‹ L'UniversChapitre 40 sur 42 · I.’UM VERS · texte numérisé non relu

I.’UM VERS

faire partir pour l’île de Chypre, espérant que son éloignement donnerait à Alexandre, son second (ils, le temps et l’occasion de prendre la couronne lorsque la fin du règne et de la vie de leur père serait arrivée. F.llc eut lieu peu de temps après, et dans la 29r année du règne d’Évergète II.

Malgré les continuelles agitations intérieures et extérieures dont le règne de ce prince fut traversé, il en est peu dans l'histoire d’itgypte dont il nous reste aujourd’hui de si nombreux et de si importants monuments, comme si les honneurs à rendre aux dieux, et l'agrandissement, l’ornement ou l’édifiration des édifices sacrés, étaient mis en Egypte hors de l'iniluence des plus sinistres événements, moins puissante que la piété profonde dont la nation était animée.

Un des plus curieux monuments de cette époque est, sans contredit, le petit temple de Thôth, près de Médinet-Ilabou, à Thèbes, élevé par l’tolémée Évergète II, et dédié en son nom et en celui de Cléopâtre sa première femme. Nous mettons sous les yeux du lecteur la description de ce curieux édifice, telle qu’elle a été rédigée sur les lieux, en 1829, par Cliampollion le jeune.

« Dans le quartier sud-ouest de la vieille capitale pharaonique s'élèvent deux édifices sacrés dignes d'intérét sous les rapports historiques et mythologiques.

« L’une de ces constructions s’élève au milieu de broussailles et de grandes herbes, en dehors de l'angle sud-est et à une très-petite distance de l’énorme enceinte carrée, en briques crues, qui environnait jadis le palais et les temples de Médmet-Habou. C’est un édifice de petites proportions, et qui n’a jamais été complètement terminé; il se compose d’une sorte de pronaos et de trois salles successives, dont les deux dernières seulement sont décorées de tableaux soit sculptés et peints, soit ébauchés , ou même simplement tracés à l’encre rouge. Ces tableaux ne laissent aucun doute sur la destination du monument , ni sur l’époque de sa cons-

truction. Il appartient au règne des Laudes, comme le prouve une double dédicace d’uu travail barbare, sculptée intérieurement autour du sanctuaire, et les noms royaux inscrits devant les personnages figurant dans tous les tableaux d’adoration.

« La dédicace annonce expressément que le roi Plolcmie Évergète II, et sa sœur la reine Cléopâtre, ont construit cet édifice, et l’ont consacré à leur père le dieu Thôth , ou Hermès Ibiocéphale.

« C’est ici le seul des temples encore existants en Égypte qui soit spécialement dédié au dieu protecteur des sciences, à l’inventeur de l’écriture et de tous les arts utiles, en un mot à l'organisateur de la société humaine.

On retrouve son image dans la plupart des tableaux qui décorent les parois de la seconde salle, et surtout celles du sanctuaire. On l’y invoquait sous son nom ordinaire de Thôth, que suivent constamment soit le titre de soteu , qui exprime la suprême direction des choses sacrées, soit la qualification llo-en-IIib, c’est-à-dire, oui a une face d’ibis, oiseau sacré, dont toutes les figures du dieu, sculptées dans ce temple, empruntent la tête, ornée de coiffures variées.

« On rendait aussi dans ce temple un culte très-particulier à Nohcmono ou Nohamouo , déesse que caractérisent le vautour, emblème de la maternité, formant sa coiffure, et l’image d’un petit propylon s’élevant au-dessus de la coiffure symbolique. Les légendes tracées à côté des nombreuses représentations de cette compagne du dieu Thôth, qui, d’après son nom même, paraît avoir présidé à la conservation des germes } l'assimilent à la déesse Saschfmoue, compagne habituelle de Thôth, régulatrice des périodes d'anuées et des assemblées sacrées.

« Ces deux divinités reçoivent, outre leurs titres ordiuaires, celui de Résidant à Manthom; nous apprenons ainsi le nom antique de cette portion de Thèbes où s’élève le temple de Thôth.

« Le bandeau de la porte qui donne

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entrée dans la dernière salle du temple, le sanctuaire proprement dit, est orné de quatre tableaux représentant Ptoléinée taisant de riches offrandes , d'abord aux grandes divinités protectrices de Thèbes , A mon- Ha, Mouth et Chons, généralement adorées dans cette immense capitale, et en second lieu aux divinités particulières du temple, Thôth et la déesse A ’ohamouo.

Dans l’intérieur du sanctuaire, on retrouve les images de la grande triade thébaine, et même celles de la triade adorée dans le nome d'Hermonthis, ui commençait à une courte distance u temple. Deux grands tableaux, l'un sur la paroi de droite, l'autre sur la paroi de gauche, représentent, selon l’usage, la Bari ou Arche nacrée de la divinité à laquelle appartient le sanctuaire. L’arche de droite est celle de TnÔTH-PEHO-Kî«-HiB (Thôth a face d'ibis), et l’arche de gauche celle de Thôth Psotem (Thôth, le surintendant des choses sacrées). L’une et l’autre se distinguent par leurs proues et leurs poupes décorées de têtes d’épervier, surmontées du disque et du croissant, à tête symbolique du dieu Chons, le fils aîné d’Ammon et de Mouth, la troisième personne de la triade thébaine, dont le dieu Thôth n’est qu’une forme secondaire.

* Ici, comme dans la salle précédente, on retrouve toujours le roi Ptotémée Évergète II, faisant des offrandes ou de riches présents aux divinités locales. Mais quatre bas-reliefs de l’intérieur du sanctuaire, sculptés deux à gauche et deux à droite de la porte, ont fixé plus particulièrement mon attention. Ce ne sont plus des divinités proprement dites auxquelles s’adressent les dons pieux du Lagide : ici , Évergète II, comme le disent textuellement les inscriptions qui servent de titre à ces bas-reliefs, brûle l'encens en [ honneur des pires de ses pires et des mères de ses mires. Le roi accomplit en effet diverses cérémonies religieuses en présence d’individus des deux sexes, classés deux par deux, et revêtus des insignes de certaines divinités. Les légendes tracées devant

chacun de ces personnages achèvent de démontrer que ccs honneurs sont adressés aux rois et aux reines Lagides, ancêtres d’Évergète II en ligne directe; et, en effet, le premier basrelief de gauche représente Ptolémée Pbiladelphe, costumé en Osiris, assis sur un trône à côté duquel on voit la reine Arsinoé sa femme, debout, coiffée des insignes de Mouth et d’IIatliôr. Evergète II lève ses bras en signe d’adoratlou devant ces deux époux, dont les légendes signifient : Le divin pire de ses pires, Ptolémée, dieu philadhlpme ; la divine mire de ses mères, Arsinoé, déesse philadklphe.

« Plus loin, Évergète II offre l’encens à un personnage également assis sur un trône, et décoré des insignes du dieu Socarosiris, accompagne d’une reine debout, la tête ornée de la coiffure d’Hathôr, la Vénus égyptienne; leurs légendes portent : Le pire de ses pires, Ptolémée, dieu créateur; la divine mère de ses mères , Bérénice , déesse créatrice . On peut donc reconnaître ici soit Ptolémée Soter I"r, et sa femme Bérénice, fille de Magas, soit Ptolémée Évergète l", et Bérénice sa femme et sa sieur. L’absence totale du cartouche prénom dans la légende du Ptolémée , objet de cette adoration, autoriserait l'une ou I autre de ccs hypothèses. Mais si l’on observe que ces deux époux reçoivent les hommages d’Évergète II a la suite des honneurs rendus en premier lieu à Ptolémée et à Arsinoé Philadelphes , on se persuadera que le second tableau concerne les enfants et les successeurs immédiats de ces Lagides , c’est-à-dire , Évergète I" et Bérénice sa sœur. Le titre de Pther-mounk, dieu créateur, dieu fondateur ou fabricateur, conviendrait beaucoup mieux, il est vrai, à Ptolémée Soter l", lbndateur de la domination des Lagides ; mais j ai la pleine certitude que ce titre est prodigué sur les monuments égyptiens à une foule de souverains autres que des chefs de dynasties. ,

« Deux bas-reliefs, sculptés a droite de la porte, nous montrent Evergetell rendant de semblables honneurs aux

images de scs autres ancêtres et prédécesseurs, et toujours en suivant la ligne généalogique descendante : ainsi, dans le premier tableau, le roi répand des libations devant le divin père de son père, Ptolémée, dieu Philopatob, et la divine mère de sa mère, ARSiNOÉ,c/ée4'sePmLOPATOBK;enfin, dans le second tableau , il fait l’offrande du vin à son royal père Ptolémée, dieu Épiphane , et à la royale mère Clf.opatre, déesse Épiphane. Son père et son aïeul sont figurés dans le costume du dieu Osiris; sa mère et son aïeule dans le costume d’Hathôr.

Quant aux titres Philadelpbe, Philopator et Épiphane, ils sont placés à la suite des cartouches noms propres, et exprimés par des hiéroglyphes phonétiques (représentant les mots coptes équivalents). Ces quatre tableaux nous donnent donc la généalogie complète d' Évergète II, et l’ordre successif des rois de la dynastie des Lagides à partir de Ptolémée Philadelpbe.

« C’est toujours ainsi que les monuments nationaux de l’Égypte servent pour le moins de confirmation aux témoignages historiques puisés dans les écrits des Grecs; et cela toutes les fois qu’ils ne viennent point éclaircir ou coordonner les notions vagues et incohérentes que ce même peuple nous a transmises sur l’histoire égyptienne, surtout en ce qui concerne les anciennes époques L’usage constamment suivi par les Égyptiens de couvrir toutes les parois de leurs monuments de nombreuses séries de tableaux représentant des scènes religieuses ou des événements contemporains, dans lesquels figure d’habitude le souverain régnant à l’époque même où l’on sculptait ces bas-reliefs; cet usage, disonsnous , a tourné bien heureusement au profit de l’histoire, puisqu'il a conservé jusqu'à nos jours un immense trésor de notions positives qu’on chercherait inutilement ailleurs. On peut dire, en toute vérité, que, grâce à ces bas-reliefs et aux nombreuses inscriptions qui les accompagnent, chaque monument de l'Égypte s’explique par luimême, et devient, si l’on peut s'expri-

mer ainsi, son propre interprète. Il suffit , en effet , d etudier quelques instants les sculptures qui ornent le sanctuaire de l’édilice situé à côté de l’enceinte de Médinet-llabou , la seule portion du monument véritablement terminée, pour se convaincre aussitôt qu’on se trouve dans un temple consacré au dieu Thôth, construit sous le règne d’Évergète II, et de sa sœur et première femme Cléopâtre, mais dont les sculptures ont été terminées postérieurement à l'époque du mariage d’Évcrgete II avec Cfeopâtre sa nièce et sa seconde femme, mentionnée dans 1rs légendes royales qui décorent le plafond du sanctuaire.

« Le style mou et lourd des bas-reliefs, la grossièreté d’exécution des hiéroglyphes , et le peu de soin donné à l’application des couleurs sur les sculptures, s’accordent trop bien avec les dates fournies par les inscriptions dédicatoires, pour ne pas reconnaître dans le petit temple de Thôth un produit de la décadence des arts égyptiens, devenue si rapide aux dernières époques de la domination grecque. »

Les autres constructions du même règne rendent le même témoignage , et il se vérifiera partout où les traces des travaux ordonnes par Évergète II subsistent encore : à Edfou , sur la paroi droite du pronaos qui fut terminé par ce prince; au mammési du même lieu, où sont représentées l’enfance et l’education du jeune Har-Sont-Tho , fils de Har-Hat et d’Athôr, auquel la flatterie a associé Évergète II , représenté aussi comme enfant, et partageant les caresses que les dieux de tous les ordres rodiguent au dieu nouveau-né; à Ouios, dont Évergète II fit agrandir le grand et le petit temple; à Dakkèh en Nubie, où le même roi fit continuer le temple de Thôth fondé par le roi éthiopien Ergamènc; à Philæ, au temple d'Hathôr élevé par Ptolémée Épiphane et orné par son second fils , qui , toutefois, s'attribue les honneurs de la dédicace dans les longues inscriptions de la frise. A El-Asassif, le sanctuaire du temple d’Amon-Ra fut aussi réparé par Évergète II , en son nom et

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en celui de la reine Cléopâtre, réparations dont le style contraste par leur grossièreté avec l’élégance du style des autres parties du monument fondé par le Pharaon Thouthmosis l*r. Le tenipje d'Uathôr, situé derrière l’ainénophiuin de Thèbes, fut aussi l’objet des soins pieux d’Evergète H. Les inscriptions constatent encore aujourd'hui qu’il en fit terminer une partie des décorations, et ces inscriptions s’expriment ainsi : » Bonne restauration de l’cdifice, exécutée par le roi germe des dieux lumineux, l'éprouvé par Phtha , etc. , Ptolémée toujours vivant, et par sa royale sœur, la modératrice souveraine du monde, Cléopâtre, et par sa royale épouse, la modératrice souveraine du monde, Cléopâtre, dieux grands chéris d’Amon-Ra. » Enfin à Médinet-Habou le même prince fit restaurer les portes et une portion du plafond de la grande salle.

L’un des plus précieux monuments égyptiens qui nous restent du règne de Ptolémce Évergète II, est, sans contredit , la stèle en granit qui se voit, à côté de la porte, sur le pylône oriental du grand temple de Philæ ; inscription en caractères hiéroglyphiques, qui contient l’acte d’une donation faite au temple, et une date ainsi conçue :

* L’an xxiv, au mois de peritios,* qui est , pour les Égyptiens , le mois d'épiphi;» renseignement d’un bien grand intérêt pour la concordance du calendrier macédonien , auquel appartient le mois de peritios, avec le calendrier égyptien , dont le mois d’épiphi est le onzième. L'inscriptionde Rosette fournit un exemple analogue, et on y trouv e de plus la concordance des jours des deux mois. L’indication de la 24" année du règne d’Évergète II fixe la date de cet acte de donation à l’année 1 23 avant l’ère chrétienne.

Le musée royal du Louvre possède quatre contrats en écriture démotique, passés durant le règne de Ptolémée Kvergète II ; le plus ancien est de l’an 28 de ce règne; deux autres portent les dates de l’an 1 1 et de l’an 45. Évergète II, cependant, ne régna réelle-

PTE.

nient que 29 ans ; mais ayant été appelé un moment au trône, lorsque son trere Philométor fut détrôné par le roi de Syrie, ce qui arriva 24 ans ayant son propre avènement , Évergete II compta les années de son règne éphémère à la place de Philométor, et se donna ainsi 53 années de régné, quoiqu'il n’ait réellement régné que 29 ans depuis la mort de son frère Philométor , et y compris la courte existence de son neveu Eupator, assassiné par ses ordres. Les médailles de ce roi , connues jusqu’à ce jour, ne portent pas de date postérieure à l’an 27 de son régné. D autres monuments en langue grecuue se rapportent aussi au régne et à ('histoire d'Évergète 11.

On lit su r les listes du pronaos d u temple d’Hathôr à Pliilic, une inscription qui porte : « Le roi Ptolémée et In reine Cléopâtre sa sœur, et la reine Cléopâtre sa femme, dieux Évergètes, à Vénus. »

Une autre inscription grecque était gravée sur un des temples de Uakkèh en Nubie, annonçant un vœu en l’honneur du roi Ptolemée , et des reines , vraisemblablement , dieux Évergètes.

On a trouvé an Caire , sur une pierre isolée, la mention d'un monument élevé à Évergète II par un fonction naire public du temps, comme l’annonce le texte de l'inscription ainsi conçue : « Apoilodore, (ils d’Aétès, un des premiers amis , épistate et greffier du corps des cavaliers du pays , honore, par cc monument, le roi Ptolemée, dieu Évergète, filsdesdieux Épiphanes. »

L’usage de ces honneurs rendus au roi régnant par leurs propres employés ou par les corporations civiles et militaires, parait avoir été général en Egypte pendant la domination des rois grecs. On en tire une preuve nouvelle de l’inscription grecque découverte près de la première cataracte , qui contient un hommage aux divinités locales pour les rendre favorables au roi, et qui s’exprime ainsi : « Pour la conservation de Ptolémee et de la reine Cléopâtre sa sœur, dieux Évergètes, et de leurs enfants, Heroïde, fils de Démoplion , natif de Bérénice , commandant des gardes du corps , et stratège,

et les lîaxilistea qui tiennent leurs réunions a Sélis, l'ile de Bacclius, dont les noms sont inscrits ci-dessous, = à Chnoubis, appelé aussi Aininon ; a Salis, appelée aussi Junon; à Auucis, appelée aussi Vesta; à Petcmpainentis, apjielé aussi Bacchus; à Pctensétès, appelé aussi Saturne ; à Peteusénés , appelé aussi Hernies, dieu* grands, et au* autres divinités adorées à la cataracte , = consacrent cette stèle , et les sommes fournies par chacun d’eux pour les frais des sacrifices et libations qui uurout lieu dans le synode, pendant les premiers neuvièmes jours de chaque mois, et |>enilant les autres jours éponymes ; Papias , fils d’Aminonius, étaiit prostate, et Uenys, fils d'Apollonius, étant grand prêtre du synode. »( Traducion de M. Letronne.) Les noms des Basilistes suivent le texte de cette inscription , où l’érudition a recueilli avec avantage une précieuse assimilation de quelques divinités égyptiennes à autant de dieux de la mythologie grecque et latine.

Il y eut, du reste , quelque chose de plus que le mélange des dieux dans les rapports de f Egypte avec la Grèce et avec Rome. Evergète II s’était fait des amis parmi les Romains, ou plutôt s’était fait leur ami et leur client; et une autre inscription grecque, trouvée dans Plie de Délos , prouve qu’un Romain fut revêtu par Evergete II du titre d'ami du roi ( titre d’une charge de cour) , et que le roi lui donna aussi le gouvernement d’une province de l'Egypte : cette inscription, en effet, s'exprime ainsi : « Lucius Pcdius et Caius Pedius, fils de Caius Pcdius, Romains , ont honoré pour sa vertu , ses qualités éminentes et sa bienveillance envers eux, Marcus Pedius, parent du roi Ploléinée Evergète et de la reine Cléopâtre , et épistratége. Ils consacrent cette statue a Apollon et à Diane. »

Enfin, un autre monument en langue grecque, du règne d’ Evergète II, nous a été conservé , et il est, sans nul doute, le plus curieux parmi tous les autres, par les faits importants que l'histoire de l'administration des

Ptolémées en Egypte, sous les rapports religieux , civil et militaire , doit v recueillir. Les prêtres égyptiens de Pfle de Phi lan adressent au roi leurs plaintes contre la plupart des fonctionnaires du pays et les troupes qui s’y rendent , en ces termes : « Au roi Ptoléinée , à la reine Cléopâtre sa sœur , a la reine Cléopâtre sa femme, dieux Evergètes, salut; Nous, les prêtres d'Isis, adorée dans l’ Abaton et à Philae, déesse très-grande : considérant que les stratèges , les épistates , les thébarques , les greffiers royaux , les épistates des corps chargés de garder le pays, tous les officiers publics qui viennent à Philæ, les troupes qui les accompagnent, et le reste de leur suite , nous contraignent de leur fournir de l’argent ; et qu’il résulte de tels abus que le temple est appauvri , et que nous courons le risque de n’avoir plus de quoi suffire aux dépenses , réglées par les lois, des sacrifices et libations qui se font pour la conservation de vous et de vos enfants , nous vous supplions, dieux très -grands, de charger, s’il vous plaît, Numénius, votre parent et épistolographe , d’écrire à Locnus, votre parent et stratège de la Thébaïbe, de ne point exercer, à notre égard , de ces vexations , ni de permettre à nul autre de le faire ; de nous donner, à cet effet, les arrêtés et autorisations d’usage, dans lesquelles nous vous prions de consigner la permission d’élever une stcle où nous inscrirons la bienfaisance que vous aurez montrée à notre égard en cette occasion , afin que cette stèle conserve éternellement la mémoire de la grâce que vous nous aurez accordée. Cela étant fait , nous et le temple, en ceci, comme nous le sommes en d'autres choses, vos très- obligés.

Soyez heureux . » ( Traduction de U. Letronne.)

Les faits historiques abondent dans ce texte, et il a eu sur les études égyptiennes la plus haute influence : la stèle que les prêtres se proposent d’éle- \er en l'honneur du roi I’tolémée fut en effet exécutée ; cette stèle , qui était un obélisque en écriture liiéro-

glyphiquc , a etc trouvée près de Tins- blir dans ses droits au prix d'une cTiption grecque; elle a ainsi mis à la guerre contre sa mère et contre son disposition de la critique philologique frère.

un second texte hiéroglyphique se rap- Tel est le triste tableau des événeportant à un texte grec, et analogue nients qui suivirent la mort de Ptoléen ceci au précieux texte de Rosette , mée Évergète II , et caractérisèrent le l'un et l'autre contenant des noms règne de ses successeurs immédiats propres absolument semblables : c'est durant trente-six ans , divisés en trois ainsi que Cbatnpollion le jeune a pu règnes successifs : Soter 11 , Alexanvérifier, par l’inscription de Philæ, dre 1" , et Soter II rappelé, les déductions qu’il avait tirées de Soter II , a son avènement, fut conl’inscription de Rosette, et l'alphabet traint par sa mère de répudier sa femme

des hiéroglyphes a été découvert. La Cléopâtre qui resta seule dans Plie de stèle de Philæ est en Angleterre ; fins- Chypre.

cription grecque s’y trouve aussi : ce Alors tes deux prétendants au trône sont deux conquêtes du plus haut in- de Syrie, Antiocnus Grypus et Antiotérét pour la science, et qui serviront chus’ Cyzicenus, n’avaient pas encore longtemps à conserver le souvenir de terminé leurs sanglantes querelles. Ic quelques faits intéressants du règne de premier avait épousé Tryptiène, fille - Ptolemée Évergète II. de Ptoléinée Évergète II, et sœur de

Quand ce prince mourut, il laissa Cléopâtre qui gouvernait à Chypre, la couronne a Cléopâtre sa veuve, et Celle-ci quitta bientôt cette lie pour à celui de ses deux ois qu'elle choisirait s'unira Antiochus Cyzicenus, et lui pour régner avec elle. La reine edt porta pour dot une armée qu’elle avait préféré le plus jeune des deux , qu'elle levée et qu'elle conduisit eo Syrie, croyait plus dévoué à ses volontés; Chypre étant alors sans gouverneur mais l’usage encore l'emporta , et les par le départ de Cléopâtre , Ptolémée vœux publics avec lui placèrent le pre- Alexandre s'y rendit: cela arriva la troimier-né sur le trône. Cléopâtre le rap- sième année du règne de Soter II. pela de l'tle de Chypre où il commun- Le souvenir de Cléopâtre qui subit dait; elle exigea ae lui qu'il répudiât une si cruelle mort à Antioche, avait sa sœur Cléopâtre, à laquelle il était attaché Ptolémée Soter II aux intérêts uni depuis quelques années, et qu’il d’Antiochus Cyzicenus dont Cléopâtre épousât son autre sœur nommée Sç- avait été si peu de temps l'épouse ; et lene. A ces conditions le fils aîné d'É- dans la guerre intestine que cet Antiovergète II monta sur le trône et prit chus soutenait contre son frère , Ploie surnom d c Soter II, vers l’an J 1 7 lémée, malgré l'opposition de Cléoavant Jésus-Christ. Mécontente de ce pâtre sa mère, avait envoyéàCyzicemis fils, la reine Cléopâtre excita contre un secours de six mille hommes. Mais lui la populace d'Alexandrie , le sépara les sujets de ces rois n’étaient point de Sélènc dont il avait deux enfants , dispensés d'être solidairement engale força de déposer la couronne, et la gésdanscescalamiteusescontroverses, mit sur la tête de son second fils qui et ils s’en trouvaient tout à la fois les prit le surnom d’Alexandre. Celui-ci, défenseurs et les victimes. Les deux épouvanté bientôt par les fureurs de filles d’Évergète II s’étaient mutuellesa mère , la quitta subitement et se re- ruent égorgées dans l'intérêt de ces tira à Chypre. Elle le rappela, en nié- prétentions; Soter II protégeait Anditant le projet de s’en défaire ; mais tioclms Cyzicenus : c’en fut assez pour son fils la prévint en la faisant assas- que Cléopâtre la mère prêtât son assiner. Excité enfin par tant d'atrocités, sistance a Antiochus Grypus; elle fit le peuple d'Alexandrie chassa Alexan- davantage encore, et voulant à tout dre du trône, et y rappela Soter II , prix se débarrasser de l’active opposiqui avait assez respecte les liens du lion de Soter II qui partageait le trône, sang pour ne pas essayer de se réta- elle lui supposa l’intention de la faire

mourir , souleva contre lui le peuple d' Alexandrie en lui montrant ses eunuques blessés à dessein , et le peuple crédule, se portant l'auxiliaire des fureurs de Cléopâtre contre Ptolémée Soter , obligea ce roi de chercher son salut dans la luite. Il se retira a Chypre , d'où Ptolémée Alexandre fut rappelé |iour s'asseoir sur le trône avec sa mère Cléopâtre , qui réalisa enfin par cet attentat l’un de ses vœux les plus chers. En même temps, et toujours en haine de ce (ils roi , elle sépara encore Cléopâtre Sélène de Soter son mari, quoiqu'elle eût déjà de lui deux enfants mâles , et la donna bientôt après à Antiochus Grvpus, le compétiteur d'Antiochus Cyzicenus que Soter protégeait.

Par cette criminelle intrigue, Soter fut donc chassé du trône, séparé de Sélène sa femme et de ses deux fils, et son premier règne finit alors. Sa durée fut de dix ans entiers.

L’année suivante commença avec I été de l’an 108' avant l’ère vulgaire. Le second fils de Cléopâtre fut alors placé sur le trône , et prit le surnom d' Hexandre. Les premiers soins de Cleo pà ire furent de poursuivre encore son autre fils Soter retiré à Chypre, sans que celte distance pdt le délivrer des cruels effets de sa haine; et la guerre qui se ralluma plus active que jamais entre les deux Antiochus de Syrie, fournit à cette passion un nouvel aliment.

Soter avait constamment secondé de ses moyens et de scs vœux Antiochus Cyzicenus ; il quitta Chypre et se rendit en Syrie pour le soutenir contre Crypus; mais Cléopâtre , aussi active dans sa haine que Soter pouvait l'être dans ses affections , craignit aussi les effets de l’alliance de Soter avec Cyzicenus qui aurait pu le seconder un jour |K>ur remonter sur le trône d’Egypte; elle voulut assurer de tous ses moyens le triomphe de leur ennemi commun , et l’y intéresser par une alliance. Elle fournit donc à Grypus de puissants secours en hommes et en argent , et lui fit épouser sa fille Sélène , qu’elle avait séparée de Soter II.

Néanmoins, Soter s’était rendu er Syrie appelé par les habitants de Ptolémaïs assiégée par Alexandre Janmeus , roi des Juifs. Josèphe rapporte que les habitants de cette ville qui ne voulaient pas se soumettre à ce roi nouveau venu, ne pouvant pas attendre de secours des deux Antiochus de Syrie , occupés à vider leurs propres querelles par les armes, s’adressèrent à Ptolémée Lathurusqui , chassédu trône d’Égypte par sa mère Cléopâtre , était alors a Chypre.

Soter sê rendit donc en Syrie avec trente mille hommes, vers le printemps de la 103' année avant l’ère vulgaire.

En attendant, les habitants de Ptolémaïs , ne doutant pas que Cléopâtre d’Égypte ne vint les attaquer parce que Soter venait les défendre , hésitèrent à recevoir les troupes de Ptolémée, refusèrent même son alliance. Mais les habitants de Gaza la recherchèrent aussitôt , et le roi des Juifs fut contraint d’abandonner son entreprise contre cette ville. 11 feignit dès lors de désirer l’amitié de Ptolemée, tout en liant de secrètes intelligences avec Cléopâtre. Ptolémée , qui crut un moment à ses trompeuses assurances, les rejeta bientôt après , entra dans la Judee, prit deux villes que Josèphe nomme Asochis de Galilée et Semplioris , défit complètement sur le Jourdain l’armée ae Jannæus, ravagea la Judée et occupa enfin Ptolémaïs et Gaza.

Il touchait aux frontières de l’Égypte : Cléopâtre s’en alarma , et envoya des corps nombreux de troupes en Syrie et en Célé-Syrie , tandis que son lits Alexandre faisait une expédition maritime contre Ptolémaïs et la Phénicie. Soter se porta inopinément sur l’Égypte, d’où il fut repoussé et revint à Gaza , où il passa l'hiver. La même année il rentra à Chypre, et presque en même temps Cleopâtre, qui ne le voyait plus sur le chemin de l’Égvpte, ramena son armée dans ses Etats , et y rappela celle de son fils Alexandre.

Peu d’années après, les fils d’Antio- (litis Grvpus disputaient à Antiochus

Dioitiz

EGYPTE

Cyzicenus , leur oncle , In couronne de Syrie. Ptoléinée Soter favorisa le quatrième (ils de Grypus, Démet ri us Eucacrus; il l’emmena de Gnide à Damas , et le proclama aussi roi de Syrie.

Le respect que Ptoléinée Soter ne cessa de témoigner à sa mère Cléopâtre, le portait à ne rien entreprendre contre l’Egypte, et il restait paisiblement à Chypre pendant que de nouvelles catastrophes se préparaient sourdement à Alexandrie. I je. caractère entreprenant de Cléopâtre ne promettait pas une longue durée à son accord avec son fils Alexandre , si des guerres étrangères cessaient un jour de l’occuper. Déjà la mésintelligence s’était manifestée entre eux dans le temps que Soter faisait son expédition de Syrie , en faveur de la ville de Ptolémaïs; car Alexandre , croyant avoir tout à redouter de l'ambition de sa mère , avait quitté Alexandrie et s’était réfugié à Chypre; niais leur danger commun les avait alors réunis de nouveau contre Soter, et cela dura autant que ce daugcr parut imminent. Bientôt après, Cléopâtre , nui fut surnommée Cocce , mécontente d’Alexandre, forma le projet de s’en défaire; elle pensait à l’exécutei . lorsqu’Alexandre lui-même sut la prévenir, et la fit mettre à mort, dix-huit ans après l'association de Ptoléinée Alexandre au trôné d’Égypte.

Par l’assassinat de la reine sa niere, Alexandre resta seul maître de la couronne d’Égypte. C’est à lui que l’on doit attribuer l’enlèvement du cercueil d’or qui renfermait le corps d’Alexandre le Grand.

Strabon a conservé le souvenir de cette profanation. Il dità ce sujet, que le corps d’Alexandre, ravi à Perdiccas par Ptolémée, fils de Lagusou Soter, qui le fit transporter et inhumer à Alexandrie, y était encore deson temps, mais non pas dans le même cercueil; que ce cercueil était alors de verre, et que celui dans lequel Soter avait fait placer le corps d’Alexandre était d’or ; qu’un Ptolémce fils de (Cléopâtre) Corce , et surnommé Parisactus , qui venait de Syrie, l’avait enlevé, mais 29* IJr raison. (Égypte. )

que , chassé bieutôt après , cette proie lui avait été inutile.

La spoliation du tombeau d’Alexandre dut avoir lieu dans le court espace de temps pendant lequel Ptoléinée régna seul après avoir fait assassiner Cléopâtre sa mère, et dans la 19' et dernière année de son règne.

Car l’attentat d’Alexandre ne resta pas longtemps impuni. Bientôt après , voyant son crime découvert, Alexandre prit la fuite pour se soustraire à la fureur du peuple , et aussitôt les Alexandrins rappelèrent Ptolémée Soter.

Pendant que Soter reprenait le gouvernement des affaires publiques , et que le peuple témoignait la joie que lui causait son retour en lui donnant le surnom de Désiré, Alexandre s’était réfugié dans l’île de Cos. Peu d’annees auparavant, et lorsque Soter, relégué à Chypre et faisant son expédition de Syrie , menaça un moment l’Égypte , Cléopâtre avait envoyé dans cette île la plus grande partie de scs trésors , son testament et la famille d’Alexandre , son fils. Celui-ci , après sa fuite d’Alexandrie, s'empara de cette île et voulut faire servir les richesses qu’il y trouvait à se replacer sur le troue. Il tenta un débarquement à Alexandrie , mais il fut repoussé par Tyrrhus qui était du sang royal; sur mer, il fut battu par Clucréas , et il perdit la vie dans ce combat auquel sa famille ne survécut pas. Il avait eu plusieurs enfants de Cléopâtre, fille de son frère Soter; et un seul , bien jeune encore, qui avait été laissé à Cos, resta de cette catastrophe.

Les Thébains avaient refusé de reconnaître de nouveau Soter II , et ils se révoltèrent contre lui. Mais Soter qui les fit attaquer parvint à les ramener à l'obeissance dans la 3' année de leur rébellion , la 87e avant Père vulgaire, et la 31' de son règne total

S té de son premier avènementes fut ravagée , et ses monuments éprouvèrent de grands dommages.

Mithridate était alors en guerre avec les Romains qui ne négligaient aucun moyen d’entrer enfin en possession d«

tout l’empire d'Alexandre. Us occupaient une partie de la Cyrénaïque depuis que Ptolémée Appion , fils i fi é ait j me d'Evergète II , la leur avait léguée par son testament. I -es habitants de cette contrée s'étaient révoltés contre les Romains : Sylla , qui était dans la Grèce et qui assiégeait alors Athènes prise par Mithridate. chargea Lucullus d'aller ramener lesCyrenecns à l’obéissance.

Plutarque rapporte que Lucullus partit an milieu de l'hiver; que durant la traversée sa flotte soutint beaucoup de cette saison ; qu’il arriva enfin a Cyrène , en réorganisa l'administration , et que s'étant de là rendu en ggvpte les pirates inquiétèrent encore sa marche. Parvenu à Alexandrie, il v lut reçu par Ptolémée d'une manière brès -distinguée. Le roi lit pour lui rc ni n'avait jamais été fait à la cour 'Alexandrie pour aucun envoyé étranger. L'avant quittée après un court séjour, Lucullus fut comblé de présents, parmi lesquels se trouvait une bague de prix ornée du portrait du roi.

Ce voisinage des armées romaines devenait de plus en plus funeste à l'Egypte qui n'avait plus à craindre que cet ennemi. La Syrie, presque tout l’Orient prenaient une nouvelle face, et la Grèce éprouvait déjà les terribles effets des armées romaines.

Elle avait eu avec les rois d’Egypte des relations dont elle consacra plusieurs fois le souvenir par des monuments publics : Athènes en particulier orna l’entrée du théâtre , ou l’Odéon , des statues des Ptolémées-, et cette ville, reconnaissante des bienfaits nombreux qu’elle avait reçus de Soter II , lui érigea une statue en bronze , et une autre à sa lillc Bérénice ; et I on est porté à croire que le décret par lequel les Athéniens firent placer la statue de Soter 11 à l'entree du théâtre , fut postérieur à sa mort.

Elle arriva après que Soter eut régne de nouveau pendant 7 ans et 6 mois , ce qui fait un total de 35 années et demie depuis la mort d’ U vergé te II , et porte la mort de ce roi à la 83* année avant Tère vulgaire.

Les monuments du rogne de Ptoiemée Soter II, d'Alexandre 1er et de leur mère Cléopâtre, qui partagea longtemps avec eu-x l'autorité royale, ne sont pas fort nombreux. Les sculptures du propvlon qui subsiste encore dans les ruiniis d’Apollinopolis-Parva représentent les adorations adressées au dieu Arocris par la reine Cléopâtre, qui fut surnommée Cocce , et par son fils Soter II ; ils prennent l’un et l'autre le surnom de Philométor. La face supérieure de ce même propylon est l’ouvrage de Ptolémée Alexandre I", qui prend le meme surnom. Une inscription grecque, tracée sur un des murs du temple d'Isis à Philæ, rappelle un hommage religieux rendu a cette déesse par Ptolémée Alexandre.

On lit aussi sur le grand temple d’Oinbos et sur le Mammisi du même lieu , ou petit temple , les noms de Cléopâtre et Je son fils aîné Soter II ; ces mêmes noms subsistent encore parmi les décorations du mur d’enceinte du naos du temple d'Edfou ; Alexandre 1" y est aussi désigné, ainsi que sa femme Bérénice. Soter II seul est rappelé dans les tableaux du temple situe derrière l’Aménophium de Thèbes; au grand pylône de Médinct-llabou , la porte (font les faces sont couvertes de bas-reliefs religieux, représente des sacrifices aux sept grandes divinités élémentaires et aux dieux des nomes thébain et hcrmonthitc : c’est Soter 1 1 qui préside à ces sacrifices, et qui éleva ce majestueux édifice , mais avec les débris d’édifices pharaoniques , ravages par la fureur des Perses. Une inscription , sculptée sur une partie du même édifice, s’exprimait en ces termes:

* Cette belle réparation a été faite par le roi seigneur du monde, le grand germe des dieux grands, celui que Phtlw a éprouvé, image vivante d’Amon-Ra, le fils du soleil, le seigneur des diadèmes. Ptolémée toujours vivant , le dieu aimé d’Isis , le dieu sauveur , en l’honneur de son père Amon- Ra , qui lui a concédé les périodes des panégvries sur le trône d’Horus. « On voit, par ce texte contemporain, que Ptolémée Soter II ne répugnait a au-

cun ries titres que consacrait l'ancienne religion de l'Egypte : la décadence de l'esprit national les prodiguait sans réserve à des rois de race étrangère.

I je nom de la reine Bérénice , femme dePtoléiuée Alexandre Ier, s’est conservé sur les bas-reliefs du temple d’Kdfon, auprès de celui du roi son mari ; et il n'est pas rare de reconnaître auprès des cartouches de ces quatre personnages les signes phonétiques hiéroglyphiques, exprimant le mot égyptien Tmaumai , traduction exacte tiu surnom de Philométors que portèrent les trois successeurs d’Évergète 11, savoir: sa veuve Cléopâtre Cocce, et ses deux tils Soter II et Alexandre Ier.

Leurs dissensions et leurs crimes remplirent l'Egypte de troubles et de calamités; l'autorité royale s'affaiblissait ; l’antique et puissaut empire des Pharaons périssait par l’effet des plus misérables désordres suscites par les plus misérables passions.

A la mort de Soter II, toute la famille royale était réduite à une fille de ce roi , héritière légitime de la couronne, et au fils d’Alexandre l*r: ce Tils avait été laissé très-jeune dans l'Ile de Cos , et survivait seul à son père , h sa mère et à leurs autres enfants morts dans le combat naval qu' Alexandre avait soutenu contre l’Egypticn Gbsréas. Il restait aussi deux fils'etune autre tille, tous trois enfants illégitimes de Soter II, et qui cependant furent placés par la suite sur le trône d’Égypte.

Bérénice succéda immédiatement à son père , et son régné commença dès l’instant de la mort de Soter II. Par lii les destinées de l’empire égyptien , <iui déjà subissaient l'ambitieuse influence de Rome , se trouvaient commises à une femme.

Le jeune fils d’Alexandre 1" était encore à Cos lorsque Mithridate s’en empara. Le roi de Pont s'intéressa au jeune prince, le mit sous sa tutelle et ordonna que son éducation fdt faite d’une manière convenable à sa naissance. Il s’appropria en même temps «t envoya dans son royaume une grande partie des richesses que Cléopâtre, veuve if Kvergète II et grand’mère

du jeune prince , avait accumulées dans cette île. Peu de temps après, Sylta ayant reçu du sénat le gouvernement de l’Asie . se trouva cliargé de la guerre contre Mithridate qui la ravageait. Il s’y rendit, et le jeune Alexandre fuyant Mithridate chercha dans le chef romain un nouveau protecteur : Sylla s’empressa de l’accueillir , et il l’avait emmené à Rome après la Un de la guerre. Dès qu’il y apprit que la mort de Soter II laissait la couronne d’Égvpte à une femme , il protégea ouvertement le jeune Alexandre et entreprit de le placer sur le trône. Alexandre se rendit en Égypte , et , pour prévenir les dissensions que sa présence et ses projets pouvaient faire naître , il épousa Bérénice et fut ainsi associé à la souveraine puissance; mais bientôt, pressé d'en jouir seul , il assassina Bérénice a laquelle il devait la couronne , dix-neuf jours seulement après être devenu époux et roi.

Le règne d'Alexandre II , dans l’état où se trouvait l’Égypte, ne pouvait être illustré par aucun événement mémorable ; au dedans , les intrigues et les ambitions de la cour épouvantaient les peuples , et les cruautés qui en étaient la suite préparaient pour l’histoire d’horribles souvenirs. Au dehors, l’Égypte , comme cernée par les forces romaines qui occupaient la Syrie, la Grèce, la Libye et Cyrène, voyait se rétrécir de plus en plus le cercle de son ancienne puissance, et, refoulée sur elle-mémc par ces Romains qui l’honoraient de leur fatale amitié, elle semblait ne pouvoir plus exister que sous leur protection. Au nom de Rome, Sylla lui avait donné un roi qu'elle ne cessa de repousser de tous ses vœux et de poursuivre de toute sa haine. Cette haine s’exhala, plus active encore, lorsque peu de temps après être monté sur le trône le roi perdit le protecteur qui l’y avait placé , et cela arriva vers la fin de la troisième année de son règne. Appien rapporte que Sylla , quoique dictateur, accepta le consulat de l'année d’après celle où il avait place Alexandre sur le trône d’Égypte; que dans l’année suivante , s’étant dépouille 2».

de ce titre imposant, il se retira à la campagne et qu’il y mourut dans les premiers temps de ses successeurs M. Æmilius Lepidus et Q. Lutatius Catulus , élus au mois de janvier de l’an 78 avant l’ère vulgaire. Dans l'année même du second consulat de Sylla , Ptolémée Alexandre avait obtenu à Rome les titres d'ami et d’allié du peuple romain , qui le protégeaient en Égypte.

Mais la mort du dictateur encouragea en quelque sorte la résistance des Alexandrins aux volontés du roi qu'ils refusaient de reconnaître, même de respecter, quoiqu’il ne négligeât aucun moyen de se rendre agréable à son peuple : il célébrait avec une grande magnificence toutes les fêtes dès longtemps consacrées par la religion des Égyptiens , et de préférence peut-être à celles du culte macédonien.

Mais ces soins religieux ne faisaient pas oublier aux Égyptiens le meurtre de la reine. Il parait même que ce crime ne fut pas le seul que l’on put justement reprocherà Alexandre. L’histoire l'a peint comme cruel, et a expliqué par la férocité de son caractère l'insurrection du peuple et de l'armée, qui le chassa du trône et d’Alexandrie. Il se réfugia par mer à Tyr, et il pensoit à réclamer du sénat de Rome les secours que le titre d’allié lui permettait d’esperer, lorsque, surpris par une grave maladie, et n’ayant point de successeur direct, il mourut après un règne de 8 années complètes, et légua par un testament le royaume d’Egypte au peuple romain. Cicéron , dans son discours sur la loi agraire, contre Servilius Rullus , rappelle à ce sqjet qu’il est assez public qu’ Alexandre fit un testament en laveur du peuple romain , et que le sénat donna a cet acte quelque sorte d'autorité, lorsqu’après la mort de ce roi , il envoya plusieurs personnes à Tyr avec la mission d’y recueillir l'argent qu'Alexandrc y avait déposé.

Vers ce même temps arrivaient à Rome deux princes syriens , fils de Cléopâtre Sélène, fille de Ptolémée Évergète II , et femme de Ptolémée

Soter II , qui 'demandaient le trône ë’Égypte; Ptolémée Denys ou Aulétès y allait aussi pour se faire reconnaître roi par le sénat romain ; enfin , on faisait au sénat la proposition de se prévaloir du testament d’Alexandre II, le prince qui lui succédait n’étant pas fils légitime de l’un de ses rois, ce qui ne peut s’entendre que de Ptolémée Denys succédant à Alexandre; enfin , le se'nal refusait de donner suite à ce testament quant à l’Égypte, afin de s'épargner le reproche qu’on pourrait lui faire de convoiter tous les royaumes, ceux de Cyrène et de Bithvnie venant d’être reunis à l'empire.

Mais les Alexandrins avaient reconnu pour leur roi Ptolémée surnommé Denys ou Bncchus, enfant illégitime de Soter II.

Le peuple romain était devenu l’arbitre suprême des dissensions des rois , et c'est devant lui que les fils de Sélène allèrent plaider eux-mêmes leur propre cause ; mais le roi ély par les Alexandrins y fit aussi défendre la sienne.

Dans le quatrième discours contre Verrès , Cicéron indique le voyage des princes syriens à Rome comme un fait récent. Ils y passèrent près de deux années, et l’un d'eux, en retournant en Syrie, voulut voir la Sicile où il trouva le préteur C. Verrès qui lui extorqua , par la ruse et la violence , entre autres meubles précieux, un candélabre enrichi de pierreries.

Le sénat n’accueillit pas la réclamation des princes de Syrie; il ne le put pas, et Cicéron dit aussi que ce fut à cause des circonstances où se trouvait alors la république : vraisemblablement la guerre contre Mithridate, contre Sertorius , et celle des esclaves qui troublaient l’Italie.

Ptolémée Denys, appelé au trône par les Alexandrins, et ne pouvant ignorer les tentatives des princes de Syrie à Rome , y faisait aussi solliciter pour être reconnu par le sénat ; mais il ne l’était pas encore à l’époque même où Cicéron accusait Verrès, 1 an 71 avant l’ère chrétienne.

D’ailleurs, entre la demande des princes syriens et celle de Ptolémée

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EGYPTE

Denys, se plaçait encore l'opinion de eeux qui proposaient d’adhérer au testament d’Alexandre II, et de réunir l’Égypte à l’empire. Moins occupée au dehors et plus tranquille au dedans, Rome n’aurait pas ajourné d’un demisiècle cette riche acquisition. Ceux qui soutenaient la validité du testament d’Alexandre II , disaient qu’elle avait été reconnue lorsqu’on avait envoyé prendre à Tyr tes trésors de ce roi ; que , de plus , son successeur n’était

Point de la famille royale : tel était avis formel du sénateur L. Philippus.

Les troubles qui agitèrent le règne d’Alexandre ne lui permirent pas d’en écrire les souvenirs sur les monuments publics : le nom de ce roi ne subsiste , du moins évidemment , sur aucun édifice d’origine égyptienne.

Toutefois, quelques critiques ont cru le reconnaître parmi les bas-reliefs du temple d’Edfou. Enfin , les monuments

fjrecs connus gardent un complet sience sur ce prince cruel qui vécut d’ailleurs dans des temps mauvais pour l’Égypte.

À Ptolémée Alexandre succéda Pto* léutée, surnommé nouveau Bacchus (ou Denys), fils de Ptolémée Soter et frère de l’infortunée Cléopâtre, fille et héritière de Soter II, que Pausanias, avec plus déraison, appelle Bérénice, d’accord avec les médailles de cette princesse.

Ptolémée, nouveau Bacchus ou Denys, fut aussi surnommé Nolhus à cause de sa naissance, étant fils non légitime de Soter II.

A défaut d’autres descendants de leurs rois, les Alexandrius l'appelèrent au trône d’Égypte. Ils donnèrent en même temps a son frere puîné le gouvernement de l*tle de Chypre, dont un usage constant de la monarchie avait fait l’apanage des frères ou des fils des rois d'É.gypte.

Straboù place ce Ptolémée Denys au nombre des plus méchants rois. Il lui reproche , entre autres défauts , sa passion pour la flûte, qui le portait jusqu’à oublier la majesté royale pour soutenir devant sa cour des combats sur cet instrument et y disputer le prix à des

musiciens de profession : ce fut In l’occasion et le motif du surnom A'Aulétts qui lui fut donné.

Mais Rome qui, on pourrait dire, avait transporte tous ses intérêts en Orient , ne cessait de s’occuper de l’Égypte, et le testament du second Alexandre en était toujours le nouveau prétexte. Diverses tentatives pour la rendre tributaire furent faites dans le sénat , et l’une des plus actives fut celle du censeur M. Crassus. Heureusement pour Ptolémée, M. Crassus trouva une aussi forte résistance dans la modération de son collègue Lutatius Catulus , et l’asservissement de l'Égypte fut ajourné.

En même temps dans la même année et sous le même consulat, Jules César, étantédile, secondaitdetouteson autorité les propositions de M. Crassus contre PtoIemée, en faisant faire auprès du peuple romain les mêmes tentatives que M. Crassus faisait personnellement dans le sénat.

Jules César soutenait la validité dtr testament d’Alexandre II, et il fit demander par les tribuns un plébiscite qui lui conférât le gouvernement de l'Égypte, se fondant sur ce que les Alexandrins avaient chassé leur roi, qui était l’ami et l’allié du peuple romain. Mais les tentatives de César au-

Srès du peuple, comme celles de I. Crassus auprès du sénat, n’eurent aucun succès, et bientôt après César protégea lui-même de tout son crédit le roi qu’il voulait alors dépouiller.

Ces tentatives du censeur M. Cras-.

sus et de J ules César, édile , remontent à l’année 66 avant l’ère vulgaire , à la 8° et à la 9* du règne de Ptolémée Denys.

Deux années après et sous le consulat de Cicéron, Ptolémée courut de nouveau le danger d’être dépouillé de ses États, la loi agraire proposée par Rullus comprenant implicitement PÉgypte parmi les possessions romaines que cette loi devait livrer à l’arbitrairedes décemvirs; mais l’éloquence de Cicéron sauva Bonte et l’Égypte de cette calamité ; c’était la 1 1* aimée du règne de Denys.

Dans le même temps , Pompée commandait en Asie, et, apres avoir défait complètement Mithridate, il se rendit en Syrie et marcha sur Jérusalem, dont il s'empara. Pompée attaqua ensuite et prit aussi quelques autres villes de la Syrie, et toucha pour ainsi dire aux frontières de l'Égypte, dont le roi lui envoya plusieurs députés chargés de lui offrir des présents et des secours, beaucoup d'argent, et ce qui était nécessaire pour habiller son armée.

Pompée s'abstint toutefois d'entrer en Égypte; il résista même aux sollicitations du roi , qui réclamait son assistance contre les insurrections auxquelles son royaun\e était en proie; car les germes de la rébellion existaient toujours , et le peuple , qui avait plusieurs fois témoigné son mécontentement au sujet des taxes extraordinaires que le roi employait à payer ses défenseurs et ses agents à Rouie, était resté constant dans sa haine et dans son opposition. On doit remarquer aussi que les discussions hostiles qui avaient lieu dans le sénat à Rome, et qui chaue jour menaçaient de nouveau l’inépendance de’ l’Égypte, ne contribuaient pas peu sans doute à maintenir cet état si déplorable, et ordinairement si fécond en malheurs pour les princes et pour les peuples.

Diodore de Sicile visita l'Égypte dans ces mêmes temps, et, quoiqu'il ne parle pas des troubles qui l'agitaient alors, ils n’en sont pas moins certains, puisque bientôt apres le roi en éprouva les cruels effets.

Il faisait solliciter depuis longtemps , a prix d'argent, les titres d’ami et allié du peuple romain, et par tous les moyens qui pouvaient le conduire à les obtenir, espérant les opposer avec fruit a la malveillance de ses sujets.

Le consulat de Jules César lui fut très -favorable. Scs deux envoyés, Uioscoride et Sérapion , réussirent auprès du consul. la; roi d’Égypte fut enfin honoré par le peuple romain de ce titre d'allie qui lui fut conféré par une loi et par un sénatus-consultc.

I>ans l’année suivante, P. Clodius

Pulcher,aprèsavoir fait exiler Cicéron, fit porter la loi qui réunissait l'ile de Chypre à l'empire romain. Celui qui la gouvernait, Ptolémée, frère du roi d'Égypte , tenta sans succès de résister a cette invasion ; obligé de céder à la puissance de Rome , il ne voulut pas survivre à la perte de son apanage, et il se donna la mort. La même loi par laquelle Rome s'emparait de l'ile de Chypre en donna l'administration à Caton. Il fut chargé en même temps de ramener les exilés de Byzance.

Mais, peu empressé de remplir l'importante mission qui lui était malgré lui déférée , Caton envoya d'abord Canidius à Chypre, chargé de déterminer Ptolémée à céder l’ile sans combat , de lui persuader qu’il pouvait y consentir sans ignominie , lui promettant de lui faire conférer par le peuple le titre de prêtre de la déesse à Paphos. Caton se rendit ensuite à Rhodes , et y attendit l'issue de la négociation de Canidius.

Ptolémée Denys l’y trouva encore lorsque , ayant quitté Alexandrie , il se décida à se rendre à Rome; car les Alexandrins, fatigués de ses exactions qu’il employait à payer un crédit illusoire qui n'avait pu prévenir l'envahissement de Chypre depuis longtemps l'un des apanages des princes de la famille royale, firent éclater leur mécontentement ; et le roi , ne pouvant les contenir par la force, voulut se soustraire par la fuite aux effets redoutables de cette insurrection. Il partit pour Rome, se plaignit de l'insulte qu'il avait reçue, et demanda que le consul Spinther fût chargé de le ramener dans ses États. Ptolémée comptait alors la IG* année de son règne.

Il sollicita longtemps à Rome ceux qu’il considérait comme ses amis, particulièrement César et Pompée. Il répandait aussi beaucoup d'argent; il eu empruntait de tous ceux qui voulaient se confier à ses espérances, entre autres de C. Rabirius Posthumus, dont Cicéron voulut plus tard faire reconnaître la créance.

Pendant que Ptolémée cherchait des protecteurs, les Alexandrins, ignorant le parti qu'il avait pris et le croyant

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P.GYPTE.

mort, reconnurent pour reines ses deux filles Cléopôtre ou Tryphène, et Bérénice. Elles régnèrent ensemble une année, et , après la mort de Tryphène , Bérénice régna seule deux années encore. Les Alexandrins appelèrent en même temps de la Svrie un certain Cvbiosactès qui prétendait descendre de. ses rois , et qui était un des fils d’Antioehus Grypus. Ce prince syrien, fils d'Antiochüs Grypus, fut associé comme roi à la reine Bérénice pr le peuple d’Alexandrie ; mais il ne jouit pas longtemps de sa fortune , car Bérénice l'étrangla bientdt après, à cause de la sordide avarice qui le dominait , épousa plus tard Arcbélads, compagnon de Gabinius en Svrie , qui se donna pour le fils de itfithridnte F.upator, et qui régnait encore en Egypte au retour de Ptolémée Aufétés.

Quoique informée du voyage de son père à Rome , Bérénice ne songea pas a lui rendre volontairement la couronne-, elle envoya au sénat une députation qui fut composée de cent personnes , dirigée par Dion , chargée d'accuser le roi devant le peuple ou le sénat, et de défendre les Alexandrins contre ses insinuations , s’il y en avait qui leur fussent contraires. Mais le nombre des envoyés n’assura pas mieux le succès de cette ambassade :

la plus grande partie de ces députés fut assassinée dans la route ou à Rome même par les soins de Ptolémée; le reste fut gagné à force d’argent , ou frappé de terreur. Dion n’osa pas comparaître devant le sénat, qui voulait obtenir de lui des renseignements exacts sur ces assassinats dont M. Favonius demandait instamment la punition ; enfin Dion lui-même périt bientôt après victime des mêmes intrigues. Tel fut à Rome l’état des choses tant que Ptolémée y demeura.

La rivalité qui existait alors entre les principaux personnages de la république, était peu favorableà un prompt accomplissement des vœu x de Ptolémée. La protection publique de Pompée lui conciliait des suffrages, mais lui créait aussi des oppositions dans le

sénat. On décida de consulter les li\ res des Sibylles, et l'on y lut cette réponse non équivoque : * Si un roi d’É- « gypte, dans le malheur, vient unj'our ■ vous demander des secours, ne lui

• refusez pas votre alliance , mais ne

• lui accordez point de soldats. » Les partisans de Ptolémée rendirent publique la réponse de l’oracle; le tribun C. Caton força les prêtres de la communiquer au peuple avant que le sénat Petit permis; elle fut l’objet de diverses interprétations, et Ptolémée crut satisfaire à ce qu’elle ordonnait en demandant qu’il ftlt ramené par Pompée, suivi seulement de deux licteurs. Mai" le sénat qui craignait d’accroître , par cette importante mission , l'influence de Pompée , s'occupa plutôt de l’en détourner, et le chargea de l'introduction des blés à Rome. Pompée partit aussitôt pour l’Afrique , et Ptolémée , désespéré par cette subite résolution, se rendit à E.plièse, pour y attendre les décisions du sénat. Pendant ce temps , Cicéron avait été rappelé de son exil après une absence de seize mois.

Dès les premiers jours de l’année suivante, P. Cornélius I.entulus Spinther, en sortant du consulat, ayant été nommé proconsul en Cilicie’ où était encore Gabinius , le sénat s’occupa de nouveau du roi d’Egypte.

En quittant Rome, Ptolémée Denys y avait laissé Ammoniusqui cherchait, publiquement des suffrages qu’il pdt acheter. Mais ceux qui favorisaient faiblement les vœux du roi d’Égypte, ceux surtout qui lui étaient opposés , hésitaient à prendre un parti, affectant un grand respect pour les conseils de l’oracle. Au contraire, Cicéron et ses amis soutenaient avec chaleur que le roi devait être rétabli sur son trône; et, bien convaincus qu’il n’était possible d’y réussir rpie par l’assistance de l’armée , ils cherchaient les niovens de concilier les défenses des dieux avec cette nécessité. On lit encore dans Cicéron le subtil accommodement qu’il proposait pour que l’armée de Cornélius Spinther, proconsul ni Cilicie, pdt être employée au rétablissement

«le Ptolémée sans («nir cela offenser l’oracle , comme si , dans tes choses divines , ainsi que trop souvent peutêtre dans les intérêts humains, la bonté de la forme pouvait sauver l’immoralité du fond : aussi , et par suite du même système d’interpretations , lorsque Gabinius, qui replaça Ptolémée sur le trône de vive force et après avoir livré bataille aux Égyptiens, fut accusé de sacrilège devant le peuple romain , Pompée , César et leurs affidés voulurent-ils faire décider que la Sibylle avait entendu parler pour d’autres temps et d’un autre roi que de Ptolémée Denys.

Cicéron mettait un intérêt particulier à ce que la mission de réintégrer Ptolémée Denys fût confiée à Cornélius Spinther. Il prononça pour ce roi un discours qui ne nous est point parvenu , et qui dut contribuer au succès de la cause qu’il défendait. Le sénat enfin prit une de ces résolutions si communes dans les discussions où des partis opposés, mais également puissants , s'attaquent et se défendent avec une pareille activité : il consentit que Ptolémée fut replacé sur son trône; et , après avoir exprimé cette seule volonté, il s’en remit au proconsul de Cilicic pour son exécution , sans lui en

firescrire aucunement le mode. Ainsi e sénat, qui ne disait pas d’y employer l'armée, ne devenait pas sacrilège si Lentulus Spinther s'en servait : il s'abstint même de rendre un sénatusconsulte, et se contenta de faire connaître son avis à Lentulus par une simple lettre. Cicéron écrivit aussi au proconsul ; il lui conseille de conduire d'abord le roi à Ptolémaïs ou dans quelque autre lieu voisin , de se rendre ensuite avec sa (lotte et l'armée à Alexandrie , et, après y avoir ramené l'ordre et placé une garnison, d’y rappeler le roi : « Ce sera donc vous, ajoute-t-il, qui rétablirez le roi , ainsi que le sénat l’a d'abord voulu ; et comme il arrivera sans troupes , les religieux observateurs des ordres de la Sibylle seront

satisfaits Votre voisinage de l'É-

gvptc vous permet d'ailleurs bien mieux qu’à nous de juger de ce qu'il

convient de faire. Notre avis serait cependant que s'il vous parait que vous pouvez facilement occuper ce royaume , il ne faut pas hésiter : s’il y a le moindre doute , il ne faut pas l'entreprendre. v,

Quelque incertaine que fût a cet égard la volonté du sénat , quelque positive qu’edt été sa décision pour qu'il n’y fût point employé de troupes , Pompée , alors consul , n'hésita pas de prendre sur lui d’en décider autrement. Il engagea le roi à partir et à se rendre auprès de Gabinius , commandant en Syrie : en même temps il écrivit à celui-ci de ramener le roi sur le trône à la tête de son armée , et de ne s’arrêter ni aux ordres du sénat ni aux défenses de la Sibylle. Ptolémée fit distribuer beaucoup d'argent aux soldats, en promit encore davantage, paya la coopération de Gabinius, et l’expédition fut entreprise. Gabinius confia la Syrie à l’inexpérience de son fils jeune encore, et partit avec son armée, il arriva devant l’élusc dont les Juifs lui facilitèrent l'occupation et , secondé par le courage d'Antoine qui commandait la cavalerie , par sa modération même, car Antoine s’opposa aux vengeances de Ptolépiée rentré à Péluse, Gabinius fut simultanément le maître de l’Égypte par terre et par mer, avant, pendant une sa Hotte côtoyait le Nil et en maîtrisait les embouchures, mis en fuite l'armée égyptienne qui s'opposait à sa marche.

Archélaiis, le mari de Bérénice qui avait été placée sur le trône depuis le départ de Ptolémée, fut tué dans ce combat ; et le roi signala sa réintégration en faisant mourir sa fille qui avait usurpé la couronne , et les plus riches des partisans qui l’avaient secondée , afin de payer les siens aux dépens de leur fortune. Ceci se passait l’an 55 avant l’ère vulgaire , et la 19' du règue de Ptolémée Denys , qui fut ainsi éloigné du trône pendant plus de deux ans entiers.

L’histoire n’a conserve le souvenir d’aucun événement remarquable qui appartienne au reste du règne de Ptolemée Denys : trop lent pour rien eu-

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treprendre au dehors, son caractère sombre et l'expérience que l’on avait faite de son gouvernement, ne permettaient d’espérer de lui aucune action digne de louange ; il se vengea de ceux qui avaient abandonné son parti , sans récompenser ceux qui lui étaient restés fidèles; il ne reconnut même pas les services qu’il avait reçus, et porta l’oubli de la justice jusqu’à refuser à C. Rabirius le payement des sommes considérables qu’il lui avait empruntées pendant son exil. Gabini u. s , qui l'avait replacé sur le trône, n'était pas plus heureux : traduit deux fois devant les tribunaux suprêmes pour avoir outrepassé les ordres du sénat , il fut acquitté d’abord et puis condamné à l'exil ; on ne se souvenait de Ptolémée que par le malheur de l'avoir connu.

Il mourut trois années apres son rétablissement sur le trône , et la 21e de son règne compte depuis la fin du règne d’Alexandre 11. Son nom ne subsiste sur aucun monument du style égyptien; tnaisdes inscriptions grecques lé rappellent, et nous font connaître qu'avec le surnom de nouveau Denys, ce roi porta aussi ceux de Pbilopator et de Philadelphc.

Ceci est prouvé par l’inscription grecque que j’ai publiée en 1819, et qui s’exprime ainsi : » Au nom du roi Ptolémee, dieu, nouveau Bacchus, Philopalor et Philadelplie , et de ses enfants, l'hommage religieux à notre maltresse Isis et aux dieux adorés dans le même temple , a fait ’l'liéodote , (ils d’Agésipbon , achéeu de la ville de Patræ. » Cette inscription se lit, écrite à l’encre rouge, sur le socle en granit de l’un des deux obélisques de Pliilæ, et sur le propylon du temple d’Isis du même lieu ; le même roi et le même hommage à la deesse sont rappelés dans deux autres épigraphes tracées sur le même temple. Il y a loin de ces mesquins actes d'adoration aux grandes et magnifiques constructions qui rappellent encore tant de glorieux règnes en Égypte: celui de Ptolémée Denys fut l’avant-dernier de l’Égypte indépendante ; ses enfants et l'ambition de

Rome hâtèrent à l’envi l’époque de son asservissement.

Ptolémée Denys , qui avait vu sa fin s'approcher, imita l’exemple de quelques-uns de ses prédécesseurs, et fit un testament par lequel il régla pour ses enfants l'ordre de la succession au trône. Il en laissait quatre de vivants, deux filles , Cléopâtre et Arsinoé , et deux fils , tous deux plus jeunes qu'elles. L’ainé de ceux-ci et Cléopâtre la plus âgée des deux filles, furent institués héritiers de la couronne , et les deux autres à leur défaut. L’exécution de ces volontés royales était recommandée à la foi et à l’amitié du peuple romain. On les respecta d'abord ; mais des dissensions domestiques les firent bientôt oublier, et les vingt-deux années pendant lesquelles l'empire égyptien subsista encore, furent partagées en plusieurs règnes successifs.

Le fils aîné du roi mort et sa lille aînée Cléopâtre montèrent paisiblement sur le trône. L’usage voulait que la minorité du jeune roi fût confiée aux soins d'un tuteur, et l’eunuque Pothiuus fut choisi. Mais Cléopâtre, qui avait sur son frère l'avantage d'êtro majeure, devait exercer dans l’administration de l’État une influence que son caractère, au défaut d’autre prétexte , rendait inévitable. Rlle prit le titre de reine aussitôt après la mort de son père; et, comme sur ce trône où elle résista pendant vingt-deux années à tant de catastrophes, elle ne vit que passagèrement s’asseoir avec elle le premier-né de ses frères et ensuite le second ; comme elle sauva ce trône de l’ambition de César, qu’elle le fit respecter par Antoine, et du moins ne survécut pas à sa perte sous Auguste, c'est à elle seule que l'histoire donne, les vingt-deux dernières années des Lagidcs , ne nommant en quelque sorte les deux rois ses frères que pour nous apprendre que , même étant rois , ils moururent sans régner.

Déjà l'Égypte était tellement romaine, que i’bistoirc des événements qui se passèrent pendant ce dernier période de son existence politique, l’intéresse on pourrait dire moins que

Reflue mime. César et Pompée avaient rompu ouvertement, et disputaient, avec les troupes de la république, a qui des deux le sort des combats laisserait le droit de l’asservir. Cléopâtre et le jeune Ptolémée ne se trouvèrent pas , dès leur avènement, sous le joug lie la puissance romaine. Pendant les deux premières années , ils en furent assez libres pour laisser éclater entre eux ces dissensions intestines qui , depuis quelques générations , signalaienten Égypte chaque nouveau régne.

Ptolémée parvint a sa majorité, et ceux qui jusque-lé» n’avaient été que •ses tuteurs voulant être ses maîtres , ils ne négligèrent aucun moyen de diviser le frère et la sœur. Il paraît même que le caractère altier de Cléopâtre, ambitieuse de porter seule la couronne, seconda puissamment leurs secrétés menées. Le peuple d'Alexandrie fut encore appelé comme auxiliaire, et , croyant rdtre associé aux vœux du roi , il ne le fut qu’aux intrigues de ses tuteurs. Cléopâtre fut chassée du trône et contrainte île fuir en Syrie : elle n'y resta pas oisive, et, impatiente de ressaisir un pouvoir qu’elle ne voulait pas même partager, elle rassembla des troupes , se créa des partisans et lit des dispositions pour attaquer avec succès le roi son frère.

Il s'était rendu à Péluse avec son armée pour observer Cléopâtre et s'opposer a ses tentatives. Legrand Pompée fuyait alors des champs de Pharsalc où la fortune avait si cruellement trahi ses espérances. Il croyait trouver auprès de Ptolémée les secours auxquels lui donnait tant dedroi ts l'active protection qu’U avait accordée an père du jeune mi, ramené par lui sur son trône.

Pompée arriva sur les côtes d’Égypte, et se fit annoncer au roi qui reçut trèsbien ses envoyés. Il les chargea de conduire auprès de lui des personnes qui ii'hésitèrent pas à tremper leurs mains dans le sang de ce grand homme : elles l’égorgèrent dans la barque même qui devait le conduire sur une terre hospitalière. Pompée n’eut pas la consolation de In toucher, et il mourut sous les coups de CfS traîtres a la hauteur

du mont Casius , an jour même où il avait joui des honneurs du triomphe

fiour sa victoire sur Mithridate et sur es Pirates.

A peu de jours de là , César poursuivant Pompée qui n'existait déjà plus, arriva en Égypte; et, quoiqu’il n’ertt à ses ordres que 3,200 hommes, il n’hésita pas à entrer dans Alexandrie.

Il évoqua aussitôt a son tribunal , en sa qualité de consul romain et au nom du peuple exécuteur testamentaire des volontés de Ptolémée Denys , les différends qui divisaient les deux enfants successeurs de ce roi. I.’eunuque Pothinus qui ne voulait pas voir Cléopâtre partager le trône d'Égypte , déguisant d’ailleurs sa propre ambition sous les apparences d'un extrême dévouement ii son roi , exagérait à dessein ce qu'il trouvait d'inconvenant et d'offensant pour la majesté royale dans les prétentions de Jules César; en même temps il faisait avancer Achillns à la tête de l'armée égyptienne contre Alexandrie.

César cependant communiquait par ses envoyés avec le jeune roi qui se livra à Itii , et la guerre que ses anciens tuteurs soutenaient encore prenait dès iors un caractère de sédition qui laissa César plus libre de la comprimer. Il V parvint difficilement , quoiqu’il eût appelé de l’Asie, et des tles voisines, de nouveaux corps de troupes et quelques galères. En lui résistant , la population de la liasse Égypte croyait défendre les droits de son roi outragé par la présence de l’armée romaine; et bientôt voulant unir la ruse à l’appareil de la force, les Égyptiens promirent de se soumettre si César laissait au jeune l’tulémée la liberté de se réunir a eux. César ne s’y opposa pas, et Ptolémée ne le quitta, malgré ses promesses , que pour exciter davantage le parti des tuteurs à la résistance. Sur ces entrefaites, Mithridate de Pergame arriva de la Syrie où il avait levé un grand nombre «le soldats , attaqua et prit Peluse, et, pendant que le roi se hâtait de s’opposer à sa marche sur Alexandrie, César partait de cette ville pour la faciliter. Une grande action se trouva engagée entre les deux partis

EGYPTE

ennemis ; lesarmées égyptiennes furent mises en fuite , et le jeune roi lui-même périt dans le Hit.

Ces événements retinrent César en Égypte pendant neuf mois; ils étaient accomplis au mois de mars de l'an 48 avant l’ère vulgaire. Alors mourut, après un règne de moins de quatre années , le jeune Ptolémée nui porta comme son père le surnom de Denvs.

Après sa mort, son frère fut riiis sur le trône par l’ordre de César. On raconte en effet que Jules César, maître d’Alexandrie et de l’Égypte , au lieu de s’en emparer au nom’ du peuple romain , s'empressa d’exécuter le testament du roi , père de Cléopâtre , qu'il appela Ptolémée le jeune, I unit à cette rteine et les plaça sur le trône pour régner ensemble.’ Bientôt après il quitta l’Égypte, n'emmenant avec lui qu’une seule légion , et y laissant le reste de son armée en garnison.

Quoique son frère et son mari , disent les auteurs anciens, ddt partager le pouvoir roval , Cléopâtre, néanmoins , forte de la proteetion de Jules César, gouvernait par elle seule. Peu de temps après son seront! mariage , elle mit au monde un (Ils qui fut nommé Césarion , comme pour perpétuer le scandale de son origine. Il est vrai que les honneurs que César rendait à Cléopâtre , même a Rome , devaient naturellement exciter de plus en plus son orgueil et la rendre liere de ses torts. César, en effet, l’associait en quelque sorte au culte de la divinité; et , lorsqu'au jour de ses quatre triomphes, Cléopâtre étant alors à Rome avec le jeune Ptolémée son mari , César consacra un temple à Venus génératrice, il fit placer une statue de Cléopâtre à côté de celle de la déesse ( l’an 47 ).

Dans la même année de son règne , Cléopâtre faisait frapper des monnaies qui portaient son image , son nom et le chiffre G qui en marquait l’époque; mais rien n'y rappelle le roi qui partageait le tronc avec elle : peut - être n’était-il pas encore majeur ni couronné; du moins l’histoire nous le laisse ignorer. Elle nous apprend que ce jeune prince mourut victime de l’in-

vincible ambition de Cléopâtre qui s’en débarrassa par de rriminclles menées, dans la 8” année de son règne.

Maîtresse alors du trône , sans |iartage et sans opposition , Cléopâtre voyait ainsi s’accomplir ses voeux les plus ardents. Ce succès lui coûta des fautes et peut-être des crimes; mais seule enfin , et comme si son caractère avait dû suffire aux grands événements qui se préparaient, elle ne fut pas effrayée de son isolement. Ce fut comme femme et non comme reine qu’elle espéra résister à la puissance de Rome, et l’on peut dire que la monarchie égyptienne n’aurait pas péri , si cette monarchie avait pu être sauvée par un grand roi. Cléopâtre avait un fils qu’elle aimait et pour lui et pour son père.

Il porta , jeune encore , le titre de roi des rois; cependant il ne régna jamais et mourut sans honneurs.

L’Égypte n’était plus qu’un camp romain : les légions y étaient comme en pleine campagne, et servaient successivement aux entreprises dont les dissensions civiles portaient le théâtre en Syrie ou dans d'autres contrées voisines de l’Egypte. Octave, Antoine et Lépide se réunirent pour convenir du mémorable triumvirat que Puhlius Titius leur lit conférer par une loi. Ils se partagèrent le gouvernement de toutes les provinces , à l’exception de' celles que Brtitus et Cassitis occupaient encore, et qu’ils défendaient par la force des armes contre les triumvirs même qui les firent attaquer. Dolahella , attaché au parti d'Antoine , chargea Albienus de prendre en Égypte les légions que Jules César y avait laissées, et de se rendre de là en Syrie; mais Cassius l'y surprit et le força de se réunir à luf. Dolabella s’avançait vers l’Ionie, poussant vers l’Orient. Cassius voulut , mais sans succès , s'opposer à sa marche; il fut battu sur les côtes de Svrie , et , pour réparer ses perte*, il exigea de nouveaux secours des Iles, des pays voisins, et même de Cléopâtre. Cette reine favorisait Dolabella comme ancien ami de Jules César; elle avait une flotte nombreuse prête à partir pour le seconder : elle s'ex-

cusa donc de son refus auprès de Cassius sur les calamités qui ravageaient l'Égypte, alors en proie à la peste et à la famine. Cassius agréa ces motifs, et , plus heureux dans un second combat qu'il ne l’avait été dans le premier, il battit Dolabelia sur mer, prit ses légions et la ville de I.aodicée où il s'était établi. Cassius se disposait même à marcher sur l’Égypte , lorsqu’il fut instruit que Octave et Antoine , avec une flotte considérable, s’avancaient contre lui. Il dut préférer de se rendre en Macédoine [tour combiner avec Brutus l'emploi de leurs communs efforts, rendus nécessaires par leurs périls communs. En attendant, Cléopâtre envoyait sa flotte pour seconder Antoine et Octave; Cassius qui l’apprit à Rhodes plaçait Murcus en station à la hauteur du’ promontoire de Ténare; mais cette précaution fut inutile, une tempête ayant dispersé et presque entièrement détruit la flotte de Cléopâtre. Après diverses expéditions partielles , les troupes des deux partis se réunirent dans les plaines de Philippes, où se livra la bataille qui assura la victoire au triumvirat et décida du sort de la république. Cela arriva pendant le consulat de L. Munatius Plancus et M. Æmilius Lepidus II , l’an 42 avant l’ère vulgaire, dans la tr année du règne de Cléopâtre.

En même temps, les triumvirs, reconnaissants des secours que Cléopâtre avait donnés à Dolabelia contre Cassius, consentirent que son jeune fils, Ptolémée Césarion , portât le titre de roi d’Égypte.

Après la victoire de Philippes et la mort de lirutus , Octave retourna en Italie ; Antoine se rendit en Asie, resta quelque temps à Éphèse , passa de là en Pnrygie , en Cappadoce , et s’arrêta dans la Cilicie.

Cléopâtre s’y rendit pour répondre aux accusations dont elle était le sujet. Elle rappela au triumvir ce qu’elle avait fait pour Dolabelia, ce qu’elle avait refusé aux ordres deCassius qui le combattait ; elle parla aussi de la flotte qu'elle avait envoyée à Octave malgré la station de Murcus : mais Antoine

donna moins d'attention à la défense de la reine qu’aux charmes dont elle était douée; et, cédant à leur puissance, il ne put résister à aucune de ses volontés. Elle partit triomphante ; et aussitât Antoine, après avoir envoyé un corps de cavalerie sur Paimyre, distribua le reste de l’armée dans les quartiers , laissa le commandement de l’Asie à Plancus , celui de la Syrie à Saxa , et se rendit lui-même en É’gvpte pour y passer l’hiver ( l'an 41).

Pendant qu’ Antoine oubliait auprès de Cléopâtre et Rome et l'Italie , Fulvie sa femme crut voir dans le renouvellement des dissensions civiles un moyen assuré de le ramener auprès d’elle.

Antoine avait reçu en Égypte les envoyés des colonies , et il les avait retenus auprès de lui soit à cause de l’hiver, soit afin que ses desseins fussent plus ignorés. Dès les premiers jours du printemps il quitta l'Égypte , sc rendit a Tyr, ensuite à Athènes où il rencontra’Fulvie qu'il n’hésita pas à blâmer, ainsi que son frère Lucius , et Manius surtout ; il laissa Fulvic malade à Sicyone , et , après sa mort survenue peu de mois après, il épousa Octavie, sœur d’Octave , et ce mariage termina leurs dissensions. Après ces événements , Antoine distribua ses légions en Ulyrie,en Épire, en Afrique, et passa l'hiver à Athènes avec Octavie, sa nouvelle épouse. Ce fut celui de l’an 40 avant 1ère vulgaire.

L’histoire n’a conservé le souvenir d’aucun événement relatif à l’Égypte pendant cette première absence ^Antoine, si ce n'est l'arrivée auprès de Cléopâtre de Hérode, fils d’Antipater, qui se rendit à Rome et fut reconnu roi des Juifs par les soins et sous la protection d’Antoine.

La paix entre Octave, Sext. Pompée et Antoine, n’avait duré que peu de temps : dès la fin de l’hiver Antoine se rendit à Tareute pour seconder Octave qui ne s’y trouva pas, et qui, ayant continue seul la guerre assez malheureusement, fut obligé de solliciter de nouveau le concours d'Antoine.

ÉGYPTE

Celui-ci ne le refusa pas et employa même Octavie à ramener vers lui Octave qui lui témoignait peu de bienveillance.

Le triumvirat fut renouvelé pour cinq autres années , et les guerres ne discontinuèrent pas. L’Égypte ne cessait pas d’étre le centre de ses opérations militaires; et, comme l'influence toujours croissante de Cléopâtre dirigea tous les desseins du triumvir Antoine , c’est leur accomplissement qui fournit les faits et les époques des dernières années de la monarchie égyptienne ; mais ces dernières pages de l’histoire politique d’un grand empire ne sont plus que la lin des aventures d’une femme passionnée.

Antoine lit la guerre en Arménie sans obtenir de succès bien marqués :

l’hiver l’y surprit, et, se proposant de continuer la campagne à l’entrée du printemps, il plaça ses troupes dans des cantonnements, leur distribua l’argent que Cléopâtre lui envoya, et se rendit aussitôt après en Égypte ( l’hiver de l’an 38). Antoine lit ensuite la paix avec le roi des Mèdes ; et , considérant cette alliance comme très-favorable à ses projets sur l’Arménie , il , tenta d’abord d’en attirer le roi en Égypte par des propositions amicales. Elles furent suspectes, conséquemment sans succès, et Antoine rentra en campagne, annonçant une seconde guerre contre les Parthes. Il avait déjà quitté l’Égypte lorsqu'il y fut ramené par la nouvelle de la prochaine arrivée d’Octavie qui venait de Rome se réunir à lui II réussit à la faire demeurer à Athènes , et passa le reste de l’année en Égypte , occupé à réunir les moyens les plus faciles et les plus certains pour s’assurer la conquête de l’Arménie.

Dès le printemps de l’année suivante, Antoine quitta l'Égypte et se reudit à ISicopolis. Sous de spécieux prétextes, il y attira le roi Artabaze, le chargea de" chaînes qui furent faites d’argent par respect pour la majesté royale , s'empara du reste de l’Arménie par la persuasion ou pur les armes ; et, laissant scs légionsdausce royaume,

il retourna en Égypte avec un butin immense , emmenant prisonniers le roi d’Arménie, sa femme et ses enfants qu’il fit marcher devant lui , avec d'autres captifs , lors de son entrée triomphante à Alexandrie. Antoine les fit aussi comparaître devant Cléopâtre assise sur un tribunal en présence du peuple ; il proclama ensuite cette femme reine des rois , et son fils Césarion roi des rois, soutenant qu’il était le fils légitime de Jules César, moins peutêtre pour relever sa naissance que pour désobliger Octave qui n'était que son fils adoptif. En meme temps il confirma Cléopâtre et Césarion dans la possession de l’Égypte et de Chypre, donnant aux enfants qu’il avait eus de la reine le reste de ses conquêtes, c’est-à-dire tout le pavs jusqu’à l’Euphrate à son fils Ptolemée , à sa fille Cléopâtre la Cyrénaïque , et à l’autre Ptolemée, leur frère, l'Arménie et les contrées au delà de l’Euphrate jusqu'à ITndus, lorsqu'elles seraient conquises.

Cette année, la 16' de son règne, fut, pour Cléopâtre, la plus mémorable de sa vie. Antoine avait soumis l'Arménie et plusieurs autres contrées de l’Orient ; il était en paix avec Octave et avec Rome ; son union avec Cléopâtre devenait de jour en jour plus intime ; des fêtes brillantes et la pompe d’un triomphe militaire, à l’exemple de ceux qm étaient en usage à Rome, donnaient à Alexandrie un éclat jusu'alors inconnu ; toutes les passions (aient exaltées par la victoire; et Cléopâtre, que ne satisfaisaient plus les hommages qu’elle recevait comme reine , voulut être honorée comme une divinité. Elle prit en public le nom avec les attributs a'Isis , et sur la monnaie qu’on lit à cette occasion , le titre de nouvelle déesse; Antoine même y laissa inscrire son nom a côté de celui de cette princesse , faisant douter par là s’il était roi d’Égypte ou triumvir de la république romaine.

Antoine alors semblait n'avoir plus rien à conquérir en Orient, ou du moins ne plus s’en occuper. Entièrement subjugué par Cléopâtre, il ne

pouvait se résoudre à la quitter; et, s'il ftll contraint d'entreprendre de nouvelles campagnes, il obtenait d'être accompagné par la reine , de sorte que l'appareil et le luxe qui y présidaient en taisaient plutôt des voyages d'agrément que des expéditions militaires.

Livré à toutes les jouissances des cours dans une contrée où l'Afrique et l'Asie étalaient alors toutes leurs séductions , Antoine ne se souveuait plus de Uome qui , pour lui .était toute dans Alexandrie. Mais sa femme Octavie, délaissée et vivant , depuis son second retour d'Alliènes, dans une profonde retraite , ne cessait toutefois d’accueillir avec distinction et de seconder de son crédit auprès d'Octave ceux qui , de l'Égvpte, venaient à Rome txiur les affaires publiques ou pour leurs intérêts privés; elle résista même à de sécrétés insinuations d’Octave, repoussant avec une vertueuse fermeté l’idée de consentir que, pour les intérêts d'une femme , les Romains tournassent encore leurs armes contre des Romains.

Octave cherchait des prétextes pour accuser Antoine; son ambition souffrait de l’existence de cet heureux compétiteur. Antoine le savait , il se défendait par scs lettres ou par ses amis.

Un certain temps se passa dans ces réciproques explications , souvent portées devant le sénat même , mais sans espoir d'accommodement, car Octave et Antoine prévoyant également une guerre prochaine s’y préparaient en secret.

Pour la faire avec plus de succès , Antoine quitta l'Égypte, se rendit dans l’Asie Mineure, et ue là en Grèce. Il s'arrêta d’atiord à Éphèsc et vint ensuite à Samos qu'il indiqua pour rendez-vous de guerre à tous ses alliés.

Il y appela aussi des musiciens et des histrions, y passa quelque temps dans ics plaisirs, et arriva cnlin à Athènes où il prit part, avec Cléopâtre qui ne l’avait pas quitté, à tous les jeux olympiques célébrés cette même année , la S3r avant l'ère vulgaire.

Antoine , comble d'honneurs par les Athéniens, donnait aux préparatifs de

la guerre tout le temps que les jeux et les fêtes lui laissaient de libre. Enfin , déguisant moins ses vues hostiles h l'égard d’Octave et de tout ce qui lui appartenait, il envoya quelqu’un à Rome chargé de faire sortir de sa maison sa femme et ses enfants.

Antoine fit demander aussi que le sénat voulût, confirmer tout ce qu’il avait fait en Égypte ; il espérait y réussir au moyen de ses intimes relations avec Cn. Doniitius Ahenobarbus et C. Sossius qui lui étaient très-dévoués , et qui parvinrent au consulat dés le mois de janvier suivant (fan 32).

Dès le commencement de ce mois , Sossius engagea publiquement cette mémorable discussion en demandant un édit contre Octave ; mais Octave se défendit devant le sénat, accusa hautement Sossius et Antoine, et assigna un jour pour soutenir devant eux ses accusations. Effrayés par ce premier résultat , les consuls avec plusieurs sénateurs sortirent secrètement de Rome et se rendirent auprès d’Antoine. Octave continua de l’accuser devant le sénat et devant le peuple; il parvint même à le rendre odieux en lui supposant le projet de transférer le siège de l'empire romain cn Égypte, et à lo faire priver du consulat pour lequel il était désigné pour la troisième fois.

Enfin , sans faire proclamer Antoine l'ennemi du nom romain , Octave réussit à faire déclarer la guerre à Cléopâtre, bien certain par là d’obligrr Antoine à la quitter ou à combattre pour elle contre Rome qui ne décidait rien contre lui.

On fit toutes les cérémonies religieuses usitées dans ces circonstances; Octave lui-même remplit les fonctions de flamme fécial; on leva beaucoup d’argent et beaucoup d'hommes. Tous les alliés, toutes les provinces, l'Italie . la Gaule, l'Espagne, l’Afrique, la Sardaigne, la Sicile, {lurent fournir leur contingentait parti d'Octave, tandis que celui d'Antoine était défendu par l’Asie, la Thrare, la Macédoine, la Grèce entière, Cyrène et l’Égypte , les îles voisines, les princes cl les rois qui , en Orient , étaient aussi les alliés

ÉGYPTE

des Romains : il en chercha pour lui , avec de l'argent , jusque dans l'Italie.

Ces immenses préparatifs occupaient entièrement les deux chefs et ceux qui s'étaient associés à leur fortune. Antoine, qui avait emmené les (lottes et les légions de l’Orient, qui disposait des trésors et des soldats de Cléopâtre , était prêt à commencer la guerre, tandis u’Octave en était réduit à craindre 'en venir aux mains dans l'été de cette même année. I.a lenteur d’Antoine servit efficacement Octave, et ce ne fut que vers la fm de l’automne qu'Antoine se décida à tenter une incursion dans l’Italie. Arrivé à Corcyre, on lui dit que des vaisseaux d'Octavc avaient paru à la hauteur des monts Cérauniens : ce n’était qu'une flottille d'observation , mais Antoine la prit pour les forées navales d’Auguste réunies , il se rendit dans le Péfoponèse , et passa l’hiver à Patræ.

Au printemps suivant, les dispositions militaires devinrent plus actives.

Octave réunit sa flotte a Tarcnte et à Brindes. Il fit proposer à Antoine de venir combattre en Italie , et Antoine , a son tour, lui indiqua les champs de Pharsale, même un combat singulier.

En attendant, il courait la mer Ionienne et réunissait toutes scs forces à Actium. Octave s’y rendit ; la bataille s’engagea , et , lorsque le sort en était encore incertain, on vit tout à coup Cléopâtre sc retirer du combat, emmener ses soixante vaisseaux et se porter, par un vent favorable, vers le Péloponèse. Antoine , cédant à sa passion plutôt qu’aux forces d’Octave, ne put voir partir Cléopâtre sans la suivre, et il abandonna à son rival une victoire que ses amis , sa flotte et son armée disputaient encore après qu’il les eut aussi ignominieusement quittés.

Tel fut le résultat de la bataille d’Actium, livrée le 2 septembre de l’an 3( avant l’ère vulgaire, la 22' année du régne de Cléopâtre.

Antoine et la reine se retirèrent d’abord dans le Péloponèse. Divisés par la catastrophe qu’ils venaient de subir, Cléopâtre se rendit seole en Egypte, déguisant sa défaite par des

filants de victoire. Antoine fit donner â Piuarius Scarpus, commandant l’armée d’Afrique, des ordres que ce chef refusa d’exécuter, et ce contre-temps l'engagea de se rendre en Égypte ou, de concert avec Cléopâtre , il lit de nouveaux préparatifs de guerre sur terre et sur mer, sollicitant encore une fois le concours de leurs allies.

Octave, après la victoire d’Actium, vit l’armée d’Antoine passer sous ses drapeaux; il put ainsi, n’ayant pins de résistance à craindre, s’emparer de la Macédoine et s'occuper de régler les affaires de la Grèce. Après avoir assisté à Athènes à la célébration lies mystères, il passa dans l'Asie, observant les démarches ultérieures d’Antoine. Mais bientôt rappelé par des troubles survenus en Italie, Octave s'y rendit nu milieu de l'hiver.

I.a présence d'Octave rétablit l’ordre 3 Ilome : trente jours après sou arrivée en Italie il en repartit, et fut de retour en Asie avant même qu'Antoine et Cléopâtre eussent été informés de son départ.

Les préparatifs se continuaient de part et d’autre avec une égale ardeur.

Cléopâtre et Antoine firent proposer la paix à Octave, et tentèrent de corrompre son armée avec de l’argent. En même temps Cléopâtre envoyait secrètement son sceptre et sa couronne à Octave; elle sollicitait sa bienveillance. et Octave la lui promettait à la condition de se défaire d'Antoine. Il renvoyait à celui-ci ses premiers députés sans réponse; il recevait avec le meme dédain une seconde et une troisième ambassade, refusant de répondre à Antoine et renouvelant ses secrètes promesses à Cléopâtre, sous les mêmes conditions. Il euvoya même à la reine l’affranchi Thyrsus, pour la décider à ce qu’il souhaitait , et lui persuader même qu’il était tout épris de sa beauté.

Les événements se bâtaient : Antoine marcha sur Parætonium pour y prendre de gré ou de force l’armée que Cornélius Gallus y crmmandait. Il croyait trouver des aima : mais il fut reçu et traité eu ennemi , et il éprouva

plusieurs échecs sur terre comme sur mer. En attendant, Octave s’emparait de Péluse, soit faute d'avoir été suffisamment défendue, soit que Cléopâtre, confiante dans les assertions de Thvrsus, facilitât les succès d’Octave.

Én vain , accourant de Parxtonium , Antoine voulut couvrir Alexandrie ; Octave prit cette ville le t" du mois d’août, et Antoine vaincu chercha inutilement de nouveaux moyens ou un refuge dans la flotte qui l'abandonna ; Cléopâtre même, toute occupée de sa conservation, s’enferma dans un tombeau avec ses trésors, et fit répandre à dessein la nouvelle de sa mort. Antoine, qui ne voulut pas lui survivre, se blessa lui-même assez dangereusement pour en mourir, mais non |>as sans avoir eu le temps et le regret de connaître l'affreuse supercherie de Cléopâtre.

La reine, quoique seule avec son courage et sa renommée, croyait fermement qu’Octave lui laisserait la vie et ta couronne; elle demandait des garanties pour l’une et pour l’autre , espérant soumettre par ses charmes celui qu’elle n'avait pu vaincre par ses soldats.

Mais Octave voulait attacher Cléopâtre à son char de victoire, et bientôt elle reconnut la vanité de ses espérances. Captive là où elle avait été souveraine, elle ne voulut pas continuer de vivre après avoir cessé de régner, et se donna la mort, vers le 1» du mois d'août de l’an 30 avant l’ère vulgaire, après un règne de 23 années rntières.

Ce jour fut le dernier de la race royale des I.agides et des successeurs d'Alexandre le Grand en Égypte.

Ils y régnèrent depuis le 30 mai de l’an 223, jusqu’au 13 août de l'an 30 avant l'ère vulgaire.

Cet intervalle contient 294 années juliennes et 78 jours, ou 294 années égyptiennes et 152 jours.

Il se divise en seize rois ou reines ni occupèrent successivement le trône

Égypte, et fournirent vingt et un règnes différents.

Les fils de Cléopâtre et d’Antoine

ne leur succédèrent pas. Alhyllus et Césarion furent mis a mort; les autres furent confiés par Octave a Juin, roi de Mauritanie : l’histoire n’a plus rappelé leurs noms.

L’Égypte devint une province romaine "dont Cornélius Gallus fut le premier préfet.

L’époque de son asservissement fut pour l’Égypte même celle d’une ère nouvelle, "comme si cet asservissement eût été un bienfait.

Elle avait vu la dernière race de ses Pharaons attaquée et détruite par un conquérant étranger. Accoutuniée depuis à l'obéissance, l’Égypte écrivit sur ses monuments et dans ses annales publiques le nom d'Auguste et celui de ses successeurs, a la suite des noms de Cambyse, de Darius, d'Alexandre et des Ptolémées. Elle a vérifié ainsi , même jusqu’à nos jours, une antique tradition qui ne lui laissait plus l'es- |>érancc de voir sur son trône des princes d’origine égyptienne , tradition conservée dans ces paroles d’Ézechiel :

El ilux de terrà Ægyptl non erit nmpliù.i.

La splendeur, la durée et les événements du règnedeCléopâtre permettent de supposer que cette grande reinp ne négligea rien de cequi pouvait accroître son illustration : les monuments qui couvrent encore le sol de l'Égypte en portent de nombreux et d’éclatants témoignages ; et la tendresse de Cléopâtre pour le fils de Jules César, qu’elle appelait nouveau César, s'y manifeste presque partout. Le petit temple d’Hermonthis fut construit en commémoration de la naissance de cet enfant ro-> main ; elle y est symbolisée en celle du dieu Harphré né'de la déesse Ritho et du dieu Mandou. La reine Cléopâtre porte, dans les inscriptions de ce temple, ce titre fastueux ; La modératrice sou veraine du monde, Cléopâtre, déesse Philopatore; = l’Aroëris , puissante souveraine des biens, la présidente des Panégyries, la souveraine du monde; = la modératrice , la fille aînée du dieu Sev (Saturne) , etc. I.e jeune roi y est aussi nommé et qualifie Ptolémée César, vivant toujours, aimé de Phtlia

Djgitized b'

ÉGYPTE

«t d’Isis ; = Ptolémée , surnommé César, etc.; le seigneur du monde Ptolémée , le tils du soleil , seigneur des diadèmes. César, dieu Philopator; et le travail de décoration de ce temple est demeuré imparfait. Auguste et ses successeurs, qui ont terminé tant d’cdilices commencés par les Lagides , ne pouvaient pas être très - empressés d’achever celui qui rappelait la naissance d’un enfant-roi dont ils ne respectaient pas les droits. Aujourd'hui, re monument si royal dans son ensemble et dans son objet , est occupé par un cachef qui s’y est fait une maison, une cour et un pigeonnier , en masquant et coupant le temple de misérables murs de limon blanchis à la chaux.

La partie la plus ancienne du temple de Denderah , a son extrémité , appartient au règne de Cléopâtre et de Ptolémée Césarion : ils y sont figurés de proportion colossale , et les noms de t iléopàtre et de Ptoléinée César ou Ptolémec surnommé nouveau César, qui se lisent dans les inscriptions qui accompagnent ces tableaux historiques, ne laissent aucun doute à ce sujet.

Ce sont là les dernières reliques de la grandeur égyptienne ; elle se manifesta au monde civilisé il y a aujourd'hui plus de six mille ans : les noms de Souphis, de Mycérinus, nouvellement découverts dans les pyramides même que l'antiquité tout entière savait tres-bien être les tombeaux de ces deux rois, nous en donnent la conviction : l’histoire de l’intelligence humaine, légitimement orgueilleuse de son antiquité , enregistrera attentivement dans ses fastes de tels documents.

Subjuguée par les Romains, l'Égypte ne fournit plus aux annales humaines que son contingent des malheurs et des dures vicissitudes qui composent l’histoire générale des peuples du monde romain : des guerres mtestines , des invasions étrangères , le mélange confus de toutes les idees et de tous les principes , l’oubli des préceptes de l’ancienne sagesse , le vrai et le faux , le passé , le présent et l’avenir jetés pêle-mêle dans un creuset brûlant d’où sortirent les éléments

30' livraison. (Égvptb.)

d’une société nouvelle, d’une civilisation qui refit ses anciennes conquêtes et leur en ajouta de nouvelles.

Nous avons déjà exposé les vues que la politique d’Auguste réalisa pour l’administration de l’Égypte [supra, pages 49 et 50) , et sur quelles règles elle fut assise. Il en nomma pour premier préfet Cornélius Galltis, chevalier romain de médiocre na issance, mais de mœurs douces et paisibles. Auguste le choisit lui seul , parce que l’Égypte était à lui , sa première conquête , et elle resta province impériale lorsque l’empereur voulut bien partager l’empire avec le sénat et le peuple. Il créa pour l’Égypte une forme particulière d’administration -, aussi le préfet avait-il le titre de préfet augusta! , réunissant tous les pouvoirs , et recevant de son maître toutes les directions pour les exercer. Aucun conseil pris dans le pays ne fut appelé à y concourir, ce préfet y tenant la place des rois, et ce royaume appartenant à l’empereur. Cet état de l’administration romaine en Égypte éprouva peu de changements jusqu’au siècle de Constantin.

Le préfet de l’Égypte, Cornélius Gallus, s’appliqua d’abord à réparer les malheurs nés des dernières dissensions et des dernières guerres : les canaux du Nil attirèrent surtout son attention. Plusieurs villes se soulevèrent contre le nouveau régime ; Gallus les ramena à l’obéissance ; Thèbes même , qu’il pilla , disent les historiens anciens, qu’il épuisa, et d’où il détourna une grande quantité de choses précieuses.

Il paratt que, enivré de son autorité et de ses succès , le préfet se laissa traiter comme un Pharaon , qu’il permit qu’on lui élevât des statues , et que ses exploits fussent gravés sur les monuments publics. Mais de tels succès ne furent pas de longue durée : Cornélius Gallus accueillit en Égypte un grammairien disgracié par l’empereur ; il fut révoqué , envoyé en exil , et il s’y donna la mort.

Pétronius lui succéda; les Alexandrins se révoltèrent , et furent bientôt après soumis de nouveau. Auguste lit faire une expédition en Arabie, coin-

mandée par Ælius Câlins à la tête d'une armée romaine, renforcée de cinq cents soldats fournis par le roi Hérude qui les avait choisis parmi ses tardes. L’armée romaine triompha des Arabes, mais elle fut vaincue par le climat; après une année de fatigues, de privations et de maladies , elle rentra , misérablement réduite, en Égypte, sans avoir atteint le but marque par l’empereur, la possession des riches contrées où naissaient les aromates, où étaient entreposées les plus précieuses productions de l’Inde.

I.es Éthiopiens avaient profité de l’absence des troupes habituellement stationnées dans la haute Égypte , pour y faire une invasion. Leur reine Candaee s’empara de Syène, d'Éléphantine, de Philæ; ravagea la Thcbaïde, et emporta un riche butin. Le préfet Pétronius songea aussitôt à punir tant d'audace, pénétra dans l'Éthiopie, jusqu'à Napata , capitale des États de la reine , et lui accorda la paix à la condition de payer un tribut annuel , et d’envoyer une ambassade à Auguste pour en obtenir la ratification du traité. Les nouvelles de ces événements parvenues à Rome avaient alarmé l’empereur. Il partit aussitôt pour l’Égvpte; mais il apprit à Samos les succès de Pétronius , y attendit les envoyés éthiopiens, et leur aocorda la ratification du traité avec l’exemption du tribut stipule par Pétronius. I)ès son retour en Égypte, ce préfet continua de donner ses soins à ce qu’exigeait la prospérité du pays; les travaux sur les canaux du Nil furent conduits avec une telle intelligence que la crue du lleuve jusqu’à douze coudées suffisait pour assurer la plus grande fertilité; avant Pétronius, quatorze coudées étaient nécessaires.

Pétronius , après huit années d’administration , eut Ælius Gallus pour successeur comme préfet. Le nouvel administrateur visita la haute Égypte ayant avec lui le géographe Strabon ; et il était encore en fonctions à la mort d’Auguste.

La conquête de l'Égypte par les Romains causa à l’école d'Alexandrie des

pertes qui ne lui furent pas moins sensibles que l’incendie de sa riche hibliothè ;ue; la plupart de ses principaux professeurs allèrent chercher a Rome la faveur des Césars. Toutefois, un nouveau musée s’était formé ; les empereurs en désignaient les présidents et les membres ; mais la faveur publi-

3 ne ne s'attachait plus à leurs travaux epuis que la faveur royale les protégeait moins directement: l'Égypte, avant tout, était le grenier de ’l empire; Alexandrie le foyer d'un grand commerce; et le musée ne passait que pour l’asile des sophistes de la Grèce. Cette école continua cependant de produire des hommes utiles, dont les ouvrages sont encore étudiés, occupant une place distinguée dans l'histoire des sciences et de la littérature ; et comme ils se rattachent aux travaux des premiers docteurs chrétiens, ils servent ainsi de lien entre les productions les plus anciennes et celles des temps modernes. Du reste, il en arriva dans ces temps de la domination romaine en Égypte ce qui arrive à toutes les époques : l’étude des connaissances humaines prospéra en Égypte en raison de la protection qu’elle reçut de l’autorité impériale.

Auguste imita la politique d'Alexandre le Grand en ce qui concerne la religion et le culte nationaux de l'Égypte. On continua d’élever, de réparer les temples des dieux de chaque nome , en Nubie comme en Égypte; et le nom d’Auguste, qualifié d 'empereur l esar, se lit sur les édifices de Talmis, Kaiabschè, Deboud, Dandour, Philæ et Dendérah. Dans ce dernier temple, si célèbre par ses deux zodiaques , après les constructions faites durant le règne de Cléopâtre et de son fils Ptolémée Césarion, on reconnaît que les basreliefs supérieurs sont du temps d’Auuste , ainsi que les murailles latérales u naos , à l’exception de quelques petites portions qui sont de l'époque de Néron ; le pronaos est tout entier rouvert de légendes impériales de Tibère, de Caius , de Claude et de Néron ; les sculptures de tout l'intérieur du naos et des édifices construits sur la terrasse

ÉGYPTE

ne paraissent pas remonter an délit du temps de Trajan et d'Antonin. T.e propylon snd-onest est d’Antonin; le rano propylon est couvert des images es empereurs Domitien et Trajan.

Enfin , le typhonium de Dendérah fut décoré sons Trajan , Hadrien et Antonin le Pieux. On voit, par ces détails, tous les soins donnés aux édifices de Dendérah par les empereurs romains; le grand temple était dédié à la déesse Hatlidr , la Vénus des Romains : il y avait là une double dédicace dont s’arrangeait facilement l’orthodoxie romaine. Les carrières de Thorrah portent des dates d’exploitation de la 4* année du règne d’Auguste. Son nom se lit aussi sur le temple d’Isis, au sud de l’hippodrome de Thèbes; l’image d’Auguste se voit aussi sur la plupart de ces édifices , et l’empereur romain y est figuré avec le même costume, accomplissant les mêmes cérémonies envers les dieux de l’Egypte que les Pharaons eux-mêmes. Notre planche 91 représente Tibère faisant ses offrandes à trois divinités égyptiennes assises ; les deux cartouches tracés auprès de sa coiffure se lisent autocratOr Ttberios Caesar. Ces indications monumentales peuvent être considérées comme étant communes à tous les souverains romains; le lecteur nous dispensera donc de les reproduire. La civilisationoccidentale, armée de l’épée romaine, s’introduisit ainsi dans les croyances de l’antique Orient , sous le costume des Pharaons et les couleurs d’Osiris et d’Ammon.

A Dendérah, c’est sous lerègned’ Auguste que le propylon du grand temple fut édifié : une ' inscription grecque (car, durant la domination romaine, la langue grecque resta aussi la langue des actes publics) qui existe encore, et que j’ai publiée il y a trente-trois ans, nous apprend que , pour la conservation de l’empereur César , fils du divin César, dieu libérateur, Auguste, les habitants de la métropole du nome (de ïentyris) élevèrent ce propylon a Isis, déesse très-grande , et aux dieux adorés dans le même temple , l’an 31 du lègne de César, au mois de thôth.

Le nom de Tibère, successeur d'Auguste , se lit souvent répété à Philae , à Ksnèh, et à Karnac de Thèbes. Les empereurs romains avaient aussi adopté les deux cartouches des Pharaons; mais, au lieu d’un prénom religieux, on écrivait pour les empereurs leur titre même, le mot grec autocratdr; ils ajoutaient à leur nom propre les titres consacrés : toujours vivant, chéri d’Isis et de Phtlia ; et il est à remarquer qu’en général , à mesure que l’on s'éloigna des temps anciens , des antiques institutions, les noms des divinités du premier ordre devinrent moins communs sur les monuments comme dans la pensée des hommes; et ceci se passa au profit des divinités du dernier ordre, de celles qui, produit des dernières incarnations et revêtues des plus vulgaires attributions , étaient en quelque sorte plus populaires : ce qui pourrait rendre raison de l'extraordinaire durée des noms d’Isis , d’Osiris et de Typhon , qui ont en quelque sorte survécu à toutes les générations du panthéon égyptien.

Tibère' fit continuer la construction du temple de Déboud en Nubie, la sculpture du portique couvert et d’une salle du grand temple de Thèbes. On sait qu’il écrivit à Æmélius Aulus, préfet d'Égypte, qui lui avait envoyé au delà des taxes mises sur l’Égvpte par les règlements d’Auguste , qu’il voulait bien tondre ses brebis, mais non les égorger. Du reste, ce préfet eut plusieurs successeurs du vivant même de Tibère. Parmi eux figura quelque temps le père de Séjan : ce fut alors que Germonicus visita l’Égypte (supra, page 346), bannissant, dit Tacite, bannissant de la grandeur suprême l'orgueil qui la fait haïr, pour n'en conserver que la dignité qui la rend imposante.

Des troubles sérieux se déclarèrent à Alexandrie durant le règne de Caligula; Avillius Flaceus fut en bute à la naine des juifs; Philon, un de leurs écrivains, n tracé la narration, à sa manière, de ces démêlés; Flaccus périt misérablement après avoir été révoqué de sa préfecture. Le nom de ce préfet se lit encore sur le pronaos de Den-

dérah , dans une inscription grecque <|ui rappelle que sous Publius Àvillius Klaccus les habitants de la métropole et du nome élevèrent ce pronaos à Vénus , déesse très-grande, la . . . année île César Tibère. A la mortdeCaligula, les juifs, heureux de ce nouveau régne, attaquèrent les Grecs dans Alexandrie.

L’empereur Claude les apaisa en leur rendant le droit d'élire un ethnarque.

Les sciences reçurent aussi de grands services du nouveau chef de l'empire :

il fonda un nouveau musée, et l'école d'Alexandrie se trouva encore une fois dans une situation favorable à ses progrès; mais le zèle des savants ne répondit point à la munificence du prince. Les noms de Caius Caligula et de Claude se lisent encore sur les édifices publics de l'Égypte : celui du premier à Philæ, a Dendérah en Égypte, à Talmis en Nubie; celui de Claude dans les mêmes lieux en Égypte, et aussi a Esneli, Edfou. Sa légende impériale, composée de deux cartouches, se: lit Tibere Claude, César-Auguste Germanicus, empereur. Cette legende affecte même partois le style pharaonique, et le premier cartouche se lit:

L'éprouvé des dieux modérateurs, l'empereur Tibère Claude, seigneur de la région haute et lusse du monde, le fils du soleil, sqtgneur des chefs.

Ces mêmes titres, si propres à inspirer le respect aux peuples, furent aussi portés par Néron, qui se disait déplus l'aime de Phtlia et d'Isis, le dominateur bienfaisant des régions supérieure et inférieure, le seigneur des mondes, l'éprouvé des dieux modérateurs, le fils du soleil, seigneur des seigneurs, l’empereur Néron. Enfin une inscription , copiée autrefois dans le voisinage du sphynx des pvramides, et inhumee depuis, donne à Néron, au nom de l’Égypte, le titre de nouvel agathodémon ( le bon génie). Cette inscription est un décret rendu au nom des habitants de la ville de Busiris, qui proclament dans un monument public que Néron est l’agathodémon de la terre , qu’il a répandu de grands biens sur l’Égypte; que, pour prendre soin de son bonheur, il a envoyé Ralhillus

pour préfet, lequel la combia de grâces et de bienfaits, particulièrement d'une juste inondation du Nil, d'où les dons du fieuve doivent s'accroître de plus en plus chaque année. On éleva donc une stèle en l'honneur de Balbillus,de qui, au surplus, Sénèque fait un grand éloge, il est vrai que Sénèque dit aussi que Néron était un amant passionné de la vérité comme de toutes les autres vertus, et que ce fut en conséquence de ces nobles sentiments qu’il fit faire un voyage aux sources du Nil (supra, page 8). Néron, du reste, s’occupa assez particulièrement de l’Égvptc pendant son règne. Il forma le projet de la visiter, annonça par des officiers sa prochaine arrivée, et l’Égypte lui prépara une réception digne de son rang; elle fit construire pour l’empereur des bains magnifiques; mais il mourut à la veille de son départ, non pas sans avoir fait mettre à mort Tuscus, fils de sa nourrice et préfet d’Égypte, qui s’était oublié jusqu'à se servir des bains édifiés pour fa bonne venue et l’usage de l’empereur.

Les régnés de Galba, d’Olhon et de Vi • tellius, n’eurent aucune influence particulière sur l'état de l’Égypte : aucun événement marquant ne se rattache à leur époque. Le nom d’Othon existe encore sur neuf bas-reliefs de la décoration intérieuredu grand propylon des ruines au sud de l'hippodrome de Thèbes; et l’existence de ce nom, qui fut celui d'un empereur qui régna si peu de temps, ne doit point trop surprendre, puisque l'Égvpte fut la première qui reconnut l'autorité d'Othon , et frappa des monnaies à son nom (l’an G9 de l’ère chrétienne). Les noms de Galba et de Vitellius ne subsistent pas en Égypte; mais celui de Vespasien se lit fréquemment sur ses édifices.

A l’avénement de Vitellius, un juif égyptien , neveu de l’écrivain Philon et nommé Tibère Alexandre, était préfet d’Égypte depuis trois années; il s'était associé aux secrets projets de Mucius et de Vespasien; aussi est-ce dans Alexandrie que Vespasien fut d'abord proclamé empereur par les soins de ce même Tibère Alexandre, qui le fit re-

ÉGYPTH,

connaître par scs légions. Peu d’années après , ce préfet entreprenant n’existait plus. Il eut pour successeur Lupas en l'année 7t. Pendant que Titus achevait la conquête de la Judée, des révoltes de juifs jetaient le trouble dans Alexandrie; des partis qui s’élevaient contre l’autorité de l’empereur étaient réduits par la force; les juifs furent moins favorisés à mesure qu’ils se montraient plus rebelles; la mort et les confiscations furent employées pour réduire une nouvelle insurrection. Les grandes qualités de Vespasien ne préservèrent pas l'Égypte de beaucoup d’exactions; l’empereur établit de nouveaux impôts, et employa pour les percevoir des hommes indignes de sa conüauce : il est aussi accusé d’avoir répondu par d’odieuses plaisanteries aux plaintes trop fondées des habitants de l’Égypte. Son nom se trouve cependant sur le portique d’Esnèh, sur un obélisque de Rome, sur l'édifice au sud de l'hippodrome de Thcbes. I-e nom de Titus, successeur de Vespasien , est plus fréquent encore sur les édifices qui subsistent de nos jours en Égypte , sur un pronaos d’F.sneh, dans l’oasis de Daknèh au temple de Deir-el-hadjar; enfin sur l’obélisque Pamphiii à Rome avec le titre de divin , que Domitien y donne à son père et a son frère, quoiqu’il nourrit envers eux la haine la plus profonde. Domitien fut leur successeur, et les édifices publics exécutés en Égypte pendant son règne se reconnaissent encore à son nom inscrit parmi leurs sculptures sacrées. On le retrouve à Philæ, à Dendérah, et souvent à Esnèh, s'honorant des mêmes titres que 1rs Pharaons , et souvent qualifié de ami de la contrée, enfantdu soleil, seigneurdes diadèmes, Cacsar Domitien Auguste, aimé de Phlha et d’Isis, vivant comme le soleil, seigneur du inonde, né du soleil, directeur, seigneur des diadèmes. L’obélisque Pamphiii à Rome a été érigé en son honneur; les obélisques de Bénévent portent aussi son nom , et nous apprennent que Domitien Gt construire dans cette ville d’Italie un temple à la déesse Isis; enfin l’empereur est figuré sur les tableaux du pro-

pylon de l’édifice au sud de l'hippodrome à Thèbes.

Le nom de Nerva, successeur de Domitien , ne se lit qu’une seule fois en Égypte, c’est à Syène, où cet empereur fit élever un petit temple dédié aux dieux du pays et de la cataracte, Chnouphis, Saté (Junon), et Anoukis (Vesta), et ce monument révèle déjà l’extrême décadence de l’art en Égypte.

Durant ces trois derniers règnes, l'histoire est muette à l'égard de l'Égypte. Fut-elle heureuse? On est disposé à le croire. Le premier de ces trois règnes fut celui de Titus, mais il fut suivi de celui de Domitien.

C'est dans ces temps-là que le christianisme jeta ses premières racines en Égypte. Saint Marc les arrosa de son sang, et les patriarches de l'Église chrétienne d’Égypte, ou Église copte, se disent ses successeurs. Alexandrie fut d’abord le siège du patriarche depuis saint Marc, qui a eu près de soixante et dix successeurs; mais l'appauvrissement du nombre des chrétiens coptes a porté le patriarche à résider au Caire. Aucun évêque, aucun prêtre ne convoite ces fonctions : les principaux de la nation désignent trois personnages parmi les plus recommandables. Ceux qui se supposent inscrits dans cette liste de candidats , s’enfuient aussitôt dans le désert; mais le pacha prête des janissaires, fait saisir les fuvards et les faitconduire au Caire, dans l'assemblée, avec les fers aux pieds et aux mains, dont ils ne sont délivrés qu’apres que l’élection est faite. A cet effet, on écrit les noms des trois personnes sur autant de billets sépares; on les dépose durant trois jours consécutifs sous le calice pendant la messe, et chaque jour, après la consécration, un jeune garçon tire au hasard un de ces billets de ‘dessous le calice : celui des trois candidats dont le nom est venu deux fois pendant les trois jours est élu patriarche: titre de suprématie et d'humilité tout à la fois, d’autorité et de privations, les moyens d’existence étant extrêmement restreints, les devoirs étant multipliés ; ayant pour siégé d'honneur une simple peau de mouton ;

étant soumis a une abstinence continuelle, et n'ayant pourtout mobilier que «les plats de terre commune etdes ustensiles en bois. Les rommencements de cette religion remontent donc à Domitien.

Son successeur Nerva n’a rien laissé dans son histoire qui intéresse éminemment l’Égypte ; son règne fut d’ailleurs très-court. Il reste , au contraire , sur les monuments égyptiens un grand nombre de souvenirs du règne de Trajan , successeur de Nerva. Les juifs continuèrent b se montrer turbulents comme sous les deux règnes précédents; ils luttèrent contre la force publique , réussirent même à mettre en fuite le préfet Lupus, et Trajan se vit dans la nécessité d’envoyer de Rome , avec des forces considérables, Martius Turbo, qui eut longtemps à lutter contre de perpétuelles séditions et des guerres intestines, causes continues de désolation dans Alexandrie. L’inimitié réciproque des Grecs et des juifs en était toujours la source. Ils ne détournèrent pas le gouverneur de l’Égypte de favoriser la construction des nouveaux édifices publics, ou de continuer celle des anciens. Le grand temple de Pliilæ porte les inscriptions de * l’empereur César , Nerva , Trajan , Auguste, toujours vivant, aimé d’Isis; » à Ombos, l’empereur prend de plus le titre de Germanique et de Dacique ; son nom se lit aussi à Dendérali ; à Phi la?, il a de plus, sur un autre monument, les titres de soleil seigneur des deux mondes, fils du soleil, seigneur des seigneurs, aimé de Plitha etd’Isis.

Le règne d’Hadrien (l’an 117) fut bienfaisant pour l’Égypte; Martius Turbo termina la guerre des juifs; il eut le rhéteur Héliodore pour successeur dans cette préfecture. L’esprit turbulent des Alexandrins remplaça les juifs dans les entreprises de désordre.

Les Égyptiens même ne furent pas toujours étrangers à ces causes de trouble. Un nouveau bœuf Apis fut découvert ; et les divergences d'opinion au sujet du lieu où il devait être placé occasionnèrent des séditions armées. Hadrien en fut informé pendant qu'il

visitait la Gaule. Bientôt après il se rendit lui-même en Égypte.

Arrivé à Péluse, il fit restaurer et embellir le monument funéraire de Pompée. Il visita toutes les parties de l’Égypte; on frappa des monnaies de bronze commémoratives de ce voyage.

On y voit la ville d’Alexandrie personnifiée, allant au-devant de l’empereur qui arrive monté sur un quadrige ; l’empereur recevant les hommages de la ville; l’union de la ville et dû prince, se donnant la main; la pompe triomphale d’Hadrien dans Alexandrie, et les sacrifices qu’il y fit aux dieux. Il est représenté sur une autre de ces médailles voyageant sur le Nil, dans une galère dont la proue est ornée d'une corne d’abondance. D’autres monnaies de ce prince portent l’effigie ou la figure de l’imperatrice Sabine, et leur date est de la fin de l’an 14 et du commencement de l’an 15 du règne d’Hadrien , compté selon la méthode égyptienne, ce qui revient b la fin de l’étc de l’an 130 de l’ère chrétienne.

Ælius Spartianus raconte oe qui suit : « Pendant sa navigation sur le Nil, Hadrien perdit son Àntinoiis, et il le pleura comme l’aurait fait une femme. » Antinoiis en effet se noya dans le Nil; Hadrien lui fit décerner des honneurs presque divins , et fonda une ville en son honneur, nommée Antinoé, construite et gouvernée selon les usages des Grecs (voyez notre planche 3G). Hadrien , ami des arts , laissa en Égypte des traces nombreuses de son goût et de la protection qu'il leur accordait. Le pronaos du temjde d’Esnèh ; le temple au nord de cette ville ; les édilicesde Dendérali ; une des portes de Medinet-Habou à Thèbes; le sanctuaire du temple au sud de l’hippodrome ; et l’obelisque qui est aujourd’hui au Monte-Pincio à Rome, sont des ouvrages de son règne; et cet obélisque porte à la fois le nom d’Hadrien , celui de l’impératrice Sabine, et celui d’Antinoüs. A ces documents de l’histoire d’Égypte sous Hadrien , on peut en ajouter un autre non moins curieux , et qui est une lettre écrite d’Égypte par l’empereur lui -même,

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conservée , dit-on , dans les écrits de gravées sur cette statue certifient que Phlégon, son affranchi. l'empereur et l’impératrice entendirent

Hadrien écrivait au consul Servie- la voix harmonieuse du fils de l’Aurore, nus : « J’ai bien étudié, mon cher Le règne des Antonins fut tempéré Servianus, cette Égypte que vous me pour l’Égvpte comme pour le reste de vantiez, et je l’ai trouvée légère, in- l'empire! Néanmoins l'esprit turbulent constante, empressée de toute espèce à l’excès des Alexandrins rendit presde bruit. Ceux qui adorent Sérapis que perpétuelles les séditions et les sont chrétiens ; ceux qui se disent désordres ; iis assassinèrent le préfet , les évêques de Christ sont aussi des et Antonin se rendit en Égypte à la dévots a Sérapis ; il n'y a pas de chef tête d'une armée qui entra victorieuse de synagogue juive, de prêtre des chré- dans Alexandrie. Durant ce règne, la tiens, de devins, d’aruspices, de bai- construction ou l’agrandissement des gneur qui n’adore Sérapis. On croit édifices religieux ne se ralentit pas. même que lorsque le patriarche vient On voit encore parmi les sculptures en Égypte il adore Sérapis; d’autres de la porte d’enceinte de Médinet-liadisent le Christ. C’est ici une race bou, a Tiièbes, la figure en pied de d’hommes très-portée à la sédition , à l’empereur Antonin , représenté en la vanterie , à l’injure ; la ville (Alexan- adoration devant la triade de Tbèbes drie) est opulente , riche , productive , à droite , et devant la triade d'Hermonet personne n’y est oisif. Il y a beau- thus à gauche , et la légende hieroglyeoup de tisseurs de lin ; tous' prennent phique le désigne par res mots : l’emet exercent une profession. Les goût- pereurCæsar, Titus, Ælius,Hadrianus, teux , les aveugles y sont occupés ; les Antoninus pius. Ce mur d’enceinte et estropiés même n’y restent pas oisifs, les propylées de Médinet-Habou sont Ils ont tons le même dieu , et les chré- en effet Pouvrage d’Antonin. Son nom tiens , et les juifs , et toutes les autres est très-fréquent sur les monuments de peuplades. Plût à Dieu que la ville en l’Égypte; on le retrouve à Dendérah, fût mieux policée ! digne toutefois , et Esnèli , Pbilæ , et à l'Oasis del Kharpar son ensemble et par son étendue, djeh. Plusieurs inscriptions grecques d’être la capitale de toute l’Égypte. érÉgypte datent du règne de ce prince. Je ne lui ai rien refusé, je lui ai rendu L’une d’elles annonce que le stcos et ses anciens privilèges, j'en ai ajouté \e pronaos An temple de Kasz-Zayan , de nouveaux pour leur faire bénir le dans la grande Oasis , ont été constemps présent. Mais à peine en suis-je truits dans la 3* année de son règne, sorti qu’il n'est sorte de propos qu’ou Les noms des empereurs Mnrc-Aun’ait tenus sur mon fils Vérus; et vous rèie et Lucius -Vérus se lisent aussi devinerez facilement ce qu’on a pu sur quelques édifices égyptiens, nodire d’Antinoüs. Tout ce que je leur tammenl sur la corniche du petit temsouhaite , c’est de se repaître de leurs pie de Philæ. Sous leur régné , des poulets qu’ils fécondent d’une manière bandes armées troublaient la tranquilque j’aurais honte d’indiquer ici. Je lité de l’Égypte ; un homme intrépide , vous ai envoyé des vases de couleurs nommé Isidore , secondé par un prêtre diverses que 'm’a offerts le prêtre du égyptien, les conduisait, et elles rétemple, et que je destine expressé- pandaient partout le désordre et la ment à vous et à ma soeur; je désire désolation. Elles attaquèrent même que vous vous en serviez avec vos Alexandrie à force ouverte; mais Aviconvives aux jours de fêtes. Prenez dius Cassius réussit à les vaincre et à garde cependant que notre Africanus les exterminer. Fier de ses victoires, n’en use trop à son aise. » et la fin de Marc- Aurèle approchant,

Iladrien parcourut toute l’Égypte ; excité même . dit-on , par l’impératrice il alla voir et écouter la statue par- Foustine, Avidius se fit proclamer einlante de Memnon ; l’impératrice Sabine pereur; mais il fut bientôt après mis a la visita aussi; et deux inscriptions mort ainsi que son fils Métianus, gou-

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verneur d’Alexandrie. I.a magnanimité de Marc-Aurèl* ne put les sauver ; mais l’empereur pardonna à leurs partisans, et il lit brûler tous les actes de l’autorité de ce rebelle , sa correspondance môme, sans la lire. Arrivé à Alexandrie, Marc-Aurèle se concilia le respect de tous par sa clémence et par sa sagesse. Néanmoins l'état de l’Egypte sous les Antonins ne fut pas un état de paix et de bonheur. Les douceurs de leurs règnes lui furent presque inconnues ; I Égypte s’en priva par sa propre turbulence. Le règne de Commode ne pouvait lui promettre plus de bonheur; le nom de cet empereur se retrouve cependant sur un petit temple àContra-Lato, ainsi que sur la partie postérieure du pronaos d'Ksnèh. Dans ces mêmes circonstances , les chrétiens sc multipliaient, et ils obtenaient quel-

3ue tolérance pour leur culte, quand 'ailleurs l’antique religion égyptienne était encore la religion de l’État, la seule protégée , Isis et Osiris conservant leurs divines attributions dans l'Égvpte habitée par le3 Grecs , les Romains , les juifs , et les peuplades venues de toutes les parties de l'Orient.

On ne sait rien des premiers successeurs de Commode qui puisse intéresser l'histoire de l’Égypte. On frappa à Alexandrie des monnaies à l’efligie de Pertmax et de Tatianasa femme; mais on n’en connaît point des chefs éphémères qui vinrent après lui, jusqu’à Septiuie-Sévère.

Cet empereur, vainqueur de ses rivaux , resta maître de l’empire ; Pescennius Niger tenait cependant encore en Orient, et l’Égypte s'était déclarée pour lui. Alexandrie avait fait écrire sur ses portes : Niger est le maître de cette ville. Septimc-Sévère marcha en personne pour la soumettre , et le peuple d’Alexandrie alla au-devant de lui, et s’écriant : Niger est le maître de cette ville, mais tu es le maitre de Niger. L’empereur se contenta de ce subterfuge; et, par une iunovation remarquable et contraire aux principes établis par Auguste , il donna un sénateur pour prefet à l'Égypte, et à Alexandrie un sénat particulier, En

même temps ( l’an 202) , les chrétiens furent persécutés en vertu d'un édit du même souverain. Le père et des disciples d’Origène y trouvèrent la mort ; Origène , contrite chef de l’école d’Alexandrie, entama ses démêlés avec Démétrius qui en était le patriarche ; l’empire et l’Égypte en ressentirent les cruels effets; et Aëtus et Aquila s'y succédèrent comme préfets.

Les deux fils de Septime-Sévère parvinrent à l’empire; mais Géta fut immolé par son propre frère Ca racal la : on trouve cependant à Esnèh , parmi les sculptures du pronaos , les noms de ces deux souverains. Caracalla Ut proscrire le nom de son frère dans tout l'empire , et il ordonna que ce nom fût effacé des monuments publics ; cet ordre s’exécuta en Égypte même : sur le pronaos d'Esneh le nom de Géta est martelé, mais il y est encore lisible au moyen des traces évidentes des signes primitivement sculptés. C’est, on doit le remarquer, le dernier empereur dont le nom subsiste dans les inscriptions hiéroglyphiques. On en trouve encore la tracé sur une inscription grecque relative à l'ouverture de nouvelles carrières de granit près Ile Philæ.

Du reste , le préfet d'Égypte n'avait garde de désobéir aux édits de l'empereur; il connaissait la fougue cruelle de son caractère. Caracalla sc rendit en Égvpte , averti des epigrammes que les Alexandrins débitaient contre lui ; et, à peine entré dans Alexandrie, il livra la ville entière à la brutalité de ses soldats; un grand nombre de. citoyens sont égorgés dans un massacre qui dura une nuit et un jour (l’an 216).

Sous les règnes d’hommes tels que Macriu et llèlogabale, l’empire ne pouvait jouir d’aucune paix , d aucune félicité. Les fureurs intestines redoublèrent d'ardeur. Le règne d’Alexandre-Sévère en suspendit temporairement les effets; aussi trouve-t-on son nom dans une inscription grccqued’ A ntinoé , qui nous annonce que le sénat de cette ville, dont l’administration était toute grecque , a élevé une colonne en l’honneur de ce sage empereur, qu’elle qualifie de pieux, lieu-

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reux, nngiiste, et à Julia Mamméa- Augusta , mère de l’empereur et des invincibles armées. Les lettres et la philosophie furent florissantes en Égypte durant ce régne.

Durant les règnes suivants, tous éphémères , il n’v eut de durable que les malheurs publics; ils naissaient quelquefois de la persévérance des Égyptiens dans leurs anciennes croyances', et des efforts que faisaient les croyances nouvelles pour parvenir à la domination. Un prophète égyptien exrcita ses partisans contre les chrétiens; 'et les maisons des chrétiens, déjà en ;grand nombre, furent pillées : la ville »P A lexandrie en fut profondément troublée. De nouveaux désordres éclatèrent sous le règne de Décius ( l’année 250) ; les chrétiens furent de nouveau persécutés; ils se réfugièrent dans les déserts de la Thébaïde, et donnèrent ainsi les premiers exemples de la vie solitaire et monastique. Saint Denis , évéque d’Alexandrie, a raconté luiméme des événements semblables, et il en désigne pour auteur un archisynagogue, un magicien ou chef de magiciens ; ce qui ferait supposer l’association des Juifs et desÉgvptienscontre les disciples du Christ, et nous montrerait l'autorité romaine favorisant ces divisions qui la rendaient plus puissante.

En attendant, quelques formes de gouvernement étaient changées en Égypte au gré des volontés du chef de l’Etat ; il y eut un commandant en chef et ensuite un comte d'Égvpte, le préfet subsistant toujours; mais ces créations nouvelles devaient, par la suite, porter à son autorité des atteintes qu'il est difficile d’apprécier aujourd'hui. Durant les mêmes temps, la fureur religieuse des dévots à Isis et à Osiris ne se ralentissait pas; on en a recueilli la preuve dans les inscriptions encore subsistantes, datées du règne des Gordien et des Philippe, et qui rappellent les actes d’adoration aux antiques divinités du pays, accomplis par des familles égyptiennes dans les temples de l'Égypte et dans ceux de la Nubie égyptienne. Ce sentiment religieux n'était

chez les Egyptiens qu’une des nombreuses preuves de leur opposition à la conquête romaine, et, faute de mieux , ils secondaient toutes les usurpations sur l’autorité impériale. Ils s’associèrent à Émilius et à Macrin; de profonds désordres, la guerre, la famine et des maladies contagieuses , en furent la conséquence; et, selon des recensements qui pourraient être authentiques, le nombre des individus de l’âge de quatorze ans à quatre-vingts ans, dans la population réduite par ces fléaux , ne dépassait pas le nombre des individus de quarante à soixante et dix, constaté dans l’ancienne population. La succession des petits tyrans à l’autorité souveraine en Égvpte ou sur l’empire même ajoutait à la violence de ces calamités. En l’année 2fi9, la reine Zénobie, favorisée par l’empereurGallien, s’essaya à de plus hautes destinées; elle entreprit la conquête de l’Égypte, secondée par les immenses richesses accumulées par elle et par ses sujets à Palmyre, devenue l’un des entrepôts du commerce de l’Orient. L’Égypte, impatiente du joug romain , ne voulait pas se prêter a être asservie par une nouvelle invasion , et tenta de résister à Zénobie. La reine vainquit l’armée égyptienne, s'empara d’Alexandrie, en fut bientôt après chassée, et y rentra de nouveau avec le secours d'une nouvelle armée amenée de Palmyre. Mais la reine, vaincue enfin par' Aurélieu dans sa propre capitale, servit a l’ornement du triomphe de l'empereur (l’année 272). Bientôt après, un commerçant d’Alexandrie se déclara le chef de l'Égypte, se vantant de pouvoir entretenir une armée avec les seuls bénéfices de sa fabrique de papyrus. Son influence s’étendit sur toute l'Égypte; les Blemmyes et les Arabes étaient étroitement liés avec lui par les relations de commerce. Firmus prit donc la pourpre, le titre d’Auguste, et frappa des monnaies à son effigie : les Alexandrins le secondèrent; il les insurgeait au nom et par l’espoir de la liberté; mais il se défendit en vai*- dans trois batailles, il fut vaincu, pris et mis à mort : l’Égypte rentra de nou-

veau sous les ordres de l’empereur.

Aurelius Rrobus y commando en son nom, et il tâcha de réparer les effets des dernières catastrophes, en rétablissant les édifices publics, et assurant la navigation du Nil par des travaux exécutés par l'armée. Mais la liante f.gvptc n'était pas encore pacifiée quand Aiirélien, et Tacite son successeur, furent assassinés. Aurélius Probus prit la couronne impériale, réduisit la haute Egypte à l'obéissance, punit exemplairement les villes deCoptos et de Ptolémaïs, et donna le commandement de l’Orient il l'un de ses généraux, Sextus Julius Saturninus, originaire de la Gaule. Aussitôt que Probus eut quitté l’Égypte, Saturninus se proclama ou fut proclamé empereur par le peuple d’Alexandrie; mais il périt bientôt après, laissant l'Égypte tout entière soumise à l’autorité de l’empereur.

Néanmoins Saturninus eut un successeur dans Achillée, préfet de l'Égypte.

Dioclétien et Maximien étaient parvenus au trône, et l’Égypte, avec, le reste de l’Orient, était échue au premier de ces deux empereurs associés au trône. Dioclétien entreprit de réduire l'Égypte, plaça le siège devant Alexandrie. coupa lès canaux du Nil qui approvisionnaient cette ville immense, et s'en rendit maître après une tranchée ouverte pendant huit mois. Rien n’égala jamais la cruauté du vainqueur : la ville fut soumise an fer et au feu, ses habitants furent livrés à la fureur de la soldatesque, toutes les propriétés au pillage et à la destruction, lin auteur chrétien raconte que Dioclétien avait donné l’ordre à ses soldats de ne faire cesser le carnage que lorsque son cheval aurait du sang jusqu'aux genoux. Heureusement, ajoute I 'historien , le cheval s'abattit, ses genoux furent teints de sang et le carnage cessa. C’est du règne de Dioclétien que date l’èrc de son nom qui fut établie en Égypte, et qu’on appelle aussi l’èrc des martyrs : elle commença le 13 juin de l’an 284 de l’ère chrétienne.

La victoire de Dioclétien sur Achillée fut comme une seconde conquête de l’Égypte par l'aigle romaine. Revenu à

des sentiments plus humains, quand son autorité fut partout reconnue, Dioclétien s'occupa du rétablissement de l'ordre et des lois en Égypte. Il fit un traité avec les Hlemmyes, et leur céda une grande etendue àe territoire au midi de .Syène et de la première cataracte; il leur promit une solde à la condition qu’ils défendraient la frontière de l’Égypte. Mais les persécutions contre les chrétiens recommencèrent, quoique une certaine communauté d'infortune eut ralenti les haines mutuelles que nourrissaient les chrétiens et les sectateurs des croyances opposées , rapprochés, pour ainsi dire, par leur opposition commune à l’autorité romaine : on vit des dévots égyptiens sauver les dévots chrétiens qui se confiaient à leur foi. Cependant les divisions par les croyances religieuses s’envenimaient par les discussions et les écrits des hommes instruits des deux opinions; les supplices infligés au nom de l'autorité impériale n’arrétèrent pas les progrès du christianisme. Sur ces mêmes entrefaites, et quand de nouvelles carrières de granit furent ouvertes à Syène, on en tira une colonne de très-grandes proportions qu’on erigea à Alexandrie en l'honneur de Dioclétien , comme le prouve l’inscription grecque tracée sur le piédestal de cette colonne : c'est celle qu'on appelle vulgairement colonne de Pompée ( pl. 84).

Toutefois, le non veau partage de l'empire fait par Dioclétien affaiblit de plus en plus l'autorité souveraine ; des chefs indépendants se montraient partout; les guerres intestines, les guerres étrangères s'ajoutaient à toutes les autres calamités, et les empereurs passaient aussi sur le trône comme une autre sorte de calamité ajoutée à tant d’autres. Ainsi s'écoulèrent les années depuis Dioclétien jusqu'à Constantin.

Celui-ci transporta le siège de l'empire à Byzance, qu'il nomma Constantinople; il modifia sensiblement le gouvernement de l'Égypte, comme il avait modifié par ce grand acte de politique le gouvernement de Rome et de l'empire. Les usages et le climat de l’Orient eurent la plus graude influence

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sur ces changements, Le préfet du et réduit à se justifier devant un coiiprétoire de l’Orient avait l'Égypte dans cile qui le releva de ces accusations ses attributions, mais ce préfet n'avait (l’année 340). Mais le temps vint où plus le commandement des troupes : ce ces dissensions dogmatiques dégénérécommandement appartenait à une des rent en anarchie, le peuple et Parmée personnes placées auprès de Tempe- ayant été admis et même appelés à y reur. L’Égypte était une des provinces prendre part. Aussi l’épiscopat de Grefrontières ; un comte était chargé de goire le ('.appadocien fut-il une suite l’autorité sur ces frontières; les con- de calamités pour l’Égypte Grégoire tributions qu’on levait étaient parta- poursuivit pendant cinq années entières gées entre le trésor public et le fisc ou les partisans de saint Athanasc. Les trésor du prince ; le préfet augustal doctrines de ce prélat furent condamn’avait presque plus a s’occuper que nées par le concile de Milan (en Tannée des travaux du Nil et du transport des 351), et l’empereur Constance sévit blés à Constantinople. Les présidents contre les condamnés. L’Égypte devint des provinces contra riaient plu tôt qu’ils bientôt après la proie de tous les déléne secondaient son autorité : le prési- gués de l’empereur, et les chrétiens, dent de la Thébaïde fut bientôt l’égal après avoir échappé aux fureurs des du préfet. On poussa l’esprit d’innova- païens, succombaient sous les coups tion jusqu’à changer le nom des prin- de leurs propres frères : on s’égorgeait cipales contrée; THeptanomide fut ap- déjà pour de subtiles doctrines, pelée Arcadie , d’Arcadius, fils de Un nouvel évéque fut envoyé par Théodose, et la partie orientale de la l’empereur; cet évêque se nommait basse Égypte reçut le nom d'.iugus- George, et telle fut l’autorité dont il tamnique; on multiplia ensuite le était investi, qu’il réussit à faire établir nombre des provinces alin de les gou- une taxe sur chaque maison d’AIexanverner plus facilement; mais on ne fit drie, parce que la ville, rebâtie par que multiplier les moyens d’exaction, Hadrien aux dépens du lise, apparteet par la les motifs de mécontentement nait, disait-il, aux Césars. Cet évêque général. se livra en même temps à de lucratives

Les scissions éclataient en même spéculations sur le salpêtre ( le natron temps dans l’Église chrétienne, et vraisemblablement) et sur les manu- Arius, qui ne fut point élu à Tévêelié factures de papyrus. Les opprimes n’ad’Alexaudrie. fonda une doctrine qui, vaieut pour consolation que la faculté sous le nom d’Arianisme, troubla long- de consulter l'oracle d’Abvdos sur la temps la paix de C Église; et, quand un durée probable de la vie de l’empereur; concile fut assemblé à Nicée (l’an 325) les plus curieux furent exilés et conpour examiner cette doctrine, près de damnés à mort, cent évêques de l’Égypte ou de la Libye Le régne de Julien fut plus favorable s’y trouvèrent réunis; mais l'état île pour les Égyptiens demeurés fidèles à confusion dans les affaires de l'Égypte l'ancien cuite maternel , et le préfet ne cessa pas pour cela, et quoique la d’Égypte annonça comme une lieuconversion de Constantin eût donné relise nouvelle, à l’empereur, qu'on veplus d’influence au christianisme. Les nait, après de longues recherches, de distributions publiques du blé étaient découvrir un nouveau boeuf Apis. La presque devenues dépendantes de Tau- religion égyptienne était ouvertement torite des évêques, et elles les assimi- favorisée par Julien, et le christianisme laient en quelque sorte aux préfets en ressentit une réaction qui lui fut civils; mais les évêques n’échappaient funeste. Julien témoignait de la devopoint à la peine d'un tel privilège, tion pour Sérapis, et c’est par ce dieu l’envie et l’injustice les accusaient, et qu’il jura, en écrivant au préfet Kcquelque partialité de leur part envers dire, que si Athanase, qui était rentré leurs fidèles put exciter aussi de justes a Alexandrie, n’en sortait pas sans plaintes. Saint Athanasc fut accusé, délai , les troupes aux ordres du préfet

payeraient une amende de cent livres d'or.

Durant les règnes suivants, toutes les affaires de l’Egypte ont la couleur que devait leur donner la suite des dissensions religieuses qui agitaient cette contrée depuis tant de cruelles années, et qui se compliquaient par les faveurs que les empereurs, qui se succédaient rapidement sur le trône, accordaient tantôt aux Ariens, tantôt aux catholiques; les païens même eurent leur tour avec leur Sérapis, la seule des antiques divinités dont ils paraissent conserver encore le souvenir, le nom et le culte. Du reste, les patriarches chrétiens n’épargnaient pas les païens, et si un préfet persécutait les moines et les solitaires de la Thébaïde, un évéque chassait les prêtres de leur temple de Sérapis et faisait démolir le temple de Canope.

Le règne de Théodose (379 à 395) apporta quelques adoucissements à tant de maux divers; cependant le nouvel empereur ordonnait de faire fermer les temples des dieux égyptiens , et l’Égypte demandait un roi pour elle seule; l’empereur lui envoyait des lois sévères pour maintenir les' habitants dans le devoir, en même temps qu’une certaine tolérance, commandée par la nécessité, laissait quelque relâche aux prêtres d’Osiris et de Sérapis. Un nouvel évêque, Théophile, patriarche d’Alexandrie, dominé d’un zèle ardent, mais peu éclairé, s'alarma de cette tolérance ; il obtint un nouvel édit de l’empereur, qui ordonna la destruction des temples égyptiens, et l’exécution en fut conliée à Théophile seul, le préfet et le comte étant, à cet effet, mis sous ses ordres. L’autorité de Théophile seconda son zèle fanatique; les autres évêques d’Égypte se livrèrent à la même opération dans leurs ressorts, et, du même coup, l’ancienne religion de l’Égypte était plus persécutée, et les évêques chrétiens obtenaient plus d’inlluence et d'autorité. Déjà, depuis Constantin, la police des moeurs leur avait été confiée; il fut ordonné aux magistrats de faire exécuter leurs sentences. En l’année ■108, l’empereur

voulut et prescrivit que la sentence de l’évéque, en matière temporelle, fût exécutée sans appel, comme l'étaient les sentences du préfet du prétoire. Les débris des temples égyptiens servaient à l’édification des édifices chrétiens; quelquefois de simples badigeonnages suflisaient à cette métamorphosé, et il existe encore des chapelles d'Ammon ou d’Osiris qui sont devenues des chapelles de la foi chrétienne, et ont été consacrées à saint George ou à d’autres saints, au moven d’une couche de chaux passée sur les anciennes sculptures égyptiennes, et de la figure du saint misérablement peinte sur le replâtrage. Toutes les institutions de l’Égvpte prirent ainsi les couleurs du christianisme; le nilomètre d’Alexandrie fut établi dans une église; les édifices de Canope servirent au monastère, qui conserva l’antique droit d'asile que les Égyptiens y avaient institué, et les moines de Syrie et d’Égypte parcoururent les villes, dont jusqu’ici l’entrée leur avait été interdite. On rapporte a la même époque la cessation de l’usage des anciennes écritures égyptiennes; elles ne furent plus pratiquées que par les Égyptiens encore fidèles à I ancien culte, et dont la race s’éteignit pour toujours au septième siècle" de l'ère chrétienne, ne laissant pour héritiers de leur science que des affiliés dans des sociétés secrètes, peu fidèles eux-mêmes aux anciennes doctrines.

Des désordres du Bas-Empire, qui affligèrent toutes les possessions impériales en Orient et en Occident, l’Égypte en eut sa bonne part. Ce qui domine tous les faits de cette époque de transmutations politiques et religieuses , c’est le christianisme s'élevant dominateur sur toutes les anciennes croyances, s'insinuant |>eu à peu dans l'action de l’autorité civile, s’en emparant successivement, se substituant à elle, et la faisant .agir enfin avec toute l'ardeur que donne la conviction de travailler pour la félicité publique. Mais ce qui n'est pas moins digne du remarque, c’est la persévérance des dévots égyptiens dans leur culte maigre les persécutions, l'exil et la mort : il

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est juste de dire aussi que l’autorité publique se montra temporisante, et attendit du temps ce que le temps seul pouvait réaliser.

Après le partage de t'empire entre Arcadius et Honorius, lils de Théodose, les désordres ne cessèrent pas , parce que la tyrannie du lise entraînait avec ses déprédations toutes les autres tyrannies; on avait beau faire de lionnes lois pour la police de l’Égypte, l’administration des canaux du Nil; il fallait d'abord que la population fût heureuse et par conséquent paisible, et elle ne pouvait être ni l'un ni l’autre, livrée comme elle l’était aux exactions de toute nature : une loi ordonnait de briller vif quiconque serait convaincu d'avoir percé une des digues du Nil; mais, en même temps, l'empereur dépouillait les habitants de leurs terres pour se faire des domaines impériaux.

Aux premières années du cinquième siècle, de grands esprits ravivaient par leurs écrits l'ardeur des controverses religieuses. Alors luttaient entre eux Théophile, saint Jean Chrysostôme, saint Épiphane, saint Jérôme, au sujet des écrits d'Origènc. Les théologiens de Constantinople se battaient contre ceux d'Alexandrie; on en venait aux mains; des morts restaient sur le champ de bataille; d’immenses richesses étaient dépensées dans ces déplorables contestations.

Le pouvoir des evëques s'accroissait néanmoins, et les empereurs y contribuaient par leur condescendance pour ces officiers ecclésiastiques. Les corporations qui se formaient sous leur protection étaient de puissants auxiliaires de leurs entreprises, et contrebalançaient l’autorité du préfet et des troupes à ses ordres. La jalousie éclatait en proportion de ces avantages parmi les autres nations ou les autres croyances établies en Égypte : le sang coulait dans Alexandrie, par suite de combats et de guet-apens entre les chrétiens et les juifs, à cause d'un danseur du théâtre. Saint Cyrille chassa les juifs de la ville, secondé par les moines du désert, qui étaient accourus comme troupes auxiliaires, et qui,

rencontrant le préfet de l’empereur, l’accablèrent de pierres et l'obligèrent à prendre ia fuite ainsi que les hommes de sa suite, la plupart couverts de blessures et de sang. Mais le peuple vola au secours du préfet; le meneur de la sédition fut arrêté et condamné; il expira sous les verges des licteurs, mais saint Cyrille prononça publiquement son éloge et l’honoVa du titre de martyr.

Alors brillait de tout l’éclat d’une rare beauté et d’un grand talent Hypathia, fille du mathématicien Theon, qui enseigna publiquement Aristote et Platon aux écoles d'Athènes et d’Alexandrie, et sa vertu ne le cédait pas h sa science. Les affidés de saint Cyrille, les troupes auxiliaires fournies par les corporations religieuses, s’at troupèrent un jour auprès du char d’Hypathia, l'en arrachèrent de force, la mirent en pièces et jetèrent ses lambeaux dans les flammes. Les parabolans, séides de saint Cyrille, furent les auteurs de cet horrible assassinat, conduits par Pierre, lecteur de l'Église d’Alexandrie, et ce meurtre ne fut pas vengé : les lois et l’empereur restèrent muets; seulement, il fut défendu aux clercs de prendre part aux affaires publiques; le nombre des parabolans fut limité à cinq cents, et le préfet fut revêtu du droit de les nommer; concessions de pure circonstance! Deux années après, la nomination de ces clercs-soldats , capables de toutes les violences et de tous les excès, fut rendue aux évêques (l’an 418).

Pour les temps postérieurs à l'épiscopat de Cyrille, le tableau de l’état de l’Egypte n'est pas moins affligeant; la vénalité était l’âme des conseils de l’empereur, le brigandage était légalement organisé dans les provinces; les querelles religieuses ajoutaient leur venin et leurs douleurs a tant d’autres plaies publiques; Nestorius attaquait saint Cyrille et se faisait condamner au concile d’Éphesc (431); l’Église d’Alexandrie s’endettait de quinze cents livres d’or pour acheter ce jugement.

Avec le successeur de saint Cyrille, la chrétienté devenait sectaire dT.utiche»

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en Égypte , et était destinée à se maintenir telle jusqu'à nos jours; le co>ciie d’Éphèse, par sa turbulence, recevait le titre de brigandage d’Éphèse; Diodore, patriarche d’Alexandrie, défendait publiquement le ravisseur de la femme d'un honorable sénateur; l’empereur Marcien déposait le patriarche; et, pendant que ces affreux désordres ruinaient les affaires publiques à l’intérieur, les Sarrasins se jetaient sur la Syrie, et les Blemmycs faisaient avec succès de nouvelles incursions armées dans la haute Égypte : l’ennemi extérieur venait ajouter par ses conquêtes à cet ensemble de germes de désordre et de destruction. Les Blemmyes furent repousses, mais ils demeurèrent toujours menaçants et prêts à toute entreprise contre l’Égypte.

La rapide succession des empereurs sur le trône de Constantinople, et les variations plus rapides encore qui en résultaient dans les principes de l’administration publique à l’égard de l’eni-

Ere d’Orient en général; d’autre part, s inextinguibles querelles sans cesse renaissantes à Alexandrie entre les partisans et les antagonistes des doctrines d’Eutychès, querelles soutenues a main armée, révélaient assez haut le malheureux état de l’Égypte durant la seconde moitié du cinquième siècle, les empereurs s’efforcaient en vain de ramener tous les Orientaux à la même croyance; leurs décrets d’union ne faisaient que rendre plus profondes les divisions et les haines; nulle part on ne reconnut l’empereur pour l’arbitre et le juge de la foi : le nombre des sectes différentes de l'hérésie des Acéphales eutvehéens ne s’élevait pas à moins de dix. Que dire ensuite des six prélats qualifiés A' hérétiques qui occupèrent le siège d’Alexandrie depuis le règne de Zénon, et de l’édit par lequel cet empereur avait porté à cinq cents les cinquante livres d'or que l’Égypte avait payées jusque-là annuellement?

Son successeur Anastase perfectionna la levée des impôts, c’est-à-dire les rendit plus productifs pour le fisc, plus accablants pour le peuple. Des calamités nouvelles fondirent à la fois

sur la malheureuse Egypte : les Maziues ravageaient la Libye et une partie u territoire égyptien; une nuee de traitants insatiables, à la tête desquels étaient les parents de Marin, délégué de l'empereur, exploita le pays; une affreuse sécheresse se déclara ; les sauterelles, plus affreuses encore, ravagèrent la Palestine, et l’Égypte fut chargée de payer les impôts que le fisc ne pouvait pas lever dans la Palestine; enlin une famine et une peste survinrent et durèrent jusqu'à la fin de ce règne : et des séditions religieuses y •ajoutèrent leur cruel concours.

L’avéncinent de Justin ne ralentit pas les effets de tant de maux ; il ouvrit la voie à de nouvelles réactions; Justin, catholique déclaré, protégait ouvertement les antagonistes d'Eutycliès; les émeutes et le meurtre en lurent toujours la suite, et cette ardeur des disputes, trait caractéristique des Alexandrins, ne permet pas de leur refuser cette vivacité d’esprit qui est trop justifiée par leurs propres malheurs, et par cette particularité d’un édit de l'empereur Justin, qui, bannissant les comédiens et les danseurs de toutes les villes d’Orient, en excepta la ville d’Alexandrie; et cependant c’était au théâtre que prenaient naissance les disputes et les révoltes.

En nommant les empereurs successeurs de Justin, et en rappelant la plupart de leurs actions, on sera trop souvent autorisé à les considérer comme ayant oublié leur autorité souveraine pour descendre au rôle abject de chefs de sectes religieuses.

Durant le règne de Justinien, les entreprises, des Perses dans le voisinage de l’Égypte, et les alliances de l'empereurd’Ôrientavecleroi d'Éthiopie dans l’intention d’attirer à Alexandrie le commerce de la soie; le choix de Narscs pour s’opposer en Libye aux incursions des Sarrasins et des Blemmyes , font quelque diversion à la destruction du temple d’Isis à Philæ par ordre du même empereur, aux violences exercées par son ordre contre les prêtres de la déesse , à l'enlèvement de sa statue envoyée à Constantinople ,

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à la sévérité du fisc forçant à s’exiler les citoyens qui ne pouvaient satisfaire à des taxes exorbitantes , à la suppression de l’école de droit existante à Alexandrie, à l'incendie de la ville, ordonnée par Narsès, parce que les corps de métiers , les nobles et le peuple refusaient de reconnaître pont* évéque Théodose protégé par Tnéodora , d'abord comédienne . et alors impératrice et chef de secte. Cette protection ne défendit cependant pasThéo- «lose ; il fut chassé , remplacé par Zoïle, qui fut chassé à son tour , qui proposa de payer quatorze cents marcs d’or sa réintégration , et qui eut pour successeur Apollinaire, l’un des généraux de Justinien , évéque guerrier , qui entra à Alexandrie dans un appareil tout militaire; et, étant tout a coup son habit de chef des troupes , se montra aussitôt revêtu de la robe de patriarche. Hue , assailli par la multitude , il la fit châtier par ses soldats, et se vengea par la mort d’un grand nombre de chrétiens égorgés par ses satellites.

Justin II (l’an 565), parvenu au trône, envoya son propre neveu comme préfet en Égypte; il le fit bientôt après mettre à mort, soupçonné de conspiration.

Sous Tibère Constantin, la secte des Jacobites s’établit définitivement , destinée à survivre à toutes les autres , et à constituer l’Église réelle des chrétiens d’Égypte , qui subsiste encore de nos jours.

Son successeur Maurice rétablit sur le trône le roi de Perse qui devait , peu d’années après, s’emparer de l’Égvpte.

Porté sur le trône par le succès de ses crimes , Phocas rend un édit qui exclut les Égyptiens des honneurs et des charges de l’État. Une sédition en fut la conséquence ; niais l’empereur fit baptiser par force tous les juifs d’Alexandrie.

Héraclius lui succéda sans rien diminuer de sa rigueur contre les juifs ; la secte jacobitc était animée de l’esprit égyptien , éminemment opposé à l’autorfté romaine , et il servait de lien à toutes les résistances. Le Jacobite fut regardé comme ie véritable

citoyen égyptien ; et cette qualification était comme un mot de ralliement contre toute autorité étrangère. Ces Jacobites ou Coptes avaient conserve l'antique langue nationale ; leurs livres liturgiques étaient écrits dans cet idiome , autre élément d’agrégation qui devait puissamment fortifier leur union, et les séparer plus profondément des autres associations qui parlaient et écrivaient les langues grecque, hébraïque ou syriaque , idiomes consacrés par la religion et l’usage. La population égyptienne, par l’effet inévitable du temps, se retrouvait ainsi maîtresse de son propre sol , et pouvait y dominer par le nombre , la force et la richesse : elle pouvait facilement reprendre son indépendance, et la conquérir sur la frôle et caduque existence de l’empire d’Orient: mais un autre maître survint, jeune et vigoureux , qui déjà remplissait l’Orient de ses succès , et qui priva pour longtemps l’Égypte des avantages de la liberté.

Lès Perses conquirent la Syrie (an 614) : les fugitifs se rendirent à’Alexandrie; et le patriarche, possesseur de sommes immenses perçues sur la piété des fidèles , possédait en outre quatre mille livres d'or, trouvées dans le trésor épiscopal lors de son exaltation; trésor dont l'origine remontait à la spoliation des riches temples de l’Égypte égyptienne. Il envoya au patriarche de Jérusalem , qui manquait de tout, mille pièces d’or, mille sacs de froment , mille sacs de légumes , mille livres de fer, mille caisses de poissons secs , mille vaisseaux de vin, et mille ouvriers. Mais, deux années après, les Perses s'emparèrent d’Alexandrie, secondés peut-être par les juifs toujours secourables à ceux qui les payaient, et peut-être par les Coptes, qui pensaient à se débarrasser d'abord de l’antique domination des Romains. Mais les deux peuples étrangers à l’Égypte devaient l’avoir quelque temps encore en partage.

Néanmoins un Copte d’une noble origine, et l’un des plus riches citoyens, fut chargé du gouvernement de l'Égypte: il se nommait Mnkaukas;

et, s'il était de In destinée de l'empire de préparer lui-même In perte de cette province, rien ne pouvait mieux concourir à ce résultat que de confier l'Égypte , dans ces circonstances , à un Égyptien puissant parmi ses compatriotes. Ses entreprises ne réussirent pas d'abord ; mais Makaukas fut un des instruments de la nouvelle révolution qui s'opéra en Égypte. Vers l'an 630, le patriarche George mourut et fut remplacé par un prêtre nommé Cvrus , sectateur du monothélisine , homme d’ailleurs inquiet et brouillon.

Le patriarche des Jacohites fut constamment son rival , et ses brebis n'en lurent pas moins portées à la rébellion. Cyrus lia des intelligences secrètes avec Omar, le lieutenant de Mahomet; il avait pour but d'cloigner re calife de l'Égypte au moyen d'un tribut annuel , dont Makaukas fournit le premier payement envoyé à Médine. Uéraclius s'indignait de telles menées.

I/empereur ne trouva d'autre expédient contre les malheurs qui le menaçaient , que celui de donner à ce même Cyrus l'autorité suprême en Égypte.

Makaukas y conservait son pouvoir, mais secondaire , étant à la tête de la imputation copte; Benjamin, patriarche copte, ne haïssait pas moins l’empire : Cyrus , Makaukas et Benjamin étaient, dans leur cœur, les alliés des Arabes qui devaient les délivrer du joug des Romains.

Amrou battit les troupes de l’empereur, s’avança triomphant en Égvpte, et s'empara de la ville de Mesrah où Makaukas commandait. De ce lieu Amrou , lieutenant d'Omar, s'avança vers Alexandrie : la population accourait fournissant des vivres , témoignant toute sa joie, proclamant sa défection. Les Grecs, lidcles. à eux-mêmes et abandonnés par les Égyptiens , résistèrent en desespérés. Ils subirent ics horreurs d'un siège de quatorze mois dans Alexandrie, qui fut prise

en l’année 64 1 , et avec elle le reste de l'Égypte devint la proie du vainqueur.

Reprise par les Grecs, la ville tomba de nouveau au pouvoir des Arabes. Ce fut en vain que Constant II, fils de Constantin , envoya en Egypte une (lotte et une armée pour rétablir l’autorité impériale dans Alexandrie ; à la vue de la Hotte , les Grecs qui se trouvaient dans la ville prirent les armes et en chassèrent les Arabes. Amrou avait été remplacé par Abdallah ; les Coptes redemandèrent Amrou, comme seul capable de les défendre: ils avaient un pressant intérêt à ne pas retomber dans les mains des Grecs. Amrou revint; Makaukas le reçut avec joie, réunit à l'armée arabe une multitude de Contes ; et les Arabes et les Coptes, musulmans et chrétiens alliés, atta-

auèrent Alexandrie, l'enlevèrent, en émolirent les fortifications , et l'islamisme s'établit souverainement en Égypte, où il domine encore par l’effet des mémorables victoires d’Amrou, secondé par les Égyptiens qui pensaient à rendre quelque indépendance à leur patrie, et ne lui donnèrent qu'un nouveau maître.

L’occupation de l’Égypte entière par les Arabes marque la fm de la tâche que je m’étais imposée. Elle embrasse tous les temps historiques anciens, et s'étend jusqu'à l'époque où le mélange confus, opéré par la main du hasard , de toutes les doctrines de la philosophie ancienne, donna naissance à un monde nouveau destiné, dans notre Occident, à survivre à tous les établissements du monde ancien , et à Rome elle-même, qui , concentrant en soi tous les temps antérieurs, devait enfanter pour les temps à venir le type de l'unité sociale qui est le véhicule et la vie même de la civilisation moderne.

Notre planche !J 2 est un modèle de l'architecture arabe en Égypte; c’est une des principales portes de la ville du Kaire.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS L’ÉGYPTE

Abdallatif, écrivain arabe, donne une idée de la grandeur et des mines de Memphis , *87 a — a88 a.

Abraham, époque el cause de son voyage eu Égypte; comment, avec Agar, son épouse, il en est renvoyé fuir le roi, 993 b, 294 a* Abyssinie ; traits caractérisquesde.» Abyssins, 37 a, b. ,

Albuquerque, Portugais, veut ruiner l’Egypte en détournant le cours du Nil, la b.

Alexandre le Grand, arrive k l’oasis d'Ammon, el y consulte l’oracle de Jupiter, i5 b, 16 a; il enlève l’Égypte aux Perses, y fonde Alexandrie et y laisse Clèomène pour gouverneur, 389 b, 390 a; son corps y est transporté, 39a a; spoliation de son tombeau par un des rois Lagides, 449 a, b.

Alexandrie; les membres de la classe sacerdotale devaient tous y faire chaque an-

Ammon-Ra, à tête de bélier, grand dieu de l’Égypte représenté dans des sculptures du temple d’Om-Reyda, 17 b.

Annee civile : les Égyptiens l’avaient faite sciemment plus courte que l'aunce solaire , a 35 a. (V. Biot).

A nu bis, quel était son emblème ordinaire, 36oa. — (T. aussi les articles Minos, Religion.)

Apis (le bœuf) : un promenoir était construit pour lui auprès du temple de Phtha , à Memphis, 368 a; (v. aussi les articles Minos, Religion.) Cambvse le frappe de son poignard, a77 b; le culte d’Apis est réglé par le roi Choüs, *78 a; sous l’empereur Julien, on découvre un nouveau bœuf Apis 475 b.

Aristote a décrit le premier l’art de faire

éclore les poulets dans des fours 196 a.

nce un voyage par eau, 90 — b — 91 a. Le

Arsinoc, nom donné à plusieurs villes.

pltare, élevé dans l'ile de Pharos, devait facibler la navigation dans le voisinage du

leur situation, 43a b.

Arts et métiers, industrie. V. Classe po-

port de la ville; description de cet édifice.

pulairc.

a l’imitation duquel un autre a été cons-

Astrologie, astronomie. Parmi les pein-

truit par un empereur romain, 409, 410;

lure* du tombeau d’un des Rhamsés. on

Ptolémée-Soter . fondateur de X école d A-

reconnaît un tableau des constellations et

les and rie , savants qui ont illustré cette

de leurs influences, 34g b, 35l«; Aristar-

école , causes qui en ont amené la ruine ,

que soutient le mouvement de la terre, 4ao,

a, b; date d’une éclipse de lune mentionnée

466 a , b ; Alexandrie , premier séjour de»

par Polybe, 4aa a ; plusieurs autres sont ob-

patriarches de l’Église chrétienne d’Egypte,

serrées par Hipparque, 4a7 b, 4a8 a. Voy.

469 b; l’empereur Claude donne des encou-

les article» Biot, Calendrier, Champolhon

ragemcnls a l’école d'Alexandrie, 46s a;

le jeune, Clasae sacerdotale, Founer, Le-

t.aracalla punit cruellement les cpigrammes débitées contre lui par les Alexandrins,

tronne, Sinus, Timochan*.

Alhénè, Minerve, la déesse Néith des

47a b ; les Perses s’emparent d’Alexandrie

Égyptiens, a54 b — a55 b.

l’an 616 de l’ère chrétienne, 479 a; les

Auguste ( l'em pereur), el ses premiers suc-

Grecs y soutiennent un long siège contre

censeurs : leur politique et leurs précautions à l’égard ae l’Égypte, 5oa, 465 b —

Amrou, chef des Arabes, prise de la ville

et soumission du reste de I Egypte , 480 a,

467 a ; ils font transporter à Rom, phi-

b. (V. Alexandre).

sieurs obélisques, 78 a, b; Alexandre Se-

31* Lwraiton. (Égypte.)

TABLE DES MATIERES

\«re el Dioclétien renient priver les Éfivp-

de son atelier monétaire, s33 b; Auguste

tiens de quelques-uns de leurs livres, t3S » ;

abolit l’usage de l'année vaçue des Egyp-

les noms de plusieurs empereurs romains

tiras, et leur impose l’annee fixe; de là

se trouvent sur les sculptures d’un temple

1ère d’Auguste, 33q a, b; dans un petit

d’Esnch , 160 b; Germa meus reçoit des

temple de Thèbes , les empereurs Hadrieo

prêtres les plus âgés l'interprétation de signes hiéroglyphiques sur b puissance mili-

et Otlion ou ses successeurs sont represen-

tés faisant des ofTraiidcs aux divinités égyp-

taire de iauctenne Égypte, 163 b, i63 a ;

line statue est élevée par les habitants de

pila, Trajan, continuent, sans Ta terminer.

Busiris à ttalbillus, préfet romain, pour quel

l'édification d’un temple daus la Nubie .

bienfait, i38 b; Dioclétien prive 1 Egypte

3ia a.

Bacrhtis : ses principaux emblèmes sont figuré» auprès d’Osiris ,137 a.

Bateleur» du Kaire : ils emploient dans leurs tours le lézard nommé tupinambïs du désert, et la vipère hajê; forment une corporation oui rappelle Tes anciens psylhs ; sont appelé» pour purger de serpents les habitations, animent les fêtes du Kaire par leurs tour» ; quelques - uns découvrent un serpent dan» le palais gui était habité par le général Bonaparte ; par quel moyen, 19 b. — ai h.

Belzoni : importance de deux inscriptions qu*il a trouvées à Pliilæ , 3i3 b ; avait exécuté a Paris le modelé exact du tombeau. par lui découvert, de Ménephtha Irr, 3a 3 b; il en a publié en un grand atlas les principaux sujets, sculptés ou peints, 3a£ a, b. Béni’ Hassan, lieu remarquable par plusieurs hypogées, 166 b, 167 a; un de ces monuments, à colonnes doriques, est le tombeau d’un chef militaire, 3fia b.

Bérénice, reine dont la chevelure forme une constellai ion, 419 b, 410 a, faisait élever des chevaux pour concourir dans 1rs jeux Olympiques, ibidi

Bérénice, nom donné à quatre villes, leur situation, 43a a, b.

Birhir, poisson du Nil, d'une forme singulière, 18 b.

Biot , cite sur les notions astronomiques auxquelles sout arrivés les Égyptiens, sur le rapport de leur année vague à l’année vraie , sur la répartition des emblèmes interprétés par CluunpoUion le jeune, 97 a — 99 a ; a développé, dans un ouvrage spécial, l'opinion de Cnampollion sur la date de l'institution du calendrier égyptien , a reconnu la simplicité de la notation de leur année vague, de son rapport avec les variations du Nil , et en déduit plusieurs conséquences, 340 a, 344 a.

Buba&tis, ville remarquable par les ruines d’un grand temple; quels rois l’avaient ornée de grands édifices, 36 1 b.

Byssus (toiles de). La classe sacerdotale en livrait chaque année une certaine quantité au fisc royal, 90 a; servait à faire les bandeleltcsdes momies, à l’habillement, snr* tout à celui des prêtres ; était probablement le coton ; les temples renfermaient sans doute des fabriques de ces tissus, 193 b, 193 a.

Calliaud (M.) a’est beaucoup rapproché dtfWBW du Nil, 9b; recueille des ceufs de crocodile nui éclosent dans sa barque, 33 a; dépeint les Berbers ou Barabras , habitants actuels delà Nubie, 37 b; a découvert et copié la plus célèbre des tables généalogiques , 365 b; description, explication de cette table, 371 a — 37a a; a retrouvé de riches mines d’émeraudes ,

Calasiries , Hermotybies , dénominations des guerriers an temps d’Hérodote, 146 a.

Calendrier : point de traces authentiques de son institution première en Égypte; usage dès la plus haute antiquité, d'une année de 365 jours, sa division; les Égyptiens savaient quelle partie du jour manquait à leur année civile, cl l’avaient probablement fait connaître aux Grecs ; noms des mois et leurs signes, a34 a — a35 b; division de l’année et des travaux de la culture en trois périodes égales d’après les variations du Nil, 335 b, s36 a; période sot hiaque ou cynique ou de 1460 ans, ce

CONTENUES DANS L’ÉGYPTE. 48

qui y a donné lien; importance pour 1;?

calendrier du lever héliaque de Pctoile Sirius, a*6 a — *37 b; usage d’une période lunaire; période de sept jours, période de frrnte ans ou des grandes panégyrics, *37 li ; coïncidence du premier jour de l’année vague avec le premier jour de l’année fixe, *37 b — *38 b; ère de Nabonassar, ère d’Auguste; à quelle année remonte l’institutiois régulière du calendrier égyptien; ouvrage spècial de M. Biot sur ces faits et leurs conséquences, *38 b — *40 a; calendrier des fêtes religieuses; deux planches représentent toutes les expressions graphiques relatives aux mesures, au calendrier, aux dates; un tableau expose les signes hiéroglyphiques des mois et ceux des cinq jours célestes; chaque mois et chaque jour placés sous la protection d’un personnage divin ; les personnages emblématiques des douze mois sont reconnus par Chumpollion; 140 a — *4 4 s; sous quel roi a ou lieu un certain renouvellement du cycle sot Iliaque, 353 a.

Calüxène de Rhodes , dans son histoire d’Alexandrie, donne la description détaillée d’une fêle qui y fut célébrée; époque et objet de cette fête ; extrait de cette description, 64 a — 66 b.

Cavalerie, n’entra pas dans la composi* tion de l’armée égyptienne, 148 b; disons-

Sésostris, 169 a, b; son travail sur l'inscription de Rosette *2* b — a*3 b; sur la notation graphique des mois et des jours complémentaires, a35 a, b; sur la liaison du lever de l’étoile Sirius et du commencement de l’année, a36 b, a37 a; sur la date de l'institution régulière du calendrier, a4o a; sur la recherche, dans les monuments, des traces de la philosonhie égyptienne; sur la découverte qu’il ht, dans un temple de la Nubie, d'une nouvelle génération de dieux , complément du cercle des formes /l’Ainon, a45 h, 246 a; recueille dans le toml>eau d’un roi In plus ancienne représentation relative nu lever de l’étoile Sirius , 3*8 b ; explique une difficulté historique sur le règne de la reine Amensé, 3t»4 a — 3o6 a, découvre la grotte (spéos Artéinidos) qui forme un temple souterrain, 3*4 a — 3*5 b; décrit sur les lieux , en 18*9, un petit temple de Thôth (Hermès), 44* n et suiv.

Chnt, était consacré à la déesse Paschta 11 Rubastis (Diane); des momies de chats se trouvent en très grande quantité près du village Béiii-Hauan-el-Aamar, 3*4 b — 3*& b.

Chauves-souris : très - abondantes en Égypte ; de huit genres distincts ; celle qui est nppelée roussette est susceptible d’éducation, *3 a, b.

sion à ce sujet sur les paroles de Moïse ,

Chevaux , étaient d’une lielle race ,

ihid. — ;

Cerbère, le même que le Chien de Ty -

Chine : n’était vraisemblablement pas in-

phon, placé par les Égyptiens dans l’Amenthi (Tenfrr), 117 a , b.

Chameau, parait avoir été inconnu aux anciens Égyptiens pour leur service , 196 a.

Champollion le jeune, cité dans la discussion sur la race des anciens habitants de

connue à l’Égypte, 85 a.

Christianisme, scs premiers fondements en Égypte , 469 b ; résidence du patriarche, d’abord à Alexandrie, puis au Caire; mode singulier de sou élection, 469 b, 470 a; sous quel empereur t'établit la secte qui constitue l’Église actuelle des chrétiens d’K-

l’Égypte, 37 b; sur la série de peuples fif.in'i- daht plusieurs bas-reliefs de, tom-

Chronologie, divisée en deux parties :

beaux rovaux, 3o a — 3c b; sur les tom-

historique ou fondée sur des monuments

beaux de* rois, qu'il a vus en 1829, 5i b

contemporains; systématique ou non ap-

— 57 b; sur un tableau représentant tes

puyée de ces monuments, 264 a — *65 b ;

signes de l’aitronomie et de l’astrologie,

a fappui de la première : la vieille ch rom -

io3 b — 106 a; sur un tableau repré son-

que de George le Syncelle, les li^es de Ma-

tant le jugement de l'âme, i3o a; sur la

iiétlion, les tables généalogiques d'Abydo%;

bibliothèque du Rhamesscïoti de Tbèbes ,

monuments divers; exposition et explica-

i35 b; sur les Livres hermétiques , ï3«j b;

non de tous ces documents , *64 » — a 7 5 a ;

sur le Pimander d'Hermès Trismégistc ,

calculs qui établissent la date de la oais-

140 b; sur les spéos d’ihrim et de Silsilis,

sauce de Ptolémée Épiphane et celle de la

sur les monuments de Beit-Oually eu Nu-

mort de son pere Philopator, 4*3 a —

bie, sur les grottes de Beni-Hassan, 164 a

— t66 b; sur un papyrus qui contient,

Circoncision , prescrite par le, lois éffrp-

presque en son entier, un panégyrique de

tiennes , 40b — 41 a, 1 1 3 a.

TABLE DES MATIERES

Classe des militaire*, devenue le premier

ordre de l'État sous Menés; était pourvue

nombreux corps de troupfe* , par quel motif, 368 a.

J’uue dotation territoriale; force de l’armée

Classe populaire, troisième ordre de l'Étal ;

au terni» d'Hérodote, 146 a — 147 a; distributiôn du service ; émigration d'un corps

jusqu'à quef point elle contribua primitivement à l’élection des rois, question indécise;

«le cent mille hommes et par quel motif, s 47 a , b , 170 b ; restes d’une enceinte aux

mais prononça un jugement sans appel sur les rois après leur mort ; noms martelés dans

environs de Thèlies , laquelle est présumée

des monuments , 171 a — 173 a; familles habituellement nombreuses; habillement sim-

avoir été un établissement militaire: taux

moyen de la force de l’armée, armes di- «erses, manœuvres, le roi chef suprême;

pie, race belle et saine, mais un peu grêle; habitations particulières, vastes, avec jarrJin ;

usage de la cavalerie inconnu , explication ,

nourriture : pains de sorgho ou doura ,

sur ce point , de la tradition de Moïse, 147

viandes, poissons, miel, fruits et diverses

b — 149 a ; intérieur des camps connu d'a-

productions, vin, bicre de grain, 17.3 a —

près les monuments ; armures , disposition

176 a; pour boisson habituelle l'eau salu-

dans les marches ; les peintures découvertes

taire du Nil qu'ils clarifiaient par un pro-

dans le tombeau d’un chef militaire repré-

cédé usité encore de nos jours ; description

sentent de nombreux objets d’armement ;

de la façade d'une habitation , du jardin qui

forme des enseignes, 149 a, i5o b; armes

en était une dépendance ordinaire, décora-

conservées dans nos musees, 167 a, b; puis-

tion de la maison par des peintures à fres-

sance militaire de l'Égypte attestée par une

que, 176 a — 178 a; meubles orués de

multitude de tableaux nomériques qui retra-

sculptures ; la claste la plus humble «bon-

cent, entre autres faits, la prise de Jérusa-

damaient pourvue du nécessaire, 178 a — >

lem . les victoires de Rhamsès le Grand ou

179 a; obiets d'habillement . ustensiles de

Sésostris , celles de son père, du roi Horus,

toilette, bijoux et objets de parure: orne-

les chefs de diverses nations faits prison-

menls dorédles. colliers, anneaux et ba-

niers, une bataille navale; puis les campagués de Rhamsès-Méiamoun , i5o b — 160

Rues, bracelets, bijoua de formes carrées. 179 a — 18a b; ustensiles domestiques : va-

b; nouveaux détails sur les conquêtes de

ses; meubles, 182 b; s83 a; instruments

Sésostris, récit qui en est fait à Hérodote

et produits des arts et métiers; armes, ins-

par les prêtres , témoignages récemment dé-

trament* de musique; tissus, i83 a . b : ob-

couverts, fruits de ses victoires. 160 b —

jets relatifs aux jeux et aux amusements de

i63 b ; monuments élevés par les anciens

l'enfance, i83 b; description de tableaux

Pharaons au delà de Syène; dans la Nubie ;

]>eints dans le tombeau d’un personnage

spéos d’ibrim qui appartiennent à différents régnes; celui de Sitsilis pour le roi Horus,

distingué et représentant, x° les détails de

sa vie intérieure, a® le service de l’extérieur.

i63 b — «66 a; autres monuments de faits

3° la maiton de campagne avec un nom-

d'armes à Beit-Oually, en Nubie, à Béni-

breux domestique; étal numérique de «es

Hassan, 166 a — 167 a; les militaires accomplissaient les devoirs prescrits par la

bestiaux, 184 a — 186 a; chasse, pêche,

délassements, jeux, iS(S b; le Nil , auteur

religion, 167 a; le scarabée faisait le cachet

de toute fécondité ; précautions pour l’entre-

de cette classe; le vautour et l’épervier

tien et la conservation des canaux, honneurs

étaient l’emblème de la victoire ; quels présages fournissait le vautour, 167 b; représentation d'un combat naval ; monuments de

divins rendus à ce fleuve, 187 a — 188 b;

labourage , semailles après lesquelles la terre est foulée par quelques animaux; récolte;

deux officiers de la marine, 167 b, 168 a,

rafraîchissement de Veau du Nil; usage de

b ; papyrus précieux qui contient surtout , presque ei\ son entier, un panégyrique de Sésostris, 1C8 b — 170 a; un roi, abandonné des militaires qu’il avait privés de leurs terres , est défendu par la classe des

la charrue et delà houe; moisson, faucille

égyptienne; conservation du grain, l’usage

des silos n’y a été probablement pas in-

connu ; culture et récolte du lin ; le byssus , probablement le coton, 188 b — 193 a;

marchands et des artisans, réflexion sur ce

nourriture: lotus nympheta , graine et ra-

fait , 170 a , b ; les Caricns et les Ioniens se

cine, tige du papyrus, poisson, légumes,

rendent en grand nombre auprès de Psamnétichus, qui leur donne des terres et les

vin de diverses qualités , bière ou autres li-

queurs fermentées, fruits très variés, ail et

incorpore dans la classe des militaires , 367 b ; sous ce roL, émigration en Éthiopie d'un

oignon d’une saveur moins âcre que les

nôtres, i$i b — 195 a; le dattier, les pâtu-

CONTENUES DANS L’ÉGYPTE

rages de la basse Égypte, chevaux d'une belle race, iq5 a — 196 a; poulets éclos dans des fours, 196 a — 197 a; perfection des tissus et des teintures, 197 b — 198 b; grands ouvrages d'architecture, mise en œuvre des métaux, procédés chimiques, art de l’émailleur, fabrication de la porcelaine, du verre coloré et non coloré, du stuc, dorure du bois et du bronze, mosaïque de pierres ou d'émaux de couleur, mastic dur, appliqué en relief et doré , vases mûri hins artificiels, bronze employé pour les ustensiles et les am>e.s, 199 a — 201 b; considérations sur l’antique éclat des institutions égyptiennes, sur les prodiges de leur architecture, de leur mécanique, sur l’état de leur commerce el de leur marine, 201 b — 206 a ; routes qui rendaient à Thèhes et à Memphis , 206 a , b ; vicissitudes de grandeur et d'infériorité jusqu'à la fondation d’Alexandrie; témoignages de sa grandeur dans un des tombeaux de Gournah; Fourier cité sur ce sujet , 206 b — as 1 b.

Classe sacerdotale; scs attributions ; primitivement souveraine , elle cède ensuite le premier rang au roi, ses possessions et revenus; un droit lui était payé pour les momies déposées dans les tombeaux, 86 b — 89 b; payait au Use royal certains tributs , 89 b — 90 b ; tout membre de cette classe était tenu de faire chaque année un voyage par eau à Alexandrie , 90 b ; le roi intronise et sacré dans une assemblée générale de cet ordre, hérédité des fonctions établie par l’héritage de la terre ; mariage des prêtres , leurs iils sont fixés dans la classe ; concours des prêtres dans toutes les affaires publiques, 90 b — 93 a ; professaient la médecine et la chirurgie , 93 a , b; avaient dans leurs attributions b momification des corps , 94 a — ç5 b; combien elle influait sur la salubrité de l'air , ibid. ; étaient astronomes ; d’après quelles planètes ils avaient nommé cliacun des sept jours de la semaine, 96 a, b; dis* eussion sur leurs notions astronomiques, mêlaient l'astrologie et l'astronomie ; jusqu’à quoi point l’astrologie fut eu vogue dans J’empire romain , 97 a — 101 b; thème natal de l'univers, loi a; exemple d'un autre thème natal , formulé sous le règne d’Antonin, 10 1 b — 102 b; prodiges de la magic, ïoa b — io3l>; représentation des signes les plus apparents de l’astronomie et de l’astrologie , 104 a — 106 a ; les diverses parties du corps de l’homme mises sous la protection de diverses planètes, 106 a; les zodiaques et 4a description des temples de

De n Jêrah et d 'Rsnèh, 1 06 b — 1 1 1 a ; fonctions et noms divers des prêtres, costumes, tête rase , circoncision , tissus de lin , instruments et ustensiles, mb — 114 b; il y avait aussi des prétresses, ix5a, b; 34 1 statues de grands prêtres montrées à Hérodote , 1 16 a — 1 1 7 b ; tradition des prêtres sur la guerre de Troie , sur Péris et Hélène, 117 b — iaob;quels furent leurs disciples parmi les Grecs; Moïse, laob — ia3 a; Rituel funéraire; Litre des manifestations à la lumière ; tableaux symboliques , ia'J a

— 126a; jugement de Vainc, les champs- Élrsées, les récompenses et les peines , mètemjisycose , Thoth , livres écrits par divers Égyptiens , livres hermétiques , description de quatre cercueils sacerdotaux , 126 a

— 145b; deux grands prêtres, à l’époque de la 20* dynastie , montent sur le trône , 356 a , b ; deux fils de rois , d’abord grands prêtres, portent ensuite la couronne, 36o a, -b; Psammétichus II, honoré aussi d’un sacerdoce, 370 b.

Clément d’Alexandrie (Saint), cité sur 1a magnificence des temples égyptiens , 26 a ; sur le prêtre nommé Horoscope , 99 a, b; sur les cérémonies religieuses et les livres d’Hermès, i36a, 137 a.

Combats sur lerre et sur mer : disposition de» troupes de diverses armes ; genre de manœuvre des vaisseaux ; quelle place occupait le roi , 58 b , (48 a , b.

Costumes des rois dans leurs fonctions publiques , 55 a.

Coudée , seule mesure de longueur dont nous ayons 1a grandeur, très - probablement certaine. V. Système numérique.

Crânes des Égyptiens, beaucoup pins épais et plus durs que ceux des Perses, 378 a.

Crocodile : ce qti’cn dit Hérodote ; sa narration est rectifiée sur quelques points; habitudes du crocodile; ses ennemis, dureté de sa peau , etc. ; cinq espèces, 21b — 23 a ; celui de f Égypte est plus timide que celui des autres climats, 24 a.

Cuivre : deux mines en ont été exploitées en Arabie sous l’autorité des Pharaons, ao 1 b.

Culte. — Consécration par les Égyptiens de certains animaux, et végétaux à des divinités diverses, 25 b — 26 b; crocodiles sacrés: avaient, d’après les rédts faits à Hérodote, leurs tombeaux dans la partie souterraine du labyrinthe , 37 *a; chaque particulier pouvait établir chez lui des chapelles, 184a; ordre des principales fêles

4 ac

TABLE DUS MATIERES

célébrée* dans le grand temple d’Esnèh , calendrier sacré qui contient le tableau de toutes les fêtes de l'année, a4o b, 241 a.

Culture; variété des travaux et des récoltes, 14a, b; labourage, semailles, ré-

colte du blé, celle du lin, le byssus (probablement le cotonj , 188 b — 1 y3 a ; divisée en trois époques d’après le temps et le retour de l’ inondation t a35 b , a36 a.

Dattier, utile jusque dans ses derniers filaments, tg5 b.

Dendérab. — L’extrémité de la partie la plus ancienne du temple appartient au règne de Cléopâtre et de Ptoiemée Césarion , 465 a. 466 b; plusieurs autres parties y sont du temps d’Auguste, d'au très exécutées sous divers empereurs, 466 b, 467 a (V. Zodiaques).

Diane on Artémis , la déesse Pascht ou Bascht Wubastis) ; le chat lui était consacré , 3a5 a, b.

Diodorc de Sicile, cité sur l’assertion des Éthiopiens que l’Égypte est une de leurs colonies , et sur la conformité des lisages chez les deux peuples , 28 a; sur le pouvoir des prêtres en Éthiopie , 34 b ; sur la loi contre les faux-monnayeurs , 3g a , b ; sur les sacrifices humains en Égypte, 43 I»; sur l’étude de l'arithmétique et de la géométrie que les prêtres enseignaient aux en-

Kcolc d’Alexandrie (V. Alexandrie).

Écriture. V. Langue et Écriture, au b et suiv.

Égjutc : sa situation, sa destination naturelle; doit au Nil sa fertilité, x , a, b; l’obscurité couvre ses origines; gouvernement d’abord sacerdotal , devenu monarchique; la nation divisée en classes; des révolutions intérieures donnent lieu à plusieurs dynasties, idée générale des arts et de l’industrie, a a — 3 b; ctat physique , division en trois régions, montagnes ; aspect diversifié suivant les trois saisons de l’année égyptienne; culture et plantes principales, 3 b — 7 a exhaussement du sol de la basse Égypte, considérations sur le commencement et la progression de ce phénomène, ia a; culture riche et varice; climat généralement salubre , mais sujet à la peste et à des vents nuisibles , 14 a — i5a; oasis, leur situation, description de la plus célèbre, celle de Jupiter Atiunon , visitée par plusieurs héros de l'antiquité et par Alexandre le Grand, i5 a; — 16 b; mer Rouge, 16 b — 18 a; animaux «rai lui sont particuliers, 18 a — ai a ; vége-

fants, sur F astrologie cultivée par les prêtres égyptiens qui prédisaient l’avenir, 99 a ; sur les poèmes eu l'honneur de Sésostris , 1 37 b , a sépare la mythologie des Égyptiens de leur histoire dont il n’a voulu exposer que les faits principaux, 276 a, b; a mentionne, sans les nommer, plusieurs rois qui ont vécu dans l’oisiveté, 290a; a décrit les actions d’Osymandyas et son tombeau , 291 a , b ; son texte sur Sésostris est certifié par les monuments, 332 a — 335a; n’est pas assez précis sur la durée de son régne , 339 a, b; cité sur les derniers rois de la ig* dynastie, et les premiers de la aof, 354 a, b ; sur le roi Rocchoris, 362 b, 363 a; sur Psammrtichus , 368 , a , b; sur le pouvoir des prêtres éthiopiens, dont le joug est brisé par le roi Ergamène , 417a, b ; sur la mort d’Aristomène que Ptolétncc Épipbane fait mourir par la ciguë, 4*9 b.

taux, papyrus, 24 a — 25 b; population et ses variations à diverses époques 26 b — 38 a; gouvernement, d’abord théocratique, puis monarchique, à dater de Menai ou Menés, 33a — 35 b; état politique de fa nation; division des citoyens en classes et en professions, du royaume en préfectures ou nomes; assemblées générales de députés de la nation dans le labyrinthe, 33 b, 38 b; lois, parmi lesquelles il en est une qui tolère le vol, question des sacrifices humains, procédure, 38 b — 5o b; état de la famille royale, monuments érigés aux rois, obélisque de Louqsor, 5o b — 8Gb; classe sacerdotale, astronomie, astrologie, tradition sur Pâlis et Hélène, Moïse, rituel funéraire, livres d’Hermès, momies de divers prêtres, 86 b — 140 b; classe des militaires, dotée de propriétés territoriales; service , dans des stations ou dans des villes frontières, déféré aux divers corps; avait le roi pour chef suprême; tableaux, relations et monuments attestant les victoires de plusieurs rois, 146 a — 170 b; Classe populaire , juge des rois après leur mort , intérieur

CONTENUES DANS L’ÉGYPTE

de la famille, habitations, arts et métiers, culture, commerce, antiquité de la civilisation, 171 a — 211 b; langue et écriture, an b — 228 b; système numérique, système métrique, monnaie, calendrier, aa8 b — a44 a; religion, renfermant trois points principaux : le dogme , la hier ardue , le culte , 244 a — 260 a ; funérailles et pratiques diverses pour l'embaumement des corps, 160 a — 264 a; chronologie, 264 a — 275 a; précis historique, a;5 a jusqu' a la fin.

l-lmeraudes (mines d’).‘.V. Cailliaud.

Empereurs romains;; comment plusieurs d'entre eux se sont montrés à l’égard des Égyptiens. Y. Auguste, Précis historique.

Eratoslhènes , un des gardes de la bibliothèque d'Alexandrie, a donné des mesures sur une partie du cours du Nil , 8 b.

Ère d'Auguste , 239 b.

Ère de Dioclétien ou des martyrs ,

Ère de Nal>onassar , quel en fut le premier jour , 239 a.

Ère dionysienne, son origine, son poiut de départ , 4 1 5 a , b.

Ergamène, roi d'Éthiopie, duquel on voit encore des monuments, renverse violemment le gouvernement thcocralique de ce pays» 4i7 a, b.

Éthiopie , berceau de la population égyptienne, 28 a et suiv. ; a donné à l’Égypte le joug théocratique établi chez elle, 34 b; dans plusieurs temples de la Nubie, élevés par des rois éthiopiens, on trouve des traces de la conformité du culte, de l’écriture hiéroglyphique et des principales institutions chez les deux nations, 417 b (V. Ergaroène). .

Enchariste , second surnom donne à Epiphane , 429b; c’est lui qui a introduit cet usage de deux surnoms, ibid.

Ezéchiel.a transmis une tradition sur la destinée des dynasties égyptiennes, 464 b

Fnkaha, poisson du Nil; il fournit une nourriture abondante; de sa peau gonflée les enfants se font un ballon pour leurs jeux , 18 b, 19 a.

Fayoum, province désignée par différents noms sous les Grecs et les Romains, remarquable par le réservoir nommé lac du Fayoum ou lac Mcrris ; de quel souverain il est Fotrvrage, son étendue, sa destination; salure considérable de son eau, ia b — 14 a; dans celte province était aussi le labyrinthe , 37 b — 38 b; formait le nome Aninoïte , 432 b.

Femmes — Leur condition civile ne paraît en rien avoir été inférieure h celle des hommes, J42 b, 56 b, 5j a, 164 b; il

y a même eu des prêtresses , r 1 5 a , b ; un roi de la a* dynastie les appelle à la succession de l’autorité royale, 278 a; plusieurs ont été reines (voyez Précis historique : 6*, la* , 18* dynastie).

Fête célébrée à Alexandrie l’an 284 avant le christianisme, pour l’inauguration du règne de Ptolémée Philadelphe, sa description détaillée, 64 a — 66 b, 41 1 b.

Fou rier, membre de la commission d’Égypte, cité sur les antiquités astronomiques observées en Égypte, 97 a; sur la puissance du sacerdoce, 121 b; sur l'état général t* les époques principales de la civilisation égyptienne, 209 b — 21 1 b.

George le Syncelle , nous n conservé la •vieille dvroniaue ; tableau qu’elle présente des diverses dynasties; discussion et comparaison avec les listes de Manéthon , 266 b — 268 b.

Germanicus va examiner les antiquités de l’Égypte, ii y interroge les prêtres, 346 u , 347 a, 467 b.

Girafe , était un des animaux amenés par les peuples vaincus ou tributaires, 208 b.

Gouvernement , d’alwrd théoeralique ,

importé de l’Éthiopie; puis monarchique à dater de Menai ou Menés ,33 a — 35 b.

Granit rose (belles carrières de) près de Pliilæ, 367 b; une inscription grecque, relative à une ouverture nouvelle de carrières dans cet endroit , porte le nom de Géta , 477 b.

Grecs ioniens; quinze, hommes, femme»

ou enfants, paraissent avoir été figure* comme prisonniers dans une peinture qui décor-* un tombeau, 166b, 167 a.

TABLE DES MATIÈRES

Hadrien (l'empereur) parcourt l'Égypte avec l'impératrice Sabine : ils y entendent la statue parlante de Memnon. Lettre d'Hadrien au consul Servianus sur l'opinion qu'il a conçue de l'Égypte, 47* a* b.

Héphaistos, Vulcain, ouvrier divin chez les Égyptiens , désigné par !e nom Phtha , a55 b, a56 a.

Hérodote, cité sur les sources du Nil, 8 a; sur les travaux pour le tacMœris, »3 a; sur la destruction de l'armée de Carabyse par un vent brûlant; 14 b, i5 a, 378 a; sur la fontaine du Soleil, i5 b et suiv. ; sur le tupinambis qu’il appelle crocodile terrestre, 19 b; sur le crocodile, ai b, 22 a; sur la couleur de la peau des Égyptiens et leurs cheveux crépus , 26 b ; sur le labyrinthe , 36 b, 3y a ; sur l’introduction de l’or et de l’argent monnayé en Égypte par les Perses, 39 a; sur l’assertion que les sacrifices humains avaient eu lieu en Egypte , 43 b, 44 a; sur les prêtres du temple de Phlha, à Memphis, 63 b; rapporte qu'il n’y eut point de prêtresses en Égypte ( assertion contestée par l’auteur); aonne des détails sur leurs fonctions, leur manière de vivre , leurs divers collèges, le pontife suprême , la série chronologique des statues des grands prêtres, zi5 a — 117 b; ce qu’il a recueilli des prêtres égyptiens sur la guerre de Troie, sur le débarquement à l’une des embouchures du Nil , de Paris et d’Hélène, laquelle fut retenue seule en Égypte, etc., etc., 117 b — iaob; Isis et Osiris, et ce que les Egyptiens ont dit sur les transmigrations de l'âme, x33 b, 1 34 a ; Hérodote a vu leurs annales nationales, (38 a ; les dit adonnés à l’astrologie, 99 b, 100 b; donne des renseignements sur la composition et la force de l'armée, 146 b, 147 a; sur les victoires de Sésostris, 161 a, b; sur la facilité de la culture, 188 b; sur l’emploi des animaux pour fouler les grains ensemences , 189 a; sur le montant de la dépense en légumes pour les ouvriers qui construisirent une des pyramides, «q5 a; sur la connaissance, établie chez les Égyptiens, de la différence entre leur année vague et l’année solaire, 235 a; sur leur usage de placer chaque mois cl chaque jour sous la protection d'un personnage divin, 243 a; sur la croyance des Thébains en un dieu unique , 244 b ; ce qu’il a rapporté sur Sésostris est confirmé par les monuments, 332 a — 335 a;

il est cité sur la fuite de Sennachérib , 365 a ; n’est point d’accord avec Manétbon , ni avec les monuments sur la fin de la dynastie éthiopienne, 365 a, h; a donné une description de la ville de Sais qu’il avait vue avant sa décadence, 367 a; est cité sur les règnes de Psam met ichus.dc son fils Nécos (Néchaô II suivant Manéthon), sur le canal de communication entre les deux mers, 367 b — 369 b ; sur Psammétichus II , nommé par lui Psammis , sur Apriès, 370 I) — 372 b; sur les propylées construits à Sais par Amasis, 374 a; sur les dons faits j>ar Amasis au temple de Delphes, 376 a; sur la conquête que ce roi fit de l’ile de Chypre, ib. ; visite auprès dePélusc, le champ de bataille où étaient encore amoncelés séparément les ossements des Perses et ceux des Égyptiens , son observation sur la différence de dureté entre les crânes des uns et ceux des autres, 378 a.

Hippopotame, se voit dans les parties les plus méridionales du Nil ; n'attaque pas l'homme , 24 a.

Histoire naturelle. — Plantes, fleurs et arbres remarquables, 6 a, b; le Nil et ses inondations (V. Nil); salure considérable de l’eau du lac du Fayoum (lac Maris), 14 a ; productions , climat , vents nuisibles, 14 a — x5 a; comment le chameau se soustrait à leur influence, i5 a; animaux particuliers à l’Égypte : poissons ; oiseaux ; reptiles; couleuvres et serpents; lézards et crocodiles ; ibis ; chauves-souris et roussette, hyène et chacal ; hippopotame , 1 8 'a —

24 a; quelques lions paraissent y avoir été apprivoisés dans l'antiquité, celui du viceroi actuel de l’Égypie reste habituellement auprès de lui, 24 a; quelques-uns ont accompagné les rois dans les combats , 148 b, 291 a;( plantes légumineuses , céréales; blé barbu trouvé dans des tombeaux ; papyrus,

25 a — 25 b; byssus ( probablement le coton), des toiles en étaient vraisemblablement fabriquées dans les temples, 90 a ; conclusion sur la position constante de l’axe terrestre, d’api ès l'orientation de la grande pyramide, 281 a; grès, celte pierre se voit dans plusieurs constructions des plus anciennes, 292 b, 3 10 b; servit à bâtir uu grand édifice à Komna, 327 a; était la ma itère de deux colosses aujourd’hui brisés, 3 1 5 a; des montagnes de grès à Silsilis semblent avoir été brisées par le Nil, 33o 1>{

CONTENUES DANS L’ÉGYPTE

il yen avait des carrières à Tborrah, près histoire, 358 a — 359 I»; de quel roi de

de Memphis , 367 b ; des lions , des lévriers, l’Égypte Osée implore le secours, 364 a;

des chacals vivants étaient donnés en tri- Ézecnias secouru par un roi de la dysnastie

but par des pays situés au midi de l’Égypte, des Éthiopiens contre Sennachérib; disrus-

3ia b ; une observation physiologique, sur sion à ee sujet , sur la tradition de la bible

la ressemblance des enfants à leur père ou et sur le récit d’Hérodote , 365 a ; Jéru&a-

à leur mère, reçoit son application d'une lem et le royaume de Juda tributaires de

sculpture qui représente la mère d’Améno- Néchaô, 369 b, 370 a.

phis III, 317 a, b; quelques fragments Hyène: elle se trouve en Égypte; elle y nous sont restés des commentaires de Pto- est peu redoutée , a3 b. lémée Evergète U, spécialement sur la Hypathia , fille du mathématicien Théon, zoologie, 44i b. enseigne à Athènes et à Alexandrie la phi-

Hisfoire sainte: à quelle dynastie répon* losophie d’Aristote et de Platon: elle meurt dent le règne de David , celui de Salomon sous les conps d’assassins suscités par les et quelques événements mémorables de cette parabolans, 447 b.

Ibis, oiseau de passage; deux espèces; a Invasion de l’Egypte par des barbares été fréquemment embaumé par les Égyp- venus de l’Orient, durée de leur séjour, tiens; 11e détruit point les serpents; était 147 a. (Voyez le Précis historique, 17* consacré au dieu Thôth (Hermès); a donné, et 18e dynastie); seconde invasion, de peu dit-on , l’idée du clystère , a3 a. de durée, 345 a , b; invasion par les Éthio-

Ibsamboul , lieu remarquable par un piens sous SabAcon , fondateur de la a5* grand temple creusé dans une montagne, dynastie, 363 a; invasion par les Perses i5t b et suiv. ; par les colosses monolithes sous Cambyse, fondateur de la 37* dynastie, qui en décorent l’entrée, 334 ptr les fi- 376 b et suiv.; invasion d’Alexandre, suigures tracées sur les colonnes au temple vie de rétablissement des 3ie et 3 xe dynaad’Athôs, 337 b, 338 a. lies, 387 a et suiv.; invasion des Éthiopiens

Ichueumon, animal susceptible d’éduca- réprimée par le préfet romain Pétronius, tion; ses habitudes; destructeur de plu- 466 a ; des Perses qui s'emparent d’Alexansieurs animaux et des œufs du crocodile ; de drie, 749 a; enfin d’Àmrou en 641,480 quelle manière , au dire des anciens , il at- a , b.

taque les plus grands serpents, *3 b. Ipsus (la journée d’), décide du sort

Inde : elle avait des relations commer- d’Antigone, 407 b. ciales avec l’Égypte, 16a b-

Joseph, fils de Jacob, premier ministre tuellement un extrait de l’histoire de Mad’un des rois pasteurs, fait du sol de l'É- néthon , 294 a ; ses listes ont éJé copiées gypte la propriété du souverain, 42 b, ror les abreviateurs venus après Ini, d’où 43 a; à quelle époque il fut amené en l’oubli des noms de plusieurs Pharaons. Éygpte et en obtint ensuite l’administrai ion; 295 b , 296 a ; donne ceux des rois pasteurs accord de l'époque de la venue d’ Abraham et la durée de leur dynastie, 297 b , 298 a; en Égypte, de l'Age de Joseph , du voyage avoue , d’après Manet hor» , leurs incursions le ses frères et de la mort de Jacob, 298 b et leurs pilllages, 298 a; rapporte que les — 3oo a. rois de la Thébaîde leur faisaient une

Josèphe , historien juif, a rapporté tex- guerre continuelle , 3oo a , b.

Karnac lieu remarquable par d'immenses Kouma ( palais de) à Thèbes , édifié en constructions , dues en grande partie à Mœris , partie par Ménephtha ICT, terminé par aou fila, 3io a; qui a orné ce palais d’une table Sesost ris : monument des plus remarquables des rois ses prédécesseurs 3 1 1 a , b. ; une sous le rapport de l’art, 3a5 a et suiv. ( V foule de has-rdiefs y retraçent les campagnes aussi Méncphthéuin ). glorieuses de Ménephtha Ier en Asie, 327 b.

TABLE DES MATIÈRES

labyrinthe, vaste édifice décrit par Hé* rodote et par Slrabon ; destiné à la réuniun des députés des provinces de l’Egypte , 36 b —38 b; imité à Cuosse par les Grecs , 38 b; i quel roi en est attribuée la construction , 2*9 !>•

Lac Maris, dans quelle partie de l'Egypte en restent les traces , son étendue , sa destination, à quel roi l’Égypte en fut redevable; son nom actuel, degré de salure de son ean, i3 a — 14 a, 3i i a; produit de la pèche de ce lac sous la domination des Perses, 379 a.

Langue et écriture : origine inconnue; langue commune à l’Égypte et à l’Éthiopie; toujours la même jusque sous les empereurs romains; au cinquième siècle de notre ère traduction en langue égyptienne de l’Ancien et du Nouveau Testament ; dans notre dixseptième siècle un prêtre chrétien en avait encore quelque usage, an b — ai3 b; la langue copte est la langue égyptienne , quoique écrite en grande partie avec d’autres caractères, ce qu’attestent plusieurs savants et la Grammaire égyptienne de Chainpollion le jeune; comment la langue égyptienne a employé des mot» exotiques, aii b — 2*4 h; constitution de cette langue, trois principaux dialectes; sa grammaire, même dans la langue copte, n'a pas subi de notable changement; ouvrages écrits dans l’idiome copte, a 14 b — 217 b; révolution qu'éprouva la langue par l’introductiou du nouveau système graphique; écritures usitées dans l'ancienne Egypte : hiéroglyphique , hiératique , démotique , 317 b — aaia; expression ou valeur graphitait* des signes divisée en figuratifs, symboliques, phonétiques, élude fructueuse, par Cliampollion le jeune, de l’inscription de Rosette et de deux inscriptions découvertes par Bclzoni, 221 a — 224 a; antiquité de l’usage de l’écrilurc eu Égypte; l’alphabet complet est public dans la Grammaire égyptienne ; explication graphique et £ranimaticale de deux ligues d'une inscription très ancienne, 224 a — 226 a; sur l’usage de eette langue à diverses époques et les traces que l’on retrouve de quelques autres langues de l’antiquité, sur l'introduction du nouvel alphabet , sur la durée de la langue copte, aa6 b — 228 b; époque de la cessation de l'usage des anciennes écritures égyptiennes, 476 h , conservé seulement par les Jacobites ou Coptes, 479 b.

Larrey (le docteur), après de curieuses recherches, regarde les Abyssins, Herbert ou liarabras , comme réunissant les principaux traits de conformation tjui caractérisent la race des anciens Égyptiens, 27 a b.

Letronne , établit que l’astrologie remonte chez les Égyptiens, aussi bien que l’astronomie, à une très-haute antiquité 99 a; cité sur le nom d’Eupator, probablement donné aussi à Ptolémee Philopator par la ville dePapbos, 4a5 b, 426 a; a donné la traduction de plusieurs inscriptions relatives. à Évergète II, 445 b — 44C b.

Lions ( plusieurs) contribuèrent à l’éclat d’une tête célébrée à Alexandrie, 66 a ; un lion éduque pour les combats suivait ordinairement ou précédait le char du roi, i43 h (Y. Histoire naturelle); dans le camp, était accruupé près de sa tente, et surveillé, 149 b.

Livres utiles ou remarquables écrits par divers Égyptiens, 137 b, *38 a , b.

Lois égyptiennes, citées par les auteurs anciens saus une distinction suffisante des époques; par exemple celle contre les fauxmounayeurs , 38 b, 3 9b ; citai iou des principales , surtout de celle d'après laquelle le vol était toléré; époques auxquelles furent établies certaines lois , telles que la permission du mariage entre le frère et la sœur, celle de la dissolution du mariage; citation à ce sujet de ce qui avait eu lieu chez des rois antérieurs pour le droit d’hérédité des enfants; 39 b — 42 b; changement de la législation sous le gouvernement féodal des rois Pasteurs , 42 b, 43 a; discussion sur l’existence présumée des sacrifices humains en Égypte, 43 a et stiiv. ; administration de la justice; exposé, d'après un papyrus, d’un procès jugé à Thèbes 117 ans avant J. C., et du plaidoyer, 45 b — 48 b; supplique adressée à Ptolémée Évergète II,

48 b, 49 a; affaiblissement successif de la législation et de la puissance de l’Égypte,

Louqsor (obélisque de), de quelles carrières il a clé tiré, 4 a; description détaillée de ce monument consacré à la gloire de Rhamscx II et de Rhamsès III (Scsostris), 79 a — 84 a; vœu de l'auteur sur une inscription à y graver 84 a, b ; quel roi fut le foudateur des palais de Louqsor, ainsi que l'atteste une inscription traduite ; détails sur les bas-reliefs et les décorations qui s'y voient encore, 3i3 b — 3(4 b; le roi Horus contribue aussi à

CONTENUES DANS L’EGYPTE. 4‘JI

orner une partie île ce* palais, 3 19 b; Rhamscs I*' en termine les quatre dernières grande» colonnes, et les bas reliefs qui y sont conservés portent sou prénom royal et son nom propre , 322 a.

Liras (Paul), à son retour en 1704 de sou premier voyage au Levant, fait un récit fabuleux de la cataracte de Syène ; ce qu’il avait déjà vu aussi dans scs autres voyages, ma, b.

Magistratures et dignités en Égypte sous Ptolémèe Évergètc II, plusieurs titres en sont connus d'après une inscription grecque traduite par M. Lctronne, 49 a, b. •

Mammiti , petit édifice elevé à côté de chaque temple, sa destination; emblèmes figurés dans quelques-uns, i5* b — 254 a.

Manéthon; quel était le contenu de ses ouvrages, ce qui nous en reste, tableau, selon lui , des dynasties égy ptiennes, observations, 267 b-— 270 a.

Marbre blanc , rare en Égjftc, 3fifi b.

Marine régulière, employée comme force de l’État , i63 a.

Médailles. V. Monnaie.

Médecine et chirurgie, professées par les prêtres, $3 a, b; l'emploi et la composition des remcaes, réglés par la loi, i33 b.

Médinet-Habou (palais de ) à Tlièbes, grand édifice , temple et palais, de la plus belle époque de l’art, 58 a, 5g , i56 — 168, 241. 3oî a, b; augmenté et décoré par Mûris, 3 09 b, 3io ; autour de ce monument s’élèvent ceux qui sont dus à plusieurs rois postérieurs ; à quel règne en remontent les plus anciennes constructions, 346 a, b; les tableaux qui y subsistent encore font connaître toute la XIX.* dyuastie, 349 a — 353 a ; sur quelques constructions est mentionné Tahraka, de la dynastie éthiopienne, 364 a , b.

M emnon (colosse, statue parlante de), 70 a — 71 a; discussion sur le phénomène des sous qu’elle rendait ; de qui elle était réellement l’image, il a — 12 «ï 3i3 a , b, ■3i.» b, 3i6 a; est entendue par l'empereur Hadrien et l’impératrice Sabine, 4*7* a, b.

Memnonium , dans quel état sont les l'estes de ce monument, fig b cl suiv; ce nom est une dénomination inexacte du Rliamesséum ou Aménophiuiu , encore existant à Thèbcs, 291 b, 3i3 b; en l’honneur do quel roi v furent érigées plusieurs statues colossales, 3i4 b; résultats des fouilles qui yvont été faites, 3i5 a.

Memphis, sa distance du bras droit de la mer Rouge; dans cette contrée ont eu lieu les premiers événements de la délivrance des Hébreux par Moïse ,17a; fondée par

Menai ou Menés , elle est fortifiée et devient la rivale de Thèbcs, 35 a; les débris du temple de Plitha y subsistent encore, 61 a; scs communications commerciales, mfi b; idée de sa grandeur et de scs ruines , 28b li et suiv.

Menai ou Menés , état du sol de la basse Égypte lorsqu'il monta sur le trône, 11 b, 12 a; il établit la royauté héréditaire , 34 b.

Mciicphtbétim , ou palais de Kourna , commencé par Ménephtha l**, et terminé par son fils Sésostris, découvert et décrit par Champollion le jeune, 324 a, 327 b.

Mer Rouge; sa position, sa direction, deux de ses bras forment une péninsule célèbre par plusieurs lieux mentionnés dans l'histoire sainte, et par le séjour de Moïse et des Israélites; élévation de ses eaux audessus de celles de la Méditerranée; Napoléon découvre le premier, dans le désert de Suez , les traces du canal qui a joint ces deux mers, 16 b — i8 a.

Mercure, Thôlh des Égyptiens, 129a, b; 1 3a a cl suiv.; inventeur îles poids et mesures, 23o b.

Mimaut (M.), a recueilli et transporté à Paris le livre des races royales égyplienues, a 21 b.

Minos, Éaque, Rhadamante; chez les Égyptiens, Horus, Api, Auubi, 129 b.

Mûris, date de son règne, gloire de son administration, conslructionset monuments qui lui sont dus, 3 09 a — 3 1 1 h*

Moïse entreprend de délivrer les Hébreux de l'esclavage; par quels moyens il exécute sou entreprise; quels lieux, parmi ceux qu’il a nommés, sont encore reconnaissables, 17 a — LÜ a; sa naissance, son éducaliou, jugement porté sur lui par plusieurs écrivains, soit païens , soit chrétiens , 121b — 122 b; a reçu son éducation à Memphis, 285 b; sous quels rois eurent lieu la sortie de l’Égy pte et le séjour dans le désert de Sinaï, 34 o a — 341 a.

Mokatlam, petite chaîne arabique qui renferme les carrières de Tborrah et de Messarah , 280 a.

Momies ; il en a été apporte en France plusieurs de crocodiles et d’ibis, 2I a ; quel-

TABLE DES MATIERES

que* momies royales étaient dorées et chargées de bijoux, 55 a; les momies déposées dans les tombeaux payaient un droit aux prêtres, 89 b, ?63 a, b; utilité de la momification , 94 a — 95 b ; noms donnés aux prêtres chargés de cet embaumemeut, usa; description de quatre cercueils sacerdotaux conservés au Louvre, 144 a — *45 b; préparation des momies et détails sur les cérémonies funéraires qui se rattachaient à cet usage, a6o a — «64 a; description de dessins faisant partie d’un manuscrit sur papyrus, qui accompagnait une momie, 36oa.

Monnaie et médailles. La monnaie métallique |>arait avoir été inconnue à l’Égypte,

3 a ; une seule espèce de pièce formait probablement la petite monnaie ; pour le reste , des anneaux a’or ou d’argent ; monnaie introduite par les divers souverai ns étrangers, o 3a b— a 33 b; particularité dans les dates des monnaies frappées sous les premiers rois Lagides 414 b — 416 a; les monnaies d'Évergctc font présumer qu’il fut maître de Tripolis de Syrie, 418 a; celles de Philoj»ator ont toujours porté ce surnom , 4^i a;

Néron , fait faire un voyage pour la découverte des sources du Nil ,8b; une inscription rapporte un décret rendu par les habitants de Busiris à la louange de cet empereur , 468 a.

Nil : scs sources encore inconnues ; influence de ses variations sur les vues des premiers législateurs de l’Égypte 1 , a , b ; explication d’une ancienne fable relative à la hauteur de ses accroissements ,5 a; origine de son nom, un culte particulier et des prêtres lui étaient décernés ; représenté de diverses manières, il recevait aussi des Égyptiens un nom particulier ; la célébrité de ses inondations et l’incertitude sur le lieu de sa source existaient dès la plus haute antiquité , récit d’Hérodote sur ce point , tentatives faites pour connaître ses sources, esjiérances sur la probabilité de leur découverte prochaine , 7 a — 9 b ; cinq cataractes , état réel de celle de Syène méconnaissable dans le récit de Paul Lucas; d’après quel motif a été conservé cet obstacle à la navigation; débordements annuels, leur cause, leur résultat , salubrité de son eau ; le portugais Albuquerque veut détourner son cours; 9 b — ia b. Ce fleuve, à Une époque que nous ne pouvons déterminer . s’est oti-

avec quelle arme Épiphane voulut être représenté sur les siennes, 43a a; à quelle année du règne d’Évergèle II s’arrêtent ses médailles à nous connues, 445 b; les monnaies frappées par CléopAire n’indiquent aucun roi qui ait régné avec elle , 459 a ; l’Égypte reconnaît la première l’autorité d’Othon et frappe des monnaies à sou nom, 468 b ; il en est frappé à l’effigie de Hadrien et de Sabine , d’autres le sont à l’occasion 0e leur voyage en Éçypte , 470b; quelques-unes portent l’cfTigie de Pertinax et de Tatiana sa femme, 47a a; Firmus eu fait frapper à la sienne, 473 b.

Montagnes : deux chaînes encaissent la vallée de l’Égypte , leur nature, distance qui les sépare , 4 a , b ; des montagnes de grès, et d’autres de granit, paraissent avoir été tres-anriennemeut brisces par le Nil , a8 a, 33ob. V. Mokattam.

Mythologie grecque, évidence de son origine égyptienne, a54 a — a56 b. Y.

Athéné, llacchus, Cerbère, Diane, Hcphaistos, Mercure, Minos, Ndit (la), Persèphonè, PI ut ou.

vert un passage à travers une montagne granitique, a8 a; son eau, quoique très-salutaire, a besoin d’étre clarifiée, moyen employé pour cela par les anciens Égyptiens , et aussi de nos jours; elle fait b boisson du Grand Seigneur à Constantinople, 176 a b v nature du limon du Nil ; précautions pour l’entretien et la conservation des canaux; honneurs divins rendus à ce fleuve, «87 • — 188 b; température de son eau, comment les anciens Égyptiens b faisaient rafraîchir, comment le font ceux d’aujourd’hui , 189b, 190 a; le débordement du Nil, sa durée, avaient donné lieu au partage de l’année en trois saisons, a35 b, s36 a; le Nil semble avoir brisé des montagnes de grès àSilsilis, 33o b; le roi Nilus acquiert quelque renommée par ses travaux pour l’entretien des canaux , 354 b ; habileté du préfet romain Pélronius dans la distribution des eaux du fleuve, 466 a-

Nubie ; elle était intimement incorporée à l’Égypte, ainsi que l'attestent les spéos d'Ibrirn et les nionumeuts de Beit-Oually, i63 b — 166 a.

Nuit (la), Nyx chez les Grecs, est U déesse Routo des Egyptiens, *54 a, b.

CONTENUES DANS L’ÉGYPTE

Oasis, îles de verdure au milieu des déserts : leur situation ; dans celle de Jupiter- Aromon, aujourd'hui de Syouah, était, selon Hérodote , la Fontaine du Soleil et le temple du Dieu ; Alexandre le Grand, d’apiés l'exemple de plusieurs héros, y va consulta- l’oracJe; diverses ruines et l’existence de la fontaine attestent la vérité de la tradition; utilité des oasis, i5 a — 16 b.

Obélisques égyptiens : sont tous monolithes; à quelle époque fut probablement élevé le premier, 77 b, 78 a; combien il y en a encore à Home, villes où il en a été transporté, 78 a, b; à quoi les Égyptiens les destinaient, 78 b, 79 a ; description de l'obélisque qui est à Paris C Voyez Louqsorj; par qui a été construit celui qui est encore debout k Héliopolis , 292 a ; à Thèbes est encore sur pied le plus beau des obélisques qui subsistent sur le sot de PÉgypte, par

Palmier-doum (description du) 6 a, b.

Papyrus ou byblos , plante autrefois trèsrommune dans la basse Égypte ou elle est aujourd’hui très-rare, son usage dès l'antiquité la plus reculée jusqu'à une certaine époque de l’ère moderne ; de beaux manuscrits de divers âges en sont conservés à Paris, 24 b — b ; un des plus importants, expliqué par Champolliou le jeune,' est possédé parM. Sallicr; il contient, presque en son entier, uu panégyrique de Sésostris, 169 a , b; la plante reste aujourd’hui dans l’Abyssinie , 195 b; deux papyrus écrits en phénicieu ont été trouvés dans la Thébaïde, 226 b.

Pansa ni a s , cité au sujet de 1a statue de Memnon, 71 b, 76 a.

Période sothique, ou cynique, ou de 1460 ans : son origine, 236 a , 238 a, b.

Persé phone chez les Grecs, Proserpine chez les Latins, avait les mêmes fonctions que Thméi chez les Égyptiens, 127 b.

Perses (les), sous Cainbyse, soumettent l’Égypte, y établissent une dynastie qui comprend sept rois; en sont repousses , et après de fréquentes attaques, en expulsent le dernier roi de race égyptienne, Nectanèbe 11, puis après y avoir encore établi trois rois, dont le dernier est Darius III , ils sont dépouillés par Alexandre, 3;6 b — 389 b ; aucun de ces rois ne

qui il fut érigé ; description de l’obélisque brisé et renversé qui correspond à ce premier; quels obélisques , transportés hors de l’Égypte, portent des noms donnés à Mteris, 208 a — 309 b; trois obélisques , à Rome, à Alexandrie , à Constantinople , datent de son règne , 3 1 1 a , une singularité a été remarquée sur l’obélisque de Ménephtha rr, qui est à Rome, 327 b, 328 a; celui de Monte-Citorio à Rome porte la légende royale de Psammétichus, 367 a; par quel roi fut élevé celui qui s’y voit sous le nom de la Minerva, 370 b; l’obélisque Pamphili à Rome porte le nom de Titus avec le titre de divin, les obélisques de Bénévent portent le meme nom et citent aussi Domitien, 469 a.

Oreilles — en quoi elles caractérisent toute figure de vérilable style égyptien, 336 b.

mourut ni ne fut inhumé en Égypte, 338 b; ils s’emparent d’Alexandrie fan 616 do 1ère chrétienne, 479 a.

Peste : paraît être indigène en Égypte ; les anciens Égyptiens s’en sont préservés, 14 b; depuis quelle année elle s’est manifestée en Egypte, et par quelle cause, 94 b — 95 b.

Pluton ou Adès, l’Osiris des Égyptiens, 12g b.

Population. — Discussion de l’an leur sur ce point : à quelle race humaine appartenaient les anciens Égyptiens ? — Population descendue, d’apres toutes les probabilités, de l’Éthiopie; considérai ions sur les progrès de la civilisation pendant ving-lrois siècles avant le règne d’Auguste, 26 b — 38 a.

Poulets produits par l’incubation artificielle, ainsi que d’autres oiseaux domestiques, description de ce qui se pratique encore aujourd’hui, 196 a — *97 a; nombre des poulets ainsi produits dans le siècle dernier, ibid.

Précis historique, depuis les époques les plus anciennes jusqu’à l’invasiou des Arabes conduits par Omar II , fondé sur les listes de Manélnon et les monuments originaux ; résumé transmis par Diodore de Sicile. 275 a — 276 b; dynasties, suivant Manéthon : 1” huit rois, pendant 25a ans; Menés, ie

TABLE DES MATIÈRES

premier de ce* rois, substitue le gouvernement royal héréditaire à la théocratie, signale son règne par d’utiles travaux et par scs conquêtes; après lui son fil* Atholhis, et six qui lui succèdent de père en Gis : Gencènes , Ouanéphis, Üusaphès, Niéhaïs, Meuipsès ou Simempsis, 277 a, b. — a’ neuf rois, pendant 297 au*; Bôchos, Choüs, Biophis, qui appelle les femmes à la succession de l'autorité royale, Tlas, Sethines, Cintrés, Népherchérès, Sésocbris, Chénérès, *77 b» *>7* a- — 3e huit roi*, tendant 197 ans, Ncchéropbès, sous lequel l’Égypte est attaquée par les Libyens, Sésorthos, très-habile en médecine cl qui perfectionna l’art de l’écriture, Tyris, Mésochris, Soup bis , ToseitasLs, Aches et Séphuris, Kernhérès, 278 a, b. — 4* dix-sept roi*, pendant 448 ans: Souphi, Sensaouphi, Manchérès, Sôris, Hatocses, Bichères, Séberehères, Tauipbtis, en sont les seuls nommés ; dès le commencement de cette dynastie, construction des pyramides de Ghizé et de plusieurs autres, leur description , 278 b — 284 b. — 5e sortie d’Éléphantine ; neuf rois, pendant 248 ans ; Ousercherès, Séphrès , Népherrherès , Sisiris , Chérès , Rathouris, Menchérès, Tanchcrè* , Onnos, 284 b — 285 a. — 6* originaire de Memphis; cinq rois et une reine, pendant ao3 ans : Othoes, Phios, Méthousouphis, Phiôps, Mentbésouphis , la reine Nitoeris sa soeur, qui emploie l’art ifice pour punir les meurtriers de son frère , Gn malheureuse de cette reine célèbre par sa beauté, 285 b — 286 a. — 7* cinq rois, pendant 7 5 ans; leurs noms sont restés inconnus , 286 a. — 8* cinq rois, pendant 100 ans; l'histoire ne nous en a pas transmis les noms. — 9* venue du nome Hérariéopolite : quatre rois, pendant 100 ans: Àchthoès , roi cruel , dévore par un crocodile, 286 b. — io* venue d'Heracléopolis ; dix-neuf rois, pendant i85 ans; pendant combien de temps Memphis fut le séjour des familles royales, idée de la magnificence de cette ville, 28G b — 288 b. — 1 1* originaire de Thebcs : dix-sept rois, pendant .29 ans; de ces rois , le dernier, Amménémès , nous est seul connu , 289 a. — 12* six rois et une reine, pendant 160 ans: Sésocbris, Àmménémès ou Amménémôph, Sésostris (probablement Sésostris l’ancien), tabarès, qui construisit , dil-on , le labyrinthe, Ammcrès, un troisième Amménémcs, la reine Scenniophres , 289 a — 290 a. — 1 3* soixante rois , restés sans nom : 453 ans, 290 a. — 14* origiuairc de Skônn (Xoïs), soixante et seize

rois, pendant 484 ans; leurs noms ne nous sont pas parvenus , 290 a. — 1 5* originaire de Thèbes; a régné uSouns; le nombre de ces rois nous est inconnu , 290 a , b ; des monuments constatent seulement l'existence de Mérenrbès , septième roi de cette dynastie, celle d’Osymandyas qui en faisait partie, et duquel avaient été figurés les exploits, enfin celle d’un autre roi désigné dans un tombeau, 290 b — 292 a. — ifi* plusieurs rois, pendant 190 ans; de ces rois nous sont connus seulement: l'tahawtep, üsoriasen, sou fils, illustre par scs exploits et par le temple qu’il fit «lever à Horammon ; son successeur Amenhembé, et le dernier de tous, Timaos qui perdit la vie en combattant les ruis Pasteurs ; voyage d'Abraham en Égypte, 79a a — 294 b. — 17* la dynastie des rois Pasteurs ou Hyksos , occupant l’Égypte depuis Memphis jusqu'à la Méditerranée, et en même temps celle des Pharaons qui s'établirent dans la haute Égypte : six rois Pasteurs, pendant a5g ans dix mois: Salât bis, Boeon, Apaclmas, Apophis, Auan, Assés ou Assetli ; administration de Joseph , probablement sous le règne d’Apophis; six règnes de Pharaons, pendant les mêmes 260 ans: Aménemdjôin II, Osortascn II, son frère Osortasen III, Améneradjôtn III, un cinquième roi dont on ne connaît que le prénom royal, enfin Ahmôs (chex les Grecs Amosis) qui vainquit les Pasteurs , et enferma enfin le dernier de ces rois dans uns ville dont il entreprit de faire le siège , 294 b — 3ot a. — 1 8* dix-sept rois, pendant 3 48 ans (voyez le tableau, p. 344). Départ des rois Pasteurs, 3oi a, b; construction des plus beaux édifices, 3o3 a etsuiv.; sortie des Hébreux , 34© a — 34 1 a ; établissement dans la Grèce de colonies égyptiennes, 33g a et 345 b (19* dynastie); conquêtes en Afrique, en Asie et en Europe, 333a, b; explication d’une difficulté sur le règne de la reine Amcusé , 3o4 a ; monuments remarquable* qu’elle a fait construire, où se voit enrore son tomlwau, ib. — 3 09 n ; monuments du règne de Morris son fils, 809 a — 3u b; Ainénophis II, son fils, construit de nombreux édifices dans In Nubie, 3»2 a, b; son successeur Toutbmosis IV remporte sur les Libyens une victoire attestée par une inscription encore existante, 3 12 b, 3*3 a; son successeur Aménophis III fut le fondateur des palais de Louqsor; était représenté par la statue vocale de Memuou , remporta sur les Éthiopiens une victoire attestée par les listes d’un de scs colosses qui décorent le

CONTENUES DANS L’ÉGYPTE

musée de Paris, 3x3 a — 317 a; Horus, sou successeur, a laissé aussi de nombreux monuments, 3i9 a — 3xx b; après Horus, sa fille Tmahumot règne douze ans, 3a x b; Rharasès I«" succède à son père et à sa sœur ; son tombeau, qui subsiste encore, n’est orné que de peiutures, 3a x b — 3a3 a; Ménepbtha Ier, son fils, n'est connu que par les monuments; description, par Ghampollion le jeune qui Ta découverte, d’une grotte (speos Artemidos) qui forme un temple souterrain terminé par ce roi , 3a3 a — 3a5 b; palais de Kourna ou Ménepthêum , sa description, 3x5 b — 3x7 b; Belzoni découvre le tombeau de Ménephtha Irr, 3x8 a , b; règnes successifs de ses deux fils : Rhamsès II et Rhamsès III ou Sésostris, 3xq a — 34 1 a; après Sésostris, un de ses fils, Ménephtha Il ; ensuite sa fille la reine Thaoser, quelle circonstance a fait découvrir son règne; puis Ménephtha III, dont le tombeau n'est pas achevé; enfin Rhaméri, 34 x a — 344 b. — 19* six rois (nombre probable) , pendant 194 ans; seconde invasion des Pasteurs repoussés par le premier roi Rharasès IY, Méiamoun ; ses exploits, importance des monuments qu'il a fait construire; après lui, les Rhamscs Y*, VI*, VII% VIII* et IX*. nommé Thoûoris par Manéthon, 345 a — 353 b. — a o* dix rois, pendant 178 ans: les Rhamsès X* XI*, XII*; Aménemsèa; puis les Rhamsès XIII*, XIV*, XV* ou Rameii; Pahôr-Àxnonsé, grand prêtre d’Amon; Pihmé, aussi grand prêtre ;enfiu deux souverains dont les noms nous sont inconnus, 353 b — 357 a. — xi* sept rois, pendant x3o ans: Mandouflep (Mendès ou Smendès de Manélhon ) , Aasénès ou Aascn (Psouscnnès ou Phunesès ou Phusénès de Manéthon), lous deux connus par des monuments ; Manéthon seul nomme leurs successeurs : Nepherehérès, Aménophthis, Osochôr, Psinachès, Psonsennès ou Aaseu; dynastie contemporaine du roi David et deplusieurs de ses successeurs, 357 a — 358 b. — xxe issue de Rubastis : cinq rois nommés et probablement deux ou trois inconnus, fondant xxo ans : Scheschonk (Scliischak et Sisac dans la Bible, Sécfaonchis de Manéthon) , Osorchôn , Scheschonk II (Sésonchis II) , Takeiôthès , Osorchôn U, puis ses deux successeurs selon Manéthon qui ne les nomme pas, 358 b. — 36x a — x3* originaire de Tanis, quatre rois, pendant 89 ans : trois seulement sont indiqués par les monuments : Ptahavtep, Osorlasen, Amcn-Hem-Djam (selon Manéthon : Pelubnstis, üsorthôn , Psammus),

36x a, b — x4* un seul roi, Bocchoris, pendant 44 ans ; il est mis à mort par les Éthiopiens qui envahissent l’Égypte, 36a h, 363 a.

— a5* dite des Éthiopiens ; 1" roi Sabaeôu qui régne xa ans; apres lui Sév échos , selon Manéthon; puis Tahraka qui régna au moins vingt ans (narration d'Hérodote qui nomme un roi Séthon, non admise par l'auteur) ; enfin un quatrième roi éthiopien , Ammerris, selon Manéthon (Àmonasô, selon les monuments), et deux autres , Piônchéi et Asplt (aussi selon les monuments) , auraient terminé cette dynastie au milieu des troubles de son expulsion par une famille nouvelle, originaire de Sais, 363 a — 366 a. — x6e neuf rois, pendant x5o ans : Stcphinatis, Néchepsôs et Nccliao (les trois premiers suivant Manéthon), puis, d'après 1rs monuments : Psainmctichus qui rend plus facile aux étrangers l'entrée en Egypte; émigration considérable de troupes égyptiennes en Éthiopie ; grands ouvrages exécutés tous son règne; puis son fils Nécos, Nécbaô II selon Manéthon; travaux commencés pour le canal de communication entre les deux mers ; vainqueur en judée, il est repoussé par Nabuchodoxiosor, 367 a

— 370 a; Psamraélichus II règne 17 ans selon les monuments ; le nom de Nitocris est porté par plusieurs femmes de cette race royale ; Aprics son successeur , ayant essuyé une défaite, est détrôné par les Égyptiens qui le mettent à mort après avoir nommé roi Amasis, sous lequel l'Egypte est florissante; il épouse la fille d’Aprics, dont la tombe, ainsi que la sienne racine, est outragée par Cambyse ; ses relations avec Polycrate et avec Solon ; son fils Psaiuméticus III 11e règne que six mois , vaincu et mis à mort par Cambyse, 3;o a — 377 b.

— X7r. La dynastie des Perses, sept rois, pendant xxo ans : Cambyse qui règne avec cruauté , Darius I*rf Xercès , Artaxerces , Xercès II, Sogdianus, Darius-Nolhus ; les Égyptiens, soutenus par les Athéniens, combattent pendaut plusieurs années, mais sont encore soumis; enfin un Égyptien nommé Amyrtée se met à leur tète, défait le lieutenant de Darius-Notbus, el rétablit les lois et le culte des Pharaons. Ce roi forme à lui seul la x8* dynastie dont lu durée est de six ans, 3 76 a — 383 b. — xy* dynastie , composée de cinq rois dont les règnes forment xi années : le premier, Noufroûthph ou, selon les Grecs, Néphéritès, dont la famille, originaire de Mendès, a fait donner à cette dynastie le nom de Meudé-

TABLE DES MATIÈRES

sienne; le second Hàkùr, selon les Grecs Achoris; le troisième P&imouth, nommé par Manéthon Psaminutbès; enfin le quatrième, Mutliis; et le cinquième Néphéréus, 38 3 b — 384 b. — 3o* et dernière dvnastie égyptienne , pendant près de 38 ans, rom posée de trois rois : Nertanèbe Ier, l'éos ou Tarhos qui resserre l’alliance avec les Lacédémoniens du temps d’Agésilas, enfin Nectancbe II, qui, vaincu par Darius Ochus, se retire et reste en Éthiopie, 384 l> — 386 b. — Domination des Perses : Ochus ]>endant deux ans; son fils Artès aussi |icudant deux ans ; enfin Darius III pendant quatre ans, 384 b — 387 *î 5«" dynastie : Alexandre, son frère Aridée, scs deux fils Alexandre et Hercule ; interrègne jusqu’à l'avénemeut de Ptoléniée Soter, «7 ans. Alexandre enlève l'Égypte aux Perses et y fonde Alexandrie. Il laisse Clcomène pour gouverneur. Après la mort d'Alexandre, Ptoléniée, un de ses généraux, reçoit en partage le gouvernement de l’Égypte, dans laquelle cependant est reconnu pour roi Pbilip|>e Aridée , frère d’Alexandre, 387 a — 3cj4 a ; après lui la couronne échoit à son fils Alexandre, né de Roxanc; Cassaudre les sacrifie tous deux à son ambition, ainsi que le jeune Hercule, fils d’Alexandre et de Barsine; Ptoléniée, après avoir défendu l’Égypte contre plusieurs de ses rivaux, en est reconnu roi, sous le nom de Ptoléniée Soter, l’an 3o5 avant Père vulgaire , que ses monnaies indiquent comme la vingtième de son règne, 394 a — 401 a et 406 b. — 3a* dynastie, pendant 394 ans, treize rois ou reines : les nxoïDxs ou Ptolémées , distingués par les noms suivants : Soter . Philadelphie , Évergète Ier, Philopator, Épiphane, Philométor, Eupator, mort dans l'enfance, après un règne de quelques mois, Évergète II, nommé aussi Physcon et quelquefois Cakergétcs , Soter II détrôné par Alexandre Ie', lequel est détrôné à son tour par Soter II qui règne de nouveau pendant sept ans et demi ; une reine, Bérénice, après avoir occupé seule le trône pendant six mois, reçoit pour époux et pour roi Alexandre H , qui , chassé par ses sujets , lègue sa couronne au peuple romain ; Denys Au Jetés ou Néos Dionysos , qui fuit de l'Egypte; pendant son absence le trône est occupé par sa fille aînée , Bérénice , qu’il revient mettre à mort ; il règne encore trois ans, et veut, par son testament, que Rome protège l’ordre de succession qu’il a établi pour ses enfants. Sa lille Cléopâtre, I ai née

de scs quatre enfants, reste seule maltresse du trône jusqu’à la défaite d'Antoine par Octave ; elle se donne la mort , et l’Égypte devient uue des provinces romaines, 401 a — 464 a ; Auguste choisit lui seul le préfet qu’il donne à l'Égypte avec une aaministration particulière ; les Éthiopiens y font une invasion, mais sont repoussés; divers temples retracent les noms et les images de plusieurs empereurs ; troubles à Alexandrie pendant le règne de Caligula ; c’est dans cette ville que Vcspasien est d'abord nommé empereur, 464 b; sous Domitien le christianisme jette en Égypte scs premières racines, et Alexandrie est d’ahord le siège du patriarche; soils Trnjan l'inimitié entre les Grecs et les Juifs donne lieu à de grands troubles; des séditions déterminent Hadrien à se rendre en Égypte ; elles continuent même sous le règne des Antonius; Septime-Sévère , s’écartant des principes d’Auguste, donne un séualeur pour préfet à l’Égypte , et y lance un édit de persécution contre les cnréliens ; Ca racal la punit cruellement les épigrammes des Alexandrins; après lui les dissensions deviennent plus violentes; une colonne est élevée en l'honneur d’Alexandre Sévère, sous lequel l’Égypte jouit de quelque repos ; après lui t les chrétiens persécutés par les Égyptiens se réfugient dans les solitudes de la Thébaïde ; la reine Zénobie s’empare d’Alexandrie , 464 b — 474 ■ i Dioclétien établit cruellement son autorité dans Alexandrie, et persécute les chrétiens. Constantin comprend l’Égypte dans le royaume d'Orient; trouble» excités par la doctrine d'Arius ; Julien favorise la religion égyptienne ; continuation des dissensions religieuses; le christianisme l'emporte peu à peu sur l'ancien culte, après de sanglants démêlés ; les Perses s’emparent d’Alexandrie; les Jacobites ou Coptes forment une secte opposée à la domination romaine ; enfin sous Héraclius commencent les démarches de deux patriarches, Cyrus et Benjamin , et du Copte Makaukas, pour appeler à eux les Arabes et se soustraire au joug des Romains. Amrou , envoyé par Omar, lieutenant de Mahomet , s'empare d’Alexandrie, puis de l’Égypte entière, où il établit l’islamisme qui y domine encore , 474 a— - 480.

Psyllcs, hommes doués du don de charmer les serpents , etc. ; ceux de l’Égypte paraissent avoir été les plus célèbres chez les anciens ; leur corporation est aujourd'hui représentée parcelle des bateleurs du Kaire, ao b — ai U

CONTEKUKS UA.\S L'ÉGYPTE. ■*«

Plolémrà (les) ou rois Lsoidi. ( V. Pré- sont les plus ancienurs, i?y b; d<-tcri piton cis historique). de U plus grande de relies de Ghiié ; ois-

Pyramides : leur destination, i63 a; celles servations critiques ou ltiatoriqurs sur l'objet de Memphis, les pyramides royales ne por- et l'époque de la construction des pyramides, lent aucune trace d’écriture, >14 b; quelles 179 a — 384 b.

Religion ; mal interprétée par plusieurs la magnificence et la richesse; sou* combien

peuples et par les premiers voyageurs grees , de formes était représentée une même divi-

fnieux exposée par Porphyre, Hérodote cl nité; caractères généraux communs à toutes

Jamblique , 244 » — »4-$ a; trois points à y les divinités; énumération , description des

distinguer : le dogme, la hiérarchie, le culte; principales coiffures qui les distinguent ,

quel fut le dogme d’après les faits et les opi- a 56 a — a .>9 b ; sur l'emploi du sphinx

nions les mieux fondées, *4 5 a , b ; la lue- dans les emblèmes , ibid. ; les momies, leur

rarchie établie sur une base reconnue par préparation; parties du rituel funéraire trou*

Champollion dans un temple en Nubie, sa- \écs dans les cercueils, stèles funéraires ,

voir: une triade formée des trois parties 159b — 262 b; où étaient [déposées les mo-

tf Amon-Ra , 145 b, 24b a; ensemble du mies, destination des pyramides; pria de

système composé d’une série de triades; location payé pour le dépôt d’une momie quelquefois un même édifice partagé à deux dans les tombeaux ; momie du père donnée

triades; description d’un petit temple où en gage par le fils; présence, dans les re-

étaient adorées deux déesses dont chacune pas , d’un simulacre des ancêtres ; milliers de son côté siégeait avec une triade, 246 b de momies de divers animaux, explicatiou

— 248 a; à quelles triades ou à miels dieux de plusieurs planches relatives à l'appareil

étaient consacrés le temple d'Edfou, celui funéraire» 262 b — 264a. V. Précis bislod’Esnèh , celui de Dakkèh et le spéos de rique.

Reit-Oually, 248 a , b ; dans quelques ta- Rhamesséiiro , monument encore subsisbleaux se voient les dieux secondaires ve- tant à Thèbes , par qui élevé, 29s b; pre-

nant adorer Amon-Ra , en compagnie des sente des analogies frappantes avec le tomruis, 249 a, b; description d’un petit édi- beau d’Osymandyas décrit par Diodore , fice non terminé, consacre à Thoth, et où ibid.; porte aussi le nom d’Aménopbiou , l’on adorait aussi la déesse Nahamouo , sa et sans fondement celui de Memnonium , compagne ; dans le sanctuaire sont les images 3 c 5 a, b. (voy. aussi Memnonmm) ; deux soude plusieurs divinités principales, et celles bassement* de tableau y représentent les

de deux triades ; dans un autre petit temple, vingt-trois fils de Riimnsés le Grand (Sésos-

la plupart des tableaux sont du temps de tris) et six de ses filles, 338a — 339a, et

l’empereur Hadrien, qui y est représenté en 339a et 34i b sur lea particularités qui y

fila aîné d’.\mon ; il y figure aussi dans le* distinguent celui qui lui succéda. l>as-rrliefs inférieurs; consécration princi- Riz, paraît avoir été inconnu à l'ancienne pale à la divinité locale , celle de la bour - Égypte ,

çade qui existait autour du temple, et eu Roboam, roi de Juda, représenté, peutmême temps adoration des grandes divini- être en personne, dam une des sculpture-» tés du nome où était situé le temple, et d'un palais à Thebes, laquelle rappelle la aussi du dieu du nome le plus voisin; l'eni- prise de Jérusalem par Sésoocbis, i5i b,

|»ereur Othon ou ses successeurs y «ont 273 a, 358b.

aussi représentés faisant des offrandes à Isis Roi (le) : premier sujet de la loi , elle réel aux deux grandes divinités du nome, glait pour lui l’emploi de toutes les beurra;

249 b — a5i a; répartition pour ainsi dire deuil général à sa mort; sépulture accordée féodale de l’Égypte et de la Nubie entre les ou refusée d’après un jugement , 5o b — dieux égyptiens; temples consacrés chacun 5i b; description des tombeaux de pluprinci paiement A une triade, a5i a — a 5a b; sieurs rois de dynastie* originaires de Tliedestinalion des petits édifices nommés Mam- bes, 5i b— 576; hommages, encens et misi , emblèmes figurés dans quelques-uns , prières adressés par les rois A leurs ancêtre*. a5a b — o 5 4 a ; origine égyptienne de quel- 57 b, 58 a; leurs fondions en temps de ques opinions mythologiques de la Grèce, guerre, leur place dans les combats, cérr- 264 * a56 a; culte : quelle a dû en être morue de leur triomphe, 55a, 58a — 5»*

8Î* Livraison. (Égypte.) 82

TABLE DES MATIÈRES

14 8 a, b; leur palais, leur habitation intérieure , 5^ I» — 60 l> ; l'inscription de Rosette atteste quel» honneurs le sacerdoce a décernés à Ptolémée Kpipliane, 60 b — 63 a ; description détaillée de la fête donnée sous Ptoloiuée Soler, à quelle occasion, 64 a

— 66 b; partie d’une inscription à la gloire de Ptolémée Kvergète, 67 b; les actions mémorables des rois étaient, après les bienfaits des dieux , les sujets des monuments nationaux, comme l’attestent, entre autres inscriptions, celle de l'obélisque de Louqsor transporté à Paris , 67 b — 83 b; époques qui rappellent plusieurs rois de diverses dynasties , et rapprochements entre les principales monarchies de l'antiquité et la sagesse de la législation égyptienne, 84 b

— 8f> b ; était intronisé cl sacré dans une assemblée générale de l’ordre sacerdotal.

Sacrifices humains, ont-ils eu lien dans

l'ancienne Égypte P l'auteur prononce pour la négative, 43 a — 45 a.

Sais, ville célèbre, n’est plus qu’un amas de mines monumentales : leur description par Cbampoliion le jeune, 366 a •— 367 a.

Scarabée (le) était le cachet de ta caste militaire, et pourquoi, 167 b.

Schakal d’Égypte (ou chacal), aussi hardi, aussi rusé que notre loup, a3 b; emblème ordinaire du dieu Anubis, 36o a.

Sculpture , époque de sa décadence , reconnue surtout dans un petit temple de Thôlh (Hermès), 444 b.

Scrtml « ( le) des pyramides , serpent redoute, ao a.

Semaine , comment les Égyptiens en ont nommé les jours , d’après certaines planètes, 96 a, b.

Sdmoum , vent brûlant, ainsi nommé dans le désert et Khamsyn en Égypte ; comment le chameau se soustrait à son influence, 14 b , i5 a.

Sésostris (Rhamsès III), cité souvent dans l'article Roi , 5o b et suiv. ; voy. surtout Jxiuqsor ( obélisque de), 69 a et suiv. ; tableaux et bas-reliefs qui retracent ses victoires et celles de son père, i5i b et suiv,; les prêtres racontent à Hérodote scs victoires en Orient et dans l’Europe même ; cjuels en ont été les fruits, 161 a — i63 a; divers monuments en son honneur dans la Nubie, sculptures sur dos rochers , 1 63 a — 165 • ; vau panégyrique , presque eu entier, se lit

91a ; chef suprême de l'année, 148a; Rhaniscs-Méïamoun marche à l’ennemi la tète nue et les cheveux nattés, i58 b; le rui , dirigeant la charrue , ouvre le premier sillou de la nouvelle année rurale, 190 b ; s’engage par serment à maintenir l’année telle quVUe a été fixée par les anciens, a36 a.

Rosette ( inscription de ) : consacre les honneurs oui sont rendus à Plolomce Épiphniiè, 60 b — 63 a ; donne des détails sur ('administration de la classe sacerdotale , 89 a — 90; son importance, quel parti en a tiré Cbampoliion le jeune , aaa b — aa3 b ; mentionne la prise de Nicopolis par Ptolomée Épiphaue, 4a8 a.

Roziere ( M. de), membre de la commission d'Égypte , cité sur l’aspect général du pavs, 5 a — 7 a ; sur les debordemeuts du Nil, lia.

sur un précieux papyrus, 169 a , b; vov. son

règne, 33i a — 34 1 b. Son tombeau,.

Sirius: de cjuelle importance pour le calendrier égyptieu était le lever liéliaque de cette étoile, a36 a, b.

Sostrale de Gnide termine la construction du phare d’Alexandrie; par quel moyeu, dit-on , il transmet à la postérité son nom écrit, à l’insu du roi, sur l’édifice, 41a b , 4i3 a.

Sphinx monolithe ; sa description, comment il formait une communication avec la grande pyramide, a8a a, b.

Strabon, décrit le labyrinthe, 37 b ; cité au sujet du colosse de Memnon, 75 a, b; a vu a Héliopolis l'habitation des prêtres ; quelle était leur principale étude, 99 a ; cité sur la force de I armée égyptienne, 147 a; sur les verres que l’on fabriquait à Thcbes de son temps , aoo b ; sur la division de l'aunce, telle que les prêtres de Thèbes l’avaient établie, a 34 a, b; cité sur l’enlèvement du cercueil d’or qui renfermait le corps d’Alexandre le Grand , 449 a , b ; reproche plusieurs défauts à Ptolomée-Deny*, surnommé Aulétès, 45a a , b; visite la haute Égypte avec le préfet Ælius Gallus , 466 a.

Succession au trône : ordre établi parmi les enfants, puis pour les parents et les parentes , 34 u , 35 a ; exemples cités pour des enfants, soit nés hors de mariage, soit d’un autre lit, 4a a; la sœur de Thouthmosis Ier occupe le trône après son neveu mort sans enfants , gouverne , quoique mariée deux fois, et laisse le sceptie à von

CONTENUES DANS L'EGYPTE

fi li , 3o5 b; probabilité de l’égalité des droits entre tous les enfants, 333 b.

Svoiiah , ville qui donne aujourd’hui son nom à l’ancienne oasis de Jupiter- Jmmon ; ruines d'un grand temple non loin de cette ville , et fontaine célèure dans l’antiquité , 16 a, b.

Système numérique , système métrique.

Les Égyptiens ont iguoré i’ usage du zéro et la valeur des chiffres d’après leur position ; chaque subdivision du système général d’écriture avait sa série de signes de nombre ; les «uantièmes des mois étaient exprimés par aes chiffres particuliers ; distinction des nombres ordinaux, ax8 b — x3o a; divi-

sion de l'unité d’abord en trois grandes parties , puis en sous-multiples de trois ; À quoi se rapportaient les diverses mesures de longueur; de la coudée ; nous en possédons d’authentiques avec leurs divisions; époque de l’une de celles qui nous sont parvenues , longueur de la coudée, s3o a, x3x a; de leurs poids , un seul nous reste : sa valeur ; (3a a, b; les divisions et subdivisions des mesures étaient placées sous l'invocation d’une divinité, par exemple, celles de la coudée, *4i b; la longueur en est déterminée, probablement avec exactitude, par les simulacres cjui en ont été trouvés dans les toinlxiaux , il».

Tanis, ville mentionnée par Moïse, et célèbre par un monolithe remarquable; patrie de la ai* dynastie, 357 a, et de la a3*, 36a a, b.

Thèbes; ses ruines attestent des constructions de diverses époques, a a; leur immensité, leur magnificence, 6 b (voy.

Tombeaux), quelles routes y aboutissaient , a«>& a , b.

Tbéocrite , idée de son hymne en l'honneur de Plolémée Philadelphe, 416 a.

Thôt ou Hermès ; Hermopolis renferme des milliers de momies d’ibis, oiseau consacré à ce dieu , a63 b ; de tous les temples encore existants en Égypte , il n’en reste qu’un spécialement consacré au dieu Tliôtli, a4g b; une déesse y est sa compagne, ib. et a5o a ; sa description sur les lieux par Champollion le jeune, 44a a et suiv.

Timocharis , astronome dont il nous reste quelques observations faites à Alexandrie , 4d à 4<4 a-

Tombeaux de plusieurs rois de dynasties originaires de Thèbes , leur description, 5i b — 67 b , celle du Memnonium , 69 b — 71 a; un vaste tableau v représente les

signes les plus apparents de l’astronomie et de l’astrologie, sa description par Chain* llion le jeune, io3 b — 106 a; le lomau d’Aménophis 111 , décrit aussi nar ce voyageur, est un de ceux qui ont été achevés; quelle conséquence on peut en tirer, 3(8 a, b; tombeaux des reines, subsistent encore à Thèbes, 3 18 b; celui de Rhamscs Ipr qui régua peu d’années, n’est orné que de peintures, 3x3 a; exploration en 18x9 de 1a vallée où sont les tombeaux des rois de 1a i8* et de la 19e dynastie, 35s a — 353 a; description du plus grand et du plus magnifiquement orne de ces tombeaux, 347 b — 348 b; le sarcophage en granit en est déposé au musée du Louvre , ib.

Tortue d’eau douce ( la grande ) , ou Trionyx , se trouve dans le Nil, 19 b.

Troie (prise de), au temps de quel roi on peut , d’accord avec Pline , la rapporter, 353 a, b.

Tupinambis du Nil, ou Monitor, lézard ennemi dn crocodile, 19 b; et de l’ichneumon , a3 b ; le tupinambis du désert , mentionné par Hérodote, est employé par les bateleurs du Caire, 19 b, 20 a.

Vautour (le) et l’cpervier, emblèmes consacrés à la caste militaire, quels présages on en tirait; quelle place occupe le vautour dans les représentations de combats sur les monuments, 167 b; enibleme aussi de la maternité, 349 b, x5o b.

Vénus, la déesse Aihôr, 437 b, 443 b.

Verre, émail, faux jayet, faïence, porcelaine émaillée; la fabrication en était connue des Égyptiens et ils en faisaient un grand commerce longtemps avant la domination romaine, xoo a — 301 b; selon

Strabon , un cercueil de verre avait remplacé le cercueil d’or dans lequel avait été placé le corns d’Alexandre, 449 a , b.

Version aes Septante ou traduction grecque des livres des Hébreux , 4 1 3 b.

Vespasien, au dire de Tacite, guérissait, par la grâce de Sérapis , les aveugles et les cdoppés, 10a b, io3 a.

Vigne (la), rare dans le reste de l'Égypte, se voit dans le Fayoum , 6 a.

Vipire céraste , vipère Ao/V; cette dernière est apprivoisée et dressée à un grand norr bre

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