‹ L'Université d'Avignon aux xviie et xviiie sièclesChapitre 66 sur 145 · Statuts de 1303, art. 9. ^ Statuts de 1441, art · texte numérisé non relu

Statuts de 1303, art. 9. ^ Statuts de 1441, art

Marchand. LUnivenité d'Avignon. 9

du Collège des docteurs fixa Fouverture des vacances à la veille de Notre-Dame de Septembre (31 août) *.

Au xviii® siècle, la durée des cours de droit fut sensiblement réduite. Le roi de France ayant, par son règlement du 30 janvier 1700, décidé que les Facultés juridiques du royaume vaqueraient du l^'août au 12 novembre, le Collège des docteurs, par sa délibération du 1®*" août 1701, adopta les dates nouvelles '^. Quant aux autres Facultés, elles continuèrent à ouvrir leurs portes le 19 octobre ; mais depuis quelque temps déjà, elles avaient pris l'habitude de les fermer aux environs du 20 juillet. Si les documents précis manquent à ce sujet, pour la Faculté de médecine, ils abondent au contraire pour celles de théologie et des arts. Les vacances pour ces Facultés, comme pour la Faculté de droit, duraient donc environ trois mois.

Les congés étaient d ailleurs nombreux au cours de Tannée scolaire. Vacances du 20 décembre jusqu'au lendemain de rÉpiphanie (6 janvier) et de la veille des Rameaux jusqu'au lendemain de Quasimodo; congé non seulement le jour des fêtes chômées, mais souvent la veille et le lendemain; et on sait si ces fêtes étaient nombreuses. Pendant soixante ou soixante-dix jours par an les cours vaquaient ainsi, soit toute la journée, soit l'après-midi seulement 3.

En revanche les grandes vacances n'interrompaient pas les examens. Dans les premiers siècles de l'Université, ils avaient lieu pendant toute l'année. Le règlement de 1701 décida qu'ils continueraient du 1*^' août au 7 septembre pour le baccalauréat et la licence en droit ; on vit d'ailleurs des docteurs admis entre cette dernière date et celle de la rentrée. Quant aux

1. Délib. du Collège des docteurs du 9 oct. 1654. A. V. D 30, ^ 63.

2. DéKb. et règlement des 27 juin et !•' août 1701. A. V. D 32, ^• 157 et 159.

3. Voir le calendrier de l'Université. A. V. D 10. — Foarnier, 1245.

l'enseignement 131

autres Facultés, elles restèrent fidèles à lancienne tradition et distribuèrent, pendant toutes les vacances, à des candidats d'ailleurs de moins en moins nombreux, licences et doctorats. Au reste, tous les régents n'assistaient pas obligatoirement aux épreuves, ils pouvaient à tour de rôle « aller à la campagne, se reposer et vaquer à leurs affaires », sans perdre les droits qui leur revenaient ^

L'ouverture des cours se faisait avec solennité. Les statuts de 1303, confirmés en 1441, disposaient que le jour de la Saint- Luc une messe solennelle avec sermon ad clerum serait célébrée dans Téglise des Frères Mineurs et que tous les docteurs devraient y assister. Le lendemain, jour de la rentrée, messe du Saint-Esprit à Saint-Martial, après laquelle le doyen et régent de théologie faisait sa leçon d'ouverture on principiu m. Le jour suivant, un régent de décret devait lire seul; le lendemain un docteur utriusque juris montait à son tour dans sa chaire ; le quatrième jour seulement, depuis 1413, les médecins étaient autorisés à enseigner. Enfin les lectures extraordinaires et celles des bacheliers pouvaient commencer le cinquième jour 2.

Ces coutumes sont bien simplifiées aux xvii* et xviu* siècles. La messe de la Saint-Luc à l'église des Mineurs, celle du lendemain à Saint-Martial ont persisté, mais le discours d'ouverture est prononcé maintenant, le jour de la Saint-Luc, par un docteur agrégé in utroque jure^ qui reçoit pour ses peines un salaire de dix, puis de vingt-quatre livres royales ^, Dès le

1. Voirie» registres des gradués. A. V. D 136 à 154, passim. — Dëlib. du Collège des docteurs du i** août 1744. A. V. D 33, f** 449. Cette question des vacances des régents ne fut jamais définitivement réglée ; mais les faits indiquent que leurs absences étaient fréquentes, les cours une fois terminés.

2. Statuts de 1303, art. 9. — Statuts de 1441, art. 7. — Statuts de 1303, art. 13.

3. Programmes des cours. A. V. D 73. — Comptes de l'Université. A. V. D 194 et 193.

13â L^UMVERSITÉ D AVIGNON

19 octobre, tous les régents, à quelque Faculté qu'ils appartiennent , peuvent monter dans leurs chaires. Un programme des cours, affiché en divers endroits de la ville, — notamment aux portes des églises, des collèges et des couvents, — et adressé aux villes du Comtat et aux Universités françaises, a d'ailleurs indiqué^ depuis plusieurs semaines, les « matières » que chaque régent se propose de « lire » pendant Tannée qui va s'ouvrir *.

L'heure des cours y est soigneusement indiquée. Elle varie d'ailleurs d'une année à Tautre, au gré des professeurs. Les régents de droit, par exemple, enseignent tantôt le matin, tantôt le soir. Depuis que toute distinction a disparu entre les cours ordinaires et les cours extraordinaires on n'a plus de raison de réserver aux premiers la matinée, aux autres, l'aprèsmidi. Mais il y a généralement deux cours de droit canon ou civil le matin et deux le soir ; tantôt les deux cours de droit canon ont lieu le matin et les deux cours de droit civil l'aprèsmidi ; tantôt, au contraire, on associe dans la matinée et dans l'après-midi un cours de droit canon avec un cours de droit civil. Le professeur des Institutes et celui de droit français lisent tantôt le matin et tantôt le soir, aux heures laissées libres par leurs collègues. Chacun des six professeurs de droit lit tous les jours pendant une heure. Les lectures se succèdent ainsi de huit heures du matin à midi, et d'une

1 . Les archives possèdent des programmes depuis Tannée 1690, mais avec de très nombreuses lacunes surtout de 1690 à 1730. A. V. D 73. —Voir A. V. D 136, r* 56, la liste des endroits perpétuels où il faut mettre les placards sive matières que lisent chaque année MM. les réprents de TUniversité. Trent«> quatre placards sont affichés à Avi^^non : à la maison du primicier et des régents, à la porte des quatre couvents, dont certains religieux sont agrégés à TUniversité, à la porte des divers collèges, même du Collège des Jésuites, à Notre- Dame des Doms, au coin du Change, à la Croix de Saint-Didier, à la place Saint-Pierre, au puits de la Chaîne, etc.

l'enseignement 1 33

heure à cinq heures du soir, avec des intervalles qui varient suivant les saisons ^

A la Faculté de médecine les cours durent aussi une heure et ont lieu tous les jours. Le premier professeur enseigne soit à dix ou onze heures du matin, soit à une heure après-midi. Le régent anatomique fait généralement son cours à deux heures, le régent botanique enseigne la matière médicale à trois heures pendant le premier semestre, il dirige des herborisations, à six heures, pendant le second.

Les deux professeurs de théologie scolastique et de théologie morale sont plus chargés; leurs cours ont lieu tous les jours, Tun, le matin de huit à dix heures, l'autre, le soir, de deux à quatre et durent chacun deux heures. Le doyen et régent n'indique pas sur les afRches l'heure de sa leçon, qui a lieu sans doute dans la matinée *. Quant au régent de philosophie, il devait lire aussi deux heures par jour, mais on a vu que pour ne pas être en reste avec les Jésuites, il lui fallut se multiplier; comme les régents des collèges, il lut de huit à dix heures et de deux a quatre, à partir de 1693 "'.

Bien qu^aucune pensée commune ne les anime, tous ces cours se ressemblent cependant par quelques traits. Us sont dictés et littéralement reproduits par les auditeurs. La langue latine y est seule employée ^. On y abuse de l'appareil syllogis tique,

1. Certains cours ont lieu, par exemple, à une heure après-midi en hiver et à quatre heures en été. Les auditoires n'étaient sans doute pas éclairés après le coucher du soleil.

2. Ce cours avait lieu pi'obablement dans le couvent auquel le régent appartenait quand celui-ci était un reli^peux, ce qui fut la règle générale jusqu'à l'agrégation des séminaires en 1782. Quelquefois aussi, — mais c'est un cas exceptionnel, — on choisit pour doyen et régent ordinaire le titulaire d'une des chaires fondées par M. de Marinis ou M. Miilaret (en 1773 par exemple} et alors les deux cours se confondent ou à peu prés.

Page 1