel l'I avait traversé la première chaîne avec le capitaine Barker, et passa par une vallée gui traverse directement le promontoire. Il découvrit ainsi qu il y avait dans les chaînes une interrup* tion , où se trouvait une route plane et directe gui conduit de la petite baie sur Textremité nord de laquelle ils avaient débarqué dans le golfe de Saint* Vincent, à la pointe du roc de la baie Encounter. L'importance de ce fait sera mieux appréciée quand on saura qu'un bon ancrage est assuré aux petits bâtiments entre Ffle qui est au large de la baie Encounter et la pointe de cette baie -, ancrage que rend plus sûr encore un récif en fer à cheval , qui formé, pour ainsi dire, une muraille épaisse où se brise la grosse mer. Cet ancrage n*est cependant bon
Sue cinq mois de Tannée. Indépenamment de ces pointes, M. .Kent remarque que la langue de sable située un peu au nord de Lofty fournirait un bon abri aux vaisseaux secondaires. Si l'on considère la nature du pays, la facilité de pénétrer dans la contrée gui s'étend entre la chaîne et le lac d Alexandrina^ au sud , et la communication qui existe avec le lac même, on verra que l'absence d'un port étendu est compensée , surtout en se ra{}pelant qu'à quatre lieues dU cap Jervis, un port, oui n'est guère inférieur au Port- Jackson , et dont l'entrée est sûre et large, existe à ït\e des. Kangarous. Les chasseurs de veaux marins ont donné à ce lieu le nom de Poi't- Jméricain (American-Harbour ). Les rivières y sont complètement entourées par les terres et à l'abri de tous les vents. Cependant rtle des Kangarous n'est nullement fertile, et elle abonde en lacs peu profonds, remplis d'eau salée à l'époque des marées liantes , et dont l'évaporation donne une grande quantité de sel.
Sturt apprit des chasseurs de veaux marins que le promontoire qui sépare le golfe de Saint - Vincent du golfe Spencer, et le voisinage du port Lincoln , sont des déserts de sables arides. Ils s'accordent tous pour décrire le
Sort Lincoln comme une nde nai»
que ; mais ils attestent uoanimnDeMl la stérilité de ses rivages. Il pani donc que le promontoire du cap Im doit sa supériorité aux montagnes fi occupent le centre, aux délais que la eaux en ont enlevés , et à la décoiposition des rochers. Il en est 3îs a Illawarra, où les montages appitichent de la mer, et ainsi partout i une certaine distance des cbaiflesè montagnes (*).
Il résulte des détails gui préeM.
que l'on a enfin trouve , sur b ofti sud de l'Australie, un point où ks»
lotis peuvent toucher, avecuMfW!pective de succès presque assure*, « des vallées où l'exilé peut constniiff, pour lui et pour sa famille, un pasble chez-soi. Tous ceux qui ont isisk pied sur la rive orientale du golfe i Saint-Vincent n'ont qu'une Toii sort richesse de son sol et rabondaoeeà ses pâturages.
Vers \tÈ premiers Jours de 18IÎ, fe major Mitchell partît à son tour f^ explorer les pays du nord-ouesL Ob voulait vériBer alors ce qu'il poo'aitj avoir de vrai dans les rapports (fa convict fugitif, qui avait, durant riH années, vécu avec les naturels dfTfr ter leur et qui en avait adopté twrts les habitudes. Cet homme, nowB Barber, récemment repris par Hfl*j tachement de la police à cheval, «™ fait le récit dont nous emprontofis b Substance au Voyage pittorcsq»* M. d'Urville.
« Deux fois Barber avait \x3^ l'Australie entière dans la dire»* du nord-ouest , en suivant le ^ d'une rivière qui prend sa source*^ l'extré.iiité occidentale de la chaî«^ montagnes qui borde les pls'Of^ * Liverpool. Cette rivière roulaltj eaux dans un lit large rt profcW' pendant plusieurs centaines de n* sans que rien lui fît obstacle|/8* elle se déchargeait dans un lac o^ grande étendue, dont Barber tfî^" nu apercevoir la communication a** l'Océan. Les naturels lui dirent pi
(*) Stiirt ut suprè.
OCÉANIE
de temps à autre , des étrangers venaient le visiter , pour couper sur ses rives des bois de senteur, et dont ils emportaient de grandes quantités. Ces étrangers, très - redoutes par eux, étaient armés de deux lances. Tune grande et Tautre petite, dont la dernière seule se décochait. Cela voulait dire5ans doute que les naturels étaient armés d*arcs et de flèches. Ils arrivaient sur la cote , ajoutaient les indigènes, dans des canots fabriqués avec du bois , tandis que ceux du pays étaient faits avec la simple écorce de Tarbre ; leur vêtement était une espèce de chemise qui allait jusqu'au coude, et un pantalon qui ne descendait pas au-dessous du genou. Toutes ces indications semblaient convenir aux Malais (*). A .ces récits des sauvages , Barber ajoutait qu'il avait vu des troncs d*arbres coupés avec une iiache , et un des naturels portant encore les traces d'une blessure faite avec une des courtes lances que ces étrangers jettent avec la plus grande justesse. Le major Mitchell resta quatre mois absent. La perte d'une partie de ses provisions et de deux hommes tués trattreusenient par les naturels Fempécha de pousser cette reconnaissance aussi loin
3u'il Teât désiré. 11 ne fit point de écouvertes nouvelles; mais il reconnut les cours d'eau que Cunningham avait longés dans son voyage, le York, le Gwydir, et le Doumerang ou le Karaula , et constata qu'ils n'étaient en réalité que des affluents du Darling. Sur les bords du Karaiila, les naturels ne tentèrent point d'attaquer ouvertement la caravane du major Mitchell, mais ils cherchaient à la surprendre, soit en la suivant par derrière, soit en marchant par groupes de cent hommes sur une ligne parallèle. Il en résulta que les Anglais devaient rester perpétuellement sur leurs gardes , et nue, chaque soir, lis étaient obligés de cnoisir pour leur campement lec lieux naturellement fortifies, afin
(*) n est probable qae ce Barl)er avait feit un conte, ou avait mal compris les indigènes, G. L. D. K.
de se trouver à Tabri d'attaques nocturnes. Ce fut pendant une nuit que deux hommes furent égorgés, au moment où ils dirigeaient vers le camp du major du bétail et des bagages a
son usage.
« Sur la côte occidentale, la plus grande distance à laquelle on put parvenir fut celle de cent vingt milles environ , et sous le parallèle du 32* degré de latitude. Le sol , dans cette zone , était gracieusement accidenté, fertile eti apparence , bien arrosé et offrant partout de magnifiques pâturages. À michemin, une jolie rivière, que l'on nomma Avariy se dirigeait du sud au nord. Son cours fut reconnu l'espace de trente milles environ. Sur ses bords et sous une grande roche de granit , M. l)ale découvrit une vaste caverne, dont la voûte arquée offrait Tapparence d'une ruine antique. « Sur un côté, dit M. Dale, était gravée une image grossière du soleil : c'était un cercle d environ dix-huit pouces de diamètre, lançant des rayons du côté gauche, et ayant dans l'intérieur des lignes qui se coupaient presque à angle droit. Près de la figure du soleil étaient les imngesd'un bras et de plusieurs mains.»
M. Dale, dans cette course, ne rencontra que trois naturels, qui se montrèrent honnêtes et désireux d'être utiles ; mais il observa les traces de plusieurs autres.
« Le lieutenant Roe se rendit, par terre, de la colonie de Swan-River à celle du port du Roi-George, en se maintenant à une distance de soixante ou soixante-dix milles de la cote, dont il était séparé par la chaîne des monts Darling, qui régnait dans toute son étendue. Cette chaîne est de formation granitique : sa hauteur moyenne va à mille pieds environ , et le point culminant , qui se trouve devant le port du Roi-George , n'a guère plus de cinq cent cinquante toises de hauteur. Au delà on trouve, sur une étendue de quatre-vingts lieues environ, un pays légèrement ondulé , avec de vertes plaines et d'excellents pâturages arrosés par une foule de torrents et de ruisseaux. Aucun fleuve considéra-
ble ne 8*est montré dans toute cette étendue de terrain. Les plus forts n'avaient que quinze à vingt toises de large.
« Enfin, le docteur Wilson a tout récemment exploré la contrée de Tintérieur, devant le port du Roi-George, jusqu'à la distance de cent milles environ. Il a pu s'assurer que la rivière des Francis prenait effectivement sa source près des hautes montagnes déchirées situées au nord du havre , et ?ue son cours pouvait avoir de trente quarante milles d'étendue. Il visita, à quarante- cinq milles de la mer, le lac Katarina, abondant en cygnes noirs et autres oiseaux aquatiques, découvrit ensuite les rivières Sleemann, Hay et Deninark, qui vont toutes les trois se jeter dans les lagunes, derrière la pointe Hillier, après «voir parcouru trente à quarante milles. On put s'assurer que , dans cette zone, la terre était fertile et pouvait se cultiver avec le plus^rand succès.»
En décembre 1834, M. Coxen a {)énétré sdr les rives du Hamnioï, à cent milles au delà du point où les derniers navigateurs ét^iient arrivés. Il n'a aperçu qu'un mauvais terrain stérile, et n'a pu aller plus loin , ses compagnons ayant refusé de le suivre ; il a réussi au moins, a faire une ample collection d'oiseaux entièrement nouveaux.
Voilà, à cette heure, où en est la reconnaissance intérieure du continent australien.
COLONIES PÉNALKS.
Les premières colonies pénales furent fondées par les Portugais en Afrique; les Espagnols, maîtres du Portugal sous Philippe II, continuèrent le système portugais. Dans l'ordre chronologique , les Russes viennent après eux. Longtemps avant Pierre le Grand , des établissements avaient été fondés en Sibérie. Ce monarque devina toute l'importance des richesses mi né ni les de son empire. L-'impératrice Elisabeth ayant supprimé la peine de mort , on 4éporta (jps (^minels en Sibérie, et on
les fit travailler dans les mines. lieitchinsk fut érigé en ville en 1781.
On y com pte en v i ro n cent soixante masons et deux églises. Elle a on fort di côté de la Chine. Les exilés y sonteiDployésaux mines d'argent et de piomb, et principalement aux usines. Lnit nombre est de raille huit cents à detn mille hommes. Beaucoup d'autres, moins durement traités , sont envoyés à Tobolsk ou dans d'autres gourerô^ ments de la Sibérie. Quelquefois le Kanitschatka a dû servir de heod'exi.
Avant 1776, l'Angleterre enfora dans ses possessions de rAméri^fueào nord quelques milliers de ses criminels; mais ce petit nombre n'y exerça * cune influence. Considérer ces' misérables comme les fondateurs des oolO' nies américaines , et les habitants dfs États-Unis comme les descendants di ces déportés , c'est méconnaître «■ tièrement l'histoire (*).
Après la perte de ces colonies, l'Afigleterre cherchait im lieu de déportetion pour ses criminels, où elle put »«3liser ses vastes projets de colonisatk»
lointaine. On fit d'abord examinernif sir J. Home Popham la côte de Offfrie, entre le cap Nègre et le cap de Bonne - Espérance ; mais sir Josep^ Banks, qui avait accompagné le capitaine Cook dans son premier voy^ autour du monde, indiqua l'Australie, et elle fut préférée a l'Afrique.
Une petite escadre, commandée par le Commodore Philips, partit des portj de l'Ançleterre le 13 mai 1787:»
emmenait mille dix-sept personnes.»* voir : cinq cent soixante-cinq co^^^ (condamnés), du sexe masculin, f cent quatre-vingt-douze du sexeièi* nin; de plus, le5 diverses autorit^ des médecins, des chirurgiens, et»
militaires chargés de l'organisation a de la police de la colonie. LeîOjao; vier 1788, tous les navires étaienU Tancre dans la baie qu'on appela S^ tany-Bayy et on ne perdit que tn»t^ deux hommes dans cette longue traversée.
(*) Voyez rnisloire des ÉiaU-Ufii^ I* M. Hovrard Hiaton, publiée en * 8?*, «■ ce poiat est discuté avec impartialité,
OGËÀNIE.
A peine le terrain fut41 reconnu^ i]*on s'aperçut qu'il n'était nullement >nvenable à^ la colonisation , et Fétalissement fut fondé à quelques milles lus au nord, devant le Port-Jackon y où le Commodore alla jeter Tanre-
C^est sur cette plage que fut fondée 1 ville de Sidney. On y déblaya le terain; des tentes furent élevées; pluieurs cultures furent essayées et reus- Ârent , sauf les blés, dont' on n'obtint a récolte qu'à la seconde année ; des laraques furent construites pour abriter les colons, et malgré les ravages du scorbut et des maladies vénériennes, les pillages et les meurtres des oonvîcts et la prostitution des femmes, la colonie parut être assise dHine manière stable. Le capitaine Philips, premier gouverneur de la colonie, lutta avec tant de constance et de fermeté contre les obstacles de tous genres eiiMl eut à surmonter dans ses travaux de premier établissement, que, dès Tannée 1791, on avait mis en culture près de sept cents acres de terre, et au'encoura^és par la tournure favorable que prenaient les affaires de la colonie, un assez grand nombre d'émiçrants étaient venus librement s'y établir. Philips se montra toujours bienveillant et humain dans ses ra|)ports avec les indigènes , et ne les laissa jamais maltraiter impunément. Dans toutes ses dépêches au gouvernement britannique , il pressait d'encourager de tout son pouvoir l'émigration de familles industrieuses et honnêtes, gui donneraient de bons exemples, et fourniraient les premiers éléments d'une population libre et saine au moral comme au physique.
Philips donna des terres à ceux qui voulurent les cultiver ; les soldats qui désirèrent se fixer à Sidney , obtinrent les mêmes avantages. Les célibataires recevaient trente acres de terrain ; les hommes mariés cinquante, plus dix acres pour chaque enfant né au moment ae la concession. Résider sur le soi de la colonie et le cultiver , furent les seules conditions qu'on leur imposa. Ce gouverneur montra beaucoup . d'indulgence à l'égard des criminels;
il usa largement du droit de gracier et de commuer les peines.
Pour apprécier les pro^èé immenses qu a faits cette colonie depuis son établissement jusqu'à ce jour, il importe d'établir le pomt d'où elle est partie. Elle comptait à son arrivée cinquante vaches, deux taureaux, trois poulains , vingt-neuf moutons, dix-neuf clièvres , vingt-cinq cochons , quaranteneuf pourceaux, ômq lapins, dix-huit dindons, trente -cinq canards, vingtneuf oies, cent vingt -deux poules, et quatre-vingt-cinq poulets. Lors du départ de Philips, c'est-à-dire, vers la tin de l'année 1792 , les terres de la colonie, concédées aux émigrants, s'élevaient à trente - quatre mille quatre cent soixante et dix acres. Plusieurs officiers donnèrent une valeur considérable à des terres qu'ils avaient choisies. Peu de temps après, d'autres colons libres étant arrivés de la métropole , on leur donna des terres , des convicts pour les défricher, des instruments aratoires , et , pendant deux ans, des rations de grains, récoltés sur le sol même de la colonie. Norfolk, où l'on avait envoyé les criminels graciés et condamnés de nouveau , fournit à Sidney onze mille boisseaux de maïs, provenant des terres cultivées par ces convicts. La récolte des bords de l'Hawkesbury fut magnifique ; et l'ile Nepean vit multiplier à un tel point deux taureaux et cinq vaches qui y avaient été perdus en 1788, qu'en 1795 on comptait une centaine de ces bêtes à cornes de la plus belle venue ; le gouvernement colonial décida qu'on laisserait ce bétail croître et multiplier à volonté , pour subvenir aux besoins imprévus des colons.
En 1795, Hunter, qui avait succédé à Philips dans le gouvernement général de la Nouvelle-Galles du Sud (ce nom venait d'être donné à la colonie) , en fit faire le dénombrement. On compta quatre mille huit cent quarante - huit âmes, dont huit cent quatre-vingt-dix pour l'île Norfolk. Sur ce nombre, trois cent vingt et un seulement n'étaient point nourris par l'État; et, en 1798, on comptait sept mille huit cent soixante-
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rtJNIVE&S.
nacedequatre cent quatre-vingts milles; Manning-River, située sur les côtes de la Nouvelle-Galles du Sud , et près du tropique, et Port-Stéphen, qui témoignent de la sollicitude de l'administration ; rtle de Norfolk , séjour des criminels les plus impudents et les plus pervertis, abandonne jadis, et repris aujourd'hui ; enfin, laTasmanie,qui complète la liste des colonies pénales anglaises dans la Mélanésie. HobartTown, sa capitale . avait , en 1833 , une population de dix mille habitants ; sur ce nombre, la moitié seulement appartenait à la classe libre; le reste se composait de convictSf employés aux travaux publics.
Après avoir esquissé Tétat de l'histoire des colonies pénales de l'Australie, il importerait de résoudre la question suivante: les colonies doivent -elles être peuplées d'hommes libres et d'esclaves ou de déportés, ou seulement d'hommes libres? Les hommes qui se sont oœupes de cette partie de la législation en France , s'accordent à reconnaître l'utilité qui résulterait pour leur [)ays de la suppression des bagnes ; mais ils diffèrent sur les moyens d'exécution. Quant à nous, nous croyons que le système pénitentiaire doit remplacer les bagnes , vastes cloaques , où tout ce qu'il y a d'impur fermente encore pour refluer ensuite dans la société avec un accroissement d'impureté.
Nous pensons que la France doit détruire l'esclavage dans ses colonies; qu'il est honteux pour les peuples civilisés de conserver cette preuve vivante de leur barbare égoïsme ; que les propriétaires d'esclaves doivent les instruire et leur donner un état , au moyen duquel ils puissent se libérer envers leurs maîtres dans un temps donné , et pour sufOre à leurs besoins, sans porter le trouble dans la société ; et que nous ne devons pas emprunter aux Anglais la déportation coloniale, dont ils nous ont donné l'exemple , et dont le jurisconsulte Bentham, l'orateur Samuel Romiliy, et M. Bannister, ex -procureur général de l'Australie, tous les trois oignes du nom de philanthropes , (et avec qui nous avons eu l'honneur
d'avoir des relations) , ont sagemeat signalé les vices.
£n effet, si un petit nombre dedép»
tés ont pris en A ustralie quelquesvciti et les mœurs delà société, et sont dm nus dignes d'y rentrer, le plus gnÉ nombre a conservé ses habitudes en ininelles sous un autre héinisphàf La crainte des châtiments, de rin rible prison de Macquarie-Haiton de l'épouvantable séjour de Korfel cet enfer anticipé , la crainte mémeé supplice, servent à peine de frcn cette tourbe de scélérats ; et il est ^ nible de voir que les femmes dè^ tées , dont le nombre n'est inféria que de deux tiers à celui des honuRB lorment la plus exécrable partiel cette monstrueuse population f). Km pensons que les nouvelles colooieèi vent être peuplées d'hommes litaB probes et aventureux (* *) , à qui « donnerait ou on vendrait des-terreSt< même des instruments aratoires à bi marché. Les moyens de sévérité M ceux qui ont le moins réussi ; leslnpi et la déportation devraient être n« placés par un système d'expiatiœqi nous croyons supérieur au systèfflcf nitentiaire, et qui rendrait progreflW ment l'homme dégradé , d'abord à W et à sa conscience, plus tard à la sodek
tJL TASMANIE OÛ VANDlEtft ET SES DÉPENDANCES..
GÉOGRAPHIE
Traversons les trente lieues do* troit de Bass qui sépare l*Ai^ de la Tasmanie, ce détroit setnéW la plupart stériles, et qui tnttv^ la navigation dangereuse.
La Tasmanie ou île Van-Diein«J prolonge du 41" au 44'» de latJJ sud, et du 143° au 146" de loogiB* est. Sa largeur et sa longueur s* d'environ cent cinquante roill^t Jj* superficie est d'environ quatre »>• quatre cent soixante lieues carrées»
vingt-cinq au degré.
(*) A nie Norfolk il n'y a pasdefe»^ (**) Gomme celle de Stf^ofUif^tr exemple.
ÔCÉANIÈ.
1.6 climat de cette île est pur et saubre En liiver le thermomètre y des- «nd rarement au-dessous de zéro , et \n été on n'y est pas accablé par ces :haleurs qui tourmentent les haDitants le Sidney en Australie. On n'y éprouve »oint ces sécheresses qui, sur ce con- Inent , font périr trop souvent les réloltes, les bestiaux et quelquefois les nalheureux indigènes; on y éprouve i<eulement des bourrasques assez fréfuentes, et principalement aux environs d'Hobart-Town : ce qui provient >cut-étre des nombreuses anfractuo- Utés que présente toute sa périphérie.
Si on prenait le climat de la Provence, es sites de la Suisse, la fertilité de la rouraine, et qu'on combinât ehsem- [>le tous ces avantages, on se ferait une idée assez juste de cette belle contrée.
Sous le rapport des rivières, quoique cette terre soit trop peu étendue pour posséder aucune rivière considérable , [>n en trouve qui l'arrosent dans tous les sens ; avantage qui manque à T Australie. Le Derwent au sud , et le Tamar au nord, sont les deux rivières les plus importantes , et elles sont navigables durant un assez long espace.
On peut encore citer le North-Erk , le South-Erk, le Lake-River, le Jordan, le Shannon, l'Oose, l'Arthur, la Clyde ,. et un grand nombre de torrents qui fertilisent ces vallées toujours vertes.
On y compte plusieurs marais , et un lac situé sur le sommet des montagnes de Touest, de cinquante milles decircuit, qui déborderait dans la saison pluvieuse, et dans lequel le Derwent prendrait sa source : ce qui expliquerait l'irrégularité de sa marée. Mais l'existence de ce lac paraît hypothétique.
I>s principales tles dépendantes de la Tasmanie sont celle de Bruny, le groupe des trois tles Furneaux, Maria , Saran,King, grande et belle, mais sans port, et sept autres petites qui n'offrent rien de remarquable.
HISTOIRE NATURELLE
Ta surface de la Tasmanie est entrecoupée de 4nontagnes , dont quelaues sommets sont cou verts de neige pendant plusieurs mois de l'année. £es créoles
W UvraUan. (Ocbanib. ) x. m.
tasmaniens assurent crue l'tle renferme des mines de cuivre, a'alun , d'ardoise, de charbon de terre, de la chaux et des pierres de taille; mais elles ne sont pas encore exploitées. On y a recueilli du marbre, du jaspe et de l'asbeste. Les espèces de plantes y sont en générul les mêmes que les plantes australiennes.
Ainsi on y trouve le bois noir {black %oood)^\t pin d'Huon, très-utile pour les constructions , et le pin de la baie de l'Aventure (//rft'ew^Mre 6ai/), ou podocarpus asplerU/olius); mais le (^re australien', ['eucalyptus robtusta (mohogany des Anglais) , et le bois de rose {tricht/ia glarululosa) ^ communs en Australie, n'y se retrouvent pas. En revanche, on y cultive tous les fruits de ce continent et de l' Europe, et la plupart des plantes utiles des autres parties de notre planète. Si on en excepte le chien sauvage, les animaux de la Tasmanie sont les mêmes que ceux de l'Australie, dont elle semble un appendice , et on y voit même le grand et le petit dasyure, qui ne paraissent pas exister sur ce continent. Le grand dasyure, thylacinus cynocephcdus ( voyez pL 278 ) , attaque les troupeaux et fuit l'homme.
Cet animal Carnivore parvient quelquefois à une longueur de six pieds et demi , du nez a l'extrémité de la queue. Le petit dasyure {dasynrus ursinus), que les calons nomment native devil (diable du pays), est entièrement noir, armé de fortes dents, de la taille d'un basset, et est indomptable. On a essayé en vain de l'apprivoiser. Ces animaux supportent longtemps la faim, et on a vu ce diable de nouvelle espèce rester vingt-deux jours sans prendre aucune nourriture. Quant aux oumbats , aux opossums , aux kanearous, et au grand dasyure même, ns se familiarisent en peu de jours, et ils ne tardent pas à suivre Thomme , tout comme le ferait un chien. On trouve dans la Tasmanie des troupeaux de bœufs superbes, et dont la chair est délicieuse. Le canard sauvage, la volaille , les perroquets y sont en abondance , ainsi que toutes sortes de poissons et de mollusques, surtout les moules et les huîtres.
TOPOGRAPHIE
La vue de cette tie est singulière-:
ment imposante, de quelque côté qu*on Faborde.
La population se compose de trentedeux mille blancs , non compris les indigènes. Sur ce nombre, il faut compter environ seize mille hommes libres et seize mille convicts, ou condamnés aux travaux publics. L'Ile se partage eu deux comtés , Comwall et Buckingliam ; le premier au nord , le second au sud.
Hobart-Tpwn est la capitale de la Tasmanie eh général , et en particulier de la partie méridionale, et la résidence du gouverneur. Elle est au fond d'une petite baie nommée Sullivan^ CovCy par environ 42o53'34'' de lotit, sud, et 14ô''4'35" de long. est. Elle occupe une surface considérable sur un terrain légèrement ondulé , qui s'étend au pied du mont "Wellingfon ou de la Table. Ses rues sont larges et bien alignées. Parmi les édifices les
f)lus remarquables, il faut citer l'église, e palais de justice, la prison, la chapelle catholique, et le palais du gouverneur, qui est vaste et commode, et environné de pelouses, de jardins et de bosquets (voyez pL 283).
La ville est traversée par un ruisseau ; sur ses bords croissent de beaux arbres , ce qui lui donne un aspect plus agréable que celui de Sidney qui est triste et nu. Après avoir débarqué à la grande baie des Tempêtes, on remonte le Derwent à l'aide de la marée, et on vient mouiller à Hobart-Town , sur laquelle les rafales descendent du mont Wellington avec la plus impétueuse fureur.
Sa population s'élevait en 1836 à près de douze mille habitants , dont
filus de la moitié appariiçnt à la classe ibre, et l'autre moitié se compose de convicts ou condamnés, employés aux travaux publics.
EmuBay, port situé sur la côte nord-ouest de l'ile, est le principal établissement de la Compagnie de Vaa- Diemen, qui a reçu du gouvernement trente-cinq mille acres de terres pour être cultivées.
La capitale du nord est BriglitoD, petite ville encore peu peuplée. Auparavant c'était George's-Town ou port Dalrymplequi occupait ce rang. Laun.
cestoo, située sur la rivière Tamar^ possède un colléfe assez florissant Cette ville est distante en cet endroit de quarante - cinq milles de la mer. La marée s'y fait sentir, et W navires de cent cinquante toDoeiia peuvent remonter jusque dans le voi»
nage de la ville , mais c'est avec be^ih coup de difficulté et après quinze»
vingt jours d'effort, parce que le veoi fixé du nord au sud suit presque tosjours la direction du fleuve. Une partie de Launceston est située dans ï plaine; l'autre est disposée en amplithéâtre sur une hauteur. Elleacuvim trois mille habitants. Ses rues soi pleines de fondrières, surtout dans le temps des pluies : mais ce côté de Ht est le plus riche et peut-être le tàm cultivé de Hle. On compte dans H* bon nombre de bourgs et ^iilas^ !Nous nommerons Clarendon^Jerick^ Sorrel-TouMj Elizabeth-Toxcn^ deimants villages à vingt-deux milles k Hobart-Town, et New-Toum, lie»* plaisance des habitants de la capitale-