Délib. du 4 fév. 1700. A. V. D 32, f
3. A. V. D 33, r> 454. Fêtes pour le rétablissement de la santé du roi Louis XV, en 1744.
plus durable que celles de 1663 et de 1668 et entraîna dans Torganisation administrative et judiciaire de la province des changements plus sérieux. Les tribunaux pontificaux, notamment, disparurent*. L'Université y perdit ce qui faisait à la fois sa force, sa richesse et son orgueil : sa juridiction particulière, les revenus des greffes qu'elle possédait depuis si longtemps, la noblesse dont son primicier avait toujours joui *. Aussi ses plaintes, quoique respectueuses, furent-elles amères. On les entendit éclater en mainte assemblée et elles trouvèrent leur expression la plus significative danB ce fait qu'il n'y eut pas, en 1770, de candidat aux fonctions de primicier 3.
La restauration du pouvoir pontifical lui parut donc une véritable délivrance et dès qu'elle fut accomplie, elle revint à toutes les pratiques de l'ancien régime. Elle recouvra son ancienne indépendance et son statut particulier. Au surplus, le successeur de Louis XV se montrait plein de bonne grâce pour les Avignonais et de respect pour leurs privilèges. Dès le mois de mars 177S, des lettres patentes venaient confirmer les édits de 1650 et 1698 *. On a déjà vu qu'au moment même où l'Uni-
1. La réunion dura de 1768 à 1774. V. Charpenne, Histoire des réanion* temporaires d'Avignon el du Comlat Venaissin à la France, t. II, p. 1 82, 2^7, clc. La réunion opérée en 168K n'avait pas eu d'influence sensible sur le sort de l'Université.
2. Les édits de mars 1769 avaient complètement transformé le rég:ime judiciaire d'Avignon et du Comtat, supprimé les anciens tribunaux, on^anisë deux sénéchaussées, soumisrUnivei'sité au droit commun. Quantau revenu des g-reffes supprimés, il était remplacé, on l'a vu, par une rente de 1081 livres que le roi devait servir à l'Université; mais les primiciers se plaignirent longtemps de ne pouvoir recouvrer les annuités qui étaient en rctai'd. Aucune fonction ne conféra plus la noblesse, mesure qui atteignait directement le primicier et n'atteignait guère que lui. Le chef de l'Université perdait, en outre, son rang à l'Hôtel de Ville, par suite de l'élection d'un quatrième consul.
3. Délib. du Collège des docteurs des 20 juin 1769, 17 juillet 1770, 20 mars et 16 mai 1774. A. V. D 35, f- 35, 40, 44, 76, 77.
4. Lettres patentes de Louis XV^Idu mois de mars 1775. Laval, 74. Cf. DélIb. du Collège des docteurs du 16 mai 1775. A. V. D 35, f" 85.
versité allait disparaître, la question de la noblesse du primicier, longtemps débattue, était enfin tranchée, grâce au bon -vouloir du souverain : deux élections au primicériat allaient valoir désormais, même en France, la noblesse héréditaire à celui qui en aurait été l'objet. Cette mesure gracieuse est la dernière où l'Université ait pu mesurer la bienveillance des rois de France, monarques trop puissants pour n'être pas parfois devenus, à l'égard de l'état pontifical, de dangereux et redoutables voisins ^