DE LA PÊCHE DES PHOQUES ET DES SALEQB
Les baleiniers et les pécheurs le phoques, européens et américaiDSi )< rendent sur les côtes de la TasmiDit Mous ne redirons pas ici ce que bJ avons déjà dit à ce suîet, dans de»
chapitres delà Kouvelte-Zeelandd* l'Australie.
GOUVERNEMENT , ADMÏNISTRATIOS. ^
Le gouvernement de la TasoiJ est longtemps resté subordonné à og de la Nouvelle-Galles du Sud. C»
seulement en 1825 qu'elle defint «« colonie indé|)endante, sous la dii** tion d'un lieutenant-gouverneur;* core celui-ci est-il subordonpé au^ verneur général de l'Australie, dapsl* cas où ce dernier se transporterait * ficiellement sur le sol de cette île* portante.
OCÉANIE
Ut
L'tle eft( admlnMirée par un lieutenant-gouverueur, qui est aidé dans ses opérations par uo conseil exécutif et un oonse-il législatif. Le conseil exécutif est le conseil privé du gouverneur.
Le cooseit législatif se G^impose de quinze membres nommés par le roi.
On voit par là aue Tétat de prospé-.
rîté de la colonie n^est pas assez avancé
Eour qu'elle soit admise entièrement à I jouissance du système administratif 2U1 existe dans k» Antilles anglaises, l est probable qu'elle jouira bientét du même avanta^.
Le conseil législatif peut faire des lois et des règlements nécessaires au.
bonheur et à la tranquillité de la co« lonie; mais ces dispositions législatives, doivent toujours être en harmonie avec les lois de la métropole.
Toutes les dépenses âviles et administratives de cette tle sont payées sur a«8 revenus coloniaux.
Les Gonvicts, à Texpiration de leur peine 9 s'établissent généralement dans le pays, ainsi qu'ils le font en Ans- .traJie.
POBTIUJT, CARACTÈRB BT MOBOIS DES
UIDIGÈNBS.
Nous avons déjà dit dans notre Tableau général de POcéanie que les indigènes de la Tasmanie étaient Papoues d'origine , mais la dernière variété de cette race, ainsi que ceux de MaJlicollo et de la Mouvelle-Calédonie.
Peut-être sont-ils une variété résultant du mélange des Papouas avec les Australiens. Les Tasmaniens aborigènes sont plus noirs que les Australiens, roats moins laids et plus intelligents que eeux-ci : leurs cheveux sont plus crépus que ceux des Papouas , et nsiéroe un peu laineux , si Ton en croit quelaues voyageurs ( voyez pi. ISO ).
Xje» oeux sexes vont généralement nus, et se couvrent ^elquefois , en hiver, les épaules de petits manteaux en peaux de kaiigarous comme les Australiens.
JLtB chasse et la pêche, surtout la pêche ^es crustacés et des coquillages, fournissent leur subsistance. Pour traverser les rivières ou les bras de mer, ils âduriquent des radeaux ou katimarousj
formés de troncs d^rbiei assemblés et solidement réunis au moyen de petites traverses quMIs assujettisseat avec des courroies d'érorces d'arbres.
C'est à peu près là toute leur industrie. Ils paraissent ne pas oonnattre ces cou* tûmes barbares des Australiens, leur»
voisins , qui consistent à faire sauter des dents aux adultes, à couper une phalange du doigt aux Jeunte illes, à enlever et à battre la nnmedoBt on a fait choix, et à tuer les enfants non sevrés à la mort de leurs mères.
Cependant leurs femmes ne paraissent pas être traitées avec les é^^ds dus àleur sexe, car elles quittent quelquefois leurs maris pour vivre avec les marins employés à la pêche des phoques et des baleines.
Ces insulaires sont des sauvaees vîn« dicatifs,. selon les Anglais; ils sont simples et doux comme les hommes de Tàge d*or, suivant Pérou et Labiliardière, qui ont pu être trop indulgents, et qui, au reste, les ont vus peu de temps. Quoi qu'il soit. Il manque aujourd'hui aux Tasmaniens primitife un avocat puissant, courageux et humain, qui nsse valoir leursdroits. On ne peut nier que ces malheureux aient été souvent traités comme des bêles fauves : est-il donc étonnant qu'ils cherchent dans rooeasion les moyens de se venger des étrangers qui leur ont enlevé la terre où ils sont nés, les fruits qui les nourrissaient, et jusqu'aux lieux où reposent les ossements de leurs pères ? Ils n'ont plus d'autres moyens de salut que d'adopter la civilisation de ceux qu'ils ont malheureusement appris à détester, sinon, ils finiront par disparaître du sol qui leur appartenait.
Une gloire assez belle est réservée aux Anglais : c'est d'éclairer et d'adoucir ces farouches insulaires , c'est d'améliorer leur sort, en expiation du mal qu'ils leur ont fait. On doitTespérer d'une administration sage qui voudra étendre son système de réforme jusqu'à ses possessions les plus éloignées.
Notre vénérable doyen, M. Labillardière, naturaliste de l'expédition de l'amiral d'Ëutrecasteaux, et le savant
Péron , BOUS oAt fourni des docaments curieux sur les Tasmaniens. Nous allons en extraire quelques pages.
.« Nous déLMirquàmes , ait M. LablU lardière, près du port d'Entrecasteaux, avec un grand nombre de personnes des deux navires , pour tâcher de revoir les sauvages. Quelques-uns ne tardèrent pas à venir à notre rencontre en nous donnant des marques de la plus grande confiance. D'abord ils visitèrent, avec beaucoup d'attention, rintérieur de nos chaloupes; ensuite ils nous prirent par le bras et nous engagèrent à les suivre le long du rivage.
«A peine eâmes-nous fait deux kilomètres de chemin, que nous nous trouvâmes au milieu de quarante-huit naturels, savoir, dix hommes, quatorze femmes et vingt-quatre enfants, parmi lesquels on remarquait autant de filles que de garçons. Sept feux étaient allumés , et autour de chacun était rassemblée une petite famille.
a Les plus petits enfants , effrayés du spectacle que leur offrait un aussi grand nombre d'Européens, coururent se réfugier entre les bras de leurs mères qui les caressaient tendrement.
« Nous savions déjà que ces sauvages avaient peu de goût pour les sons du violon : on se flatta pendant quelque temps qu'ils n'y seraient pas insensibles si l'on jouait des airs vifs et d'une mesure très-marquée. D'abord ils nous laissèrent quelque temps dans l'incertitude. Notre musicien redoubla d'efforts, comptant obtenir leurs applaudissements ; mais son archet lui tomba des mains lorsque cette nombreuse assemblée se mit les doigts dans les oreilles pour ne pas l'entendre davantage.
« Ces peuples sont couverts de vermine. Nous admirâmes la patience d'une femme qui fut longtemps occupée , à en délivrer un de ses enfants ; inais nous vîmes avec beaucoup de répugnance que , comme la plupart des noirs, elle écrasait avec ses dents ces dégoûtants insectes , et les avalait surle-champ. Il est à remarquer que les singes ont les mêmes habitudes.
« Les petits enfants étaient fbit esrieux de ce qui avait qudque édat; ils ne se cachaient pas pour détacher les boutons de métal de nos babits.
Les mères, moins jalouses de leurs propres parures que de celles de Icun enfants , nous les présentaient afin qie nous leur attachassions les omancnU que nous leur donnions pour dlesmémes.
« Cette nombreuse assemblée fut transportée d'admiration, en wmt les eftéts de la poudre à canon, lorsque nous la jetions sur des cbaita ardents. Tous nous invitèrent à la faire jouir plusieurs fois de suite Ai même spectacle.
« Ne pouvant se persuader qu'il d) eût que ûeà hommes parmi nous,ili crurent longtemps, malgré œ qv nous leur dîmes , que les plus jeupei étaient des femmes. Leur curiosité i cet égard alla beaucoup plus loin que nous n'eussions pensé ; enfin ils tf furent convaincus qu^après s*ètit»
sures du fait par eux-mêmes.
« Il est difficile de savoir si c'est par coquetterie que les femmes oat mis en usage un moyen qui oertaiwment ne fera jamais fortune jparmiooi petites maîtresses, quoiqu'ilfassedîi' paraître une bonne partie des rén
Sroduites par la grossesse. La pw e leur ventre était marquée de tré grandes élévations demi-circulairesi placées les unes au-dessus des autcek « Un des sauvages avait à la tlK
Ï Plusieurs traces fort récentes de luiure : peut-être qu'ils appliqueath cautère actuel dans diverses malaiifit usage établi chez beaucoup d'aotiti peuples, et notamment parmi la f^ part des Indiens.
« Nous les vîmes faire leur itl^ vers le milieu du iour. Nous D'avicii eu jusqu'alors qu une fiaiible idée éit peines que se donnent les fema0 pour procurer les aliments nécessairt a la subsistance de leur famille; biifr t6t elles prirent chacune un paoicrd furent suivies de leurs filles qui ^ imitèrent; puis elles gagnèrenl des r^ chers avancés dans la mer. et de ■ elles s'aventurèrent au fond des eitf
OCÉANIE
pour y chercher des crustacés et des Doquiliages. Comme elles y étaient àéja depuis longtemps, nous eûmes de vives inquiétudes sur leur sort; car Biles avaient plongé au milieu de plantes marines d*une grande longueur, iKirmi lesquelles on remarque \e fucus 9^rtfer; nous craignions qu'elles ne s'y Irouvassent engagées, et qu'elles ne sussent regagner la surface de la mer; snfin elles reparurent et nous montrèrent qu'il leur était facile de rester loits I eau deux fois aussi longtemps |ue nos habiles plongeurs. Un mstant leur suffisait pour respirer; puis elles plongeaient à diverses reprises jusqu'à ^ que leur panier fût à peu près rempli. La plupart étaient munies d'un petit morceau de bois taillé en forme le spatule, et dont j'ai déjà parlé:
elles s'en servaient pour détacher de dessus les rochers cachés sous les eaux, à de grandes profondeurs, de fort crosses oreilles de mer ; peut-être les choisissaient-elles , car celles qu'elles apportaient étaient très-volumineuses.
«A la vue des gros homards qui remplissaient leurs paniers, nous craiiçntmes que ees crustacés ne déchiraslent ces malheureuses femmes avec leurs énormes pinces; mais nous ne tardâmes pas à nous apercevoir qu'elles ivaieiTt eu la précaution de les tuer Jès qu'elles les avaient pris. Elles ne sortaient de l'eau que pour venir ap- Dorter à leurs maris les fruits de leur »ôche, et souvent elles retournaient ;>longer presque aussitôt, jusqu'à ce au'etles eussent fait une provision sufnsante pour nourrir leurs familles; d'autres fois elles se réchauffaient, pendant quelque temps , le visage tourné vers le feu oii grillait leur pèche, et slles avaient allumé derrière elles d'autres petits feux pour se chauffer dans tous les §ens à la fois.
c II semblait qu'elles regrettassent de rester oisives un seul instant, car tout en se réchauffant, elles étaient encore occupées à faire griller des co- []uillages qu'elles mettaient sur les charbons avec la plus grande précaution; mais elles prenaient beaucoup
moins de soin des homards qu'elles jetaient indifféremment au milieu des flammes ; dès qu'ils étaient cuits, elles en distribuaient les pattes aux lK>mmes et aux enfants , se réservant le corps
au'elles mangeaient quelquefois avant e retourner au fond de n mer. »
M. Labillardière fut infiniment affligé de voir ces pauvres femmes condamnées à un si rude travail , et à tant de dangers; car elles s'exposaient à être dévorées par des requins, ou à se trouver engagées au milieu des fucus qui s'élèvent du fond de ces mers. Plusieurs fois, lui et ses compagnons invitèrent les maris à partager les peines de leurs compagnes; mais ce fut toujours en vain : ils restèrent auprès du feu, se régalant des meilleurs morceaux. Ils mangeaient aussi des fucus grillés et des racines de fougères. De temps en temps, ils étaient occupés à casser par fragments des branches pour alimenter le reu, ayant soin de cnoisir les plus sèches.Leurs manières decasser du bois fit penser au savant M. Labillardière qu'ils avaient le crâne fort dur, car ils s en servaient comme de point d'appui.
Les mains fixées vers les extrémités de chaque branche, ils la courbaient fortement jusqu'à ce qu'elle se rompît. Il paraît que leur tête , toujours nue et souvent exposée à toutes les injures du temps, par cette haute latitude, acquiert la faculté de résister à de semblables efforts; d'ailleurs, leurs cheveux forment un coussin oui amortit cette pression et la rend beaucoup moins douloureuse sur le sommet de la tête que sur toute autre partie du\ corps. La plupart des femmes n'auraient pu en faire autant, car les unes avaient les cheveux coupés assez ras , et portaient à la tête une corde qui en faisait plusieurs fois le tour; les autres n'avaient qu'une simple couronne dis cheveux. Les hommes ont le dos, la poitrine, les épaules et les bras couverts de poils cotonneux.
Deux des plus robustes de la troupe étaient assis au milieu de leurs enfants» et avaient chacun à leurs côtés deqx femmes ; ils indiquèrent par des signes qu'elles leur appartenaient, et donné?
L'tJIflVERS.
rent «icerB «M nooTelle prenve que k poiygainie est établie parmi ces f)eu* plea. Les autres femmes qui n'avaient qu*un seul mari araient éoalement le soin de le faire connaître ; il est dififl* eile de saToir lesquelles sont les plus heureuses ; elles sont chargées les unes eomme les antres des traraux les plus pénibles du ménage.
Lear repas durait déjà depuis longtemps, et les Français s'étonnèrent qu'aucun d'eux n'eût encore bu ; en effet , ils ne burent que lorsqu'ils furent entièrement rassasiés. Alors les femmes et les filles allèrent chercher de l'eau ayec des vases naturels de goémon ; elles la puisèrent à Tendrolt le plus proche, et la déposèrent tout pr& des hommes, qui la burent sans répugnance, quoiqu elle fût très-croupie et très-bourbeuse. Ce Ait ainsi qu'ils terminèrent leur repas.
Lorsque les Français se rembar« quèrent pour aller à bord, ces braves gens les suivirent des yenx pendant quelque temps avant de quitter le rivage, puis ils s'enfoncèrent dans les bois. Leur chemin les conduisait parfois sur les bords de la mer, et aussitôt on en était averti par leurs exclamations.
Pendant tout le temps qu'ils passèrent avec eux, rien ne leur indiqua qu'ils eussent des che£s; chaque famille leur semblait au contraire vivre dans une parfaite indépendance; seulement M. Labillardière remarqua parmi les enfants une grande subordination à i'égnrd des auteurs de leurs jours, et dans les femmes envers leurs maris. Il lui parut qu'elles évitaient d'exciter leur jalousie; cependant à leur retour, un homme de réquipa^e se vanta d'avoir été très*bien accueilli par une des beautés du cap Diemen ; ce qui était peut-être faux.
Voici comment le naturaliste et philosophe Pérou, un des compa-
§nons de Baudin, caractérise plusieurs è ses entrefues avec les naturels du pays.
< A peine arfons-nous mis le pied sur le nva|e, dit-il , que deux naturels se présentérm à nous sur le sommet
d'un morne taillé presquli |iIp. km signes d'amitié que nous lenr fis», l'un deux se prâipita du haut du m> cher plutôt qu'il n'en desceadit, H dans un clin d'oeil il fat aumirnsdi nous. C'était un jeune hommeée ûnfl* deux à vingt-quatre ans, d'une eo»
titution généralement fÎMrte, n'ayaU d'autre défaut 'que la gncilité dn jambes et des bras qui caractme n nation ; sa physionomie n'arait ria d'austèreetde farouche; sesyeuxébiHl vifs, spirituels, et son air exprimait I la fois la bienTeftlance et la surprlM. M. Freycinet l'ayant embrassé, fa fis autant; mais à Tair d'indifffRaei avec lequel il accueillit ce tàooi^ d'intérêt, il nous fût facile de jt«r qu'il n'avait aucune sigDifieation pnr foi. Ce qui parut d'abord Taffecter^ vantage , ce fUt la blancheur de nolii peau : voulant s'assurer sans dovtt^ cette couleur était la même pour M le corps, il eiitr'ouvrit sucemtnad nos gilets et nos chemises , et son éli» nement se manifesta par de pitè cris de surprise et par des trqpi|i^ ments de pieds extrêmement viu.
« Cependant notre chaloupe paiaii* sait l'occuper encore plus que ooif»
sonnes, et, après nous avoir timtè pendant queioues minutes, il l'éiaMi dans cette embarcation : là , sansf»
quiéter des matelots qui s'y trooTaiai il parut comme absorbé d'ans son m»
vel examen. L'épaisseur des eoorta et des membrures, la solidité dib construction, le gouvernail, \ei^ mes, les mâts, les voiles, il otsR< tout avec ce silence et cette attistf profonde, signes certains à*un ifitéit et d'une admiration réfléchis. Dans* moment, un des canotiers voulantsa* doute ajouter à sa surprise, vint la présenter une bouteille de smt «•• plie de Tarack qui formait une partii de la ration de l'équipage. L'édal»
verre fit d'abord pousser an en i^ tonnement au sauvage, qui pritlabo^ i teille et qui l'examina pendnnt 9u<^ instants; mais bientôt sa curiosité i
trouvant ramenée sur la chaloupe i ■ jeta cette bouteille dans la mer; M^ paraître avoir aucune autre inleoli*
OCÉAISIB.
mm cdle de se débarrasser d'un objet ndifférent, et tout de suite il revint k son premier examen. Mi les cris du natefot qui s'affligeait de la perte de la bouteille d*arack , ni Tempreasenent d'un de ses camarades a se Jeter lans Teau pour la pécher, ne (mru- "ent rémouvoir; il essaya, à diverses ■éprises, de pousser la chaloupe au arge ; mais te câbleau qui la retenait ittachée rendant impuissants totts ses efforts, il fut contraint de Tabandon ler.et de revenir nous joindre, après ious avoir donné l'exemple le plus [irappant que nous ayons jamais eu de l'attention et de la réflexion chez ces leuples sauvages.
« Arrivés au haut du morne dont je ^îens de parler, nous trouvâmes, M.
Freycinet et moi. le second naturel :
fêtait un vieillara de cinquante ans enriron. Sa barbe était en partie grise, lînsi que ses cheveux; sa physionomie, îomme celle du jeune homme, était mverte et franche; à travers quelques lignes non équivoques de trouble et le fhiyeur, on distinguait aisément de a canâeur et de la bonhomie. Ce vieilard, après nous avoir examinés tous es deux avec autant de surprise et de satisfaction que le premier, et après ivoir vérilié, comme lui, la couleur de lotre poitrine, en écartant nos gilets *t nos chemises , fit si^ne à deux femnes, qui se tenaient 9 récart, d'appro> 4ier; après quelques hésitations, la 9IUS âgée vint à nous : elle était absou tuent nue, et paraissait, comme le rieilliird, bonne et bienveillante. La eune femme, de vin^t-six à vingt-huit ins , était d'une constitution assez rotiiiste ! comme la précédente, elle était sntièrement nue , à l'exception d'une leau de kangarou, dans laquelle elle |)Ortâtt une petite fille qu'elle allaitait mcore. Cette jeune femme, comme le rieillard et la femme â^ée, que nous 3résumâm«s être son père et sa mère, ivait une physionomie intéressante :
les yeux avaient de l'expression et quel- |ue chose de spirituel qui nous surprit, et que depuis nous n avons jamais trouvé dans aucune femme de cette tMrtfoÉ; elte paraissait d'ailleurs chérir
beaucoup son enfant, et ses soins pour lui avaient ce caractère affectueux et doux qui, chez tous les peuples, 6e montre comme l'attribut particulier de la tendresse maternelle.
« Nous nous empressâmes , M. Frevcinet et moi , de combler de présenis cette bonne et intéressante famille; mais tout ce que nous pâmes offrir fut re<^u avec une indifférence qui nous surprit, et que nous avons eu depuis l'occasion d'observer souvent chez d'autres individus de la même race.
« Le jeune homme s'étant aperçu
Î|ue nos matelots voulaient allumer du eu , s'empressa de ramasser des branches d'arbre autour de nous; puis, avec une espèce de torche qu'il avait déposée tout près de l'endroit où nous étions , il nous procura dans quelques instants un très-grand feu , qui nous fit d'autant plus de plaisir que le thermomètre de Réaumur se soutenait à • Îieine à 90. Dans ce moment, la jeune émme éprouva une surprise dont la cause pouvait paraître bien frivole, mais que je ne crois pa$ devoir passer sous silence, parce que ce soi.t ces pe-. tits détails qui donnent une idée plus exacte et plus vraie de l'état des peuples qui se trouvent placés à de si grandes distances de notre état social.
Un de nos matelots portait une paire de gants fourrés, qu'en approchant du feu il retira de ses mains et mit dans sa poche. La jeune femme, à cette vue, se mit à pousser un si grand cri que nous fûmes d'abord alarmés ; mais nous ne tardâmes pas à reconnaître la cause de cette espèce d'effroi, et nous ne pâmes douter, à ses expressions et à ses gestes, qu'elle n'eût pris ces gants pour de véritables mains , ou du moins pour une espèce de peau vivante qu'on pouvait ainsi quitter, mettre en poche et reprendre a son gré. Nous rîmes beaucoup de cette singulière erreur; mais il n'en fut pas ainsi d'un enlèvement que le vieillard nous fit , un instant après, d'une bouteille remplie d'arack* Comme elle contenait une
?;rande partie de notre boisson , nous ûmes obligés de la lui faire rendre, ce dont il parut conserver quelque res-
sentiment, ear il ne tarda pas à partir avec sa famille, malgré toutes mes instances pour le retenir.
Péron eut avec les sauvages une seconde entrevue qui n'offre pas moins d'intérêt.
« Nous rencontrâmes bientôt une case de naturels. Ce n'était qu'un seul abat-vent d'écorces disposées en demicercle, et appuyées contre quelques branches sèches : un aussi fréie abri ne pouvant avoir d'autre objet que de préserver l'homme de Faction des vents trop froids, j'observai que sa convexité se trouvait en effet opposée à ceux du sud-ouest, qui sont les plus glacés, les pi as constants, les plus impétueux de ces parages. En avant du pauvre ajoupa que nous venions de découvrir, se trouvatent les débris d'un feu récemment éteint , et de gros tas de coquillages d'huttres et d'Aa- Hotis gîgantea se montraient à peu de distance , exhalant , par la corruption des débris d'animaux que les coquilles pouvaient conserver encore, une odeur putride et nauséabonde. Sur le bord du rivage, nous aperçûmes trois pirogues, formées chacune de trois rouleaux d'écorces grossièrement réunies, et maintenues par des lanières de même nature.
« Ces eases , ces feux récemment éteints , ces débris de coquilles et ces pirogues, ne nous permirent pas de douter que la famille avec laquelle nous venions d'avoir une entrevue, n'habitât cette partie du rivage. Nous ne tardâmes pas en e£fet à voir les mêmes individus qui s'avançaient vers nous en prolongeant la grève. Aussitôt qu'ils nous aperçurent, ils poussèrent de grands cris de joie , et doublèrent le pas pour nous rejoindre.
Leur nombre se trouvait alors augmenté d'une fille de seize à dix-sept ans, et d'une petite Ulle de trois a quatre ans.
« Cette famille revenait alors de la pêche qui , sans doute , avait été heureuse ; car presque tous les individus étaient chargés de coquillages appartenant à la grande espèce d'oreilie-demer, particulière à ces rivages. Le
vieillard , prenant M. Frmnet pr li main , nous fit signe de le saint, i nous conduisit à la pauvre cabane qi nous venions de quitter. Lefeaiui| un instant fut allumé ; et, après n«{ avoir répété plus d'une fois me&y (asseyez-vous, asseyez-vous}, ce nous fîmes , les sauvages i^am pirent eux-mêmes sur les talons, d chacun se mit en devoir de maank produit de la pêche. La cuisinera ni longue ni difficile à fairt Gs grandes coquilles étaient mises mk feu ; et là , comme dans un platj»
mal cuisait ; on l'avalait easuite sai aucune espèce d'apprêts ni d*ass»s»
nement. En goûtant ces coqaiUa|B ainsi accommodés , nous les trouTâtf tendres et succulents.
« Tandis que nos bons DifoM ( lisez Tasmaniens ) prenaient »i leur simple repas, il nous^iotàrif de leur faire de la musique, poore»
naître l'effet de nos chants sur to esprit et sur leurs organes. Aq p mier instant, les sauvages panrf troublés encore plus que surpris; s après quelques moments d'inœrâià ils prêtèrent une oreille attentive; « repas fut suspendu v et les Xéimff^ de leur satisfaction se manifeàsv
Ear des contorsions et des geste i izarres , que nous avions peine à c»
tenir notre envie de rire. Poweft ils n'éprouvaient pas moins d'efliji^ ras à étouffer, pendant le chant, Iv* uression de leur enthousiasnw: s* a peine une strophe était-elle finiej de grands cris d'admiration pvttP en même temps de toutes les MW^ le jeune homme surtout était co^ hors de lui-même; il se prenait (tf* cheveux , il se grattait la tête anc* deux mains, s^agitait de mifle ^ nières , et prolongeait ses clag^ diverses reprises. Après une mwfj forte et guerrière , nous entoniBjJ:
quelques-uns de nos petits airs teig et légers; les sauvages parurent ■• en saisir le véritable sens; la»'^ sons de ce genre ébranlaient tro^"^ blement leurs organes. ^
« Le repas interrompu parnosdj ayant été terminé , la seene pn ^
OCÉANIE
k coup un caractère plus intéressant.
^ chaque instant la jeune fille dont je viens de parler, se faisait remar- |uer par la douceur de sa physiolomie et par l'expression de ses regards affectueux autant que spirituels.
^ure-Oure, comme ses parents, était larfaitement nue, et ne paraissait çuère soupçonner qu'on pût trouver lilleurs, dans cette absolue nudité, fuelque chose d'immodeste et d'indé* ;ei)t; d'une constitution beaucoup plus *aible que sa sœur ou son frère, elle ^tait plus vive et plus passionnée qu'eux. M. Freycinet, qui s^était assis 1 côté d'elle , paraissait être plus particulièrement l'objet de ses agaceries.
Oure-oure nous ht aussi connaître de iiielle espèce de fard usaient les femmes lu pays. Après avoir mis quelques charbons dans sa main , elle les écrasa Je manière à les réduire en poudre très-fine. Alors, conservant cette poussière dans la main gauche , elle en prit ivec sa main droite , et , s'en frottant l'abord le front , puis les deux joues , slie se mit dans un instant d'un noir k faire peur. Ce qui nous parut surent singulier, ce fut la complaisance ivec laquelle cette jeune fille semblait lous regarder après cette opération , it Tair de confiance que ce nouvel ornement avait répandu sur sa physiononie. Ainsi donc, ce sentiment de la coquetterie, ce goût de la parure, (ont des besoins pour ainsi dire innés u cœur de la femme.
« Pendant que ceci se passait , les >etits enfants nnitaient les grimaces et es gestes de leurs parents, et rien l'était plus curieux que de voir ces petits négrillons trépigner de joie en intendant nos chansons : ils s étaient nsensiblement familiarisés avec nous; rhagiie petit présent que nous leur 'aisions les comblait de plaisir , et reioublait Içur empressement pour nous :
^n général , ils nous parurent vifs , esliégles et malins.
«Les meubles et les outils de la famitle étaient au^si simples que peu nombreux : une feuille de fucus palmotus ^ plissée par les deux bouts, au moyen a'une petite broche de bois,
servait de vase à boire; un éclat de granit tenait lieu de couteau, pour détacher les écorces des arbres et pour aiguiser les salies; une spatule en ly>is était destmée pi >> particulièrement à enlever les coquillages de dessus les roches : Oure-Oure seule portait un sac de jonc d'une construction élégante et singulière, que je désirais beaucoup obtenir. Comme cette jeune tille me témoignait aussi quelques distinctions plus amicales , je me hasardai à lui demander ce petit sac : aussitôt , et sans hésitçr , elle me le mit à la main, accompagnant ce cadeau d'un sourire obligeant et de quelques
Shrases affectueuses que je regrettais e ne pouvoir entendre. £n retour, je lui offris un mouchoir et une hache à marteau, dont je montrai l'usage à son frère : ce qui fut , pour toute la famille, un grand sujet d'étonnement et d'admiration.
tt Enfin nous regagnâmes le rivage, et nous nous embarqudmes dans nos deux chaloupes. Nos bons Difmenois ne nous quittèrent pas un instant , et quand nous poussâmes au large , leur chagrin se manifesta de la manière la plus touchante. Ils nous faisaient signe de revenir les \oir; et, comme pour nous indiquer l'endroit, ils allumèrent un grand feu sur le petit morne dont j'ai parlé : il paraît même qu'ils y passèrent la nuit , car nous aperçûmes ce feu jusqu'au jour. »
Dans la narration de son voyage, Pérou a usé et abusé de la méthode, en usage de son temps , d'embellir les explorations lointaines.
Ce savant va nous raconter une autre entrevue entre les Français et les sauvages, sur les bords de la baie aux Huîtres : entrevue qui commençai sous d'heureux auspices , et dont le denoûment faillit être tragique.
<i Rien n'égale , dit Péron , la mobilité du Caractère des hommes sauvagfes avec lesquels nous nous trouvions en rapport : nous ne tardâmes pas à en acquérir une preuve nouvelle et bien remarquable. Tandis que nous étions le plus occupés , M. Petit et moi , de tfos recherches diverses, nous enten-
rtJNIVEtlS-
dîméS tout à coup dé grands erfs dans rintérfeur de la torét. A ces cris , les sauvages se lèvent précipitamment, saisissent des armes . et portent vers la mer des regards de surprise et dé férocité. Ils paraissaient très-agités, lorsque nous découvrîmes une embarcation de nos vaisseaux oui longeait la côte à peu de distance. Je ne doutai pas que ce fût cette embarcation qui , signalée de difTérents points par des espèces de sentinelles , et peut-être pat leurs femmes, établies à cet effet sur des roches ou sur des arbres élevés, causait leur agitation et leurs alarmes. Bientôt de nouveaux cris se firent entendre ; et , comme ils indiquaient sans doute que le canot s*éloignait du rivage , les naturels parurent se calmer un peu.. Je saisis cette occasion pour tâcher de leur faire comprendre que les hommes qu'ils avaient vus étaient , comme nous, leurs amis; qu'ils n'avaient à en attendre que des bienfaits et des présents. Ils parurent concevoir mes protestations et mes eestes : ils se rassirent et déposèrent ae nouveau leurs armes. Nous voûtâmes continuer alors, M. Petit à dessiner, et moi à recueillir des mots de leur langue; mais, toujours de plus en plus inquiets et distraits, ils refusèrent de répondre à mes questions, et M. Petit n'éprouvait pas moins d'embarras à terminer les dessins qu'il avait commencés.
« Insensiblement ils [)arurent devenir plus entreprenants : ils se parlaient entre eux d'un air fort agité; leurs regards, eo se portant sur nous, avaient quelque chose de plus sombre et de plus farouclie qu'auparavant : ils semblaient méditer quelque violence; mais le fusil de M. Rouget et la contenance de ce jeune homme, l'un des plus intrépides et des plus beaux hommes de notre équipage, paraissaient leur im|>oser : soit curiosité , soit perfidie, lis le tourmentaient à chaque instant pour l'engager à tirer des oiseaux qui se trouvaient perchés sur les arbres voisins : mais nous nous jugions <hns une .position trog critique pour nous rendre i leur invitation ; ce qui
devint contré nous un noutem rni/A de soupçon et d'inquiétude.
« Leur audace croissait avec let défiance : l'un d'eux voulait avoir k gilet ^ue je portais, et qui, par la n> vacite de ses couleurs, a voit Ihésoi attention. Déjà plusieurs fois il m*a avait fait la demande; mais jeieiâ avais si positivement refusé, que jeu pensais pas qu'il dût reveniràla chai^:
il en arriva pourtant autrement; car, dans l'instant où j'y faisais le mm d'attention , il me saisit par moo giiel, en dirigeant la pointe de sa sign contre moi ; il la brandissait znt force et semblait me dire : <tX>omï moi , ou je te tue. » Dans une positia aussi délicate, il eât été dangereoià se fâcher ; car le misérable m'«H iifailliblement percé de sa sagaie, ^ifectai de prendre ses menaces pss une plaisanterie; mais, saisissant!
propos la pointe de son arme Je la i^ tournai ; et , lui montrant M. Roos^i qui venait de le coucher en jooej lui dis un seul mot de sa tnnp^- « l^ata ! ( Mort ! ) » Il me comprit.^ déposa son arme avec la même iptf>^ férence que si rien d'hostile oe lai^ échappé contre moi.
« A peine je sortais de ce i^-, que Je me trouvai compromis, (hJ manière^ sinon aussi périlleuse, à moins très-désagréable. Un des pal»
anneaux d'or que je portais a "* oreilles excita les désirs d'un v^ sauvage qui , sans rien dire, se^ sant derrière moi , passa subiten»
son doigt dans l'anneau, et If JJ avec tant de force , qu'il m'eAt m^ libiement déchiré l'oreille , si la boe» ne se fût ouverte.
« Qu'on se souvienne mainteB*»
que tous ces hommes avaient été co>^ Blés de présents par nous; qi'^ °^ les avions pour ainsi dire c'ï^ffKj miroirs, de couteaux, de ra^ad»i de perles, de mouchoirs , de tabat* res,etc.; que je m'étais dépouillé PJ* eux de tous les boutons de mon b»^ qui, se trouvant de cuivre (loré,Wf avaient sourtout paru P^^^^\l cause de leur éclat; qu'on se ttPj* que nous nous élionà prêtés S *■
OCÉAIflE.
enrs désirs, à toos leoirs caprfees, tans exiger rien en retour de tous nos >résents, et qu'on juse ensuite com- »ien tons leurs procédés envers nous }ta\eïii injustes et perfides; je pourrais toéme assurer très-positivement qu6, ans M. Rouget et son épouvantail, kf . Petit et moi nous fussions devenus eurs victimes. Certes, par caractère x>nime par principe, personne plus [ue moi n^était disposé à supporter eurs inconséouences et leurs caprices \ nais^ je dois le déclarer franchement, toutes leurs actions portaient un ca* ractère de perfidie et de férocité qui ne révolta de même que mes cama- !3des; et rapprochant tout ce que lous voyions de ce qui précédemment îtait arrivé dans le canal d*Entrecas* teaux, à plusieurs de nos compagnons.
Aous en tirions la conséquence qu'il le faut se présenter devant ces peu- >les qu'avec des moyens suffisants >our contenir leur mauvaise volonté, st repousser leurs attaques. » Tous ces 'aîts prouvent que ce n est qu*en adop- ;ant notre civilisation qu'ils sauront iistinguer le bien et le mal , et la justice envers les étrangers.
BAIlfli ET RIVALITE ENTRE LES COLONS AUSTRALIENS ET TA8MAN1ENS.
Croirait-on qu'il existe déjà non* seulement des conflits d'amour-propre, nais des haines violentes entre les coons de la Nouvelle-Galles et ceux de a Tasmanie, quoiqu'ils soient tous les enfants de l'Angleterre! Ils ont cepen* tant les mêmes lois, ils jouissent des nêmes avantages; ils ont également les terrains immenses à leur disposi- ;ion, et dont les défrichements ne^ur- 'ontétreconsommés Qu'après plusieurs Epnérations. l^s colons qm y sont aabéis aujourd'hui, ne connaissent néine pas la vingtième partie du vaste erritoire de cette Ile magnifique; mais lélas! s'il ne restait plus que deux lommes sur la surface de notre globe, la as auerelleraient encore sur les liiiites de leurs possessions*
BSQUISSB niSTORK^B.
Ce^ à Tasman qu'on doit la déeou-
Terte de la Tasmanfe, quMI nbmnHi terre de Diemefij en l'honneur du gou« verneur général de Batavia. M. fialbl lui donne le nom de Diemenie; mais depuis longtemps les colons ont adopté celui de rcumimie, nom plus con\^ nable, et qui consacre fa gloire dit célèbre navigateur hollandais. C'est aussi le seul que nous emploierons.
Ce fut le 94 novembre 1648 que Tasman aperçut cette terre. Il passa
(plusieurs jours à la reconnatre; et, e 1^' décembre, il mouilla dans une baie qui fut nommée Frederick Hendrich*t Bap.
Le 3 décembre, Tasman s'approcha lui-même du rivage dans sa chaloupe, et fit planter sur la grève un pilier, sur lequel était gravée une boussole, et que surmontait le drapeau du prince.
« Quand le premier charpentier, dit ce navigateur, eut fait cela en présence de moi , Abel J. Tasman , du maître Gerrit Santz, et du sous-marchand Abraham Coomans, nous allâmes avec la chaloupe aussi près que possible du rivage , et ledit charpentier revint à la nage au travers du ressac. Nous nous en retournâmes alors à bord et laissâmes ce pilier comme un souvenir pour la postérité des habitants du pays. Ilâ ne se montrèrent point; mais nous conjecturâmes que quelques-uns d'entre eux n'étaient pas éloignés, épiant avec soin toutes nos actions. »
Deux jours après , Tasman perdit la terre dTe rue. « On ne sait, ajoute-t-il, si cette terre de Diemen, située au sud-ouest de la flouvelle-Hollande , la touche ou non. »
Le 4 mars I77S, le capitaine Marion du Frêne mouilla ses deux vaisseaux sur la même baie de Frederirli Hendrick. Les naturels vinrent avec confiance au-devant des canots, et se tinrent auprès des Français avec leurs enfants et leurs femmes. .
« Ces naturels, dit le capitaine Marion du Frêne , sont noirs , de taille moyenne, tous nus, hommes et femmes. Les hommes étaient armés de lances et de haches en pierre. Ils avaient en général les yeux petits, la bouche grame , les dents blanches el le nez
plat. Leurs cheveux, oomme ceux des Gafres, étaient sépara en mèches et poudrés avec de Tocre rouge. Du reste, ils étaient sveites, assez bien faits, avec les épaules rentrées, et la poitrine ornée de tatouages en relief. Leur langue était dure et gutturale. »
Pour gagner la confiance et TafTec* tîon des insulaires, on leur présenta plusieurs objets précieux pour eux, tels que du fer, des miroirs, des mouchoirs , des étoffes, et même des ca* nards et des poules.
Depuis une heure environ , les Français se trouvaient à terre, quand le capitaine Manon y descendit lui-même.
S'avançant au-devant de lui , l'un des naturels lui offrit un tison enflammé pour qu*il pût mettre le feu à un tas de bois, amoncelé sur la pla^e. Marion s*y prêta, croyaut que c'était une formalité ca()able de rassurer les sauvages; mais à peiiie le petit bûcher était embrasé, que les naturels se retirèrent en masse vers une petite hauteur d*où ils lancèrent ensuite une volée de pierres qui blessa les deux capitaines. On leur rij)osta par quelques coups de fusil :
on tua un naturel , on en blessa plusieurs, et les autres s'enfuirent en uurlaiit vers les bois.
En 1773,tecapitaineFumeaux,com-
f>agnon de Cook, mouilla sur la baie de 'Aventure, où il fit du bois et de l'eau, sans voir aucun naturel. Cook, en janvier 1777, parut sur le même mouillage , où, il trouva des indigènes avec lesquels il eut quelques communications. Des officiers de la Découverte essayèrent de faire des avances aux femmes ; mais leurs ^lanteries furent repoussées avec indignation. Le docteur Andersen, naturaliste de l'expédition , recueillit, sur Thistoire naturelle de cette lie , un grand nombre d'utiles documents. Il reconnut que ras|)ect d<;ce pays avait la plus grande analogie avec celui des environs du cap de Bonne-Espérance , et que ses haoitants ressemblaient -à ceux de Tanna et de Mallicollo. Enfin Cook luimême rectifia toute la géographie de la Tasmanie méridionale.
Bligh vint en 1788, et passa douze
jours sur cette baie. ira^Bt|»dâi0quer à cause du ressac, il Gt jeter an naturels quel<|ues présents qu ils déd»
gnèrent. Apres Bligh, et dans la méot année, le capitaine flunter proboçi les côtes de la Tasmanie. En t7S9, Gk découvrit la baie aux Hiiitrcs nie Maria; en 1791, Vancouver re* connut à la voile quelques points de h Tasmanie; enfin, en 1793 et 1/92, d'Entrecasteaux fit deux statioos ioportantes daas le sud de cette Qe, et explora avec les soins et YhsiM qu'il apportait dans tous ses trai».
le beau canal qui a reçu le notn de ctt illustre amiral. Ses ofliciers remont' rent le Derwent jusque vers reninit où il commence a couler à Toacst & Labillardière, botaniste de ïafiSr tion, s'occupa avec succès de rhatoire naturelle, et observa les mon des indigènes.
Hayes visita en 1794 la rivière ihvmée Rivière du nord par d'Entma»* teaux, et lui donna le nom de Derved, qui lui est resté, grâce à l'esprit à patriotisme et de. persévérance d^ Anglais.
En 1798, Bass eut la hardiesse^ descendre la cote depuis Port-Jicbfl jusqu'à Port-Western dans uue balflnière, armée de six hommes, et docA son nom au détroit qui sépare les dos terres. Flinders fit quelques recooHfr sances sur diverses ties de la p^ orientale du détroit. Enfin, à la uf
chirurj
ensem
circumnavigation de cette lie tff^
tante.
Le capitaine Baudin parut sor t* mêmes côtes, en 1802, envoyé !• Napoléon, alors premier consul*" république fhinçaise. Il augmeotij compléta leurs documents géog'^ ques. Mais les travaux de ses nattf> hstes l'emportèrent sur les tra«J géographiques et hydrographiques' commandant de l'expédition. .
Enfin en juin 1803, une petiteeoW partie de Port-Jackson, composée^ détachement de soldats, de 9id# officiers libres et d'un petit wa»
'année 1798, il s*adjoi^nit T'ntrj* chirurgien Bass, et ils exécotèrt" msemble; sur le sloop le NorfAj^
OCKANIlî.
(e cotivicts, dirigée par le capitaine olm Bowen, vint mouiller dans la »aie de Hobart-Town , et jeter les fontenients de cette ville. Elle éprouva oute^ sortes de souffrances et de privaions. L^établisseinent paraissait devoir itre abandonné, lorsqu en février 1804, e commandement en fut confié au lieuenant- colonel Collins^ Grâce à ses oins, la ville fut agrandfe^ les environs urent habilement exploités ; des reconlaissances intérieures furent poussées [ans toutes les directions , et l'élan iu*il imprima à la colonie n*a cessé r augmenter jusqu'à ce jour.