‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 21 sur 130 · LES VIES · texte numérisé non relu

LES VIES

Rien n'est plus mystérieux dans la nature que les forces et les vies; nous ne pouvons ni les saisir ni les analyser; elles sont imperceptibles pour nos sens. Nous ignorons ainsi complètement leur véritable nature, et nous n'en constatons la présence que par les effets qu'elles produisent au moyen de leur association avec la matière. Les qualités dont elles douent la matière sont faciles à distinguer des propriétés inhérentes à celleci; elles sont altérables, disparaissent et reparaissent, et ont toutes un caractère immatériel, tandis que les qualités de la matière sont matérielles et ne présentent jamais de changement. Les forces et les vies n'ont jamais été rangées parmi les éléments; ce fait même est une preuve que nous distinguons parfaitement les qualités qui proviennent de la matière de celles qui lui sont étrangères.

Quelques personnes éprouveront, au premier abord, de la difficulté à se figurer que les forces sont quelque chose de différent de la matière. Cette difficulté provient uniquement de la circonstance que les forces sont de nature immatérielle, et non matérielle. Car si Ton pouvait démontrer que les forces de Taffinité, de l'attraction, de la cristallisation, ne sont que des éléments d'une grande subtilité, rien ne serait plus facile que de comprendre la possibilité de séparer ces substances les unes des autres. Il est vraiment curieux que ce soit précisément parce que le^ forces, comme les vies, ne partagent pas les qualités de la matière qu'on ait supposé qu'elles faisaient un avec la matière. L'éther de l'espace, Téther électrique, les comètes.

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