‹ L'Université d'Avignon aux xviie et xviiie sièclesChapitre 22 sur 145 · BuUede Benoit XIV du 19 oct. 1745. Laval · texte numérisé non relu

BuUede Benoit XIV du 19 oct. 1745. Laval

3. Voir notamment les délib. du Oill. des docteurs des 23 fév. 1623, 7 mars et 30 août 1659, 21 fëvr. 1671, etc. A. V. D. 29, f» 81. D. 30, f»- 115, 126 et 240. Un docteur ayant été incarcéré, sur la plainte d'un nommé Dona, marchand de la ville, en 1623, celui-ci dut venir faire des excuses à g;enoux devant le CoUègre. (A. V. D 29, ^ 61.)

et licenciés en droit etenmédecine, maîtres es arts et en théologie (il sera question plus loin des étudiants) avaient dès longtemps formé, sous Tinvocation de la Vierge, une confrérie dont la fête se célébrait le jour de T Annonciation (25 mars.) Les statuts de cette confrérie ne nous sont parvenus que sous une rédaction du xv® siècle; ils règlent uniquement le tarif des cotisations annuelles et le cérémonial des funérailles des membres défunts ; mais nous savons, en outre, que chaque année les confrères élisaient parmi eux deux bailes qui étaient leurs agents d'exécution. Ils louaient une chapelle dansTÉglise des Cordeliers et veillaient à son entretien. C'est là qu'avaient lieu les cérémonies de l'association savoir, le jour de l'Annonciation, une messe avec discours solennel, procession et distribution de gâteaux (plus tard de testons ou jetons) et, chaque année, une messe pour le repos de l'âme des confrères décédés ^

Mais au xvin® siècle la confrérie était déjà en pleine décadence. Dès 1629, on remarque que ses affaires sont en mauvais

1 . Statuts de la corporation des docteurs de TUniversité d*Avig:non. (Fournier, 1342). La rédaction date probablement de la dernière moitié du xv* siècle. Le primicier devait verser chaque année pour sa quote-part (pro predicta sua confratria) 6 gros, plus 3 sous pour son épouse, s'il était marié. Les docteurs et licenciés en médecine et es arts de la dite Université, verseront 3 gros et 2 gros pour leurs épouses. Ceux qui ne seront pas mariés verseront 5 gros. Les écoliers admis dans la confrérie n'en verseront que 3. Les docteurs du collège pourront être forcés par le primicier de payer ces 5 gros. Au besoin une retenue sera opérée sur leurs émoluments. A Tavenir, quiconque sera fait docteur ou agrégé A l'Université versera un écu d'or A la confrérie; le licencié ou maître en théologie devra, dès sa réception, remettre un florin au premier baile pour la confrérie ; tous paieront ensuite la taxe annuelle comme les autres confrères. Les non agrégés, s'ils habitent Avignon, verseront un florin ; s'ils sont de passage (transeuntes) 6 gros seulement. Le primicier devra exiger et faire parvenir cette somme au premier baile, sans quoi il devrait payer de sa poche. Quand un des docteurs agrégés viendra A mourir, ses héritiers paieront au premier baile un écu d'or au soleil. Moyennant quoi lesdits bailes assisteront aux funérailles du défunt avec des torches. Ce paiement sera fait dans l'année après la neuvaine. Les héritiers des docteurs défunts qui ne seront

état; on a égaré le drap mortuaire qui était fort beau; les comptes ne sont pas régulièrement rendus ; la chapelle est dépourvue de retable et d'ornements sacrés*. Un demi-siècle plus tard, la situation n'est pas meilleure. La même chapelle, à travers le mur de laquelle on a pratiqué une entrée, n'est plus qu'un passage; il pleut sur l'autel et on n y peut pas dire la messe. Cet autel est si mal orné « qu'il n'y a pas de chétif ^ hameau qui n'en ait de plus propre et un plus beau retable. » On a négligé la messe des morts « bien que la confrérie ait été créée dans ce but ^ », on trouve difficilement un orateur pour prêcher, le 25 mars ^. La procession même est délaissée et les vice-légats s'étonnent que dans de si grandes solennités les docteurs montrent si peu de zèle ^.

Ajoutons que ces cérémonies n'étaient pas les seules auxquelles les docteurs fussent astreints. Ils devaient figurer nonseulement aux messes par lesquelles s'ouvrait, comme on le verra, l'année scolaire, mais aussi à toutes ces processions que le clergé multipliait volontiers : Ascension, Fête-Dieu, etc. C'étaient la, certes, de belles occasions pour l'Université de figurer avec éclat dans un brillant cortège et de montrer le rang qu'elle tenait dans la cité. Il faut penser cependant, en dépit de l'orgueil qu'on lui prêtait, que ces manifestations lui

pas eux-mêmes docteurs ne verseront qu'un florin , les cérémonies susdites devant d'ailleurs être célébrées.

1. Délib. du Coll. des doct. des 25 mars, 23 avril et 29 mai 1629. Le 29 ma délibéré de faire construire un retable, d'acheter deux chandeliers et de faire faire des cierges pour la procession de TAnnonciation. A. V. D 29, ^• 117, 119 et

2. Délib. du Coll. des docteurs des 23 mai 1678 et 23 déc. 1694. A. V. D. 30 f* 198 ; D. 32, (^ 23. Les Cordeliers offrent une autre chapelle disponible moyennant quatre écus d'augmentation.

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