‹ L'UniversChapitre 96 sur 121 · ROMS · texte numérisé non relu

ROMS

des cbdks ea 1830.

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Solymao-Ahou-Oteyfah

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Aly-£bn-Abou-Kour5h(I)

^ Aly-el-Baye.

BTCnARIS.

Les Arabes ont désigné sous le nom collectif de Bedjaz une partie des descendants des anciens Blémles. Après des défaites successives, cette nation, quelquefois redoutable à Rome elle-meme, se divisa en deux catégories fort distinctes. — L’une se fixa dans les rilles,

(I) Ce cheik est le fils d'une Frauaise enle> véè à Maosournb pendant l'occupation de l*£gyple par Bonaparte. Cette femme, que les Arabes nommaient ta «tpnora, fouissait d une grande iofluende auprès des populations indigèues.

et adopta la vie régulière des citadins ; l’autre continua de se faire craindre des

Slades environnantes, et vécut en nois sous des tentes, dans les déserts et les montagnes. C'est ceux-là qu’on appelle Bedjaz, Quelques-uns ont pensé que les Abaàdeh et plusieurs autres tribus africaines devaient faire remonter leur origine aux Blémiet; d’autres la font remonter aux Byeharis.

Le territoire de la tribu des Byeharis commence, au nord, où finit le pays des Ababdeh, et s'étend au sud jusque dans le voisinage de Souakem ; il occupe toute

LUiMVERS.

cette chaîne de montapncs qui longe la cote orientale de l’Afrique, et paraît être le berceau commun deces peuplades sauvages connues sous le nom générique de Troglodytes.

Les Bycharis , comme les Ababdeh , ontdes traits européens avec la peau africaine ; il est rare de trouver parmi eux un homme contrefait ou estropié, un borgne ou un aveugle. Les femmes sont remarquablement bien faites, elles ont de beaux yeux et de belles dents , et leur physionomie est plus vive que celle des femmes qui portent constamment le borqo.

Cette tribu parle une langue qui n’offre aucun rapport avec l'arabe, et parait plutôt se rapprocher du langage usité chez les Abyssiniens et les Bcrbers.

ABiVBDRH.

Parmi les tribus nomades il en est une qui, par son importance, mérite une attention spéciale : c'est la tribu des Jbabdeh, qui occupe le pays situé à l'est <lu Nil, sur le bord de la mer Rouge, depuis Kosséir jusqu’aux frontières de la Nubie, pays sauvage, sillonné par d’arides montagnes.

Les Ababdeh appartiennent à la famille trogindytiquc , et ont conservé les traces indélébiles et authentiques de leur origine africaine. C'est à tort que des voyageurs modernes les ont considérés comme descendants des tribusarabes.Les dissemblances entre ces deux races sont trop frappantes; d’ailleurs, les Arabes, jaloux de conserver la pureté de leur extraction, ne se sont jamais alliés qu'individuellementavec les Africains, et leurs tribus ont toujours vécu isolées et indépendantes des populations indigènes.

Incontestablement issus de la race africaine, les Ababdeh prétendent néanmoins être nés de sang arabe; et c'est dans la tribu même du Prophète qu'ils vont chercher leurorigine. Voici cequ’ils racontent à cet égard.

Abad-ebn-Zeber, Korcischite , chef d'une tribu du Hedjaz, s’empara de Kosséir et du littoral. Il avait trois Gis : Amr, Mossour, et llomran. Amr ou ses descendants occupèrent le territoire jusqu’à Fazogl ; Mossour occupa le Davel Moitnasyr; llomran et les siens s’établirent dans la Thébaïde. Lestrois famil-

les qui portent les noms des lils d'Abad lornient aujourd’hui la tribu des Ababdeh.

Les Abal)deh sont presque noirs; mais leurs traits sont réguliers et tiennent plutôt du type caucasien que de la race nègre. Ils sont petits, mal faits, mais généralement lestes et vigoureux. Leurs veux sont grands et expressifs, leurs dents belles et bien rangées, quoique longues et proéminentes. Leurs cheveux, qu’ils tressent avec beaucoup de soin, deviennent très-longs, quoiqu'ils soient fort crépus.

Au nombre de leurs vertus il faut compter une sobriété extrême : l’eau, le lait de leurs troupeaux et le doura forment leurs principaux aliments. Pour eux une pipe garnie de tabac est un objet de luxe ; et un morceau de mouton gras, souvent cru, et assaisonné seulement de cheyteita ( espèce de poivre rouge très-fort ), leur semble un mets des plus friands.

I.CS Ababdeh ont un idiome particulier, qui parait être celui des aborigènes et l'aiicieii éthiopien; mais par suite de leurs relatious avec les marchands d’Égypte et du Hedjaz, la plupart de ces barbares ont adopté la langue arabe, et se .sont convertis à l'islamisme; cette transformation n’a pas peu contribué, jieut-étre, à les faire confondre pendant longtemps avec les tribus arabes.

Les Beniumssel , les Mahazé et les Hnwatal, qui semblent être des divisions de la tribu mère des Ababdeh, habitent encore plus au nord, dans la Basse- Égypte ; les premiers se trouvent près de SI ônf atout et Minieh; les seconds sous le parallèle de Fatjoum, Henisouef et Jlousiré, près de la mer Rouge; les troisièmes ont leurs, habitations dans l’isthme de Suez.

F.n 1830, le cheik des Ababdeh se nommait Abou-Otayfah. Us ont environ huit cents hommes de guerre, qui sont montés non passurdeschevaux, mais sur des drom.ulaircs dont la vitesse est célébré; ils n'ont point de fantassins.

OSBANLIS.

Les Turcs sont aujourd’hui les véritables maîtres du pays, comme au temps de la conquête par les sultans de Constantinople. Les troupes laissées en Égypte par

K ü 11' I’ 0 M 0 I’ K K N O K'iYPTE MODERNE

ICGYPTE MODERNE.

Seliin, favorisées par des prérogatives de tout genre, s'y fi.xerentdélinitivetnent,et devinrent le noyau d’une armée et d'une aristocratie toutes-puissantes.

Les Osmanlissont, engénér.il, d’une taille assez élevée; ils ont la tête grosse, le front plat et bas , les yeux assez éloignés l’un de l’autre, le nez un peu fort et retroussé, les lèvres épaisses et saillantes, la face large , la peau blanche ; leur complexion est robuste , mais une tendance très-prononcée à l’obésité les rend lourds et difformes de bonne heure. Leurs fréquentes alliances avec les races pélagiennes sémitiques et négroïdes modiûent le type primitif des Tatares. Chez les individus qu’on pourrait appeler Turco-Grecs les traits ont beaucoup plus de dignité et de grâce. Ceux-là ont le nez grec ou aquilin sans exagération , leur bouche est plus petite, leurs yeux sont moins écartés, et l’expression de leur visage, au lieu d’être mélancolique et pleine d’apathie , a quelque cliose de vif et d’enjoué. C’est à ce tyi>e mêlé qu’appartient la belle Ogure de Méhëmet-Ali.

l.e type turc n’a pas beaucoup altéré la race égyptienne moderne : les Turcs s’allient "entre eux, ou épousent des femihes étrai^ères, qu’ils ont achetées; le climat del’Égypte n’est pas favorable, d’ailleurs , à la fusion des races. Nous répéterons ici un fait déjà cité dans la vie de Méhémet-Ali,pour les conséquences politiques qu’il doit avoir un jour. Si sur quatre-vingt-trois enfants nés en Egypte dans le harem du grand pacha cinq seulement ont survécu, on peut dire que les Osmanlis ne fondent pas de familles dans le pays qu’ils ont conquis.

Il en a été de même pour les mamelouks, chez lesquels la d^enérescence était tellementrapide, qu’ils préféraient recruter leur corps au dehors par des achats d’hommes, et ne point y admettre le peu d’enfants abâtardis dont leurs nombreuses esclaves les rendaient pères.

CRCCS.

Les Grecs conservent aussi en Egypte les traits distincts de leur race ; leur forme idéale, classique, ne se trouve point parmi les indigènes. Dans les harems il y a beaucoup d’e.sclavcs grecques, et leur présence au milieu des familles turques contribue à former le groupe

8' Livraison. (Ecyptk moderxb.)

turco-grec , autant que l’influence meurtrière du climat de l’Égypte sur les Européens et les Asiatiques peut le permettre. Comme les Grecs sont chrétiens, et par conséquent monogames ; comme , en outre , ils n’ont point de harems , la race ne s'altère pas chez eux par des croisements avec le type nègre; en général, quand leurs femmes ne sont pas grecques , elles sont arméniennes.

ARSéMESS.

Les Arméniens représéntent en Égypte l’un des types les plus purs de la grande famille caucasienne. Leurs traits sont à peu près ceux des Grecs; mais leurs lormessont plus lourdeset leurcorps plus rama.s.sé; leur figure, d’un ovale plus long et plus étroit, a une expression sombre et farouche bien différente de la physionomie ordinaire des Grecs; leur teint est aussi moins blanc que celui de leurs coreligionnaires. Les Arméniennes sont extrêmement jolies; mais un embonpoint excessif les prive de bonne heure de la grâce naturelle de leur sexe.

svaicNs.

On compte en Égypte environ 5,000 Syriens. Cette population flottante se compo.se des divers éléments du peuple syrien : elle comprend des Grecs, des Arabes sédentaires et nomades, des Turcs, et des Kourdes. A la race pélasgique appartiennent les Grecs proprement dits et les Maronites. La race sémitique comprend les Arabes sédentaires, [esAnsariés, les Mototuiiis, les Druses et les Hédouins. La race tartare se divise en Turcs et en Turcomans.

Les habitants du Liban n’ont pas le teint plus foncé que celui des hommes du centre de la France , et on vante les femmes de Damas et de Tripoli pour leur blancheur et la beauté de leurs yeux. Les Syriens, en général , de quelle race qu’ils soient issus, sontde stature moyenne, et musculeux sans être gras. Il faut en excepter cependant les Bédouins, qui sont d’une maigreur extrême et fort petits, quoique vigoureux et bien portants.

Quant auxKourdes, ils ne ressemblent en rien au reste de la population. Au lieu du nez droit des Grecs , du nez plat des Tartares , ou du nez aquilin des Arabes, ils ont un nez très-épais qui tient la

moitié de leur visage; le front bas, le crâne aplati , une grande bouche, et les jours creuses composent leur physionomie, où l’idiotisme le dispute à la férocité. On donne aux Kourdes les Partlics pour ancétfts.

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