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Du mois de juillet J663 au mois d août

mais cette occupation de courte durée n'avait pas eu d'influence appréciable sur les destinées de TUniversité d'Avignon. Le roi, sur la demande du primicier, Gabriel Vedeau, avait confirmé les privilèges civils et judiciaires dont jouissaient les docteurs, la juridiction du primicier et celle des conservateurs, la réunion à l'Université des greffes dont elle percevait les revenus. Même, il avait rendu aux coUégiés de Saint-Nicolas et du Roure, membres de l'Université, les revenus dont une bulle d'Urbain VIII les avait en partie dépouillés au profit de la Propagation de la Foi. Est-il nécessaire d'ajouter que lorsqu'au bout de quelques mois, les soldats de Louis XIV se retirèrent, le statu quo fut rétabli et que les chefs de l'Université ne gardèrent plus sur les collèges le haut contrôle que le roi avait voulu les voir exercer?

Depuis quelques années l'Université d'Avignon jouissait paisiblement des droits et privilèges dont elle avait si obstinément poursuivi et si difficilement obtenu la confirmation et malgré les violents démêlés qui avaient éclaté entre Louis XIV et le Saint-Siège, sa prospérité allait croissant. Tout à coup on apprit qu'un édit du roi de France venait de la déclarer « étrangère » K Aussitôt, vif émoi chez les docteurs. Était-ce donc que les états pontificaux de France dussent pâtir toujours des querelles du Pape et du roi de France, ou bien Louis XIV, donnant aux Facultés de droit du royaume de nouveaux statuts *^, doutait-il que l'Université d'Avignon consentit à s'y soumettre et à les appliquer rigoureusement? Quoi qu'il en soit, le coup était rude et il fallait le parer, sous peine de périr, car déjà, sur le bruit des dispositions hostiles

1. Lettres patentes du 9 fév. 1683 en faveur de l'Université de Valence portant qu'aucun sujet du roi ne pourrait exercer en France sur les degrés obtenus dans les Universités d'Orange, d'Avignon et autres universités étrangères. V. Laval, ouvr. cité, p. 195.

2. Édit du roi, de 1679, pour l'enseignement du droit, d<yà cité.

du roi de France, les candidats aux grades désertaient Avignon et « il ne se passait presque plus de docteurs dans les diverses Facultés * ». Le Collège avise donc et, dès le 17 octobre 1684, M. Valin, avocat à Paris, est désigné pour suivre raffaire et la « mener vivement ^ ». Comme il tardée répondre, les trois Facultés s'impatientent et sur leur demande, le Collège députe à Paris un de ses membres, Tabbé de Guyon^. Sans perdre im temps précieux, M. de Guy on s^entend avec un autre avocat de l'Université, M. Payelle, pour rédiger un copieux mémoire à présenter au conseil d'État. Il y rappelle complaisamment — matière ordinaire des documents de cette sorte, — les titres séculaires de l'Université, l'éclat extraordinaire qu'elle jeta autrefois, les professeurs illustres qui, au xv* et au xvi^ siècles, daignèrent y enseigner, les privilèges que les rois de France lui accordèrent, la justice enfin qui lui fut rendue contre les Universités d'Aix et de Valence. Il n'a garde d'oublier les sept collèges universitaires « pour rendre la chose plus remarquable et bien que les emplois de ces établissements fussent distincts de ceux de l'Université ». Il assure enfin que les études se poursuivent régulièrement à Avignon et que les examens y sont sérieux : l'Université est prête d'ailleurs à accepter tous les règlements, que le roi a faits ou fera pour les Facultés de son royaume *. Au surplus, le député d'Avignon sait que les causes les plus justes ne

1. A. y. D 31, f^ 172 (délib. du Collège des docteurs du A avril 1685).

2. Délib. du Collège des docteurs du 17 oct. 1784. On prie M. de Tache d'écrire à M. Valin, à Paris, pour reprendre TafTaire, la mener vivement et obtenir révocation de l'arrôt. A. V. D 31, f* 167.

3. Délib. du 4 avril 1686. On accorde à M. de Guyon 10 pistoles pour Taller, 10 pour le retour et 10 par mois de séjour. On emprunte à M. de Vedeau, 50 pistoles pour le procès. A. Y. D 31, f* 172.

4. Lettre de Tabbé de Guyon, député de TUniversitë à Paris, à M. de Barthélémy, primicier (25 mai 1685). Mémoire remis à MM. Bignon et Le Pelletier. A. V. D31,^•176et 177.

LES RELATIONS EXTÉRIEUtiES 273

triomphent pas sans Tintervention de quelques puissants défenseurs. Il intéresse donc au succès de sa mission les ministres du roi, les cardinaux, le nonce même, qui se prête de bonne grâce aux démarches qu'on lui demande de faire et mérite de la reconnaissance des docteurs im témoignage éclatante

Malgré tout ce zèle, TafFaire traîne en longueur. MM. Le Peletier et Bignon, conseillers d'État, étaient chargés de l'examiner. Mais le premier est malade et va à la campagne « prendre le petit lait » ^. Son collègue lattend pour donner ses conclusions. Bientôt même surgit une difiiculté imprévue. Ne voudra-t-on pas imposer aux gradués d'Avignon le serment exigé en France sur les propositions de 1682 ? Le nonce heureusement, dissipe ces appréhensions et admire la « bêtise» de ces nouvellistes, qui entrent si mal dans la pensée du Conseil du roi. Non, dit-il, si le chancelier voulait refuser à l'Université pontificale la confirmation de ses statuts, il chercherait quelque prétexte spécieux et ne prétendrait pas obliger les sujets du pape à se soulever contre leur souverain. Un ministre aussi prudent et aussi éclairé connaît trop bien les devoirs des sujets envers leur prince. D'ailleurs pourquoi n'imposerait-on pas le serment dont il s'agit aux gradués d'Avignon, à Tépoque seulement où ils entreraient dans les barreaux ou les cours de France? Mais il n'est même pas sûr qu'on adopte cet expédient, car il y a actuellement beaucoup moins de chaleur qu'au début au sujet de ces propositions. La cour est d'ailleurs bien disposée; on ne tardera pas à s'en apercevoir ^.

1. Lettre de M. Guyon à M. de Barthélémy (8 juin 1685). A. V. D 31, f» 178. — Lettres du duc de Chaulnes, ambassadeur de France  Rome, au chancelier. A. V. D 31, f^ 226.

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