Ibid
3. Ass. du Collège des docteurs du 14 nov. 1722. Pendant la peste, les professeurs n'avaient pas fait leurs cours et n'avaient pas été payés. On décida de « mettre à constitution de rentes » les sommes que le primicier avait entre les mains et dont les revenus seraient destinés à payer le complément des honoraires du régent des Institutes. A, V. D 33, f» 67.
9.000 livres *, Le chapitre des pensions de TUniversité formait ainsi un total de 879 livres 2 sous.
C'étaient là des revenus réguliers et — en dépit des retards qui se produisaient parfois dans les paiements — assurés. Il en était d'autres plus aléatoires et surtout plus variables, parmi lesquels il faut citer d'abord les droits perçus sur les gradués. On sait en effet qu'outre les droits payés directement et à divers titres aux officiers et docteurs agrégés des Facultés, les candidats aux grades universitaires étaient encore redevables à la « masse » de l'Université d'une taxe qui varia souvent et qui était, à la fin du xviu® siècle, de 13 livres pour le baccalauréat ainsi que pour la licence en droit et de H livres 1 sou pour le doctorat de la même Faculté, non compris les examens sur les Institutes et sur le droit français tarifés chacun à une livre. De même les licenciés, docteurs et maîtres en théologie devaient payer 2 livre» 19 sous, et les maîtres es arts 30 sous. Chaque examen de médecine était tarifé à 3 livres 12 sous. De ce chef, l'Université percevait une somme qui jusque vers 1775, ne dépassait guère 5 ou 600 livres, mais qui,
t. Par acte du 13 nov. 1655, l'archevôque de Marinis avait fondé une chaire de théologie scolastique et consacré au paiement du titulaire 3.000 livres tournois (3.100 1. en monnaie courante) à prendre sur les revenus que l'archevêque percevait aux lieux de Saint-Rémy, Noves et Bournissac en Provence ; cette somme devait être payée au primicier. Par contrat du 16 mars 1656 la ville d* Avignon se chargea de ce capital contre une pension de 155 livres payable chaque année entre les mains du primicier. Peu de temps après, de Marinis augmenta son premier don de 2900 1. La ville d'Avignon ne voulut d abord pas se charger de cette nouvelle somme qui fut déposée chez les Pères Chartreux de Villeneuve; elle y consentit enfin par contrat du 15 févr. 1666. Quelques semaines auparavant, Tarchcvcque avait fondé une chaire de philosophie thomiste (9 janvier 1666). Il fit don pour défrayer le titulaire de cette chaire, cie 500 écus blancs qui devaient être employés par le primicier à Tachât d'une rente. La ville d'Avignon se chargea de ces 1500 livres par acte du 15 février. Le 10 sept. 1668, elle se chargea encore de 1500 livres nouvelles que de Marinis ajouta à son premier don. Au xviu" siècle, le revenu dç ces quatre « pensions » n'était plus que de 315 livres royales.
à partir de cette époque, s'éleva d'une façon à peu près continue pour atteindre 1.000 livres dans Tannée scolaire 1777-78 et 2.000, en 1780-81, et dépassa môme 4.000 livres dans les deux dernières années de Texistence de TUniversité. A ce moment, le commerce des grades — qu'on nous pardonne cette expression assez exacte dans sa sévérité, — ce commerce était particulièrement florissant et, si la réputation de l'Université n'y gagnait guère, ses finances s'en trouvaient fort bien *.
Telles étaient les ressources ordinaires de l'Université. D'autres recettes venaient parfois, à titre exceptionnel, s'y ajouter. Les greffes, par exemple, outre les rentes annuelles qu'ils fournissaient, étaient encore une source de recettes extraordinaires. Le renouvellement des baux à ferme de ces greffes, la nomination d'un nouveau greffier ou celle d'un coadjuteur offraient l'occasion de percevoir des sommes considérables; c'est ainsi que l'on voit, pour le xviii® siècle seulement, les nouveaux greffiers de la rectorie de Garpentras financer à deux reprises jusqu'à concurrence de 2.000 livres et ceux des cours ordinaires de Cavaillon, l'Isle, Malaucène et Monteux verser à leur tour au primicier des sommes variant de 400 à 800 livres ^.
1. Sommes perçues sur les gradués. En 1730-31 (année primicériale) 496 1. 12 s. 3 d. ; en 1739-40, 566 1. 15 s. ; en 1740-41, 571 1. 19 s. 2 d. ; en 1741-42, 562 l. 2 s. ; en 1749-50, 514 1. 17 s. 16 d. ; en 1764-65, 482 1. 11 s. 9 d. ; en 1766-67, 550 1. 15 s.; en 1768-69, 240 1. 17 s. seulement; en 1769-70, 443 1. 3 s. 6 d. ; en 1772-73, 505 1. 3s. ; en 1773-74, 586 1. 14 s. 11 d.; en 1774-75, 578 l. 18s. 10 d. ; en 1775-76, 770 1. 2 s. 6 d.; en 1776-77, 575 1. 2 s. 6 d. ; en 1777-78, 1028 1. 8 s. 6 d.; en 1778-79, 986 1. 13 s.; en 1780-81, 2130 1. 10 s. 6 d. ; en 1781-82, 2238 1. 6 d.; en 1782-83, 2446 1. 8 s. ; en 1783-84, 1885 1. 3 s. 10 d.; en 1784-85, 2951 1, 2 s. 6 d. ; en 1785-86, 2299 1. 4 s. ; en 1786-87, 2756 1. 18 s. 6 d. ; en 1787-88, 2493 1. 9 s. ; en 1788-89, 4329 I. 15 s. 6 d. ; en 1789-90, 4756 I. 16 s. A. V. D 194 et 195.
2. 29 sept. 1735. La coadjutorerie du greffe de la cour de la rectorie de Garpentras est concédée à un sieur Firmin, moyennant la componende de 2000 l. ( A. V.D 33, f° 288). Traité semblable du 29 mai 1*764. (A. V. D 34, f* 281). — Colla- Lifin (In f^r t*iTc ik' in cour oixlinaire de Garpentras, moyennant 12 livres payées à cUai^ue drïcLum% au lieu des 9 1. payées d'ordinaire, le nombre des docteurs étant
Ce n*est pas tout. Obligée, à diverses reprises, de subvenir à des dépenses extraordinaires, l'Université, d'abord exceptionnellement, puis, à partir de 1738, d'une façon régulière, abonna l'agrégation en droit. Au lieu des taxes diverses qui leur étaient primitivement imposées^ les nouveaux agrégés n'eurent plus, ainsi qu'il a été dit précédemment, qu'à acquitter une somme fixe qui fut d'abord de 600 écus blancs ou de 1.500 livres, mais s'éleva en 1784, à 2.000 et même à 2.400 livres royales. L'Université qui n'avait fait que deux agrégés de cette sorte au xvii® siècle \ en fit quatre en 1738 ^, puis six en 1746 2, et successivement, jusqu'en 1790, deux douzaines, ce qui ne laissa pas de faire entrer dans ses caisses plus de 16.000 écus K
fort diminué. 27 juillet 1739. A. V. D 33, f" 366. — Collation du greffe de la cour de i'Isle, moyennant une coniponende de 800 1. 14 mars 1763. A. V. D 34, fo 367. Auparavant le nouveau greffier devait payer à chaque docteur un louis d'or valant 11 1. 8 s. et le double aux doubles. (Contrat du 9 mai 1659. A. V. D 30, f* 114). — Collation du greffe de Cavaillon, moyennant 400 1. 13 fév. 1784. A. V. D 35, f^ 248; auparavant le nouveau greffier devait payer 4 1. 8 s. à chaque agrégé et le double aux doubles. — Collation du greffe de Malaucène, moyennant 600 1. 6 nov. 1777, 9 sept. 1789. (A. V. D 35, ^• 149 et 344.) Auparavant la componende était de 15 sous par docteur (20 nov. 1688. A. V. D 21, ^ 199). —Collation du greffe deMonteux moyennant une componende de 800 livres) le 19déc. 1718 et moyennant une componende de 600 1., le 20 déc. 1779. A. V. D 43, f» 9; D 35, ^ 149.
1. Délib. du 10 janv. 1682. On décide de recevoir à l'agrégation deux docteurs in utroque jure de TUniversité, sous condition de verser 600 écus blancs chacun, lesquels seront employés à éteindre les dettes, ce qui ne pourrait se faire de longtemps avec les revenus oi'dinaires de TUniversité, « sans conséquence ». Le 1 5 janvier, M. de Pézenas est agrégé dans ces conditions, A. V. D 31, f* 130 et 132. — Délib. du 18 août 1698. Le prix de l'abonnement est fixé à 2000 1. qui seront consacrées à l'extinction des dettes. A. V. D 32, f» 115.
2. Délib. du 18 nov. 1738. On décide d'abonner quatre places d'agrégés pour éteindre les dettes de l'Université. Le prix est fixé à 1500 1., le nombre des agrégés étant moitié environ de ce qu'il était en 1682 et 1698. A. V. D 33, f» 352.