‹ L'UniversChapitre 105 sur 121 · I.e Fulminant · texte numérisé non relu

I.e Fulminant

id.

Livourne.

Un cutter de plai-

Fcscbné

id.

Alexandrie.

sauce.

Cbain-Déria

id.

Ven.deTurq.

Une bombarde

Semcnd-Giliâd

Petit brick

Marseille.

Un transport pour

Cbabas-Gibad

id.

La Ciotat.

les bols de mature

Le Crocodile

id.

Marseille.

Une grande frégate

1 Bahi'Gihod

id.

Alexandrie.

en cbantier

j L'Améric.iin

id.

États-Unis.

I.n Hotte comptait, de plus, quatre bâtiments de transport de quatre ceuts tonneaux, une frégate, un brick, et un cutter turc pris pendant la guerre.

Après avoir fait construire les plus grands vaisseaux de guerre , le vice-roi sentit la nécessité d'avoir un ou plusieurs vaisseaux de radoub pour la Hotte. C’était une source de nouvelles et sérieuses difUcultés. Les premiers plans échouèrent; le vice-roi s'adressa encore à la France pour avoir un honinie capable de diriger raecomplissement de ce vaste travail. lAidministration des ponts et chaussées désigna i\l. IMougel,

ingénieur distingué, qui a parfaitement justiüe le choix de ses supérieurs, et répondu à l'attente du vice-roi.

Méhémet-Ali voulut aussi faire creuser un bassin dans le port d'Alexandrie, dont le fond est vaseux jusqu’à une profondeur de soixante pieds. Il s'agissait d’établir sur un pareil fond un pavé hydraulique. Le bassin devait pouvoir contenir des vaisseaux de ligne tirant vingt pieds d'eau ; ce qui , Joint aux quatorze pieds de hauteur du radier, plaçait le sol artiüciel à trente -quatre pieds sous l’eau.

M. Moiigel n’a pas reculé devant les

HJ LUHIVERS.

obstacles d’une entreprise si difficile; il a soumis au vice-roi un plan simple , dont le succès est infaillible. Les travaux sont en pleine activité , et ce bel ouvrage sera bientôt terminé.

On avait improvisé une flotte, il fallut aussi improviser des marins. Le pacha institua une école de navigation, et y plaça de jeunes mameluks, destinés a remplir les cadres de In marine. Comme par le passé, la France fournit les officiers chargés de l’araiemeut des vaisseaux et de l'instruction des équipages.

Parmi les officiers de la marine française, le capitaine Letellier, Besson-Bey, dont l’Égypte regrette la mort prématurée, et M.Hnusard, qui n’a point cessé d'aider le vice-roi de ses services précieux , méritent une mention toute spéciale pour l’intelligence et l’activité déployées dans leurs divers emplois.

Quand on se souvient que la première marine créée par Méliémet-Ali a été anéantie à Navarin, on s'étonne de trouver aujourd’hui dans le seul port de l’Égypte une force navale supérieure à celle de quelques États de l’Europe qui n’ont point eu à subir une pareille catastrophe. Cette flotte comprend :

A flot :

7 vaisseaux de ligne,

C frégates,

4 corvettes,

7 bricks,

3 bateaux à vapeur,

23 transports.

En comtrvetion :

3 vaisseaux,

1 corvette de charge,

1 cutter.

On évalue à 13,000 le nombre de marins embarqués à bord de la flotte. Ces bâtiments ne sont point inoccupés, comme les frégates du sultan devant les caïques du Bosphore; la plupart louvoient constamment hors du port <)Our exercer les équipages aux manœuvres des voiles et de l’artillerie, manœuvres dans lesquelles les Arabes déploient beaucoup d adresse et de précision.

Un des principaux instructeurs a fait adopter en Égypte le système en vigueur dans la marine française, et le

matelot arabe est à la fois gabier, fusilier et canonnier. Le mode de recrutement est à pe’u près le même que pour l’armée de terre; seulement, pour prévenir les désertions, on imprime, à Alexandrie, sur le dos de la main, ou sur le gras de la jambe des conscrits, une ancre ou un poisson , comme on faisait jadis aux soldats romains.

Le paye et le taîm soht aussi les mêmes que pour l’infanterie. L’uniforme des marins est à peu près semblable à celui des troupes à pied; il est en grosse toile de coton blanche, avec un collet et des parements de couleur; une ancre de drap est placée sur le dos.

I^e ^ade le plus élevé de la marine est celui de capitan-pacha, ou amiral. Cet officier a deux lieutenants : le vice-amiral, et le contre-amiral. Vient ensuite le bym-bachi, capitaine de vaisseau; le sagh-hol-agassi capitaine de frégate; et le sol-kol-agassl , capitaine de corvette; les lieutenants de vaisseau prennent le nom de yun-bachis; les maîtres d’équipage sont appelés effendit.

Les grades se distinguent, comme dans l’armée de terre, par une décoration

lus ou moins riche, que l'on porte

gauche sur la poitrine; pour les officiers de la marine, cette décoration représente une ancre.

Le poste de capitan-pacha fut occupé d’abord par Ismael Gibraltar, puis par Osman Noureddyn-Pacha. Après que celui-ci eut quitté le service de Méhémet- Ali, Moutouch-Facha , fils d’un bey des mameluks tué au massacre de cette milice , obtint cette place éminente, et la pos^c encore.

Les travaux de Noureddyn-Pacha, qui jouissait d’une grande réputation , exigent que nous entrions dans quelques détails sur cet officier supérieur, un des plus remarquables de l’année égyptienne.

Osman Noureddyn-Padia, fils d’un domestique de Méhémet-Ali , fut élevé par le maître de son père; après avoir pris soin de l’enfance d’Osman, le pacha, croyant reconnaître en lui des dispositions intelligentes, se chargea de son éducation, et l'envoya en Europe, où il resta sept ans. Osman visita l’Italie, la France et l’Angleterre , et revint sinon avec un savoir profond , du moins entiè-

ÉGYPTE MODERNE. 143

rement dépouillé des préjugéeorientaux.

A son retour, Osmao-Effendi fut chargé de l’instruction publiow et de l’organisation de l’imprimerie. Préservé, comme par miracle, ae l'exécution d’une sentence qui devait l’envoyer au fond du Nil pour une faute assez légère, il fut nommé directeur de l’école de Kar$el-Ain; de là, montant rapidement en

rade, il devintbey, puis major général

e l’armée.

C’est alors que lui fut confiée la mission de diriger et de régulariser l’instruction des troupes de terre et de mer. Toutes les traductions, tous les projets, tous les règlements relatifs à des innovations dans l’armée, devaient passer sous les yeux et recevoir l’approbation d’Osman-Nourcddvn. Aidé d'officiers européens pleins de mérite, dont il faisait sa société et son conseil, il réussit à organiser quelques parties du travail qu’on lui avait remis entre les mains , et contribua à coup sûr aux progrte de la civilisation en E^pte.

Ilétait gouverneur de Candie en 1833; lors de l’insurrection il parvint à pacifier cette Ile sans verser ae sang, et promit une amnistie générale au nom du vice-roi. Malheureusement Mébémet- Ali, d’ordinaire si généreux et clément, avait contre les Candiotes un profond ressentiment. Osman, contraint ae violer sa parole et d’étre rinstrument d’exécutions sanglantes, obéit en fidèle serviteur; mais aussitôt après il abandonna le service de Méhémet-Ali. Il monta surnn brick qui leconduisitàMételia, sa patrie, et renvoya le bâtimentau pacha avec une lettre contenant sa démission et l’explication des motifs qui la légitimaient a ses yeux. Cette retraite fut bientôt connue ; la Porte, toujours prête à profiter des fautes ou des revers du paclia d’Égypte, appela Noureddyn à Constantinople, et lui confia le poste de Barout- AAane'-éminé (intendant général des poudres ). Osman-Noureddyn mourut de la peste peu de temps après; il avait alors environ quarante-cinq ans.

Page 1