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il üuutait de la fidélité des bourgeois, ii disposa de ses trésors, partit durant la nuit, et aborda à Dantzick , où il séjourna sept ans. Ce chef de parti si redoutable était devenu un roi trèsfaible, et dans la lutte qu'il eut à soutenir contre l'archevêque d’Lpsal ce dernier se montra meilleur capitaine que lui.
La ville de Stockholm capitula apres un siège de quatre semaines , les châteaux se rendirent encore plus vite , et lorsque Christian arriva avec sa Hutte, tout le pays était déjà soumis. CumsTiAX fut couronné à Upsal en H57, après avoir confirmé le clergé dans tous scs privilèges. Les paysans, qui tenaient encore |mitr Charles, céderont à la force du fait accompli.
Le début du reine de Christian en Suède fut assez heureux ; mais ayant acheté le Holstein des comtes' de Scliaumbourg , il se vit obligé d’exiger d'énormes impôts, ce qui lui lit donner le surnom de poche sans fond. L’archevêque, qui était à la tète de l’état pendant que le roi séjournait en Danemark , avait sa part de la haine publique. *
En 1163, comme on redoutait une descente de Charles Bonde, Christian revint en Suède, et voyant que Charles n’arrivait pas , il entreprit une expédition contre la Russie, et eonfia à l’archevêque le soin de faire rentrer, pendant cette expédition, un nouvel impôt, dont les paysans feudataires de léglise ne devaient pas me'ine être exempts. Mais comme ceux-ci annonçaient l’intention de résister les armes à la main , l'archevêque se hâta de promettre la suppression de cet impôt. Christian , à son retour de Russie, l’accusa d’avoir lui-même excité les paysans à la révolte . et le fit arrêter ; lés paysans, oui voulaient le délivrer , furent trompes par le roi , et surpris par son maréchal Thune , le boucher des paysans. Christian, qui commençait à desespérer de la Suède, emmena en Danemark son prisonnier, et tout ce qu’il trouva de précieux à Stockholm , depuis la boule d'or qui surmontait la coupole du château jus-
qu'à des vases , des fenêtres (*) et des chaudrons. Il lit fouilær dans la terre, dans les lacs et dans les murailles du château, croyant y trouver des trésors.
L'ne lettre contemporaine dit qu’il chercha de l'argent dans trois éléments, dans l'eau , dans la terre et dans l’air.
A peine fut-il parti, que l’évêque de Linkoping, Kettl Wasa, se mit à la tète des paysans , et le déclara déchu de la couronne. Christian revint pendant l’hiver; les paysans alors se retirent dans les forêts , il les poursuit , est entièrement battu , et parvient difficilement à s’enfuir à Stockholm. Animés par la victoire, les paysans ne font plus aucun cas de l’évêque Kettl, ils déclarent que la Suède n'est ni une commnnderie ni une paroisse, mais un royaume, et ils rappellent Charles' Ronde. Alors Christian relâche l'archevêque, et au bout de six mois, Charles est contraint de se retirer en Finlande, après avoir dépensé tous ses trésors.
Pendant les trois années suivantes, la Suède resta sans roi et en proie aux fureurs des partis Les seigneurs voulaient démembrer le royaume en quatre cercles pour s'en rendre plus facilement les maîtres; mais depuis Engilbert, fils d’Engilbcrt , les pavsnns sentaient leur force ; ils s'opposèrent à ces desseins funestes , et en Mfi7, Charles Bonde fut rappelé pour la troisième fois. Il mourut roi en M70, âgé de soixante et un ans. Pendant ses dernières années ileutencore à lutter contre Christian et les Danois sur les frontières , et contre les seigneurs conduits par F.rik V. a sa à l'intérieur. Sté non Sture, a In tête des paysans, ledéfendit contre les uns et contre les autres, et Charles, en lui laissant le pouvoir, (ui conseilla, peu de moments avant de mourir, de ne jamais prendre la couronne. Il avait bien montré par son propre exemple, qu’en s'appuyant sur les paysans , on pouvait alors en Suède tout, hors por-
(*) Le verre à relie épocpie était du plus haut prix en Suède. Les fenêtres inéme dans les maisons des nobles étaient encore pratiquées dans le toit, et au lieu de verre on se serrait de parchemin ou de toile goudronnée. t
L’UNIVKRS.
ter le sceptre. Les Stures profitèrent de la leçon, ils n’aspirèrent pas au trône, et se dévouèrent sans arrièrepensée aux intérêts du peuple. Leur époque n’en fut pas moins en proie à des troubles continuels.
Immédiatement après la mort de Charles, Slénon SI lire fut proclamé administrateur par les bourgeois de Stockholm et par les paysans de la Dalécarlie; mais le conseil ne le reconnut qu'un an plus tard , alors que les seigneurs s’aperçurent que Sténon était assez fort pour se passer de leur suffrage. Quelque temps après, Christian II arriva avec sa flotte devant Stockholm, et l'on entama des négociations , à la suite desquelles il fut enfin convenu qu'une commission , composée d’un certain nombre de membres des conseils des trois royaumes, prononcerait sur tous les points en litige. Mais au jour assigné pour cette assemblée, ni Sténon, ni aucun de scs ainis ne parut. Il n'avait voulu qu’amuser quelque temps les Danois, et s'était rendu en Ostrogothie pour lever des troupes. S’ils Sture, fils du maréchal Ho, qui, quoique portant le même nom que Sténon, était cependant d’une autre famille; Nils Sture, l’ami fidèle de Sténon, s’était rendu dans le même temps en Dalécarlie. L’Lpland , province où Stockholm est située, était, sauf la capitale, entièrement soumise aux Danois, et Christian se croyait tellement sdr de posséder la Suède, que la seule chose qu'il regrettât , c'était la fuite de Sténon, de ce polisson (c’est ainsi qu’il l’appelait), qui, pour ne pas être châtié avec des verges, était allé se cacher dans les forêts.
Mais bientôt les deux Sture descendirent du nord vers la capitale; Christian marcha à leur rencontre , et se plaça entre eux et la ville. Son quartier-général était sur le mont de Brunke, qu’il avait fortifié, du côté de la ville , « par des noiirelles pratiques , « c'est-à-dire par un rempart en bois, muni de quelques pièces d'artillerie; un autre corps était placé au lais de la montagne, près du couvent de
Sainte-Claire ; un troisième s’appuyait au rivage età la Hotte, et l’on avait jeté un pont sur un bras de mer qui le séparait du reste de' l’armée. Sténon distribua également son armée en trois corps , et confia le commandement de l’un d’eux à Nils., qui devait se faire jour à travers des marais pour surprendre la (lotte et le corps danois qui la protégeait.
Sténon et toute son armée passèrent la nuit en prières , tous se confessèrent, puis , quand vint le jour, ils attaquèrent avec vigueur le quartier général des Danois, en chantant la chanson de saint George. Quatre fois Sténon lit donner inutilement l’assaut au mont de. Rrunke; il ne parvint à s'en rendre maître que lorsque, ayant renforcé l'attaque contre le couvent «le Sainte-Claire , il attira sur ce dernier point une partie des Danois, qui descendirent des hauteurs pour apporter du secours à leurs compatriotes.
Alorfc les bourgeois, qui étaient s. rtis de la ville, luirent le feu aux retranchements des Danois, et coupèrent le pont qui assurait la communication de l'armée ennemie avec le troisième corps. Nils Sture, qui avait eu In plus grande peine à surmonter les difficultés du terrain, tomba enfin sur cotte division vers le soir. La déroute des Danois fut générale; Christian luimême, qui avait valeureusement combattu, fut blessé, et ne parvint à se sauver sur sa flotte qu’avec une faible suite; il arriva assez, à temps pour empêcher que les Suédois de son jianti ne fussent jetés à la mer par les Danois.
Sten Sture ne s'était pas moins expose que Christian; plus d’une fois il se trouva cerné par les ennemis ; niais un pauvre paysan , nommé l'ours valeureux , ne le quitta pas un seul instant, et, armé d’un énorme glaive, tua tout ce qui résistait à son général. L’épouse de Sten et les dames de Stockholm regardaient du liant des tours cette bataille, où les paysans, armés d’arcs et de haches, anéantirent une nombreuse armée de chevaliers, soutenue par le canon. Cette bataille eut lieu le N octobre 1471. Christian vé-
SUÈDE
ont encore jusqu'en 1481, mais il n’osa plus attaquer la Suède.
Ces dix années furent, pour la Suède, les plus heureuses de tout le quinzième siècle. Les moyens employés pardiristian pour affermir son pouvoir en Danemark, firent voir aux seigneurs suédois qu'une fois étaldi en Suède, il ne se contenterait plus d'être un roi sans pouvoir, comme les rois de l'union qui l’avaient précédé. Ils se réconcilièrent donc avec l'administrateur, qui profita de la pacification générale pour rétablir l’ordre. Il ne souffrit aucune exaction, et les paysans disaient que Sténon Sture se ferait plutôt tuer que de permettre qu’une seule brebis fût enlevée a un paysan.
Par suite des privilèges que la ligue anséatique avait su sc faire accorder pendant les troubles intérieurs, les magistratures des villes étaient presque toujours confiées à des Allemands, et les choses étaient poussées nu point qu'ils ne laissaient, disait-on, aux Suénois que les emplois de bourreau et de fossoyeur. Sténon , les paysans et les bourgeois demandèrent qu’on nomuuU des Suédois aux fonctions publiques, déclarant que s’il n’en était pas ainsi, ils ne viendraient jamais au secours des seigneurs. Il fallut céder. Aussitôt que la tranquillité fut rétablie , le commerce refleurit, et l'agriculture reprit un nouvel essor, surtout lorsque par de sages mesures on eut empêche le dëmembrementcontinuel des héritages.
Ln des plus grands services rendus par Sténon a la Suède , fut la fondation de l’université d’L'psal. Lue école existait dans cette ville dès le XIII' sicele. En 1438 on avait fait venir d'Italie ud professeur academique pour y enseigner les studio, privile- <mta. Sténon fit renouveler à Home •a permission que l’on avait déjà accorder a quelques rois , d'y établir un diulium generale pour l'enseignement de la théologie, du droit canon et du droit civil, de la médecine et de la philosophie, avec pouvoir de conférer les dignités universitaires. En 1477, l'université fut inaugurée. L’adminLstra- **ur et le conseil lui accordèrent les
privilèges dont jouissait l’université de Paris, et l'archevêque fut nommé chancelier. Jusque-là les gens qui cherchaient à s’instruire s’étaient rendus à Paris , à Prague et à Bologne , et on se plaignait , non sans raison , qu'au lieu de connaissances utiles à la Suède, ils ne rapimrtassent de ces universités que des tliéories de droit romain et de monarchie absolue.
Tant que Christian vécut, Sténon sut toujours rendre vaines les négociations entamées entre les seigneurs suédois et ce prince; mais apres sa mort, il ne put enqiêclier le recez de Calmar, qui renouvela l'union en 1483 , et par lequel J sam, fils de Christian, fut nommé roi , apres avoir promis, sous serinent, de maintenir tous les privilèges de l’église, de résider successivement un an dans chacun des trois royaumes , de n’appeler aux emplois que des nobles indigènes, de ne nommer lès gouverneurs des châteaux u’avec le consentement des seigneurs r In province, de ne jamais s'immiscer dans le choix des membres du conseil, qui pourvoirait lui - même aux places vacantes, de ne pas acheter des terres dans le royaume , d'abandonner L’administration de la Suède a quatre conseillers responsables, de laisser chaque noble maître absolu dans sa maison , et libre d’y donner asile à ceux que le roi n'aimerait pas, etc.
Slénon Sture sut, pendant quatorze ans, empêcher l’exécution de cette informe transaction, en réveillant l’ancienne querelle au sujet de l’ile de Gothland; mais , de leur côté, les sei»
gneurs ne cessèrent pas de correspon* dre avec Jean, et de susciter à Sténon des obstacles , afin de le porter à des mesures qui détourneraient de lui la bourgeoisie et le brouilleraient avec le pape.
En 1 495 , les Russes attaquèrent U Finlande. Sténon réunit aussitôt un* armée nombreuse pour les en chasser mais il ne se mit en marche que dans l’automne , et ne s’avança que lentement, tenant l’œil toujours fixé sur ses adversaires en Suède, de sort* que la plus grande partie de son armé*
périt par suite des fatigues d’une campagne d’hiver. Il revint donc en Suède, laissant le commandement de l'armée de Finlande a S vante S tare , le fils de Nils; mais celui-ci, peu satisfait des faibles renforts que Sténon lui envoyait , s’unit au conseil des nobles.
Oit reprocha à Sténon d’avoir laissé ravager la Finlande par les Russes, d’avoir perdu l’oriflamme de saint Erik , d’empécher l’exécution du recez de Calmar, bien qu’il eût plusieurs fois promis de ne pas s’y opposer ; enfin, de vouloir rendre les paysans maîtres du gouvernement. D’un autre cote, la peste, des disettes et des incendies indisposèrent le peuple contre lui, et le pape l'excommunia. Alors les seigneurs appelèrent le roi Jean.
Sténon se retira en Dalécarlie, réunit les paysans, et traita avec les villes anséafiques , les adversaires éternels de l’union des trois royaumes.
Puis il se rendit a Stockholm, que Jean assiégeait du côté du mont de Brunke, comme l’avait fait son porc quatorze ans auparavant. Sténon fit incendier les faubourgs , afin de pouvoir opérer une sortie pendant que les Dalécarliens attaqueraient les assiégeants; mais Jean leva le siège, surprit les Dalécarliens près de Kotebro, et les défit. Puis il revint (levant Stockholm avec les drapeaux enlevés à l’ennemi. Sténon, prenant l’armée du roi pour celle des paysans , sortit de la ville, et ne parvint à éviter la captivité u’en se précipitant avec son cheval ans les fossés du chdteau.
Peu de temps après , il convint avec Jean de le reconnaître ,' à condition qu’on lui laisserait une partie du royaume en fief, et qu’on ne lui demanderait jamais compte de son administration. La convention conclue, il introduisit lui-même dans la ville et dans le château le roi , qui eut grande eine à empêcher ses partisans de tuer tenon. «M’avez-vous tout bien préparé ici ? dit le roi , en entrant dans le château. — Demandez-le-leur, dit Sténon en indiquant les seigneurs suédois , car ce sont eux qui ont préparé votre ménage!» « Sire Sténon, repartit le
roi , vous me laissez en Suède une succession bien triste; vous avez rendu maîtres les paysans , que Dieu a créés pour être esclaves, et ceux qui devaient être les maîtres , vous avez voulu en faire des esclaves. »
Il fallut l’intervention de Sténon pour décider les paysans a reconnaître le roi Jean, et a retourner dans leurs foyers. Jean commença par faire un grand nombre de chevaliers, car les femmes , disait-on , n’avaient favorisé son parti que pour voir la chaîne d’or sur la poitrine de leurs maris. Ensuite il nomma Sténon Sture grandchambellan , Svante Sture grand-maréchal, et le premier, l’un des quatre gouverneurs.
A pi’ine le roi avait-il quitté la Suède, que les seigneurs, ennemis de Sténon, commencèrent à lui susciter de nouveaux embarras. L’archevêque, muni d’un bref du pape, lui demanda compte de ce que les églises avaient perdu pendant la guerre. Le roi , convaincu que ce serait toujours son autorité qui aurait le plus a souffrir, si l’on en venait aux armes, s'efforça de terminer tous ces différends. Sténon céda une partie de la Finlande , et promit de ne plus jamais soulever les paysans.
Dans le cours de l’année 1500, l’armée danoise du roi Jean, composée en grande partie de chevaliers , fut entièrement défaite par les paysans dithinarses , qui n’avaient jamai'.s reconnu de seigneurs. Le contre-coup de cet événement sc fit senlir en Suede, les paysans y relevèrent la tête, et les seigneurs se rallièrent à Sténon. Aussi, lorsque Jean exigea des impôts pour se mettre en état d’assembler une nouvelle année, Sténon Oxenstierna, auquel le roi avait enlevé la pêche du saumon, prit le premier les armes, et Svante Sture déclara personnellement la guerre au roi, parce que, est-il dit dans la déclaration , Sa G race ne l’avait pas récompensé pour lui avoir procuré la couronne contre la volonté du peuple. »
Sténon Sture futde nouveau nommé administrateur le 29 juillet 1501, les paysans se révoltèrent, l’archevêque
SUEDE
même n’osa plus s’opposer au soulèvement céneral, et Hemming Gadd, ê.vêquedésignéde Linkôping, vint assiéger Stockholm, où Jean avait laissé sa femme et ses enfants, en partant pour aller chercher du secours en Danemark. La ville reçut bientôt l’armée suédoise; mais le château ne se rendit qu 'après un siège de huit mois, et trois jours seulement avant l'arrivée de Jean, qui fut contraint de s’en retourner avec sa flotte. De mille combattants renfermés dans le château, il n’en existait plus que soixante-dix au moment de la reddition , et dix seulement n’étaient pas malades. Jean ne possédait plus en Suède que le château de Calmar. En Norvège, il étouffa la révolte dans le sang de la noblesse, après avoir fait assassiner le chef de cet ordre.
Au mois de décembre 1503, Sténon Sture accompagna jusqu'à la frontière la reine , épouse de Jean , qui était restée prisonnière un an et demi. Pendant le retour , il mourut à Jonkopinp, empoisonné, dit-on, ou par le médecin de la reine danoise , ou par la maîtresse de Svante Sture. Celuici cacha la mort de Sténon a tout le monde, jusqu’à ce qu’il se fût mis en possession du château de Stockholm.
Il fut proclamé administrateur, le Ï1 janvier 1504. Les huit ans de son adinin-'strat ion offrent un état deguerre continuelle contre le Danemark. Le principal résultat de cette lutte fut la reprise du château de Calmar, après un siège de six ans, et la conquête de quelques îles.
Svante avait pour appui dans le conseil et dans les combats, Hemming Gadd, prêtre par état et par son savoir, mais soldat par ses inclinations.
Pendant trente ans , il avait été à Rome chargé des affaires de Sténon Sture, et, à son retour, animé d’une haine violente contre les Danois, il dirigea presque toutes les incursions faites par la Suède sur le territoire danois. Sa dignité ép>sco|>aie ne l’empêchait pas de piller les couvents, non plus que son grand âge ( il avait alors soixante -dix ans) de prendre
part, avec neuf navires suédois, aux expéditions des villes anséatiques, qu’il avait liguées avec la Suède.
Svante Sture mourut en janvier 1512, à Westerns, dans une assemblée des montagnards , convoquée à l’occasion de la découverte d’une mine d’argent. Le peuple eut beaucoup à souffrir, durant son gouvernement, des guerres nombreuses qu’il fut forcé de soutenir; maison l’aima pour son affabilité et pour l’amour paternel qu'il portait aux soldats. On garda le secret de sa mort jusqu’à ce que ses partisans eussent pu se rendre maîtres des châteaux de Westeraset de Stockholm , puis on proclama administrateur, son lîls, Sténon S tuée te jeune.
Le conseil voulait ne pas le reconnaître , et se réconcilier avec le Danemark , à l'exemple des villes anséatiqnes, qui venaient de faire la paix.
L’on était au moment de prendre les armes; mais le parti de Sténon était trop puissant, et il fallut se résigner, quoique de mauvais gré.
L’année suivante, Jean mourut, et laissa la couronne du Danemark à son fils, Christian fl ( Christiern ) , appelé le ti/ran , qui, du vivant de son pore , avait administré le Danemark , et qui désormais prétendait aussi à la couronne de Suède, qui lui avait été destinée dans un des nombreux traités faits avec Jean. Le nouvel archevêque Gustave Trotte , d’une famille qui avait île grandes possessions en Danemark , et qui avait toujours é^é hostile à celle des Sture , prit le premier les armes contre Sténon: il fut vaincu et déposé.
En 1518, Christian vint avec une armée débarquer près de Stockholm , mais Sténon le défit entièrement.
Après la bataille, le roi demanda à Sténon line entrevue, et aussitôt que Hemming Gadd, le jeune Gustave Wasa, qui avait porté le grand drapeau pendant la bataille, et quatre autres chevaliers suédois furent arrivés sur sa flotte en qualité d’otagps, il fit lever l'ancre , et les emmena en Danemark. Puis il obtint à PiOine, contre la Suède, un interdit, dont
J’exécution lui fut confiée. On se prépara à la guerre pendant une année entière. Enfin, en 1550, les Danois entrèrent eu Suede ; Stenon les remontra sur la glace du lac Astmder en Westrogotlue : malheureusement il fut blesse au uonimeneeinent de la bataille, qui, |>ar suite de cet accident, fut gagnée par les Danois. A Strengnas, ou il lut porte , Stenon reçut la nouvelle que les Danois s'approchai* nt de l’I piand, après avoir uue sec. unie fois battu les Suédois; il se dirigea en toute bâte sur Stockholm, mais il mourut dans son traîneau sur le lac Mœlar.
A la mort de Stenon, l’anarchie fut générale ; les seigneurs ne voulaient pas obéir, et n' osaient pas commander; les pavsans, n’ayant plus de chef, furent facilement dispersés par la cavalerie étrangère de Christian. Dans cette situation désespérée, les seigneurs s'assemblèrent à 1 p>al , et reconnurent Chhistian pour roi, à la condition qu’il se conformerait au reccz de Calmar; il le promit, et lit proclamer en même temps une amnistie générale. Christhia Gytlenxlienia , veuve de Stenon et inere de quatre enfants , défendait encore le château et la ville de Stockholm avec la plus grande valeur. Hemming, croyant tout perdu, lui persuada de traiter avec Christian.
Dans le cours de l’automne suivant, Christian revint en Suède pour se faire couronner n Stockholm, et se montra plus affable que de coutume, afin de mieux cacher ses projets sanguinaires. Deux jours apres le couronnement, Gustave Trolle, l’ancien archevêque, entra dans le château , pour réclamer auprès du roi satisfaction des injures que Stenon le jeune lui avait faites. Jusque-là Gustaie agissait sans doute de concert avec le roi ; mais on doit croire qu’il ne prévoyait pas les suites de cette démarché , puisqu’il demanda que la question fdt décidée à Rome. Le roi répondit qu’il lallait en finir sur-lechainp. Alors Christina Gyttenstierna, indignée, pour repousser les accusa-
tions qui pesaient sur son époux, représenta au roi que Gustave Trolle n'avait été dépose qu'en vertu d’un décret des états, signé par un certain nombre d’évêques et de seigneurs séculiers. Cet acte devint une liste de proscription. Tous ceux d’entre les juges de Trolle qui étaient présents (et |wrmi eux sc trouvaient plusieurs évêques) lurent aussitôt arrêtés et jetés dans un cachot. Le lendemain, on leur demanda si ce n'était pas une hérésie que de se liguer contre le saint-siège; et comme ils répondirent affirmativement, on les tint pour convaincus et condamnés.
Aussitôt on lit proclamer dans les rues, que personne ne devait sortir de sa maison avant un certain signal . et vers midi on invita les bourgeois a s’assembler sur la grande place, où les évêques de Strengnas et de Skaru ( *), douze seigneurs laïques, la plupart des membres du conseil, le bourgmestre, les sénateurs et plusieurs citoyens de Stockholm furent conduits garrottés.
Lu chevalier danois harangua le peuple, lui dit de ne pas s’étonner de ce qui allait arriver; que Gustave Trolle était venu implorer à gefioux la sévérité du roi contre les coupables , et que Christian n’avait pu lui refuser justice. I.’évêqiie de Skara et quelques autres prisonniers s’écrièrent que ce discours n’était qu’iinposture; mais les bourreaux leur imposèrent silence, et ils furent tous décapités, sans avoir pu obtenir le secours d’un confesseur.
Bientôt le massacre détint général; les spectateurs qu'on vit pleurer, eurent immédiatement la tète tranchée, et l’on alla jusque dans l’intérieur des maisons chercher ceux qui étaient réputés pour ne pas aimer les Danois.
Ohms Magnus, qui nous a conservé le récit de ce carnage, vil de ses yeux décapiter quatre-vingt-quatorze |«*rsonnes; plusieurs autres furent étranglées ou massacrées. La nuit même ne mit pas un terme n cette scène d’horreur: les maisons des victimes furent pillées, leurs femmes et leurs filles
(’) Voyez pl. XV, une vue de cette ville.
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déshonorées; puis on proclama une amnistie générale, aiin défaire sortir de leur retraite ceux qui , le premier jour, étaient parvenus à se soustraire aux bourreaux, et l'on continua les exécutions pendant deux jours encore.
Les corps de Stenon Sture et de l'un de ses enfants furent exhumés et brilles,on dit même que le roi les déchira avec ses dents.
La Finlande et les autres provinces furent témoins de semblables boucheries : le vieil Henuning Gadd , Agé de quatre-vingts ans, eut la tête tranchée. Le roi fit écrire dans les différentes contrées du rovaume, que sur le jugement des évêques et des prélats , il avait fait exécuter des hérétiques, et lorsqu’il quitta la Suede en 1321 , plus de su cents têtes avaient tombé. Le principal carnage eut lieu le 8 novembre 1520 : on l’appelle le bain de sang ; et l’on impute surtout ces atrocités au favori du roi, Oietric StaghOk, ancien barbier et parent de la fameuse Siegbritle, Hollandaise de basse extraction, qui domina le roi, même après la mort de sa tille Dyveka , surnommée la belle colombe, et empoisonnée en tôl<>, par des seigneurs danois , ou par la femme de Christian , sœur de l.harles-Quint.
Ces atrocités ne restèrent point impunies. Elles causèrent la ruine du pouvoir de Christian en Suède , rompirent l’union de la Suède avec le Danemark , et portèrent un coup funeste à la religion catholique, au nom de laquelle on les avait exécutées, Mais avant de raconter comment celte révolution s'ojiéra , jetons encore un coup d'œil rapide sur les mœurs et sur les institutions des Suédois pendant l’epoque catholique.
La Suede resta presque étrangère à « qui distingua surtout le moyen Age catholique dans les pays du sud de l'Kurope : la chevalerie et la poésie sa compagne , la richesse des villes, l'architecture, le commerce et l’industrie. En effet, la poésie guerrière dans le Nord appartient entièrement au paganisme, sinon par L'époque où
vécurent les poètes dont les ouvrages nous sont parvenus , du moins par son esprit et par sa tonne. Le commerce était presque eu entier entre les mains de la ligue anséatique, et les villes, peu nombreuses, étaient, par leurs institutions et par les principaux éléii ents de leur population , plutôt des villes allemandes que des villes suédoises. Et cependant le résultat des luttes du moyen âge fut assez heureux pour la Suede, car elles assurèrent sa liberté et son indépendance...
Lors de 'l'introduction de l’Évangile, l’esprit de fédéralisme était porté an plus haut degré, les familles étaient confédérées par cantons , les cantons par provinces, et les provinces par royaumes. Le pouvoir central n'avait d'autre, autorité que ce que chaque contrat lui en transmettait. Le roi n'avait que le commandement |>eiidaiit la guerre, qui devait être consentie par tous, l'usufruit du domaine royal, le droit de gracier, à son avènement, trois criminels dans chaque province, et d’être défrayé pendant ses voyages. I n ancien usage vouluit qu'en prenant possession d'une terre, tout acheteur fit le tour de sa nouvelle propriété:
c'était ainsi que le roi prenait possession du royaume (*). Cela s'appelait « voyager sur la route d'Érik. » Il se rendait dans chaque province, dont il jurait d'observer les lois. Nous avons raconté plus haut que Ragwald Kuaphofiic fut tue, parce qu’il avait négligé de se faire donner des otages à celte occasion.
Les ( plandais , anciens possesseurs du temple central dlipsala , eurent d'abord quelques avantages, lors de l'élection des rois, mais ils les perdirent à mesure qu'on s’éloigna des temps du paganisme. Les statuts de
(*) Le même usage parait avoir existé autrefois en France; Grégoire de Tours y fait allusion dam plusieurs passages, IV, ■ 4 : t* Igilur C.hlotarns post mortenr T lieodovaldi eum rcgtmni Francia- suscepisset atqtieiliud circumirét .» Idem, IV, 16: - < Hune iptod circumivi laxare non potero. » Idem, Vil, ro: - Dcinde (apres l'élection) ibat per «iviuUt in circuitu posrtas. »
Sudermanie, rédigés en 1327, disent que tous les Suédois y doivent prendre part. A partir du commencement du XIV' siecle, le conseil ou sénat se composa des principaux seigneurs ecclésiastiques et laïques; les lumnaitns ou tribuns des provinces en taisaient partie , et ce conseil disposa pendant long-temps de la couronne. La couronne ne fut jamais héréditaire, mais souvent on nommait les üls du vivant de leurs pères, et l’on choisissait de préférence le nouveau roi dans la famille de celui qui venait de mourir.
' Nous avons déjà eu occasion de remarquer que la monarchie féodale ne put jamais s’établir en Suède, les droits et les privilèges des seigneurs restèrent toujours des usurpations, et ne furent jamais convertis en droit. Engilbert et les Sture rendirent aux paysans leur influence dans le royaume, et la noblesse ne se fondant que sur le service à cheval, l’accès en resta toujours libre à ceux qui étaient assez riches pour y figurer.
Pour juger de l'influence de l'église, il faut établir une distinction entre ce (|oe firent des évêques , membres des familles aristocratiques du pays, c’est-à-dire des familles les plus riches, et descendants des anciens rois, et ce uc l’église proprement dite exerça 'influence sur les moeurs ef sur les lois. C’est à elle que la Suède doit la rédaction des lois écrites, l’abolition du due! judiciaire et des épreuves par le fer chaud , et la suspension des hostilités pendant les fêtes et le temps des semailles et des récoltes. C’est à l’église que les femmes et les serfs durent l’amélioration de leur condition.
Ce furent les ecclésiastiques qui apportèrent en Suède les premiers arbres fruitiers, et qui encouragèrent la construction des ponts et des routes, l.es biens du clergé, quoique assez considérables, ne le furent jamais autant que dans les autres pays de l'Europe; et le nombre des couvents ne surpassa jamais soixante. Toutefois, les plaintes relatives à la conduite des moines ne furent pas moins fréquentes en Suède que partout ailleurs. Les cou-
vents oui donnèrent le plus de scandale, furent ceux qui suivaient la règle de sainte Brigitte, bien que cette sainte, qui vivait vers la lin du XIV ' siecle , eût consacré presque toute sa vie à la réforme de la discipline monacale.
Les livres étaient alors très-rares ; mais on s’occupait si peu d’études que le manque de papier ne se faisait sentir que pour les contrats , qui, grâce à l’influence du clergé, commençaient à remplacer les anciens symboles de transmission.
L’éducation était rigide et guerrière :
on no donnait a déjeuner aux jeunes garçons que lorsqu’ils avaient, avec leurs flèches , atteint le but proposé , car l’arc, la hache et la lance étaient les seules armes que l’on connût. Pins d’une fois, on défendit le port des armes, mais ces lois ne furent pas observées. Le paysan ne sortait jamais qu’armé, les troubles civils et le grand nombre des loups lui en faisaient une obligation.
Les habitations étaient encore si disséminées dans le pays, que beaucoup de Suédois, même vers la lin du XV' siècle, n’allaient que deux fois par an à l’église; ils laissaient alors leurs armes dans le vestihuledes églises, qui s'appelle encore aujourd'hui ou suédois , la maison des armes.
Les principaux produits du pays consistaient en argent , en fer , en blé , en chevaux , en poissons , et surtout en saumon , en bois de charpente, en cire et en hydromel.