‹ L'UniversChapitre 92 sur 121 · COPTES · texte numérisé non relu

COPTES

Parmi les races diverses qui composent aujourd’hui la nation égyptienne , et dont chacune a sa religion , son langage et ses mœurs propres, nous placerons d’abord les Coptes, que l’on regarde comme les descendants des anciens Égyptiens. Les traditions conservées presque intactes dans les familles, des coutumes antiques, et surtout cette langue copte, devenue lettre close pour ceux qui en sont les dépositaires , semblaient conGrmer cette origine. Volney avait même voulu trouver dans l'étymologie de leur nom une prcuveà l'appui de son opinion. Lemot arabe Goubti, qui signifie Cz>pte, lui parut une altération évidente du grec : aî-^piTt-Tic;, un Égyptien. « On doit remarquer , disait-il , que l'upsUon était prononcé ou chez les anciens Grecs, et que les Arabes, n’ayantni g devant aou, ni la lettrep, remplacent toujours ces lettres par 7 et 6; et il en concluaitque les Coptes descendaient immédiatement des anciens Égyptiens. Nous n’admettons point l'étymologie de Volney. Copte vient de Kepl oa Copias, nom d’une ville située près de Tlièbes dans le Saïd, et qui était la capitale de l’Égypte chrétienne. Toutefois cette étymologie ne détruit en rien In supposition d'une descendance directe des anciens Égyptiens.

Champollion émit même une opinion fort différente de celle de Volney : il crut reconnaître les vrais descendants de l’ancienne race égyptienne dans certaines peuplades de la Nubie, et les probabilités ne manquèrent pas à cette nouvelle opinion. Deiion trouve frappante la ressemblance des Coptes avec les Ggures sculptées sur les monuments : selon lui, les Coptes ont le front plat, les yeux à demi fermés et relevés vers les tempes, les pommettes saillantes, le nez

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ÉGYPTK MODEIIKE.

large, court, épate, la bouche grande et peu saillante, placée à une distance considérable du nez, les lèvres larges, et très-peu de barbe. I.a’ur corps n'a point de formes accusées, leurs jambes sont arquées et grêles, les doigts de leurs pieds sont longs et aplatis; et il trouve ces divers caracières dans les sculptures antiques de l’Égypte. Sonuini accepte cette description ; il ajoute seulement que si les Coptes sont les plus laids des hommes, ils en sont aussi les plus sales et lesplus dégoûtants [i). Mais tandis

ue ces deux savants les dépeignent ainsi,

'autres savants et des voyageurs en font les portraits les plus divers. Les mis remarquent en eux une grande ressemblance avec la race nègre , et la boîte osseuse de la tête copte leur paraît identiquement celledes têtes négroïdes. Pour eux l'angle facial est le meme, la forme des os nasaux est semblable , et les yeux sont également écartés l’un de l’autre dans les deux crânes. Browne, au contraire, ne trouve aucune similitude entre la tête des Nègres et celle des Coptes. Un autre voyai^eur anglais, M. Lane, décrit ainsi le visage des Coptes ; • Des yeux grands, bien fendus, descendant obliquement vers le nez, et toujours noirs ; un nez droit, terminé par un bout large et arrondi, des lèvres épaisses, des cheveux noirs et bouclés. > Bclzoni et Madden s’expriment à peu près de la même manière ; cependant Beizoni prétend avoir vu des individus coptes aussi blancs que les Européens (2), et Madden remarque que les Coptes, en général, ont les yeux fort éloignés l'un de l’autre. Roselliniacrii reconnaître en eux un mélange, de sang juif et de sang romain.

Enfin d’Avezac et Depauw, sortant de ce cercle de suppositions fondées sur riiistoire de l’Égypte , voient dans les Coptes les traces d’une origine chinoise.

Afin de nous guider dans ce dédale d'hypothèses, nous rappellerons ici les principaux traits des ligures sculptées i|ui passent généralement pour représenter des individus de l'ancien type égyptien. Un front plat orné de cheveux lisses, des yeux longs peu ouverts et mon-

|l) Foyagern Égyplr, lome II, p. li'S.

(2) Monumenti, lom. II, p. 77.

tant vers les tempes, un nez court sans être fort épaté, une bouche grande, plate , bordée de larges lèvres , et fort éloignée du nez, les membres fort anguleux et grêles, les jambes arquées et sans souplesse, les doigts des pieds allongés et plats. On voit que les différents traits attribuiîs aux Coptes par chacun des auteurs cités se rapprochent tous, plus ou moins , du type des sculptures antiques , et que des descriptions, en apparence fort contradictoires, peuvent s’expliquer par des différences dans les proportions du mélange de la race mère avec les races caucasienne , sémitique , africaine, etc.

En résumé, les anciens Égvptiens ont dd se mêler, sinon se confondre , avec les peuples dont ils subissaient la domination.

Une partie de la population copte est catholique; celle-là s’estalliée aux chrétiens grecs ou syriens ; une autre partie a embrassé l’islamisme , et s’est confondue dans le type fellah. Il n’est donc resté qu’un petit nombre de Jacobites, qu’on rencontre surtout dans le Sa’id.

En voici le portrait : Un front fuyant, de gr.'inds yciix noirs posés obliquement, des pommettes saillantes, des oreilles épaisse.s et détachées de la tête , un nez légèrement épaté, des lèvres fortes et épaisses, une mâchoire inférieure large et plate, les cheveux noirs et bouclés, des membres disgracieux, maigres' et grêles, et un teint blafard. Ce type a été sans doute altéré par son mélange avec la race nègre ; les Coptes en effet achètent souvent des esclaves noires de Darfour ou du Kordofan.

FEU. ms.

I,es alliances de sang sont d’ordinaire rares entre les conquérants étrangers et la population agricole indigène. (Cependant la conquête d’ A mrou n’eut pas ce résultat. Les vainqueurs s’unirent bientôt aux vaincus , et un grand nombre de familles musulmanes vinrent demander à la terre d’Isis une richesse dont elles étaient privées dans les plages incultes de leur patrie. La population fellah se composait donc, au bout de deux ou trois générations, d’une quantité à peu près égale d’Égyptiens et d’Arabes, dont les types scconfondaicntde plus en (ilus.

L’ÜNIVBBS.

Bientôt les vainqueurs, subjugués à leur tour par le climat de l’Égypte , perdirent leur originalité et devinrent égyptiens.

« A l'aspect des hommes du territoire

• d'Esneh, d'Onibos, d'Edfou, ou des

• environs deSelsele,dit M. Jomard.on « croirait que les ligures des monuments « de Latopolis, d^Ombos, ou d'Apolli- « nopolis Magna se sont détachées des « murailles, et sont descendues dans la « campagne. » Le crâniologue américain M. Morton n’a pas craint d’avancer que le peuple fellah est , parmi les habitants de la vallée du Nil,cewrl qui se rapproche k plus des anciens Égyptiens. La physionomie des habitants de la Haute- Égypte présente en effet les plus grands rapports avec celle des momies, des statues et des sculptures qui abondent dans cette contrée. Les tribus arabes qui habitent les caves sépulcrales de la montagne Libyque à quatre cents toisesdeGournah, et qu’on appelle Troglodytes de Cournah, offrent des têtes absolument conformes à celles des momies. Ritter décrit ainsi cette peuplade : t Front large, nez aquilin , tempes larges , joues saillantes, yeux grands, bouche grande mais bien faite, dents serrées, belles et égales, lèvres un peu épaisses , cheveux lins ; l’angle facial porte de 76” à 80° , comme chez les Européens ; telles sont les têtes des statues colossales des ruines de la Nubie et du Saîd. La ligne frontale, qui chez les habitants du nord de l’Europe est saillante , et chez les Grecs perpendiculaire et droite, est un peu plus oblique sur la tête des momies et celle des Troglodytes, et forme un angle plus ouvert avec celle du nez ; cette particularité caractéristique se reproduit dans toutes les sculptures. »

Le Fellah, en général,aune taille avantageuse, une large poitrine, des membres musculeux et bien proportionnes, des mains et des pieds petits, des traits réguliers, fermes et prononcés; ses yeux , enfoncés dans leurs orbites et relevés vers les angles, sont vifs et expressifs; ses cils sont noirs et longs, ses lèvres fortes , ses dents belles ; sa face se rétrécit à partir des pommettes, et son menton eflilé est garni d’une barbe peu fournie. Le crâne est bien développé, et beaucoup d’Arabes cultivateurs ont

l’angle facial presque droit; pourtant, chez les Fellahs du Delta le crâne est

filus dévié en arrière , et la forme de a botte osseuse appartient bien à la branche arabe de la grande famille sémitique. Dans le Saîd ils ont le teint cuivré; mais on les trouve plus blancs à mesure qu’on descend vers la Méditerranée.

La femme du Fellah est svelte et bien faite; mais les traits de son visage sont sans délicatesse, et manquent d'expression , malgré la beauté et la vivacité des yeux! Soumises aux accidents, vivant dans le même milieu qui ont modifié les hommes de la race arabe , les femmes fellahs reproduisent exactement la conformation des femmes de l’antique Égypte. Leurs tailles élancées n'ont point de cambrure, et manquent de hanches ; leur ventre est gracieusement arrondi , et leur corps repose sur de fortes cuisses d’un dessin élégant et correct.

Leurs articulations sont peu saillantes, et les extrémités sont souvent d’une perfection idéale. A douze ans elles sont nubiles, mais elles vieillissent vite, ayant àsupporter presque seules tous les travaux domestiques; à vingt-cinq ans elles sont aussi flétries que les Européennes à quarante ; et dès qu’elles ont atteint leur trentième année, ce n'est pas sans péril qu’elles mettent au monde des enfants, rarement viables. En général, même pendant leur jeunesse, ces femmes mettent au monde et nourrissent des enfants maigres, difformes, maladifs; durant les premières années de leur vie , ces êtres chétifs ont le ventre ballonné et une apparence rachitique.

A l'époque de la puberté, il s’opère dans leur tempérament une révolution heureuse; leurs membres se développent, les traits malingres de leur physionomie prennent tout à coup un caractère de force etde virilité chez les garçons, ou s’adoucissent en lignes harmonieuses chez les filles. Le rachitisme et la petite vérole enlèvent beaucoup d’enfants fellahs, et un ancien préjugé, qui défend de les laver pendant la première année de leur existence, contnbue puissamment encore à augmenter la mortalité parmi ces enfants.

La langue du Fellah est riche et bien modulée ; douce dans la bouche des fem-

ÉGYPTE MODER.NE. 107

mes , qui aiment à se servir de paroles bienveillantes et à prodiguer les compliments, elle devient dure sur les lèvres des hommes, quiseinblents'étre réservé tout ce que la langue arabe possède de plus désagréable et de plus rude. Patient et infatigable , quoique profondément insouciant , leFellab travaillera du matin au soir, exposé au soleil, dans l'eau et dans la boue, s’il entrevoit un gain certain ; mais le gain obtenu, il rentre dans une inaction complète, et tout lui devient indifférent.

Le Fellah, pauvre et paresseux, est d’une sobriété nécessaire ; sa nourriture se compose de pain de doura mai levé , mal pétri, de fèves cuites à l’eau, de fromage salé, de dattes et de pastèques ; au printemps il mange avec oélices les Jeunes pousses et les fleurs du trèfle. Riche ou pauvre , il est passionné pour la pipe et le café.

Malgré cette extrême sobriété, la salubrité du climat, et la fécondité des femmes, la population del’Égypte décroîtrait chaque jour, si des immigrations ne la renouvelaient pas constamment.

inJBiBIfS.

La race nubienne partage avec les Coptes et les Fellahs le privilège de compter les Egyptiens parmi ses ancêtres : telle est, du moins, l’opinion émise par Champollion, Rosellini, et quelques autres savants archéologues ou ethnographes. D’autres savants , tout en reconnaissant l’identité parfaite des formes, et la conservation frappante d’anciens usages, ont cru retrouver dans la Nubie le berceau de la civilisation égyptienne et le germe de la population de ce pays.

Il existe dans la Nubie inférieure une peuplade qui est répandue sur les rives du Nil, depuis l'ile de Philæ jusqu’à la troisième cataracte, et couvre un espace de deux cents lieues environ ; c’est chez elle que d’illustres voyageurs ont reconnu les ve.stiges d’une origine analogue à celle des Égyptiens ; et après de nombreuses rechei^es , des études ingénieuses et profondes , ils ont été portés à conclure, les uns que les Égyptiens étaient les descenaants des- Nubiens, les antres qu’à la suite de quelque commotion politique, un certain

nombre de familles égj'pticnnes se sont réfugiées dans la Nubie, où elles ont conserve intacts leur type et leurs mœurs.

I.es premiers considèrent le centre du continent africain comme la patrie primitive des habitants des côtes de la Méditerranée. Les seconds se sont exclusivement attachés à établir une parenté immédiate entre les Égyptiens et les Nubiens.

Burckbardtdécritainsi lesBerbers,liabitants modernes de la Nubie, chez lesquels il avait séjourné quelque temps :

• Leur carnation, dit-il, est d'un brun O rougeâtre , qui devient d’un brun-clair « dans l’enfant, si la mère est abyssi- « nienne, et d’un brun très-sombre si « la mère est négresse. Leurs traits sont

• loin d’être ceux des indigènes du cen- « tre de- l’Afrique ; car la ligure est « ovale , les pommettes ont peu de sail-

• lie, et le nez affecte souvent la forme « grecque la plus pure. Néanmoins la « lèvre supérieure est souvent plus « épaisse que ne le veut l’art européen ,

• quoiqu'elle n’ait pas les proportions « disgracieuses de la lèvre supérieure « des nègres. Leurs cheveux sont abon-

• dants et assez durs, mais point lai- « neux. •

On divise les tribus nubiennes en deux catégories très-distinctes : l'une parle arabe, et l’autre ne se sert point de cet idiome. • Les habitants de Dar-

• Oangnla , dit Ruppel , se divisent en « deux classes prinapales ; les Barabras,

• qui ont été soumis dans le cours des « siècles par plusieurs tribus ennemies,

< doivent garder quelque chose de leur « mélange avecd’autres races. Cependant « un examen attentif fait découvrir en-

< core aujourd’hui dans les individus de « cette peuplade la vieille physionomie

< nationale que leurs pères ont impri- « niée sur les statues colossales et sur « les flgurcsdrs bas-reliefs et des tom-

• beaux. Un visage d’un ovale allongé , ■ un beau nez aquilin, un peu arrondi « à son extrémité , des lèvres épaisses X mais point excessivement saillantes,

< un menton fuyant, une barbe rare, des « yeux vifs et une chevelure très-frisée ,

• sans être crépue, sont les traits ca-

• ractéristiques des Dongolawi ; ils sont « de moyenne taille, et leur peau est cou- « leur de bronze. >

Digilizeo oy Vjooglc

L’ÜNIVERS.

Il o.st naturel de penser que les linéaments égypto-éthiopiens n'existent point intégralement dans un grand nombre d'individus. Placés entre les Égyptiens au nord, les Indo-Arabes à l’est, et les IS'ègres au sud et à l’ouest, les Nubiens ont dd se modifier sensiblement par des mélanges de races voisines; et même de grandes tribus nègres étant venues à diverses époques s’établir dans la Nubie , le type nègre s’est en partie greffé sur les formes primitives des Uarabras.

Selon le docteur Pritchard , les Barabras seraient les descendants des Noubas, nation nègre du Kordofan. De nos jours le croisement des races n’est pas moins marqué. Au Sennaar la durée moyenne de la vie est si courte, par suite des maladies et de la débauche, que la fécondité remarquable des femmes et les incessantes importations d’esclaves nègres peuvent seules maintenir l’équilibre et empêcher une dépopulation rapide. Un voyageur a dit :

• Les tribus arabes de Chendy et de « ses environs peuvent peut-être se van- « ter, à juste titre , de la pureté de leur « sang; mais, en général , dans toute la

• Nubie les esclaves noirs forment en-

• viron un sixième de la population ,

• et se mêlent perpétuellement avec « elle. Ainsi, tandis que l’action delà na- « turc tend à dégager le type originel de « ses alliances étrangères , chaque cara- « vane qui vient du sud ou de l’ouest , « verse en Nubie de nouvelles recrues •> d’esclaves, et ravive le type exotique. »

I.’origine du mot Nubie n’est pas sans <|iielque importance ethnographique.

On trouve dans les légendes hiéroglyphiques du temps de Ménéphthah I", ou des Bamsès II et III , le nom de Noub- Noub, divinité adorée dans la partie de l’Afrique occupée par les Nubiens ; la racine de ce mot lui-même est évidemment Noub, qui signifie Or, et se rap- {lorte sans doute à l’Éthiopie, riche en mines d’or.

Le nom de Barabras ou Berbers est dérivé de Barobaro, qu’on lit sur les monuments de l’époque où florissait la dix-huitième, dynastie. Les Égyptiens de ce temps désignaient ainsi une des tribus de la Nubie.

BÉDOeiSS.

Les Bédouins sont des peuplades no mades vivant dans les contrées sablonneuses de la Haute-Égypte et dans les déserts qui s’étendent au delà des limites de la vallée du Nil.

Ils ne se rapprochent des bords du fleuve que pour venir échanger, contre des objets de première nécessité, les diverses marchandises qu’ils apportent du fond de leurs deserts, ou pour cultiver les terrains que le gouverneur de la province leur afferme. On compte environ soixante tribus bédouines, tant arabes quebarbaresques, dont la population forme un total de près de 100,000 individus.

I.es tribus les plus importantes qui habitent le Saïd ou les parties latérales de la Nubie inférieure sont les Haouarehs , les Henadys, les Henadouehs, les Bicharis, les Jbabdeh; dans l’Égypte moyenne , les Mahûs ; et dans la Basse- Égypte , les grands et les petits Terrabyns, les QaUdbs, les J/alaybis, les Beni-OuaÙs, etc.

Presque toutes celles qui occupent les déserts de la rire gauche viennent des États Barbaresques, celles de la rive droite de l’Arabie. Ces peuples nomades

fleurent se diviser en deux catégories : es tribus de pasteurs, et les tribus purement guerrières. Lies pasteurs sont dc.s tribus arabes répandues en Afrique après la conquête; les guerriers sont des tribus africaines converties à l’islamisme. Au milieu d’une vie si peu stable , il est difficile néanmoins d’assigner exactement à chaque race les traits qui la caractérisent.

Les Arabes du désert se disent descendants de ces fameuses tribus qui de tout temps ont occupé les plaines de sable situées entre les rives de l’Euphrate et celles du Nil. Ils ont en effet conservé les mœurs, les usages et le gouvernement des patriarches.

Les Bédouins, ou .érabes Magrebins, sont venus à différentes époques de l’Afrique septentrionale , chassés par la guerre ou la misère, et attirés vers la vallée du Nil par la fécondité du sol. (’-es deux races ont conservé des dissemblances notables. Les AfagrebUis ont le teint brun, les cheveux crépus etpeu de barbe.

tCYPTlC MOUER^E.

Les Arabes sont blancs; mais le soleil et la réverbération des sables les colorent d’une teinte bistre très-foncée ; ils ont les yeux noirs, les cheveux et la barbe noirs'et frisés sans être laineux et crépus; leur barbe devient longue et assez abondante. Leurs dents sont extrêmement blanches et bien rangées; les traits sont généralement beaux, marqués par des arêtes vives , et plus doux , quoique aus^i fiers , que ceux des Magreoinx; leur cou est musculeux, leurs épaules larges, et leur poitrine bien développée; leurs pieds et leurs mains sont d’une grande pureté de lignes.

L’angle facial n’est point aussi ouvert chez les Arabes que dans la race caucasienne, et compte rarement plus de 78°.

(’.hez eux le bas de la face est proéminent, le front est bas et fuyant, le nez droit, ou légèrement aquilin, la tête proportionnellement petite.

Plutôt nerveux que musculeux, les Arabes sont souvent d’une maigreur extrême. Ils sont de taille moyenne , et on ne. voit point parmi eux, comme parmi les peuples d’^Europe, des hommes fort grands et d’autres ti^ petits ; ils sont tous d’une taille à peu près uniforme, rarement au-dessous de cinq pieds deux pouces et au-des.susdecinq piedsquatre pouces. Cependant quelques tribus se distinguent par la petitesse de leur stature.

Les femmes des Bédouins arabes sont bien faites ; leurtaille est souple, élancée, gracieuse ; leurs bra.set leurs jambes sont dignes de la statuaire. Elles ont, comme les hommes, de beaux yeux noirs, que le kolh fait paraître encore plus grands; on peutdire de leurs visages ce que noos avons dit de celui des femmes fellahs : ce sont des traits parfaits, mais sans mobilitéet sans finesse d’expression. Aussi, quoiqu’on voie de très-belles figures parmi les femmes arabes , on en trouve rarement de jolies.

On divise encore les Bédouins en Kheych et liyovt, mots qui signifient tmte et maison, selon qu’ils sont restés pasteurs ou qu’ils ont acquis des terres sur les limitesdu désert. — T.a transition de l’état nomade à une position permanente entraîne presque toujours la perle de la liberté. !Nous pouvons en citer un exemple assez récent. La tribu barbares-

qoe des Haouârah quitta les environs de Tunis peu de temps après la conquête de. l’Égypte par Selim; elle s’établit d’abord sur la limite du désert, puis elle vint occuper une grande partie du Saîd. Peu à peu, leurs habitudes nomades cédèrent devant le désir de conserver, d’entretenir et d’agrandir leurs biens.

Les tentes se transformèrent en maisons; l’amour de l’indépendance fut affaibli par l’amour du bien-être; bientôt l’idée de retourner dans les sables du désert leur parut plus cruelle que celle de vivre sous une domination étrangère; et après avoir été vaincus plusieurs ibis par Aii-Bey , jaloux de leur puissance, ils se soumirent aux mamelouks, et entrèrent tout à fait dans les conditions ordinaires de l’existence du cultivateur. Leur constitution et leurs traits se sont déjà modiGés par suite de ce changement ; cependant un aspect plus fier, des membres plus secs et plus nerveux, les distinguent encore des tribus qui avant eux sont devenues Byout de kheych qu’elles étaient.

Des événements fort divers ont amené les tribus bédouines autour de l’Égypte. Les Awazems, qui ne comptent que quatre ou cinq cents hommes, sont venus du pays de Nejd lors de la conquête de l’Ëgypte par les Français. Les Awazems, originaires du Barli , accoururent avec d’autres bandes fanatisées pour combattre les infidèles.AprèslesacdeBenhauth par Desaix , les quelques familles awazems qui restaient ne retournèrent point en Arabie , et se fixèrent dans le pays qui s’étend de Keneh jusqu’à Salaniyeh,deux lieues au-dessus de Luxor. Cette tribu, qui représente le type arabe d’une manière très-prononcée, porte les cheveux très-longs. Ilestàremarquerqueles Arabes nouvellement fixés ne djeezmenl pas, c’est-à-dire ils ne disent point guebr, gAma, comme les Égyptiens, mais djesr, djama : ils ne prononcent point tesathé, mais thelaUié, comme les Bédouins et les Arabes nomades.

En 1816, la tribu barbaresque des Bendaoim quitta subitement les environs de Tripoli pour émigrer en Égypte. Le bey de Tripoli avait entendu vanter la beauté de la femme du cheikh; il n’imagina rien de mieux que de la demander au mari. Celui-ci , maître de lui-

)OgIe

110 L’UMVERS.

inéiae, accepta la proposition, et pro- marche, ils vinrent chercher une protecinit d’amener sa femme le lendemain , tion en Ëgvpte. • x •

après l’avoir préparée à l’honneur qui Les Kaaatfays ont aussi quiUé Tridevait lui être réservé. Le lendemain , les poji en 1822 *, ils sont au service du vicetentes étaient reployées, et la tribu fuyait roi. .

dans le désert ; le bey, irrité d’avoir été Les tableaux staUstiques raivanU trompé, fit poursuivre les fugitifs; les compléteront ces détails sur les Be- Bédouins s’arrêtèrent, battirent les trou- douins et les Arabes nomades, pes du bey, et, reprenant ensuite leur

TRIBUS ARABES DK LA RIVE GADCHB.

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