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LE PRIMICIER

être une seconde fois candidat qu'après six années de « repos ». Devenir plusieurs fois primicier était d'ailleurs un honneur assez rare, récompense de services éminents. En deux siècles, trente-huit docteurs à peine lobtinrent dont huit furent rappelés trois fois au pouvoir et six seulement quatre fois.

Un moment cependant on songea à rendre le primicériat viager : c^était l'époque où on revendiquait pour lui la noblesse héréditaire, privilège diflicile à accorder à des magistrats annuels. Consulté, le Collège repoussa avec indignation un projet si contraire à ses sentiments : il déclara qu'il renoncerait plutôt à demander la noblesse héréditaire K

Faut-il dire qu'à certaines époques difficiles, le primicériat fut peu recherché et qu'une fois même le Collège dut faire un primicier malgré lui 2 ? Ce ne fut là, assurément, qu'une très rare exception. Plus souvent, les docteurs se montrèrent fort jaloux d'un honneur qui consacrait leur mérite : le bruit de leurs compétitions et de leurs brigues a souvent troublé les débats d'ordinaire si paisibles du sénat universitaire ; de ces luttes électorales, on put blâmer parfois des excès : elles témoignent du moins du prix qu'on attachait à leur enjeu ^.

Dès que son élection avait été proclamée par le bedeau, le nouvel élu, à genoux, devait prêter serment sur les Evangiles, entre les mains de son prédécesseur, de maintenir les

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