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CHAPITRE VII

SYSTRHR MONÉTAIBE, POIDS ET HESUBBS.

Monnaies. En Égypte on bat monnaie au nom du sultan de Constantinople; son chiffre est empreint sur toutes les pièces. L'établissement de la monnaie est régi pour le compte du vice-roi, par un directeur.

I.es monnaies qu’on frappe au Caire sont: \essequins-mahboub, demi-séquims et quart de séquins; les pièces de 40 (grouch) et de 20 paras, celles de 10 et de 5 , et les mèains , qu’on ne voit plus dans la circulation, parce que le gouvernement s’est réservé de les envoyer pour son compte à Constantinople, en Syrie, et dans l’Archipel; c’est une branche de commerce assez productive , à laquelle se livraient autrefois les négociants grecs (I). »

(I) Mangin, Hittoire dtf V Egypte le

gouvernement de Mohammed’Aly, (. ÏI, p. 436*

L’UmVERS,

Le sequin-maboub et ses fractions sont des pièces d’or dont la valeur a considérablement changé à différentes époques. Sa valeur moyenne est de 180 paras (54 francs); elle est montée aujourd’hui à 380 (84 francs). Le para vaut 30 centimes de notre monnaie; et les pièces de 40, 20, 10 et 5 paras ont un titre légal de 461 millièmes.

La piastre, qui sert de hase aux monnaies étrangères, est en baisse continuelle; elle ne vaut maintenant que 40 centimes de France. ,

Les monnaies étrangères ayant cours eu Égypte sont ;

l.e quadruple d’Espagne,

Le secjuin de Venise ,

Le ducat de Hollande ,

Le sequin de Hongrie,

La piastre d’Espagne,

Le talari d’Allemagne.

On calcule le talari à 12 piastres et demi; le taux auquel il est porté n’est point en proportion avec celui drs piastres, qui doit lui servir de base ; mais sa rareté et les besoins du commerce causent cette différence, dont la progression augmente sensiblement. La piastre, qui pèse deux drachmes un quart , ne contient qu’un tiers d’argent; le reste est du cuivre.

On voit peu de numéraire en circtdation, parce que les besoins des habitants sont très-limités, et chacun possède ce qui est nécessaire à sa subsistance.

L’altération des monnaies a été portée en Égypte à un assez haut degré. Le directeur de la monnaie aqhçliB le cuivre 80 paras le rôtie decent|lia‘rant^qiiatre' drachmes ; le vendeur lui fait 'uue tt~ mise de 12 pour 100, qui est bonifiée au fondeur pour le d^liet. La drachme d’argent est payée au fournisseur, d’arès son marché, 36 paras en paras , ou ien 52 , en pièces de 40 et de 30.

Le commerce fait aussi usage de monnaies fictives, telles que le fondoukly de 146 paras, le mabboub de 130 paras, la pataque de 90, et la pièce de 60.

Toutes les autres monnaies apportées d’Europe, et dont le cours n’est pas réglé, sont évaluées et estimées parles séraphs , qui les vendent et les acliàtent |iar spéculation.

Poids et mesures. On emploie, dans le commerce, diverses sortes de poids; mais il y a tant de désordre que des poids de même dénomination ont des valeurs différentes pour les diverses espèces de denrées.

On se sert du poids appelé rôtie suivant la nature de la marchandise. Le rand rôtie équivaut environ à un demiilogramme. Le rôtie commun est d’à peu près quatre cent vingt grammes. Le rôtie de trois cents grammes n'est que pour l’ambre glacé.

Voke est nun peu plus d’un kilogramme.

Les poids pour peser l’or et les bijoux ont une autre dénomination et une autre valeur. Ces poids sont le mitkal, ui équivaut à vingt-quatre karats; la rachme, qui en vaut seize, et le karat, égal à environ 0 gr. 3. Les perles et les pierres fines se vendent d’après ces poids.

Les mesures linéaires en usage dans toute l’Egypte sont :

Le pyk stambouly, égal à 677 millimètres ; il sert à mesurer les objets de manufactures étrangères;

LepÿAAemfaseA,égalà637 millimètres, pour les toileries venant par la mer Rouge;

Le pyk beUtdy, égal à 670 millimètres, pour les toiles tissm dans le pays. Ces différents pyks se divisent en vingt-quatre parties appelées kyrats.

Vardeb est la seule mesure de capacité en usage ; sa grandeur varie dans différentes provinces de la Haute- Étn'pte. -On divise celui du Kaire , auquel tous 1 les autres se rapportent, en six oueybeh ; chaque oueybeh en quatre roubs. L’ardeb de riz est en meme temps mesure de capacité et mesure pondérale. A Rosette son poids est de cent cinquantesix okes ; à Damiette il est de deux cent vingt-cinq.

Le feadan est la principale mesure agraire. Il v en a de plusieurs espèces ; le feddan légal est un carré ayant de côté 20 quassabs chacun de 3 mèt. 85 de long , ce qui fait 5939 mètres carrés. Le fisc a raccourci le quassab , de manière à augmenter la superficie a|> patente, et, par conséquent le produit de la contribution foncière. Jomard l’a trouvé dans la Haute-Égypte, tantôt

(le 3 mèt. 60, tantôt de 8 mèt. 0&. Aujourd’hui la mesure qui parait adoptée rst de 3 mèt. 64 , et le feddan , au lieu d’en renfermer 400, n’en contient plus que 333 î , diminution qui réduit la mesure agraire à 4416 mèt. j; différence avec l’ancien feddan, lôl2 mèt. 45. Ainsi

la superficie imposable, sans avoir augmenté d’un mètre, doit rapporter au vice-roi environ un quart de plus, abstraction faite des différentes mesures dont on usait dans la Haute et dans la Basse-Égypte, même au temps de l’expédition française.

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