‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 128 sur 130 · LE MONDE DIVIN · texte numérisé non relu

LE MONDE DIVIN

% 1. Organisation de C Eglise; sa constructian et son travail.

Ce § aurait compris tout le ch. XIX actuel, plus la fin du ch. X depuis les mots : « Entrons en pensée dans ce monde in- « visible et promenon&-y nos regards. Voyez ces esprits qui 4c forment le corps de l'Eglise

I II. La prière.

Aurait compris ce qui fait le § III du chapitre XVII actuel

I m. Les Enfants de Dieu, Ce qui forme le | II du chapitre XVII actuel.

I IV. La paternité de Dieu.

Ce qui forme le § I du chapitre XVII actuel.

I V. IJâme de Dieu.

Tout le chapitre XV actuel.

% Yl^La substance divine.

Tout le chapitre XIV actuel.

I VIL Aperçu ou résumé des lois qui régissent la substance et

Vâme divines,

1^ La substance qui constitue le Corps de Dieu et celui de ses Enfants c'est le Saint-Esprit, c'est-à-dire une substance spirituelle ou morale, sainte, vivante et supérieure à toutes choses.

2® Le Saint-Esprit est de son essence ou de sa nature monarchéïque. Ce qui le distingue pai'-dessus tout, c'est d'avoir son âme ou son principe vital et générateur en Lui-même (Jean V, 26). L'âme et le corps divins constituent ainsi une indissoluble Unité, source éternelle de toute vie et qui ne peut donner que la vie, le mouvement et l'être à l'Univers.

3° La substance divine ou le Saint-Esprit n'est ni altérable, ni destructible. Elle soutient , embrasse et sonde tout d'une manière parfaite, jusque dans les moindres détails. Elle occupe spirituellement une place dans tout être spirituel qui veut bien la recevoir et la conserver en lui.

4® La substance divine ou le Saint-Esprit est divisible. Chaque être spirituel peut la posséder et en jouir selon le degré de son développement divin.

5^ Par la substance avec laquelle elle ne fait qu'un l'âme ou la vie de Dieu produit la vie de Dieu. En d'autres termes, quand Dieu engendre, il prend de sa substance, c'est-à-dire le Saint-Esprit, et ceux qu'il engendre sont bien ses enfants ou ses autres Lui-même.

6" Plus un Etre divin est élevé en force, en sagesse et en gloire, plus aussi son humilité, sa sainteté et son amour sont profonds. Ses facultés , ses richesses spîritueUes sont mises au service de tous, dans la mesure où chaque être divin veut bien se les approprier et en jouir.

Planche 13.

Le' Urtla^rs visible^ <S- inoislble^.

Planchei^.

C^romolitlf Jmeoht, Chaujr aL»-Fonal».

NOTICE p

7*> L'Unité en toutes choses: pour la vie, la pensée, la volonté et l'action. Un accord parfait, une harmonie inaltérable dans la pratique de tous les devoirs et de toutes les vertus: L Unité dans les questions de justice, de sainteté , d'amour et de gloire , tel est le caractère fixe ou imiqiw de la substance et de Tàme divines.

Le rang d'Enfant de Dieu emporte le droit ou la qualité d'être un avec Dieu et résume la position la plus haute et la plus excellente qu'il soit possible de concevoir, car l'Enfant de Dieu est appelé à jouir de la vie éternelle en plein, dans toutes ses manifestations et perfections. Il peut donc obtenir une part infinie de bonheur, de joie et de gloire, et cette part ou cette mesure dépendra toujours de lui-même; elle sera donc en rapport parfait avec le degré d'intelligence, d'élévation et d'humilité divines auquel TEnfant de Dieu sera parvenu.

Ce chapitre X ainsi divisé en sept § ferait ressortir plus distinctement ce qui est relatif au « Monde divin v. lequel mérite bien, par sa supériorité sur les deux mondes inférieurs, d'avoir une place spéciale et comme en relief.

Les autres chapiti'es du livre second auraient pu former ensemble une 3"*® partie que Ton proposait d'intituler:

* Partie didactique et dogmatique »

dans laquelle les chapitres auraient aussi été classés un peu autrement qu'ils ne le sont.

Mais nous avons admis bien volontiers la manière de voir de M. Byse, consistant à présenter cette 2*« édition au public telle qu'elle est sortie une première fois des mains de M. de May, afin de faire connaître l'Auteur par son œuvre originale , que nous nous plaisons à appeler « les prémisses d'une grande conception ».

Les planches 13 et 14, destinées à représenter les trois mondes, avec les explications pages 338 et 341, auraient dû former un chapitre spécial intitulé : * Tableaux on Rêcapitviaiion de notre système cosmogonique >.

Ces planches ont aussi attiré la critique de quelques penseurs qui reprochent surtout à la planche 14, de ne pas tenir compte, au point de vue spirituel, du principe binaire ou double que M. de May admet et développe comme base de toute sa cosmogonie (noix pages 63 et 348):

La nature , disent ces penseurs, présente à tous égards une double image ou deux symboles : celui de la lumière ou du bien et de la vie, et celui des ténèbres ou du mal et de la mort.

L'humanité étant la partie la plus élevée du monde matériel et ayant seule l'apanage du Saint-Esprit, c'est en elle que se manifeste le double type du monde spirituel et du monde divin. Ainsi, en Adam, Thumanité est le type du monde spirituel, comme Thomme volontaire, orgueilleux, rusé, méchant, est le type de Tesprit autoritaire, du mal et de la mort. Puis, eu Christ, l'humanité régénérée représente le monde divin et rhomme régénéré l'image du Dieu vivant et vrai, de l'Etre doux et humble de cœur, du Prince de la Vie.

Les deux planches ci-contre sont destinées à expliquer cette dualité spirituelle.

On nous pardonnera la simplicité des emblèmes. C'est spirituellement, nous le savons, qu'il faut discerner les esprits, et plus nous serons spirituels, moins nous aurons besoin de signes charnels ou visibles à l'œil pour nous représenter le monde spirituel et le monde divin. L'étude ou l'observation naturelle des hommes, de leurs actes et de leurs paroles, nous instruira toujours mieux que des figures si bien imagées soient-elles.

Une vérité importante sur laquelle nous insistons au sujet de ces tableaux, c'est que l'Univers spirituel n'est ni au-dessus ou en dehors ni dans quelque partie «^ part de l'Univers matériel, mais plutôt qu'il le renferme et l'enveloppe. La vie pénètre la matière. L'esprit s'incarne dans les hommes selon la mesure de leurs capacités spirituelles. La conscience est comme la vaix qui produit dans noti'e être spirituel le sentiment de la préseïice sainte et juste de l'Eternel (Gen. III, v. 8), puis Celui-ci ne se borne pas à nous parler en nous laissant à nous-mêmes, car son amour le porte, d'abord, à nous protéger en nous recouvrant du produit de son travail (Gen. III, 21) et, ensuite, D nous fait devenir son Temple (II Corr. VI, 16), c'est-à-dire que Dieu cherche à habiter en nous et que, toujours dans la mesure où nous le voulons bien. Il désire nous pénétrer ou nous remplir de son Esprit, par lequel nous saisissons et comprenons avec convictiofi et certitude qu'une substance sainte est en nous, et qu'elle nous donne le droit de regarder à Dieu comme à notre Père, et de nous appeler des « Théophores » des « Enfants de Dieu :>.

Ainsi le ciel . la vie , Dieu et le bonheur se trouvent aussi

près de nous que Tenfer, le mal, la souffrance et la mort. Ces deux mondes opposés, ces deux puissances spirituelles et morales ennemies Tune de l'autre, nous entourent et cherchent à nous posséder absolument. Il n'est pas plus nécessaire de tours de Babel, ni d'intermédiaires, pour nous élever jusqu'à Dieu ou au Souverain bien, qu'il n'est nécessaire de sortir de ce monde matériel pour se faire une idée du mal et avoir l'occasion de le sentir ou de le pratiquer. (Gen. IV, 7; 1 Jean V, 19.)

Si les hommes le voulaient sérieusement, d'un commun accord, ils pourraient en finir au plus vite avec tous les désordres et tous les maux. Il leur serait possible et facile d'être vraiment heureux déjà sur la terre, et celle-ci finirait bientôt par être transformée en un nouveau jardin d'Eden, qui deviendrait la véritable antichambre du ciel.

Nous affirmons que le mal, les tourments, l'enfer, tyranniseront les hommes aussi longtemps et aussi fortement que ceux-ci le voudront bien. On frémit en pensant que cet état de désordre et de souffrances aurait duré éternellement si Dieu ne l'avait prévu et n'y avait pas mis un terme, en instituant la mort ou la fin de toutes les choses créées et tombées, — la mort devenant à cet égard un véritable bienfait pour l'humanité.

Ce ne sont point là des pai'adoxes, mais des vérités natureUes et simples, inébranlables, d'une très-grande portée. Elles nous enseignent que l'homme était, qu'il pourrait èti'e et qu'il sera enfin un jour si parfaitement libre, que toutes ces solennelles questions du bonheur et du malheur, de la mort et de la vie, ne dépendent en réalité que de l'homme seul qui, en définitive, est son propre maître et a le pouvoir de s'organiser ou de se développer lui-même au spirituel comme au matériel, —cette dernière organisation n'étant que l'image de la première.

La nature et la Bible nous enseignent que l'homme peut dominer sur le mal (Gen. V, 7) ; que Dieu n'a aucun secret, aucun mystère pour ses créatures (Ezéch. XXVIII, 3; Luc VIII, 17; XII, 2). A plus forte raison Dieu n'a- 1- il rien à cacher à ceux qui se laissent pénétrer de son Esprit et qui, par là, deviennent ses Enfants.

Encore ici constatons une dualité d'organisation : On peut s'organiser soi-même par soi-même, en s'adressant au monde des sens et en donnant à l'ombre ou à l'image visible l'importance ou la valeur de la chose Invisible signifiée. Cette paresse " spirituelle donne la connaissance du bien et du mal, d'où résulte

8 NOTICK

la souffrance et la mort. Voici près de six mille ans que l'huinanité cherche à s'organiser en suivant cette voie trompeuse à tous égards. Nous en voyons et sentons tous les jours mieux les tristes résultats t

Une autre et la seule bonne manière de s'organiser soi-même, consiste à le faire en considérant Thomme et le monde visible comme des symboles des réalités spirituelles invisibles^ et, par conséquent, en se persuadant bien que ce n'est point en Adam l*homme ancien, ni dans les choses matérielles, mais en Christ, l'homme nouveau veuu du ciel, que nous trouverons notre organisation vraie, définitive, conduisant au bonheur et à la vie, par la connaissance de Dieu ou de la Vérité ! Sur ce dernier point voici deux mille ans que Dieu est venu *,à la façon humaine > au milieu de nous. Un chemin naturel, simple, clair et facile à suivre existe de la terre au ciel. Cette voie royale, paisible , humble , est bordée de ses deux côtés par l'arbre de vie qui produit une plénitude régulière de fruits et dont les feuilles môme ont la vertu de guérir toutes les nations, ensoi*te qu'il n'y a plus d'anathème (Apoc, XXII, 1 à 5) !

Jusques à quand serons-nous sans intelligence et lents de cœur pour croire à ces facilités et à cette surabondance de vie et de bénédiction ?

Celui qui se nourrit de « l'arbre de la Connaissance du bien et du mal ». c'es^à-dire de lui-même et des choses visibles ou créées qui l'entourent, peut avoir de l'esprit dans une forte mesure, néanmoins, aussi longtemps qu'il n'est pas engendré et formé de la substance de « l'arbre de vie », c'est une créature spirituelle, non un Etre ditHn,

La responsabilité et la culpabilité de cet esprit sont en rapports avec son degré d'intelligence et d'élévation. Dieu, qui apprécie tout de haut en bas, a permis que l'homme donne à cet esprit des noms caractéristiques (on peut dire que l'homme se donne ces noms à lui-même), tels que c le serpent » Gen. III, 1; » Satan » (enti'é dans l'homme) Jean XIII, 27; la <i Bête ». le * faux prophète >,' le « dragon >, le « diable », la < mort », les < morts » (grands et petits), d'après 1 Gorr. XV, 26 et Apocal. XX, 12).

Mais revenons-en à notre sujet.

La planche XIII représente l'Univers visible et invisible que nous divisons en trois mondes :

i® LE MONDE DIVIN, SOUS les emblèûies de: a) Une boule d'or projetant ses rayons dorés pai*tout, symbole de la présence toute puissante de la Vie ou de l'Esprit de Dieu. — b) Une croix blanche, signe rappelant les quatre économies introduites depuis Adam, homme libre, responsable et tombé, jusqu'à Christ, l'homme venu du ciel, non tombé, aimé et glorifié comme Dieu au ciel et sur la terre. G est la base du monde divin, l'essence de la vie éternelle, la famille du Père céleste !

^ UE MONDE SPIRITUEL, bleu-clair à bleu-foncé, divisé en deux empires: a) Bleu-clair^ c'est Y empire inorganique. c'est-à-dire les esprits faibles, les simples soldats ou les «petits » (Apoc. XX, 12) esprits, éclairés par l'un ou l'autre des trois degrés des manifestations divines : Les Oeuvres, la Parole, l^Esprlt, et qui, malgré cette lumière, se laissent dominer par la chair, se matérialisent, et sont sans goût ni affection pour les réalités invisibles ou pour la vie éternelle.

h) Bleu-foncé, c'est l'empire orfjaidque du monde spirituel, c'est-îi-dire les esprits supérieurs, les «grand-» (Apoc. XX, 13) ; puis le « princi» » et le « roi de Tyr ^y mentionnés symboliquement en Ezéch. chap. XXVIIi, V. 1 à 19. Ce qui caractérise cel « empire organique >, ce n'est point que les esprits qui le composent se matérialisent absolument, mais ces esprits orgueilleux et forts constituent l'iniquité (ou ce qui était un mystère jadis) , tendant à une révolte de plus en plus ouverte contre Dieu et produisant l'homme-Satan ou l'adverversaire de Dieu, qui se proclamera comme étant luimême Dieu (2 Thess. IL 3 et 4).

3** LE MONDE MATÊHiEL, divisé en quatre règnes, soit: Le règne éthérique, nuage frangé bleu-clair ; Le règne unnéral, cercle jaune-terre; Le règne végéiaL cercle couleur verte ; Le règne animal, cercle couleur rouge.

Les détails donnés ci-dessus n'infirment en rien la division admise, savoir: que le monde matériel a deux empires et quatre règnes; le monde spirituel deuœ empires seulement, et le monde divin un empire sans subdivision.

Les tableaux planche XIV sont destinés à faire ressortir la vérité du système binaire ou double dont rhomme est le symbole sur la terre , aussi bien pour le monde spirituel que pour le monde matériel

Tableau n® 1 . Monde matériel.

Figure à droite. Homme ancien, esclave de ses sens ou de son € raoi, > Le grand cœur représente le corps matériel ; le petit cœur rouge représente Tâme psychique ou matérielle; l'un et l'autre enfoncés ou absorbés dans les choses de la terre. L'homme couleur bleue (un roi) représente Tesprit mondanisé, autoritaire, diabolique, qui domine la conscience (œil fermé). Dans cette position Thomme ne peut suivre que deux voies également fausses et funestes : ou (par Tesprit qui l'anime) se gonfler d'orgueil, se croire et se dire le seul vrai Dieu, ou (en méprisant l'esprit qui l'anime) se matérialiser, se souiller, s'éteindre au moral et au spirituel.

Figure à govche\ Homme nouveau, engendré de Dieu et ne relevant que de Lui seul. Le grand cœur et le petit cœur représentent aussi le corps et l'âme terrestres. La colombe représente le Saint-Esprit qui forme ou engendre l'homme nouveau, en réveillant tout d'abord la conscience (œil ouvert) pour rendre vigilant contre le mal (le serpent) et le tenir à distance. Ainsi l'homme se détache de la matière et rejette le mal ou le tient éloigné, dans la mesure où la vie de Dieu se développe en lui par l'action du Saint-Esprit.

Au coin du tableau sont les emblèmes de la mort pour figurer la fin de la substance terrestre. Les lettres C. M. signifient < Corps mort».

Tableau n^ 2, Monde spirituel.

Il faut se rappeler que la substance qui compose ce monde est répartie entre une multitude d'êtres spirituels typifiés par les cellules dont le corps et l'âme terrestres sont formés. Le monde spirituel est donc entièrement composé d'individualités spirituelles. C'est dans ce monde-là que réside la source de tout le mal et de la mort.

Le grand cœur ouvert par la pointe, les ailes brisées, représente le corps. Ce sont les esprits sans énergie, ni volonté, les timides, les esclaves, les simples soldats, en un mot « Vempire inor gaélique » du monde spirituel. Le petit cœur (bleu-foncé^ représente Vâme, Ce sont les esprits rusés, méchants, portés à

XOTICK 11

l'activité, à rautoritarisme et à l'orgueil, les sous-officiers et les officiers qui constituent C empire organique du monde spirituel, <lont le chef, C esprit, est aussi là représenté par Satan, roi par excellence de ce monde orgueilleux, organisé avec force et autorité, selon la sagesse du prince de la puissance de Tair (Eph. II, 2).

Pour Satan et ses anges, l'idée d'avoir un supérieur leur deviendra tellement insupportable qu'ils s'élèveront contre tout ce qu'on appelle Dieu ou ce qu'on adore ; l'homme se proclamant lui-même Dieu et Satan faisant la guerre à Dieu jusques dans le ciel (2 Thess. II, 4; Apoc. XII, 7 à 9; Ezéch. XXVIII, V. 1 à 19).

Au coin, à droite, une boule rouge avec équerre et compas, symbole de la justice et du jugement dont toute œuvre mauvaise est et sera l'objet. Chaque être spirituel, chaque esprit autoritaire et orgueilleux recevra lui-même sa peine juste et légitime, dont le caractère capital, terrible et final, est décrit ainsi par la Bible: « être jeté dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la « seconde mort » (Apoc. XXI, 8), c'est-Sdire l'anéantissement, l'extinction de La vie spirituelle ou la /nort éternelle de la vie de l'esprit.

La colombe à gauche (avec une branche de laurier) représente l'Etre divin, qui, sorti du monde matériel, affranchi et libre de toute souillure de la chair et de l'esprit (2 Corr. VII, 1), se développe avec Christ dans la jouissance de la vie éternelle, prenant sa place, sa part de service, d'activité et de gloire dans la maison céleste, dans la famille du Père et dans le Royaume éternel.

Tableau n^ 3. Monde divin.

Nous rappelons que la substance qui compose le coi-ps divin se répartit entre une multitude d'individualités divines de même nature, même essence ou substance, car ce Monde là représente l'Unité. La seule distinction à faire porte sur la gloire plus ou moins grande des diverses individualités divines, qui sera toujours en rapport avec leurs capacités et aptitudes^ aussi bien qu'avec l'intensité de leur sainteté, de leur amour et de leur développement divins.

Le grand cœur représente les Enfants de Dieu de toutes les économies, c'est-à-dire les Etres formés de la substance divine, entrés dans la vie éternelle et membres du « corps > divin.

12 NOTICK

La croix représente Christ et TEglise on « Vnme > divine par laquelle la vie circule dans tout le « corps >.

Le soleil d'or et ses rayons représente <if Esprit* ou la source même de la Vie éternelle, Dieu tout en tous.

Ce Monde divin est destiné à comprendre dans TUnité tous les royaumes, toutes les créatures et tous les mondes , ce qui aura lieu lorsque TUnivers sera enfin purifié, sanctifié et rendu éternel.

Ainsi, dans le monde matériel, Thomme nouveau ou céleste est bien limage par son corps, son âme et son esprit, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, une seule et même substance divine, composant le monde divin, source de tout bien et de toute vie. — Par contre Thomme ancien ou terrestre est aussi de son côté rimage de l'esprit, de Tàme et du corps spirituels, constituant le monde spirituel des ténèbres, d'où procède le mal et la mort.

Nous laissons de côté Tallégorie du globe terrestre avec les trois noms Londres, Rome, Jérusalem. Les explications que nous aurions à en donner nous entraîneraient beaucoup trop loin, et ce qui s'y rapporte ne rentre pas d'ailleui's directement dans notre sujet.

La planche XIII représente l'Univers créé sous la forme d'une sphère, symbole des corps limités et finis. Pour nous l'Univers créé circule comme une sphère dans les espaces, selon des lois exactes basées sur celles qui régissent l'Univers divin, et dont les principales manifestations sont la vie, le mouvement et (être.

Ces lois sont les plus naturelles qui existent. Elles sont éternelles. Elles caractérisent Dieu qui en est la source ou l'essence de toute éternité.

Le mal a paru et la mort est intervenue parce qu'une volonté non naturelle^ injuste et orgueilleuse, a surgi dans le « monde spirituel ». Cette infraction aux lois naturelles ou divines, ce trouble occasionné dans l'harmonie iinivcrseUe (Gen. I, 81; Ezéch. XXVIII, 12 à 15) produit chez le coupable un feu qui le dévore^ dont le résultat est la mort ou l'anéantissement, la destruction à jamais de la vie de l'esprit (Ezéch. XXVIII, 18 et 19).

Dieu , la Vie , savait de toute éternité qu'aucune créature ne parviendrait par elle-même à la sainteté ou à la perfection et que toutes broncheraient en plusieurs choses. Ainsi la chute d'Adam et de toute l'huinanité était prévue. Dieu ne pouvait

empêcher la chute que par l'un ou l'autre des trois moyens ci-après — les seuls qu'il aurait pu employer — mais qui sont tous incompatibles (on le reconnaîtra sans peine) avec le caractère ou la nature d'un Dieu vivant y libre, saint. Juste et bon. Ces moyens pour empocher le mal et la mort auraient consisté: !<> à ne rien appeler à l'existence; — 2^ kne produire ou créer que des choses sans vie, sans intelligence, sans liberté, ni responsabilité; — 3» enfin à contraindre l'esprit de l'homme à l'obéissance par l'instinct, non par le choix; par l'autorité, non par la liberté ; ou par la violence, non par la douceur.

Or qui ne comprend que ces moyens sont tous contre nature quant à Dieu , dont le caractère est essentiellement créateur, toujours disposé à donner la vie avec abondance , et ne pouvant en toute vérité produire que cela : la vie !

Créer des choses vaines est impossible à Dieu et ce serait aussi coupable pour lui que de ne rien faire. Un homme, dit Madiis, en faisant une œuvre inutile se rend ridicule, or nous pouvons dire qu'un Etre éminemment créateur qui ne ferait que des choses sans vie, sans possibilité de mouvement ou de liberté et de perfection, se dégraderait mille fois plus.

Enfin nous disons qu'il était impossible à Dieu d'agir, créer et reproduire autrement qu'en i^apport avec ce qu'il est en Luimême, c'est-à-dire un être vivant, libre, saint. Juste et bon. Or créer des êtres qui auraient fait le bien et haï le mal par instinct, non par choix; par autorité, non par liberté; par la violence, non par la douceur, cela serait revenu à leur enlever toute faculté de raisonner et tout caractère d'êtres libres et responsables. Ce genre de travail ou de création ne peut se pratiquer qu'à la faveur des lois qui régissent la mort, les plus inconciliables entre toutes avec celles qui régissent la vie.

Mais s'il était impossible à Dieu d'empêcher le mal, Il pouvait cependant engager l'homme à l'éviter. Dieu a fait cela très largement, puis — la chute étant prévue et finalement accomplie — Dieu avait à montrer qu'il peut couvrir le mal et en réparer les effets mortels. Il devait donc manifester à cette occasion, non seulement ses attributs de Créateur omnipotent dont la gloire consiste à donner la vie, le mouvement et l'être au néant, mais plus encore. Dieu avait à prouver, à démontrer, son amour insondable et sa sublime humilité en donnant son Esprit ou sa substance pour tirer le bien du mal, le pur de l'impur, et engendrer la vie divine en dépit même de la mort t

Cette gloire souveraine appartient à Dieu seul!

La nature et ses phénomènes nous enseignent qu'une des qualités essentielles des vies c'est la faculté qu'elles ont de pouvoir se reproduire et se multiplier. Or, l'Auteur de toute vie. Dieu, n'est pas seulement un Créateur, 11 est aussi un Reproducteur. Il possède au plus haut degré cette faculté de se reproduire ou de se multiplier. Par là Dieu se révèle comme étant le Père ou Celui qui engendre des Etres conçus ou formés au moyen de sa substance divine et possédant ainsi sa propre vie. Et, dès les temps éternels, Dieu a paiticulièrement élu, honoré, choisi l'humanité pour être l'objet de son amour, ou l'élément « féminin » sur lequel II a bien voulu, par un effet de son bon plaisir, faire reposer sa gi'àce et ses plus ardentes aflfections. Si seulement les hommes voulaient croire combien ils lui sont chers et précieux !

Tout ce que Dieu avait fait au commencement était bon et très-bon. Adam aurait pu de très-bon devenir saint, en s'approchant et en mangeant du fruit de « l'arbre de la vie > qui était au milieu du jardin, en Eden, à sa disposition. Cet arbre est mentionné avant celui de la chute, et son origine, d'après le chapitre VIII des Proverbes, est bien éternelle, antérieure à toutes les créations de Dieu. Si Adam y avait eu goût il pouvait en manger du fruit, et, par un chemin d'obéissance volontaire, dans un amour libre, réfléchi et déterminé pour la vie divine, l'humanité « sexe fé^iiinm > se serait approchée de Dieu pour s'unir à Lui « sexe masculin » et, en vertu de cette union ou de ce mariage solennel et saint, elle aurait passé tout naturellement, de gloire en gloire, de son état primitif ou terrestre à son état définitif céleste ou divin.

Mais l'homme ne l'a pas voulu ainsi, et, malgré toute sa bonté, toutes ses avances et toute sa patience. Dieu est forcé de rendre ce témoignage douloureux et accablant sur les hommes : < Ils ne veulent jms venir à moi pour avoir la vie! »

Par goût, par de fausses réflexions basées sur un raisonnement paresseux, sensuel et orgueilleux, l'homme a mangé le fruit de « son arbre », c'est-à-dire qu'il s'est nourri de la matière et s'est, plu dans la chair. Une telle conduite, un tel travail ne pouvait produire que de la misère, de la honte, du bien et du mal., puis finalement la mort. L'inférieur ne peut créer le supérieur, la matière ne peut donner l'esprit, ni la mort procurer la vie. Aussi, par elle-même, depuis Adam, l'humanité a mar-

ché de détours en détours, de tourments en tourments , et la vraie sajjesse, la simplicité, le naturel selon Dieu, tout cela lui répugne. L'enfer règne sur la terre. Sortir de cet abîme est notre tâche ; nous devons revenir à T Auteur de notre vie dont nous nous sommes si prodigieusement éloignés.

Chose heureuse à constater! L'arbre de la vie est toujours là et ses fruits auxquels l'homme n'a ni su ni voulu toucher, lui sont offerts d'une manière de plus en plus naturelle et gracieuse ! « La lumière» de cet arbre de vie «est venue dans le monde», « éclairant tout homme» et demandant ou s'oflfrantd'EUe-même à s'implanter en nous (Jean 1, 9). Oui, tout en se reposant de «son oeuvre qu'il avait créée » (Gen. II, 3^ Dieu ne cesse de travailler comme Reproducteur. 11 donne la vie au monde. Il offre cette vie à tous et ne se contente plus d'avoir en nous des créatures Intelligentes, libres et responsables, mais II veut des Etres engendrés par son Esprit, enrichis de sa vie, des Enfants véritables, destinés à devenir Un avec Lui.

Dans la planche XIII on remarquera que le bleu très-foncé (esprits déchus) touche au rouge (règne animal). Ainsi Satan et l'homme forment comme la clef de voûte des choses créées. Ouand ces deux puissances mauvaises disparaîtront, alors l'ensemble des choses créées et gâtées sera mis de côté et la nouvelle création de Dieu en Christ suivra. Nous estimons qu'il n'est pas difficile de se rendre compte de ce que seront ces nouveaux cieux et cette nouvelle terre, dont chaque battement de notre pouls nous rapproche à grands pas; nous laissons à nos lecteurs le plaisir de chercher à se représenter l'état de ce Royaume éternel, en étudiant et en sondant les révélations que Dieu nous a données à cet égard dans ses œuvres et dans sa Parole.

Veut-on savoir maintenant pourquoi l'idée nous est venue de faire cette seconde édition?

Aux personnes qui nous ont posé cette demande nous avons répondu simplement que nos réflexions sur l'état actuel de l'hu. manité nous portaient à croire que ce livre serait utile à plusieurs et nous ajoutions parfois : « Cet ouvrage répond à des « besoins pressants, il est donc nécessaire de l'éditer à nouveau < pour le faire connaître un peu partout. »

Aujourd'hui, après une année remplie à éditer ce livre et à

lui trouver des lecteurs, nous affirmons que les idées de M. de May ont beaucoup de valeur et d'actualité; qu'elles répondent à des aspirations^ à des besoins, et qu'elles peuvent contribuer à faciliter un mouvement nouveau dans les domaines alourdis et embrouillés de la philosophie et de la religion , tout en portant la politique et la science à réfléchir, car le livre de M. de May nous parait avoir ce précieux avantage de dire à chacun son fait, sans laisser ignorer les voies à suivre ou ce qu'il y aurait à faire pour arriver à une vie nouvelle, par Cvistruction et une application plus naturelle des forces vives de l'humanité, — Que de choses nous aurions à dire dans ce courant d'affirmations)

C'est après plusieurs démarches infructueuses auprès des principaux libraires-éditeurs de la Suisse française, que nous nous sommes mis à l'œuvre à nos risques et périls. Gela nous a permis de faire un véritable voyage d'expériences et de découvertes, et, en somme, de suivre à un travail qui nous a paru plutôt léger et agréable.

Nous remercions tous nos amis, conseillers et souscripteurs qui nous ont accueilli, appuyé et témoigné tant d'intérêt et de confiance !

Notre reconnaissance la plus sincère est acquise à la famille de l'auteur pour l'empressement qu'elle a mis à nous accorder avec bonté le droit de faire cette seconde édition. Nous témoignons aussi à M. le pasteur Ch. Byse notre vive gratitude pour la peine qu'il a prise de revoir la première édition, de corriger avec nous les épreuves, et de nous accorder jusqu'au bout son précieux concours avec tant d'attention, de courtoisie et de désintéressement.

Nous n'oublions pas MM. Gourvoisier, Jacobin Zwahlen et leurs employés, qui ont concouru à l'exécution de cet ouvrage. Tous nous avons eu besoin les uns des autres et dû faire preuve de bonne volonté, pour mener ce livre à bien et pouvoir enfin le livrer au public.

Au reste nous nous sommes occupés de la chose avec plaisir parce qu'il s'agissait d'accomplir une œuvre que nous aimons.

M. de May développe des principes qui depuis longtemps sont les nôtres; il traite avec exactitude et profondeur des questions qui ont toujours occupé notre esprit ou fait Tobjet de nos réflexions.

L'harmonie universelle de la nature avait déjà pour nous un but plus relevé que celui de servir à une simple utilité pratique et matérielle. Toutefois c'est seulement avec M. de May que nous avons compris la plénitude de sens et d'application de ce chef-d'œuvre admirable du Créateur, et que nous voyons chaque jour mieux dans la nature et dans la bible un monde nouveau, sur la richesse et l'ampleur duquel nous ne saurions nous expliquer ici avec détails. « Les cieux, disait déjà le roi

< prophète , racontent la gloire de Dieu et l'étendue fait con-

< naître l'œuvre de ses mains. Le jour en instruit un autre jour. * La nuit en donne connaissance à une auti-e nuit» (Ps. XIX, V. 1 à 3). Mais c'est bien M. de May qui nous a enseigné le « comment » et le « pourquoi > de toutes choses, en nous expliquant que chaque objet est une parole illustrée qui nous révèle la pensée de Dieu et que la nature est là devant nous pour nous apprendre d'une manière exacte, certaine, comme en dernière instance , les vérités qui nous sont si nécessaires. Avec M. de May nous disons que l'herbe des champs, les lys, les oiseaux, les pierres, chaque étoile, l'humanité, tout, dans la nature, nous parle du monde à venir, et que , par cette création admirable, Dieu a fondé les connaissances spirituelles sur les sciences terrestres, ne les faisant point reposer sur des articles de foi ou sur des dogmes absurdes, autoritaires et compliqués, mais sur des « faits * expliqués et prouvés d'une manière simple, naturelle et visible. Qui ne saisira la portée nouvelle, immense et extrêmement heureuse d'une telle manière de voir!

Notre auteur avait l'intention de publier un ouvrage spécial ou une revue des grands faits de l'histêire, dans laquelle il aurait démontré que l'élévation et la chute des peuples (comme des familles et des individus) ne tiennent qu'à des causes morales. Pour lui les lois qui président à la prospérité des nations sont tout aussi immuables que celles se rapportant au développement des plantes et des animaux.

Il est regrettable que la mort ait empêché M. de May de donner suite à sa publication. Il nous aurait mis à même, sans aucun doute, d'analyser le caractère et la tendance des manifestations de l'esprit public dans les diverses époques de l'histoire et surtout pendant ces dernières années. Depuis bientôt quinze ans de nombreuses découvertes et inventions ont été faites et, d'un autre côté, les systèmes encore jeunes ou les principes les plus cachés alors, commencent à s'affirmer en portant leurs

fruits au grand jour. C'est ce qui faisait dire à un docteur en philosophie que si M. de May avait vécu, il aurait senti le besoin de continuer son œuvre en la développant, pour répondre aux productions décevantes et négatives de notre époque , en matières sociales, politiques, scientifiques et religieuses.

Mais, « uno aviUso non déficit aller! » ce que M. de May n'a pu faire d'autres esprits le feront, et, à notre avis, les prémisses déposées dans son livre faciliteront singulièrement leurs travaux. C'est donc aussi afin de mettre les idées originales et justes de M. de May à la disposition de tous les travailleurs dévoués au bien et à ce qui est bon, que nous avons entrepris une seconde publication de ce travail.

Nous nous sommes mis de cœur à cette affaire parce qu'il nous paraissait urgent de la faire connaître.

Nous disons avec M. de May : « Les temps pressent, ils sont «gros d'événements inattendus. Un malaise profond agite la * Société, il se fait un travail sourd, mais puissant, irrésistible^ « qui écrasera toute opposition » — et , élargissant encore le cercle de M. de May, nous nous adressons à tous les esprits intelligents et libres, à tous les cœurs nobles et désintéressés, à tous ceux qui désirent vivre d'une vie autre que celle des appétits purement matériels, autre que celle des symboles ou des images, autre que celle du fétichisme ou du panthéisme qui revient à dire « Dieu est tout et tout est Dieu », — nous nous adressons aux âmes qui ne se contentent pas des lois du transformisme ou des évolutions sans fin (comme les Darwinistes), ni d'une « lutte éternelle à la recherche de la vérité » (philosophie maçonnique la plus élevée); nous voudrions enfin nous, adresser à tous ceux qui se disent calmement, résolument, joyeusement, dans l'Esprit du Christ: «Je ne veux ni me souiller, ni mourir, ni m'élever par orgueil, ni me rendre esclave de qui que ce soit, et encore moins me lier à un système entravant dans une mesure quelconque ma liberté et ma responsabilité, non, rien de tout cela, mais je veux faire partie intelligente, consciente, reconnue et sentie de la vie éternelle, vie divine, supérieure à toutes les autres, seule vraie, bonne, agréable et parfaite, seule capable de satisfaire les aspii*ation& les plus ardentes et les besoins les plus élevés de justice, de sainteté, d'amour et de liberté ! »

Nous disons alors k ces Enfants de Dieu, en reprenant avec

M. de May : « préparons-nous à tout ce qui peut arriver, veil- « Ions, donnons-nous la main, encourageons-nous au travail et * coopérons avec notre Père à l'établissement de son règne, «pendant l'éternité duquel nous régnerons aussi avec Lui, « après avoir conduit l'humanité , enfin , au terme de ses in- « quiétudes, de ses agitations et de son travail. »

« Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splen- « deur du ciel et ceux qui auront enseigné Injustice à la multi- « tude luiront comme les étoiles à toujours, à perpétuité » (Dan. XII, 3). Voilà des promesses précieuses, certaines, faites aux lutteurs, aux travailleurs de la fin.

Tous les systèmes sociaux, politiques et religieux marchent rapidement aujourd'hui vers une phase Japhétique très-prononcée, et cela, finalement, amènera une transformation ou réaction, afin de préparer llmmanité pour sa phase Sémitique, qui ne peut plus beaucoup tarder à poindre. Mais tout d'abord il faut qu'Israël, le Sémite naturel, soit politiquement rétabli, et, alors, l'apostasie ou l'adultère de l'humanité au point de vue spirituel et moral se manifestera ouvertement. C'est à ce moment là que la « république universelle », la « démocratie des peuples » prendra pieds et ailes pour s'affirmer et ramener tout « terre à terre », unifier la matière et l'esprit, encercler les intelligences, tuer le libre examen, établir un système religieux unique, en revendiquant pour l'homme animal ou < la bête » une gloire revenant à Dieu seul, à ce Dieu vivant et vrai, seul digne d'être aimé, mais dont on ne voudra plus !

Or, n'en doutons pas, des témoins énergiques seront préparés pour résister à l'entraînement général de ces temps-là.

Depuis un gi*and nombre d'années déjà, nous sommes entrés dans un courant qui pousse l'humanité à un afi'aiblissement spirituel excessif en ce qui concerne la vie et les choses du cieL Tout cela s'accomplit sans le moindre mystère, mais les chrétiens n'y prennent pas garde, car, généralement, ils sont matérialisés, aveuglés ou endormis. Beaucoup d'hommes éminents se laissent tromper parce que le christianisme semble gagner en surface et en activité, quant aux bonnes œuvres intérieures et extérieures. Mais ces belles apparences sont bien illusoires !

Lorsque les grosses décisions radicales interviendront il y aura si peu de connaissance et de décision pour Dieu parmi les

hommes, que Tincrédulité la plus audacieuse pourra s'affirmer sans le moindre obstacle ni aucun scrupule, et les doctrines les plus saugrenues ou les plus subversives seront accueillies partout. Ce sera une tiiste phase d'abaissement, d'orgueil et de destruction.

Combien notre mission est d'une nature opposée et supérieure! Nous sommes appelés à édifier, à pacifier, à éclairer les hommes et à les instruire ! Nous sommes des Enfants de Dieu chargés de richesses et de bénédictions, pleins de joie et d'espérance ! Notre seule ambition serait de voir tous les hommes mis au bénéfice des mêmes richesses, de la même joie et du même bonheur !

Que l'on nous croie sérieusement: Nous vivons dans une grande sérénité d'esprit et une parfaite paix ; sans envie ni jalousie, comme sans amertume envers qui que ce soit. Les ombres de cette magnifique situation n'en font que mieux ressortir la perfection harmonieuse", inaltérable et salutaire. Ces ombres, d'ailleurs , viennent plutôt du fait que la plénitude de notre bonheur pourrait parfaitement être le partage de tous, tandis que nous n'en jouissons qu'en fort petit nombre. Nous sommes un résidu en voie de formation ou des individualités inconnues, ne trouvant que peu d'affinités spirituelles ou de tendances morales pour constituer un corps apparent.

Aussi, en pensant aux nobles et glorieux privilèges qui nous sont départis, il nous semble que tous ceux à (|ui les idées de M. de May paraîtront vraisemblables ou qui se sentiraient animés dans une mesure quelconque de son esprit devraient s'entendre, pour reprendre un de ses projets qu'il aurait sûrement mis à exécution si la mort ne l'en avait pas empêché. Nous voulons parler de la fondation d'une < Société nouvelle » qui, spécialement par le moyen d'un organe de publicité et de propagande international, périodique, se donnerait pour tâche de rallier les mêmes esprits, tout en travaillant au bien de l'humanité par des enseignements ou une instruction intelligente, large et chrétienne dans le sens vrai de ces mots. Cette société éviterait avec soin de tomber dans la partialité, la peur et l'autoritarisme. Son journal serait comme une vaste arène où pourraient s'étudier et se résoudre toutes les questions concernant l'humanité : questions sociales, politiques, scientifiques et religieuses, depuis les plus simples jusqu'aux plus complexes et aux plus obscures. Les choses les plus profondes sur l'homme

et sur Dieu y seraient donc aussi traitées et débattues. De nombreuses lumières, de précieux encouragements jailliraient des. opinions variées qui viendraient se manifester librement, à ciel ouvert, dans ce journal.

Nous voudrions voir tous les esprits disposés à la lutte «pour la vie > s'unir, non seulement en s'inspirant de ce que Madiis peut avoir de génial, mais en cherchant aussi à recueillir et à rassembler ce qui fait l'essence génératrice de la vie morale de rhumanité, c'est-à-dire TEsprit de Dieu, aujourd'hui morcelé, divisé, sans union vraie, ni dépendance mutuelle, surtout dans le christianisme. L'étude, la recherche etTunion de ce principe unique , fondamental et directeur, seraient poursuivies dans le but d'en préparer l'application énergique, salutaire et fraternelle à ce monde nouveau que nous voyons venir, bienfaisant et glorieux pour les amis de la liberté et de la vérité, mais plein de confusion et de déception pour les orgueilleux et pour tous ceux qui ne se remplissent que d'eux-mêmes.

D faudrait, en définitive, « que ceux qui n'ont pas laissé « toute espérance, qui croient encore à Dieu, à l'âme, au devoir,

< à la sainteté , à un immortel et glorieux avenir , se rappro- « chent, s'unissent, et, à la parole de néant qui va se répandant « de plus en plus sur la terre, répondent avec fermeté : La vie

< éternelle ! > ^

Nous n'avons nullement Tintention d'indiquer ci-après tous les résultats auxquels l'étude des idées de M. de May nous a conduit. Nous développerons seulement, sous forme de thèses, quelques-uns des enseignements qui se sont affermis dans notre esprit et qui s'y établissent toujours mieux , à mesure que nous avançons dans nos réflexions sur ce système cosmogonique, comparé avec les travaux de la science, tout en tenant compte des résultats analytiques fournis par un examen attentif de l'esprit religieux contemporain.

Thèses.

I. Une Vie, une puissance, ou plutôt un «Etre» unique et personnel, constituant un monde à Lui, doué d'une substance spirituelle sainte qui possède son âme ou sa vie en Elle-même, existe

*) Ernest Naville. Sept discours ; La Vie éternelle , page 252, Genève et Lausanne.

de toute éternité. Cet Etre vivant anime le néant et le vivifie comme II veut. Il sonde tout et voit tout. Là où les hommes ne verraient rien, plus rien, Lui peut y voir encore une ou plusieurs choses.

IL Ce qui pour l'homme est Tinfini , le néant, peut parfaitement être connu, animé, vivifié et organisé (au spirituel comme au matériel) par cet Etre suprême, dont TEsprit est éminemment Tout-puissant, créateur et reproducteur.

III. La matière est une et corporelle. Ses qualités intrinsèques sont d'être indestructible, immuable et de ne pouvoir se reproduire ou se multiplier. — Les empires et les règnes sont des termes de convention qui servent à classer la matière selon ses variétés dues aux quatre branches de vies dont elle a été douée par le Créateur.

IV. Les vies dont la matière est douée ont une existence réelle et des qualités indépendantes de la matière. Les vies matérielles et leur principe générateur sont de nature immatérielles, d'un caractère tout-à-fait opposé à celui de la matière. Ainsi les vies sont multiples, incorporelles, destructibles, muables, et ayant la faculté de se reproduire ou de se multiplier.

V. L'Univers matériel et spirituel (les deux mondes inférieurs) dans lequel l'homme vit et domine maintenant, porte dans ses forces et dans ses vies un caractère essentiellement fragile, fini, passager, transitoire. Cet Univers ou ces deux mondes matériel et spirituel sont le fait d'une puissance créatrice supérieure qui a prévu, compassé et tout fixé d'avance, dès le point de départ au point d'arrivée et jusques dans les moindres détails.

VI. Notre système solaire et la terre, comme l'universalité du monde matériel, sont sortis d'un état nébuleux cosmique, de la même manière que nous voyons une plante, un arbre, un animal, un homme, sortir d'une infiniment petite semence.

Après avoir suivi ses phases de croissance et de développement, l'Univers matériel déclinera pour finir par se dissoudre et s'anéantir; les forces et les vies qui l'animent n'étant pas inépuisables, mais le contraire et périssables.

La nature , la science et la bible sont d'accord sur l'extinction finale de la création actuelle.

VIL Le monde matériel a eu son commencement d'organisa-

tion, et il a été établi dans un ordre facile à étudier et à comprendre. Il finira comme il a commencé, dans le même ordre, en suivant une échelle de gradation descendante.

VIII. Lorsque les morts l'emporteront d'une manière générale, régulière et permanente sur les naissances, Thumanité sera dans sa période de vieillesse et de déclin. Elle n'existera plus sur la terre longtemps avant que commence Tanéantissement de notre système solaire particulier. Ainsi le dernier être humain aura disparu de notre globe un grand nombre de siècles avant « In fin dic ynœide » dans le sens propre ou effectif de ces mots.

IX. L'humanité est une. Tous les peuples, tous les hommes descendent d'un auteur commun, type d'un seul et unique Père céleste.

X. Par sa structure matérielle, son intelligence, ses instincts et ses facultés naturelles, l'homme ne diffère que d'une manière relative de l'animal. La dignité actuelle de l'homme ne repose donc pas sur des différences anatomiques, ni uniquement sur une différence ou même une supériorité psychologique , mais sur la présence en lui d'une vie spéciale et supérieure appelée « esprit*^ provenant d'un autre monde, très supérieur au monde matériel.

Ainsi l'homme qui possède C esprit est par là absolument distinct de la brute, et peut se dire le chef, le roi de la création.

XI. L'homme dans son état normal est un être binaire ou double : l'homme animal avec son âme animale ou psychique, et l'homme spirituel avec son âme spirituelle.

L'esprit est indépendant de la chair ou du sang et de toute condition sociale, politique et religieuse. L'homme spirituel est donc foncièrement autre que l'homme animal et ne peut jamais s'allier ou se confondre avec celui-ci.

XII. L'homme est l'image de Dieu. Dans ce sens Dieu et les esprits ne sont pas des abstractions. Celui qui voit un homme spirituel voit un esprit, comme celui qui voit un vrai chrétien voit Christ et celui qui voit Christ voit Dieu.

XIII. C'est pendant son passage sur la terre que tout se décide pour l'homme, et, à cet égard, l'humanité se partage en trois classes d'individus : P Vètre animal ou l'homme dénué

de tout principe spirituel, plus ou moins animal ou bâte comme la brute. 2^ Uctre spirituel ou l'homme doué d'une âme spirituelle plus ou moins forte et développée que nous appelons « esprit ». 3° Lètre divin ou Thomme doué d'une âme divine plus ou moins forte et développée que nous appelons « Saint- Esprit ».

XIV. Le Saint-Esprit est cette vie unique, à la fois substance ou corps et àme de Jéhovah, qui vit de toute éternité par un principe inépuisable , indestructible et parfait. Cette vie-là triomphe de toutes les tentations, surmonte le mal par le bien, est victorieuse de la mort, et demeure immuable dans ses lois qui se résument à C amour y la Justice et la sainteté.

XV. L'homme enrichi du Saint-Esprit apprend à discerner entre le bien et le mal et se relève de ses chutes ; il surmonte les tentations, rend le bien pour le mal et pratique l'amour, la justice et la sainteté. Comme Etre divin l'homme passe par la loi universelle des trois états: V^ Il est conçu et formé, il naît et se développe à titre d'Enfant de Dieu , c'est < CindividucUité divine ». — 2° Il entre en communion avec ses frères, avec Christ, et se développe dans la grâce et dans la connaissance, c'est la « dualité » ou le 2^ état. — 3<> Il prend sa place dans la famille céleste ou la Comyyiunauté divine. C'est le 3™« état ou l'Unité avec Dieu pour la vie éternelle.

Page 1