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ARSENAUX ET PLACES FORTES

Les arsenaux de l’armée sont àStockholm, à Gotheinbourg et à Christianstad.

Les places fortes de la Suède sont Varnæs ou Carlsborg, forteresse centrale bâtie par Charles XIV, dont elle porte le nom, et destinée à servir de refuge à l’armée en cas de revers. Ses remparts sont armés de près de trois cents bouches à feu (*).

Vaxholm, qui commande les passes du port de Stockholm, est une forteresse d’une haute importance, dont on augmente chaque année les moyens de détense. On y compte cent cinquante pièces de canon en batterie (**).

Le fort de Kungshohn , armé de plus

(*) Voyez plus lias, page 47t.

(**) Voyez pl. 43.

de deux cents bouches à feu, défend l’entrée du port de Cnrlscrona. Cette ville elle-même, inabordable par mer, est d’un accès très-difficile par terre, tant à cause de ses moyens de défense que de sa position insulaire (*).

Les fortifications de Gotheinbourg n’existent plus, mais l'on a conserve celles du fort d’Elfsborg, construit à l’embouchure du fleuve de Gothie, à une petite distance de la ville.

Christianstad , place forte de la Scanie, est la clef de cette province du côté du Danemark , et le boulevard du midi de la Suède. Ses fortifications sont parfaitement entretenues, et sa position des plus avantageuses (**).

Plusieurs anciens points fortifiés ont été abandonnés comme inutiles à la défense du pays et d'un entretien onéreux; parmi ces postes, nous citerons le château de Carlshamn , Landscrona , Malmô, lîohus et Jônkôping.

Les provinces du nord sont dégarnies de places fortes, sans doute parce que ce moyen de défense a été reconnu superflu. Mais si la Suède n’a rien à craindre aujourd’hui de la Russie, elle doit s’attendre que tôt ou tard elle excitera l’avidité ambitieuse de cette puissance , et l’on ne peut se dissimuler qu’elle est vulnérable par le nord. Il est donc présumable qu’avant peu d’années elle établira une ligne de défense sur ce point. Les positions d’Hernôsand etd’OEstersund, fortifiées et liées parle cours de l’Indals-KIfvcn, présenteront une barrière respectable, qui couvrira tout le centre du royaume.

Il n’existe pas non plus de places fortes du côté de la Norvvége; mais si cet inconvénient a eu parfois des conséquences lâcheuses dans les guerres de la Suède contre le Danemark, il a cessé d’exister depuis que les’ deux royaumes n’en font plus qu’un.

ORUANlSATIOIt ET A DSIIXISTRATIOX MILI- TAIRE.

Les grades dans les régiments sont :

(*) Voyez plus bas la description de Carhcroua, p. 4 C7.

(**) Voyez plus bas la description de Clirisliaustad , p. 48t.

SUEDE

celui de colonel (æfverste) , de lieutenant-colonel (opfrerste-lieutenanf) , de major, équivalant à celui de chef de bataillon en France, de capitaine(*), de lieutenant et de sous-lieutenant.

Cette dernière classe d’ofliciers était, il y a encore deux ans, désignée sous le nom d’enseigne (fændrik) dans l’infanterie, et de cornette dans la cavalerie.

Le corps des officiers est principalement recruté parmi les élèves de l’académie militaire de Carlberg, à lauelle est incorporée l’école militaire e marine. Néanmoins on peut aussi devenir officier en passant par les universités, où l'on subit un examen assez difficile, mais dans lequel on ne fait pas figurer, comme on le fait [jour d’autres professions, le latin, le grec et l’hébreu. Le candidat doit ensuite être interrogé par l’un des comités centraux militaires, présidé par un général. Ces épreuves sont fort rigoureuses, et quiconque échoue ne peut obtenir l’épaulette qu’après avoir été deux ans sous-officier.

Les sous - officiers jouissent de la même considération qu’en France. Leur solde leur, est payée tous les mois, sur émargement. Plusieurs officiers supérieurs ont commencé leur carrière militaire par ces grades obscurs. Le célèbre comte Stedingk est parti du grade de caporal pour s'élever aux premières dignités de l’État et de l’année.

Chaque régiment a son tribunal qui juge les délits commis dans le corps.

Ce tribunal est composé d’un officier supérieur et d’un certain nombre d’officiers appelés à tour de rôle, et parmi lesquels figure de droit l'auditeur du régiment. C’est un employé civil du grade de lieutenant; ses fonctions consistent à surveiller la régularité des procédures et l'application des lois (**). On les consulte aussi comme avocats du régiment. Dans les tribunaux régimentaires, les fonctions du ministère public sont remplies par un simple

(*) Les capitaines de cavalerie portent le titre de ryttmœstare.

(*’) Ces employés n'ont pas leur avance-

sous-officier, désigné sous le nom de væbel. Nous devons ajouter que les troupes suédoises sont remarquables par leur austère discipline et par leur subordination; aussi, en 1831, n’y a-t-il eu pour toute l’armée que cent uatre-vingt-dix-huit soldats traduits evant les tribunaux militaires; cent soixante et onze ont été condamnés à des peines proportionnées aux délits dont ils s’étaient rendus coupables; vingt-quatre seulement ont été acquittés. Et cependant les troupes suédoises ne sont point assujetties à des traitements rigoureux ni à une discipline trop sévère.

L’auditeur dont nous venons de parler appartient à ce qu’on nomme l’état civil du régiment, qui comprend aussi le chirurgien et son aide, le pastor ou aumônier, le predikant ou aumônier de bataillon, le maître d’école, et'l’écrivain ou comptable ( régiments skrifvare).

Dans l’armée suédoise, la troupe fait la prière matin et soir, soit dans les camps, soit dans les casernes. En l'absence des aumôniers, un soldat récite les prières.

Le soldat malade est traité gratuitement à l’hôpital. Tout soldat qui a servi vingt-cinq ans dans la værfvade, ou trente dans l’indelta, a droit à une petite pension de trente à quarante, et même jusqu’à cent francs par an.

Il y a à Ulriksdal un hôtel aes invalides pour deux cents soldats blessés ou hors de service; ils y sont l’objet des soins les plus attentifs". L’ordre le plus parfait et la plus admirable propreté régnent dans cet établissement.

Le corps des officiers a établi une caisse des pensions, formée par des retenues librement votées, dans leur origine, par l’armée et la marine, pour devenir ensuite fixes et obligatoires.

Le budget de la Suède est ainsi dégrevé d'un fardeau qui pèse lourdement sur les finances de tant d’autres États.

ment dans l'armce; d’ordinaire, en quittant le corps, ils sont promus à des fonctions dans la magistrature ou dans l'admiuistration civile.

Il n’y a point dans l’armée suédoise d’intendants militaires ou de commissaires des guerres; ce n'est que dans le cas d’une guerre que l’ou crée ces emplois , qui ne subsistent que pendant sa duree.

L’état-major général de l’armée est peu nombreux et parfaitement en harmonie avec les principes d’économie qui ont présidé à celte organisation remarquable. Le grade le plus élevé est celui de fæltmarschalk, qui correspond à celui de maréchal de France. Il y en a deux pour toute l’armée : l’un de ces postes , devenu vacant par la mort du maréchal Sandels, est encore disponible, l’autre est rempli par le comte Stedingk.

Il existe un grade intermédiaire entre celui de maréchal et de lieutenant général , c’est celui de général de l’infanterie ou de la cavalerie. Les officiers de ce grade, dont le nombre aété réduit à cinq par la mortdu comte Skjœldebrand, sont : le prince royal, le comte de Taxvast , le comte Jacob de I.agardie, le comte Gustcve de I.œveuhielm et le comte de Fossé. Viennent ensuite douze lieutenants généraux et vingt-six généraux majors, ou maréchaux de camp, parmi lesquels se trouvent les généraux Camps et Moutrichard, les seuls Français qui occupent un emploi elevé dans l’arntée suédoise.

Le bleu et le jaune sont les couleurs nationales : on les retrouve dans tous les uniformes des états-majors et dans presque tous ceux des troupes.

Ami de délibérer sur les affaires militaires, des députés de l’armée (tantôt ie "olonel et un capitaine de chaque régiment, tantôt le colonel d’un régiment et le capitaine d’un autre) sont convoqués par le roi à des époques déterminées par lui, et sous ia présidence d’un officier général de son ciioix. Cette réunion, à laquelle les officiers généraux en activité participent également, se nomme krigsbe- Jkl. Autrefois ce comité se présentait aux dictes.

Le budget des dépenses de l’armée de terre ne monte qu'à 3,249,000 rixdales; mais il y a toujours en dehors

une dépense extraordinaire pour les forteresses. A cette somme, il faut ajouter 2,480.000 rixdales, qui sont payés en nature ou en espèces, par les contribuables, aux officiers qui reçoivent ces assignations. Ainsi l’entretien d’une armée de cent soixante-dix mille hommes n’excède pas onze millions de francs , et en y comprenant les dépenses des fortifications, il ne s’élève pas à quatorze millions. Assurément, il n’y a pas d’exemple, chez aucune puissance de l’Europe, d'un pareil résultat obtenu avec d’aussi faibles moyens.

MARIHE.

La force de la Suède n’est pas seulement dans son armée, dans ses places fortes, dans ses lacs et dans ses montagnes, elle est aussi dans sa flotte, qui, grâce aux sages mesures prises par Charles XIV, présente un effectif respectable, et fait de la Scandinavie la quatrième puissance maritime de l’F.urope et la cinquième du monde, surtout si l’on songe que les Suédois réunissent toutes les qualités propres à faire d’excellents matelots, et qu'un passé encore récent leur a transmis plus d’un souvenir glorieux (*).

La flotte suédoise est maintenue sur le pied le plus respectable; elle est entretenue avec le plus grand soin, et chaque année voit accroître sa force. Son organisation est d’ailleurs parfaitement combinée avec les ressources du pnvs et les besoins de sa position maritime. On a donné un soin tout particulier à la flottille de chaloupes canonnières, dont ie système est trèsheureusement conçu. Ces bâtiments, qui tirent très-peu* d’eau, sont d'une construction très-ingénieuse, et bien adaptés à la défense d’une grande étenduede côtes parsemées d’iles, de passes, de baies sans nombre, où les bâtiments de haut bord ne pourraient manœuvrer, ni même se hasarder sâns péril.

Le système de construction est

(*) Nous avons déjà parlé des glorieuses batailles de llogland ( 1 788 ) et d’üEland (1789), et de la victoire éclatante de Sweusk- Suml (9 juillet 1790).

SUEDE

porté en Suède à un haut degré de perfection. Plusieurs vaisseaux de ligue sont mis à couvert et conservés dans des cales sèches (doc/cor) creusées dans le granit (*). Ces ouvrages magnifiques sont continués afin de pouvoir ainsi loger toute la Hotte.

La flottille est partagée entre les stations de Stockholm et de Golhembourg, qui communiquent directement à travers le continent de la Suède (**). Ces deux escadres peuvent ainsi se réunir ou se renforcer, mutuellement , sans que les flottes ennemies y puissent mettre obstacle.

Les stations navales sont Cariscroria, Stockholm et Gothcmbourg.

La flotte de haut bord est tout entière à Carlscrona (***).

Quoique la flhède possède presque tout ce qui est nécessaire h ses constructions navales, elle est («pendant obligée d’acheter à l’étranger une partie des bois de chêne qu'elle, y emploie , et souvent même du chanvre.

Voici quel était l'état de la marine suédoise au mois d'octobre 1833 :

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