‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 26 sur 130 · Les vies sont multiples ou polyarchéiques · texte numérisé non relu

Les vies sont multiples ou polyarchéiques

En examinant ces deux classes d'archées, nous sommes frappés de la merveilleuse construction complémentaire qu'elles présentent. Elles n'ont aucune qualité commune; au contraire, elles sont toujours opposées l'une à l'autre autant qu'il est posble de se l'imaginer. Il semble, au premier abord, que l'union de deux archées si différentes ne doive pas être très productive, mais un peu de réflexion nous fera comprendre que leur dissemblance même leur impose la nécessité de s'unir ; car iso-

<m. III. LES VIES 63

lées elles ne peuvent absolument rien produire, ni Tune ni l'autre. Pour montrer d'une manière plus saillante la construction complémentaire de ces deux classes d'archées, nous les opposons l'une à l'autre dans le tableau suivant :

l^* Classe ] 2^* Classe LA MATIÈRE LES VIES 1. La matière est inaltérable et in- ! 1. Les vies sont altérables et desdestructible. ! tructibles.

"2. Elle ne peut ni se reproduire ni I 2. Elles se reproduisent et se mul-

se multiplier. tiplient.

3. Elle occupe une place dans l'es- i 3. Elles n'occupent aucun espace; pace; elle est corporelle.

4. Elle adopte toutes les formes connues, mais ne peut en générer aucune.

5. Elle ne peut produire le mouvement, mais peut le recevoir.

elles sont incorporelles.

Elles ne peuvent adopter aucune

forme, mais eUes les génèrent

toutes.

Elles produisent le mouvement,

mais ne peuvent le recevoir.

6. La matière péîut être déplacée et 6. Les vies ne peuvent être dépla-

replacée, séparée et réunie. ] «ées ni replacées, séparées ni

reumes.

Elles ne peuvent exister sans la matière.

EUe est monarchcique. 8. Elles sont polyarchéiques.

Elle peut exister sans les vies.

Ces deux classes d'archées sont donc les seuls matériaux que Dieu a créés, et la construction du monde astral est dû à leurs diverses combinaisons. Ainsi notre économie matérielle est d*une construction Mïiaire.

Le lecteur aura remarqué que dans les définitions nous avons adopté trois économies; ces économies nous feront connaître encore d'autres vies que celles dont nous venons d'indiquer les caractères généraux. Pour distinguer ces diflférentes vies, nous les désignerons par le nom des économies auxquelles elles appartiennent. Les vies que nous venons de passer en revue seront donc pour nous des vies matérielles, vu qu'elles sont attachées à la matière et ne peuvent exister sans elles; les vies attachées à l'esprit seront des vies spirituelles, et les vies supérieures, celles du monde de Dieu, seront des vies divines.

Le nom de « vies matérielles » ne doit pas faire supposer au lecteur que nous admettons un mélange entre les deux archées. Croire à la possibilité d'une matière qui se change en vie ou se spiritualise, c'est confondre les idées les plus élémentaires de la nature. Il serait bien moins contraire à ses lois d'admettre la confusion des règnes que celle des principes dont ils tirent

leur existence. Il serait plus raisonnable de croire aux contes fantastiques des bons vieux temps, où les poules pondaient des œufs d'or et les arbres portaient des grappes de perles et de diamants, que de s'imaginer que la matière puisse jamais quit^ ter sa qualité de matière , pour se changer en vie , ou vice versa. Non seulement toute transformation de ce genre est une anomalie et une énormité pour le naturaliste, mais elle serait sans but; car là où il y a déjà de la vie, pourquoi la matière se changerai^elle encore en vie? On renverse de plus toutes les lois connues en supposant que la vie puisse exister sans la matière. Si les vies pouvaient exister sans la matière, pourquoi leur adjoindre la matière? elle ne peut que les rendre moins indépendantes.

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