‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 25 sur 130 · CH. III. LES VIES · texte numérisé non relu

CH. III. LES VIES

qu'elles sont altérables. La grande théorie de Laplace sur la création du monde, — la seule qui soit basée sur des phénomènes connus, la seule qui suffise aux besoins de la science, — nous représente la terre comme s'étant développée peu à peu en partant d'un état nébuleux, comme nous voyons une plante sortir d'une petite semence. Si les forces que le Créateur y a placées sont susceptibles de développement comme celles d'une plante, nous devons conclure par analogie qu'elles sont également périssables. Cette altération est légèrement reconnaissable, même à notre époque, par le rapprochement de quelques comètes du centre solaire. La science annonce que toutes les planètes finiront, après un laps de temps considérable, pai' se jeter sur le soleil. Ce fait de l'altération des forces de la nature, et par conséquent de leur extinction finale après des séries incalculables de siècles, est proclamé hautement par la parole de Dieu dans ses révélations sur l'avenir. Selon elle «la terre et les cieux vieilliront et seront usés comme un vêtement, ils tomberont comme des feuilles et s'évanouiront comme la fumée. > Ce dépérissement et cette destruction de la terre et des cieux actuels est conforme aux lois génémles de la nature, telles que nous les connaissons. Or cela ne peut avoir lieu que si les forces, comme les vies, portent en elles le germe de la vieillesse et de la mort. Nous voyons donc les prophéties de la Bible s'accorder avec l'astronomie pour affirmer ce principe : les forces de la nature sont altérables et par conséquent destructibles. Nous admettons ces résultats tant qu'on n'aura pas de raisons suffisantes de croire le contraire.

La plus grande diflférence qui semble exister entre les forces et les vies porte sur la durée. On a l'impression que les forces sont éternelles, et que les vies ne peuvent exister qu'un temps très limité.*Si cependant nous voulons être justes à l'égard des vies, nous avons à considérer non une vie isolée, mais celle de toute une race. Les vies possèdent la faculté incompréhensible de se multiplier indéfiniment. Une particule de vie en engendre une autre qui lui est semblable. A. moins de supposer un miracle continuel ou une intervention directe du Créateur à l'apparition de chaque nouvelle vie, il faut admettre que c'est la même vie qui parcourt toute l'existence d'une race. Les individus ne sont que des bourgeons que pousse un tronc commun. Or il n'y a pas de raison pour ne pas accorder, moyennant des

circonstances favorables, une longévité tout aussi grande à une race ou à une espèce qu'à une force.

Si Ton admet que toutes les forces sont absolument invariables, la terre, par exemple, restera indéfiniment dans l'état où ^lle se trouve aujourd'hui. Dans ce cas, on ne voit pas pourquoi les vies des diverses espèces d'arbres et d'animaux qui occupent la surface de la terre ne dureraient pas aussi longtemps que les forces. Si on admet, au contraire, que les forces sont altérables, les vies des races le seront aussi.

2. Les vies peuvent se reproduire ou se multiplier. Ce phénomène est très facile à constater dans le règne végétal et le règne animal, où les vies se reproduisent constamment sous nos yeux. Mais les forces se reproduisent-elles? Nous répondrons à cette question dans un chapitre spécial sur la reproduction, nous contentant pour le moment de faire la remarque suivante : Si la terre peut vieillir, elle doit avoir été jeune ; si elle peut dépérir, il y a eu un temps où elle devait croître. Pour croître ou pour dépérir, il faut que les forces, comme les vies, puissent se multiplier et s'engendrer. La croissance n'est autre chose qu'une reproduction des cellules.

3. Les vies (y compris les forces) n'occupent pas d'espace ; elles sont immatérielles dans le sens littéral du mot.

4. Les vies n'ont, elles-mêmes, aucune forme visible ou appréciable, mais elles douent la matière de formes particulières.

5. Elles peuvent produire le mouvement, mais sont incapables de le recevoir ou de le transmettre à une autre vie. Le mouvement ne peut être produit que par la combinaison des forces et de la matière.

6. La vie ne peut être séparée des corps qu'elle anime, ni y être replacée ; elle ne peut être renfermée dans un lieu à part, ni dispersée au gré des vents.

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