‹ L'UniversChapitre 64 sur 87 · POPULATION · texte numérisé non relu

POPULATION

CH EFS- LIEUX. -

en 175!. en 1825. |

Ut ion I

Cbrbtinnslad ... Christianatad. .

1 Carlscrona . . . .

Kronobcrg .

Jünkoping . .

Jônkôping . . , .

I Oalrogothie. . , . I 8. Oatrogothie I Linkoping. .

Skaraborg..

Westrogolhie.. . { 10.

Weoersborg., .

Golhem bourg. .

f Sudenuanir. . . .

Stockholm (ville). I Stockholm. . . .

NjkÔping..

I Wcsttnanie. . .

Néricie. ....... 18.

et

V arrmcland .... 19.

\Dalfcarlip I an. Kopparsberg. .

ÛKrebro

Grslrikland. . . . lai. Gefleborg.

Wester-Norrland.

J æm il and f i3.

Bothnie [ i|

Laponie ( a5.

Bothnie occident, Bothnie septent.

Cette masse d’habitants , qui s’est 852 habitants par mille carré , peut se élevée, en 1830, 5 2, 871, 252, donnant partager en population urbaine et po-

pulation rurale; la première est de beaucoup inférieure à la seconde, car la Suède ne compte que 86 villes renfermant 280,26!) habitants , sur lesquels la capitale seule en compte 83,000. En France , la proportion est de 1 à 3 ; en Angleterre, de 1 à 2; en Suède elle est, comme on vient de le voir, de 1 à 10.

Le nombre des nobles est de 20,500 ; feelui des ecclésiastiques, de 14,000.

On compte 57,330 bourgeois , 9,270 fonctionnaires civils, 2,200 officiers, 67,490 soldats et matelots , enOn 2,670,060 paysans.

D’après le dernier rapport présenté au roi par le ministre de la justice , sur la répartition des possessions territoriales dans le royaume, les paysans continuent toujours d’augmenter leurs propriétés foncières. Depuis treize ans, des membres de cet ordre ont acheté des terres pour une valeur de 3.300,000 fixdales au-dessus de la valeur des terres vendues par cette même classe.

La moyenne classe , dans cet espace de temps, a augmenté sa propriété foncière de la valeur de 4,400,000 rixdales. Les possessions territoriales de la noblesse, au contraire, ont été diminuées, cette classe ayant trouvé, sans doute, d’autres manières d’employer ses capitaux. Cependant les nobles suédois ne dédaignent point la vie de la campagne ; trois ou quatre mille seulement d’entre eux résident dans les villes ; les autres vivent sur leurs domaines , et donnent de la considération à la condition de laboureur, en surveillant eux -mêmes l’exploitation de leurs terres.

MUEUBS ET USAGES.

Nous nous contenterons d’indiquer quelques traits remarquables : l’espace nous manque pour entrer dans de lbngs détails.

.Sûreté des routes. Comme les moeurs sont simples , le pays pauvre et la population laborieuse, il y a fort peu de malfaiteurs , et l’on peut voyager nuit ét jour sur les grandes routes et à

travers les forêts , sans armes et sans crainte d’aucun danger.

Postes. A chaque poste, on présente au voyageur un'livre appelé daqbok, sur lequel il est obligé d'inscrire son nom , son âge , le lieu d’où il vient , celui où il va , le nombre de chevaux qu’il a employés. Il doit aussi indiquer s’il est content ou non de son postillon , et de la manière dont le service est fait; mais, en revanche, il y a dans le registre une colonne ouverte pour la défense du maître de poste, qui, à la lin du mois, doit compte de sa conduite au gouverneur de la province.

Police. On connaît , en France , la sollicitude de la police russe, mais on ignore généralement celle de la police suédoise , qui n'est pas moins active.

Lorsqu’un étranger arriven Stockholm, un agent de la police vient lui présenter un papier sur lequel se trouvent d'ordinaire les questions suivantes, et auxquelles il faut répondre par écrit : Quel est l’objet de votre voyage?

Quelles sont les personnes dont vous êtes connu? A qui êtes-vous recommandé? Quelle est la durée présumée de votre séjour, etc.? Un voit de quelles attentions les voyageurs sont l’objet, et si leur présence donne le moindre ombrage, leurs actions sont surveillées avec le plus grand soin.

Les douaniers ne sont pas moins sévères ; mais il faut rendre justice à leur politesse en faveur des personnes; si le voyageur est exposé à voir jeter pêle-mêle tous les effets que contient sa malle, au moins lui epargne-t-on ces recherches indiscrètes que nos douaniers font subir à ceux qui passent nos frontières.

Dans les villes, la police était faite il y a encore quelques années par les brand-vakt, qui parcouraient les rues armés d'un long bâton , dont un bout portait un fanal et l’autre était terminé par une pince en fer avec laquelle ils saisissaient au cou le malfaiteur qu’ils poursuivaient, et le conduisaient, après l’avoir ainsi harponné, jusqu'au poste voisin. Cette vieille institution a ré-

SUEDE

SUEDE. 487

cemment fait place à un corps mieux

-organisé.

Pour prévenir les incendies si fréquents et si désastreux dans des villes qui presque toutes sont construites en bois, fl était défendu, sous peine d’amende , de fumer dans les rues ; mais la défense a été levée depuis le choléra. Des hommes, postés sur toutes les tours et les clocners des églises, veillent la nuit pour sonner le tocsin en cas d’incendie.

Coutume. En Suède, la population est grande et forte; les hommes sont bien faits pour la plupart, et les femmes y sont plus généralement agréables que dans d'autres pays. Leur costume, dans la Dalécarlie en particulier, est surchargé d’ornements et de broderies qui le rendent pittoresque; mais partout ailleurs il ne se distingue que par sa simplicité et sa propreté recherchée. Les costumes des paroisses de Wingoker et d’Ostanoker en Sudermame , ainsi que de quelques cantons du Bleking, sont avec ceux de la Dalécarlic les plus originaux, les plus élégants et les plus pittoresques de toute la Suède. Dans la plupart des autres provinces les vêtements ne se distinguent que par leur simplicité et leur propreté.

Les femmes de la campagne portent souvent des voiles de crêpe noir. Ces voiles protègent l’œil contre la blancheur éclatante de la neige pendant l’hiver, et contre l’éclat des rayons du soleil qui , pendant l’été , sont réfléchis par l'âpre nudité des rochers.

En Scanie , le villageois est mal vêtu et misérablement logé; cependant la joie, le contentement et la santé brillent sur son visage. Il porte ordinairement un habit et des bas d’un drap léger , un chapeau à haute forme et a rands bords , terminé en pointe. Une ande de buffle forme sa ceinture, à la-

3uelle deux couteaux sont suspendus ans un étui de cuir. Ajoutons qu’on ne voit jamais en Suède de haillons, cette triste livrée de la misère.

Caractère national. Le Suédois, qu’on appelle quelquefois le Français du Nord , ne nrilfe point cependant

par sa vivacité; il comprend bien, mais lentement, et agit sans secousse ni brusquerie. Cependant le peuple suédois, quoique lent et lourd en apparence. a eu, comme son histoire en fait foi, une existence plus héroïque, plus aventureuse, plus révolutionnaire que celle d’aucun autre peuple du monde.

La haute société en Suède, se fait remarquer par l'élégance et la politesse exquise de ses manières, par la culture de son esprit, la noblesse de ses sentiments et la simplicité de sa manière de vivre. Le caractère de la classe moyenne , et surtout de la haute bourgeoisie, présente à peu près les mêmes traits. Quant au peuple pris en général, abstraction faite de la noblesse et de la classé moyenne, il se distingue, suivant M. le colonel de Forsell (*), par sa véritable

fiiété, sa droiture, son respect pour es lois, la pureté de ses mœurs, sa frugalité, son adresse dans tous les travaux manuels et son hospitalité prévenante. Mais le plus beau tableau a ses ombres : le paysan suédois est jaloux de ses frères et de la classe élevée; il méconnaît ses propres avantages, et pousse jusqu’à l'excès le respect pour tout ce qui vient de l’étranger; enfin il est parfois brutal et violent, et ce dernier défaut il faut surtout l’attribuer à l’usage immodéré qu’il fait de l'eau-de-vie.

Ajoutons , d’après la même autorité, que le Suédois de la classe ouvrière est lent dans ses mouvements , qu’il a besoin qu’on lui laisse le temps de la réflexion , que son jugement est généralement sain , et qu’il aime mieux être convaincu que persuadé. Son activité est d’ordinaire calme et pour ainsi dire calculée; il supporte plutôt la violence que le badinage, les mauvais traitements que la raillerie. Ce qu’il detnaiide surtout , c’est qu’on lui tienne parole.

Jeux. Les jeux du peuple suédois font un singulier contraste avec sa vie

' (*) Statistique de la Suède , p. 6a de la

traduction allemande.

habituelle ; son amour des plaisirs bruyants éclate dans les fêtes de certains clubs de Stockholm, qui se célèbrent au milieu du bruit du canon; on voit alors cinq ou six chaloupes chargées de promeneurs sortir du port dès le matin pour ; lier se livrer a la joie dans quelque île voisine, et tirer des coups de canon pendant tout le jour, mais surtout durant le dîner et les toasts. Le soir on rentre au son des fanfares.

Ordres. Afin de multiplier les plaisirs pendant la longue durée des hivers, on a institué des ordres; ce sont des associations qui comptent quelquefois jusqu'à quatre cents membres. Chacun d eux a un but particulier d’amusèment, la danse, la musique, les banquets, etc.; V ordre par bricole est consacré à la jovialité ; le joyeux poète Iiellman, auquel on a consacré un buste dans le parc royal , est l’un de ses fondateurs. D’autres ordres se vouent à la bienfaisance. Les membres de ces associations portent des signes distinctifs , des croix, des écharpes , des ceintures , des cordons , etc.

Superstitions. Autant la partie distinguée de la nation suédoise est éclairée, autant le peuple, surtout à la campagne, est, s'il faut en croire certains voyageurs, superstitieux et attaché à mille petites coutumes bizarres , qui sont sans doute un reste du paganisme. On y croit encore à la sorcellerie; on guérit les lièvres et autres maladies par des conjurations ou par des paroles magiques. Quelques paysans s'imaginent, lorsqu’une contagion afflige leurs bestiaux , qu’en enterrant un membre de l’une des bétes mortes dans le champ de son voisin , on y transporte le fléau , et l’on assure, par ce moyen , la guérison du troupeau malade. D’autres sont persuadés que la réussite ou la non réussite de leur moissons dépend de telle ou telle cérémonie accomplie ou omise. Les mariages sont accompagnés de mille pratiques mystérieuses; il en est de même des couches , des baptêmes et des enterrements. Dans les montagnes ils

croient à un génie souterrain, bien ou malfaisant , suivant les circonstances, et qu’ils craignent d’irriter par l’oubli de certaines pratiques (*).

Habitations. Les Suédois bâtissent généralement leurs maisons en bois; Stockholm et la Scanie font seules exception; celles des paysans sont faites de troncs de sapins eqûarris ou bruts, posés horizontalement les uns sur les autres. Les extrémités s’ajustent ordinairement, non avec des clous, mais avec de simples chevilles de bois, et les vides sont remplis de mousse. On y ménage quelques trous qui servent “de fenêtres. Le toit se compose d’une charpente légère couverte d’écorces de bouleau, par-dessus lesquelles on pose du gazon qui devient assez épais pour qu’on puisse le faucher (**). Le poêle est circulaire, construit en briques, haut environ de quatre pieds. Près du poêle est la cheminée, dont le tuyau, qui s’élève audessus du toit, est garni extérieurement d'une planche carrée attachée à un long bâton où tient une corde pour pouvoir l'ouvrir ou la fermer à volonté. Dans la cheminée est une pince en fer

(*) Voyez le Voyage d’un officier hollandais en Suède, p. a8i.

(**) « Près de Nordkiôping, dil sir John Carr (Voyage autour de la Baltique , t. I , p. 160), nous vîmes un mouton paître sur ie toit de la boutique d'un maréchal; un appentis fort bas, adosse au mur de cette boutique, avait procuré à l'animai un moyen d’escalade , et il paraissait aussi coulent dans cette position que s'il se fut trouvé au milieu du plus gras pâturage. » — « Jamais, dit-il ailleurs (t. I , p. 243), jamais je n'ai vu l'herlie aussi haute et aussi verte sur les toits des maisons que dans la ville d'Upsal. En regardant de la fenêtre de ma chambre à coucher, il me fut impossible de distinguer plusieurs de ces toits de la colline verdoyante au sommet de laquelle l’ancien palais est situe. » — Ces gazons, qui recouvrent les toits des grandes maisons comme ceux des petites , rappellent les jardins de Sèntiramis, d'autant plus que quelques-uns sont proprement fauchés et garnis de plates-bandes de fleurs. Ces toits de gazon servent à diminuer les dangers du feu.

où l’on place une branche de sapin aue l’on allume pour éclairer l’intérieur de la chaumière. Ces rustiques demeures, dans lesquelles on entre par une petite porte à peine haute de quatre pieds, sont ordinairement composées de deux pièces, une espèce de vestibule et une chambre commune où se trouvent des lits pour toute la famille. Ces lits sont disposés les uns au-dessus des autres, comme dans quelques autres contrées de l’Europe. Les granges et les étables sont entièrement séparées. Les maisons de paysans qui servent de maisons de poste, doivent contenir en outre une chambre destinée aux voyageurs, où se trouve un lit, ou plutôt un grabat, une table et quelques chaises; on la nomme la chambre des voyageurs, et on l’entretient proprement :1e plancher est couvert de branches de sapin hachées en petits morceaux. Cette coutume, générale dans toute la Suède et même dans beaucoup de maisons riches, contribue à donner de la fraîcheur aux appartements, et à y répandre une odeur balsamique fort agréable. On prend également soin de garnir le plafond, le poêle, les fenêtres, etc., de branches de bouleau pour y attirer les mouches, qui abondent en' Suède.

Dans le Smaland et dans la Dalécarlie , les paysans bâtissent leurs maisons plus simplement encore. Ils n’y pratiquent qu une seule fenêtre, ou plutôt un grand trou, à la partie du toit exposée au midi. Ce trou leur sert d’horloge : quand les rayons du soleil donnent sur une armoire qui se trouve à côté de cette fenêtre, on déjeune; lorsqu’ils éclairent le poêle qui est vis-à-vis, on dîne. Dans ces maisons il n’y a qu'un seul lit destiné au chef de la famille qui y couche avec sa femme; tout le reste dort sur des bancs placés le long des cloisons intérieures, et sur lesquels on étend de la paille ou des peaux de mouton, et quelquefois, mais rarement, des lits.

Les maisons des bourgeois, tant dans les villes qu’à la campagne, sont construites à l’aide de poutres et de

planches; la plupart ont deux, trois et même quatre etages; quelques-unes même ont une grande apparence. Dans les villes , elles sont d’ordinaire peintes en rouge brun et couvertes de gazon.

Les toits de quelques-unes sont couverts de petits morceaux de bois en forme d’ardoise; on en voit aussi couvertes de tuiles. A Gothembourg, à Carlscrona, à Falun, les maisons sont très- proprement peintes dans le goilt de celles de Sardam; d’autres imitent si bien la pierre de taille , qu’au premier abord on pourrait s’y méprendre.

C’est surtout à la campagne que ces maisons sont belles; plusieurs ont l’apparence de châteaux , et la magnificence des appartements répond a la beauté de l'extérieur. Comme la noblesse aime à vivre dans ses terres, et que beaucoup de gentilshommes y résident même toute l’année, ils cherchent à rendre leurs retraites les plus commodes et les plus àgréables qu’il est possible.

On voit des maisons qui peuvent être en peu d'heures démontées et transportées à volonté. C’est un usage assez commun dans le Nord. Nous avons déjà parlé du palais que Catherine II fit voiturer à rrédériKshamn (*)

fwurv recevoir Gustave III. A Copenlaguë, il existait encore, à la fin du siècle dernier, une fabrique de maisons pour la Norwége et pour l’Islande. On indiquait aux entrepreneurs le nombre d'étages et d’appartements que l’on voulait, la hauteur, la longueur, la largeur que l’on désirait donner à l’édifice; on s’accordait sur le prix, et alors les pièces se travaillaient; on les ajustait, on montait la maison, on examinait si tout se rapportait bien; puis on démontait l’édifice, on en numérotait les différentes parties, on les embarquait sur un vaisseau , et la maison voguait pour sa destination.

En Soanie, on trouve peu de maisons en bois; presque toutes sont bâties en briques, et l’on préfère les briques de Hollande à celles du pays, parce qu’étant mieux cuites et moins

(*) Voyez p. aS5.

poreuses, elles prennent moins d'humidité (*).

Baptême, mariage. Les cérémonies rlu baptême se pratiquent d’ordinaire sans beaucoup d’éclat. Lorsqu'un enfant vient à naître dans une famille, les parents vont faire leur déclaration nu curé de la paroisse, qui se transporte le lendemain ou quelques jours après au domicile des époux pour y baptiser le nouveau-né en présence de quatre témoins, deux du coté du mari et autant du côté de la femme.

Le mariage se fait aussi avec simplicité. Les parents se présentent à l'église avec leurs enfants, et déclarent qu’ils sont dans l'intention de les unir : ce sont là les fiançailles; les stipulations du contrat ont été dressées d’avahee. Les trois dimanches suivants, le curé public à haute voix les bans, et vient ensuite la cérémonie nuptiale.

LeS deux fiancés sont parés avec le plus grand soin et couverts, surtout en Scanie, d’une profusion de rubans de toutes couleurs. Le curé assiste au repas qui est fort long, et adresse fréquemment aux jeunes époux des allocutions et des conseils; le repas terminé , il ouvre la danse avec la mariée. J e crois devoir emprunter à M . Charles Forsell (**) la curieuse description d’une noce dalécarlienne.

» Le samedi soir, veille du jour de la cérémonie nuptiale, les invités, quelquefois au nombre de trois cents, se rassemblent dans la maison où la noce doit avoir lieu. Leur premier soin est d’y déposer les provisions qu’ils ont apportées dans leurs voitures pour contribuer à la joie du festin, et qui se composent ordinairement de beurre, de fromage , de jambon , etc. ; ensu ite , comme ils he pourraient être tous logés dans la maison nuptiale, ils sont répartis dans les maisons du voisinage.

Alors la fiancée, si le lieu fixé pour la noce se trouve éloigné de l'église, se rend au domicile du vicaire, où elle fait sa toilette de grand matin, afin

(*) Voy ez le Voyage d’un officier hollandais en Suède, p. 28 j.

(**) Une année en Suède, p. 17 et suiv.

d’être prête à recevoir son futur, qui arrive a cheval avec tout son cortège, ("est au presbytère que se règle l’ordre de la procession avant qu’on se rende à l’église.

«Le bedeau, une baguette ou un fouet à la main , s'avance le premier, suivi des musiciens; vient ensuite le fiancé en grand costume, ayant à ses côtés l'un des parents les plus notables, et quelquefois le soldat du quartier, appelé brudsven ou reduman, et suivi des chevaliers de noce. Après eux viennent les demoiselles d’honneur au nombre de huit ou dix. Elles sont vêtues d’un jupon vert, d’une camisole noire, et portent autour du cou plusieurs rangs de perles de verre, et a leurs doigts une profusion de bagues de vermeil ornées de breloques; de leur longue tresse de cheveux attachée autour du sommet de la tête pend une quantité de rubans de soie de différentes couleurs, dont les bords sont souvent brodés en or ou en argent.

Enfin paraît la fiancée, conduite par une femme mariée, choisie pour l’ordinaire parmi ses plus proches parentes. Sa tête est surmontée d’une couronne de vermeil, ornée de breloques et de feuilles du même métal, le tout appartenant à l'église; ses cheveux bouclés (* ) , entremêlés de rubans , flottent autour de son cou, qui est entouré, comme celui de ses compagnes, de plusieurs rangs de perles de verre et «'autres ornements; des gants brodés, une antique robe de satin noir, et un fichu enrichi de tout ce que l’imagination a pu produire de plus brillant , complètent ce singulier costume.

« Les musiciens s’arrêtent devant l’église, et le prêtre donne la bénédiction aux époux. Après le service divin , tout le cortège se rend à la maison où la noce doit être célébrée. La mère de l’un des mariés et la femme chargée de la cuisine ( redeian ) les reçoivent sur le perron : la première conduit les convives dans les salles où sont dres-

(*) Quelquefois elle porte une perruque de lin pour représenter des cheveux d'or.

SUÈDE

sées les tables pour le festin; la seconde mène la jeune mariée dans la cuisine pour lui faire goûter les mets qu'elle vient d’apprêter, usage qui se rattache probablement à quelque ancienne superstition. La jeune épouse s’assied à table entre son mari et le curé de l’endroit; le soldat du quartier obtient toujours une place distinguée. Vers la fin du repas, et après un discours prononcé par le cure en l’honneur du nouveau couple, la jeune épouse se lève, suivie du reduman et dun musicien, fait le tour des tables, présente à chacun des convives une coupe d’argent appelée skxnkkosa, remplie de bière torte ou de quelque autre boisson estimée. Le convive à qui la coupe est présentée la vide, et place son offrande sur l’assiette que porte le reduman , ou bien il dit à celui-ci de quelle manière il contribuera à rétablissement des jeunes gens. A chaque don , le reduman proclame à haute voix la nature et la valeur de l’offrande. Pendant cette tournée appelée skxnka (cadeau), le musicien joue un air particulier connu sous le nom de skxnkJoten (le son du cadeau). La jeune femme dit quelquefois en présentant la coupe : « Que le bon Dieu vous garde en paix, c’est ma santé et celle de mon danneman (*); »

mais ce toast n’est pas généralement en usage.

« Cette cérémonie terminée, le curé ouvre le bal avec la jeune épouse.

Leur danse est une espèce de valse lente et grave. Vers la nuit, la nouvelle mariée est enlevée pendant la danse par ses compagnes, qui l’amènent à son époux. Les festins de noce, entremêlés de nombreux divertissements, durent plusieurs jours de suite; pendant ce temps, le musicien joue d’ordinaire le rôle de bouffon, et cherche, tantôt déguisé, tantôt sous son propre costume, à divertir tout le monde par ses extravagances. Le lendemain de la grande cérémonie, la jeune femme doit faire des cadeaux de

(*) Paysan libre , propriétaire du soi qu'il cultive.

rubans, de mitaines, de fil, etc., à toutes les familles présentes. Ces cadeaux sont proportionnés aux offrandes de la veille. Durant cette distribution, les jeunes gens vont dans les bois abattre un sapin d’une hauteur considérable, qu’ils traînent iusqu’à la maison pour Vélever au milieu de la cour, où ils sont reçus par l’époux, qui les régale d’eau-ae-vie. Un des derniers soirs de la noce, le marié est à son tour enlevé par ses amis et conduit à sa jeune épouse. Quand la fin de la fête est arrivée, le garçon de cuisine entre dans la salle, l’air triste, tenant une marmite vide ou bien un robinet, comme pour annoncer l’état pitoyable de la cuisine et de la cave(J). Alors tous les convives se retirent chez eux. »

Funérailles. Toute la pompe des cérémonies est réservée pour les derniers devoirs que l’on doit rendre aux morts ; c’est une véritable fête; on y dépense des sommes énormes. L’enterrenu nt a lieu trois jours et plus après le décès, et

filus le convoi est nombreux, plus il lonore la famille. D’ordinaire le cercueil est couvert d’étoiles d’argent , et à la tête est fixée une plaque de ferblanc sur laquelle est inscrit un verset du livre des psaumes. Le cimetière, cette dernière demeure du parent et de l’ami est entretenue avec soin; des arbres, du gazon, des fleurs ornent de modestes sépultures, où la vanité des vivants ne biusonne pas la tombe des morts.

Fabrication du pain. « En Suède et même à Stockholm, les classes inférieures ne font du pain qu’une ou deux fois par an. Ce pain est de seigle mêlé avec de l'avoine ; on le nomme fcnxkkebrœd ou kakebroë. Il est rond et niât, de la forme et de la grandeur d’une assiette ordinaire, troue par le milieu, et n’a pas l’épaisseur de la largeur du petit doigt. On en voit pendre, enfilés par centaines, aux plafonds des maisons de paysans. Ce pain, quoique ex-

(*) Ce symbole si expressif rappelle notre vieux chant populaire : Alltz- vous -en, gens de la noce.

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cessivement dur, n’est pas désagréable au goilt; on en présente sur la table des personnes les plus distinguées avec du pain de froment très -bon et très-blanc. Dans les temps de disette, et principalement dans le nord de la Dalécarlie, on ajoute à la farine de seigle et d’avoine de l’écorce de bouleau bien macérée et pilée, ce qui rend ce pain si dur, qu’il faut des dents dalécarliennes pour pouvoir le mâcher (*). » Il est inutile d’ajouter que les classes riches savent se donner toutes les jouissances de la vie confortable.

Menu rf un bourgeois de Stockholm.

Dès son réveil , on dresse près de son lit une petite table couverte d’un plateau, sur lequel se trouvent tous les ustensiles nécessaires pour prendre du café : les tasses sont très-petites; le lait, le sucre, le beurre ordinairement d’une qualité supérieure. A dix ou onze heures , déjeuner avec des tartines de beurre, du jambon, du poisson salé ou fumé et de l'eau-de-vie. Le dîner est servi à deux heures. Le repas se compose presque uniformément d’une forte pièce de veau, que l’on a fait cuire le dimanche pour paraître sur la table pendant toute la semaine; on y ajoute du poisson et un plat de pommes de terre, et, pour boisson, de la bière et de l’eau-de-vie, et quelquefois, à la fin du repas, un verre de porto. A quatre heures , le café ; à six heures, nouveau repas, que l’on nomme aftonvard : c’est une sorte de collation composée de pain, de fromage et de beurre. A neuf heures , l’on soupe avec deux plats; c’est ordinairement du gruau et du lait; souvent aussi l’on sert, comme un mets très-délicat, une soupe faite avec du lait, de la bière et du sirop ( œlost ).

Calendrier. Voici les noms des mois suédois :

Janvier , thor, de Tbor , le Jupiter Scandinave. Février , gotje, de Gofjc, la Cérfa Scandinave. Mars, var, mois do printemps (germinal).

(*) Voyage d’un officier hollandais en Suède, p. 6. Voy. aussi John Carr, Voyage autour de la Baltique , ». I , p. 164 de la traduction française.

Avril , ertrs,

Mai, blomitrr.

Juin , sommar.

Juillet, ha.

Août, tiarrdr , Septembre , hast.

Octobre , siagt , Novembre, r inter , Décembre , jut.

mois des herbages ( prairial ).

mois des flenr* ( floréal ).

mois de Télé ( thermidor).

mois de la fanaison.

mois de la moisson (messidor).

mois de l'automne.

mois de l'abattage des bestiaux.

mois d'hiver.

de Jol , le Janus Scandinave.

LITTÉRATUBE.

La Suède, à titre de royaume Scandinave, peut revendiquer sa part dans les anciennes poésies des Scnldes, de l’Islande et de la Nortvége; toutefois nous ne pouvons ici, à propos de sa littérature nationale, revenir sur les eddas et les sagas , qu’elle aussi a sans doute chantées autrefois, mais qui ont reçu ailleurs leurs plus riches développements. Malheureusement, en retranchant de son histoire littéraire ces antiques productions du génie poétique des rois ae la mer, il ne lui reste plus, pour le moyen âge et les temps modernes, qu’une liste bien courte d’auteurs et d’ouvrages.

Isolée du reste du inonde par sa situation géographique, désolee par des guerres continuelles, la Suède ne put participer, durant le moyen âge, au mouvement littéraire qui’ se manifestait dans tout le reste de l’Europe.

Son clergé était plongé dqns l’ignorance, et les études, dans les écoles des monastères, ne dépassaient point de très-étroites limites. Ce fut seulement dans la seconde moitié du quinzième siècle que l’administrateur Sténon-Sture fonda, par privilège de Sixte IV, en 1477, l’université d'Upsala (*). Jusqu’à Gustave- Adolphe, l’université languit faute de ressources.

Ce prince la dota avec ses biens patrimoniaux, et sa fille lui donna une vie nouvelle, en appelant auprès d’elle une foule de savants étrangers qui animèrent d’une noble émulation les professeurs d’Upsala. Deux nouvelles écoles furent fondées à Dorpat en 1632, et à Abo en 1648. Mais la guerre de

(*) Ce ne fut qifcn r483 qu'une imprimerie s’établit à Stockholm : en 16 1 3 il n’y avait pas encore en Suède une seule papeterie.

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SUÈDE

trente ans et le traité de Westphalie, en créant des rapports nombreux entre l’Allemagne et la Suède, prévinrent l’essor original qu’aurait pris peut-être ce dernier pays, en lui imposant l'esprit et les formes de la littérature allemande.

Aux universités d’Upsala et d’Abo,

?|ui furent reconstituées en 1655, il aut Joindre celle de Lund en Scanie, fondée en 1668; la Société royale des lettres et des sciences, établie à Upsala par l’archevêque Benzelius le jeune, et qui, dès 1720, commença à publier des mémoires; l’Académie ‘des sciences de Stockholm, formée, en 1739, par des particuliers, qui s'occupa de faire connaître les découvertes utiles, et entretint des relations avec les savants étrangers; enfin l’Académie des lettres, créee, en 1755, par la reine Louise-Ulrique, la sœur du grand Frédéric.

Ces diverses sociétés furent autant de centres d’activité littéral' re, et eurent en Suède une bien plus grande importance que partout ailleurs. Dans ce pays, en effet, où le nombre des écrivains et des lecteurs éclairés est trèslimité, il y a plusieurs branches de connaissances humaines qui ne sont pas cultivées hors des universités, et qui restent au point où les portent les professeurs.

De toutes les sciences, celle qui fut étudiée avec le zèle le plus soutenu fut la théologie; c’est elle qui mena longtemps aux places et aux honneurs.

Aucune littérature n’est plus riche peut-être en homélies et en sermons; les écrits ascétiques y sont aussi fort nombreux; mais les diverses branches de la théologie, la dogmatique, la morale, l’exégèse sacrée, furent toujours négligées. L’histoire ecclésiastique de la Suede fut seule traitée avec quelque succès. La cause de cette infériorité scientifique du clergé suédois vient

fjeut-ëtrede son orthodoxie rigide dans e dogme luthérien, et de son intolérance pour tout ce qui s’écartait de la pure croyance consacrée à Wittenberg. Les efforts de Jean III pour rétablir le catholicisme, ceux de Charles IX en fa-

veur du calvinisme, terminés par la résolution d’Upsal en 1593, n’amencrent que de stériles disputes.

En philosophie, on ne peut citer aucun nom jusqu'au dix-septième siècle. A l’époque de la tentative de Jean III, les catholiques avaient emprunté, dans leur lutte, des armes à la scolastique et à Aristote; leurs adversaires s'étaient faits aussitôt les partisans de Ramus, le grand ennemi du stagirite. Après la mort de Jean III, les ramistes, favorisés par Jean Skytte, instituteur deGustave- Adolphe, eurent le dessus; les professeurs des universités durent conformer leur enseignement à sa doctrine. Mais la Saxe, redevenue aristotélicienne , et accusant la philosophie de Ramus d’être favorable au calvinisme, la proscrivit, et élevait dans la1 haine de Platon et de Socrate les jeunes Suédois qui venaient à ses universités, où ils juraient de rester fidèles à Aristote. Upsala fut le champ de bataille des deux partis; mais de cette mêlée il ne sortit aucun penseur original. Lorsque la philosophie de Descartes pénétra en Suède, elle trouva les aristotéliciens en possession de toutes les chaires. Introduit dans la seconde moitié du dix-septième siècle, par Bilberg et quelques médecins , malgré les efforts au clergé pour défendre la scolastique, le cartésianisme, après avoir produit André Rydelius, un des penseurs les plus profonds de la Suède (mort en 1738), dut céder la

filace aux doctrines wolfiennes, popuarisées en Suède par Nils Walierius.

Les philosophes qui se distinguèrent le plus au dix-huitième siècle, sans toutefois exercer une grande influence , furent Sleincourt, mort en 178-1, Christiernin, Fremling, Rosenstein, Léopold, Eellgren: enfin Roethius, mort en 1809, qui fit conuaitre Kant par des traductions.

Le droit naturel de l’allemand Pufendorff, professeur à Lund, parut en 167 1 . L exemple qu’il donnait aurait sans doute trouvé des imitateurs, et les sciences politiques, annoncées avec éclat par son livre, auraient été étudiées avec succès, si les écrivains

avaient pu jouir de toute indépendance ; niais dans ce pays de révolutions perpétuelles, il était parfois dangereux d'émettre trop librement son opinion.

Dahlman, qui, après la mort de Charles XII , avait soutenu l’origine divine de la royauté, fut condamné à mort comme traître, tandis que, sous Charles XI, Castovius avait failli éprouver le même sort pour avoir défendu la thèse contraire.

L’économie politique a été, depuis la seconde moitié du dix-lmitième siècle , cultivée avec soin ; il faut nommer Kruger et Nordenkrautz, Wargentin et Nieander. Les universités ont maintenant des chaires d’économie politique, et le pays des sociétés d’économie rurale, et des publications qui font connaître les decouvertes des pays étrangers.

Dès le seizième siècle, la Suède eut des historiens; Ülaüs Magnus, si longtemps célèbre, écrivit un ouvrage de gentium septenirUmaïmm variis condition ib us, stutibus et moribus, où l’imagination tient la place de la critique historique, mais que l'on peut cependant consulter avec fruit pour connaître l’état de la Suède au temps de l’auteur. Le dix-septieme siècle produisit un assez grand nombre d’ouvrages historiques, défectueux pour la plupart, et écritsen latin , à l’exception des histoires de Suède, composées dans la langue nationale, par Olaiis et Laurentius Pétri , les réformateurs du pays, qui, de même que Luther en Allemagne, et Calvin en France, donnèrent une certaine fixité à la langue par leurs nombreux travaux. Au siècle suivant, on trouve une excellente histoire de Gustave-Adolphe par Jonas Hallenberg (mort en 1819), restee malheureusement incomplète ; de nombreux travaux d'OIof Celsius, qui se distingua par un remarquable esprit de critique; une histoire de Suède d’OIof de Dalin, écrite, par ordre des états, en 1743; une autre de Botin, écrivain économiste; enfin Lagerbring composa sa Svea Rikes historia , riche en faits et en recherches critiques. A cette liste, il faut ajouter les matériaux pour l’his-

toire de Christine , réunis et publiés en français, par Arkcnholz.mort en 1777, après avoir été vingt ans bibliothécaire à Cassel ; les excellents travaux de Portlian, mort en 1804, sur diverses parties de l’histoire nationale; des mémoires sur diverses parties de l'histoire de Suède, par Erik Michel Fant , et enfin les annales de Suède par RL Geyer, le plus remarquable de tous les travaux historiques des savants suédois.

La géographie fut toujours négligée, et le meilleur ouvrage sur cette matière, celui de Daniel Djurberg, n'est qu'une bonne compilation. La géographie de la Suède d'Éric Tuneld, niort en 1788, a été souvent réimprimée, et les cartesdu baron d’IIerineliu sont excellentes. Cependant la Suède compte un assez grand nombre de voyageurs qui ont publié d’intéressantes et d'utiles relations, entre autres André Sparrmann, qui accompagna Cook dans son second voyage.

La simplicité de 'la législation suédoise n’exigeait pas de grandes études; aussi les jurisconsultes ne parurent-ils u'assez tard, dans la seconde moitié u dix-septième siècle. D'abord on - publia les anciennes lois provinciales; puis I.occeuius les présenta dans une forme systématique; Gyllenstolpe les compara au droit romain; Stjernhôk et Lundius en firent l’histoire; Abraliamson las commenta; nombre d'auteurs écrivirent sur des matières detachées;ct ISchrmann, anobli sous le nom de Ehrenstrale, et mort en 1769, en présenta un système complet.

Mais ce fut surtout dans les sciences mathématiques et physiques que brilla le génie positif des Suédois. Nous ne pouvons énumérer tous les savants qui s’illustrèrent dans ces branches des connaissances humaines; citons cependant le fameux théosophe Swedenborg; les deux Polhein, qui ont bien mérité de leur pays par d'importantes constructions; Tlninberg, qui s’illustra dans l’architecture hydraulique; Ilinman et Nordwall dans les mines; Chapman dans l'architecture navale; Virgin , Torngreri , etc. , dans l’art des fortifications , de la tactique , etc. ; Uot-

SUEDE

venins , Friewald , Celsius et Bergman (mort en 1781), au quel on doit l’art de fabriquer des eaux minérales , se distinguèrent dans les sciences physiques; Wallerius, Sclieele, Scheffer, Gadolin, Hisinger, le comte Bonde, Hjelm et Berzelius, dans la chimie; Wahlenbcrg, dans la minéralogie.

Dans les sciences naturelles, il ne faut nommer que le grand Linné, bien qu’il ait formé d’illustres disciples, Sparman , Tluinberg et Solander; mais son nom suffit à la gloire de la Suede.

Si les Suédois ne sont pas restés en arrière des autres peuples de l’Europe dans la culture des sciences positives, ils les ont précédés dans la poésie.

Odin , le dieu de l'éloquence et de l'inspiration poétique, a, de bonne heure , animé les chants des vieux bardes, <iui , poctes et guerriers, parcoururent du neuvième au treizièmesiècle , les trois royaumes Scandinaves. Les plus anciennes scalda qui nous aient été conservées, se rapportent au dieu Tlior. I.a première , l’Hoslanga , coni|K)sée au neuvième siècle par Théodolf de Hvind, est un mélange d’inspiration religieuse et guerrière. Elle chante les exploits du dieu contre les géants; l’autre, le Thorsdrapa , est de la lin du siècle suivant. Ainsi , à cette époque , la poesîe, encore sacerdotale, n’oublie pas les dieux pour célébrer les actions des hommes. Mais l’introduction du christianisme dans la Suède mit fin à cette littérature païenne; toutefois, si la religion nouvelle chassa Odin du Wallialla, elle ne put détruire l’esprit inquiet et belliqueux de la nation ; et les Scaldcs , qui ne trouvèrent dans la vie du Christ rien qui pdt exciter leur imagination qui se plaisait toujours aux^combats sanglants, chantèrent les exploits des héros et des rois de la mer, puisqu’ils ne pouvaient célébrer un dieu pacifique qui ne combattait qu’avec la parole et la persuasion.

parmi ces anciens poèmes qui se rappprtent aux héros Scandinaves , les plus célèbres sont le Birarkamal , conservé dans la saga du roi saint Olof; le dernier chant de Hjalmar le Vaincu ; le cbant de mort de Bagnar Lodbrok , ce

roi de la mer, qui périt en Angleterre déchiré par des serpents, dans un cachot où son vainqueur l'avait jeté ; enfin le chant funèbre d’Ewind Skaldaspiller sur Ilakan , roi de Norvège , mort vers l’année ‘JGO.

Mais les Scaldes et leurs chants émigrèrent peu à peu vers la Norvège , et surtout vers l’Islande , qui devint et resta connue le foyer de I ancienne littérature Scandinave, jusqu'à ce qu’elle s’y éteignit et disparut devant des mœurs et une civilisation nouvelles.

Mais si l’esprit poétique s’éloigna de la Suède, les formes par lesquelles il se produisait se conservèrent longtemps encore après lui. Toute chose écrite ou parlée , même ce qui paraît le plus étranger à la poésie, se traduisait en vers : ainsi l'on cite, au quatorzième siècle, une donation de terres du roi Magnus Ladislas , faite en vers rimes. En 1 308, l’aïeul du roi de Suède Magnus Smek fit traduire en vers quelques romans de chevalerie, comme l'histoire d'Alexandre le Grand, celle de Charlemagne , et le roman de Blanche Fleur, li existe aussi une chronique rimée, commencée sous Magnus Ericson , et continuée par trois auteurs différents , dont le dernier vivait sous Gustave Wasa.

‘ Ce prince et tous ceux de sa maison aimèrent les lettres et les cultivèrent eux-mêmes ; car. de tous les pays de l’Europe, la Suède est eplui qui peut compter le plus grand nombre de princes lettrés. Si les poésies de Gustave Wasa, d’ Éric XIV et de Charles IX ne brillent point par une grande originalité , c’était au moins un exemple et un encouragernentdonnéà de plus habiles.

La réforme , en tournant les esprits vers les querelles de religion, était peu favorable à la poesie; on cite seulement -quelques cantiques d'OIaiis Pétri , l’un des réformateurs de la Suède; et , de son frère Laurentius , une comédie de Tobie , la première qui ait existé dans la langue suédoise. Le plus illustre de tous les rois de la maison de Wasa, Gustave- Adolphe, brillait aussi par un véritable talent oratoire, et l’Allemagne le compte parmi

Ses poètes sacrés pour quelques cantiques qu’on lui attribue.

Il faut aller jusqu’à George Lilie Stjernhjelm, 'mort en 1672 , pour trouver enfin un poète digne de ce nom.

C’était un montagnard de la Dalécarlie , qui , préférant la culture des belleslettres au travail des mines , voyagea en Hollande, en Angleterre, en Allemagne et en France, visitant partout les universités, et préludant par de sérieuses études , à ses travaux poétiques.

La fortune récompensa son dévouement aux Muses: Gustave- Adolphe l’anoblit en 1631, et lui donna deux belles terres en Livonie; en 1648, Christine le nomma vice-président du conseil aulique ùDorpat, avec ordre de rester à Stockholm, pour présider, comme chancelier de cour, à toutes les audiences des ministres étrangers.

Par malheur, les dotations de Gustave-Adolphe ressemblaient un peu à celles que faisait Bonaparte en paysconquis; il était difficile d’en jouir avec sécurité. Les propriétés du poète, en Livonie , furent un jour incendiées par les Russes; lui-même n’échappa que par miracle; mais un naufrage qu’il éprouva dans sa fuite lui fit perdre ce qui lui restait. Stjernhjelm imita les anciens mètres , et remit en usage un grand nombre de locutions qui avaient vieilli ; son chef-d'œuvre est le Choix d’ Hercule ; le style en est pur et énergique ; mais si la mythologie grecque , transportée sous le” ciel de la Suede, pouvait devenir le sujet de beaux vers, elle ne pouvait donner au poète une verve originale. Stjernhjelm fit encore un assez grand nombre de pièces de circonstances et de ballets de cour, qui avaient tout le mérite que l’on peut demander à de telles productions.

Stjernhjelm laissa des disciples; mais l’influence de la langue et de la littérature germaniques nuisit au développement" de la langue et de la littérature suédoises. Columbus et Lasse Johanson firent même des vers en allemand , et imitèrent le mauvais goût de leurs voisins. Jusqu’au milieu du dix-huitième siècle, la Suède compta un assez grand nombre de poètes, mais sans

pouvoir espérer que leurs ouvrages devinssent jamais pour elle des titres à la gloire littéraire. Vers cette époque se manifesta une heureuse révolution:

on en était encore à de fades traductions de pastorales italiennes, lorsqu’on vit paraître, sous le nom de v.-lrgus suédois, un journal littéraire qui , à l’exemple du Spectalor anglais, prit à parti la société sous toutes ses faces , et publia une suite de lettres, de contes et d’allégories qu’animait un esprit vif et original. L’auteur, qui resta longtemps inconnu , était Dalin, que les états de 1734 chargèrent de rédiger une histoire de la Suède pour deux mille ducats. Avant de devenir historiographe par ordre de la diète, Dalin avait été poète; son [même, en quatre chants , sur la liberté suédoise, brille d'un éclat de style inconnu avant lui ; le poète transporta ses qualités dans son histoire; et la langue, assouplie par lui , eut enfin un modèle qu’on put suivre.

Dalin trouva, dans la reine Louise- Ulrique , sœur du grand Frédéric, une protectrice éclairée : non contente de recommander au roi l’homme que sa verve intarissable avait rendu le favori de la nation , elle voulut assurer l’avenir littéraire de sa patrie d’adoption, en fondant une academie des belles-lettres. Quant à Dalin , nommé récepteur du prince royal , il fut anoli, décoré de l’ordre de l’Étoile polaire, et nommé enfin chancelier de la cour.

Le comte de Gyllenborg et son ami le comte de Creutz se mirent à la tête de la nouvelle littérature suédoise, l'un par son épopée et ses fables d’un style correct et agréable, l’autre par son conte d’Atis et Camille, un des ouvrages les plus parfaits que la Suède ait produits. Mais l’auteur dont la mémoire est le plus vénérée , est Michael Bellman , poète lyrique , dont les ouvrages révèlent une’ sensibilité profonde, pleine cependant de gaieté et de verve anacréontique. Personne n’a mieux que lui peint les mœurs du peuple , et plus égayé ses courts instants de repos ; aussi lui en a-t-il gardé uue

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vive reconnaissance, en lui vouant une sorte de cuite.

A cette époque appartient aussi Hedvig Charlotte Nordenflvcht , à laquelle on doit des élégies touchantes, et que Haller, Fontenelle et llolberg honorèrent de leur amitié. Ce fut elle qui fonda l'académie qui prit pour devise Utile ciulct, et dont les recueils contiennent de nombreuses preuves de sa verve poétique. La nature de son talent et, peut-être plus encore, sa lin tragique lui ont mérité le surnom de la Saphosuédoise.Eneffet,àrâgede4Sans elle conçut une violente passion pour un jeu nehomme qui l’abandonna, et cédant a son désespoir elle se précipita dans la mer, comme la poétesse de Lesbos.

Nous ne pouvons parler de Charlotte Nordenflvcht sans faire mention d'une autre femme auteur, madame Lenngren , bien qu’elle appartienne à une autre époque, puisqu’elle est morte en J 8 17. Ses poésies sont remarquables par le coloris, la variété des tons, la pureté du style , et surtout par une verve pleine d’originalité. Si Charlotte Nordenflycht fut laSapho de la Suède, madame Lenngren en fut la dixième muse. C’est sous cette forme qu’elle est représentée sur la médaille que l’académie suédoise a fait frapper en son honneur.

Nous avons dit que l’un des traits caractéristiques des Suédois c’est une véritable piété : aussi ont-ils excellé dans les chants religieux. On cite les cantiques d’Œdman , et surtout ceux de VVallin, surnommé le David du Nord. Ce dernier , aujourd’hui archevêque d’Upsal , n’est pas seulement un poete sublime, c’est aussi le plus éloquent orateur de la Suède.

Les idylles de Lidner sont faibles et peu populaires; c’est qu’il était difficile que la poésie bucolique pût réussir dans un pays situé auprès du pôle.

Les poètes didactiques ont été plus heureux : leslleureset la Moisson d'Oxrnstierna, les Saisons de Ovllenborg , les Passions de Thorild , mais surtout les ouvrages de Léopold, peuvent être comparés aux meilleurs poèmes en ce genre des autres nations de l’Europe.

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Un autre genre cultivé avec un égal succès, c’est la satire. Le Mois d’avril de Dalin , ou le bon temps où nous virons ; l’Art de ramper et l’Éloge de la sottise, de Hergstrôm , quelques morceaux de Gyllenborg et de Léopold, mais surtout lés ouvrages de Kellgrcn, qui justifie toujours son ironie par un sentiment profond de ce qui est vrai et beau , pourraient presque rivaliser avec les œuvres de l’ope et de Roileau. « Il y avait, écrivait Kellgrcn lui-même, quelque temps avant sa mort, il y avait dans le monde littéraire, un homme obsedr, dont les talents furent peu de chose , qui n'eut peut-être pas même ce qu'on appelle de l’esprit, et dont la plupart des écrits furent sans mérite comme sans valeur. Mais cet homme avait une qualité peut-être dans un degré plus elevé qu'aucun de ses confrères; fl était animé, pour la gloire et les progrès des belles -lettre s eu Suède, d’un dévouement et d’un enthousiasme qui le suivirent constamment dans sa carrière douloureuse, et firent encore sa dernière passion. »

Kellgren expliquait ainsi le but et les louables motifs de ses satires littéraires et de ses critiques judicieuses.

Un peuple aussi guerrier que les Suédois devait réussir dans la poésie épique; leurs annales, pleines de faits héroïques, fournissaient aux poètes d’abondants matériaux. Cependant la Gustaviade de Skjôldebrand , et le Gustave Wasa de Celsius, méritent à peine d’être cités. T,e seul ouvrage remarquable en ce genre est le passage du Belt, par le comte doGyllenliorg. Ce poème, destiné à retracer l'audacieuse entreprise de Charles X , renferme d'admirables descriptions écrites en beaux vers; mais l'action, malgré sa hardiesse, était d’une trop grande simplicité pour fournir matière h douze chants. L’ode de Stcnhammar, sur la bataille de Swenksund , passe pour un chef-d'œuvre; et celles dé Léopold et de Franzen renferment de grandes beautés.

Les Suédois ont encore moins réussi dans le drame que dans l’épopée; la tragédie suédoise est toute française ,

et l’on ne peut compter en ce genre une seule bonne pièce originale, malgré les efforts de Cyllenborg, d’Adlerbethetde Léopold. L’universel Dalin avait aussi fait une tragédie de ISrynklkla , qui ne put soutenir longtemps la réputation que lui avaient faite d’abord les admirateurs du poète. Remarquons aussi les efforts de Stagnelius, poète rêveur et religieux , qui alla le premier chercher, dans les antiquités Scandinaves , des sujets pour le drame et des couleurs pour la poésie.

Les comédies d’IIallmann et de Kexell sont estimées, et renferment des situations comiques et des peintures vraies de quelques travers du caractère national.

Sous Gustave III . il y eut une foule d’opéras, fort médiocres pour la plupart, à l’exception cependant de ceux de Kellgren et de la Médée de Lidner.

l.è roi que nous venons de nommer, fit beaucoup pour la littérature suédoise; il était fui -même un des écrivains les plus distingués de son pays , et vit un de ses ouvrages couronné par l’académie de Stockholm , bien qu’on ignorât le nom de l’auteur. Par malheur . Gustave subissait l’ascendant de la littérature française, et ne croyait pas qu’on pût mieux faire que’ de traduire notre théâtre , et de se déclarer le disciple de Voltaire ou des encyclopédistes.

Cependant, pour perfectionner la langue nationale, il fonda, en 1786, une académie suédoise , dont les membres, au nombre de dix-huit, furent chargés de faire un dictionnaire et une grammaire, ouvrages aussi interminables en Suède qu’en France. Par l’influence du roi et de la cour, l’académie se fit elle-même toute française; et cette mode fut si exclusive, que tout caractère original disparut des productions des auteurs suédois.

Mais la Suède , comme l’Allemagne , secoua un jour le joug étranger; dans le même temps à peu prés où le maréchal Bernadotte était proclamé héritier |irésomptif de la couronne , il parut deux journaux , le Polyphénie, puis le Phosphtyros , qui contribuèrent puis-

samment à établir l'indépendance littéraire de la Suède. Le Phoxphoros était rédigé par des jeunes gens d’Upsal, pleins de mérite, de conviction, d’aiaeur, et quelquefois d’âpreté.

« C’était, ditM. Ampère, le Globe de laSucde. Seulement la tendance de l’ancien Globe était plus historique , et ceiie du Phosphoros plus métaphysique. Il s'appuyait principalement sur les spéculatiousde la philosophieallemnndc reproduites et modifiées par un poète moraliste, Thorild, et par un penseur doué d’une haute faculté d’abstraction, Hœjer. C’étaient ces s|>éculations , et notamment celles de Kant et de Fiehte, qui avaientdonnéauxesprits le mouvement nouveau. Les phosphoristes soutinrent les théories littéraires de l’Allemagne, en traduisirent, en imitèrent les productions. Ce n’était pas encore une franche nationalité, mais un grand acheminement vers ce but; car, entre des Suédois et des A I Irma mis, il y a fraternité de race, sympathie de nature, parenté de langue. Mais ce qui acheva de vivifier la littérature suédoise et de lui donner toute son individualité, ce fut le retour vers les traditions Scandinaves. Aux journaux polémiques, tels que le Polyphénie et le Phosphoros , succéda un journal scientifique, i'Iduna, qui contient des morceaux de critique et des essais poétiques du plus haut intérêt.

« Enfin, le talent de ees jeunes champions de la rénovation littéraire a nulri, et ils ont donné à leur pays plusieurs ouvrages du premier ordre. M. Geyer,

?;ui avait montré ce que l’on pouvait aire en poésie avec les souvenirs de l’ancienne Scandinavie, s’est depuis voué tout entier à l’histoire, et son premier volume des Annales de Suède est un modèle d’érudition et de sagacité. M. Haimnarskiôid , disciple ardent de la philosophie allemande, y mêlant quelque chose du mysticisme indigène de Svedenborg, a publie une Histoire de la littérature et une Histoire, de la philosophie suédoises. Cet homme excellent vivait encore quaud j’étais à Stockholm ; je le vis atteint déjà de la maladie dont il est mort,

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déjà couché , tout souffrant et tout p3le, sur le lit d’où il ne s’est pas relevé pour longtemps. C'est chez lui que je rencontrai le poète Atterborn, qu'on pourrait appeler le Lamartine du !Nord.

C'est la même suavité de mélodie, de tristesse et d’enthousiasme, avec plus de vague et d’audace. M. Ilierta a écrit, sous le titre bizarre de la Dame de Pique , un roman évidemment inspiré par 'Werther, dans lequel, à la passion telle que Goethe sait la |>eiudre, se mêle un tour d'imagination excentrique, as* se/ semblable à celui de Jean-Paul, et qui porte l'empreinte d'un génie particuliérement sombre , où l’on sent une tristesse toute Scandinave. Lutin, ce qui a mis le sceau au triomphe du parti novateur, c'est le poème, de Fritliiof, publié par M. Tegner. Un ancien récit conservé par la tradition, une saga, a transmis la belle-et pathétique histoire dont M. Tegner a fait le sujet de son poème. Ayant à intéresser des lecteurs du dix-neuvicme siècle à des mœurs et des sentiments du huitième, il s’est tiré en général avec bonheur de cette difficulté. C'est un des exemples les plus brillants du parti qu'on peut tirer, pour la poésie de notre temps, des sujets empruntés à une époque primitive.

« l’eut-étre Al. Tegner a-t-il mêlé une trop grande délicatesse de sentiments aux rudes passions de l'époque héroïque, qu'il retrace quelquefois dans toute son énergie. On croit lire un chapitre de l'ancienne saga, quand le poète moderne, qui l'a en effet suivie fidèlement en cet endroit, nous montre Frithiof au milieu des Ilots déchaînés par les puissances magiques, distribuant de J’or à ses compagnons pour qu'ils n'arrivent pas les mains vides citez la déesse de la mer; enfin le héros et le vaisseau lui-même , ce vaisseau animé comme les trépieds d'Homère , attaquent ensemble les monstres qui soulèvent la tempête; Frithiof en atteint deux de ses traits , et le brave navire LUida perce du fer de sa proue le troisième qui flottait devant lui sous la forme d'une immense haleine. Mais peut-être trouvera-tron le morceau qui

va suivre trop tendre et trop déli, rat pour appartenir au même ensemble; dans I original il est plein de grâce et de naïveté.

rLxiKres n’isuEBOao.

Voici t’antomne :

De la mer *lr Hui brumeux tonne.

A li I sur elle /aimerais tant Aller Huilant !

Sou* 1rs étoile*

/«• vis bloncliir ses Toiles.

Frithiof, lirureux ton vaisseau Qui fuit sur l'eau 1

Qoané il tn« quitte.

Flou, pourquoi l'en | rainer si site?

Astres , protèges le soulier Du naulouier.

l/été ramène

I * voyageur; mais sur Fan-ns Je ne pourrai pas m’élancer Pour l'embrasser.

Car sous la trrrs

On me couchera solitaire»

Ou près d*no autre époux j'irai Et languirai.

Aigle qu’il oiiur ,

Ile-xte, jr t'aimerai de même.

Par moi chaque jour tes petit*

Seront nourris.

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