‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 33 sur 351 · I.c second commentaire occupe les p. 65 à · texte numérisé non relu

I.c second commentaire occupe les p. 65 à

16° Leltre au directeur du Journal (THorliculture de Paris ( Journal de l'Acad. d'Ilortic. de Paris, t. II, nov. 1834, p. 97-98).

Réponse intéressante pour l'histoire de l'horticulture en Belgique, à une attaque fort injuste d'un jardinier de Londres.

17° Mémoire sur les tilleuls d’Europe. Bruxelles, II ayez, 1835, 18 p.

in-4°, et 5 pl. (iiém. de l'Acad. royale de Bruxelles , t. X).

Manuscrits. — 1° Bibliotheca botanica. Circiter fasciculi, LX.

Courtois travailla plus de dix ans à celle Bibliographie générale de la botanique , conservée par M. Ficss, bibliothécaire en chef de l'Université de Liège. Les littératures belge et hollandaise, trop négligées par

(') Notice sur G. -P. Dandclin ( Annuaire de l'Académie royale de Bruxelles, année 1848, p. 125-160).

les étrangers, y sonladmirablementtrailées. L'auteur a mis à profit les meilleurs recueils publiés en Allemagne et en Angleterre. Il est très-regrettable que cet ouvrage n'ait pas été publié : continué sur le même plan jusqu'à nos jours, il intéresserait l'Europe entière.

2° Tableaux d'organographie végétale, in-fol. piano.

Ch. Horren nous apprend que plusieurs articles ou mémoires de Courtois ont été reproduits en Amérique, où ce jeune savant avait plus de notoriété que dans sa patrie. C'est ici l'occasion de dire, ajoute notre biographe, que son Mémoire sur la Géographie botanique est connu dans tous les pays où le goût des cultures savantes a pénétré.

■»«tndclln (Gr.RMINAL-PlF.RRE) , né au Bourget près Paris, le 12 avril 1794, mourut à Ixelles lez-Bruxelles le 15 février 1847. C’est à M. Quetelet que nous demandons l’histoire de sa vie ('), à M. Quetelel, son ami d’enfance, le confident et souvent le promoteur de ses travaux, et comme il le disait luimême, son frère d’adoption. Le père de Üandelin était Bourguignon ; sa mère, née aux Ecaussines, le rattachait à notre pays. Il était encore enfant lorsque ses parents vinrent s'établir en Belgique (’). Il entra au Lycée de Garni en 1807, lors de la création de cet établissement ; dès la première année, il y reçut les galons de sergentmajor, « grade le plus élevé dans cette petite colonie semi-militaire. » Ses études furent troublées par l’attaque tic l’Angleterre contre l’ile de Walcheren.

Il s’enrôla comme volontaire dans la première compagnie des gardes nationales de l’Escaut, obtint le grade de sergent, resta sous les armes jusqu’au départ de l’armée d’invasion, décimée par la lièvre des polders, puis revint se mettre sur les bancs du collège, d’où il sortit en 1813 avec le premier prix de mathématiques spéciales. Admis au mois de novembre à l’F.cole polytechnique, il fut rappelé sous les drapeaux par le décret de mobilisation qui parut

( * I Son père fut attaché à la préfecture du département de l'Escaut par Faipoull, plus tard ministre des finances en Espagne.

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vers la fin de cette même année. Le 30 mars 1814, il fut blessé d’un coup de lance au combat livré sous les murs de Paris; pendant les Cent-jours, il mérita par sa belle conduite la croix de la Légion-d’Honneur, qui lui fut envoyée avec une lettre très-flatteuse du célèbre géomètre Carnot, alors ministre de l’intérieur. Il ne reparut que peu de temps à l’Ecole. Carnot ayant voulu l’attacher à sa personne. La bataille de Waterloo força le ministre de s’expatrier ; bandelin rentra en Belgique où il avait toute sa famille, mais refusa de prendre du service aux Pays-Bas, dont le régime ne lui plaisait pas, à raison de ses préventions napoléoniennes. Un instant il eut l’idée d’émigrer aux Etats-Unis, où il entrevoyait une carrière : enfin il resta parmi nous, et c’est surtout à partir de cette époque qu’il devint l'inséparable de M. Quelelet, son ancien condisciple du Lycée. Ils passaient leurs journées ensemble, cultivant à la fois les mathématiques et la poésie.

L’Idée leur vint de composer pour le théâtre : l’opéra de Jean Second fut représenté deux fois sur le théâtre deGand avec un certain succès que bandelin n'attribua qu’à la bienveillance du parterre, bien que réellement sa musique fût agréable et le tour de ses vers parfois plein de charme ('). Les deux amis en revinrent donc aux sciences. Dandelin, appartenant à une famille nombreuse, dut songer à l’avenir ; le général-duc Bernard de Saxe- Weimar, qui avait remarqué son talent, lui lit obtenir des lettres de grande naturalisation (4 avril 1816) et le brevet de sous-lieutenant du génie (16 avril 1817). On l’envoya à Namur, où il fut employé à la construction de deux lunettes voisines de

( * ) Ce succès faillit être compromis, à la première représentation , par un incident tout à fait inattendu. « Le père de Dandelin, qui ne se souciait que médiocrement de uous voir suivre la carrière dramatique, dit M. Quelelet, avait promis d'ameuter tous ses amis contre nous et de faire siffler notre pièce chérie. Toutefois, au moment du danger, sa tendresse paternelle se réveilla et, pendant la représentation même, il voulut rassurer son fils. Mais, en le cherchant aux abords du théâtre, il se trompa de route, et

la citadelle, dont l’une a conservé son nom (*). C’est à Namur, ajoute M. Quételet, que Dandelin écrivit la plupart de ses ouvrages mathématiques les plus remarquables. En mai 1815, il avait fait insérer dans le t. III de la Correspondance sur l'Ecole polytechnique la solution de deux problèmes de géométrie : c’était le seul signe de vie qu’il eût donné au public savant; un mémoire sur quelques parties de la géométrie , présenté au mois de mars 1817à l’Académie de Bruxelles , avait obtenu peu de succès et était resté manuscrit. Il en serait probablement resté là sans M. Quelelet. Celui-ci publia, en 1819.

pour être promu au doctorat en sciences, une dissertation sur la focale.

courbe nouvelle jouissant de différentes propriétés. L’une se rapportait aux foyers des sections coniques ; l'auteur montrait que, sur le cône droit, la distance des deux foyers est égale à la différence des deux rayons vecteurs, menés du sommet du cône aux deux extrémités du grand axe de la courbe, quand c'est une ellipse ; et à la somme, quand c'est une parabole, bandelin reçut naturellement un exemplaire du travail de son ami et s’empressa de l’examiner à fond. « J'ai justement sous la main les œuvres de Pascal , écrivait-il à M.

Quelelet ; le rapport qui existe entre vos idées et les siennes me fournira un point dedépart pour mes observations.»

Une correspondance active s'engagea :

bandelin découvrit deux générations nouvelles de la focale et résolut une foule de problèmes intéressants. Les deux savants poursuivirent parallèlement leurs études: « pour la première et la seule fois de sa vie, bandelin songea à mériter quelque réputation par

fit subitement une entrée de scène, à la grande surprise des acteurs et des spectateurs, qui furent pris de l'Iiilarilé la plus bruyante » (p. 431 j. Trois opéras avaient été commencés en mémo temps : Jean Second, les Troubadours et le bailleur. Péchés de jeunesse très- pardonnables ; Carnot luimème avait donné l'exemple à Dandelin en composant des poésies légères, voire la chanson de Madame Gertrude.

(*) Quetelet, p. 132.

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scs travaux mathématiques. » Un plan d’études suivi fut adopté; M. Quetelet, qui avait déjà communiqué à l'Académie, en 1820, un Mémoire sur une nouvelle théorie des sections coniques considérées dons le solide (’), reprit ses recherches avec plus d’ardeur, et Dandelin présenta son mémoire sur la focale parabolique, soigneusement revu , à la même Compagnie, en 1822 (*). Ce travail trèsdistingué lui valut sans retard un fauteuil d'académicien (*). il y donnait une démonstration simple et élégante de la propriété que M. Quetelet avait reconnue aux sections coniques.

Voici l’énoncé du théorème : « Si l'on fait mouvoir dans un cône droit une sphère, et que , dans une position quelconque de celle dernière, supposée tangente au cône, on lui mène un plan langent, l'intersection de ce plan et du cône aura pour foyer le point de contact de la sphère et du plan. On voit en effet, immédiatement, que le triangle qui a pour hase le grand axe de la section conique, et, pour sommet, le sommet du cône, a ses côtés touchés par la sphère, de manière que les points de contact sont, deux à deux, ù égale distance du sommet de ce triangle. On voit, dès lors, que la différence des deux segments du grand axe de l’ellipse égale la différence des deux autres côtés du triangle, c'est-à-dire des deux rayons vecteurs menés du sommet du cône aux extrémités du grand axe de la courbe, quand c'est une ellipse, et à la somme, quand c'est une parabole ». Le théorème des foyers trouva bientôt place dans les ouvrages élémentaires : M .Hachette, le premier, en lit usage dans la seconde édition de son traité de géométrie descriptive (1828); quinze ans plus tard (1847), M. Théodore Olivier, qui s’était vivement intéressé, dès 1851, aux résultats des études de M. Quetelet et de Dandelin, basait sur leur mode de démonstration, qu'il appelait les Théo-

( 1 ) .Mim. île T Acad, de Unix., t. II.

(*) Ibid.

(*) Il fut élu à l’unanimité.

[*) Additions au cours de géométrie descriptive. Paris, <’.arillian-Gœury,1847, in-4° (avec allas).

(•) T. IV des Mim. de l'Acad., 1827.

rentes belges , toutes les recherches touchant les propriétés géométriques des sections coniques et des surfaces du second ordre (*). Les travaux des deux académiciens de Bruxelles, écrivait-il, «sont comme un reflet de la géométrie antique». L’écrit de Dandelin sur la focale parabolique, dit M. Quelelet, « renferme un théorème bien curieux, à cause de la singulière ressemblance de son énoncé avec celui de l’hexagone mystique de Pascal. L’auteur le fait servir fort ingénieusement à démontrer que les focales, courbes du 5e degré, ne sonique des transformations des sections coniques, avec lesquelles elles ont un grand nombre de propriétés communes. Ces analogies sont démontrées avec la plus grande élégance, au moyen de la théorie des projections stéréographiques, que notre confrère employait avec un rare bonheur. Il en a fait encore un usage remarquable dans son mémoire sur les intersections de la sphère et d'un cône du 2r degré, qu’il nous communiqua au mois de juin 1825 (*), presque en même temps que son beau travail sur l'emploi des projections sténographique ou géométrie (*). C’est dans ce dernier ouvrage que Dandeiui, répondant aux sollicitations qui lui étaient adressées, fait connaître sa manière de procéder en géométrie, pour résoudre les problèmes ou pour arriver à des théorèmes nouveaux; on y trouve le cachet de son génie mathématique, en même temps qu’on admire les ressources et la variété de sa belle intelligence. L'auteur montre qu’un grand nombre de figures, et spécialement les polygones inscrits et circonscrits, peuvent être ramenés à des ligures régulières, dont elles conservent les propriétés dans leurs déformations. Il y revient encore sur la théorie des sections coniques et donne une élégante solution du problème du plus court crépuscule.»

M. Quetelet considère le mémoire

■ On y voit qtic les projections stérëographiques de l’intersection dune sphère et d'un cône du 2» degré sont des temniscales, formées par les pieds des perpendiculaires abaissées d'un point fixe sur les tangente! d'une conique » ( Note de M. QueteletJ.

(•) Ibid.

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sur ïhyperboloide de révolution et sur les hexagones de Pascal et de llrianchon , publié par l'Académie en 1820, comme le plus remarquable des ouvrages de Dandelin. L’auteur y généralise le théorème des foyers, et l'étend aux sections coniques considérées dans l’hypcrholoïde de révolution, au lieu du cône droit. C’est un chef-d’œuvre d’élégance géométrique ; en le reproduisant dans scs Annales, M. Gcrgonnc ne tarit pas d’éloges. Or Dandelin n’écrivait que pour répondre aux instances de son ami : que n'aurait-il pas produit, si l’ambition et le désir de briller eussent eu quelque prise sur lui ! II était, disaitil lui-même , paresseux avec délices, comme Figaro, et quand M. Quetelet le talonnait, l'excitait îi travailler, il se vengeait par des plaisanteries et allait raconter à qui voulait l’entendre qu’on le faisait venir î» Bruxelles pour l’enfermer et lui mettre la plume à la main. Il dédaignait les savants par 'amourpropre, et, comme Pascal, il ne tenait guère les géomètres que pour d’habiles artisans.

N'oublions pas de mentionner un travail d’analyse, entrepris moins dans la vue de rechercher des méthodes nouvelles pour la solution des équations, que de simplifier, de généraliser les méthodcsordinaires,« et d’en rendre l’usage plus commode. » Le mémoire de Dandelin sur la résolution des équations numériques, communiqué ît l’Académie dès Is25el inséré dans le t. lit des Mémoires, attira l’attention du vénérable commandeur de Nieuporl (de l'Institut de France), qui consulta son jeune confrère sur une équation qui l’avait arrêté, et îi laquelle il avait été conduit par l’examen d’un problème sur le calcul des probabilités. Dandelin le tira d'embarras, et les deux écrits parurent ensemble dans les Mémoires de r Académie (').

Dandelin avait dû quitter Namur à la fin de 1821, pour prendre part à la construction des forteresses entre la Lys et l’Kscaut. Sa résidence à Garni le

(*) T. lit. Nous ne faisons ici que reproduire ou résumer la notice de M. Quetelet.

(*) C'est le résumé d'un cours donné à

rapprochait de sa famille ; cependant cette circonstance ne le réconcilia pas avec le service militaire, pour lequel il finit par éprouver un dégoût insurmontable, lorsqu’il sévit relégué, en 1824, dans la petite ville de Venlo. Ni bibliothèque û sa disposition, ni relations intellectuelles d’aucun genre : il étouffait. Il fut promu au grade de lieutenant en premier; peu lui importait. M. Quetelet conçut alors la pensée de le lancer dans la carrière de l'enseignement, qui semblait devoir lui convenir à tous égards. Le commandeur de Nieuporl accueillit favorablement cette idée, et grâce û l’entremise de l’inspecteur des études Walter (v. ce nom), Dandelin fut nommé, le 15 mai 1825, professeur extraordinaire à l’Université de Liège, chargé du cours d’exploitation des mines. (’c n’était pas précisément le fait de notre mathématicien; il eut fort à faire pour se mettre au courant de ses nouvelles fonctions. Mais ces obstacles ne l’effrayèrent pas; il descendit courageusement dans tous les détails des sciences métallurgiques et de la pratique des ateliers; il s’engagea même dans le labyrinthe des affaires, le gouvernement lui ayant confié quelques missions administratives. Ses préoccupations ne l’empêchèrent pas de tailler sa plume; dès 1827 il publia chez Dessain, à Liège, le premier volume d’un ouvrage élémentaire : Leçons sur la mécanique et les machines ( *). Il s'occupa également d’un traité conçu d'après le plan de l’astronomie populaire de M.

Quetelet. et destiné aux ouvriers et aux militaires ; nous n’avons pas trouvé de trace de cet écrit, qui devait paraître ù Yerviers. Le fait est que Dandelin fut pris subitement d’une profonde répugnance pour la publicité; il est probable que le dernier travail cité fut compris dans l’Auto-da-fé qu’il fit lui-même de presque tous ses papiers. Dandelin était très-mobile de caractère, très-facile ù influencer et tout entier à l’impression du moment. C'était un charmant causeur, un peu enclin au paradoxe, mais sans

l'Ecole gratuite dos arts cl métiers do Liège. Nous ne croyons pas que cct ouvrage ait été terminé.

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entêtement et toujours plein de générosité ; son laisser-aller, ses distractions et ses excentricités ne laissèrent pas que de l’exposer plus d’une fois à des désagréments ou tout au moins à des interprétations fâcheuses ( 1 ) ; mais en général, comme il n'affichait aucune espèce de prétentions, on lui pardonna beaucoup, d'autant plus qu’il se faisait toujours un vrai plaisir de mettre les autres en relief. Ceux de ses anciens élèves avec qui nous avons eu l’occasion de parler de lui sont unanimes à louer sa modes! ie sincère en même temps qu'ils reconnaissenlque toute sa manière d’être leur inspirait confiance et sympathie.

Dandelin, avons-nous dit, fut chargé de différentes missions par le Gouvernement. En 1825, il se rendità La Haye en qualité de membre de la Commission chargée d'organiser les écoles des services publics. La meme année, il alla visiter en Allemagne les établissements scientifiques et les mines, pour les comparer avec les nôtres. En 1 827, il s'acquitta d’une semblable mission en Angleterre, où il eut pour compagnon de voyage M. Quételet, qui allait y commander des instruments pour l'Observatoire de Bruxelles. Lcbateauà vapeur qu'ils montaient échoua sur un banc de sable, à l’entrée de la Tamise; ils s’at-

(•) Un jour, dit M. Quetelet, je trouvii l'administrateur- général de l'instruction fort indisposé contre lui, pour une petite scène qui, si elle avait eu réellement lieu, eût été de naturo, en effet, à compromettre étrangement la dignité académique. Dandelin, disait-on. à la suite dune excursion géologique, était rentré dans Liège en jouant du violon et accompagné de ses élèves qui dansaient autour de lui. Je me hasardai à lui parler de l'accusation : Dandelin en fut indigné. « Voilà, dit-il, comme on dénature les » meilleures actions. Dans une promenade » géologique que je lis avec mes élèves, nous » rencontrâmes un pauvre ménétrier aveugle;

> j'en eus pitié, et lui donnai quelque argent. » Je voulus ensuite essayer son violon, et je » jouai quelques airs qui mirent mes élèves » en gaieté ; ce que la liberté de la campagne » autorisait en quelque sorte, et me lit faci- » lemenl excuser : voilà le canevas sur

> lequel on a brodé toute celte histoire. » Celte histoire, en effet, avait eu un certain retentissement, que la médiocrité envieuse

tendaient à périr, lorsqu’ils furent heureusement dégagés, par la marée montante. Arrivés à bon port, ils se séparèrent, et deux mois se passèrent sans qu’on eût de nouvelles de Dandelin.

Tout-à-coup il reparut à Liège, et le rapport détaillé qu’il adressa au Gouvernement sur sa mission servit amplement d’excuse à son silence. En 1829 le syndicat ayant pris la résolution de mettre en exploitation les mines de fer et les autres ressources des forêts de Ilertogenwald et de Grunhaut, il fut . désigné pour intervenir dans cette opération; mais la révolution de 1850 éclata et changea encore une fois le cours de ses idées. Pour la troisième fois, il quitta la plume pour l’épée. Ses connaissances spéciales, son esprit supérieur lui assignaient un rang distingué:

il fut nommé commandant de la légion d'artillerie de la garde urbaine (15 septembre 1850;, qui ne tarda pas à lui décerner un sabre d’honneur. Mais , ajoute M. Quetelet, lu roche Tarpéienne est près du Capitole ; une accusation de trahison fut lancée contre lui ; il eut beaucoup de peine à s’y soustraire. Il fallut que l'autorité détrompât le public, en déclarant hautement l'imputation calomnieuse. Nommé major du genie le 12 octobre suivant, Dandelin partit pour

avait exploité a son bénéfice (p. 145). — La notice de M. Quetelet fourmille de trait* d'insouciance cl de bizarrerie remontant à la jeunesse de Dandelin. Nous n'en rappellerons qu'un seul. Non seulement, quoiqu'il ne fût pas riche, il ne cnnnaisuil pas la valeur de l'argent : • il lui est arrivé de le jeter, littéralement, par les fenêtres. C'était à N'amur; il venait de toucher son traitement, et rentré chez lui, il avait placé l'argent sur une table, en priant son hôtesse de vouloir bien le mettre en lieu de sûreté. Comme cette personne tardait à obtempérer à ses désirs, Dandelin insista en disait que cet argent le gênait, l/on ne fit que rire de son impatience; et, la fenêtre étant ouverte, Dandelin en un tour de main débarrassa la table, à la grande satisfaction de plusieurs petits malheureux qui passaient en ce moment et qui prélevèrent une notable partie sur le traitement, dont les personnes de la maison s'empressèrent d'aller recueillir les reste*. > (p 140).

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Ypres, puis pour Gain), où il commanda la brigade du génie à l’armée des deux Flandres, jusqu’en juillet 1851. Il comptait néanmoins encore rentrer dans l’enseignement : le brevet de lieutenantcolonel, signé par le Hégent (24 juin), le détermina definitivement à opter pour son ancienne carrière.

Il avait l'imagination ardente, la tête vive; la part qu'il prit aux discussions des clubs les plus exaltés faillit l’amener devant un Conseil de guerre. Ce fut encore M . Quetelet qui détourna l’orage : on envoya Dandelin ît Namur (7 septembre 1851). Il y passa dix années, mais sans pour ainsi dire se remettre aux études. I. ’liomme éminent qui avait encouragé et partagé ses premiers travaux, lui dédia la 2" édition des Positions de physique et finit par le décider it reprendre ses recherches. Des instruments furent empruntés pour lui au Musée de Bruxelles (1855); on le nomma professeur de physique à l’Athénée de Namur (9 novembre 1855), sans l’enlever au service actif de l’armée. Il rentra en relation avec l'Académie , s'occupa de la théorie de la décomposition «le la lumière, étudia les formes des racines imaginaires des équations et prépara en un mot divers travaux qu'il ne termina point, si ce n’est un mémoire sur In détermination géométrique des orbites cometaires , qui fut communiqué îi la classe des sciences en mars 1 810. L’année suivante, comme il avait témoigné le désir de sc fixer dans la capitale, le général Buzen, alors ministre de la guerre, lui conféra le commandement du génie dans les places de Bruxelles , Louvain et Yilvorde.

Dandelin était heureux de ce changement; il allait se mettre en route, lorsqu'il reçut tout d’un coup l’ordre de se rendre à Liège, pour prendre la direction des fortifications do la 5P division territoriale (25 octobre 1841) En vain ses amis intervinrent ; il fallut se résigner. Le 15 décembre, Dandelin reçut

( * > 11 possédait, relativement ù son mérite et à sa réputation, peu de litres honorifiques. Km 1825, l'Université de Cand lui avait décerné un diplôme de docteur honoraire; il faisait partie de la Société minéra-

la Croix de l’ordre de Léopold. 11 n’avait jamais témoigné qu’il fût sensible aux honneurs ('); mais la bienveillance royale le toucha et le stimula. L’Académie reçut de lui, au mois de décembre 1842, un mémoire sur quelques points de métaphysique géométrique, élude dont un travail de Legendre (*) lui avait suggéré l'idée. Il en revenait aux méditations de sa jeunesse et il s’en étonnait lui-même, quoique l’exemple de d’Alembert. de Lagrange, de Carnot et de Legendre eût dû lui faire reconnaître qu'il ne faisait que subir une loi de l’intelligence humaine. « C’est ordinairement après avoir usé des théories mathématiques, dit très-bien M. Quetelet, que les savants se préoccupent le plus de la nécessité d’en consolider les bases. i>

Dandelin fit partie chaque année, partir de 1850, des jurys d’examen de l’Ecole militaire ou des jurys pour les aspirants du corps des ponts et chaussées. En 1845, il dut faire un nouveau voyage en Angleterre, comme membre de la Commission chargée de rechercher les causes qui avaient pu amener l’écroulement du tunnel de Cumptich, près Tirlemont. En 1840, il fil partie de la Commission instituée pour « examiner les documents géodésiques de la triangulation du royaume, exécutée antérieurement à 1850, et arrêter les bases principales et le mode d'exécution du travail complémentaire de celui auquel ces documents appartiennent. » Il prit ces nouvelles occupations à cœur, tant que sa santé le lui permit. Sa position s’était sensiblement améliorée; il avait été nommé colonel du génie le 1er août 1845; il résidait à Bruxelles, bien que le siège de la direction des fortifications de la 2e division territoriale, qui lui était confiée, fût à Anvers. Tout semblait lui sourire, et néanmoins son caractère revêtait peu à peu une teinte de mélancolie. Il fut vivement affecté de la mort de son père ; il ne cessait d’évoquer le

logique d'iéna et des trois Sociétés des sciences de Liégo.

(*) item, de l'Acad. det sciences de Paris, t. XII, 1833.

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souvenir de ses jeunes années. Quand l’Académie fut réorganisée, ses confrères l'élurent directeur annuel de la classe des sciences : il se montra trèssensible à leur suffrage et continua jusqu’à sa mort à prendre part aux travaux de la Compagnie, sinon par des mémoires de l’ordre de ceux « qui fixeront à jamais son nom dans l’histoire des sciences » (’), du moins par de nombreux et savants rapports. 11 tomba sérieusement malade au commencement de 1847; ses derniers jours furent marqués par une résignation douce et religieuse. 11 chercha même des yeux, au moment suprême, ses frères et trois camarades d’études qui avaient voulu recueillir ses derniers adieux ; puis il perdit connaissance...

Dandclin inaugura l’Ecole des mines de Liège, en même temps que Bronn (v. ce nom) ouvrait à l’Université un cours d’économie forestière. Mais les circonstances ne favorisèrent pas ce dernier enseignement, tandis que l’exploitation des mines, répondant à des besoins déterminés par la constitution même du sol liégeois, fut bientôt étudiée avec un zèle en rapport avec les intentions du gouvernement. Ce n’est pasque Dandclin ait jamais eu de nombreux élèves ; mais l'Ecole naissante se développa constamment, et il en sortit des ingénieurs capables, qui contribuèrent efficacement à l’essor vigoureux que prit l’industrie nationale à partir de cette époque. La première organisation de l’Ecole des mines date du 3aoûtlS25 ( * ); les cours fureut ouverts au mois d’octobre suivant. Le programme embrassait deux années d’études, comprenant chacune cinq cours. Les certificats de capacité étaient délivrés par la Faculté des sciences (V. l’art. Lesoinne).

Dim.ioc.iurmE.

1. 1° Solution de deux problèmes, dans la Correspondance sur l'Ecole polytechnique, t. III, 1810.

IL Mémoires de l'Académie royale de Bruxelles :

(•) Quetelct, p. 156.

(* ) V. le rapport de M. Nothomb sur l’en-

2" Mémoire sur quelques propriétés remarquables de la focale parabolique (Séance du 1er avril 1822;, t. IL

5° Recherches sur la résolution des équations numériques (Séance du 5 mai 1823), t. 111.

4° Mémoire sur l'hyperboloïde de révolution et sur les hexagones de Pascal et de M Brianchon (Séance du 2 février 1821), t. III.

5° Note additionnelle au mémoire de M. de Nieuport, sur une question relative au calcul des probabilités (Séance du 8 mai 1821), 1. 111.

G0 Sur les intersections de la sphère et d’un cône du second degré (Séance du 4 juin 1825), t. IV.

7“ Mémoire sur l’emploi des projections stéréométriques en géométrie (Séance du 25 avril 1825), l. IV.

8° Sur la détermination géométrique des orbites couiétaires (Séance du 7 mars 1810), t. Xlii (Bulletin de l' Acad., t. VII, ir* partie).

0° Mémoire sur quelques points de métaphysique géométrique (Mance du 5 décembre 1812), l. XVII, v. le Bull., t. IX, 2F p., et t. X, 1" p.).

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