ILES DÉSERTES
Plus à Touest de la terre de Rergue- Bn , est le groupe de quatre petites îles, ^ozet ou MarioUy celles du Prince- Edouard, également désertes, et qui l'offrent aussi que Taffreuse nudité Tun rocher dépourvu de végétation, ^les appartiennent à rAfrique, ainsi
iue Diego Alvarestt Tristan d^ À cun^ a y dont nous venons de parler, et Miim rtle Bouvet, située au sud de ces lernières îles.
En remontant de Kerguelen , à dix Ifgrés vers le nord-est, nous aborde- ■ons les îles affreuses de Saint-Pierre {t de Saint^Paul , et le groupe de Cha- ;os , par la description desquels nous JloDS terminer notre Océanie.
ILE SAINT -PIERRE ou AMSTER- DAM, ET ILE SAINT-PAUL.
Les îles Saint-Pierre et Saint-Paul , lont la première a aussi pris le nom l'Amsterdam, sont situées toutes deux tous le même méridien, distantes Tune le l'autre d'environ dix-sept lieues, et risibies, dans un temps serein, à vingt îeues en mer. Elles ont été Tobjet Tune confusion singulière.
L'île Saint-Pierre ou Amsterdam !8t située par le 38» 50' de latitude sud, tt le 75'' 29^ de longitude est. Elle est nhabitée. On n'y voit que de très- >etits arbres. On y trouve des phoques, lions-marins, appartenant au sous- ;enre otarie) , des chiens marins, des laleines, des requins, des poissons et les mollusques, clont quelques-uns sans coquilles. Elle est formée d'une monagne conique , dont le sommet paraît itre l'ouverture d'un cratère éteint.
>n croit qu'il existe dans cette île des ézards et même des renards.
L'île Saint-Paul , au sud de la prenière, est située par 37** 47' lat. sua, et '5^ 48' de long. est. Elle est aride et in* labitée, d'un accès difGciie, et n'est (uère tréquentée que par des navires
qui y vont faire la pèche aux phoques qui y sont en abondance. Il v a beaucoup de sangliers dans l'intérieur. Elle se présente sous la forme d'une montagne circulaire, creusée au milieu en forme de cratère; la mer, après l'é* croulement d'une des parois, a péné* tré dans ce bassin. L'étang ou la lagune qui en remplit le fonclabonde en poissons et surtout en excellentes perches. Selon Van Vlamingh , habile navigateur qui , le premier, examina avec soin ces deux îles , des eaux thermales et des eaux ferrugineuses coulent parmi les laves, parsemées de quelques carreaux d'un beau gazon : cette description importante et digne de l'exactitude de ce judicieux observateur, a été dénaturée par quelques navigateurs et savants modernes. M. Barrow (*) , égaré par l'auteur des cartes du voyage de Cook , a décrit fort au long l'île Saint-Paul sous le nom d'Amsterdam , et s'est étonné des changements qu'il a cru v observer. Le savant M. Beau temps -6eau pré, dans l'atlas d'Entrecasteaux, a donné six vuies de son île d'Amsterdam, qui n'est autre que celle de Saint-Paul, ainsi que le prouve la comparaison des dessins qui se trouvent dans l'ouvrage de Valentyn (**). L'honorable M. de Rossel, rédacteur du voyage de d'Entrecasteaux, ne s'est pas aperçu de la transposition des noms , qui est cependant prouvée par la latitude où il place l'île. Horsourgh, Pinkerton et les géographes ont répété la même erreur.
HISTOIRE DE DEUX ÉCOSSAIS ABANDONNÉS DANS L'ILE DÉS$RTE DE SAINT-PIERRE OU AMSTERDAM. INCENDIE DE CETTE ILE.
Un bâtiment anglais , la Palmira , approciia le 4 novembre 1827 de l'île Saint-Pierre, à une distance d'environ cinq milles de la côte. Les marins aperçurent une épaisse fumée, ce qui engagea leur capitaine à approcher autant que possible, dans la supposition que quelques naufragés avaient allumé
(*) Voyage à la CochînchiDe, etc.
(**) Oitindien, U lY» p. 68-70.
mù
oe fea pour donner le signai de leur détre3se. Arrivé à un mille de la plage, on distingua en effet deux hommes qui, debout sur une éminenc^, paraissaient guetter Tarrivée du bâtiment. On mit aussitôt le bateau en mer, et un officier s*y embarqua pour s'assurer de Tétat de ces deux hommes, et aller à leur secours, s'il était nécessaire. Le bateau revint avec les deux étrangers.
Au premier aspect , leur extérieur inspirait la surprise et la compassion ; ils portaient de longues barbes; les haillons de leurs anciens habits étaient raocommoidés avec des peaux de phoques, dont le poil était tourné en dehors. Une peau de sanglier servait de haut - de - chausse à l'un d*eux ; leurs souliers étaient faits aussi de peau de sanglier avec le poil en dehors. L'un d'eux, Jacques Paine, avait vingt-deux ans; l'autre, Robert Proudfoot, avait quarante-huit ans; tous deux étaient natifs d'Edimbourg ; ils avaient vécu quatorze mois dans cette Ile.
Ils s'étaient embarqués à l'Ile de France sur le Gocemor HwUer, schooner d'environ soixante tonneaux, appartenant à la terre de Van- Diemen , et allant à la recherche des phoques. £n septembre 1826, ce na- Tire était arrivé à Ttle septentrionale de Saint-Pierre ou Amsteniam {*), Ces navires ont la coutume de débarquer une partie des matelots dans les diverses Iles 011 il y a des phoques , de venir les reprendre, quelc^ues mois après, et d'embarquer Tliuile et les peaux qu'ils se sont procurées dans l'inter- Taile.
Conformément à cet usage , un bateau fut envoyé par le schooner avec un sac de biscuit, quelques livres de farine et d'autres provisions, ainsi qu'avec un chaudron, un poêlon et une quantité considérable de sel pour saler
(*) Extrait de la Gazette de Calcutta. Noui Pavons rectifié, car l'ile Saint-Pierre est nommée Saint-Paul, par suite de la confusion dont nous avons parié i confusion qui dure eiioor*. 0« L. D. a.
les peaux de phoques. Celait Iiini; Paine et Proudfoot furent débiffiii sur un point convenable avec ks provisions. On trouva à terre deux m nés assez bonnes, couvertes de ^azu), qui avaient probablement serri dede* meure à d'autres marins. Le totoi alla rejoindre ensuite te sdiocaer^ pov y prendre encore des provisioi» i
?|uatre matelots. Cependant, à kk ut-il arrivé, qu'une forte brise s'aen»
le vaisseau fut poussé en mer, et nue le vit plus. Les deux matelots se tiOB* vèrent donc abandonnés à eux-mêott Le lendemain matin, en passâfitei revue ce qui leur restait de ressooitSi ils s'aperçurent que presque toute b
f provision de sel avait été anéantie pr es vagues , et qu'aucun d'eux (circo»
tance rare parmi les matelots) o*aii un coutçau. Paine avait laissé ksifl dans sa veste à bord du bateau, il Proudfoot avait prêté le sien ïmk ses camarades. Toute leur garde-rok se réduisait à ce qu'ils portaient w eux. Ils ménagèrent assez lears pdites provisions pour les faire durer eii^ mois ; au bout de ce temps il leurffilut exercer leur sagacité pour aopienr leurs repas.
pans cette triste position , ils dmot veiller afin d'apercevoir quelque oariit Pendant le premier mois , ils en apo"
rrent en eflfet plusieurs , maispssa>t une grande distance. Le dffnier qu'ils virent, fut le Hope^ qui se rtfidait à l'Ile de Van-Diemen ; il approcbatfeli côte jusqu'à une distance de qoelç milles, et envoya un bateau poorp cher. Paine et Proudfoot acooorvcd et firent connaître leur position à T»
ficier : celui-ci leur répondit qa'i^ retour au navire il prendrait les «" dres du capitaine ; mais les deux va heureux eurent bientôt la douleur di voir le navire continuer son îOf3g( à pleines voiles. Cependant, eoiioai les deux matelots n'avaient pas eocof* épuisé leurs provisions , ils ne déses* pérèrent pas de leur situation. D^ ce temps jus^'à l'approche de la /w* mira y c'est-à-dire pendant un m, ia n'aperçurent plus un seul bâtiment.^ maître du schooner s'était troopd^
OCËÀNI£.
beUement d*tle; il aurait dû faire bêcher à If le méridionale . c'est-à-dire I celle de Saint-Paul, ou on trouve [es phoques en abondance, tandis que jans rfle où se trouvaient Paine et Proudfoot , ils ne purent s'en procurer |ue sept pendant les quatorze mois de leur séjour.
Ces deux matelots eux-mêmes crurent toujours qu'ils étaient dans Ftle $aint-Paul , et ils regardèrent souvent lu côté du nord pour découvrir l'île r Amsterdam; ils s'étonnaient de ne )oint la voir , car pendant un temps lerein on les découvre réciproquenent. Ce fut d'autant plus fâcheux X)ur eux, que s'ils avaient pu passer i nie Saint- Paul , ils y auraient trouvé les sources chaudes , d'une tempéra- ;ure assez élevée pour y pouvoir faire ïuire des poissons , qu on prend faciement dans une lagune du voisinage, fohn Henri Cox , qui visita cette île m 1790 , vit le thermomètre, dans ces ;ources,mont^ jusqu'à cent quatreingt-dix degrés rahrenheit ; ses gens, lès qu'ils avaient pris le poisson dans a lagune , le jetaient dans les sources itiaudes, où au bout de cinq minutes 1 était cuit.
Malheureusement , Paine et Proudbot n'avaient pçs cette ressource ; ils le possédaient même aucun outil. Cependant la Providence vint un peu à eur secours : ils trouvèrent sur les 'ochers une aisuille, un vieux coueau et un ffrand clou ; ils firent de ce lernter un nameçon, et un vieux bout le câble leur servit à faire une ligne, tls se mirent alors à pêcher ; cepenlant la seule espèce de poisson cju'ils mssent obtenir de cette manière , ut celle que les «matelots appellent le ■rompette; quant aux coquillages, ils le prenaient que des lépas. Ce qui eur manquait le plus, c'était l'eau >atche. L'île était oépourvue de souries ; il fallait donc aller à la recherche les mares d'eau de pluie : quelquefois la étaient obligés de courir plusieurs nilles pour étancher leur soif.
Il y a dans l'île aasec de sangliers ; cependant nos deux matelots, pendant toote la durée de leur séjour, ne pu-
rent parvenir à 8*en procurer plus d# cinq. Ils avaient été obligés de pour* suivre ces animaux à la course et de les abattre avec un bâton. Une fois »
Hs avaient pris quelques marcassins, qui ne purent se sauver aussi vite que m laie feur mère. Ce gibier fournit un banquet somptueux à nos deux ermites.
Pour compter le temps , ils faisaient chaque matin une marque au cerceau d'un tonneau.
Ils avaient été obligés de nettoyer l# sol, en mettant le teu au tusak ou
Î;azon haut et touffu qui embarrassait eur marche. Selon leur assertion « le feu gagna une grande partie de l'Ile et dura plusieurs mois.
Pour augmenter leurs ressources.
Ils essayèrent de faire un arc et des flèches, mais ils trouvèrent que les branches des buissons de l'Ile étaient trop cassantes pour cet usage. Ils ne purent donc subsister que de ce qu'ils prenaient à la main ; taute de sel, ila ne pouvaient conserver leurs poissons^ et ils avaient été obligés de s habituer à manger sans aucun assaisonnement la nourriture qu'ils se procuraient* Plus d'une fois il s'était passé trois jours sans qu'ils eussent eu une bou* chée à manger.
Ils avaient un briquet lors de leur débarquement , mais l'amadou fut bientôt consumé , et ils ne trouvèrent aucune substance végétale assez sèche pour le remplacer; aussi pendant la dernière partie de leur séjour, ce fut pour eux un objet bien important d'entretenir le feu de leur cabane, surtout pendant la nuit ; car, si par malheur il s'éteignait , ils n'avaient aucun espoir de le rallumer ; aussi ce feu sacré était le seul , ou du moins le principal suiet de leurs querelles; en effet, le plus jeune était grand dormeur, Proudfoot était le plus souvent obligé de veiller sur l'âtre. Toutes les fois qu'ils allaient ensemble un peu loin de la cabane , ils avaient soin de le couvrir d'un amas de gazon terreux ; quelquefois même,
f)our plus de sûreté, ils emportaient de a tourbe allumée.
Selon Honburqhy cette île a environ douse milles de circonfëteace \ cd-
pendant les deux matelots croient qu'elle en a environ vingt, ayant employé une journée entière pour en faire le tour, ifs gravirent un jour le pic le plus élevé de i'tle, et s'assurèrent que c'était le cratère d'un volcan de plus de cent yards de diamètre, et si profond qu on n'en pouvait sonder l'abîme.
L'tle (*) ne produit rien de mangeable, excepté du persil qu'on y trouve en
Srande quantité. Le sol est couvert 'épaisses broussailles et d'herbes ; Sour coucher et se couvrir la nuit, les eux matelots n'avaient que de l'hei^ sèche.
Dans les mois d'hiver il ne tomba pas de neige ; mais il y eut constamment de la grêle et du verglas; il y fit extrêmement froid. Leur santé fut neureusement très-bonne, et le seul accident qui leur arrivât , ce fut une chute que Proudfoot fit dans un précipice et qui le blessa à Tépaule , ce qui le força de rester couché pendant quatre mois.
Les seuls oiseaux dont ils pussent s'emparer, étaient des pétrels (porcel' laria) , et des neiges y qu'ils prenaient dans des creux , et dont la cnair avait un goût de poisson. Ils tuaient quelques sangliers coriaces et sans aucune graisse. Les albatros pondaient leurs œufs dans les plus dangereux escarpements des roches, en sorte qu'il n'y avait pas moyen de s'en emparer.
Le 4 novembre, enfin, ils aperçurent avec la plus vive joie la Poindra :
voyant le navire approcher , ils descendirent précipitamment au rivage, et allumèrent un feu aussi grand qu^ils purent , pour donner avis de la présence d'êtres humains dans cette île.
Quand ils virent la PalnUra arborer son pavillon, leur joie fut au comble , et ils espérèrent que leurs malheurs touchaient à leur fin. Cependant les jusants de la mer rendaient l'abordage dangereux; aussi l'officier du bateau se contenta de héler les deux matelots. Quand ils entendirent sa voix, Paine
(*) On ne doit pas oublier que les noms et les positioDs des deux lies sont rectifiés dans « récit par l'auteur de roeéawe.
reconnut celle de son andeo ooiriiemaître; ils avaient heureusement m câble assez long pour le jeter jusi|a'ai bateau. Par ce moyen ils rameoeteit à terre, et furent enfin déliTrés.
AVENTURES DO CAPrTAnB PÉIOI.
Le capitaine Pérou, Français, a aosi cruellement souffert sur cette terre stérile; des angoisses longues et cradis Fattendaient sur les âpres rochers di Saint-Pierre ou Amsterdam (*). Le sol de cette Ile , dénué de presque toote végétation , jonché de roches écroulées (t coupé de montagnes calcinées quip(^ tent toutes les apparences d'éniptigii volcaniques, n'a, selon lui, pour!»
habitants ({ue des loups marins {**],^ abordent à certainesépoquesderanoie par troupes très-nombreuses, etdofltfci peaux sont fort estiméi» dans le ooamerce. C'est dans ce misérable sqcff que notre aventureux capitaine ohsentit à rester avec quatre matekfi sous ses ordres, dans res(K)ir de Rcueillir une abondante cargaison deos peaux de loups marins {lisez :làim marins). Il avait été convenu avecs»
associé le capitaine Owen que kv | navire viendrait les reprendre dus quinze mois, et il leur avaitété laisséds Vivres à peine suffisants pour cet espax de temps ; mais quarante nnois s'éooo* lèrent sans qu'ils entendissent ^ du capitaine Owen, et ce ne fut^'i un autre qu'ils durent enfin lebooteo d'être arrachés à cette affreuse cafrtivite.
Les occupations de la chasse é à dépècement des lions marins sembleraient avoir dû remplir tout cet intervalle de temps, et ne ptts«lff aucun événement notable; nuis iljs est tout autrement ; TexisteDce, dois»
(*) Nous avons fait la méine rtdûSaf»
dans ce chapitre que dans le précédât
(**) Le capitaine Péron ▼eulpid^^'f doute des Uons marins ou phoqna ■ ^ niera, qui appartiennent au soii>y*yj^ otaries, car les loups de mer ou aaarnif^ habitent les mers du Nord et vo^' o6te8 du Groeolaiid, G.I»Al*
OCÉANIE
ùn
trois ans, de cette colonie de cinq hommes offre le véritable tableau des terribles divisions qui agitent les plus £;randes sociétés.
I^es premiers temps furent employés à se construire une hutte et à s'arran-
gsr dans ce nouveau séjour, comme obinson dans son île , et tout y alla assez paisiblement. Mais ouand les vivres furent épuisés, que la misère se fit vivement ressentir, alors la discorde se mit entre eux. Des quatre matelots qu*on avait donnés au capitaine, deux étaient Anglais et deux Francis. Les deux Anglais mécontents, comme on le devient presque toujours de toute espèce de chef, se liguèrent contre le capitaine, et se mirent en pleine révolte contre lui. Une scène violente qu'il eut avec Tun d'eux en lut le signal. Quand il vint à se présenter pour rentrer dans la hutte qui était la demeure commune à tous, ils s'avancèrent à sa rencontre, armés de couteaux, se précipitèrent sur lui et le frappèrent de plusieurs coups , avec un acharnement dont il aurait infailliblement été la victime, sans le secours de Tun des Français , nommé Gaudin , qui lui était dévoué, et qui le dégagea des mains de ces forcenés. L'autre Français, nommé Goujon, Quoiqu'il eût aussi quelquefois manifesté du mécontentement , fut tellement indigné de cet horrible attentat , qu'il ne oalança. pas à se ranger de son parti; mais les Anglais, maîtres de la butte, l'étaient aussi des armes, des munitions, et par là de toute l'île; il n'y avait pas moyen de leur faire la loi.
Heureusement que, malgré les blessures que M. Péron venait de recevoir, il avait eu la présence d'esprit de s'enfuir vers le canot et de s'en emparer. Il y recueillit ses fidèles compatriotes, et tous trois s'enallèrent établir leur domicile dans unecaverne séparée de la hutte par une baie qui s'avance dans l'île.
On peut juger du redoublement de gêne et de privations qu'ils eurent à éprouver dans cette demeure insalubre, se trouvant dépouillés dUr peu de ressources qu^ils possédaient. Réduits à vivre de quelques poissons, ils traînèrent long-
temps le sortleplusdéplorable. La force leur manquant ils recoururent à la ruse. Il fut convenu que Goujon, qui avait
Quelquefois partagé le mécontentement es -révoltés, se rendrait auprès d'eux comme pour se rallier à leur parti , en se plaignant de mauvais traitements que le capitaine aurait exercés contre lui; il rentrerait par cette feinte dans leur confiance, tâcherait de s'emparer de quelque arme, itérait les pierres des fusils, et, à un signal qu'il donnerait du haut de la montagne, on fondrait sur eux. Ce stratagème réussit, mais il ne fallut pas moins de deux mois jpour l'accomplir. Voici de quelle manière le capitaine Péron rend compte de l'action aécisive qui termina cette
§uerre civile, et renversa l'usurpation es insurgés de l'jle Saint-Pierre :
«Deux mois se passèrent, dit-il, sans avoir aucune nouvelle de notre émissaire. Avait-il manqué de courage ou de loyauté? avait-il succombé sous les coups de nos ennemis? telles étaient les questions aue Gaudin m'adressait, et que je lui répétais moi-même.
<c Le signai convenu entre nous était Cjue Goujon se montrerait sur le point de la montagne qui dominait notre retraite, et d'où nous pouvions Tapercevoir, et qu'en cas de succès il ôterait son habit.
« Le bienheureux jour arriva; le signal fut donné; Gaudin et moi nous courons, nous nous précipitons vers le canot, nous ramons avec la rapidité de l'éclair, et nous arrivons auprès de Goujon. 11 me remet mon sabre, les pierres de mon fusil, et un poignard fabriqué par les Anglais. Sans perdre de temps en vains compliments, nous marchons droit à la hutte; car de la conquête de la hutte dépendait celle de l'Ile.
« Godwin et Cook (les deux Anglais) étaient sans armes; le sabre à la main, je les somme de se rendre. Leur premier mouvement est de se saisir de mon fusil; mais lorsqu'ils eurent reconnu que cette arme ne pouvait plus leur servir, ils se jetèrent a mes pieds, pâles comme le criminel à l'aspect de la potence.
fUWIVERS-
« Je laissai quelque temps mes en* nemis dans cette position; mais il fallut en finir. Après une semonoe énergique, je leur pardonnai, toutefois a la condition qu'ils se retireraient immédiatement dans la cave qui nous avait servi de résidence, et quils ne franchiraient pas les limites que je leur indiquai.
« Pendant l'interrègne, les rebelles avaient hissé le pavillon rouge, préten* dant que rAngleterre étant en suerre avec la France, tous les liens étaient rompus entre nous. J'ordonnai à l'un d'eux d'abattre ce signe de révolte, et cela fait, je leur montrai la route et ils partirent. »
Ainsi finit la première guerre dont Saint-Pierre ait été le théâtre. Elle ne coûta la vie à personne; mais, ainsi que dans les grands États , elle ifut féconde en misères et en calamités.
La clémence n^amollit pas le corar des coupables ; quelque temjps après , du bruit s^tant fait entendre à plusieurs reprises du côté de leur résidence, on y fit une perquisition, et une espèce de lance qu'on leur trouva, qu'ils étaient parvenus à former avec une lame de couteau, annonça que leurs desseins étaient hostiles.
Le spectacle de pareilles discordes, entre gens qu'un malheur commun au« rait du rapprocher et unir comme de bons frères , est sans doute fort affligeant; mais nous n'y voyons pas toutefois un motif d'accuser, comme on l'a fait souvent, l'espèce humaine d'une
Eerversité naturelle; les passions turulentes qui les produisirent, sont bien 1)lutôt l'ouvrage de nos sociétés que de a nature.
Un bâtiment anglais, qui passa dans ces parages, vint enfin enlever à leur latale destinée M. Péron et ses compagnons; mais, comme si tout avait dû être malheur pour lui dans cette malencontreuse ex|Mkiition, ce bonheur même ne fut pas sans quelque peine, car il fut obligé de laisser deux mille sept cents peaux de lions marins qui lui avaient coûté si cher à amasser, le navire n'ayant pu ajouter ce surcroît à 8on chargement.
GROOPB DBS ItBS C&àWM
BT M nnr autb.
Nos lecteurs nous permettront i réflexion, en passant. H n'est p» .
possible qu'on trouve entre In toi Saint-Paul et de Saint-Pierre on Ai' terdam, et le groupe des petits Diego-Garcia ou Chagos (dont la ] importante est occu^ par < colons de l'île de France), la île de Juan de Lisboa, dontPexi incertaine a été, jusqu'à ce joor,l(l des recherches de tant de aarigst et des travaux des phis grands gé phes et hydrographes, %à&^ii ville, Buache , d'Après et Horr*" Dans ce cas, nie Joan de serait, ainsi que les lies Ou^ sont situées entre les 4«8(ret?| de lat. sud et le 68«53' et 70» S^) lonff. est, serait comprise, dis-je,< les limites de notre Océaoie, et nie à la Malaisie avec le groopr^ Cliagos. Les îles Chagos ne pani^ être qu'un banc de madrépores, r verts d'une légère couche de lentf|
COLONIES OCiAJIlENKES FLUTOT HAUtlBS.
Nous avons dit dans notre général de l'Océcmie, que boos sidérions comme colonies océsDie ou plutôt malaies, en souTenirdi pie principal de la première et plus importante division de la é me partie du monde, et qui les i dées, t* Malekassar ( impropre nommée Madagascar), 3" la pn^F' de Malakka, et 3« Itle Tka ' que les Européens nomment /i
nBMiàiB €OL0ini-
ILB MALEKASSAR OU MADAiUSC**-
Nous ne donnerons pas id b ^ cription de ce riche pays; m« Jf Ç lerons ni de ses mœurs, ni <k j* histoire; cette tâche a été imj^^ soin par M. Charlier. Nous ■«»«* tenterons d'établir en ^^V^^Jl bitants de la grande île de Ma»** improprement nommée }Êii^9'^
OGÉANIE.
tn
ont en partie originaires de TOcéanie; it pour prouver ce fait, il ooas suffira l'établir l'analogie qui existe entre eurs laiïgues.
X^ numération en usage chez les Ma* als est employée avec une faible alté« wtion j>ar les-Malckasses.
Quoique le malekassan ressemble >lus à ta langue polynésienne qu'au Dalayou, toutefois elle offre les plus prands rapports de prononciation et néme de signification avec plusieurs aDgues océaniennes, et en particulier l?ec la langue malaie, surtout avec les lialectes javanais et timorien , par la construction des mots composés et dérivés.
En admettant le foyer primitif des peuples de TOcéanie , et en particulier ses Polynésiens , dans Ttle immense de K^alémantan ou Bornéo, chez les Dayas^ et principalement chez les Dayas marouts et idaans qui habitent le nord de cette grande terre , la difficulté principale serait levée; la langue malekas- Baue , ainsi que la polynésienne , dériverait de ce point centrai. Ainsi un grand peuple océanien se serait répandu d'un edte, de Kalémantan (Bornéo) à Vaihou (Ile de Pâques), qui se rapproche de rAmérique,c*est<-à-dire,deux mille cinq cent vingt lieues à Test; de Formose, (qui toucne aux empires japonais etchinois) ; et de Haouaï (îles Sandwich), au nord, jusqu'à l'extrémité de la Nouvelle-Zeeland , au sud , environ dix-huit cents lieues; et enfin de Kalémantan à Malekassar (Madagascar), c'està-4ire de quatorze cents neues à l'ouest, près du continent de FAfrique.
On conçoit sans peine que les révolutions , les migrations et le mélange des peuples, ont dû introduire des modifications plus ou moins grandes dans les langues. Nous pensons néanmoins
Î|ue la langue polynésienne vient de la angue daya , ainsi que le malekassan.
Disons un mot de l'origine des peuples malekasses. Ils sont partagés en trois races : la blanche, d'origne asiatique; la noire, qui vient des ifres et peut-être des Papouas; et l'olivâtre, qui est évidemment à nos jmxx la laoe daya* Les uaTigations des
Bouguis et des Mangkasalàrs, dans la Polynésie et la Mélanésie, ne doivent^ elles pas nous encourager à croire aux navigations bien plus fociles d'Anyer, et des côtes de Java ou de Soumâara, dans un des beaux ports de Malekassar (Madagascar)? Si les anciennes traditions des peuples de Kalémantan et de Malekassar nous étaient connues, l'énigme serait bientôt expliquée. Dételles recherches sont faites pour stimuler les voyageurs qui auraient le courage d'explorer l'intérieur de Kalémantan, et (Tétudier chez les Malekasses les origines de ces braves et intelligents insulanres.
DEUXlàXB COLOmB.
MALAKKA (MALACA.)
C'est une presqu'île de la péninsule transgangétique. Elle est située entre les 1<» 15' et 10» 35' de latitude nord, et les 100«40' et t03<» 20* de longitude est. Elle est séparée par une chaîne de hautes montagnes qui la divise en deux parties à peu près égales. Dans cette presqu'île, il faut nommer la province de Malakka qui appartient aux Anglais , et oui , avec les îles de Pînang et Singnapora , relèvent , depuis 1830, de la présidence de Calcutta (Bengale). Nous n'avons a parler que de la province. Elle est bornée au nord par l'État de Salengor, à Test par celui de Pahang , au sud-est par celui de Djohor , et au sud-ouest par le détroit de Malakka. La ville de ce nom , située sur une petite rivière et sur la cote occidentale de ce détroit, est gouvernée par un résident anglais, et est le siège d'un évéoue portugais, dépendant de l'archevêque de Goa , primat de l'Inde portugaise. Le fort nollaudais était détruit quond nous avons relâché dans cette triste rade : il gisait par le ^. m de latitude nord , et le 99** 54' 36" de longitude est. La vUie chinoise est située sur le bord opposé de la rivière. Malakka n'a pas de port, mais une assez grande raae : elle est fort décime de son ancienne splendeur; mais son climat est salubre. Outre les Malais, ony trouve un grand nombre de
Chinois et bon nombred'Hindous, quelques Portugais catholiques et protestants , des Hollandais et des Anglais.
On y a établi un collège anglais^diinois , qui possède une bibliotbèaue assez curieuse, et une imprimerie cninoiseet anglaise. Le détroit de Malakka est un canal qui sépare la presqu'île de Tile de Soumàdra (Sumatra). Ses limites sont depuis le t** 5' jusqu'au &^ 45' de latitude nord , et il a environ deux cent douze lieues de long sur soixante-dix dans sa plus grande largeur. On peut considérer le détroit de Sincapour ( Sinqh^apora) comme la queue orientale de celui de Malakka. Près de l'entrée de celui-ci est situé le fatal écueil de Pedra-Branca , sur lequel Fauteur a naufragé à bord du Dourado à son retour de Chine , et y a perdu ses précieuses collections,' le journal complet de ses voyages, et les manuscrits divers, résultat des travaux de sa vie entière. Nous ne parlerons pas des peuples des États de Malakka, qui n appartiennent pas à la race nialaie. Les Malais sont venus de la Malaisie pour s'étabh'r dans cette presqu'île, loin d'en être originaires. Ce peuple dont nous avons trouvé l'origine sur la côte occidentale de Kalémantan ou Bornéo , colonisa , dans des temps reculés . rtle de Soumàdra ( Sumatra ) , et établit un foyer remarquable de sa civilisation dans l'intérieur de cette tle , au pays de Menana-Karbouy entre les rivières de Palembang et de Siak , et répandit une longue prospérité dans cette grande terre. Les Malais durent, en partie, leur civilisation aux Télingas , aux Chinois et aux Arabes.
Vers Tan 1160 de l'ère vulgaire, un de leurs chefs, appelé Sri-Touri Bovr wanoy qui se prétendait issu à'Alexa/nr dre le Grandy vint s'établir, à la tête d'une colonie, sur la presau'ile opposée, dite Otgoung Tanahy qui prit alors le nom de Tanah malavou^ Terre malaise. Les nouveaux habitants furent nommés Orang debowah an^'inn (hommes de dessous le vent ). Ces émigrés, ayant fondé la ville de Singh'apora ( ville du lion ) , inspirèrent de fa jalousie aux princes de Miya»
pahit. Sri-Touri Bouirananonnti 1208. Iskander Chah, le trot de ses successeurs , pressé par troupes de Majapahit, après traisi de combats successifs, se rdin nord en 13&3, et alla fonder la ^ au'il appella Malakka y da oom du myroboUm^ fruit d'un aitre jours vert , qu'on fait sécher « la prune, à qui il ressemble pirb seur, et qui se trouve en a* dans les environs de cette Iskander Chah mourut en 1374.
Tels sont les seuls détails qoeT
S^ssède sur l'histoire générale alais. Nous ignorons jusqu'à point on peut ajouter foi à cette nologie , parce que la ville de Maj hit n^était oas encore fondée an zième siècle de l'ère dirétieuie, que, par conséquent, il y a un cbronisme dans leurs fastes.
Un fait positif, c'est qu'en Mohammed-Cbâli embrassa F me , etitendit son empire sur la .
suie et sur plusipirs fies adjaœoi
La langue malayou, une des la les plus étendues et une des plus monieuses du monde, est parlée^ toute sa perfection à Soumadnoà s'est perfectionnée ; mais c'est lemcnt dans le pays de Reddak'qo parle avec le plus decorrectiooetfi ment; c'est de là qu'elle a été tée dans la presqu'île de Malaikâ elle a conservé une assez grande pfl Les Malakkans emploient en oab*| numération des Malais, maisb est loin de s'étendre à toute cette trée. Déjà dans la région de la presqu'île , on ne parle phtf des vainqueurs , mais un gr»Ml bre d'idiomes d'une nature '^^
TBOISIÀMS COLOini»
ILE THAI-OUiUr OU FOaHOSB.
L'île Formose paraît avoir nçi* nom des Portugais les premiers d'esM les Européens, qui la connurent 1^ Chinois la nomment ThcA'ChÊ»^r^ signifie baie des hautes cimes. EJ^^ située au sud-est de la Chine, eolK* mer de Corée, le grand Ooéanetba*
ÛGEAMIE.
de Chine. Elle est séparée du continent Ters le nord-ouest, par le canal de son nom , large d'environ trente lieues , et est comprise entre 21» 55' et 25<> SO' de latitude nord, et entre 117» 53' et 1 19« 57' de longitude est. Elle est traversée du sud au nord par une chaîne de montagnes, nommée Ta-Chan ( grande mont<igné)j qui la divise naturellement en partie orientale et en partie occidentale.
rïous voyons dans les Lettres écUfiantes aue Tile Formose n'était pas connue des Chinois , avant 1430. C est une erreur, car nous trouvons dans plusieurs livres chinois, que sous les Han^ c'est-à-dire, un peu avant l'ère chrétienne, elle était comprise dans le Man^Ty, ou pays des barbares méridionaux.
Thaî-Ouan forme un département (fou) de la province de Fou-Kian, car elle est située en face de cette partie orientale de l'empire chinois. D'après le recensement fait dans tous les États du céleste empire (*), la dix-huitième année de Tempereur Kia-King, correspondant à Tannée 1813 de l'ère chrétienne, la population des indigènes de Thaî-Ouan, pour la partie chinoise seulement, était de 1748 individus (voy. la Statistique de l'empire chinois , par D. de Rienzi , dans la Revue des deux mondes , novembre 1831).
Quelques parties de cette tle ont appartenu aux Japonais , aux Portugais , aux Hollandais, et maintenant aux Chinois , qui en occupent la côte orientale : les indigènes indépendants possèdent le reste. Cette Ile a été longtemps l'objet de sanglantes contestations entre les Hollandais, les Portugais, les Japonais et les Chinois, et une insurrection y a éclaté naguère.
La partie de Formose appartenant aux Cninois, qui y ont un gouverneur et dix mille soldats, forme le district de la ville de Thaî-Ouan, qui , pour cette raison , peut être considérée comme le chef-Iieu de l'Ile entière, et qui mérite , par son climat , son sol et
(*) Nom que les Chinois donnent à leur pays-
87* lÂvraisan. (Ocbaios.) t. in.
ses productions , le doux nom de Formosa (belle) que lui donnèrent les Portugais.
Les habitants de cette fie semblent être un mélange de Chinois , de Malais et de Japonais. Nous en avons vu quelques-uns à Manila. Le Hollandais Valentin donne même à entendre qu'on trouve dans cette île des noirs d'une haute taille.
Nous n'avons pas à nous occuper id des Chinois ni des Japonais, mais seu* lement des Formosans d'origine malaise. Ceux-ci habitent des huttes de bambous : ils n^ont ni chaises , ni tables, ni lits, ni aucun meuble. Us couchent sur des feuilles d'arbre; leurs ustensiles sont en cuir de cerf; un fourneau de terre de deux pieds leur sert à faire la cuisine; leur nourriture ordinaire est le riz et le eibier qu'ils mandent à demi cru ; leur habillement consiste en une simple toile dont ils se couvrent depuis la ceinture jusqu'aux genoux, ce qui rappelle le sarong des Malais. Ils se noircissent les dents ^ portent des bracelets , et sont dans l'habitude de se tatouer. Leurs armes sont des flèches , des arcs , des javelots. Ils sont d'une agilité surprenante, au point qu'ils courent le cerf euxmêmes et l'attrapent vivant. Les Chinois , pour expliquer cette agilité , prétenclent qu'ils se serrent les genoux et les hanches jusqu'à l'âge de quinze ans. Les marins de Vempire du centre (*)> les sujets du>S/< du ciel{**)t les accusent d'anthropophagie.
Leurs chefs sont aes vieillards qui gouvernent chaque village d'une manière patriarcale. Ils récompensent les chasseurs adroits, punissent les criminels, et ont seuls le droit d'autoriser le tatouage, ce qui prouve que le tatouage à Formose est une distinction comme dans les îles polynésiennes , et qu'il caractérise le mérite des individus. Le teint et la conformation des Formosans rappellent entièrement lecaractère physionomique des Bouguis et des Po-
(*) Ou efu milieu; on désigne tinsi l'empire chinois.
(**) Tïtte des monarques chinois.
fiT8
lynésiens , et inous les croyons issus de oes peuples. Enûn leur langue, à la-
auelle^on donne le nom de sidéîan ou [laî-ouan ou formosan, dérive également du malayou et du polynésien. La numération de ce peuple est, à peu de
chose près, la même que celle des Malais.
CONCLUSION OB L'OUTBAGB» NT RÉSUMÉ DBS DÉCOUVERTES ET TRAVAUX Dfi L'AUTEUR SUR L'OCÉANIB.
Nous avons enfin achevé notre ouvrage de VOcéarUey en trois énormes Tolumes (formant la valeur de douze Tolumes in-8* ordinaire, et contenant trois cent quatre gravures , plusieurs cartes géographiques, morceaux de musique, tableaux polyglottes , inscriptions, etc.), et nous 1 avons traité avec toute l'exactitude dont nous sommes capable. Grâce à nos vo} âges (*) et à
(*) Toici la rectification de quelques erreurs insérées à ce sujet dans plusieurs écrits. Le Yoyage pittoresque autour da monde , après avoir cité quelquefois Tauieur de VOeéanie, dit: M' G. L. Domenj de Rienzi, célèbre voyageur, auteur de VOcéanîe, est Italien : c'est une erreur, M. de Rienzi est Français , d'origine roinaine.Trois journaux l'ont confondu avec M. Dereuzy, auteur irlandais, et MM. de Rencey et du Raincy, Français ; la France lilléraire de M. Quérard et TAlmanach royal Tout aussi confondu mal à propos avec M. À. Renzi , Italien , auteur d'une brochure sur Spartacus , d'une Botice sur M. Salfi, et membre de l'institut historique, ainsi que lui. Hélas! M. D. de Rienzi est le seul aujourd'hui qui porte ce nom et qui descende directement da Tribun, ainsi qu'il consle par les généalogies italiennes et françaises , les biographies Boiijolin, Michaud, Sarrut et Saini-EUme, l'Uisioire dltalie depuis Constantin , et tant d'autres ouvrages. \a savant M. Huot a reproché a son ami M. de Rienzi deux erreurs dans les notes des pages 9 et 7 5 de 5on XII* .volume du précis de géographie de Malte-Bnm : ce sont des erreurs typographiques de deux chiffres qui sont reclifiéet dans l'errata du III* vol. de TOcréanie. Plusieurs écrits français et étrangers, entre «litrei U Pihie de 18 19, XÂristar<jue de zSaOy et la Revue des deux mondes,novembre z85Zy loi ont prêté plus de voyages qu'il
nos recherches , et surtout à odlei 4»
voyageurs , navigateurs, hydrogn^
n*en a lait : il répudie tout œ ijm etti delà de la vérité. Il n'a pas paicouraoentiiif mille lieues sur mer et sur terre, ém ^ l'a avancé trop légèrement : ua siiiènek moins suivrait encore. Il a passé ù bi la ligue , 'sept fois le tropique da Caoet et deux fois celui du Capnooroe; nui n'a pas dépassé en Océaute le li'Iitiil et le i36^ long, est ; en Amérique le lei* long, ouest et le 8» lai. sud ; le iS** htoo^ dans l'Asie occidentale ; le 35« bL n^ it l'Afrique , et le 6o« lat. nord «1 ïxm (îles Shetland). Mais la France litténot» M. C. Malo a commis une erreur t^pçiphique à son sujet: au tome IT, p. 6io, ■ lieu de la Nouvelle-Hollande, fl fautlïRk Nouvelle-Galles du Sud.
L'auteur de VOcéaitie doit en ooti* net mer ici contre les trois ouvrages intituls: Le Petitpropkète , Mon (Ubut et Téiemà la France, qu'on a imprimés sons md ko, mais loin de lui , et qui, sauf qadqoeipa^ ne çputienuent que des choses qui k ta appartiennent pas, et dont pliikienn ib&i fort opposées à ses opinions. Enfin i) rédat contre quelques articles du Sin^apon Cé«nicle sur la chronologie, les hieroglvpb^^ l'Egypte et les inscriptions cunéiforfie A la Perse, qui ont paru sous le titre de /'A* logical and ontntal Rtsearches. Le traducteur qui les Si passer du francs n anglais, y introduisit pieusement et{)vi^ gligence un titre et quelques erreun fi ne se trouvent pas dans le texte onsiv de Mr D. de Rienzi. Il a à se plaiAc aussi de quelques erreurs à son t^ ^ l'avis et réclamation d'un naufr^^^ deux épitres à lui adressées par BiL I^nii
d'Holbensey etM. labbéB M"^
notes de son Coup et eût sur tEuro^i^ le British monitor, dans le journal/*^ tîtution de x 83o (n» aa r ) , dans deux on ^ gazelles de l'île Bourbon, dans U S<f^ lUte, a5 septembre 1 83a, elcLeNobilisJrt* France (S.A.) a mis dans les armes deia*»*"* un glaive en pal ; il faut lire un fak^ao en» brochant sur les clefs ; enfin la Bioflaphi^dtf hommes vivants de MM. iIichaua,conl»»
une erreur au sujet de l'auteur del'Oc/tf* En revanche, plusieurs recueils ont on»* de mentionner le Fragment de rhist»**»
de l'origine et des mœurs des peuple * l'Asie centrale et de ceux des îles 4e '■ "^ du Sud , brochure qu'il a publiée à Ok^t
OCÉANIE
éft
«t géo^a[>be8 qui nous ont précédé, «a qui suivent aujourd'hui la même carrière que nous , nous avons con- «iuit nos lecteurs aux côtes de l'Afrique, sur le continent de TAsie, près de cet empire chinois qui fixera long- 'temps l'attention des savants , et non loin de la côte occidentale de TAmérique; de là à nos antipodes et jus* qu'aux îles les plus reculées des mers Toisines du pôle austral , empire des glaces, du deuil et de la mort. Les colonies des Européens dans TOcéanie, les colonies même des Océaniens ont été l'objet de nos observations. ]Nous avons décrit dans les moindres détails les mœurs étranges, les coutumes peu ou point connues de tant de nations et de peuplades plus ou moins civilisées,.
plus ou moins sauvages. Nous avons traité, en outre, l'histoire naturelle, les langues, la religion,et même la musique et la poésie des principaux peuples de cet contrées. Enun nous avons cherché à épuiser notre sujet , de manière que cet ouvrage tint lieu de tous les livres oui existent sur les diverses parties de 1 Océan le. Nous avons fait connaître un
§rand nombre d'îles dans Tarchipel de ouiong (Sooloo), oi^ nous en avons dé-
sa dînertation sur Marco- Polo ; son Fragment d*un vojage dans le Caucase, imprimé dans le Mercure de France 1819; ua 'Fragment du plan d'organisation de l'armée grecque , fait sur 1 invitation du Youlevtikon en zSaa, lorsque M. de Kienzi commandait rartillcrie d'Athènes en qualité de général; un écrit en faveur des hommes de couleur libres de Tile Bourbon dont il était député ; sa Statistiaue de la Chine , et un grand nombre d articles sur la géographie, les langues, la littérature, les religions, les hommes illustres de rOrient, de TOcéanie, de l'Italie et de la France, sur les hiéroglyphes de l'Egypte et da Mexique, les inscriptions cunéiformes de la Perse , de l'Arménie et de la Syrie, «nll a insérés dans YEnerclopédie des gens mu monde, VEnerclopédie du xg' siècle, V Encyclopédie des connaissances utiles, la Revue encyclopédique, le Journal de t Institut historique, etc. Maintenant M* de Rienzi, fatigué du monde , retiré dans sa maisonnette et son jardin , \it dans la solitude au milieu de Paris.
couvert trois , doht uae porte notn nom. Aucun Toyageur, avant ^qoos^ n'avait distingué les deux races'noirei de la Mélanésie, ni décrit quatre Tarîétés d*hommes ijue nous avons trouvée!
dans la Maiaisie. Aaeun n'avait décrit les merveilles de la mer de la Microné* sie et de la mer des Moluques. Nom avons nommé et classé les divisions et subdivisions de l'Océanie entière , et spécialement quelques archipels et an bon nombre de groupes d lies de It Polynésie. Nous osons dire qu'il nous a fallu refaire en partie la géographie et Tethnograpiiie de TOcéanie, où Ton trouvait tant d'erreurs et d'incertitudes ;et, bien que nous ayons peu employé le moi , nous avons le pre«' mier décrit, dans notre ouvrage, une
Sartie de Célèbes , des Philippmes , et u nord de l'tle Bornéo , iwe partie de son histoire naturelle, son orang« houtan,et lesTzen^aris ou Bohémiens, ainsi que leu« origine , et celle de toutes les races d*hommes de l'Océanie C|ue nous avons placées dans cette tlé ioîportante. C'est encore à nous qu'où doit la première description qui ait paru de quelques points des îles de Fanay, de Maïndanao et de la Nouvelle* Guinée , d'une partie de la terre d'Arnheim en Australie, des Iles Péliou et Gouap,dans l'archipel des Garolinea»
etc. Nous avons dû , en quelque sorte, prendre date et rappeler nos découvertes et nos travaux les plus importants, à la sollicitation de nos véritables amis , à une époque où tant de compilateurs éhontés nous copient et nous : pillent, sans daigner nous nommer.
Nos lecteurs , après avoir lu attentivement cette Revue géographique et ethnoaraphique de (Océanie, pomr laquelle nous avons suivi , autant qucr possible, un plan neuf et encyclopédie, que , au moyen des points de compft- ' raison que nous avons établis entre lesdivers peuples, et que nous avons empruntés à nos propres voyages en Ooéente , en Orient , dans les cinq parties ' du monde ( auxcjuels nous avons cou-/ sacré près de vingt-deux ans de notre > vie), nos lecteurs , dis-je, auront parcouru non-seulement cette OcéanieiS
oette cinquième partie de notre ^obe qui en est la moins connue , et (]ui à aie seule forme plus de la moitié de sa surface , mais encore tous les pays
2ui ont quelques rapports avec elle.
1 nous reste seulement à invoquer leur indulgence pour les erreurs , les omissions , les répétitions et les taches qui peuvent déparer ce long ouvrage , que le naufrage (*) de Tauteur Ta empêché de rendre plus digne du public.
L'errata général qui suit , en corrigera une partie ; mais, malgré nos efforts, les taches sont inséparables d*un travail réellement immense et au-dessus de nos forces. Toutefois cet ouvrage, qui manquait à la science , sera tou fours utile. Aussi nous pensons avoir quelque droit à Pindulgence par notre ardeur à rechercher la vérité à travers tant de périls, de souf-
(*) Les détaiU les plus exacts sur les voyages, sur le naufrage de Pauteur à bord du brick O Douradv (naufrage qui Ta ruiné), ainsi que sur le monument qu'il a élevé en Chine au grand Camoens, et sur quelques-unes de ses découvertes et sur ses travaux , se trouvent dans les journaux de Tlnde et le Singapore Chrorùcie , février 1829, la Gazette de l'de Bourbon, et le Journal général de l'île de France, février et mars i83o, le Précis de géographie de Malte - Brun" Muot, tome XII, le Foleur , i83o, les Bulletins de la société de géographie, le Journal de la société asiatiaue , lAiètolo-' giadi Firenze, le Congrès historique eurO' péen de iS35, Sihio ou le Boudoir, Réponse de l'auteur à M. le marauis de Fortia, sur une question importante Je manuscrits et d'inscriptions antiques (deuxième édition, la seule exacte et complète) , t/ie ^siatic journal, the American review, une Bévue germanique de Berlin , r Ermite en province , t. III , la Revue des deux mondes, novembre x83x, la Biographie universelle des contemporains, par A.Rabbe, Boisjolin et Sainte-Preuve (sauf un ou deux mots) , et sm'tout dans la Biographie des hommes du Jour, t II , p. 37 1 , 379 , etc. , article Rienzi, sauf quelques légères inexactitudes et des éloges trop grands pour ses faibles mérites.
frances et de dévonement pont k science et pour notre patrie; (ôrnolxe impartialité et notre empressement 1 louer les découvertes et les traTioi importants de nos devanders, de nos contemporains et métne de nos adnisaires; enGn par le« soins coosdeficieux gue nous avons mis à obUÉr les suffrages des hommes justes et éclairés. ÎNous regrettons seuleœiit que M. D. d'Urvifie ait été Mit * quitter Paris, lorsque ses avisetsesniseignenients nous auraient été fort utiles ; mais en revanche nous avons i| beaucoup à ses écrits. Nous avoos éé remercie et nous remercions encore, i cette occasion f MM. A. Balbi, IM lardière, Klaproth, Malte- Brun, JJ.
N. Huot. J. Maccarthy, Courtetidi risle), auteur de la Science politiçi fondée sur la science de l'homoK, M-k comte Ch. de Y idua que nous avoosrw en Océanie, et M. l'abbé Baroudel,wflérable prêtre des Missions étrangers, maintenant à Paris et avec qui oM avons vécu quelque temps en QùiKt MM. le prince de Santa-Croce, le œaquis de Fortia , le marquis de Sainlfr Croix , lord Heber, évéque de Calcutta, MM.Adains, Madison, Bentham^IÂ Rieter, Fea , Perdicari , Visconti, M* Dionigi, MM. Foscolo, MelendezValdès, deZea, Sarrut , Cuvicr,Sièves,û' gène Robertson.Saucerotte, B' AliW A. Rémusat , le docteur V. Godeôx*, que nous avons connu en Océanien qui maintenant habite Paris«d'AveaC| M . Lafon, de Sigoyer , Montémoot, 1.
Hamilton, etc.; nous remercions, dt^ ces voyageurs , ces savants et c^ffj* dits, tous ces hommes si distingu^^ éloges qu'ils nous ont accorars,<KS preuves d'amitié que la plupart W* ont données, et de rhonneurqwpû* sieurs d'entre eux nous ont ait, ^ citant notre opinion ou notre ou^ra^ ou en nous empruntant un bon no»"* bre de pages. Nous remercions «* nos bienveillans traducteurs àtïOà^ nie , italiens et allemands.