‹ L'Université d'Avignon aux xviie et xviiie sièclesChapitre 63 sur 145 · Acte notarié du 9 janv. 1668. Laval · texte numérisé non relu

Acte notarié du 9 janv. 1668. Laval

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qui fut au début un prêtre séculier, docteur en théologie et en droit, M. François Genêt; mais dans la suite, le choix du nouveau régent, soumis d'ailleurs à la ratification des chefs de l'Université, devait appartenir, comme celui des professeurs de théologie, aux dominicains de Toulouse, à charge pour Télu de se faire agréger à la Faculté de théologie et d'y prendre le doctorat. Jusqu'à la chute même de l'Université, vingt-un dominicains se succédèrent dans cette chaire. Plusieurs d'entre eux furent appelés à occuper ensuite l'une ou l'autre des deux chaires publiques de théologie.

Vers la fin du xvm^ siècle, peu d'années avant la disparition de l'Université, le nombre des chaires universitaires de théologie et de philosophie s'accrut considérablement, par suite de l'agrégation aux Facultés de théologie et des arts des classes supérieures des deux séminaires établis à Avignon. Il convient d'ailleurs de ne pas se méprendre sur le but que poursuivaient ceux qui sollicitèrent cette mesure, ni sur les résultats que put avoir son adoption. L'éclat nouveau que l'Université devait en recevoir invoqué par les professeurs des Séminaires, n'était qu'un prétexte dont personne n'était dupe. La question était tout autre. Les professeurs de l'Université avaient gardé le monopole de la collation des grades ; setds leurs élèves pouvaient régulièrement devenir bacheliers, licenciés, maîtres ou docteurs. Les établissements ecclésiastiques, voisins et rivaux des Facultés universitaires, voulaient avoir part à ces privilèges. L'unique moyen de les satisfaire, sans renoncera un monopole auquel on restait attaché par-dessus tout, était d'agréger aux Facultés les maîtres intéressés et de déclarer leurs classes <( académiques ». Dès 1595, les Jésuites d'Avignon sollicitaient pour leur collège ime faveur de ce genre, ils furent refusés ; de nouvelles tentatives faites en 1648, puis en 1759, n'eurent pas un meilleur

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succès. Les séminaires de Saint-Charles de la Croix et de Sainte-Garde furent plus heureux. En dépit de Topposition tenace autant que clairvoyante des Dominicains qui, maîtres à peu près incontestés de renseignement théologique et philosophique de rUniversité, se refusaient à faire à côté d'eux une place à ces intrus, ils obtinrent successivement de la Faculté des arts et de la Faculté de théologie, puis du Collège des docteurs en droit, l'agrégation pour leurs régents de théologie et de philosophie et pour leurs élèves le droit de recevoir les grades, sous la seule condition que le primicier acquérait sur les classes de théologie et de philosophie, devenues académiques, un droit d'inspection, dont il semble d*ailleurs n'avoir jamais usé. Au reste, la nomination des professeurs et la direction même de l'enseignement des séminaires échappaient absolument au contrôle des autorités universitaires ^ La Faculté de théologie et celle des arts purent avoir néanmoins, dans les dernières années de leur existence, l'illusion de s'être accrues et développées. Le nombre de leurs chaires s'éleva à trois pour celle-ci, à sept pour la première. En réalité, rien n'était changé ; il n'y eut que quelques gradués de plus. Confinés dans les séminaires et réservés aux élèves internes de ces établissements, les cours devenus académiques n'ajoutèrent pas grand'chose au prestige de l'Université. Ils ne s'inspiraient pas de son esprit, ils n'accrurent pas son influence, ils n'arrêtèrent pas la désertion qui déjà annonçait la ruine prochaine.

1. Voir pour le détail des négociations relatives A cette a^égation, J. Marchand, La Faculté des arts, etc., p. 40 et suiv. Chacun des deux séminaires dont il s*agit possédait une chaire de philosophie et deux de théologie. Ces classes furent respectivement agrégées A la Faculté des Arts et à la Faculté de théologie par délibérations de ces Facultés en date des 23 août 1781 et 18 nov. 1*782 et des 10 août 1781 et 30 oct. 1782. La ratification du Collège des docteurs en droit et celle du pape ne tardèrent pas à intervenir. Celle du roi de France se fit attendre plus longtemps.

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