‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 22 sur 351 · AH.N · texte numérisé non relu

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» danl vingt-trois ans, ut certes il eut » sa part dans les progrès de cette belle » institution. Il voua, entre autres, une » sollicitude toute paternelle à l'Ecole » des arts et manufactures et des mines, » école dont il fut nommé directeur en » 1838 et qui lui doit en partie son » organisation et sa prospérité. Cet » établissement occupa d’abord une aile » desanciens bâtiments de l'Université.

» Arnould obtint de la ville une alloca- » tion de 125,000 fr. pour la construc- » tion du local actuel, et de la province » un subside de 28 000fr. pour les » machines de l’atelier de construction.

» Le déplacement du jardin botanique, » la reconstruction de la grande salle » de la bibliothèque, le développement » des diverses collections universitaires » témoignèrent également de son zèle et » de son activité (*). »

Nous avons parlé d’Arnould comme administrateur du Mont-de-piété (’). A Liège comme à Namur et à Louvain, il remplit, indépendamment de sa mission principale, des fondions gratuites de toute sorte. Il fut député de la Société d'Émulation de 1858 à 1858 ; plusieurs fois réélu membre de la Commission provinciale de statistique, etc. Il entra en 1859 dans la Commission administrative de l’Institut royal des sourdsmuets, en fut élu vice-président en 1841, président en 1844, et enlin président honoraire en 1857, dans cette même année où, forcé de se retirer de la vie active, il quittait l'Université (10 octobre), conservant également le titre honorifique d’administrateur-inspecteur. L’Institut des sourds-muets le regarde comme son second fondateur . La plupart des progrès sérieux réalisés dans cet établissement, tant sous le repport hygiénique que sous le rapport de l’instruction, eurent Arnould pour promoteur et pour soutien vigilant. Alors même que l’affaiblissement de sa vue semblait lui interdire toute participation active aux

{*) Nécrologe Liigeoit, pour 1860, p. 9.

(*) 11 eut la bonne fortune de trouver en M. Jchotte, directeur de cet établissement, un auxiliaire intelligent et zélé. En France comme en Belgique , les services de M.

travaux de ses collègues, il était encore l’âme de leurs délibérations et il se tenait au courant des moindres affaires (*). Enfin, frappé d'une cécité presque complète, il dut renoncer à tout ; mais l’obligation de prendre sa retraite fut peut-être le plus grand chagrin de sa vie. 11 s’éteignit paisiblement à Verviers, où il était allé rejoindre une partie de sa famille. M, U. Capitaine nous fournit la liste suivante de ses travaux :

1° Projet pour le placement des fonds versés aux Monts-dc-Piété et provenant des biens communaux vendus sous /'Empire ;2G juin I815(inédit; v. ci-dessus).

2° Rapports sur les travaux de la Société d'instruction élémentaire de la province de Namur (1825-1850).

Insérés dans le 1 Icworial administratif de la dite province; aussi tirés à part et reproduits dans les journaux du temps.

5° Plan de réorganisation de l'Athénée royal de Namur (182G).

Ce plan, approuvé par le gouvernement, établit à Namur une classe de langue française, un cours de littérature française et un cours de physique et de mécanique.

4° Notice sur l'instruction primaire de la province de Namur et en général sur l’état de l'instruction dans les diverses provinces des Pays-Bas, adressée à la Société d'inst motion élémentaire de Paris , par D. Arnould , membre correspondant. Namur, Gérard, 1828, in-8°.

Parut d’abord en 1827 dans le Globe.

5" Mémoire sur les avantages et les inconvénients des banques de prêt connues sous le nom de Mont-dc-Piété. Namur, Gérard. 1829, in- 12°.

Travail couronné par l’Académie royale du Gard (Nîmes). Médaille d’or (24 décembre 1828).

6° Réorganisation de l'enseignement moyen dans les Pays-Bas. Projet. — La Haye, impr. de l’Etat. 1829.

La Commission d’Etat, établie à celle

Jeholle ont été hautement appréciés par les publicistes les plus distingués.

{*) V. les diverses publications de l’Institut et le discours de M. Alph. Le Roy, prononcé à Verviers sur la tombe d'Arnould (Journal de Liège du 20 avril 1860).

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époquo pour examiner les questions rela tives à l’enseignement moyen, adopta les bases de ce projet dans son rapport au gouvernement, publié à La Haye en 1830.

7° Règlement de l'Ecole primaircmodèle de Louvain.

Rédigé en 1833, et adopté depuis lors par plusieurs établissements. Il a été traduit en hollandais par le directeur de l'école modèle de Maestricht et a servi de base à tous ceux qui ont été publiés par le gouvernement.

8° Règlement intérieur du Mont-depiété de Liège.

Sanctionné par les autorités supérieures.

9® Rapport à la commission administrative du Mont-de piété de Liège. Liège, Jeunehomme frères, 1840, in-8°.

Tiré 4 part de la Revue belge !juin 1840 . L'auteur reproduit une partie des vues émises dans le mémoire n° S. Il doit avoir publié un travail sur le même sujet dans la Revue encyclopédique.

10° Situationadministrative et financière des Monts-de-Piété en Belgique.

Nécessité et moyens de les réorganiser.

Bruxelles, Deltombe, 1845, in-8" de XVI et 565 pages.

C'est l'œuvre la plus importante d'Arnould (voir ci-dessus). — Cf. la Revue de législation ;Pari8 1846!. — La Revue du droit français et étranger (février cl avril 1846). — Le Journal historique et littéraire (mai 1846). — La Revue de Liège it. V. 1846). — L'Observateur belge, le Journal de Liège, la Belgique judiciaire, etc

11® Statistique des Monts-de-piété en Belgique. Bruxelles, 1847 in-4°.

Extrait du t. III, «p. 157, 181) du Bulletin de la Commission centrale de statistique, — Nouveaux renseignements sur diverses branches du service ; détails curieux sur les moyennes des opérations des Monts-depiété de Belgique et de France.

D. Arnould obtint la croix de chevalier de l’Ordre de Léopold le 14 décembre 1858, il fut promu au grade d'officier le 28 février 1855 ; la même année, le roi de Portugal lui conféra le grade de commandeur de l'Ordre du Christ.

poiutn (Mathieu- Lambert). O.

né ta Liège le 25 juin 1808. montra fort jeune un goût décidé pour l’étude. Ses dispositions naturelles furent encouragées par le conventionnel Mathieu Miranpal, que la loi d’exil connue sous le nom de loi d’amnistie avait contraint de quitter la France en 1816, et qui s’était réfugié ta Liège avec plusieurs de ses anciens collègues : Thuriot de la Hozière, Paganel, Duval, Mailhe, Calés, Ysabeau et d’autres, — Mathieu Miranpal, ancien rédacteur du Journal de l'Oise, était un homme instruit, trèsversé surtout dans la connaissance des langues anciennes. Il prit plaisir à développer les instincts littéraires de son jeune élève ; cependant celui-ci ne put profiter longtemps des leçons de cet excellent maître. Mathieu, qui s'était toujours conduit avec modération, bien qu'il eût voté la mort de Louis XVI, obtint finalement l'autorisation de rentrer en France. — M Polain fit ses

humanités au collège de Liège, et suivit ensuite les cours de la Faculté de philosophie de l'Université. Il se destinait à l’enseignement. A peine âgé de vingt ans, il fut nommé professeur de littérature française et d’histoire politique moderne à Y Ecole spéciale de commerce, institution modèle, fondée à Liège par M. Charlier. et régulièrement fréquentée par un grand nombre d'élèves.

M. Polain y resta attaché pendant plus de vingt années, chargé des mêmes cours. Il y eut pour collègue, dans la chaire de droit commercial , Victor Godet (v. ce nom), dont l'Université de Liège regrette encore aujourd’hui la mort prématurée

Une circonstance fortuite décida de la vocation littéraire de M. Polain.

L’Université de Gand mil au concours, en 1826. la question suivante : Accuratft et succinctû narratione exponalur quo jure et quo successu Guilielmtts, Normanniœ dus, cognominatus Con -

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questor, Angliam invaserit , et quid , subactis Anglis, in eorum reipublicœ forma et instituas sub ipsius imperio commutatum fuerit. Notre jeune étudiant venait précisément d’achever ia lecture de V Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Sormands , d’Augustin Thierry ; il résolut de concourir. Son Mémoire ne fut point couronné ; mais, à partir de ce moment, l’histoire du moyen âge et des monuments qui s’y rattachent devint son étude de prédilection. — M.Polain commença néanmoins par s’essayer dans d'autres genres : en 1827, il écrivit, en collabo ration avec deux de ses condisciples, MM. Alvin et de Lannoy, un vaudeville intitulé : Les eaux de Chaud fontaine, dont quelques couplets furent remarqués. En cherchant bien dans les journaux qui paraissaient à Liège à cette époque, on retrouverait aussi de lui plusieurs articles de critique littéraire sur Ip-s principaux écrivains de l’école romantique : enfin il était, avec Ch. de Chènedollé (v. ce nom), l’un des correspondants belges du Globe et de la Revue encyclopédique.

M. Polain venait d'achever ses études quand la révolution belge de 1830 éclata. II y prit une part active, et la défendit énergiquement dans la presse et à l'hôtel de ville, où il remplit pendant plusieurs mois les fonctions de secrétaire de l'administration provisoire. il ne quitta ce poste qu'au mois de mai 1831. L'existence de notre nationalité était alors reconnue en principe ; mais il restait à en débattre les conditions. La question de savoir à qui appartiendrait le Limbourg préoccupait surtout les esprits. M. Polain fit paraître à cette occasion une brochure intitulée : De la souveraineté indivise des Evêques de Liège et des Etats-Généraux sur la ville de Maestricht (Liège, 1831, in-8°). Ce mémoire, rédige d'après les sources, est, croyons- nous, le premier travail historique sorti de sa plume. Il eut du retentissement jusque dans le monde diplomatique, et ce succès attira sur le jeune savant l'attention du gouvernement belge. L’emploi d’archiviste de la province de Liège étant venu â vaquer quelque temps après.

M. Rogier, alors ministre de l’intérieur, le fil offrir à M. Polain, qui l’accepta et se voua désormais tout entier à l’étude de l’histoire nationale.

Le moment était favorable pour cette étude. La révolution avait enfanté une pléiade de jeunes écrivains, tous animés d’un vif amour de la patrie, tous désireux d’affirmer son indépendance dans leur sphère d’activité. L’idée vint à quelques-uns d’entre eux d’unir leurs efforts, et c’est ainsi que fut fondée à Liège, en 1834. VAssociation nationale pour l’encouragement et le développement de la littérature en Belgique.

M. Polain en fut nommé président, et notre regretté poète Weustenraad, secrétaire.La Bevue belge, organe de l’Association, parut à partir du mois de janvier 1835, sous la direction du président. Sciences morales et politiques (au point de vue des questions générales), études de mœurs, voyages, mais surtout littérature et histoire, tel fut le programme de cette publication périodique, dont l’influence féconde se répandit bientôt dans tout le pays, et qui resta jusqu’à la fin scrupuleusement fidèle à son titre, en se plaçant toujours au point de vue belge. Les hommes les plus distingués de toutes nos provinces répondirent à l’appel de YAssociation, aussi bien les maîtres dont la réputation était déjà consacrée, que les jeunes gens impatients de faire leurs premières armes. Ce fut la première école littéraire de la Belgique émancipée, et ce fut peut-être la plus saine. La Revue belge, étrangère aux passions du jour, se distingua en tout temps parune sage modération ; l’art dans toutes ses manifestations, les gloires passées et l’avenir de la patrie eurent exclusivement le pouvoir d’exciter chez ses rédacteursd’ardents enthousiasmes.

Ce n’était pas une arme aux mains d’un parti, c’était une œuvre de civilisation et de patriotisme. Les circonstances rompirent le faisceau de l’Association ; la dernière livraison de la Revue parut en décembre 1843 ; au commencement de l’année suivante, M. Van Hulst (v. ce nom) reprit la succession vacante et fonda la Revue de Liège, qui eut aussi une existence honorable. Mais

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les services rendus par la Revue belge, notamment aux études historiques, méritent une mention toute particulière.

Les Récits de M. Polain, si recherchés encore aujourd'hui, parurent pour la première fois dans ce recueil. Les épisodes de nos annales, sous sa plume éprise, intéressaient comme des chapitres de Walter Scott on gravissaient les hauteurs de l’épopée ; l’émotion visible de l’écrivain passait dans l’âme des lecteurs, et comme il voulait peindre plus que juger, l’effet cherché était obtenu : la jeunesse, ainsi vivement stimulée, se passionnait pour les vieilles chroniques et y apprenait au prix de quels sacrifices ont été conquis les biens dont nous jouissons à présent. Les Récits historiques sur l'ancien pays de Liège n’ont pas seulement réveillé chez nous le goût de l’étude de notre moyen âge, ils ont contribué à former l’esprit public. Us y contribueront encore, s'il en faut juger par le succès de la 4* édition, qui a vu le jour en 1866, augmentée de quelques morceaux inédits. — Indépendamment de cette série d’articles, M. Polain a fait insérer dans la Revue belge diverses notices analogues, concernant l’histoire des autres provinces : nous citerons L’assassinat de S. Char les-le- Bon, dans l’église Sl- Donat à Bruges ; le Massacre des magistrats de Louvain en 1379 ; des biographies, enfin quantité d’opuscules qui ont été rassemblés en 1839 et publiés sous le titre de Mélanges historiques et littéraires.

Le succès des Récits engagea M Polain & écrire l’histoire complète de l’ancien pays de Liège ; il en fit paraître le premier volume en 1844, et le second en 1847. Ce dernier s’arrête au sac de la cité par Charles-le-Téméraire, en 1468. La presse accueillit avec faveur un livre où étaient étudiées avec soin, pour la première fois, les questions d’origine, d’après la méthode d’Augustin Thierry, et où le récit se développait sous une forme animée et pittoresque, comme dans l’Histoire des ducs

( * ) Histoire de Liège depuis César jusqu'à

de Bourgogne, de M. de Barante. Le travail de constitution de la commune avait préoccupé l'auteur au moins autant que les faits et gestes des princesévêques ; les tribuns populaires apparaissaient sous un nouveau jour ; la bourgeoisie d’autrefois avait trouvé un défenseur. L’œuvre de M Polain fut mise en parallèle avec celle de M. de Gerlache ( 1 ) ; les discussions qui s’élevèrent à ce propos eurent pour effet de stimuler le zèle de nouveaux chercheurs. L’Histoire du pays de Liège ouvrit à U. Polain les portes de l’Académie royale de Belgique : il fut nommé correspondant de ce corps savant le 10 janvier 1816 , et membre effectif le 7 mai 1819.

L'historien liégeois venait d’achever son second volume, lorsque le gouvernement belge résolut de faire publier les lois et autres dispositions qui régissaient autrefois les divers pays composant la Belgique actuelle. Un arreté royal du 18 avril 1846 institua à cet effet une commission composée d’hommes versés dans la connaissance de. nos anciennes institutions. M. Polain en fut nommé membre dès l'origine, et chargé par ses collègues d’éditer le Recueil des Ordonnances des principautés de Liège et de Stavelot, et du duché de Bouillon. Il s’occupa d'abord de publier les Listes chronologiques de tous les documents qui devaient figurer dans ce grand Corpus ; on lui doit les quatre volumes 01-8° relatifs aux pays cités, ainsi que plusieurs rapports sur la marche de son travail (v. les Bulletins de la Commission des Ordonnances).

L’infatigable pionnier ne perdit pas un instant ; le premier volume in-folio du Recueil des Ordonnances du pays de Liège parut dès 1855 ; le second vit le jour en 1860; les Ordonnances de la principauté de Stavelot furent publiées en 1864, dans le même format. Ce dernier ouvrage est complet; il embrasse une période de plus de 1100 ans. de 648 à 1794. Les Ordonnances du duché de Bouillon, éditées dans les

Maximilien- Henri de Bavière, Bruxelles, Hayez, 1818, un vol. in-81.

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premiers mois de 1867, sont également au complet. Quant aux deux volumes consacrés à Liège, ils ne comprennent que les 110 dernières années de l'existence de la principauté (1684-1794), c’est-à-dire la troisième série du recueil ; les deux premières s’arrêteront respectivement à l’avènement d'Erard de la Marck et aux changements apportés dans la Constitution liégeoise par Maximilien-Henri de Bavière (1684).

La Commission a sagement agi en ordonnant la mise immédiate en lumière des documents qui peuvent être encore aujourd'hui d’une utilité pratique et directe, nous voulons dire des documents législatifs du dernier siècle.

D’autre part, l’exemple des éditeurs de la grande collection des Ordonnances des rois de France, qui mirent 40 ans à faire paraître leur premier volume et ne sont pa* encore, à l'heure qu’il est, arrivés au XVIe siècle, était de nature à faire réfléchir : il s’agissait de uc pas être exposé à revenir sans cesse sur ses pas, et de ne marcher en avant que quand on serait moralement assuré qu’il ne resterait guère de pièces essentielles à découvrir. Il serait superflu de faire ressortir ici l’importance du Itecueil de M. Polain ; mais il importe d’ajouter que l’éditeur n'a rien négligé pour satisfaire les plus difficiles, dans un ordre de travaux qui demande de celui qui les entreprend autant de prudence que de savoir. Quant aux menues variantes de texte et d'orthographe, l’éditeur a scrupuleusement indique en note tout ce qui pouvait présenter quelque intérêt.

Nous avons dit plus haut que M. Polain avait été nommé, en 1846, correspondant de l’Académie, il y débuta par l'annonce d'une découverte importante, celle de la chronique de Jehan Le Del, le célèbre chanoine de Liège que Froissart reconnut pour son guide et son maitre. M. Polain avait retrouvé un

f) V. U Bulletin de F Acad, royale de Belgique, 2° série, t. XII, et l'Annuaire delà Société d’ Emulation de Litge, 1864, p. 119 et 8uiv.

(*) Il est assez remarquable que Jacques de Hcmricourt, l'auteur du Miroir des nobles

fragment considérable de cette chronique dans celle de Jean d Outremcuse, que M. A Borgnet (v. ce nom) est en train de nous rendre. Il le fit imprimer à Mons en 1850, en un beau volume grand in-8°, édition (luxe de caractères gothiques], non destinée à être mise dans le commerce. On sait que plus tard l'ouvrage de l’éminent écrivain belge a été retrouvé tout entier dans la bibliothèque de Châlons-sur- Marne, et publié en deux volumes in-8°, également par les soins de M Polain. sous les auspices de l’Académie- M .Meyer, élève de l’Ecole des Charlesayant cru reconnaître dans le manuscrit de Chàlons la première rédaction de Froissart , en avertit M Paulin Paris (de l’Institut), qui eut l'idée de comparer le texte qu’on lui signalait avec celui du fragment de Jehan Le Bel publié à Mons : il fut aussitôt constaté que la bibliothèque champenoise possédait un Le Bel complet . continuant son récit jusqu'à la paix de Bréligny, en 1361. Avec une générosité qu’on ne saurait trop louer, M. Paris fit part de sa découverte à son confrère de Belgique ; et c’est ainsi que le nom du maitre de Froissart a reconquis sa légitime illustration. La chronique publiée par M. Polain est certainement, pour nous servir de l'expression de M. P. Paris, « un des plus beaux fleurons de l’histoire littéraire de Liège ; car il est maintenant prouvé que Froissarl a pris d'abord son meilleur style dans Jehan Le Bel, et qu’il n’a fait ensuite que se conformer au même modèle » f). La mise en lumière de ce précieux monument est sans contredit un des principaux titres de M Polain à la reconnaissance de ses concitoyens (* .

M. Polain a fait à l'Académie plusieurs communications importantes, dont ou trouvera la liste dans la bibliographie de ses ouvrages. Il a pris une part considérable aux débats qui se sont élevés

de la llesbaye, qui vécut dans l'intimité de Jehan Le Bel, ne mentionne pas le principal ouvrage de notre chanoine ; il ne parie que de son talent à composer des chansons et des virelais. En revanche, Le Bel est le seul historien que Froissart ait daigné citer.

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au sein de celle compagnie au sujet du lieu de naissance de Pierre l'ermite el de Charlemagne ; ses mémoires sur ces problèmes obscurs ont eu du retentissement à l’étranger comme en Belgique, notamment en France. Notre publiciste n'était d’ailleurs pas tout-àfait inconnu de l’autre côté de Quiévrain. Nommé en 1839 correspondant du ministère de l’instruction publique, sur la proposition del'illuslte Augustin Thierry, il n’avait point tardé à contribuer activement à la publication de la collection des Documents int’dits sur l’histoire de France , dont M. Guizot fut le promoteur. Les grandes œuvres historiques et littéraires entreprises et continuées par l’Institut trouvèrent également en lui un collaborateur zélé et dévoué. Le gouvernement français l’en récompensa dès 1817, en lui décernant la croix de la légion d'honneur , el l’Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres), en le nommant l’un de ses correspondants étrangers (1853). Il est en outre affilié à la Société des antiquaires de France.

Son activité littéraire n’a toutefois jamais cessé de s’exercer dans sa ville natale. La Société libre d’ Emulation, fondée à Liège en 1779 par le prince Velbruck, avait fini par interrompre ses travaux, après 3\oir brillé pendant longtemps d’un vif éclat. Elle se reconstitua, et d’abord elle prit soin de réorganiser les différents Comités qui la composent. M. Polain fut nommé président du Comité de littérature et des beaux-arts, en même temps que M. U. Capitaine devint secrétaire-général de la compagnie. Sous leur double impulsion, la Société d’Emulation n’a pas tardé ù recouvrer son ancienne influente sur le mouvement intellectuel de Liée-’, et l’on peut même dire qu’après l'Académie royale de Belgique, elle lient aujourd’hui le premier rang parmi les institutions littéraires du pays ( ')

M. Polain remplissait depuis vingtcinq ans, au grand profit des études historiques, les fonctions d’archiviste

(') Du moins par scs concours. Nous constatons à regret que son essor s’est un peu ralenti depuis 1867 ; on a cessé d'y

de l’Etat, à Liège, lorsque le Koi lui conféra, en 1857, celles d’administrateur-inspécleur de l’Université de cette ville, après la mort de D. Arnould (v. ce nom). Il occupe encore aujourd'hui ce poste, auquel est attachée la direction des écoles spéciales des arts et manufactures et des mines.

Nous empruntons à Quérard ( France littéraire, t. XI, p. -173), en ayant soin de la compléter autant que possible, la liste générale des publications de M.

Polain.

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