‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 109 sur 130 · H. XIX. ORGANISATION DE L'ÉGLISE, ETC · texte numérisé non relu

H. XIX. ORGANISATION DE L'ÉGLISE, ETC

•de la conscience, mais tous ne retiennent pas Tesprit vivifiant de Dieu, et par suite de la perte de cette vie ils sont rejetés du <îorps de l'Eglise. C'est la répétition exacte du phénomène de la :nutrition. Comme les aliments que notre corps ne s'assimile pas par la digestion en sont repoussés, de même les individus que le corps de l'Eglise ne s'est pas assimilés en sont repoussés, et ils sont infiniment plus souillés aux yeux de Dieu et de sa famille que ne le sont à nos propres yeux les substances rejetées par notre corps. Ces individus sont d'une apparence et -d'une odeur repoussantes, leur voisinage est une infection, et on sera obligé dans le monde spirituel de les éloigner et de les «nterrer, comme cela se fait ici-bas pour le fumier. Tel sera le sort de ceux qui auront refusé d'écouter la voix de leur conscience ; ils seront l'ordure du monde spirituel.

Ainsi que nous l'avons déjà montré, la femme typifie Tarchée matérielle, l'homme l'archée vitale. Donc l'Eglise réunit en elle deux figures distinctes, mais à divers degrés de développement. Premièrement elle représente dans l'union céleste le corps, et Clhrist l'âme; puis elle est l'épouse, et Christ l'époux. Les deux ensemble sont le temple de Dieu, comme notre corps, animé de l'âme, sert de tabernacle à l'esprit. Par conséquent, ce qui -est rejeté du corps de l'Eglise est en même temps rejeté par Christ et par Dieu, puisque les trois ensemble forment un individu. Aussi ce que Dieu rejette est de tout ce qui existe la chose la plus impure, mille fois plus encore que ce que l'homme rejette. La même loi existe pour le bien : ce que l'Eglise recevra •sera reçu par Christ et par Dieu , l'Eglise étant représentée oomme possédant le même pouvoir que Dieu. C'est dans ce sens qu'il faut entendre les paroles adressées par Christ à ses disciples , hommes et femmes : « Ce que vous délierez sur la terre sera délié au ciel, et ce que vous lierez sur la terre sera lié au ciel. > Ces paroles ne s'adressent point à Pierre seul, mais à toute l'assemblée des élus.

Nous trouvons ici l'explication de cette loi si mystérieuse que plus un être est élevée plus ce qu'il rejette est impur. Cette loi avait dans le temps bouleversé toutes mes idées (voyez p. 253); <îar, n'en possédant pas la clef et l'ayant mal formulée, j'avais dit: La nature montre que plus un être est élevé, plus il est impur; — au lieu de dire: Plus un être est élevé, plus ce qu'il rejette est impur. Cette différence modifie totalement la signification de cette loi; sous cette forme, bien loin de témoigner contre

les vérités divines, comme je le pensais, elle appuie de toute la force de son témoignage ce que la Bible affirme : à savoir que nous sommes en toutes choses l'image de Dieu , que nous devons être un avec lui et faire partie de son corps, que la mort règne dans le monde spirituel comme dans le monde matériel. Ainsi rhomme, même dans sa construction anatomique, typifie les choses divines.

La conception de la femme, Tenfant qu'elle porte dans son sein et auquel elle donne naissance, sont, comme nous l'avons déjà mentionné, des images qui se répètent dans des proportions toujours plus grandes. Gomme une femme enfante, ainsi chaque chrétien s'enfante soi-même ; son esprit aura , dans l'autre monde, la forme qu'il lui imprimera ici-bas. Lors même que Dieu dépose en lui la substance spirituelle et le doue de vie, chaque chrétien est obligé de travailler à la sueur de son front pour entretenir cette vie et la faire prospérer. Du fruit de ce travail dépendent tous les talents, toutes les facultés dont il sera doué dans l'autre monde.

Dans ce sens, on peut dire que l'homme se donne lui-même la forme qu'il aura dans l'autre monde. Personne ne la lui imprime , elle dépend uniquement de sa conduite. Ainsi les qualités qu'un enfant apporte en naissant, sa forme extérieure, ses forces physiques , ne dépendent eh aucune façon de la volonté du père ou de la mère, mais sont un efifet de l'organisation que l'âme imprime à l'enfant. 11 en est de môme de l'enfant spirituel. Ce n'est pas son Père spirituel qui lui imprime directement la forme qu'il aura, ou qui lui donne à volonté les facultés dont il jouira ; elles seront l'effet de l'organisation que chaque enfant se sera donnée lui-même au sein de ce monde. D'un autre côté, il ne faut pas oublier que cette mère (ce monde) est une œuvre du Créateur, et qu'il a prévu toutes les circonstances qui produiront le moindre effet sur des organisations si délicates. En conséquence, il a tout combiné de manière à ce que chaque individu se trouve placé dans les circonstances les plus favorables à son développement spirituel.

Les dons que chaque enfant reçoit à sa naissance terrestre ne sont la récompense d'aucun travail de sa part, ni le fruit d'aucun mérite. Il n'a rien fait pour mériter des richesses, de l'intelligence, tel degré de force ou de beauté, tel ou tel nom ; s'il naît estropié ou idiot, ce n'est pas non plus par sa faute morale. Mais tout cela est l'effet de son organisation et du sein où il a

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