‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuplesChapitre 9 sur 122 · FABRICATION BES CORDES · texte numérisé non relu

FABRICATION BES CORDES

Ils fabriquent des cordes de deux espèces : Tune avec des fibres extérieures de la coquille de noix de coco , oui est la plus forte, et l'autre avec I écorce extérieure du^bou. Leurs arcs sont en bois de manelier, et la corde, qui est d'une grande force, est faite avec de l'écorce intérieure a'un arbre nommé olonga. Leurs flèches ne sont autre chose que des roseaux armés de pointe, d'un bois très-dur appelé ramari/ia, et qui ont jusqu'à trois ou quatre barbes dentelées. Les plus formidables ont le bout garni d un os de la raie à aiguillon. Leurs massues ont différentes formes, et sont faites par les constructeurs de canots,

FABRICATION |KJ GNATOU, DBS NATTES, ito.

Les femmes sont chargées de la fabrique du gnatou. C'est une substance dont la texture ressemble assez à celle du papier. Elle est faite de Técorce intérieure du mdrier-papier de la Chine, et s'emploie principalement pour vé* tements. Cet arbre a rarement plus de six ou sept pieds de haut, etauatre pouces de diamètre. On le coupe le plus prés de la racine qu'il est possible , et quaud on en a abattu un certain nom«

bre, on les expose au soleil pendant deux jours pour pouvoir en arracher récorce plus facilement. On laisse alors tremper cette dernière dans de Teau pendant vin^t-quatre heures, et on en enlève ensuite les parties grossières avec une coquille de moule. Afin de détruire la convexité qu'a prise Técorce autour de la tige, on la roule en sens contraire , et on la fait macérer encore un jour dans de Teau, après quoi elle s'enfle , devient plus visqueuse et plus propre à être convertie en une substance qui ait de la fermeté. On rétend alors sur un tronc d'arbre formant une espèce d'établi, et on la bat avec un instrument de bois carré d'environ un pied de longueur, lequel est uni d'un côté et couvert de grosses rainures de l'autre. L'étoffe se trouve ainsi fabriquée, mais on la remet souvent sur le métier ; on la déroule , on la replie à diverses reprises, et on la bat de nouveau pour en resserrer plutôt que pour en amincir le tissu. Dès que ce travail est achevé, on étend la pièce , afin de la sécher. La longueur des pièces est de quatre à six pieds , mais il y en a de plus grandes ; leur largeur est moindre de moitié. On , réunit ensuite les pièces, et on les enduit du suc visqueux d'une baie appelée toe. Quand Tétoffe a la longueur qu'on veut lui donner, on la place sur une large pièce de bois, audessus d'une empreinte en relief composée des substances fibreuses de la coque de noix de coco, et l'ouvrière, plongeant un morceau de linge dans le sue de l'écorce d'un arbre nommé coca^ en frotte l'étoffe qui prend une couleur brune, et devient lustrée. On continue ces opérations du collage et de la teinture jusqu'à ce que la pièce ait la longueur et la largeur nécessaires. Les côtèis offrent ordmairement une bordure d'un pied de large qui n'est pas peinte ; il v en a une seconde plus large aux deux extrémités. La pièce finie, on la plie soigneusement, et on l'expose à la chaleur, dans une espèce de lour souterrain, pour en rendre la couleur plus foncée. Après cela , on rétend sur l'herbe ou sur le sable; on

la teint de nouveau en plusieurs en»

droits avec le suc du hea^ qui est d'as rouf^e brillant, et on la laisse exposée a la rosée pendant l'espace d^une ' nuit.

Les femmes font aussi toutes sortev de nattes, de paniers de différentei espèces , des peignes et du fil. Lesmguilles , fabriquées par les charpentiers, sont faites de l'os fémoral des ennemit tués à la guerre ; mais on ne s'en sert que pour coudre les voiles.

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