‹ L'Université d'Avignon aux xviie et xviiie sièclesChapitre 107 sur 145 · V. ci-des8us, livre I, ch. I et V, etc · texte numérisé non relu

V. ci-des8us, livre I, ch. I et V, etc

Marchand. LUniversité d'Avignon, 16

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Le pape, souverain d'Avignon, fondateur et protecteur de rUniversité, est, à ce double titre, le juge suprême qu'elle puisse invoquer. L'Université a pleine confiance dans la bienveillance et dans la justice du Saint-Père, mais elle se défie des Congrégations, auxquelles il remet, trop souvent à son gré, le soin de régler les litiges qui l'intéressent. Ces Congrégations connaissent peu et respectent moins encore les hauts privilèges et la séculaire indépendance de l'Université ; elles « brèchent » volontiers à ses droits. Aussi leurs décisions sont-elles rarement acceptées comme définitives ; les appels se multiplient et « les affaires de Rome )> se prolongent sans mesure, car, si l'Université est tenace, les Congrégations n'ont jamais hâte d'en finir et le pape ajourne volontiers ses décisions.

C'est ainsi qu'on voit durer pendant près d'un siècle la question des collèges pontificaux soulevée dès 1621. Successivement la Propagande s'empare de l'administration de ces collèges *, y réduit à néant le contrôle du primicier et celui du Collège des docteurs, ouvre leurs portes aux Missionnaires ou Pères de la Foi et, en dépit des dispositions formelles des actes de fondation, prétend réserver toutes les places de collégiats à des candidats au sacerdoce, proscrire l'étude du droit civil -^ enfin envoyer les collégiés étudier non à l'Université, mais chez les Jésuites 3. En vain l'Université envoie

1. V. ci-dessus, livre II, ch. IV. Délib. du Collège des docteurs du 2 mars 1621. A. V. D29, r» 72. Bulle d'Urbain VIII de juin 1639. M. C. 2445.

2. En 1645. Délibération du Collège des docteurs du 7 juillet. A. V. D 29, f« 236.

3. Une première tentative dans ce sens avait été faite en 1649, mais n avait que partiellement abouti. Les écoliers du collège du Roure pouvaient aller â rUniversité suivre les cours de droit; ceux du grand collège (Saint-Nicolas) devaient suivre chez les Jésuites les cours de théologie et de philosophie, qu'on ne trouvait pas à l'Université. Délib. du Collège des docteurs du 27 mai 1649. A. V. D 30, f- 8. — Le rescritdu 5 nov. 1703 qui règle les études dans les deux

à Rome protestation sur protestation, ambassades sur ambassadeSy documents sur documents ^ Peine perdue. Sans que jamais une décision formelle intervienne, les empiétements de la Propagande continuent; Tédit qui réunit les deux Collèges du Roure et de Saint-Nicolas porte le coup de grâce à l'autorité du Primicier, et c'est à peine si Ton refuse aux nouveaux recteurs de ces établissements la faculté qu'ils avaient Taudace de solliciter, de conférer les grades universitaires à leurs élèves et à ceux des Jésuites ^.

Les docteurs sont plus heureux quand ils combattent, en 1735, la prétention émise par le prévôt de la métropole, accidentellement revêtu de la dignité épiscopale, de siéger à l'Hôtel de Ville, avant le primicier ^, quand ils s'élèvent, en 1739, contre le projet caressé par les avocats de former une

collèges, prescrit aux écoliers de suivre les classes des Jésuites, propler vicinitatem. Les Dominicains protestent. Treize écoliers des collë^i^es présentent, à leur tour, au primicier un mémorial, où ils exposent le tort que cette mesure doit leur porter, en les i*ctranchant presque de l'Université. Ils ne pourront être gradués et par suite ne pourront prétendre aux bénéfices de France. Il leur sera impossible de suivre les cours du droit canon, qui s'enseigne  TUniveraité, aux mêmes heures que la philosophie et la théologie chez les Jésuites; une étude ne saurait d'ailleurs être profitable que si elle est librement embrassée par les écoliers, sous des maîtres de leur choix, qu'ils jugent les plus sages. Or, les doctrines de Saint-Thomas d'Aquin, qu'on enseigne à l'Université, attirent invinciblement les étudiants. Au surplus, comme le prouvent les programmes, on apprend plus de choses à l'Univeraité que chez les Jésuites. Ce mémoire présenté par le primicier à la Congrégation est retourné par elle au vice-légat, qui le communique au Collège des doctcui*s. Celui-ci l'appuie de toutes ses forces. A. V. D 32, ^• 190 et 202 (délib. des 9 mars 1706 et 18 mars 1707).

1. L'affaire est encore pendante en 1708, époque à laquelle le Collège des docteurs nomme de nouveaux députés pour la suivre et emprunte pour couvrir les frais de l'instance (délib. des 29 fév., 9 juill. et 3 oct. 1708. A. V. D 32, f" 235, 246, 251). Elle ne fut jamais définitivement résolue.

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