ESCLAVES BLANCS, ESCLAVES R0IR8 IT
ABYSSINIENS. — ECB0PÉEN8. Dl'RéE DE
LA VIE CHEZ LA POPULATION éCVPTIENNE.
. Au temps de son antique splendeur 1,’Lgypte dut avoir , comme tous les Etats prospères, une population nombreuse. Selon Diodore de Sicile et Strabon, le nombre des habitants de cette contrée était de sept .i huit millions d’âmes sous les Pharaons, et même sous les Ptolémées. Les historiens arabes prétendent que l’Égypte comptait vingt millions d’âmes et vingt mille villes ou i illages lorsque Amrou en lit la conquête. A cette évaluation on reconnaît l’exagération habituelle des Orientaux. Cependant, comme la vérité perce toujours à travers la fiction, on peut en inférer que la population de l’Écypte était alors fort considérable. Lors de l’expédition française, au commencement de ce siècle, on ne faisait plus monter qu’à deux millions le nombre de ses habitants ; mais ce nombre n’est évidemment qu’une exagération en sens inverse, car, après do
Égjpticns musulmans. . . .
Eiypliens rlirétiens coptes. .
Osmanib turcs
Arabes bédouins
Barabras
Nègres
Abyssiniens
Esclaves circassieiis, iningréliens, géorgiens
Juifs
Syriens
Grecs rayas
Arinéniens
Grecs francs
Européens domiciliés en Egypte :
Italiens 2,0U0
Maltais 1,000
Français de S à 0,000 j
Anglais de 100 à 200 I
Autrichiens. . . de lOÜ à 200 9.600
Russes, Polonais, de 40 à 60 / environ.
Espagnols. ... de 16 à 20 1 Siii.sses , Belges , Hollandais , 1 Prussiens, Suédois, Danois, en- 1 viroii 100'
En comparant le dépeuplement de l’Égypte turque avec l’exub^ance de la population sous les Pharaons , les Ptolémées, et sous la domination romaine, on est naturellement conduit à recliercher les causes de cet appauvrissement dans un pays que la nature a si richement doté. Pressée de deux côtés par le désert, et bornée des deux autres côtés
(i) Nous avons dit, dans la vie de Méhémet- Ali, qu'un impôt frappé sur les maisons de l'Égyple produisit au gouvernement six millioiu sept ceni rinquanle mille francs ; c'est d'après ce documeni officiel qu'on a établi le nombre des mabons, el par conséquent le lolal des habitants.
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L’UMVERS.
par la mer, l’Egypte serait-elle forcée de céder peuà peu àu terrain à son terrible envahisseur, sans pouvoir reprendre ailleurs ce que le désert lui enlève? Seraitil vrai, comme leditCuvier, que la Haute- Egypte doit être un jour engloutie par leSaharah ? Non ; l'homme peut opposer un obstacle au désert, et ne doit voir dans les empiétements successifs de cet elcment de destruction qu’une preuve accusatrice de sa complète incurie. La prospérité de l’Egypte et l’augmentation du nombre de ses habitants dépendent de la distribution intelligente des eaux du Nil , du développement et de l’entretien des canaux d’irrigation, de la protection sage et continuelle de l'agriculture, de l’industrie et du commerce.
Cette protection ne peut émaner que d’un gouvernement stable , héréditaire , et comprenant ses véritables intérêts.
Ravagé en tous temps par la peste, et depuis près d’un siècle par la misère , le peuple avait besoin d’institutions sanitaires pour le protéger contre la peste , et de bons reglements administratifs qui, en prévenant les dilapidations, lui allégeassent le poids des impôts ; avant tout il lui fallait une longue trêve, pendant laquelle les travaux d'irrigation , trop négligés sous les mamelouks, pussent s’exécuter sur une large echelle et préparer à l’agriculture une nouvelle ère de prospérité. La richesse et la santé auraient réparé promptement lesdésastres sur une terresi fertile ; mais bien loin que ces filles de la Paix vinssent régner chez l’Égypte épuisée et négligée, ce fut la guerre qui s'intronisa, et qui écrasa de sou bras de fer la race déjà vaincue par d'autres fléaux; guerre forcée ou volontaire, ce fut le coup de grâce du pachalik ; les biens, en petit nombre déjà, furent mangéa hors du pays par les frais de l'armée; le désordre s’augmenta de telle sorte que si le pacha demandait mille ardebs de froment, e:i arrivant au fellah à travers dix fonctionnaires, la demande était de dix milleI Aussi la mortalité s'augmenta non-seulement des victimes de la bataille, mais encore des femmes, des enfants abandonnés, bien à regret, par le soldat, et des soldats eux-mêmes, qui, ne recevant dans lus camps ni nourriture ni vêtements gagnaient des affections de
poitrine, ou toute autre maladie chronique constitutive. La peste , la famine, la guerre, dans ces dernières trente années, ont beaucoup nui à l’accroissement de la population. Cependant l'importation de la vaccine, la création de quelques hôpitaux et des lazarets, ont apporté quelque soulagement à ces maax. Des mesures hygiéniques, sagement instituées, ont un peu ralenti le mouvement rétrograde du chiffre de la population.