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d'ajouter quelques nouveaux développements à la discussion de scs prémisses, et ensuite de définir 1 électricité de la manière suivante : « Propriété de la matière de conserver ou de » transmettre (conduire), avec plus ou moins » de facilité, et de transformer les actions « mécaniques, physiques et chimiques ». — Scion M. Pérard, le magnétisme n'est pas une action dépendante des phénomènes électriques, mais une action particulière analogue à la capillarité, physique, et susceptible de se transformer comme toutes les autres et dans toutes les autres.
\ 8° Un grand nombre d’articles bibliographiques et critiques dans la Revue universelle.
19° Traduction du Mémoire de M.
Ilelmholtz intitulé : Conservation de la force. Paris, Masson, 18G9, iu-8°.
Kaiiveur (J.-T-HyAUNTHE), Oné à Licge le 19 septembre 1801, a fait ses études humanitaires au Lycée impérial de cette ville, et ses études médicales a l'Université, sous les veux d'un père (v. l’art. DD. Sauveur) qui fut i» la lin son maître et son modèle ('). Il soutint sa thèse inaugurale en 1825 (De Scarlalinâ ), fut proclamé docteur le 5 août, et se rendit sans retard à Paris, où il reçut les leçons et les conseils des Laënnec, des Fouquier, des Broussais, des Guersent et d'autres professeurs ou praticiens illustres, il rentra dans son pays dûment préparé à monter dans une chaire académique et mûri par une expérience précoce. La Faculté de médecine de Liège ne tarda pas à réclamer
(') Deux fils de DD. Sauveur so sont appliqués à suivre scs traces. L'atné, Dieudonné-Jean-Joscph, né à Liège le 8 octobre 1197, est mort dans la même ville le 1"' novembre 1862, apres avoir fourni une carrière des plus brillantes comme administrateur et comme savant. Il avait fait scs premières études d'anatomie, de physiologie et de chirurgie sous Ansiaux et Comhaire ; trois années de séjour à Paris achevèrent de le former. Il rovint prendre à Liège ses grades universitaires (1820), puis s'occupa de se faire une clientèle (principalement en qualité do chirurgien cl d'accoucheur). Son mariage avec M11® Walter, fille de l'inspectcur-général de l'instruction publique (v. ce nom) le décida à quitter Liège pour Bruxelles, où il abandonna peu à peu la pratique de l'art pour embrasser la carrière administrative. Il fut nommé, le 27 août 1831, secrétaire du Conseil supérieur de santé, en même temps que premier commis au Minislèro de l'intérieur (2» division); en 1838, il fut promu chef de bureau; deux ans plus tard, il devint Commissaire du service de santé, au même département. Les attributions du Conseil supérieur de santé ayant été tranTéréos à l'Académie royale de médecine (18-11), il fut nommé membre et secrétaire do celte compagnie (il conserva ces fonctions jusqu’à sa mort). En 1846, il devint cher de la nouvelle division des affaires médicales et d'hygiène publique; en 1880, le gouvernement le déchargea de ces fonctions pour lui confier celles d'inspccleur-géniral du service médical civil, mission des plus importantes, en présence de la fréquence dos épidémies et de l'intérêt croissant qui s'attache aujourd hui aux questions de salubrité. Sau-
veur fit partie de la Commission centrale de statistique (1811), du Conseil supérieur d'hygiène publique (1849, , de lu Commission permanente d'inspection et do surveillance générale des établissements d'aliénés (1833), et des établissements dangereux et insalubres (1838), ainsi que d'un grand nombre de Commissions spéciales. Partout il rendit les services qu’on pouvait attendre de son activité et de son expérience, il contribua beau coup, entr'autres, aux progrès des Instituts de sourds-muets et d'aveugles , qu'il fut chargé d'inspecter à partir do 1839. En 1832, il se rendit ù Paris pour y étudier de près le choléra; son dévouement fut utile plus tard à différentes villes, qui lui volèrent les adresses les plus flatteuses, notamment celle d'Anvers, en 1880. Il appartenait à l'Académie royale de Bruxelles (depuis 1829) et à un grand nombre de Sociétés savantes; mais il tenait surtout à l'Académie de médecine, qu'il contribua beaucoup à consolider. On lui doit un grand nombre de notices cl de comptes rendus insérés dans les Bulletins de cette compagnie, dans ceux de la Commission centrale de statistique, dans ceux do I "Acad, royale de Belgique, dans l'Annuaire de l'observation de Bruxelles et dans le journal la .Santé. Il fut un des principaux collaborateurs do la nouvelle Pharmacopée, belge (18341. — M. UI. Capitaine a dressé la liste complète de ses travaux dans le A'écrologe liégeois pour 1862 (c'est à sa notice que nous empruntons les renseignements qui précèdent). Sauveur était chevalier de l'ordre de Léopold (1814), commandeur de la couronne de Chêne (1882), chevalier de. l'Ordre du Christ de Portugal (1833) cl décoré de la médaille d’or des épidémies (1860).
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son concours. Nommé lecteur le 4 tî déc. 1850, il fut chargé de faire des leçons sur les maladies des femmes et des enfants et sur les maladies syphilitiques, matières qui jusqu'alors n'avaient point été enseignées îi l'Université. Promu ù l'extraordinariat le 2 mai 1838, à l’ordinariat le 2G août 1844, il a vu plusieurs fois ses attributions modifiées. M. Sauveur a été successivement chargé des cours suivants : lu Maladies des femmes et des enfants; 2“ maladies syphilitiques (théorie et clinique) ; 3" médecine légale ; 4° pathologie et thérapeutique spéciales des maladies internes ; 5° clinique médicale, il fait encore aujourd’hui ce dernier cours à l’hôpital de Bavière- il a rempli en 1841-1812 les fonctions de secrétaire académique, (lest chevalier de l’ordre de Léopold depuis le 2 juillet 1850 ; le 50 décembre 18G6, il a été élevé au rang d’officier, à raison des services qu’il a rendus à l’enseignement. M. Sauveur est membre honoraire de l’Académie royale de médecine depuis le 2G décembre 1802; il est en outre affilié à la Société médicale de Bruges. Il fait partie de la Commission médicale de la province de Liège depuis le H juin 1858; il est actuellement le président de ce corps. Il est médecin des hospices civils de Liège depuis 1831, et depuis 1852 membre du Comité de surveillance des établissements d’aliénés de l’arrondissement; en 1848 et en 1853, il a été chargé du service médical des hôpitaux de cholériques. Les devoirs inhérents à des fonctions absorbantes et les soins d’une clientèle considérable ont laissé ù M.
Sauveur peu de temps à consacrer à des publications scientifiques; on lui doit cependant, outre sa thèse, quelques discours académiques, des rapports scientifiques sur divers sujets et un certain nombre d’articles insérés dans des journaux spéciaux.
( * ) Il a été nommé, le 30 novembre 1844, agrégé a la Faculté des sciences.
t*) Schmil, aîné , mourut architecte de la ville de Bruxelles. Son fils, gendre de M. J. 1‘. Schmit, est actuellement professeur de hantes mathématiques à l’Université libre de
schmit (Jkan-Pierre), né à Luxembourg le 1" mai 1817, ancien élève de l’Athénée de cette ville (v. l’art. Noël) et de l'Université de Liège, a manifesté de bonne heure des aptitudes spéciales qui lui valurent d’être attaché, dès le 17 octobre 183G (*), aux Ecoles des arts, des manufactures et des mines, en qualité de répétiteur cl maitre de dessin. Sans son goût prononcé pour l'enseignement, il aurait suivi la carrière de son frère aîné, qui se distingua comme architecte (*): plusieurs constructions, exécutées d’après ses plans et par ses soins, permettent du moins de le conjecturer. Quoiqu’il en soit, le chef des travaux graphiques des Ecoles, bien que depuis 32 ans en contact avec les élèves pendant 24 heures en minimum par semaine ( 5 ), a trouvé le temps, non seulement de se charger de plusieurs cours en rapport avec ses études spéciales sur l’art de bâtir, mais de rendre de nombreux services à diverses administrations, en dehors de ses fondions professorales, dans le domaine des travaux publics. De 183G à 18GG, il a répété les deux cours de géométrie descriptive et procédé aux interrogations relatives à ces cours, sur une moyenne annuelle de plus de 100 élèves; de 1840 à I8G2, il a fait un cours de topographie (*) et dirigé les exercices des élèves sur le terrain. En 1842, de retour d’un voyage en Bavière, il ouvre une série de leçons publiques sur l'histoire de l’architecture ; les élèves des différentes Facultés se groupent autour de sa chaire, et le gouvernement donne au jeune professeur un témoignage de satisfaction, en l’envoyant faire le tour de l’Italie. Rentré à Liège, il reprend et continue pendant plusieurs années son cours d’histoire de l’art, lequel au reste n’était qu’un appendice de celui d’architecture civile, confié à M. Schmit depuis 1840. En 1847, il fallut y renoncer : le cours d’architecture civile
ta capitale.
(s) Les lâches ont été depuis divisées, à raison de l’accroissement considérable de lu population des Écoles.
( * ) Aujourd'hui confié à M. A. IlabctS (v. l'art. Note).
SC, H
fut réuni au cours do constructions industrielles, sous le nom d'architecture industrielle (cours annuel) : M. Schmit en est encore titulaire. Depuis 1807, il expose publiquement à la Salle académique l’intéressante théorie de Vaxon omet rie, qu’il vient d’enrichir de nouveaux développements et dont il a considérablement étendu les applications (v. ci-après). Un arrêté du 5 septembre 1808 lui a confié le cours de géométrie descriptive, délaissé par Brasseur (v.ce nom), et l’a déchargé en même temps de la direction des travaux graphiques.
— En dehors de l'Université, M Schmit s’est particulièrement fait remarquer par la part active qu’il a prise aux travaux du Conseil de salubrité publique de la province de Liège (v. les Rapports annuels deM. Spring, président). — En 1818, M. Rogier, ministre de l’intérieur, adressa, sous la date du 8 avril, une circulaire aux gouverneurs des provinces, pour les engager à étudier la grave question des engrais des villes, doublement importante au point de vue de l’hygiène et des finances communales. Le Conseil de salubrité de Liège, depuis longtemps sous l’empire des mêmes préoccupations, nomma aussitôt une Commission spéciale, et celle-ci jugea indispensable, avant tout, de recueillir en faisant étudier de près les établissements le plus en renom , des données précises pouvant servir ù l'introduction, dans le pays, d’un système régulier de récolte et de distribution des engrais. M. Schmit fut envoyé à Lyon, cité dont la situation topographique oppose, à la réalisation d’un tel projet, des diflicultés analogues à celles qui se présentent dans la ville de Liège. La Société générale des engrais de France (dite Baronnet) avait dès lors établi à Villeurbanne, près de Lyon, un service d’exploitation modèle. M. Schmit l’étudia dans le plus grand détail, et publia en 1850, dans les Annales du Conseil de salubrité, un rapport explicite, qui fut distribué par le gouvernement aux principales administrations du royaume et exerça par-
(1 ) L'accomplissement de celte mission dura quatre ans. Les appareils do Tusses mo-
tout une légitime influence. M. Piercot, bourgmestre de Liège, fil en quelque sorte A l’auteur un devoir de mettre lui-même ses conclusions en pratique :
M- Schmit accepta cette mission temporaire et, dans la période de 1852 à 1858, ouvrit le marché de la Campine aux engrais de Liège, activant ainsi le défrichement des bruyères tout en assainissant la ville. Ileul bientôt l’occasion d’étendre au dehors l'influence de ses idées; déjà en 1851, le ministre de l’intérieur l’avait chargé de procéder à une enquête sur les taxes d’octroi dont les engrais d'Anvers étaient frappés à la sortie; en 1852, le ministre de la justice mit sous sa direction les travaux d’assainissement des prisons de l’Etal à Vilvorde, à Garni et à lloogstracten ('); en 1855 enfin, M. Rogier l’envoya de ville en ville étudier le système des engrais, avec mission de rédiger un rapport circonstancié, qui fut communiqué l'année suivante aux Chambres législatives et inséré dans les Annales parlementaires. Libre enfin, après 1858, de se consacrer entièrement à ses travaux ordinaires, M. Schmit s‘est particulièrement occupé, depuis lors, des applications de la géométrie descriptive. On conçoit que ses occupations multiples ne lui aient guère laissé le loisir, pendant longtemps.de publier de nombreux ouvrages. Nous avons cependant à mentionner de lui les travaux suivants :
1° Sotice (en anglais) sur la Théotéque de l'énlise de Limbourg (prov. de Liège). Londres, Wells, 1*12, in-folio, avec une planche lith. à 2 teintes (dessinée par M. Schmit).
2* Extrait d’un Mémoire sur l'architecture en Italie (Mém. delà Société royale des sciences de Liège , mai 1815, in-8".)
M. Schmit fait partie, depuis l’origine, de la Société royale des sciences.
‘ 5° Allas d'épures de géométrie des-
criptive et des applications de cette science Liège, 1850-1800, in-fol*
Cet allas se compose de planches cora-
biles de M. Schmit ont été adoptés par le Conseil supérieur du royaume.
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posées par M. Schmil pour les cours de travaux graphiques à l'Ecole des mines, et gravées par lui-mème.
4" Moyens de recueillir et d'utiliser les engrais qui se perdent dans les grands centres de population au détriment de la salubrité publique et de l'agriculture. Liège, 1850, un vol. in-8°.
C’est le rapport rédigés la suite du voyage à Lyon. Il comprend tout le 4® volume des Annales du Conseil de salubrité de Liège. Le gouvernement en a Tait distribuer 800 exemplaires aux administrations communales.
5" Hapiwrt sur l'exploitation des engrais de ville à Anvers (adressé au ministre de l’intérieur). Bruxelles, Lesigne, 1851, in-8'\
G« Enquête sur les engrais des villes (Happort transmis à la Chambre des représentants dans la séance du 30 janvier 1854, et inséré dans les Documents parlementaires, sous le n° 121).
7° Traité d'axonomélrie (sous presse).
L'axonométrie est un système des projections permettant de Figurer les objets, dans une seule image, de telle manière que les trois dimensions principales, nécessaires à la construction, y soient mesurables directement, sur des échelles connues. L'objet est incliné sur le plan de projection; mais les projetantes sont orthogonales , tandis que la théorie des projections obliques admet une position orthogonale de l'objet par rapport au plan de projection, mais exige des projetantes obliques h ce plan. — L'axonoraétric comprend les perspectives eu valicrcs et lus projections dites militaires. Monge n'avait enseigné que les projections orthogonales sur deux plans de projections, et les projections polaires ou perspectives. Les premières exigent, dans la lecture de l'épure, une synthèse Fatigante des deux projections ; elles ne Font pas image. Les autres Font image, mais no peuvent servir à la construction. Les projections axonométriques et les projections obliques réunissent les deux avantages cl évitent la synthèse : elles sont aujourd'hui enseignées à l'Ecole polytechnique do Paris et dans toutes los écoles spéciales d'Allemagne ; M. Schmil est le premier et le seul qui, jusqu'à ce jour, ait enseigné cette doctrine en Belgique. Il l’a introduite dans ses cours de l'Ecole des
(') V, l’art. Dumont, col. 231 et 232.
mines depuis 1840. Rien n'avait encore paru sur celte science. Le traité de Weissbach, imprimé à Freiberg, ne date que de 1844. Le premier dessin axonoraétrique publié en Belgique par M. Schmil est la vue perspective de l’établissement de Ruysselede, insérée dans un rapport de M. Ducpétiaux à la Chambre des représentants. En ouvrant un cours public (l'axonométrie (1 8ti7), M. Schmil a voulu rendre celte découverte accessible à des élèves qui ne connaîtraient que les premiers éléments de la géométrie. Il expose une théorie nouvelle des ombres axonométriques qui siiuplilie les applications de la science; dans son cours de 1 8118, il développe les projections obliques , d’après une théorie qui lui appartient également.
8° Happort sur les ouvrages de M. le docteur Varrmlrapp (Drainage des villes. Berlin, 1808) et de M. l'ingénieur Kurckly (Canalisation des villes. Zurich, 1866), suivi d'une Note sur le déversement des eaux chaudes dams les égoûts • Liège, 1868. in-8°.
Extr. des Annales du Conseil de salubrité de lu province de Liège.
9° Cours de géométrie descriptive. — Point, droite, plan. — Livre I : Projections cotées. Liège, Desoer, 1868, 54 p. in-8° et 4 pi. in-4".
La science du dessin, selon M. Schmil, peut se réduire à cinq systèmes de représentations graphiques des corps : lu système orthogonal sur un plan, combiné avec les cotes de hauteur chifTréesou les rabattements qui ne sont encore que des ombres portées; le système orthogonal sur deux plans rectangulaires , constituant la géométrie descriptive de Monge; lo système orthogonal sur un plan , combiné arec des projections sur trois plans rectangulaires, et Formant l'axonomélrie de Weissbach ; le système par rayons projetants obliques aux plans de fimage, connu sous le nom de projections obliques ; enfin, le système central nu polaire, que l’on désigne sons le nom de ptrsjiective.
M. Schmil met en relier (parag. 148 et suiv.) l’importance du procédé d'application de la théorie des projections cotées à la représentation des couches de houille, employé pour la première Fois par M. J. van Schcrpenzeel-Thim , chargé de la conFection de la Carte générale des mines de la Belgique ( 1 ). La pl. IV de l'allas représente un spécimen de carte minière qui ne laisse rien à désirer.
Dans un second volume, l'auteur traitera
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des courbes cl des surfaces courbes employées dans les arts, des questions de contact et d'intersection dos surfaces, de l'application de la théorie des ombres et de la perspective aérienne à la représentation des courbures et des positions de ces surfaces ; niais en choisissant, pour chaque cas donné, le système de projection le plus approprié (v. la llevuc de f Instruction publique en Belgique, t. XI, 1869, p. 413-415).
1(1° Programme détaillé du cours de géométrie descriptive fait à l'Université de Liège en 1808-1869 par J. -P. Schmil, Liège. Ch. Jaspar et fils, 1809, in-8° (autographié).
Première partie (cours du semestre d'hiver) : Projections cotées et projections orthogonales sur deux plans rectangulaires. — 2° partie (cours du semestre d'été) : Projections axonometriques orthogonales ; id. obliques ; projections polaires ou perspective linéaires; projections stcréographiqucs.elc.; théorie des ombres, appliquée aux différents systèmes de projections; perspective aérienne, avec les mêmes applications, coupe des pierres et charpente.
Le 8 janvier 18G8, M. Schmil a reçu de S. M. le roi des Pays-Bas la croix de chevalier de l’Ordre de la Couronne de chêne.
Hrhwnnn (THÉOnOttF.), O. 5$, né à Neuss, près Dusseldorf, le 7 décembre 1810, commença ses humanités au progymnase de sa ville natale et les acheva au gymnase de Cologne (ancien collège des Jésuites). Il manifesta de très-bonne heure une aptitude marquée pour les sciences physiques et mathématiques, mais ne s’en distingua pas moins dans l’étude des langues, si bien qu’en quittant les éludes moyennes, il était encore indécis sur le choix d'une carrière. L’Université de Bonn brillait alors du plus vif éclat : ce fut là qu'il prit ses inscriptions, au mois d'octobre 1829, comme étudiant en philosophie. Van Calker (logique), Bobrik (psychologie), Hermès (introduction philosophique à la théolo-
( ' ) Nous extrayons ces détails dn Curriculum t'inv annexé, selon l'usage, à la thèse de doctoral de notre collègue.
(*t Muni fanatomic spéciale et anatomie pathologique), Bumpf (matière médicale),
gie catholique), Dellirück (littérature latine), Plucker (algèbre supérieure), Diestervveg (de rébus positivis et nega- * liv'is), Troviranus (botanique), Nees von Esenbcck (pharmacologie) , Goldfuss (zoologie), Nœggcralh (minéralogie) , Münchow (physique) et Bisehof (chimie expérimentale) furent ses premiers maîtres f). Insensiblement les prédilections de son adolescence devinrent dominantes ; il résolut enfin d’associer l’étude de la médecine à celle des sciences naturelles. L’illustre physiologiste Jean Müller, alors simple privaldocenl à Bonn, mais déjà renommé dans toute l’Europe, lui enseigna l’encyclopédie médicale, l’anatomie comparée, la physiologie et la pathologie générale;
Weber et Meyer, 1 anatomie générale et spéciale, ainsi que l’art des dissections; liarless, l’hygiène et la diététique; Naumaun, la pathologie spéciale. Jean Millier surtout exerça sur lui une grande influence, en l’associant à ses travaux :
M. Schwann l’assista dans toutes ses expériences sur la différence des racines sensitives et motrices des nerfs, sur le sang, etc. On sait que la méthode expérimentale. introduite dans la physiologie par Magendie, fut cultivée par Muller avec cette rigueur consciencieuse qui caractérise la nation allemande, et avec un succès qui marque dans l'histoire de la science. Le jeune étudiant ne pouvait tomber en meilleures mains: le maître, d’autre part, apprécia en lui un disciple destiné à en former d’autres à son tour; dès cette époque, il l'engagea vivement à poursuivre ses études de manière à pouvoir ambitionner, plus tard, une chaire académique.
Après avoir subi à Bonn, le 4 août 18}| , l'examen dit philosophique et scientifique, qui donne droit au titre de bachelier en philosophie, M. Schwann se rendit à l'Université de Würzbourg, célèbre par son enseignement médical ; il y fréquenta pendant un an et demi les cours du doctorat en médecine (*) et la
Tcxtorîchirurgic et ;ikiurgie). Schœnloin (pathologie et thérapeutique spéciales), dOntrcpont (art obstétrical;. Il assista également aux leçons de Wagner (philos, pratique et philos, naturelle).
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clinique médicale du célèbre Schœnlein, puis celle de Marcus, la clinique chirurgicale ei ophtalmologique de Textor cl de Jæger, enfin la clinique des a«> eouchemenls de d'Outrcpont. Au mois d’avril 1855, il sp transporta à Berlin pour achever ses études (*) et passer ses derniers examens. Le litre scientifique de docteur en médecine lui fut délivré par la Faculté de celle ville le 31 mai 1 854, après un examen rigorosum.
Sa thèse inaugurale est intitulée: De necessilate aëris almospherici ad evolur tionem pulli in ovo incubito (Berlin , 1854 , in-4°). Il prouva, dans ce travail expérimental, que l’œuf de poule ne se développe ni dans l’azote, ni dans l'hydrogène pure, ni dans l'acide carbonique, ni dans le vide, mais que l’oxygène est indispensable pour faire naitre les premières traces de l’embryon.
Pendant l’hiver de 1855-1854, M.
Schwann subit l’examen d’Etat (Slaats- Examcn) qui donne accès à la pratique médicale et dure ordinairement quatre mois. Son brevet de médecin et de chirurgien porte la date du 20 juillet 1854.
Sur ces entrefaites, Jean Muller avait accepté, à Berlin, la chaire d’anatomie et de physiologie, devenue vacante par le décès «le Rudolphi. C’était une bonne fortune pour l’ancien élève de Bonn.
Millier prit une vive part aux expériences de M. Schwann sur l'incubation des œufs dans les gaz irrespirables, et insista de nouveau pour le décider à entrer dans renseignement. Ses conseils furent écoulés: bientôt, par son influence, notre collègue obtint une nomination d'aide-naturaliste au Musée d'anatomie humaine et comparée , à l’Université de Berlin. Müller était directeur du Musée : M. Schwann trouva ainsi l'excellente occasion de l’aider de nouveau dans toutes ses expériences, préparatoires à la publication de ce célèbre Traité de physiologie humaine , «pii éleva le professeur de Berlin au premier rang parmi les spécialités contemporaines.
Ces travaux n’empêchèrent pas M.
Schwann d'entreprendre des recherches
(*) Il suivit à Berlin la clinique médicale de Martels et de Wolf, In clinique chirurgicale de Hast, In clinique ophllmlmiatrique de
pour son propre compte. Le docteur F.bcrle, de Wurzbourg, dans un travail sur la digestion, venait de publier l’expérience suivante : « Si l’on ajoute à une membrane muqueuse préparée quelques gouttes d'acide chlorhydrique, et si l’on y met pendant quelques heures des morceaux d'albumine coagulée , à la température du corps, ces morceaux deviennent transparents et se dissolvent. » Müller et son aide répétèrent et confirmèrent cette découverte, qui implique la digestion artificielle (Miiller's Arcliir, 1850, p. 00). Cependant M.
Schwann s'engagea pius avant, et seul, dans la nouvelle voie ouverte. Il filtra cette substance pultaeée et montra que le liquide aqueux filtré possède la même propriété dissolvante, il prouva que c’est uniquement la mu«iueuse de l’estomac qui produit cet effet, qu'il est dû à la présence d’une substance organi«|ue particulière, dont il détermina les réac lions principales et à laquelle il donna le nom de pepsine. Il découvrit ainsi le principe essentiel de la digestion stomacale. Il démontra qu’en commun avec l’acide , la pepsine dissout aussi les autres substances albuminoïdes ; que cet effet a lieu quand même la pepsine est en quantité minime (par catalyse); enfin, il détermina le rôle que les acides jouent dans celle opération ( Ueber dos Wesen des Verdauungsprocesscs. Müller's Archiv, 1850, p. 00). 11 confirma, dans ce même travail , la découverte de Leuchs sur la transformation de la fécule en sucre par la salive.
Ces travaux chimiques furent suivis de recherches microscopiques. M.
Schwann examina la texture des muscles volontaires, indiqua une méthode d’isoler les fibres primitives et montra l’origine des stries transversales de leurs faisceaux primitifs (Physiologie de Müller, l. Il, p. 35). Il chercha la terminaison des nerfs dans les muscles, sans parvenir à la découvrir; il n’admit point la terminaison par anses, généralement adoptée û cette époque, aujourd’hui entièrement réfutée (Ibid., t. II, p. 54).
Jüngken et le cours d'histoire de la médecine de Hecker.
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Armé du microscope, il constata le premier l'existence de parois propres des vaisseaux capillaires (10., t. I, p. 17.1). (I montra par des expériences physiologiques, au moyen d’eau froide, la contractilité musculaire des artères (Encycl. Wœrterbuch der Medic. Wissenscliaft, art. Gefœsse ; Physiol. de Muller, l I, p. 170).
Le tissu jaune élastique fut un autre objet de ses recherches microscopiques.
Lauth avait déjà démontré que ce tissu diffère radicalement du tissu fibreux ; M. Schwannen découvrit les propriétés microscopiques, d’un caractère trèstranché (Encycl., Wœrlcrb., \ ol. XIV.
p. 216, et Eulenbourg, De tclâ claslicû , Iterlin, 18ÔG). Il découvrit, dans le mésentère de la grenouille et dans la queue des têtards, la division d’une libre primitive de nerfs, observation sans précédent jusqu’alors (Pliysiol. de Muller, t. I. p. 82 i ; t. Il, p. 88). Il prouva le premier, par l'examen microscopique et par le rétablissement de lu fonction, la reproduction des nerfs coupés, et, le premier, il se servit de celte faculté pour résoudre la question de savoir si les libres, sensitives ou motrices, irritées au milieu de leur trajet, propagent leur irritation vers le centre et la périphérie à la fois, ou seulement dans une de ces directions (Ibid.). — Se tournant alors vers un autre mystère physiologique important, il aborda parla voie expérimentale le problème de la génération spontanée.
l)n flacon en verre fut à moitié rempli d’eau contenant des morceaux de viande.
Même après la coction, des infusoires se forment dans ce liquide au bout de quelques jours, si l’air peut y entrer.
M. Schwann ferma le goulot au moyen d’un bouchon en liège, traversé de deux tubes en verre chauffés dans un bain de plomb fondu. Après une forte ébullition de l'eau du flacon, pour chasser l’air, il laissa refroidir. L’air extérieur ne pouvait s’introduire dans le flacon, pendant le refroidissement, qu’en passant par les tubes chauffés dans le bain. La lusion du plomb fut entretenue pendant plus d'un mois (en été), et un courant continuel d’air fut établi par les tubes et le flacon. Aucun infusoire ne se forma dans l'eau. Pour
plus de sûreté, l’air fut analysé après son passage par le flacon : là quantité ordinaire d'oxygène y fut reconnue. Les infusoires apparaissaient promptement, dès que les tubes n’étaient plus chauffés. Ces expériences sont sans contredit les plus concluantes qui aient encore été faites à propos de la génération spontanée: la cause de la formation d’inlusoires existe dans l'air, et celte cause cesse d’agir si l’air est chauffé, tandis qu’à cette température l’oxygène et l’azote ne changent pas de proportion ; la conclusion « que ce sont des germes volant dans l’air » se présente d'ellemême (Annales de Poqgetidorf, t8">7, vol. XLI, p. t84).
M. Schwann remarqua en même temps que la viande du flacon ne pourrissait pas. On connaissait bien déjà la méthode d’Appert, qui consiste à conserver la viande dans des vases clos, chauffés à 1 00° ; mais on attribuait l’absence de putréfaction au défaut d'oxygène. Les expériences de notre physiologiste prouvèrent que la putréfaction n’a pas lieu, même quand l’air avec son oxygène arrive en abondance, pourvu que cet air soit chauffé suffisamment pour tuer les germes d’infusoires.
Les infusoires sont donc, se dit-il, la cause de la putréfaction : il prouva en effet par d’autres expériences que tout ce qui tue les infusoires empêche également la putréfaction. Voulant alors faire la contre-épreuve et démontrer que, dans d’autres phénomènes où l’air joue un rôle, il n’y a aucune différence entre l’air chauffé ou non chauffé, il lit des expériences sur la fermentation alcoolique. Contre toute attente, l’air chauffé ne produisit pas non plus la fermentation, il conclut : de deux choses l’une , ou l’air chauffé subit un changement inconnu, qui est la cause de la putréfaction et de la fermentation alcoolique , ou celle-ci est aussi produite par des êtres vivants. Il examina donc la levure au microscope, et fut aussi étonné «pie ravi de trouver qu’elle est entièrement composée de cliampi gnons. Il observa l’accroissement de ces champignons pendant la fermentation et prouva que tout ce qui tue le champignon empêche la levure d’opé-
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rer la fermentation (Ann. de Poggendorf. 1837). Plus tard () liscroscop.
Unlersuchttngen, p. 231), il démontra encore que l'acide carbonique de la fermentation alcoolique se forme autour des champignons. Une solution faillie de sucre avec un peu de levure fut colorée en bleu par du tournesol et introduite dans un long tube en verre. Au milieu de ce tube se trouvait une tige transversale, sur laquelle une partie des champignons devaient se déposer.
La coloration en rouge, due à l’acide carbonique, commença effectivement à se produire au fond et autour de celte tige. Il appliqua donc sa théorie de la putréfaction à ta fermentation alcoolique produite parles champignons de la levure. Il inaugura ainsi cette série de travaux poursuivis depuis par beaucoup d’auteurs et principalement par M. Pasleur, sur le rôle très-important que les germes d'animaux et de végétaux inférieurs suspendus dans l'.iir joiu-nl dans la nature inerte et dans la nature vivante.
Dès le début de ses recherches , M. Schwann s’efforça d’introduire en physiologie la méthode rigoureuse d’expérimentation qu’on n'avait précédemment appliquée qu’à l’étude de la nature inanimée, et qui est devenue depuis le cachet de la physiologie moderne. Il choisit à cet effet la contraction musculaire, acte évidemment vital, et qui, à la différence d’autres actes vitaux tels que la sécrétion, offre l’avantage d’être exempt de changements qualitatifs.
A quelles lois la contraction musculaire est-elle soumise ? Pour résoudre celle question, il attacha le tendon d’une patte de grenouille à une balance d’une construction particulière, puis il irtita le nerf du muscle. La contraction lit descendre le fléau jusqu'à une certaine hauteur, qu’il marqua sur une échelle par 0- Ce point 0 indique le maximum de contraction du muscle sans charge, lin certain poids ayant ensuite été mis sur le plateau opposé de la balance, il irrita de nouveau le muscle. Celui-ci ne se contracta plus jusqu’au point 0, mais resta à une dis-
(• Sotice iiécrolotjique sur J. Huiler (Md-
tance .V de ce point. Le poids étant doublé, le muscle irrité se trouva arrêté à une distance 2 M du point 0 , et ainsi de suite : c’est la loi des corps élastiques. Un muscle irritésecontracte donc, comme un corps élastique ayant la longueur du muscle contracté au maximum, et allongé jusqu’à la longueur du muscle en repos. La modification qu’une irritation produit dans un muscle consiste donc dans un changement des molécules du muscle , qui est tel , que leur équilibre stable est établi seulement lorsque le muscle est contracté au maximum ; dans ce nouvel état moléculaire, le muscle est un corps élastique. Ces expériences furent faites publiquement à iena en 183G. à la réunion des naturalistes allemands. Elles furent publiées dans le compte rendu de cette réunion et dans la Physiologie de Muller, t. Il, p. 39. C’était, comme le fait remarquer M Dubois-Raymond (’), c’était la première fois qu’on examinait comme une force physique une force évidemment vitale, et que les lois de cette force étaient mathématiquement exprimées, en chiffres. Les expériences de M.
Schwann n’attirèrent cependant pas l’attention publique autant quelles le méritaient : les esprits n'étaient pas assez préparés pour ce mode d’examen. Dix ans plus tard, F.d. Weber les reprit et poursuivit avec beaucoup d’éclat.
La tendance de notre collègue d’introduire dans la physiologie un mode d’explication plus exact que celui qui régnait alors sans contestation, l’explication par la force vitale, se dévoila de la manière la plus décisive dans le travail qu’il publia trois ans plus lard , sur le développement des tissus. Ce livre, d’une importance hors ligne, est intitulé : Mikroscojmche Untersuchungen iiber die Ubereinslimmnng in der Sfruclur unddem Wachathvm der Thiere und Pflnnzen. Berlin, 1839, in-8". On admettait généralement à cette époque, danschaque être, l’existence d’uneforce unique particulière, dite force vitale.
On se figurait cette force réunissant les molécules en organisme, à peu près comme un architecte bâtit une mai-
mom. de l’Acad. de Berlin, 1859, p. 79.
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son, d'après une idée , sans cependant avoir conscience de cette idée. On la considérait comme agissant dans chaque tissu et lui donnant ce que J. Muller appelait son énergie propre. La contractilité , par exemple , était l'énergie propre des muscles, l'irritabilité celle des nerfs, etc. D’après J. Muller, les phénomènes de la vie se distinguent de ceux de la nature inerte, en ce que les agents qu’on applique sur un organe vivant ne font que provoquer l 'énergie propre du tissu, si bien que l'effet est le même quel que soit l’agent appliqué, tandis que dans la nature inerte l'effet produit est quelque chose d'intermédiaire entre l’agent appliqué et la substance à laquelle on l'applique. Ainsi, un muscle ne fait que se contracter, que l'agent qu'on y applique soit mécanique, chimique , électrique, etc. , tandis qu’un acide agissant sur une hase produit un sel, (pii n’est ni acide ni hase.
I.es décou' ertes de M. Schwann changèrent radicalement celte manière de voir et jetèrent les fondements de la physiologie moderne . qui s'appuie sur le principe opposé. Les phénomènes de la vie, dit-il, ne sont pas produits par une force agissant d'après une idée, force qui serait donc plus ou moins analogue au principe immatériel et conscient de l'homme, mais par des forces essentiellement les mêmes que dans la nature inorganique, par des forces agissant aveuglément et avec nécessité, comme les forces physiques. On pourrait admettre, ajoute-t-il, (pie les forces formatrices des organismes n’agissent pas dans la nature inerte, parce que les combinaisons des molécules (pii les dégagent ne s’y rencontrent pas; mais il ne s’ensuivrait pas encore qu’il fallût les dislingucrcssenticllemeiit des forces physiques ou chimiques. La tinalité, continue-t-il , même un haut degré de finalité individuelle, dans chaque organisme . est incontestable; mais cette tinalité ne provient pas de ce que chaque organisme serait produit par une force individuelle agissant d'après une idée; elle est déterminée de la même manière que dans la nature inerte : il en faut chercher l’explication dans la création de la matière avec ses forces
aveugles par un être infiniment intelligent (Mikroscojrische Untenuchungcn , p. 221 et suiv.). M. Schwann oppose donc l’explication physique à l’explication téléologique (explication par finalité). Celle-ci implique une personnification des forces de la nature , qui marque toujours l’enfance des sciences.
M. Schwann a été conduit à cette manière d’envisager les organismes par la découverte qu’il a faite, en 1837, de l’uniformité de la texture et de l’accroissemcnl des animaux et des végétaux.
On connaissait depuis longtemps l’uniformité de la texture des plantes : elles ne se composent que de cellules. On en était déjà venu à inférer que l’être vivant dans une plante n’est que la cellule, et que la plante est une agrégation de cellules. Itobert Brown, d’autre part, avait signalé dans beaucoup de cellules un corps caractéristique, ordinairement ovale et aplati, appelé noyau et renfermant lui-même un corpuscule appelé nucléole. Schleiden prouva que ce noyau existe dans toutes les cellules jeunes; qu’il précède même la formation de la cellule, et que celle-ci. dans son origine, s’insère sur lui comme un verre de montre sur la montre. Schleiden communiqua verbalement le résultat de ses travaux à M.
Schwann, qui fut frappé de la ressemblance de ce corps important, nous voulons dire du noyau des cellules des plantes, avec un corps déjà connu qu’il avait observé souvent chez des animaux, par exemple dans les corpuscules du cartilage, dans les cellules de l’epithelium, etc. Il reconnut immédiatement qu’un nouveau principe serait mis en lumière, s’il parvenait à protiver que ce corps se. forme aussi , chez les animaux, avant la cellule épithéliale, avant le corpuscule du cartilage. Ce point établi, l’analogie complète entre le corps du règne animal et le noyau des cellules des plantes ne saurait être révoqué en doute. Il serait démontré qu’il existe chez les animaux des parties élémentaires se développant essentiellement de la même manière que les cellules végétales; d'où l’on serait fondé à soutenir que la cause qui fait croître les parties animales doit
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êlrela même que celle qui fait croître les cellules végétales. Si donc la cause de l’accroissement des cellules des végétaux réside en elles-mêmes et non pas dans la plante entière, les parties animales dont il s’agit doivent avoir aussi la cause deleureroissanceen elles-mêmes, et non pas dans une force qui tiendrait à l’organisme entier. Mais s'il y a dans l'organisme animal des parties élémentaires qui sc soustraient à l’action de la force unique qui , selon l'opinion commune, bâtit le corps d’après une idée, l’existence de cette force même devient douteuse. Admettons par hypothèse sa non-existence: dès lors la force inhérente aux molécules elles-mêmes peut seule rendre raison de l’accroissement des parties élémentaires. Or les molécules ne différant pas essentiellement les unes des autres, les forces par lesquelles elles se réunissent doivent être aussi partout essentiellement les mêmes, et par conséquent aussi le mode de réunion, le mode de croissance doit être le même. Dans le règne végétal, le mode de réunion consiste incontestablement dans leur assemblage en cellules à noyau préexistant ; le même mode de réunion doit exister aussi dans la formation et le développement de toutes les parties élémentaires de l’animal : toutes doivent être des cellules à noyau, plus ou moins transformées.
M. Schwann entrevit d’un coup d’œil tontes ces conséquences et se mit îi chercher par ie microscope, d'abord pour un seul tissu, les cartilages, l'identité du noyau des corpuscules du cartilage avec le noyau des cellules végétales, la nature cellulaire de ces corpuscules, la préexistence de ce noyau avant les corpuscules , la formation de jeunes cellules dans une cellule mère : bref, tout ce qui peut prouver l'identité de la compo silion et du développement des cellules du cartilage avec les cellules végétales.
Ayant acquis, non sans peine , celte certitude, il se tint pour assuré de trouver le même mode de développement dans tous les tissus des animaux, précisément parce que pour lui il ne s’agissait pas de la simple généralisation d’un fait. Il avait reconnu le principe qui est au fond du fait, c'est-à-dire que deux
tissus radicalement différents se développent de la même manière, proposition difficilement compatible avec l’explication de la croissance par une force commune, réunissant les molécules d’après une idée. Les molécules se réunissent par leurs propres forces , qui sont partout essentiellement les mêmes.
L’examen du développement de tous les tissus a pleinement confirmé la théorie de M. Schwann. Il a démontré que l’œuf est une simple cellule à noyau; que les vaisseaux, les os, les muscles, les nerfs, les globules de ganglions, bref, les éléments de tous les tissus, ne sont, dans l’origine, que des cellules à noyaux, qui subissent plus tard différentes transformations. La formation de cellules est la loi générale de l’accroissement de tout ce qui vit, du règne animal aussi bien que du règne végétal : partout où un organe, partout où un être tout entier doit se former, il y a un noyau qui se forme d’abord, puis une cellule qui vient l’entourer ; celle-ci peut se multiplier de la même manière, c’csi-à-dire par la formation d’un noyau, etc., et toutes les cellules peuvent se transformer ultérieurement.
La confirmation de prévisions atteintes en vertu d’un principe donnait à ce principe une grande autorité, ou plutôt elle en devenait la véritable preuve.
L’hypot hèsede la vie individuelle descellâtes végétales, avancée par quelques botanistes, n’était soutenable, même pour les plantes seules, qu'aussi longtemps qu'on séparait complètement le règne végétai du règne animal , comme on le faisait à cette époque ; elle perdait sa base, du moment que les deux règnes étaient considérés comme formant un seul tout. Or, la découverte de M.
Schwann, que tout ce qui rit, est cellule , établit cette hypothèse comme loi générale de la nature vivante. M. Schwann fit encore un pas déplus, en établissant, à raison de son principe , que la vie individuelle des cellules a sa cause dans les forces qui sont inhérentes à chaque molécule.
Le champ des observations étant ainsi étendu à toute la nature vivante, ie mot Aecelhile, adopté pour le règne végétal,
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perdit sa signification étymologique de cavité entourée d’une membrane : il devint un terme physiologique désignant cette forme primitive commune, sons laquelle apparaissent, dans leur origine, toutes les parties élémentaires des organismes. M. Schwann chercha à reconnaître ce qu’il y a d'essentiel dans cet élément primitif de tout ce qui vit. Ce n'est pas l’existence d’une cavité entourée d’une membrane, mais l’existence d’une touche autour d’un noyau.
Il définit la cellule : un corps composé de plusieurs couches superposées , qui se développent de telle manière, que la couche interne précède la couche externe. Ordinairement, il y a trois de ces couches : nucléole, noyau, cellule ; quelquefois deux seulement : dans chaque couche, la surface peut se condenser en membrane ou la couche peut rester solide. Cette définition est vraie encore dans l’état actuel de la science.
M. Schwann publia ses recherches au fur et à mesure de ses découvertes, à partir du commencement de l’année 1858, dans les Motices de Froriep, n° 91, 103 et 112. Le travail complet, ciléplushaut, parut en 1859.— L’auteur était remonté jusqu’au phénomène fondamental de l'accroissement, c’est-àdire du seul acte essentiel de la vie: on appelle vivants des êtres qui ne présentent que ce phénomène, et il existe chez tous. Dès lors il put comparer cet acte vital essentiel avec, le phénomène le plus analogue de la nature inerte, la cristallisation. Il établit donc un parallèle entre la formation des cellules et la formation des cristaux, en notant avec soin les concordances « t les différences.
Immense fut l’effet produit dans tous les pays par la publication de l'ouvrage de l'infatigable investigateur, u Nous doutons, dit un auteur anglais ( ') dans un aperçu historique des progrès de la médecine, nous «louions que l’histoire des sciences naturelles puisse fournir l’exemple d’une révolution plus radicale dans la direction et le caractère des travaux scientifiques, que celle qui a été o|»érée en 1858 et 1859 par
OSimo^OufAe Thymus gland. Londres,
la mise en lumière de la théorie histogénétique de M. Schwann. » Aussi les sociétés savantes s’empressèrent-elles d’adresser de toutes parts au jeune physiologiste des témoignages éclatants de sympathie. La Société Senckcnbergienne de Francfort lui décerna la médaille de Sœmmering (1811); la Société royale de Londres, celle de Copley (lrr décembre 18-15), deux distinctions qui sont accordées, sans concours, à l’ouvrage le plus important publié dans le cours d’une longue période. La Sydenham Society fil traduire le livre de M. Schwann en anglais ; nombre d'autres Sociétés voulurent compter l'auteur parmi leurs membres : nous en (tonnerons la liste ci-après.
Pendant qu’il se livrait aux travaux qui devaient ainsi élendre sa réputation au dehors, il occupait toujours sa position d’aide-naturaliste au musée de Berlin, sauf à donner de temps à autre dos cours privés sur l’histologie. Comme il préparait sa demande pour être nommé professeur extraordinaire à l’Université de Berlin, la chaire d’anatomie générale et descriptive devint vacante à l’Universiié de Louvain, par suite du décès de Windischmanu. Elle lui fut offerte et il l’accepta au mois de décembre 185s. il dut bâter la publication de son ouvrage et même en retrancher une partie de sa théorie, pour que l'impression pfit être terminée avant son départ de Berlin. Il commença ses leçons à Louvain en avril 1859. Le 14 décembre 1845, le roi Léopold le décora de son Ordre; le 15 novembre 1848, le gouvernement belge l’appela en qualité de professeur ordinaire â l’Université de Liège, pour y faire les mêmes cours dont il avait été titulaire à Louvain. Par arrêté royal du 24 août 1858, il fut déchargé du cours d’anatomie descriptive et obtint en échange la chaire de physiologie, qu’il occupe encore aujourd'hui, tout en conservant le cours d’anatomie générale. H est officier de l’Ordre de Léopold depuis le 15 novembre 1859.
Depuis son arrivée eu Belgique, M.
Schwann s’est livré à un grand nombre
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d’expériences sur le rôle que la hile joue dans l’économie animale. Il a démontré que les animaux périssent d’inanition, après un temps plus ou moins long, si la hile, nu lieu de pénétrer dans l'intestin, s’écoule au dehors par une fistule. Ces expériences ont ouvert une nouvelle voie dans un des domaines les plus importants de la physiologie des fonctions végétatives (Nouv. Mém.
de l' Acad, royale de Belgique, t. XVIII,
mon.
Voulant prêter son concours au système de travaux associés, inauguré sous le patronage de l’Academie belge, et auquel l’observation des phénomènes périodiques avait servi de point de départ, il s’est occupé d’établir la mesure des principaux organes internes du corps humain et d’en constater le poids, ainsi que celui des tissus, par l’examen comparatif de plusieurs cadavres d’individus morts par accident (ibid ,t. XVI etXVIlI).
Une autre série de recherches intéressantes fut entreprise par SI. Schwann vers 1852. line catastrophe arrivée dans une houillère avait décidé l'Académie à mettre au concours le problème suivant : « Trouver le moyen de vivre dans un gaz irrespirable, de s’y mouvoir librement eide s’y éclairer. » Il est possible de vivre en respirant toujours le même air, se dit le professeur de Liège, si l’on parvient à absorber l'acide carbonique dégagé par la respiration, et à remplacer l’oxygène absorbé. Or il suffit de faire passer l’air expiré sur du peroxyde de baryte, pour obtenir ce double avantage au moyen d’une seule et même substance. Cependant il est nécessaire d’ajouter encore de l’oxygène : M.
Schwann atteignit ce résultat en faisant tomber de l'acide acétique sur une autre quantité de peroxyde de baryte. Telle fut la première idée de son appareil; mais il la modifia bientôt. Comme les vases en cuivre ne résistent pas longtemps à l’acide et à l’oxygène, il substitua au dégagement de ce dernier gaz l’oxygène comprimé à cinq atmosphères L’écoulement uniforme de l'oxygène comprimé
(M Pour lu continuation des oiles expériences, v. lu Physiologie de Wagner, t. lit.
fut assuré, grâce à une sorte de robinet de construction nouvelle. Le prix élevé et les qualités vénéneuses de la baryte lui tirent préférer à cette substance la chaux, imprégnée d’une solution de potasse. D’après ses principes fut définitivement construit un appareil de la dimension d’un sac de soldat et destiné à être porté sur le dos. La lampe d’éclairage consiste en un fil de platine chauffé â blanc au moyen d’un couple de bunsen, et enfermé dans un tube de verre. Ne voulant pas concourir, M.
Schwann déposa sous pli cacheté sa description â l’Académie (v. le t. XX 1-2 du Bulletin) et invita en même temps ses collègues MM. Glœsener, de Koninck, Spring et feu brasseur, comme lui membres de ce corps savant, à être témoins de ses expériences. Aucun Mémoire ne fut envoyé au concours. Dans la suite, M. Schwann perfectionna son appareil dans les détails. Il permet de vivre sous l’eau, sans aucune communication avec l’air, pendant plus de deux heures.
On doit encore à notre inventeur une étuve, destinée à entretenir une températurc constante pour l'incubation des ü’ufs, pour l’évaporation au-dessous de la température où l’albumine se coagule, et pour d'autres usages, (’.ette étuve a déjà trouvé son emploi dans plusieurs laboratoires de physiologie.
Elle se compose de deux vases emboités l’un dans l’autre, et entre lesquels il y a de l’eau. Le vase intérieur, où sont les œufs, renferme un thermomètre métallique, composé de deux lamelles de zinc et d’acier, tournées en spirale et soudées ensemble. Le spirale renferme un axe vertical, qui descend audessous de l’étuve, et porte là une tige horizontale, garnie à son autre extrémité d'une cheminée. La tige (avec la cheminée) est fixée sur l’axe par frottement, et on la place de telle manière, qu’à la température qu’on veut conserver, la cheminée se tourne au-dessus de la flamme et conduit la chaleur à côté de l’étuve. La chaleur, à l’intérieur, ne peut donc pas dépasser la limite
scft
voulue. Si la température diminue, la cheminée se relire et permet de nouveau l'action de la flamme.
Cédant aux instances pressantes de M. Qiietelet , M. Schwann a encore trouvé le temps de rédiger, pour l'isneyedopédie populaire publiée par M. Jamar, un Traité élémentaire à’ Anatomie, (2 vol. in- 12"). — Quant à ses grands travaux scientifiques, il les a poursuivis, sans se mêler à la discussion provoquée par la publication de ses Recherches microscopiques , discussion qui continue encore, lia cru pouvoir abandonner à la force de la vérité la défense des résultats auxquels il est parvenu.
Selon lui, le microscope, en atteignant les cellules, a fourni tout ce qu’il pouvait fournir, dans le sens de la profondeur des observations. Non pas que cet instrument n’ait conduit depuis et ne puisse encore conduire les savants à des découvertes très-importantes (les magnifiques travaux de Kolliker, Virchow, Ilenle, M . Schulze, Brficke, Leydig et d’autres hommes distingués en fourniraient la preuve, si une preuve était nécessaire); mais M. Schwann veut dire qu’au-delà des couches qui composent une cellule, il n’y a que les molécules, comme au-delà des lamelles, d’un cristal il n’y a plus que les molécules. Ces molécules, le microscope a été jusqu'ici impuissant à les saisir ( 1 ). En revanche, la chimie cl la physique moléculaires'cn occupent ; c’est donc dans cette direction que la physiologie, de l’avis de notre collègue, doit continuer ses recherches, si elle veut avancer en profondeur. Les contemporains s'engagent du reste dans cette voie : il suffit de citer les travaux de Liebig, de Dumas, de Dubois-Ilaymond, de Meyer, de Helmhollz, de Pfliiger et de tant d’autres dont le nom restera dans la science.
Depuis sa découverte , M. Schwann s'est occupé de mettre sa théorie à l'épreuve dans toutes les parties de la physiologie ; de l’appliquer à l’explica-
(•) M. Schwann a fait lui-même quelques tentatives pour découvrir les molécules au moyen du microscope, en observant la cristallisation de substances organiques ayant un très-grand poids atomique. I.es résultats
lion des fonctions animales, végétatives et génératrices; enfin, de la poursuivre dans ses dernières conséquences philosophiques. Nous attendons de lui une Théorie des organismes, qui doit comprendre aussi les fonctions psychiques des animaux , dont M. Schwann n’a point parlé dans son premier travail.
M. Schwann est membre de la Société des amis de la nature, de Berlin (G août 1839); de la Société médicale de Lisbonne (5 décembre 1840); de la Société Sencltcnbergienne de Francfort (7 avril 1841); de la Société philomatique de Paris (31 juillet 1841); de l’Académie royale de Belgique (associé de la classe des siences , 16 décembre 1841) ; delà Société royale des sciences de Liège (IG juin 1848); de l'Académie royale de médecine de Belgique (corresp. le 16 novembre 1843, membre honoraire le 51 décembre 1865); de la Société médicale de Copenhague (5 octobre 1844); de la Société du Bas- Rhin pour les sciences naturelles et médicales (Bonn, 1er avril 1845) ; de la Société de médecine d’Anvers (10 janvier 1848); de l’Académie de Boston (13 novembre 1849); de la Société de biologie de Paris (19 juillet 1851); de la Société royale des sciences de Gœtlinguc (29 octobre 1853); de l’Académie royale des sciences de Berlin (27 avril 1854); de Y American phitosophical society de Philadelphie (16 janvier 18G3); enfin, de la Société des sciences médicales de Luxembourg (5 septembre 1867). — La liste complète de ses publications, sauf quelques rapports et notes insérés dans les Rullelins de l’Académie royale de Belgique, a été donnée ci-dessus avec l’analyse de ses découvertes.
Schwartz (NlCOtJkS-JosEPU), lté à Scherpcnzeel (Prusse) en 1803 (’), commença ses éludes à Liège et se lit recevoir docteur en philosophie à l’Université de Louvain en 1850, époque
n'ont pas répondu à son attente : les molécules sont restées jusqu ici inaccessibles à nos instruments optiques.
(’) M. Schwartz est naturalisé belge.
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où la Faculté de Liège fut supprimée et remplacée, jusqu’en 1835, par une Faculté libre. M. Schwartz n'avait pas attendu son diplôme pour se frayer une carrière : il avait débuté dans renseignement moyen dès 1823, au Collège royal de Tongres. Deux ans plus tard, il passa au Collège royal delturemonde en qualité de professeur de poésie ; enfin il occupa au Collège royal de Diesl, de 1829 à 1833, la chaire de rhétorique. Désireux d’agrandir sa sphère d'activité, il prit alors la résolution de revenir â Liège, pour suivre les cours de la Faculté de médecine. Les circonstances le ramenèrent à l'enseignement, mais cette fois sur un plus grand théâtre. Ses études médicales à peine terminées (1857), il fut nommé agrégé à l'Université de Liège, chargé des cours d’histoire de la philosophie et de géographie physique et ethnographique. Ce dernier cours, porté au programme de la Faculté des lettres en 1855, fut supprimé par la loi de 1819. M. Schwartz resta et est encore aujourd'hui titulaire de Y histoire de la philosophie ancienne et moderne, étude primitivement exigée des candidats en philosophie,mais désormais réservée, en vertu de la loi qui est encore en vigueur, aux seuls élèves du doctorat. M. Schwartz a été en outre chargé, pendant la maladie delandel (v. ce nom) des cours de métaphysique et d’esthétique, et après la mort de ce professeur, du cours de logique, â titre de suppléant de M. Loomans. Ces trois cours ont été dans la suite attribués àM. A. Le Iloy (v. ce nom). La promotion de M. Schwartz à l’extraordinariat date de 1859; il est professeur ordinaire depuis 1802. Il a fait partie, pendant plusieurs années, du jury central institué par la loi du 27 septembre 1855.
M. Schwartz a publié :
1° De genio Socratis (Lcvan. 1830), dissertation inaugurale pour le doctorat.
2° De verdediging van Sokralcs door Platon, uit het grieksch in het nederduitsche vertacld, met eenc inleiding.
5° Sur l'importance des études ciassiques, trad. de l’allemand de Fr.
Thiersch (avec des notes critiques). — Ce travail a paru dans le Journal historique et littéraire de P. Kersten.
Manuel d'histoire de la philosophie ancienne. Liège, Oudart, un vol.
in-8° (Deux éditions : la dernière, tirée â 2000 exemplaires, est presque épuisée). — L’auteura particulièrement mis il profit les travaux de M. Henri lUttcr.
5° Des Universités et de F organisme des sciences universitaires , trad. de l’allemanddeStaudenmaierctprécédéd’une introduction sur les rapports de la philosophie et de son histoire avec les autres sciences, surtout avec les sciences naturelles. Liège, Oudart, 1815, un vol.
in-8°. — Le traducteur se place, ainsi que l'auteur, au poiut de vue de l'école théologique.
6° Discours d’ouverture du cours de logique (31 février 1851), inséré dans le Moniteur de l'Enseignement, t. IV (première série).
7° Les derniers historiens de Henri de Gand, travail inséré dans la Collection des Mémoires de l'Académie royale de Belgique (1859).
apring (Joseph-Antolne), O. jgt, né à Geroldsbach, royaume de Bavière, le 8 avril 1811, a été naturalisé Belge par la loi du 30 janvier iüGl (grande naturalisation conférée conformément au § 1 de l'art. 2 de la loi du 27 septembre 1855.) — Il a fait ses études moyennes, d’abord au Gymnase de Slc-Ânne â Augsbourg, puis à celui de S*-Étienne (même ville). A l’examen d'État exigé en Bavière pour passer aux études supérieures, il reçut la qualification dYminent. L’Université de Munich brillait alors du plus vif éclat; le roi Louis 1, alors au début de son règne, ne se contentait pas de rassembler autour de lui les grands artistes et d’embellir sa capitale, mais stimulait de tout son pouvoir le zèle des savants et faisait consister sa gloire à inaugurer, pour l’AIlemagBC du midi, un nouveau siècle de Périclès. La philosophie était en grand honneur, et l’école de Schelling révélait son double caractère en passionnant
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d'une pari la jeunesse pour les plus hautes manifestations de l’esprit , de l'autre en poussant à une investigation assidue et approfondie de la nature, dont les merveilles et les harmonies n’étaient pour elle qu’une autre expression, une expressiou sensible du principe unique et éternel. C’est dans ce milieu favorable au développement de tontes les facultés humaines que M.
Spring se trouva transporté en quittant Augsbourg ; il eut la chance heureuse de s’initier à la science sous des maîtres qui savaient la vivifier et l’éclairer du flambeau de la philosophie. Le grand penseur Schelling, le philologue Thiersch, l'historien Buchner, le physisien Sieber, l’astronome Gruithuysen , les minéralogistes Fuchs et von Kobell, les botanistes von Martius et Zuccarini, les zoologistes G. 11. von Schubert et André Wagner, les chimistes A. Vogcl et Buchner, le jurisconsulte von Bayer trouvèrent en lui un auditeur zélé. Ayant pris part au concours pour une question de philosophie et de sciences naturelles, il remporta la palme et fut ensuite, après avoir passe les examens réglementaires, proclamé docteur lauréat en philosophie et en sciences naturelles (1835). Dans la Faculté de médeciuc, il étudia l'anatomie et la physiologie sous la direction spéciale de Dôllingcr, la médecine interne sous les professeurs von Ringscis et von Loë, la chirurgie sous Th. von Wallher, les accouchements sous Wcissbrod. S'étant de nouveau présenté au concours universitaire pour la question de médecine, il fut une seconde fois déclaré premier et reçut le diplôme de docteur ni médecine, en chirurgie et en accouchements avec la qualification tauro coronatus (I85G). Il visita ensuite les Universités étrangères et fit, en 1839, un séjour de six mois â Taris pour visiter les hôpitaux, suivre les cours du Collège de France et se livrer à des travaux particuliers au Muséum d’histoire naturelle.
Il avait eu l’occasion, dès l’époque de son séjour à Munich , de remplir différentes fonctions rentrant dans la spécialité de ses études. De 1833 à 1857, il avait été attaché , en qualité d'aidenaluraliste, aux collections botaniques
de l'Etat et au jardin botanique de la capitale, sous la direction de M. de Martius: la science des plantes resta plus tard l’objet de l’une de ses éludes de prédilection. Pendant l'épidémie de 185G-1857, il fut médecin-adjoint pour le service du choléra. Il reçut le titre de médecin assistant à l'hôpital général et à la clinique du professeur von Loë, qu'il suppléa pendant sa maladie et après sa mort, jusqu'à la nomination de son successeur. Une nouvelle vie allait bientôt commencer pour lui; il devait trouver dans la Belgique une patrie d’adoption. Par arrêté royal du 5 octobre 1859, il fut nommé professeur ordinaire à l’Université de Liège , chargé des cours de physiologie humaine et comparée, et d'anatomie générale et descriptive. Il a changé d'attributions depuis la nomination de M. Schwann (v. ce nom) ; il figure aujourd'hui au programme pour les cours de pathologie générale et de clinique médicale.
M. Spring a pris une très-grande part à la discussion et A la solution des questions soulevées depuis quelques années, en Belgique, à propos du régime des Universités. Il a été appelé à siéger au Conseil de perfectionnement de l’enseignement supérieur ; il a fait partie des Commissions spéciales chargées, en 1855 et en 1861, de préparer un projet de loi sur les jurys d’examen. Il est l’auteur d’un système de jury qui a reçu l’approbation unanime de l’Université de Liège, et qui ne peut manquer d’attirer l’attention sérieuse du parlement, lorsqu'on se décidera enfin à sortir du provisoire. Il a revêtu l’hermine rectorale pendant le triennium 1801-1802 , 1862-1803 et 1805-1804; il a dû la reprendre en 1800-1807, à titre de pro-recteur, après la mort de Fr. Kuptferschlacger (v. ce nom).
M. Spring préside, depuis 1815, le Conseil de salubrité publique de la province de Liège; de 1852 à 1857, il a été membre du Comité d’inspection des établissements d'aliénés des asiles provisoires et de passage dans l’arrondissement de Liège; de 1855 à 1856, président de \' Association générale des médecins de la province de Liège , institution d une haute utilité pratique, et
SPR
à laquelle il a rendu de grands services (*). I>ès 1841, il est entré dans l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique à titre d'associé ; l’arrêté qui lui confère la grande naturalisation ayant fait disparaître l’obstacle qui l’empêchait d’être nommé membre titulaire de ce corps savant, l’Académie lui a conféré cette qualité le 15 décembre 1 864. En 1843, il a été nommé membre correspondant, et en 1859, membre honoraire de l’Académie royale de médecine de Belgique. Il est en outre membre étranger de l’Académie royale des sciences et des lettres de Munich ; membre de l’Académie impériale allemande Léopoldo- Caroline des curieux de la nature, cognomine Heraclides; correspondant de la Société médico-physique de Florence; id., de la Société royale des médecins suédois, à Stockholm ; memde la Société royale des sciences de Liège ; id. de la Société royale belge de botanique; correspondant étranger de la Société de biologie de Paris; id. de la Société royale de botanique de Ratisbonnc; de YAntwerpsch Kruidkundig genootschap ; de la Société phytologique d’Anvers; de la Société des sciences naturelles et médicales de Bruxelles ; de la Société impériale d’Emulation d’Abbeville ; de la Société Senckenberg des naturalistes, à Francfort s/m ; de la Société des médecins badois pour l’avancement de la médecine publique et légale , de l’Académie d'archéologie de Belgique, etc. —Chevalier de l'Ordre de Léopold depuis le 30 septembre 1851 , il a été promu au grade d’officier du même ordre national le 21 novembre 1862. — Malgré ses occupations multiples et les soins incessants que réclame une des clientèles médicales les plus considérables de Liège (*), M. Spring a publié un grand nombre de travaux scientifiques dont l'importance est généralement appréciée. Nous donnons la liste exacte et aussi complète que possible de ses
( * ) V. les années corr esp. du Scalpel, journal médical publié b Liège par M. le docteur Festraerts.
(•) M. Spring a eu l'honneur d’ôtre dési-
principaux ouvrages, ne mentionnant que pour mémoire un nombre infini de notes, articles de revues, discours, rapports, correspondances, analyses bibliographiques, etc., dispersés dans divers recueils périodiques et académiques de l'Allemagne, de la Belgique et de la France.
!. Médecine clinique .
1° Dediversis pneumophthiseos speciebus (Diss. inaug.). Monachii, 1858, br.
2” Ueber Ursprung , Wesen und Yerbreitung der wandernden Choiera. Mit Bexiehùngen auf die Epidémie in München 1830-1857. Munich, 1857, un vol. in-8°.
5° y ote sur le traitement du choléra asiatique (Bulletin de t'Acad. de médecine de Belgique, t. VIII), 1849.
Les idées de l'auteur ont rallié de plus en plus la majorité des praticiens.
4° Xotc sur deux observations de dislocation du cœur (Ibid., 2* série, t. Il, n° 10. 1858).
5° yole sur des larves d'œstre développées dans la peau d'un enfant (Ibid., 2® série, t. IV, n° 3, 1861).
6° Note sur un cas d'aphasie, symptomatique d'une hémorrhagie du lobe frontal gauche du cerveau (Ibid., 2' série, t. VIII, n° 8, 1865).
Il s’agit d'une question d'une haute importance psychologique.
U. Pathologie générale.
7° Sur une mucédinée développe dans la poche aérienne abdominale d'un pluvier doré (Bull, de l' Acad, royale des sciences, etc. de Belgique, t. XV, 1848).
8° Des champignons qui se développent dans les œufs de poule (Ibid. t.