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GÉODÉSIE

La Suède peut-être considérée comme un immense rocher formé de gneiss et de granit. Os deux sortes de roches alternent ensemble , passent insensiblement de l’une à l’autre, comme si elles étaient contemporaines ; mais la première occupe toujours une étendue plus considérable que la seconde. Cependant celle-ci se montre seule , principalement sur les bords du Muonio, sur les côtes de la Baltique , au nord de Calmar , et dans les provinces de l'Upland , de la Westmannie, de l’Ostrogothie et de la ’vYcstrogothie. Le gneiss renferme les plus importants liions de fer, de cuivre et de plomb argentifère exploités en Suède. Les couches de cette roche sont généralement inclinées du nord-est au sud-ouest.

Les plus anciens terrains à débris organiques sont , en Suède , beaucoup plus étendus , relativement à leur épaisseur, que dans les autres contrées de l'Europe; on y voit se succéder des calcaires compactes renfermant des dépouilles A'orthocères , des schistes argileux contenant des grapholithes , enfin des grès, et différentes sortes de roches formées de diverses substances agglutinées. La Dalécarlie . la Jemptie, la Néricie et l'Ostrogothie , sont couvertes de ces anciens dépôts. C’est en Scanie que l’on voit paraître des formations moins anciennes, comprenant les terrains houtilers et le calcaire à coquilles de l'ancienne mer , ' auquel succèdent, dans l’ordre de leur formation , des couches sableuses et calcaires, ainsi que des bancs épais de craie. Dans cette province, les roches , qui portent les caractères d’une origine ignée, traversent les divers ter-

rains, et se montrent a la surface du sol (*).

M. Brongniart a reconnu, dans les vastes dépôts de sables, de cailloux roulés et de blocs granitiques , qui forment de nombreuses collines aux environs d’Upsal, sur lesbordsduWrnern et jusqu’au Sund, l’origine des dépôts de même nature qui couvrent le Mecklenbourg , la Poméranie et les provinces russes jusqu’à l'embouchure de la Néva. Ces débris ont dd être entraînés du haut des montagnes Scandinaves, des deux côtes de la Baltique, alors que cette mer n’existait pas encore.

On trouve fréquemment dans le nord de la Suède des lignites ou forêts souterraines qui sont ensevelies depuis la dernière révolution du globe dans le sein de la terre; si l'on a trouvé dans la Sibérie des ossements d’animaux des tropiques , on ne sera point étonné de rencontrer parmi ces lignites des chênes énormes , bien que cet arbre ne puisse croître aujourd’hui sous les hautes latitudes où il se trouve enseveli.

Le littoral de la Suède , qui vient se baigner jusque dans la Baltique , couvert de prairies et de cultures, ne s’élève pas, jusqu’à douze ou quinze lieues dans lés terres , à plus de trois cents pieds au dessus de fa mer. Plus loin , le pays s'exhausse insensiblement dans l’intérieur des terres , jusqu’à ce qu’il rencontre la chaîne principale des montagnes Scandinaves. Elle commence au cap Lindesnæs , à l'extrémité méridionale de la Norwége, par-

(*) Extrait île Malle- Brun, d'apres Hisingor , Introduction à la géographie minéralogique de la Suède,

court le royaume, le sépare ensuite de la Suède, traverse le Finmark et va finir au Nordkyn , le promontoire le plus septentrional du continent européen. Dans ce long cours, elle prend Fa dénomination de monts Tliuliens ou Langlield en Norwége , au sud du 62* parallèle; de Dofreileld ou Dofrines dans la même contrée , du 02 au 03' parallèle; et de Kœlen ou K icr-l, depuis le 63' parallèle jusqu’au Nordkvn , entre la Suède et la Norwége , et dans le Finmark. La partie du milieu ou les Dofrines , offre seule le véritable caractère d’une cliaine ; c’est la que se trouvent les points culminants de tout le système , le Skagstœls-Tind de 1313 toises d’élévation, et le Sneehættan.quien compte 1270. Les monts Tliuliens et les Kiœl ne sont , à proprement parler, que des plateaux couronnés de chainons isolés. Cependant on voit, dans les premiers, le Sogneüeld qui s'élève à 1123 toises, et le Langlield à 1032.

A l’extrémité orientale des Dofrines , dans les environs du Svlliallet (1014 toises d’élévation) , des chaînons se détachent de la chaîne principale pour s’étendre dans les provinces suédoises deJæinlland, d’Héridalieetde kopparberg.

Cette configuration du sol de la Suède parait se prolonger jusqu'au sein même des mers qui baignent des côtes orientales ; l'inégalité des sondes et la direction des courants indiquent les mêmes accidents dans la disposition sous-marine du sol.

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