V. encore le Mémoire n
1 5° Propriétés projecl i ves dos courbes du second degré, t. III, p. 9, 1827.
16° Sur quelques applications de la théorie des polaires, t. III, p.277.
17° Note sur les vaisseaux insubmersibles, il>id., p. 311.
18° Sur une difficulté mécanique relative aux professions exercées sur un plan. t. IV, p. 241, 1S28.
V. 19®. Leçons sur la mécanique et les machines, t. I. Liège, Dessain, 1827, un vol. de 471 p. in-8°, avec pl.
i>c*«;io*«cx(Léon-I)iei'donné-Marie- Stamsi.as-Kostka de) naquit à Liège le 18 novembre 1827, et y mourut dans la fleur de l’âge, d’une attaque foudroyante de choléra, le 31 août 1866.
Il fit d’excellentes études au Collège de St-Servais, en sortit déjà helléniste plus qu’ordinaire, et justifia sur les bancs de l’Université de Liège, avant de s’y distinguer dans une chaire, toutes les espérances qu’il avait fait concevoir dès son adolescence. Il s’appliqua aux langues orientales comme aux langues classiques, aux sciences historiques comme aux sciences philosophiques. Son Essai sur V historiographie romaine avant le siècle d’Auguste, couronné en 1848 par le jury du concours universitaire, donna une haute idée de son érudition, de son jugement et de la précision de ses idées, bien que l’inexpérience du jeune auteur s’y trahit çî et là. Avec une brève dissertation sur la Germanie de Tacite, Y Essai constitue tout l’héritage littéraire
de Léon de Closset ; mais les papiers qu’il a laissés attestent que s’il eût vécu, il aurait enrichi la littérature philologique de plusieurs ouvrages de mérite.
Aussi bien les circonstances ne lui permirent guère de disposer librement de son temps. Dès le 19 août 1847, à peine docteur en philosophie et lettres, il se vit chargé, à litre d’agrégé, des cours d’antiquités grecqueset romaines.
Il fit sa première leçon au mois d’oc- . tobre, et sa méthode sûre, l’élégance de sa diction, la solidité de ses connaissances lui acquirent des le début l’estime de ses élèves. Mais il allait, sans l’avoir prévu, se trouver tout d’un coup investi d’une auguste confiance.
Lors de la visite de Léopold I à Liège, en juin 1849, les étudiants de l’Université avaient voulu manifester hautement l’enthousiasme qu’inspirait à la jeunesse, comme à la nation tout entière, la sagesse et le dévouement d’un prince à qui la Helgiquc devait d’èlrc restée calme au milieu des orages qui venaient de bouleverser l’Europe. Interprète de leurs sentiments, de Closset sut parler le langage du cœur. F.n 1831 ,1e roi se souvint du jeune orateur et prouva une fois de plus qu’il se connaissait en hommes : Léon de Closset eut l’insigne honneur d’être appelé à devenir leguide intellectuel des princes belges. Pendant six ans, il se consacra tout entier à l’accomplissement de cette haute et délicate mission, qui lui valut plus tard le titre de chevalier de l’ordre de Léopold, et de la part de l’impératrice Charlotte, la croix d’officier de l’ordre de la Guadelupe. Quelques semaines avant la catastrophe qui nous enleva notre collègue, le roi Léopold 11, recevant le corps académique de Liège, rendit à de Closset un magnifique hommage, et daigna ajouter, avec une grâce parfaite, qu’il sc rangeait lui-même parmi les élèves de noue Université, puisqu'il avait reçu les leçons de l’un de ses professeurs. De Closset avait repris des fonctions à Liège depuis 1836 : il y était rentré comme professeur extraordinaire, chargé du grec au doctoral en philosophie, et de l’enseignement des principes de la littérature «à l’Ecole normale des humanités. Le 12 janvier
ni
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i 862, le roi le nomma professeur ordinaire; le U janvier 1861, il échangea son cours de l’Ecole normale contre celui de grec ; le 14 février, il fut chargé des cours de latin candidature et doctorat) délaissés parM. le professeur Bormans. 11 allait enfin pouvoir vivre dans la plus étroite familiarité avec ses chers auteurs grecs et latins ; il allait déployer à l'aise , dans le champ qu’il aimait le mieux de parcourir, ses brillantes qualités de philologue et d’homme de goût ; il allait se montrer pleinement digne du maître qui l’avait formé. Dieu ne l’a point voulu. — La famille royale prit part à la douleur de sa veuve ; la nouvelle de sa mort inopinée affligea profondément tous ceux qui l’avaient connu, et qui savaient ses vertus privées Jt la hauteur de son talent.
Sources : Derniers honneurs rendus à M. Léon de Closset (Discours de M.
Troisfontaines, etc. ). Liège, 1866. in-8 . — Notice biographique dans la Gazette de Liège. — Journal historique du 1 novembre 1866, etc.
a»o Fooz (Jean-Henri-Nicolas), naquità Liège, lo i 0 juillet 1801, et mourut à sa campagne d’Ilaccourt (') le 20 novembre 1863. 11 appartenait à l’une des plus anciennes familles de la Hesbaye : un de Fooz se distingua aux Croisades; à la bataille de Steppes (13 octobre 1213), quinze chevaliers seulement, sur plus de cinq cents, restèrent fidèles à l’étendard de St-Lamberl : parmi eux était un sire de Fooz ; le i aoiit 1312, dans cette, funeste journée surnommée la Mal St-Martin, Marie de Fooz, dame opulente, sauva de la mort, par sa présence d'esprit, 130 nobles réfugiés dans sa maison, et dont le peuple demandait la vie (*).Mais pour le but qu’on se propose ici, redisons-le avec le biographe ;) qui nous empruntons ces détails généalogiques (’), l’essentiel n'est point
(') A 2 1/2 lieues N. de Liège.
(*) Polain, Récit* historiques du pays de Liège.
(*' La notice qui nous a principalement servi de guide occupe les pages I-XVI du
d’évoquer ces souvenirs; il suffit de rappeler que notre de Fooz, et avant lui son père, placés dans des conditions tout autresque leurs belliqiieuxancètrcs, avaient conservé pures et vives les traditions d’honneur que ceux-ci leur avaient léguées. Le père du professeur était un chimiste distingué, connu en outre par la part qu’il prit à la réorganisation du bureau de bienfaisance de Liège et à la formation de la Société d' Ému lu lion (1779). Il envoya son lits au séminaire de Liège pour y étudier les humanités.
Jean-Henri-Nicolas se distingua entre tous ses condisciples et se mit au travail avec une ardeur qui, vu sa constitution délicate, mit un instant ses jours en danger. Les mathématiques n'étaient pour lui qu’une récréation ; tout jeune encore, il écrivait et parlait le latin avec une facilité peu commune ; le latin lui était si familier, qu’il prenait note en cette langue des explications des professeurs, même dans les cours qui se donnaient en langue française. En 1822, dans une classe de 106 élèves, il remporta le premier prix de philosophie.
Ses supérieurs cherchèrent 3 se rattacher et lui confièrent la chaire de rhétorique : il avait alors dix-huit ans. A une grande aptitude pour l’enseignement, il unissait déjà une habileté toute exceptionnelle pour l’administration.
Mgr Barrett, alors vicaire capitulaire de Liège (4), son parent, son ami et son guide, jeta bientôt les yeux sur lui pour occuper une place importante dans l’administration du diocèse. Mais cette perspective neblouit pasde Fooz, qui ne se sentait point appelé à la carrière ecclésiastique; il n’occupa qu’un an sa chaire de rhétorique, et prit ses inscriptions à l'Université de Liège en 1825. Le 20 juillet 1825, il fut reçu candidat en droit; le 6 juin 1827, docteur, avec la mention sttminis cum laudibus sur ses deux diplômes. Sa thèse inaugurale [De possessione) fut soutenue cum summà doctriuæ prœstantià , le 8 mai 1828.
4* volume du traité de Droit administratif de de Fooz. Elle est accompagnée d'un beau portrait.
(*) Mort évêque de Namur en i83o.
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L’étude du droit ne l’avait pas absorbé au point de le détourner de la philosophie, pour laquelle il éprouvait un irrésistible attrait. En 182(> et 1827, il prit part au concours et fut deux fois couronné. Ses mémoires sont respectivement intitulés: Cmnwntatio litlerarin definitionem pulclirià Clar. Hemslerhuis dalnm cum rrliquorum philosophorum definilionumcimparansalquedijudicfim.
— Commentalio lilterarin quà rcsjwndctur ad qucstionem : Quemnam fructum c studio phitosopliia’. moralis , in studio doctrinarum polilicnrum susciperc jmsumus ?
Son mérite attira l’attention du gouvernement hollandais, qui lui lit ortrir la place de. secrétaire delà ville de Liège. 11 n'accepta point ; on peut croire que ce fut par scrupule de conscience. De Fooz, très-religieux et grand partisan des libertés revendiquées de plus en plus énergiquement par l’opposition belge, ne tenait pas à devenir l’obligé d’un pouvoir dont il n’approuvait pas les actes. Aussi , dès qu’on apprit à Liège que Bruxelles avait secoué le joug, fut-il l’un des premiers à embrasser la cause nationale. Sorti de sa demeure sans savoir que la révolution venait d’éclater, il y rapporta le soir (27 août 1830) un brevet de capitaine de la garde urbaine, que lui avaient offert la Hégenee de Liège et la Commission de sûreté publique. Il lit preuve, dans ces circonstances difficiles, de beaucoup d’énergie et d’activité. Les ressources de la garde urbaineétaient insuffisantes ; plus d'une fois il paya de ses propres deniers la solde des hommes de sa compagnie. Il avait transformé sa maison en un véritable corps de garde, chauffé et éclairé à ses frais; il Taisait en outre distribuer des vivresaux plus nécessiteux ('). Les électeurs liégeois l'envoyèrent siéger à la Hégenee le 22 novembre 1830 ; le 20 décembre suivant, il fut nommé échevin par 114 suffrages sur 120 votants Lors de l’institution de la garde civique (31 décembre), il fut maintenu dans son grade de capitaine ; peu de tempsaprès, il obtint par élection celui de major, qu’il conserva jusqu’à son entrée dans
{' ) Nous suivons fidèlement la notice prdei-
la magistrature. Comme échevin, il était délégué à la police, mission difficile à cette époque, à Liège surtout, où la populace, surexcitée, était toujours prête à piller les maisons des citoyens suspects d 'ornngisme. L evêque de Liège, Mgr Van Bommel, hollandais de naissance, nommé par Guillaume I, fut désigné comme favorable au gouvernement déchu : n’avait-il pas dû. lors de sa prise de possession , recommander l'obéissance à l'autorité constituée? Il n’en fallait pas plus : la foule se précipita sur le palais épiscopal. Sans le courage de de Fooz, qui s’y jeta aussitôt avec sa troupe; sans le calme du prélat qui, voyant l’acharnement du peuple, empêcha toute défense et se présenta hardiment aux émeuliers, un désastre eût été inévitable. En maintes circonstances analogues, de Fooz paya de sa personne et contribua puissamment, par ses exhorlalions et par sa présence d'esprit, à calmer l’effervescence populaire.
De Fooz resta échevin de Liège jusqu’au 30 décembre 1833, époque où il crut devoir se retirer de la vie publiqueà la suite d’un conflit mémorable qui s’éleva au sein du Conseil de Hégenee, au sujet de la publicité de ses séances. Le conseiller Auguste Delfosse avait demandé, le 15 octobre, que l’on rendit obligatoire, pour les procès-verbaux communiqués à la presse, la mention des voles affirmatifs ou négatifs de chaque conseiller dans toutes lesaffaires qui seraient délibérées en Conseil. La majorité accueillit favorablement celte proposition, ce qui enhardit trois membres de l’assemblée à pousser les choses plus loin : ils réclamèrent la publicité pure et simple des séances. La question de la compétence du Conseil fut soulevée et résolue affirmativement; quatre membres s’abstinrent, enlr’aulres de Fooz, qui donna sa démission dans la séance suivante. Le conflit continua et prit des proportionseonsidérables. Nous n’avons pas à nous en occuper autrement ici :
le lecteur curieux de connaître les détails de cet épisode, sans contredit l’un des plus curieux de l’histoire de notre réorganisation politique , consultera
téc, dont l'autour» puisé à très-bonne source.
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utilement le Sécrolog e Liégeois pour 1858 (art. Df.i.fossk) et V Histoire du règne de Léopold / par M. Thonissen.
Les circonstances seules avaient amené De Foozà prendre activement part aux affaires publiques. La politique n’étail pas son fait: il aimait le silence de son cabinet d’étude et la vie de famille. Les insistances le trouvèrent inflexible ; plus tard, il refusa même de se laisser porter à la Chambre des représentants. On lui proposa coup sur coup les fonctions de secrétaire-général dans deux départements ministériels; le biographe que nous suivons rapporte qu’il aurait pu devenir bourgmestre , même gouverneur de Liège. Il n’accepta que les fonctions de Commissaire (par intérim) du district de Liège et celles de membre du Conseil de milice de l'arrondissement . en 1851 et 1852; il était dévoué à son pays, mais nullement ambitieux. Ce fut même pour ainsi dire malgré lui qu’il entra dans la magistrature, il commença par refuser la charge de substitut du procureur du Roi à Liège ; le gouvernement dut multiplier ses instances pour le décider à se rendre en la même qualité à Namur (2!i juin 1854). Le 5 avril 1855, il fut nommé juge an tribunal de première instance de Tongres. Enfin, le 5 décembre suivant, il entra de plein pied dans une carrière plus conforme à ses goflts : le gouvernement lui confia la chaire de droit administratif à l’Université de Liège, avec le titre de professeur ordinaire ( ' ).
11 eut ü créer son enseignement , et pour ainsi dire In synthèse de la science qu’il avait à exposer. Le mérite d’un professeur a contribué plus d’une fois, en Belgique aussi bien qu’ailleurs, à éclairer le gouvernement sur l’importance intrinsèque d’un cours : on peut dire que l’utilité de l’institution d’un nouvel examen roulant principalement sur le droit administratif de la Belgique (*) a été surtout mis en relief
(') Il ne consentit pas k se charger du cours de droit public interne , qui lui fut offert. Deslrivcaux (v. ce nom) y tenait ; son son ancien élève ne pouvait le déposséder. De là des rapports d'intimité entre ces deux hommes d'opinions si différentes, mais d'une
par la réputation méritée des leçons de de Fooz. Un cours spécial de Législation des mines . d’autre part, fut annexé à l'Ecole des mines et confié au même professeur, qui le publia in extenso avant même d'avoir achevé son grand ouvrage (v. ci-après). De Fooz enseigna aussi, pendant quatre ans, le droit naturel, et, selon sa coutume, il rédigea ses leçons ; malheureusement on n’a pu retrouver son manuscrit.
En 1801, frappé d’une première attaque d’apoplexie , il dut cesser de se rendre à l’Université; M. F. Macors, son futur successeur, eut mission de le suppléer. De Fooz ne voulut pas que cet état de choses se prolongeât outre mesure : il sollicita l’éméritat, qui lui fut accordé par arrêté royal du 1" juillet 1802. 11 vécut dès lors dans une retraite studieuse, partageant son temps entre des lectures sérieuses et des exercices pieux, et donnant les derniers soins au travail de longue haleine qui perpétuera sa mémoire. Il passait l’été à llaceourt, répandant des bienfaits autour de lui et se faisant volontiers arbitre et conciliateur dans les contestations qui s’élevaient entre ses voisins. A Liège, il avait conservé quelques fondions administratives; il était notamment président de deux Conseils de fabrique et de la Commission des sépultures. Comme membre du Comité administratif des fabriques d’église du diocèse (5), il eut à traiter les questions les plus ardues ; il a laissé les minutes de plus de 8, 000 consultations. Son avis sur ces matières a été maintes fois invoqué non-seulement en Belgique, mais même en Hollande, en Allemagne et en France.
En novembre 1805, il se rendit à llaceourt , bien qu’il fit déjà très-froid, pour assister aux sermons et aux cérémonies d’une mission des 1*P. Kédemptoristes. fl dut bientôt reeonnaitre que le moment était venu pour lui de se
égale élévation de caractère.
( * i Le doctoral en sciences politiques et administratives, créé par la loi de 1849 sur l’enseignement supérieur (nrl. 30 et KO).
(*) Il exerça ces fonctions pendant près de 30 ans.
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préparer à un plus grand voyage. Le 20 novembre, il rendit son âme a Dieu.
De Fooz était chevalier de la Croix de fer <2 avril 1855) ; de l’ordre royal de la Conception de Villa-Vicosa de Portugal (9 janvier 1855). et de l’ordre de Léopold I de Belgique (24 septembre 1855). Son traité de droit administratif lui valut en outre, avec une charmante lettre autographe du Grand-duc Frédéric de Bade, le diplôme de commandeur de l'ordre du Lion de Zaehringen (25 janvier 1802). L’Académie impériale de législation de Toulouse l’inscrivit, le 11 juillet 1860, au nombre de ses membres correspondants.
Il fut secrétaire académique en 1812- 1815. 11 déclina le rectorat.
Comme professeur, de Foozse distinguait parune grande clarté, par une logique serrée, par un esprit méthodique dont son traité peut donner l’idée , et surtout par un rare talent de réduire les questions les plus complexes à leur plus simple expression. Sa parole avait l’exactitude et la concision du Code, et le terme juridique ne lui faisait jamais défaut. Sa mémoire était prodigieuse:
il citait souvent les lois, les arrêtés et jusqu’aux jugements des tribunaux et des justices de paix, sans avoir besoin de recourir aux recueils. Il tenait à être complet, mais il se gardait soigneusement de surcharger la mémoire des élèves. Il se plaisait à répéter que la mission du professeur n’est pas de faire des savants, mais de fournir 5 ses disciples les moyens de le devenir. Il avait le travail facile et une persévérance qui ne se laissait jamais rebuter. Son activité était incessante : lorsque la mort vint le surprendre, il préparait deux grands ouvrages : l’un sur les Fabriques d’église (il en a laissé le plan); l’autre, un Répertoire complet des lois administratives , dans le genre du recueil de Dalloz : cette vaste compilation devait servir de développement à son Traité.
Comme homme , de Fooz donna
l’exemple de toutes les vertus privées : sa probité, sa droiture, son attachement, sans bornes à tous les devoirs, son désintéressement et son extrême délicatesse, aussi bien que son atfabililé et son caractère bienfaisant lui attirèrent l’estime et l'affection générales (')• H avait pour ses élèves rattachement d’un père; il s'occupait de leurs études et de leur conduite, et ne les perdait pas de vue même après leur sortie de l’Université : tous pouvaient recourir librement à ses lumières et à son crédit. Comme citoyen, nous avons dit quel fut son patriotisme et quel fut son courage. Il resta jusqu’à sa mort du parti de V Union de 1850, et se distingua toujours par une fermeté inébranlable dans ses principes, il était sincèrement, on peut dire naïvement religieux : jamais il ne connut le respect humain.
Son grand ouvrage est intitulé : Le Droit administratif belge. Il comprend cinq gros volumes in-8‘* ; le quatrième n’a paru qu’après sa mort. Le premier traite de l'organisation et de la compétence desautoi ités administratives (Tournai , Casterraan , 1859, IV et 486 p. ); le second est intitulé : De la fortune publique en Belgique, ou du domaine social et des impôts, des dépenses et de la comptabilité de l'État (Ibid. 1861, 767 p.) ; le troisième expose le système de l'ordre public ou de la police administrative'-en Belgique (1863; 818 p.) ; le quatrième s’occupe de l'Administration de la commune, de l'arrondissement , de la province et des établissements publics (*), combinée avec la tutelle du gouvernement (1866 ; notice biographique , p. 1 à XVI; VI et 571 p ); le cinquième enlin, publié avant les autres, est un traité de Législation des mines (538 pages), justement estimé en Belgique et en France. — La haute impartialité de de Foo/. a été reconnue par des hommes cmiuculs de toutes les opinions, et l'utilité pratique de son œuvre est de plus en plus appréciée. L’auteur
(’ ) Ses collègues firent des démarches auprès du ministère pour le faire nommer administrateur de IT Diversité apres lu mort de D. Arnould (v. ce nom) ; mais bien qu’il
se fût rendu à leur désir, I nduire n'eut pas de suite.
(*) Fondations; instruction publique; bien • faisance publique ; Fabriques d’église.
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ne s est point noyé dans les détails ; il a porté la lumière dans le labyrinthe obscur des milliers de lois, arrêtés, décisions qu'il classe, commente, compare avec une rare habileté d'ordonnateur et une solidité parfaite de jugement, sans céder aux entraînements du jour, sans connaître d’autre passion que celle de la justice. On est frappé de la sincérité de l’auteur: ses conclusions sont d’un juge équitable ; ses prémisses, d’un philosophe homme de bien.
Doiuiti t 1L01 is-Joskph), né à (.'.bièvres le 30 décembre 1805, mourut à Liège le l" juillet 1841. La modicité des ressources de sa mère, prématurément privée du soutien de la famille, n’aurait pas permis â Debaut d’aborder des études supérieures , si quelques personnes généreuses, frappées de ses dispositions précoces et surtout de son ardeur au travail, ne l'avaient pris sous leur protection. Il fut envoyé au Collège d’Ath en 1822 : trois ans lui suffirent pour achever ses humanités. « Une » particularité trop remarquable pour » être passée sous silence, c’est que, » parvenu en 4*. il se montra d’une » force si supérieure à celle de ses » condisciples, pour la plupart bien » plus anciens dans rétablissement , » qu’ils refusèrent à l’unanimité de » concourir avec lui : et leurs objec- » lions parurent si fondées , que le » Conseil d’administration, les dispen- » saut d’um* lutte trop inégale, enjoi- » gnil à cet émule redouté de passer » en 5e; sorte d'honorable ostracisme » contre lequel murmura toutefois le » jeune athlète, qui seul ne s’en jugeait » pas digne (*). » Il poursuivit ses éludes avec le plus grand succès au Collège philosophique et à l'Université de Louvain ; ses progrès furent surtout remarquables en philologie. La révolution éclata au moment où il se disposait à soutenir sa thèse de doctorat.
Ce grand événement, qui pouvait entraver sa carrière, le trouva dans les rangs des amis de l’émancipation na-
.* ) Lesbroussart, iïolicc sur L.-J. Debaut.
lionale. « Son rôle politique , pour » rester secondaire ainsi qu’il avait » déclaré lui-même le vouloir, n’en fut » pas moins digne d'estime.-- Lorsqu'un » attentai odieux, mais, hâtons-nous » de le dire, le seul attentat irréparable » qui ail affligé la Belgique durant celle » ère d'affranchissement, frappa dans ■ Louvain un malheureux désigné à la » fureur populaire, Dehaul n’hésita pas » a manifester son indignation en face » de ceux qui donnaient ü leur rage » vindicative le nom de patriotisme, et » félicita hautement le fonctionnaire » dont l’intrépide énergie avait fait dé- » truire sous les yeux des assassins le » monument érigé par lui-même à la » liberté, mais qu’ils avaient souillé de » sang (*). » Dehaul prit part, quelque temps après, à la rédaction du Cou trier belge, feuille très-influente : son esprit judicieux et la solidité de ses connaissances se firent remarquer dans les articles qu’il publia sur l'organisation judiciaire , sur les dépôts de mendicité et enfin sur l’enseignement Le gouvernement provisoire, par arrêté du IC décembre 1830, l'attacha en qualité du lecteur à l’Université de Louvain, pour l’histoire ancienne, l'histoire du moyenâge et l'histoire politique moderne. Ces nouvelles occupations ne l’absorbèrent pas tout entier ; il trouva le temps de. subir les épreuves prescrites par la loi pour l'obtention du diplôme en droit romain et moderne. Secrétaire académique en 1833-34, il vit son mandat renouvelé l’année suivante, et quoique accablé de besogne, il parvint pendant celle même période â rédiger . pour le ministère de l’intérieur, un travail vraiment prodigieux par sa masse et par son importance : la statistique complète de l’Université de Louvain depuis 1817 (deux volumes grand in-folio), et de plus le catalogue systématique et raisonné des archives universitaires, et de celles de l'ancienne Ecole de droit de. Bruxelles, à partir de 1806. Son indomptable volonté l'avait soutenu jusqu'au bout ; mais c’en était trop pour cette nature frêle et maladive. Une affection de poitrine le conduisit aux
(* ) Ibid. — Il s'agit de l'altaire Gaillard.
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portes du tombeau ; cependant il survécut à cette première attaque , contre l’attente des hommes de l'art, qui déclarèrent qu’un des organes de la respiration était entièrement oblitéré, il ne quitta son lit de douleur que pour se replonger, avec une ardeur fébrile, dans ses études meurtrières et chéries.
— « Vous voulez donc absolument vous » tuer? lui dit pu de ses amis, irrité de » cette obstination presque frénétique.
» — Dieu m’en garde ! répliqua Louis :
» je n’ai pas le droit de mourir avant » d’avoir laissé à ma famille de quoi » vivre. » Ainsi s'expliquait sa sincérité sublime. « Demeuré, depuis la mort » de son père , presque le seul appui » d’une mère et de sept enfants , il » semblait avoir calculé , avec calme et » précision, combien il lui fallait d’an- » nées de vie pour placer ses frères et » pour établir ses sœurs ('). » Enfin son dévouement obtint une première récompense : il fut nommé en 1855 professeur extraordinaire à l’Université de Garni, chargé des cours de statistique et de géographie physique et ethnographique. Le climat des Flandres ne convenant pas à sa santé altérée, il obtint un changement de résidence ; il entra au mois d’août 1857 dans la Faculté des lettres de Liège, comme professeur d’histoire politique moderne. Il s’y lit estimer de tout le monde, et l'âpre franchise de son caractère ne l’empècha pas de se faire des amis. 11 louchait au comble de ses vœux, il était sur le point de parvenir à l'ordinarial , lorsqu’à la suite d'une excursion champêtre, les symptômes du mal dont il avait déjà souffert reparurent plus effrayants que jamais. Scs collègues voulurent le forcer au repos ; « mais ce soldai de l’intelligence , outrepassant sa consigne , refusa de quitter sou poste ; et l’on peut dire qu’il y tomba sur place, pour ne plus se relever. » Il mourut résigné, tranquille en apparence, mais peut-être l’Ame déchirée , pensant à ceux qu’il allait délaisser et à la science pour laquelle il se voyait perdu. La carrière de Dehaul fut courte, mais singulièrement bien remplie. Nous ne sachions
pas qu'il ail été affilié à d’autres Sociétés savantes qu a l’Académie royale de Belgique, dont il fut nommé correspondant le 7 mai 1810. il a laissé un assez grand nombre décrits, notamment :
1° Un Mémoire sur If) hier nie, général et orateur athénien (1827), qui allait paraître dans les Annales de l'Université de Louvain, lorsque les événements entraînèrent la suppression de ce recueil.
2° Mémoire sur le -cè «•/•»>, ou Existence objective de l'âme (inédit). Ce travail valut à son auteur la médaille d’or (1820).
5° Mémoire sur la vie et la doctrine d'Aclemonius Saecas, couronné par l’Academie royale de Bruxelles (1850) ; Bruxelles, Ilayez, 1855, in-4° de 204 pages. — C’est l’ouvrage capital de Déliant, et le point de départ d'une série d’études sur les doctrines de l'école d’Alexandrie , notamment sur celles de Numcnius d'Apamée et de Plotin, dans leurs rapports avec les idées théosophiques d’Ammonius. Dehaul termina en 1857 la première partie de son travail sur Plotin. On peut juger pur un seul trait de l'ardeur scientifique de l’auteur: il dut lire d'un bout à l’autre, dans le texte grec, les 54 livres des Eunéades de Plotin, et il ne put se servir pour celte lâche ardue que d'une ancienne édition fort défectueuse, celle de Creuzer n'étant pas alors terminée. — Le Mémoire sur Ammonius atteste à la fois un esprit philosophique élevé , une érudition saine et une grande habileté dans la critique. Dchaut y montre par quelles phases passa la philosophie rationnelle en décadence pour arriver au bord de l'abime du mysticisme; il propose une nouvelle classification des écoles alexandrines et présente ainsi, en quelque sorte, le plan d’un vaste travail d’ensemble qu'il se proposait de faire paraître un jour, ainsi qu'il le dit dans la préface, mais que la mort ne lui a pas permis d’achever. Quant à Ammonius, il est d’avis que les ouvrages qui portent le nom du Saccophorc ne
C) Ibid.
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sont réellement pas «le lui, mais peutêtre d’un écrivain chrétien du même nom, et il se prononce pour Porphyre contre Eusèbe et S*-Jérôme, en soutenant l'opinion qu'Ammonius renia le christianisme pour se livrer à l’étude de la philosophie. Selon l’auteur, Ammonius ne relève directement que de Philon le juif, syncrétique, et de Numenius , pythagoricien ; il n’admet pas que l’ignorant porte-faix ait eu la pensée de combiner ensemble Platon et Aristote. — L’exposé de la doctrine de ce personnage est un modèle de méthode et atteste une profonde intelligence du sujet ; même après les grands travaux dont les écoles d’Alexandrie ont été l’objet depuis quelques années, le mémoire de Dehaut a conservé une haute portée comme chapitre d’histoire de la philosophie.
Royer-Collard en apprécia le mérite en écrivant à l’auteur, en 1837: « Vous êtes savant et philosophe ». MM. Villemain, de Gerando, Joull'roy, Matter (l’auteur de V Histoire du Gnosticisme ), enlin M. Guizot lui accordèrent des éloges bien sentis. Il est doublement regrettable que Dehaut n'ait pu poursuivre ses travaux en philosophie :
c’était un esprit clair, net, positif, et pourtant plein d’ardeur et d’enthousiasme, et détestant par dessus tout les idées préconçues et les opinions exclusives.
■t° En 1835, Dehaut publia (en collaboration avec M. Adolphe Roussel , alors professeur à Louvain) , sous le pseudonyme de Philarèle Durosoir, une brochure assez volumineuse, intitulée :
Observations sur te litre III du projet de loi sur l'instruction publique, et sur le rapport de la section centrale (Rrux. Berthol,1835,in-8°). La même année, il lança dans le public des méditations Sur l'existence et les conditions d’un enseignement supérieur donné en Belgique aux frais de l'État [Rrux. ibid. in-8°). Enfin, trois ans plus tard (déc. 1838), il fit paraitre sous son nom un livre intitulé: De l'état actuel de l'instruction publique, mois surtout de l’enseignement supérieur en Belgique (Liège, Jeunehomme, in-8n; extr. de la Revue belge.) Ces trois publicat ions, où l'auteur prend
énergiquement la défense de l’enseignement de l’Etat et s’élève contre les empiètements des Universités privées, surtout en ce qui concerne le jury d’examen, eurent dans le monde politique et dans l’enceinte des Universités un long et légitime, retentissement.
Dehaut y fait preuve de la plus louable franchise et d’une noble indépendance de caractère. Tantôt enjoué , tantôt grave, toujours plein de feu et de vigueur et pourtant maître de lui-même, il enveloppe les adversaires de son opinion dans les mailles d’une argumentation de plus en plus serrée, et laisse le lecteur aussi animé par l’entrain de la discussion que frappé de l’esprit méthodique de l’auteur et de la justesse de ses observations. Ce sont lîi, si l’on veut, des œuvres de circonstance ; mais les questions qui y sont touchées ne sont-elles pas aujourd’hui aussi brillantes qu’alors, et le dernier mot a-t-il été dit sur le jury d’examen? Plus que jamais , peut-être , les brochures de Dehaut ont une valeur d’actualité; ajoutons que l’importance des considérations générales qui y abondent leur donne un intérêt que les hommes spéciaux apprécieront toujours.
I>c L,o vnelicrle (BaRTHÉLEMY-Ya-
lentik) naquit à Eysden le 20 septembre 1798 et mourut à Liège le 30 octobre 1818. Le fi octobre avait eu lieu la séance de réouverture de l’Université ; de Lavarherie, recteur sortant, n’avait pu y paraitre ; se sentant légèrement indisposé, il avait prié M. Sauveur, doyen de la Faculté de médecine,de lire en son nom le discours d’usage et de remettre à M. Borgnel les faisceaux académiques. Un mois ne s’était pas écoulé, que M. Sauveur portait de nouveau la parole à la même tribune, mais celte fois en présence de la dépouille mortelle de celui dont il venait d’être l’interprête. « Je ne puis trop me féli- » citer, avait écrit de Lavacheric, d’être » arrivé au terme de mon rectorat sans » avoir vu se rouvrir notre fatal nécro- » loge, qui, dans ces dernières années, » s’est couvert de tant de noms pré- » deux a notre amitié, non moins qu’à
» la science et à l'enseignement. » Quand M. Sauveur rappela ces paroles, qui recevaient au moment même un si cruel démenti, l'émotion fut générale. I/indisposilion de de Lavacherie n’avait d’abord présenté aucun caractère inquiétant; on avait regretté l'absence de cet aimable collègue, mais le banquet annuel de rentrée s’était passé comme à l'ordinaire. Tout-à-coup des symptômes d’une extrême gravité étaient venus effrayer les amis du malade : luimême, quand il les eut constatés, ne se lit pas un instant illusion sur son état, et effectivement il fut enlevé au bout de quelques jours. Les médecins jugèrent (jue l’affection (pii se développa incontinent avec une rapidité si funeste avait pris sa source dans une blessure légère, que de Lavacherie s’était faite en opérant un de ses patients. « Sa mort, disait M. Sauveur, serait donc le résultat de son ardeur à secourir l’humanité souffrante. »
Orphelin de bonne heure , de Lavachcrie avait appris à ne compter que sur lui-même. 11 lit d’excellentes éludes au College de Maestrichl, suivit, bien jeune encore, les leçons d’Ansiaux et Lombaire (v. ces noms) à l’F.cole de médecine de Liège, et entin se lit inscrire en 1817 à l’Université, qui venait d’être organisée. Il prit part au concours universitaire de 1819-1820 et y obtint un accessit (v. Ann. acad. Leod. 1819-1820). Il ne tarda pas à être nommé premier aide de clinique chirurgicale; en juin et juillet 1821, il fut reçu docteur en médecine et en chirurgie (sa thèse est intitulée ; De Connu. Liège, 1821, in-4°). Il se rendit alors à Paris, où il suivit assidûment les leçons de Dupuylren, de Broussais, de l.isfrane, de Capuron, etc., revint à Liège pour y subir, en novembre 1821, l'examen de docteur en accouchements, et offrit sans délai ses services au public. Sa clientèle était déjà nombreuse, lorsque les événements de 1830 lui inspirèrent tout d’un coup l’idée de s’imposer de nouveaux devoirs, il aimait ardemment son pays; l’indifférence au moment du danger lui eût paru un crime. Il se dévoua corps et finie, et ses compatriotes le prirent au mot en
lui confiant, dans la milice citoyenne, des fonctions élevées en rapport avec ses études. La Croix de Fer lui fut décernée en 1835; c'était la recompense légitimement acquise de son dévouement et de son patriotisme : il s’était multiplié pour porter des secours aux blessés ; il avait distribué des soulagements de tout genre, avec une touchante sollicitude, aux victimes de nos troubles civils. Dans quelque position que se trouvât de Lavacherie, il ne se contentait pas d'accomplir strictement son devoir : il était toute ardeur, toute générosité. Chirurgien des pauvres pendant quatorze ans, il se lit bénir pour son désintéressement, pour son zèle infatigable.— il jouissait, dans toutes les classes de la société, d’une réputation d’habile opérateur parfaitement justifiée; tout en lui , d'ailleurs, inspirait confiance et sympathie. Au premier abord , sa parole paraissait un peu brusque ; mais bientôt son cœur se laissaitdeviner, et, une fois la glacé rompue, il devenait , il restait le confident et l'ami de ses malades. « Il avait, dit M. Sauveur , la conception facile , le coup-d’œil pénétrant et exercé, l’appréciation prompte, le tact lin et droit, la résolution soudaine, la volonté ferme et la conviction arrêtée ; sa main avait acquis beaucoup d’habileté et d’aplomb. » Tant de qualités personnelles, un tel talent de praticien, joint à un savoir peu ordinaire , ne pouvaient échapper à l’attention du Gouvernement , désireux d’assurer l’avenir de ses Universités réorganisées par la loi de 1835. Le 5 décembre de cette même année, de Lavacherie reçut le titre d’agrégé à la Faculté de médecine de Liège, avec mission de faire le cours de clinique chirurgicale. Dès le 5 août 1837, il fut promu ù l’extraordinariat ; un arrêté royal du 20 septembre 1811 l’éleva au rang de professeur ordinaire. Son nom figure au programme, l’année de sa mort, pour les cours de médecine opératoire et de clinique externe.
Nous avons dit plus haut qu’il revêtit l'hermine rectorale en 1817-1848. A peine était-il en fonctions, que l’arrêté royal du 9 novembre 1817 lit tomber « les puériles entraves qui si longtemps
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paralysèrent le corps professoral. » On n’eut plus h subir , pour pouvoir se réunir cl délibérer, la condition humiliante de 1'autorisalion préalable. De Lavacherie profita de cet affranchissement pour inviter le Conseil académique à se livrer à l’étude des modililications dont la loi de 1855 sur l’enseignement supérieur pouvait être susceptible. Des Commissions spéciales furent nommées ; leurs travaux donnèrent lieu à des discussions approfondies, et un rapport explicite, expression des vœux du corps professoral, fut adressé au Gouvernement. Le recteur entra également en négociation avec la ville de Liège, dans le but d’obtenir, pour l’Université, des améliorations matérielles réclamées par la prospérité croissante de celte grande institution.
De Lavacherie faisait partie, depuis le mois de janvier 1855, de la Commission médicale de la province de Liège; le 20 novembre 1 8-i 1 , jour de l’installation de l’Académie royale de médecine, il fut élu membre de la section de chirurgie ù la majorité de 20 voix sur 28 votants. En mai 1815, il reçut la croix de chevalier de l’Ordre de Léopold, à l'occasion d’un acte de dévouement (‘). Considération publique, fortune honorablement acquise , santé florissante qui semblait lui assurer de longs jours, rien ne lui manquait, lorsqu’il fut inopinément frappé, victime d’une affection qui défiait le génie médical. La douleur de sa famille fut partagée par la population comme par
( 1 ) « Celait peu de temps après la catastrophe arrivée au chemin de fer de Versailles, et les esprits étaient encore sous le poids de la vive émotion que ce grand malheur avait répandue dans le public. L’h convoi parti de Bruxelles pour Liège et dont de Lavacherie faisait partie, eut, dans le trajet, une de ses voitures incendiée. Le feu menaçait de se propager aux autres voitures, et les voyageurs effrayés, pour se soustraire au danger, qui cependant n’était pas encore imminent, voulurent se précipiter pêle-mêle sur la voie, l’nc horrible confusion s’ensuivit, nu milieu de laquelle une jeune fille perdit la vie. De Lavacherie, d’un coup d’œil, voit le péril qui menace tous ses compagnons de voyage, et, avec un sang-froid a.iinirahle.
scs collègues et par ses élèves, qui le chérissaient autant qu’il les aimait lui-même. Le souvenir de son noble caractère et de ses talents est resté durable chez tous ceux qui l’ont connu ; d'autre part, les quelques opuscules qu’il publia dans les dernières années de sa vie sont assez remarquables pour ne pas être oubliés. Son activité scientifique ne se révéla guère, à proprement parier, que de 1859 ît 1818; on doit le regretter, car tous ses écrits se distinguent par la lucidité, par la méthode et surtout par un rare talent d’observation. Il mérite une page dans l’histoire de la chirurgie belge.
De Lavacherie prit une part trèsactive aux travaux de l’Académie royale de Médecine; il concourut aussi a l’élaboration de plusieurs projets de législation médicale. Il avait l’esprit pénétrant et sagace ; il exerça souvent une influence utile et prépondérante dans les comités où il fut appelé à siéger.
Dans sa jeunesse, il soutint une assez vive polémique conire Fohmann (v. ce nom) ; l’un et l’autre y apportèrent une aigreur passionnée qui n'est jamais de mise, surtout quand on croit avoir raison (*). On ne retrouve heureusement aucune trace de ces dispositions d’esprit dans les écrits postérieurs de de Lavacherie. Nous connaissons de lui :
1° Un mémoire de concours sur 1rs purgatifs (v. Ann. Acad. Leod . , 1819- 1820).
2° Sa thèse inaugurale ; De cnncro.
Liège, 1821, in-i°.
il s’oppose énergiquement à leurs Ienlative9 d’abandonner les voitures encore en mouvement. Le train arrêté, il change de rôle ; il se multiplie pour panser les blessés et rassurer ceux qui, ayant échappé au danger, sont encore sous la luneste impression de la peur et n’ont pas moins besoin de ses soins. Grèce à lui . grâce à sa fermeté, on n’eut pas à déplorer la mort d’un grand nombre de personnes si fatalement exposées h périr >> (Sotice sur de Im fâcherie, par M. le docteur Marinus, lue à l’Académie royale de médecine. Moniteur belge, 1856, n" 301, p. 4285, col. 1).
(*) V. le Mathieu Laensberg du 9 et du 10 mai 1827.