‹ L'UniversChapitre 34 sur 42 · SIG · texte numérisé non relu

SIG

Grèce des colonies égyptiennes de Danaus.

Rhamsès-Méiamoun fut le quatrième de ce non) ; depuis qu’il avait été illustré par le plus glorieux des règnes, celui de Rhamsès le Grand , ce nom fut adopté par les rois thébains qui lui succédèrent.

Aucun autre édifice de l’Égypte n'éale en étendue le gigantesque palais e Médinet-Habou (Tnèbes), élevé par le roi Rhamsès-Méiamoun. Le lecteur a déjà eu sous ses yeux la description de quelques parties de cette merveilleuse construction (voy. supra, pages 58, 59, 155 à 158, et 241). Autour de ce grand monument s’étaient groupés les édifices élevés par des rois postérieurs : les siècles s'y étaient groupés aussi , et les arts y trouvent retracée toute leur histoire dans une réunion d’ouvrages d’époques très -diverses, comme le sont , sur le même sol et dans un espace circonscrit , un temple de l’époque pharaonique la plus brillante ; un immense palais de la période des conquêtes; un édifice de la première décadence sous l'invasion éthiopienne; une chapelle élevée par un des princes qui avaient secoué le joug des Perses; un propylon de la dynastie grecque; des propylées de l’époque romaine , et , comme pour réunir les deux points extrêmes de cette chaîne chronologique , dans une des cours du palais pharaonique , des colonnes qui jadis soutenaient le faîte d’une église chrétienne; ajoutons à tant de confusions de temps et de noms, que les propylées élevés par l’empereur Antonin , "et les propylons de Ptolémée - Soter II , sont construits avec les débris retournés du palais de Sésostris, démoli par les Perses, et que le nom du roi éthiopien Taraka y a été martelé par l’ordre du Pharaon Ncctanèbe : ainsi les nations et les hommes s'y sont successivement éliminés :

éphémères triomphes dont un peu de temps montre toute la misère !

Les plus anciennes constructions de Médinet-Habou remontent au règne de Thouthmosis I". Mœris fit exécuter la plus grande partie des décora-

tions ; mais toutes les sculptures des façades supérieures , sud et nord , furent ordonnées par Rhamsès-Méiamoun ; et il paraît que ce roi se proposa , par ces travaux , de lier le temple de Mcrris avec le grand palais dont il couvrit la butte de Médinet-Habou.

Ces scènes nombreuses , civiles , militaires et religieuses , tableaux où l’histoire égyptienne est écrite à grands traits et’ se manifeste à tous les yeux , ont été décrites dans les sections où la variété de leurs sujets avait marqué leurs places.

C’est aussi à ces admirables tableaux qu'on doit rapporter ce passage des Annales de Tacite (liv. u ch. GO).

* Germanicus se rendit en Égypte pour en examiner les antiquités... De Canope il arriva bientôt à Thèbes , et en contempla les immenses vestiges :

des inscriptions en caractères égyptiens, gravées sur de grands édifices, rappelaient l'ancienne opulence de l’Égypte. Il en demanda l'interprétation a l'un des anciens parmi les prêtres, qui lui dit « que ces inscriptions annonçaient que l’Égypte avait eu autrefois sept cent mille hommes en état de porter les armes ; que le roi Rhamsès , à la tête de cette armée , avait subjugué la Libye, l’Éthiopie, les Mèdes, les Perses , la Bactriane et la Scythie , et tenu sous sa domination l’Arménie, la Cappadoce qui en est voisine, ainsi que la Bitnynie d’un côté et la Lycie de l’autre, sur les deux mers. On y lisait, dans l’état des tributs imposés à ces nations, le poids en or et en argent, le nombre d’armes et de chevaux , la quautité d’ivoire et de parfums pour les temples , celle des grains et autres objets que chacune d’elles devait payer , et ces tributs égalaient ceux qui sont imposés aujourd’hui ou par les armes des Parthes ou par la puissance romaine. »

Germanicus, ajoute Tacite, vit aussi d'autres merveilles , la statue de Memnon , les Pyramides , le lac (Mœris) et les canaux, réceptacles des superfluités du Nil ; enfin Éléphantine et

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Svènc, limites alors de Pempire romain ; et ces merveilles de l'Égypte du temps de Gerinanicus excitent encore , apres dix -neuf siècles, l’admiration des peuples modernes: privilège à toujours assuré aux chefs-d’œuvre de la pensée et à ceux des beaux-arts.

I.a construction de l'incomparable édifice de Médinet-Habou fut dirigée par le basilico-grammate Phori; cet officier en a consigné le souvenir dans une des inscriptions religieuses du spéos de Silsilis. Trois autres inscriptions en caractères sacerdotaux, tracées dans ce même lieu , annoncent que le même officier s’est rendu à Silsilis au mois de paschom , de la S' année du règne de Rhamsès-Méiamoun ; il venait diriger l’exploitation dos carrières pour les constructions de Médinet-Habou. Dans un grand bas-relief du même spéos , le roi lui- même fait ses adorations au dieu Phtba et à la déesse Pascht ( Bubastis Enfin une grande stèle représente ce même Pharaon adorant les dieux de Silsilis ; et ce monument fut exécuté par l’ordre du basilico - grammate Phori , qui prend les qualités de surintendant des bâtiments de Rhamsès- Méiamoun, intendant de tous les palais du roi en Égypte, et chargé de la construction du temple de Pliré, bâti à Memphis par le Pharaon.

H existe aussi quelques traces d’édifices élevés par le même prince non loin du Rhamesséum de Sésostris , à Louqsor; et à Kourna, une inscription royale où son nom est tracé ; à Karnac , il est écrit sur un autre temple. Il existe encore à Qous , l’ancienne Apollinopolis-Parva , les restes d’une stele datee du 1" paoni , de la 16* année du règne de ce Rhamsès , et relative à son retour d'une expédition militaire : il conduit des captifs dont il va faire hommage aux dieux. Enfin on remarque parmi les papyrus du musée de Turin , des actes portant des dates des années 6 , 10 et 24 du règne de Méiamoun. Ce prince fut un des plus illustres; il ut de vastes conquêtes en Asie , et ses grandes actions ont fait quelquefois confondre les cir-

constances de son histoire arec celles de la vie de Sésostris : ce que l’antiquité a rapporté de l’un et de l’autre les place egalement au premier rang parmi les plus grands hommes des premiers temps.

Le tombeau de Rhamsès-Méiamoun est le plus grand et le plus magnifiquement orné des tombeaux qui existent encore dans la vallée de Biban-el- Molouk ; mais aujourd'hui le temps ou la fumée a terni l’éclat des couleurs qui le recouvrent; il est remarquable aussi d’ailleurs par huit petites salles percées latéralement dans le massif des parois du 1" et du 1* corridor , cabinets ornés de sculptures du plus haut intérêt. L’un de ces petits boudoirs contient, entre autres choses, la leprésentation des travaux de la cuisine; un autre celle des meubles les plus riches et les plus somptueux ; un troisième un arsenal complet d’armes de toute espèce et d’insignes militaires des légions égyptiennes : ailleurs on a sculpte les barques et les canges royales avec toutes leurs décorations. L’un d'eux aussi nous montre le tableau symbolique de l’année égyptienne, figurée par six images du Nil et six images de l’Égypte personnifiée, alternées , une pour chaque mois et portant les productions particulières a la division de l'année que ces images représentent. Dans l’un de ces jolis réduits sont les deux fameux joueurs de harpe copiés par tous les voyageurs.

D’anciens Grecs visitant ce tombeau, y ont gravé sur les murs leurs noms et les motifs de leur visite : c’est ce qu’attestent plusieurs anciennes inscriptions grecques encore subsistantes dans ce tombeau.

Son entrée est à ciel ouvert sans sculptures , et à l’extrémité de ce couloir le plafond est soutenu , à son origine , par quatre piliers à tête de taureau, de face, en demi -relief et peintes. Quelques plafonds sont peints en bleu et parsemés d’étoiles blanches; des inscriptions sont tracées en bleu sur un fond jaune; le.» scènes religieuses y sont variées et nombreuses; la longue durée du règne de ce roi permit

de compléter et d'orner sa dernière demeure.

Cette vaste catacombe a donné lieu à une observation singulière. Elle a été levée par des ingénieurs de l'expédition d'Égypte, et Cliampollion le jeune en a reconnu un plan antique parmi les papyrus du musée de Turin. Voici la relation de ce fait unique dans les annales de l'archéologie :

« J’ai remarqué parmi tous ccs papyrus des fragments chargés de lignes tracées dans diverses directions; je n'en voyais pas d’abord le sujet. Apres avoir rapproché tous les morceaux , qui font une grande feuille de plus de deux pieds , j'y ai reconnu sans nul doute le plan lacé d’une catacombe royale; le revers est presque entièrement écrit, le dessin est tres-proprement fait, et l’on y distingue quelques repentirs d’une couleur tres-pàle , comme avec un crayon de plomb. Cette catacombe est celle du roi Rhamsès-Méiamoun, et en voici la preuve. le commission d’Égypte a levé le plan de plusieurs tombeaux, et l’un de ceux qu’elle a publies se rapporte exactement avec celui que dorme ce papyrus; c’est le cinquième de Biban-el-Molouk, à l’ouest de Thèbes, et les bas-reliefs de ce tombeau offrent un grand nombre de fois le nom de ce Rhamsès-Méiamoun; de plus, on sait en Angleterre que des inscriptions grecques tracées sur les parois de cette catacombe annoncent que diverses personnes sont venues visiter ce tombeau de Rhamsès-Méiamoun; enfin la grande salle du plan sur papyrus présente le dessin à vol d’oiseau" d’un sarcophage très- bien peint en granit rose ; le couvercle est orné de trois personnages portant des attributs divers: et c’est encore là tout juste la forme, par In pose, les proportions et les détails, du couvercle en granit rose aussi , tiré de ce même cinquième tombeau de l’ouest, rapporté par Belzoni , et qui porte en effet les noms et prénoms de ce Rhamsès- Méiamoun. Le rapprochement du plan sur papyrus avec celui de la commission d’Egypte, offrira quelques observations qui ne seront pas sans intérêt.

Il rst remarquable que les contours de la montagne, indiqués sur les deux plans, se rapportent encore parfaitement; et ce qui mérite encore plus d'attention, c'est que chaque couloir, chaque chambre du plan sur papyrus porte une inscription hiératique , suivie de chiffres donnant des nombres trèsvariés : ce sont là sans doute les dimensions de chaque partie de l’excavation royale, et fa commission ayant levé ces mêmes détails exprimés en mètres, on a ainsi un nouvel élément de la grande question des mesures égyptiennes. »

Mais quelque intérêt gue présente cet antique dessin , le lecteur en accordera encore davantage au sarcophage même de Rhamsès-Méiamoun, qui est aujourd'hui un des ornements du musée égyptien du Louvre : il y est entré avec 1a collection Sait, dont il faisait partie. C’est un magnifique monolithe en granit rose, de sept pieds de hauteur sur quatorze de longueur , d’une largeur proportionnée, creusé pour recevoir la momie royale enfermée dans plusieurs riches cercueils, et couvert de sculptures sur toutes scs surfaces intérieures et extérieures. Le couvercle de ce beau sarcophage, en granit rose également , était aussi orné de sculptures et d'inscriptions ; trois figures en bas-relief occupaient la partie supérieure ; le nom du roi est souvent répété sur toutes les parties du monument. Le sarcophage est à Paris et le couvercle en Angleterre; il appartient à l'université de Cambridge. Il ne reste aucune trace de la momie du roi; son tombeau est de ceux qui ont été ouverts très-ancicnncment. Le musée du Louvre possède aussi plusieurs figurines funéraires du meme roi; elles sont en granit rose, en bois peiut ou en bronze.

KhamsèsIVMéiamounmourut après un règne de cinquante-cinq ans. Sa femme se nommait Isis; elle lui survécut. Le tombeau de cette reine fut l'effet de la pieuse attention de son fils ainé

Ce prince se nomma aussi Rhamsès (le cinquième decc nom); il succéda a

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son père vers l'année 1419 avant l’ère chrétienne.

Khamsès IV avait laissé une nombreuse lignée : elle est, on peut dire, régulièrement enregistrée dans le temple de Médinet-Habou. On a déjà vu (page 157) la mention des tableaux où les dix (ils du roi sont figurés en pied, en costume de prince (voy. pl. 25, n»3), dans leur ordre de primogéniture, et les inscriptions qui accompagnent ces figures coloriées indiquent les noms et les qualités de chacun de ces princes au nombre de dix.

( .est sur ces précieux tableaux que reposent toutes les certitudes de l'histoire a l'égard de la descendance et de la succession royale de Khamsès IV, à l’égard même dé la XIX” dynastie tout entière. I.es listes des abréviateurs de Manéthon contiennent pour cette époque peu de renseignements intelligibles. I.es tableaux de Médinet-Habou y suppléent avec une incontestable autorité : il suffira de les décrire pour en donner au lecteur l'intime conviction.

Il est en effet arrivé pour le fils de Rhamsès IV ce qui s’était passé pour le fils de Rbamsès III. Ce fils fut le treizième de ses enfants, celui qui , par le hasard des événements, succéda au roi son père; il était figuré à son rang, dans le tableau des vingt-trois fils de Sésostris; et, lorsqu'il eut été appelé au trône, on le signala dans ce même tableau , en changeant son costume de prince en habit royal, en gravant à côté de son nom de famille le cartouche qu’il adopta quand il fut roi. On en a agi de même à l’égard des fils de Rhamsès IV; à côté du nom et de la figure de chacun des quatre premiers, on a gravé un cartouche royal prénom ou nom propre, parce que ces quatre fils occupèrent successivement le trône après la mort de leur père. Sur les six rois qui composèrent la XIX' dynastie, les tables de Médinet-Habou en nomment ainsi cinq à l’histoire.

Le règne du fils aîné, qui est le Rhamsès V de nos listes, fut long, mais il en reste peu de souvenirs historiques. Son cartouche-prénom , soleil gardien de la vérité, approuvé

par Amman, suivi du cartouche nom propre Rhamsès, et accompagnés de quelques titres particuliers, tels que ceux de semblable au soleil pour toujours, modérateur de ta vérité, se lit encore sur quelques monuments, sur une porte votive en bois de sycomore, l’une des plus belles pièces du musée de Turin; sur des stèles déposées dans d'autres musées; dans les inscriptions du temple de Clinouphis à F.lephantine; sur quelques parties de Karnac.

Ce roi figure aussi , n’étant encore que prince, dans les pompes triomphales de son pere à Médinet-Habou. La figure de Rhamsès V se voit dans la salle hvpostyle de Karnac, dans les bas-relîefs dés grandes colonnes; il y est représenté en pied , faisant à Amon- Ra l'offrande de son propre prénom royal : seigneur gardien de la vérité.

'Le tombeau de Rhamsès V a été reconnu dans la vallée de Biban-el-Molouk ; il est un des plus complets, des plus riches ( preuve évidente de la longue durée du règne de ce roi ) , et nous en avons donné la description détaillée, pages 5t à 54, au treizième paragraphe relatif à l’état de la famille royale. Cest dans ce tombeau que se trouve la confession négative à laquelle l'âme était soumise eh présence des ministres de Dieu. On y voit aussi, parmi les scènes symboliques relatives à la marclie du soleil dans les deux hémisphères, image de la vie de l'homme, à la seconde heure, apparaître les âmes des rois, ayant à leur tête celle de Rhamsès V lui-même, allant au-devant de la barl, ou barque sacrée de Dieu, pour adorer sa lumière: et aux quatrième, cinquième et sixième heures , le même Pharaon prendre part aux travaux des dieux, qui font la guerre au grand serpent Apophis caché dans les eaux de l'Océan. C’est aussi parmi ces peintures qu’on reconnaît un tableau des constellations et de leurs influences, pour toutes les heures de chaque mois de l’année, sur les diverses parties du corps humain ui étaient placées dans leur dépenance.

Le tombeau de Rhamsès V est un

des plus complets de tous ceux qui existent dans la vallée de Biban-el- Molouk et dans la vallée de l'ouest : il est comme un type auquel on peut comparer tous les autres.

Les listes de Manéthon donnent à ce second roi de la XIXe dynastie plus de soixante ans de règne. Ce fut lui qui assura à sa mère les honneurs d'un tombeau royal. Il faut conclure de la longue duree de son règne qu’il naquit |>eu d’années avant la mort ae son père Rhamsès-Méiamoun, et qu’Isis, sa mère, ne fut peut-être pas la première femme de ce roi : elle lui survécut. Le nom de son mari ne se lit pas dans son tombeau ; on n'y trouve que celui de son fils Rhamsès'V.

Dans les listes de Manéthon déjà publiées, le successeur de Rhamsès- Mciamoun est nommé Rapsis ou Rapsakes; mais un manuscrit de la bibliothèque royale le nomme positivement Rhamsès, et ce manuscrit est d'accord avec les monuments : c'est le Rhamsès V de nos listes. Il eut pour successeur un autre prince du même nom , qui fut Rhamsès VI.

Frère du précédent et second fils de Méiamoun, il parvint à la couronne vers l’année 1 368 avant l’ère chrétienne.

Rapproché des listes de Manéthon, le tableau des dix fils de Méiamoun, dont les quatre premiers portèrent successivement la couronne, ne peut point être mis d'accord avec ces listes. Elles donnent, en effet, soixante et une années au règne du fils aîné, quatrevingt-cinq ans à celui des trois autres freres suivants , et il en résulterait que le dernier aurait cessé de vivre et de régner cent quarante-six ans après la mort de leur père commun. Il y a doue du désordre et des erreurs dans la série des noms et dans les chiffres des listes qui nous sont venus des copistes de Manéthon , et l'ordre naturel de la vie des hommes y commande de sensibles rectifications. En le prenant pour règle, sans trop nous écarter des chiffres consignés dans la diversité de ces listes, et accordant au tils aîné, Rhamsès V, soixante et un ans de règne, vingt ans au second , cinq ans au troi-

sième et autant au quatrième, il en résulterait que la mort du dernier serait arrivée quatre-vingt-onze ans après celle du père, mort à ï'àge de soixante ans, ce qui ne suppose pas au dernier de ses hls une longévité extraordinaire; il faudrait aussi porter le règne du dernier roi de cette dynastie à quarante-huit ans. Mais les autorités nous manquent pour accréditer ce système, quelque conforme qu'il soit aux prescriptions de l'histoire , dont la véracité, quand il s'agit de l'homme , ne peut se fonder sur des exceptions aux lois générales de la nature.

Dans cet ensemble de doutes, nous n’avons à indiquer ici que les noms des successeurs de Rhamsès V; les trois premiers furent ses frères, et portèrent aussi le nom de Rhamsès, et ce sont les VIe, Vil* et Vlir de ce nom. Leur successeur, le sixième roi de la XIX' dynastie, fut aussi un Rliamsès (Rhamsès IX); il s'appela Thoiloris, selon les listes de Manéthon.

Il nous reste peu de monuments du règne de Rhamsès VI. Avant qu’il fût roi , il remplit les fonctions de atblophore à la gauche du roi, basilicogrammate commandant de cavalerie, ajoutant à l’indication de ces charges militaires les titres de fils du roi , enfant de son germe et le chérissant.

Son prénom royal signifiait soleil gardien de vérité, ami d’Ainmon. On le trouve au-dessus d’une porte, dans la deuxième cour du palais de Karnac, à Thèbes, sur les débris d’un obélisque, sur la fleur de lotus qui surmonte un sceptre appartenant au cabinet du roi , à Paris, sur une stèle de Sabout-el- Kadim , et très-fréquemment dans son propre tombeau.

Ce tombeau existe dans la vallée des rois , à Biban-el-Molouk ; son entrée est à ciel ouvert; il est creusé à une petite hauteur au-dessus du fond de la vallée, dans une masse calcaire d’une couleur jaunâtre. Ce tombeau est un des plus conservés; les peintures abondent en sujets astronomiques religieux : les courses du soleil , les heures au jour et de la nuit, les luttes contre

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tK redout.-ible Apophis, des bibles de lever et d'influence des constellations , des scènes de métempsycoses, des litanies en l’honneur du roi, la félicité des bons , les châtiments des méchants , y sont figurés en des tableaux multipliés, qui ne permettent pas de refuser au règne de ce roi une durée approchant de celle qui nous a paru comme indiquée par les considérations précédemment exposées.

Rhamsès VII fut le quatrième roi de la XIX* dynastie; ce rang lui est assigné par le tableau de la famille de Rhamsès IV, à Médinct-Habou. A u troisième de ses fils est en effet affecté le cartouche-prénom qui signifie soleil gardien de vérité, chéri d'Ammon et approuvé par le soleil. Ce cartouclveprénom était constamment uni au nom propre Rbamsés, divin modérateur, ui se lit auprès de la figure en pied e ee même prince dans ce tableau.

Ce Rhamsès est inscrit au même rang et sous ce même nom dans les listes de Manéthon.

Le tombeau de ce roi est presque le seul monument qui nous reste de sa vie et de son régne. Il est creusé dans le flanc des montagnes de Biban-el- Molouk, non loin de celui de son frère Rhamsès VI : c’est le premier qu’on rencontre en venant de Kourna; il est a gauche, au fond d’un petit vallon.

Son avenue est à ciel ouvert, d'une largeur remarquable ; elle avait été stuquée avec soin. L’inscription tracée sur le listel qui surmonte le bandeau de l’entrée contient deux fois le prénom royal et le nom propre du roi, dans deux cartouches tels que ceux qui viennent d’être décrits. L’étendard royal orne les jambages de la porte; mais cette inscription est peinte et coloriée, et non sculptée, premier indice du court règne de ce roi. Les tableaux qui décorent cette catacombe sont, pour la plupart , semblables à ceux du tombeau de Rhamsès V. Ces scènes symboliques de la puissance du soleil , symbole luimême de la puissance des rois, étaient consacrées par la religion , et se reproduisaient comme des types que l'impiété seule aurait pu altérer; les tables

pour inscrire les levers et les influences des constellations sont tracées, mais le texte n’y a pas été écrit. Le plafond de la salle principale est taillé en ber* ceau , et la sépulture du roi existe dans la salle funéraire; toutefois ce n’est qu’un énorme monolithe en granit rose, ayant la forme d’un couvercle, travaillé à la hâte, pose seulement sur le sol , qui a été creusé pour recevoir la momie royale. L'inscription funéraire de l'osirien roi y est grossièrement tracée, nouveau témoignage de la courte durée de son règne.

Son quatrième frère lui succéda : ce fut Rhamsès VIII. Son cartouche-prénom est tracé auprès de sa figure en

fiied, dans le tableau de Biban-el-Moouk , et ce cartouche contient , comme ceux de ses frères , les premières qualifications de soleil gardien de la vérité, etc. Dans son cartouche uom propre, il est qualifié de Rhamsès, chéri par Pliré, et par une autre divinité jusqu’ici inconnue. Ou a retrouvé les noms de ce roi sur deux stèles du musée de Berlin , mais avec une variante dans les signes, qui annonce la protection desdieux. Ce prince fut le dernier des fils de Rhamsès- Méiamoun, qui composent cette extraordinaire succession de quatre (ils à leur père: ces deux générations, qui vécurent cent cinquante et un ans, comprenant cinq individus, peuvent avoir occupé le trône d’Égypte durant cent quarante-six ans. L’histoire des temps modernes n’a recueilli nulle part le souvenir d'un semblable phénomène:

il a pu toutefois se réaliser dans les limites des lois naturelles.

Le dernier roi de la XIX* dynastie fut aussi un Rhamsès (Rhamsès IX), mais on ignore à quel degré de parenté et à quel titre il succéda à son prédécesseur sur le trône: toutefois de bons motifs de critique historique ont assigné à ce roi la place qu’il a dans notre relation. Son nom se lit sur des monuments de Thèbes , et à des places qu’il n’occupe que parce que des rois reconnus pour ses prédécesseurs les ont laissées libres, ou bien sur des portions d'édifices construites d’ordinaire

les premières, et dont les portions suivantes sont signées du nom des princes postérieurs à la XIX' dynastie.

Le prénom de ce roi exprimait les idées de soleil modérateur de justice, approuvé par Aiimion, et sou nom propre se lisait Ammon-Maï-Rhamsès ; d est accompagné de deux plumes, symboles ordinaires de Injustice et de la vérité : quelquefois ce prénom et ce nom propre se trouvent abrégés sur quelques monuments.

Champollion le jeune a publié un registre de recettes sacrées faites dans un temple de llièbes, pendant le règne de Khamses IX. Ce registre est distribué par années , et le nombre des années entières, dans cet antique papyrus, ue s'élève pas au delà de six.

Les listes de Manéthon indiquent aussi a la septième année la fin du règne du sixième roi de la XIX* dynastie.

Son nom se retrouve cependant sur plusieurs édifices de Thèbes, sur le sanctuaire du temple du dieu K fions, sur diverses portions des édifices de Karnac, et dans la salle hypostyle.

Quelques amulettes portent aussi ce nom. Enfin le tombeau de ce roi existe encore dans la vallée de Biban-el-Molouk , à Thèbes ; c’est le second à droite en entrant dans le vallon; il est situé sur le penchant de la montagne, à peu de hauteur au-dessus du tond de la vallée.

C’est dans ce tombeau que Cliainpollion le jeune se logea et s’établit pendant les trois mois qu’il consacra a l'exploration de cette vallée des tombeaux des rois. Il écrivait de ces lieux mêmes, le 25 mars 1829, ce qui suit :

• Nous passâmes sur la rive gauche du Nil, le 23 mars, et, après avoir envoyé notre gros bagage a une maison de Kourna, nous avons tous pris la route de la vallée de Biban-el-Molouk , où sont les tombeaux des rois de la XV111* et de la XIX" dynastie. Cette vallée étant étroite, pierreuse, circonscrite par des montagnes assez élevées et dénuées de toute espèce de végétation, la chaleur doit y être insupportable aux mois de mai , juin et juillet; il importait donc d’exploiter

cette riche et inépuisable mine à une époque où l’atmosphère, quoique déjà fort échauffée, est cependant encore supportable. Notre caravane s'y est donc établie le jour même, et "nous occupons le meilleur logement et le plus magnifique qu’il soit possible de trouver en Egypte. C'est un roi llhamsèsde la XIX' dynastie qui nous donne l'hospitalité, car nous habitons tous son magnifique tombeau , le second que l’on rencontre à droite en entrant dans la vallée de Biban-el-Molouk. Cet hypogée, d’une admirable conservation, reçoit assez d'air et assez de lumière pour que nous y soyons logés à merveille; nous occupons les trois premières salles qui forment une longueur de soixante-cinq pas; les parois, de quinze à vingt pieds de hauteur, et les plafonds sont tout couverts de sculptures peintes, dont les couleurs conservent presque tout leur éclat; c’est une véritable habitation de prince, à l'inconvénient près de l'enfilade des pièces ; le sol est couvert en entier de nattes et de roseaux; enfin les deux A .douas (nos gardes du corps) et les domestiques couchent dans deux tentes dressées a l’entrée du tombeau. Tel est notre établissement dans la vallee des rois, véritable séjour de la mort, puisqu’on n’v trouve ni un brin d’herbe, ni êtres vivants, à l’exception des chacals et des hyènes. »

L'avenue de ce tombeau est à ciel ouvert; les parois furent dressées, mais non polies; un mur siqicricur en pierres sèches prévient les éboulemeuts partiels. Une grande porte de belle proportion y donne entrée, et, comme dans tous les autres tombeaux qui ue sont pas du premier rang par leur étendue, on trouve dans celui-ci une partie des représentations religieuses qu'on observe dans les autres sépultures royales. La figure du roi s’y trouve de proportions colossales, la tête ornée de la coiffure de divers dieux ; il remplit envers eux les devoirs

fircscrits par le rituel, et les légendes e disent chéri de tous. La salle sépulcrale est soigneusement ornée des peintures consacrées; le sarcophage en ac-

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nupe le milieu. Ce cercueil est en granit rose; son couvercle est encore en place, mais brisé; sa partie supérieure est ornée de la ligure du roi couché; des inscriptions et des sujets sculptés couvrent le reste du monument; mais ils sont d’un travail grossier et peints en vert. Les parois d’un des corridors principaux sont occupées par la confession négative du roi; il n’est coupable d’aucun des péchés qui le priveraient de la miséricorde des dieux.

L’état de ce tombeau suppose un règne d’une durée plus longue que celle que le papyrus de Turin et les listes de Manétnon accorderaient au roi Rhamsès IX. On voit aussi que le nombre des rois de cette XIX' dynastie ne pouvant être porté au delà de six, leur durée totale s’étant élevée à cent quatre-vingt-quatorze années, et les cinq premiers rois ayant employé les cent quarante-six premières, il en reste ijnarantc-huit pour le sixième. L’étendue, l’élégance et la belle construction du tombeau de Rhamsès IX nous portent à croire ce nombre d’années de son règne approximativement exact.

La XIX' dynastie, qui occupa le trône pendant cent quatre- vingt -quatorze années, finit donc de régner vers l’année 1279 antérieure à l’ère chrétienne.

Les écrivains grecs rapportent aux temps de cette même dynastie deux événements importants’ pour l’histoire : le renouvellement du cycle sot Iliaque et la chute de Troie" Il est constant , par les résultats des travaux des mathématiciens anciens et modernes , qu’un renouvellement de ce cycle, ou de la période de 1460 ans (voyez à la page 237 ci-dessus), s’opéra le’ 20 juillet (le l’année 1322 avant Père chrétienne, et cette année appartient en effet à la XIX" dynastie. Selon notre liste, un Rhamsés régnait alors, et Théon le mathématicien , qui parle de ce renouvellement du cycle, nomme ce roi Ménophrès. Ce nom est bien égyptien; il signifie le serviteur de l’hrè (le soleil); ce fut, sans doute, le surnom du Rhamsès qui régnait alors.

Il est constant aussi que l’époque la plus généralement assignée par les

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chronologistes h la prise de Troie, es/ contemporaine du dernier roi de cette XIX' dynastie, et Pline dit formellement que ce roi , contemporain de la prise de Troie, se nommait Rhamsès :

c’est bien notre Rhamsès IX de notre 3CJX' dynastie.

Toutefois les noms de ces rois, selon les monuments et selon les listes de Manéthon , sont assez variables ou même différents. Nous ne répéterons

fias à ce sujet des explications généraement admises : les rois d’Egypte avaient plusieurs surnoms, et d’après cet usage ces surnoms, différents dans les divers écrivains, n’en désignent pas moins le même personnage. Pour la XIX* dynastie, nous nous sommes guidés à la lumière des monuments; nous invoquerons le même secours au sujet de la dynastie suivante, la XX'.

Elle fut aussi originaire de Tlièbes, et reposa dans les sépultures thébaines. Ses tombeaux se retrouvent encore pour la plupart dans les vallées réservées aux catacombes royales , et les rois qui les occupent sont tous encore des Rhamsès , de la grande famille à jamais illustrée par Sésostris.

Ces indications sont ici d’un grand

firix pour l’histoire d’une dynastie dont es abréviateurs de Manétnon ont indiqué le nombre des rois, douze, et la durée totale de leurs règnes réunis, cent soixante et dix-huit ans, sans ajouter à ces deux chiffres aucun autre renseignement.

Dans ce silence de l'histoire écrite, et, d'autre part, dans l'abondance des monuments originaux, la critique se guide par de sages analogies : ici l’on en trouve dans les dénominations , dans les titres royaux consacrés par la renommée des ancêtres, dans le lieu occupé par des tombeaux dont le voisinage et la réunion font considérer leur ensemble comme le tombeau commun d’une nombreuse famille.

On a donc attribué à la XX* dynastie les princes dont la formule, soleil gardien de la vérité, est inscrite la première, parmi quelques autres, dans leur prénom royal; dont le nom propre est Rhamsès ou Raméri avec divers

surnoms, cette formule et ces nom* propres étant communs dans la XV III* et la XIX* dynastie; enlin les princes dont la sépulture est mêlée à celle des rois de la XVIII' et de la XIX* dynastie, ce qui les fait supposer leurs descendants et leurs successeurs ; et si l'on ne trouve point à Thèbes les tombeaux des rois de la dynastie suivante, la XXI*, ce fut sans doute parce qu’elle était étrangère aux trois précédentes :

elle tira en effet son origine de la ville de Tanis. On peut donc inscrire dans la XX' dynastie les souverains dont les monuments nous révèlent les noms placés dans les circonstances qui viennent d'être exposées.

Pour l’époque contemporaine de la fin de la XIX' dynastie et de l'élévation de la XX', Diodore de Sicile et Hérodote racontent quelques merveilles , entre autres les immenses richesses de Rhamphis ou Rhampsinitc(prcmier roi delaXX'dynastie,etsuccesseurdeProtée-Thouoris, notre Rhamsès IX sous le règne duquel Troie fut prise par les Grecs), et les tours surprenants de deux voleurs qui puisaient à pleines mains dans les trésors accumules par le roi , et dont les aventures seraient plus dignes de la plume des conteurs arabes que de celle des deux grands écrivains grecs. Mais il y a dans cette narration une confusion d'époques telle , que des personnages des beaux siècles de la littérature grecque s’y trouvent contemporains de la construction des pyramides. Diodore de Sicile dit vrai quand il ajoute : « Les rois qui succédèrent à Rhampsis pendant l'espace de sept générations vécurent tous dans une profonde oisiveté, et ne s'occupèrent que de leurs plaisirs. Aussi les chroniques sacrées ne nous transmettent sur leur compte le souvenir d'aucun monument magnifique, ni d’aueuu acte digne de trouver place dans l’histoire; » et il est juste d’ajouter que les travaux archéologiques des modernes confirment les rapports de Diodore sur cette série de rois fainéants qui occupèrent |>endant près de deux siècles le trône d'Egypte, et qui négligèrent assez les soins de l’administration publique pour qu’un

de leurs successeurs, surnommé Nilus, se soit fait quelque renommée dans l'histoire pour les grands travaux, devenus indispensables, sur les canaux du Nil, qu’il lit exécuter durant son règne. Une telle incurie et les lâchetés de l'oisiveté sont des malheurs publics quand les rois s’en rendent coupables : en Égypte, ces vices cruels portèrent avec eux leur châtiment; la famille des Rhamsès, dégénérée de son génie et de ses vertus, perdit le trône, et fut remplacée par une famille nouvelle.

Les listes de Manelhon portent à douze le nombre de ces derniers Rhamsès, formant la XX' dynastie. Les chroniqueurs des anciens temps ontdédaignéde transcrire leurs noms : ils ont été excusables, si leur silence est uu jugement. Douze rois qui passent sur un trône sans y laisser la trace d’une bonne action ôu d’un grand service, méritent au moins d'être oubliés.

Il reste cependant de quelques-uns d'entre eux quelques rares souvenirs, et ils sont presque tous tirés de leurs tombeaux, triste commémoration bien digne de l'inutilité de leur vie : leur ordre même de descendance , leur place dans leur propre famille, les noms de leurs pères et de leurs enfants nous seront inconnus.

Nous indiquerons donc ici leurs noms (c’est tout ce qui nous reste de leur fugitive existence), dans le seul objet de ne pas laisser une lacune dans l’histoire.

Nous appellerons Rhamsès X le souverain dont le tombeau, situé à »iban-el-Mo!ouk , porte des cartouches qui se lisent : Soleil bienfaiteur des offrandes, approuvé par le soleil, fils du soleil, dominateur de la région de pureté et de justice, chéri d’Ammon, Rhamsès. Ces titres se lisent aussi dans une inscription hiératique, sur une partie des édifices de Karnac, et dans le tombeau d'un membre de la classe sacerdotale, à Elethya, mort dans la quatrième année du règne de ce roi.

Un autre roi du même nom sera notre Rhamsès XI : c’est celui dont le tombeau existe aussi a Biban-el-Molouk , et dont les nom et prénom royaux

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signifient : Soleil de vérité dons le monde terrestre, approuvé par Phré, le fils du soleil, Aininon..., Rhamsès.

I.e tombeau de ce roi est le troisième dans le second embranchement de gauche de la vallée de Riban-el-Molouk.

L’avenue est spacieuse; à l'entrée, le roi fait ses adorations, étant casqué et agenouillé; mais les applications de stuc se sont détériorées dans le premier et le deuxième corridor; les sculptures ont été détruites également ; et ce tombeau n’a jamais été achevé.

Pauvre roi , qui fut enterré comme il avait vécu , en toute hâte.

Son successeur, Rhamsès XII, espérait être plus heureux. Son tombeau , qui existe dans l'embranchement à gauche de cette même vallée des rois morts , avait été entrepris sur de vastes plans ; l’excavation est des plus étendues, grandiose dans son ensemble, mais elle est entièrement dénuée d’ornements et de sculptures ; les tableaux furent tracés en rouge sur la muraille; tout fut préparé pour le ciseau ou la brosse : la mort du roi lit laisser inachevée cette spacieuse sépulture. On y reconnaît à peine son nom figuré par les traits fugitifs du crayon ; re Rhamsès se disait soleil établi par Thméï et Phtha, approuvé par Nèîth , fils du soleil, dominateur de la région de vérité, chéri d'Amon , dieu modérateur , Rhamsès.

Le souverain inhumé dans un autre tombeau voisin de ceux qui viennent d’être indiqués, le quatrième à gauche, s'intitulait soleil établi des , ap-

prouvé par Phré, le fils du soleil, Amenmses , modérateur , etc. Ce serait un nouvel Aménemsès, nom déjà connu dans les listes théhaines , et le quatrième roi de la XX* dynastie. On a remarqué dans son tombeau la mention de sa mère Tascha, et celle de la reine son épouse, qui lui survécut; elle est figurée rendant au roi des honneurs funéraires.

Le cinquième roi de cette même dynastie fut encore un Rhamsès , et le XIII* du nom. Il se qualifia de soleil gardien de vérité, soleil du monde, le fils du soleil , chéri d’Amon qu’il aime,

Rhamsès.Sa légende royale sc retrouve dans le sujet d'une petite stèle des carrières de Silsilis.

A mon - Mai Rhamsès fut le nom propre du Rhamsès XIV , dont le prénom officiel signifiait soleil gardien de. vérité, approuvé par Phré; imitation intentionnelle des litres et du nom du grand Sésostris , par un de scs descendants les plus inconnus , et dont h»

nom n’est conservé, avec la date de l’an 33 de son règne , (pic par un fragment gisant sur le sable dans les environs des murailles de Karnac.

Le septième roi de la XX* dynastie fut plus heureux ou moins fainéant ; uelques monuments recommandables e son règne sont parvenus jusqu'à nous. Son cartouche- prénom signifiait: soleil stahiliteur de la vérité, approuvé de Phtha , et son nom propre, le dominateur dans la région de pureté, le chéri d'Amon, divin modérateur de la région... Rhamsès Rameri. Ce sera Rhamsès XV. Son souvenir subsiste dans un des temples de Thèbes, celui du dieu Khons, qui avait été fondé par Rhamsès IX, et qu’on appelle vulgairement le grand temple au sud. La salle hypostyle,' celle qui précède le sanctuaire, fut décorée par les soins de notre Rhamsès XV.

Cette salle est soutenue par huit colonnes dont les quatre de la rangée du milieu sont plus hautes que celles des deux rangées de droite et de gauche.

Celles du milieu sont à chapiteaux en forme de eampaueou de houppe de papyrus lotifonne , et les autres à chapiteaux à bouton de lotus tronqué. Les titres du roi ornent les jambages de la porte , et sc lisent dans les dédicaces gravées sur les architraves , ainsi que sur les dés et les corniches. Dans les tableaux qui ornent cette salle, le Pharaon accomplit ses devoirs envers les dieux , et leur fait des offrandes , notamment nu grand dieu de Thcbes , son protecteur.

Kn sortant de la salle hypostyle, dans la direction de la porte principale de ce temple de Khons , on se trouve dans le pronaos , et on s'aperçoit bien vite , à sa décoration, qu’elle est l’effet

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