LIBRAIRIE GÉNÉRALE DE JULES SANDOZ
BP/o/
PRËFÀGE DE L'AUTEUR
Le premier cahier de cet ouvrage a été imprimé en 186SI pour être soumis à la critique de plusieurs penseurs et littérateurs. Depuis cette époque jusqu*à la publication du livre entier en 1869, la science a fait plusieurs décou* vertes, et nos propres études nous ont ouvert la voie de nouvelles connaissances. À la demande de quelques per* tonnes, nous avons ajouté une notice spéciale sur le quatrième règne.
Nous pensions être le premier à diviser la nature en deux empires et quatre règnes. Mais nous avons appris que cette division avait été proposée par plusieurs naturalistes, entre autres par Hararinow, fiischoif et filainville. Déjà Pallas avait adopté deux empires % Cette division n'ayant pas été reçue par la science, elle est restée ignorée; de là notre erreur en croyant Tinventer. Faisons-le cependant observer, ce n'est que la division extérieure en empires et règnes qui nous rapproche de Topinion de ces naturalistes; toutes les conséquences et toutes les lois que nous tirons de cette classification sont nouvelles. Ainsi M. Geoffroy Saint-Hilaire adopte quatre règnes et M. de Quatrefages cinq. Ces savants nomment leur quatrième règne le règne sidéral, et ils attachent à ce règne, dans lequel ils font figurer les étoiles, un
^) J. Geoffroy Saint-Hilaire , Histoire naturelle générale des régnes or^ gamquss.
iv!3650.^0
n PRÉFACE DE l'âUTEUR
tout autre sens que nous. C'est une division géographique plutôt qu'organique, car les étoiles , étant composées de corps solides, appartiennent tout simplement au règne minéral et non à un règne inférieur.
Une remarque encore. Ce volume touchant aux questions religieuses, nul n'est juge impartial, car chacun part du principe que, dans ce domaine, il est déjà en possession de la vérité, et que tout ce qu'on lui présentera de contraire à ses opinions doit nécessairement être faux. Nous avons donc à combattre non seulement l'ignorance, mais encore les opinions , les goûts et les instincts des générations présentes. En posant les principes d'une science spirituelle, nous n'osons nous flatter d'obtenir des succès semblables à ceux qui s'acquièrent dans les sciences naturelles, attendu que celles-ci n'ont pas à combattre les antipathies du cœur humain. Un jeune homme qui commence à étudier les sciences naturelles ne se pose pas tout de suite en juge, et ne rejette pas comme impies toutes les nouvelles découvertes qu'on lui fait connaître ; il est comparativement impartial. Il n'en est pas de même pour les études spirituelles : là on repousse de prime abord tout ce qui ne cadre pas avec les idées préconçues. Comme les idées spirituelles d'un homme sont toujours le reflet de son état moral, c'est à ses sentiments qu'il fait en définitive appel, non à son jugement. Il est donc partial, partial comme un enfant qui juge qu'une chose est mauvaise dès qu'elle loi donne quelque peine ou n'est point à son goût.
Quant à la forme choisie pour présenter nos idées, nous avons cru nécessaire d'abandonner la routine ordinaire de renseignement, et nous avons cherché à entretenir le lecteur comme si nous faisions avec lui une promenade à travers champs. Notre but a été d'éviter une trop grande ari-
PRÉFACE DE L'AXrTEUR m
dite, en présentant nos reflétions comme si elles étaient suscitées par les objets qui tombent sous nos yeux. Les scènes que nous racontons, celles de l'orage, du noyer, du jeune pâtre, sont empruntées à notre expérience personnelle, elles sont strictement vraies.
Nous aurions voulu donner à notre volume un cachet analc^e à celui que porte la nature ; mais la nécessité de discuter les opinions reçues nous a forcé de renoncer à cette idée et d'adopter une forme plus polémique.
H. de M.
rv
INTRODUCTION
Par Ch. Byse
Cette seconde édition est due à une rencontre fortuite — ou providentielle. Il y a quatre ans, M. Auguste Vodoz» alors négociant à Neuchàtel, jeta les yeux sur une grande feuille de papier imprimé, servant d'enveloppe à quelques livres qu'une personne de sa famille venait d'acheter à la librairie Sandoz. Ce qu'il y lut piqua vivement sa curiosité.
Dans ces seize pages in-8'' (^47-262) > l'auteur inconnu prétendait démontrer que « notre monde visible est l'image exacte et parfaite de l'univers invisible. » A l'en croire, la nature embrasse toutes les sciences, humaines et divines ; elle nous dévoile le passé, le présent et l'avenir; elle est notre grande et infaillible institutrice, notre autorité suprême dans la recherche de la vérité. «Parcelle admirable construction (de l'univers), Dieu a fondé les connaissances spirituelles sur les sciences terrestres. Elles ne reposent plus sur des articles de foi, mais sur des preuves matérielles et visibles. »
Passant à l'un des sujets les plus obscurs de la métaphysique, la « substance spirituelle », le philosophe anonyme rappelait au préalable la manière dont, selon lui, la création matérielle est organisée ; cette explication frappa M. Vodoz par sa nouveauté et sa vraisemblance. Il établissait ensuite que le monde sensible et le monde des esprits sont formés chacun d'une substance qui lui est propre. De là cette thèse capitale: a La différence de y> la substance détermine les mondes, la différence et le » nombre des vies déterminent les règnes. »