II. OEüvrks inédites
a. Prose : Essais de traduction de fragments choisis de Tacite . de Tile- Live, de Florus et de Yelleius Palerculus. — Id. d’un choix de pièces du théâtre anglais d'après Shakespaere, Otway (Venice preserved), Congreve (The mourning Bride, etc. ) ; de las .Y ovelasescolhidas (en langue portugaise); de la comédie espagnolede Moratin, intitulée : El Café; des deux premiers chants du poème italien intitulé : Cli anima H parlanli, par l’abbé Casti. — Adolphe cl Maurice, ou lettres de deux amis (La publication de ce dernier manuscrit, remis en 1807 à un libraire de Paris, fut défendue par la censure impériale). — L'intrigue en l'air ou les aérostats, \uudeville (en collaboration : le manuscrit de celte pièce appartient â M. Quetelet).
b. Poésie : Essais de traduction û'Odes choisies d'Horace et de Fragments de l.ucain, de Trois épisodes de l'Enfer de Dante, d’un fragment de la Reine des fées, de Spenser. — Artevelde, drame en cinq actes et en vers (les trois premiers actes seulement sont achevés). — Célcstine . opéra eu trois actes (tiré d’une nouvelle de Florian. — Le Corsaire, opéra en ti ois actes (d’après le poème de Byron). — Traduction du Manfred de Byron.
Sur la proposition de l’Académie, le gouvernement a décidé, dès 1855, qu’un buste de Lesbroussart serait placé dans la salle des séances. Cet hommage était bien dû â la mémoire de l’un des écrivains les plus distingués de notre Belgique.
LeMoIuno ( PhiI.IPPE-AD01.PHE) , né â Liège le C mai 1805, mourut au Yal- Benoil le 5 octobre 1850. Du lycée impérial de Liège (ensuite gymnase), il passa en 181» au Collège S,e-Barbe, 5 Paris, puis à l’institut Bourdon, où il reçut les leçons de ce mathématicien
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distingué. En 1825. le gouvernement des Pays-Bas lui accorda l’autorisation d’entrer à l’Ecole des mines de Paris : iljustilia les espérances que le succès de ses premières études avait fait concevoir. lin voyage scientilique en Allemagne, en Pologne et en Bohême, avec son condisciple, demeuré l’un de ses meilleurs amis, M. Perdonnet, ingénieur en chef du chemin de fer de Paris à Strasbourg, voyage dont ils publièrent en commun la relation, servit à Lesoinne de transition entre la vie d'étudiant et celle de professeur. De retour à Liège, il fut en effet nommé, dès le 5i mars 1828, lecteur îi l’Université de Liège. L’arrêté du 13 mai 1825 avait annexé à la Faculté des sciences des cours de chimie et de mé eanique appliqués aux arts industriels, ainsi qu'un cours d’exploitation des mines. Le 5 août suivant avait paru le réglement organique de l’Ecole spéciale des mines, née viable et vigoureuse, grâce ù des professeurs tels que Lévy et Dandelln (v. ces noms), et promettant de répondre dignement à la pensée du roi, qui s'était proposé, en l’instituant, de favoriser les progrès de l’industrie nationale. Lesoinne y fut adjoint avec mission d’enseigner la métallurgie et la docimasie. Il créa ces deux cours et mérita, par la distinction de son enseignement et par son empire sur les étudiants, qu’on attribuât plus tard en grande partie à l'influence de son talent la renommée plus qu’européenne de l'Ecole. « Presque en » même temps, il ouvrit â l’Université, » avec l’approbation de l’autorité com- » pétenle, un cours public et gratuit de » construction, d'exploitation et de mé- » tallurgie pour la classe ouvrière.
» Dans ces conférences, il parvint â » rendre attrayants et instructifs les » résultats les plus saillants des seien- » ces d’observation et de calcul. Il » possédait à un haut degré l'art de » vulgariser les choses les plus ab-
C) Lesoinne parlait le wallon avec une rare facilité et un cachet tout particulier. Il fut plus tard 27 décembre 18.71». un des fondateurs de la Société liégeoise (le littérature, wallonne (v. le discours d'inauguration pro-
» traites; au besoin, dans ses leçons, » il se servait du wallon, ajoutant à » l’originalité naturelle de sa diction » tout le pittoresque de l’idiome lié- » geois (*). Ce cours lit plus tard nai- » ire l’idée de créer à Liège une Ecole » industrielle pour les ouvriers (*). »
Après 1830, Lesoinne ajouta aux cours précités un cours de construction (à la Faculté des sciences) ; nommé professeur extraordinaire en 1855, il fut chargé d’enseigner la métallurgie et l’exploitation des mines. Ce dernier cours passa l’année suivante à l’ingénieur en chef Ad. de Vaux (v. ce nom); Lesoinne ne conserva que la métallurgie, son étude de prédilection. C’est surtout dans le domaine de cette science qu’il a rendu des services signalés au pays. « La plupart des sciences d’ap- » plication, dit M. Trasenster, viennent » à peine de naître et ne se trouvent » guère encore dans les livres. La » métallurgie surtout présente des pro- » cédés extrêmement remarquables; » mais, si quelques-uns sont le résul- » tat des recherchés des savants, un » plus grand nombre sont dus aux » ouvriers mêmes , ces observateurs » souvent si intelligents et si sagaces. » Pour rattacher ces procédés aux prin- » cipes de la science et les féconder » par une étude plus rationnelle de » leur but et de leurs résultats , il faut » non seulement des connaissances » scientifiques profondes, il faut sur- » tout pouvoir et savoir observer. Le- » soinne était admirablement préparé à » ce double réle. Ayant, par sa famille, » de grands intérêts dans plusieurs » établissements industriels et dans di- » vers pays de l’Europe, il avait promp- » tement acquis ce tact pratique que le » contact de l'industrie peut seul don- » ner , en permettant de soumettre » constamment la théorie l’épreuve » des faits : doué d’une prodigieuse » mémoire et de connaissances ency- » clopédiques, il n'oubliait aucun fait,
nonce par H. Forirl.
(*) Discours prononcés aux funérailles de Lesoinne par A. Dumont et M. Trasenster (Ann. des Unie., 1837, p. 212 et 215', et Sécrologc liégeois pour 1837, p. 29 et 80.
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» aucun détail ; entln, possédant les » principales langues de l’Europe, il » savait parfaitement se mettre en rap- » port aussi bien avec l’ouvrier qu’avec » le savant, et ainsi recueillir une ample » moisson d’observations. Si l’on ajoute » à ee riche trésor d’études cl d’cxpé- » rience une facilité très-rare d’expo- » sition, le mouvement et le relief de » l’expression, on aura une idée de ce » que pouvait être le cours de mélal- » lurgie de notre Ecole, et l’on compren- » dra les services qu’un pareil cours » a pu rendre à la jeunesse studieuse.»
Lesoinne fut promu à l’ordinariat en 1841. Le 20 octobre 1847, ses anciens élèves, la plupart directeurs de grands établissements industriels, lui décernèrent, en témoignage d'estime et de gratitude, le titre de membre honoraire de ["Association des ingénieurs sortis de l'Ecole des mines de Liège. En 1818.
les électeurs libérauxdc Liège l’élurent membre du Conseil communal ; il y siégea avec distinction jusqu’à sa mort. Il eut à remplir diverses missions spéciales; entr’autres il lit partie, avec MM. Demanet et Dandelin, delà Commission chargée par la Chambre des représentants de rechercher les causes de i’éboulement du tunnel de Cumptich.
Il fut membre de la Commission provinciale de statistique, du Comité des charbonnages liégeois, du Conseil de salubrité de la province, de la Société royale des sciences (1855), de la Société libre d’Émulation, du Conseil d’administration de la Société agricole de Liège, etc. La croix de chevalier de l’ordre Léopold lui fut accordée en 18.‘>5, en récompense des services nombreux qu’il avait rendus « à la science, à renseignement et à l’industrie. » Il reçut de S. M la reine d'Espagne la Croix de Commandeur de l’ordre d’Isabellela-Catholique, distinction doublement méritée par l’industriel et par le professeur. Créateur de la Compagnie royale aslurienne des mines « il organisa la grande et belle exploitation que dirige actuellement son neveu, M. J. Ilauzeur ; sa réputation, d’autre part , attira nombre d’étudiants espagnols à l’PIcole de Liège; il fut en tout temps leur conseiller, leur ami, et souvent leur protecteur. L’in-
dustrie espagnole lui doit autant que l'industrie belge. Quant à cette dernière, il contribua par son exemple à l’empêcher de s’égarer dans la voie nouvelle où il comprit l’un des premiers qu’elle entrait forcément. Il fallait, selon lui. arriver à de grandes productions en introduisant dans les divers appareils la puissance cl la perfection de moyens que réclame la mise en mouvement de grandes masses. L’exploitation des mines lui doit plusieurs améliorations :
on < ite notamment un ventilateur d’une rare simplicité, très-utile chaque fois que l’étal de la mine n’exige que de faibles efforts pour assurer un aérage convenable.
S'il avait pris soin de publier ses travaux, son nom serait connu dans toute l’Europe. Pour ne citer que quelques faits, rappelons avec M. Trasenslerque Lesoinne, dès ses débuts dans l’enseignement, indiqua le premier la véritable théorie de la réduction des minéraisde fer dans les hauts-fourneaux, en l’expliquant par l’action de l’oxyde de carbone. — Dans les derniers temps de sa vie, il avait cherché à modifier le traitement des minérais de zinc, qui est encore si peu satisfaisant comparé à celui des autres métaux. Il voulait arriver à un procédé plus économique qui permit de réduire les minérais peu riches, et surtout de retirer le fer et le zinc des produits naturels si nombreux qui contiennent ces deux métaux. Les expériences entreprises dans cette direction d’idées ne paraissent pas avoir été jusqu’ici pleinement satisfaisantes ; mais dépareilles investigations ne sont jamais stériles, et au moment où l’on s’y attend le moins, elles peuvent aboutir à de grands résultats.-
Lesoinne se distinguait par les trois qualités qui constituent le bon professeur : théorie, pratique, méthode, rien ne lui faisait défaut. Sa parole était simple, sans prétention, d’une gaîté spirituelle et pleine de bonhomie, et toujours saillante, d'un effet sûr et durable. Dans les relations privées, qui était plus aimable, plus affable, plus dévoué à ses parents et à ses amis ?
André Dumont l’a caractérisé d’un mot en l’appelant « l’homme le’plus aimant
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et le plus aimé que l’on puisse rencontrer. »
A part son Voyage scientifique rédigé avec M. Perdonnet, il n'a presque rien publié. M. Ul. Capitaine cite de lui :
1« Une Notice sur les mines de houille, de Saarbrück (en collaboration avec M.
Armand Nagelmackers). Liège, Oudart, 1842, in-8°, avec 2 planches. (Tiré à part des Mém. de In Société royale des sciences de Liège, t. 1, p. 75-8-4).
2" Rapport sur les égoûts à établir dans la ville de Liège (en collaboration avec M. Chandelon), inséré dans le Moniteur belge, n° du 28 mai 1849.
De lu forme et de la capacité qu'on doit donner aux égouts; des matériaux à employer pour leur construction ; des moyens propres à empêcher le dégagement des émanations dans les rues et dans les habituions.
Les leçons de métallurgie de Lesoinne forment un recueil scientifique très-remarquable , dont la première parlie a élé livrée au public par les soins de M. A. Gillon. après la mort de son ancien maître. Nous renvoyons le lecteur à l’observation consignée au n“ 2 de la bibliographie, dans la notice que nous consacrons à l’éditeur des œuvres posthumes de Lesoinnc.
Lévy (Aaron), né à Paris en 1794, y mourut en 1841, «sans avoir pu payer » aux sciences, dit M. Quetelet, le tribut «qu’on était en droit d’attendre de ses «talents véritablement distingués. » il s’appliqua de bonne heure aux sciences exactes, entra en 1812 à l’École normale et, deux ans plus tard , fut nommé répétiteur de mathématiques dans ce célèbre établissement. L’intolérance de la restauration brisa inopinément sa carrière : on ne lui pardonna pas d’être né juif. Une destitution n’était pas justifiable .- on l’envoya continuer ses cours au Collège royal de Pile Bourbon, il s’embarqua à Rochefort et fut jeté par la tempête sur les cèles d’Angleterre, non loin de Plymoulh.à ce qu’on croit.
(*) En voici le litre exact: Description d'une collection de minéraux formée par M . Iltnri lleulantl, et appartenant à 31. Charles llampden Turner , de Hooknest, dans le comté
il tomba en bonnes mains, vit son mérite apprécié, et se décida finalement à ne point repasser la Manche. Ses connaissances variées lui procurèrent des relations avec des hommes tels que Wollaslon et Brewsler. Il prit part à la rédaction de l’Encyclopédie anglaise, cl trouva le moyen d’employer fructueusement le reste de son temps, en acceptant la mission de rédiger le caialogue raisonné d’un cabinet considérable de minéralogie. Ce travail , qui vit le jour en 1857, lui fit beaucoup d’honneur et consolida la réputation qu’il s était acquise par son talent de cristallographc (*). — Lévy s’élait attaché à l’Angleterre, dès 1822, par un lien plus étroit.
Les circonstances qui se rattachent à son mariage ont quelque chose de romanesque et mettent en évidence tout ce qu’il y avait de générosité dans son caractère (*). « Il devint amoureux » d’ilarricl ürewel , en la voyant au » spectacle : elle avait alors 17 ans. • » Fille d’un fermier de l’Yorkshire, elle » avait peu d’éducation et point de for- » tune. Lévy la lit mettre pendant deux » ans dans un des premiers pensionnats » de l’Angleterre, se chargea de toutes » les dépenses nécessaires à son éduca - » tion, et ne cessa de lui témoigner le # plus grand respect». — Cependant la famille arriva, et avec elle l’inquiétude de l’avenir. Le professeur Baron avait formé un pensionnat à Bruxelles ; il pressa son ancien ami et condisciple Lévy d’en reprendre la direction (1828). Celui-ci se laissa persuader ; mais sa qualilé d'israélite mit encore une fois obstacle à ses succès. Enfin le Gouvernement des Pays-Bas, se plaçant audessus du préjugé, nomma Lévy lecteur à la Faculté des sciences de l'Université, de Liège. Il commença ses cours au mois d’octobre 1828. Il enseignait la mécanique analytique (Poisson), la mécanique céleste (de Pontécoulant), l’astronomie physique (Biol), la minéralogie, la cristallographie et la géologie ; il donnait en outre un cours de physique
de Surrey en Angleterre; par A. Lévy.
Londres, A. Richter, 1837, 3 vol. in 8° et atlas in-4° de 83 planches.
(*) Quetelet, Notice, etc. p. 139.
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populaire à l’École industrielle. « Cette » énumération, ajoute M. Quetelet. doit » faire comprendre quelle était l'activité » de M. Lévy, et combien l'organisation » universitaire était vicieuse, en plaçant » les professeurs dans une position qui » leur rendait impossible toute espèce » de travail pour l’avancement des » sciences». Lévy lutta si énergiquement contre ces désavantages , qu'il s'acquit à la fois la réputation d'un bon professeur et d’un savant sérieux. L’Académie royale de Bruxelles , en l'accueillant dans son sein (5 avril 187)0). montra une fois de plus (')que la liberté de la conscience n'avait pas moins de prix à ses yeux que l’hommage dû au talent. La révolution éclata : le Gouvernement provisoire, loin de déposséder Lévy, le promut à l’ordinariat. Mais le souvenir des tracasseries qu'on lui avait autrefois suscitées ne pouvait s’effacer de l’esprit du professeur: il était devenu ombrageux, susceptible, perpétuellement inquiet de l'avenir, et d’autant plus, qu'il se voyait père de famille et sans fortune. Il finit par céder aux sollicitations de quelques savants de Paris, entre autres de Poisson, qui le rappelaient à Paris et lui faisaient entrevoir de brillants avantages. Il rentra dans son pays natal en qualité de maître de conférences k l'École normale, professeur de mathématiques au Collège royal de Charlemagne et chargé de la répétition de plusieurs cours supérieurs.
L’aisance s’assit à son foyer; mais tout son temps se trouva absorbé par des labeurs pénibles. Le désir de reprendre ses études favorites lui fit prêter l’oreille :'i des propositions de .M. Itogier, alors ministre de l’intérieur, désireux de le revoir en Belgique. M. Quetelet fut chargé (juillet 1852) de. préparer la nomination de Lévy au poste de directeur du Musée de Bruxelles ; un changement de ministère fil tomber la négociation à néant. Vivement affecté de ce revirement, douloureusement éprouvé dans ses affections les plus chères par la perte successive de son épouse chérie et de plusieurs de ses enfants, Lévy tomba dans une sorte de découragement
qui, joiul aux fatigues du professorat, mina insensiblement sa santé. Il ploya sous le laix en 18 H, ;» peine âgé de 45 ans. — Indépendamment du catalogue de la collection Turner, on lui doit quelques notices insérées dans la Correspondance mathématique et physique de Bruxelles, savoir :
1 . Mémoire sur différentes propriétés des surfaces du second ordre (t. IV, p. 18).
2. Note sur le théorème: si une droite divise l’un «les côtés opposés d’un quadrilatère gauche en parties proportionnelles, toute droite qui la coupera, ainsi que les deux autres côtés du quadrilatère, sera divisée par elle dans le même rapport (t. IV, p. 5).
5. Sur une nouvelle manière de déterminer la pesanteur spécifique des corps (l. VI, p. 208). — Il s'agissait de déterminer la pesanteur spécifique d’un corps solide plongé dans l’eau, sans le sortir «le ce liquide.
4. Mémoire sur quelques propriétés du système des forces (t. VI, p. 201).
Le mémoire communiqué à l’Académie de Bruxelles sur quelques minéraux trouvés à la Yieille-Montayne à Morcsnet , près d'Aix-la-Chapelle , fut retiré par sou auteur, qui ne trouva jamais le temps de le revoir pour l’impression.
Les minéraux décrits dans ce travail appartiennent à des espèces dont on n’a découvert que fort peu d’échantillons.
Nous citerons entre autres un silicate anhydre de zinc qui reçut le nom de Willemite , en l'honneur du roi des Pays- Bas.— Les expériences de M. Chevreul sur l’eau de la Géronstère (lez-Spa) furent faites en présence de Lévy (Sur la polémique à laipielle elles donnèrent lieu.v. Dardov ville, deseaux minérales de Spa , Liège, s. d., in- 12).
La notice qu’on vient de lire est extraite, pour la plus grande partie, de celle de M. Quetelet (Ann. de l'Acad. de Bruxelles, 1844, p. 159 et suiv.).
i.omixti’d (I.ambert-Mateunk), naquit à Liège le 25 novembre 1795 et y , mourut le 9 février 1853 Peu de car-
(*', Allusion à la réception, dans ce corps savant, du célèbre jurisconsulte Mayer.
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rières ont été aussi bien remplies. Lombard a peu écrit : à part sa Dissertation sur les avantages de l'allaitement maternel (Paris, i)idot, jeune, 35 p. in-8u), présentée à la Faculté de Paris le 16 mars 4 8 1 G pour obtenir le diplôme de docteur en médecine, et quelques rapports à l’Académie de médecine de Belgique, on ne cite sous son nom que la Gazelle medicale belge , recueil éphémère fondé en 1854 avec M. le docteur Boéns, qui en fut, de fait, le rédacteur unique. En revanche, Lombard réunit au plus haut degré les qualités du praticien et laissa une brillante réputation comme professeur de clinique médicale.
Sa constitution physique, sanguine et vigoureuse, son caractère généreux et enthousiaste, la promptitude de son coup d'adl et de son jugement, ainsi que ses goûts d'homme du monde le disposaient plutôt à mener une vie active et pour ainsi dire tout extérieure, qu'à pâlir sur des livres ou à méditer assidûment dans le silence du cabinet. A force de volonté, quand il fut professeur, il compléta des études qu'il n'avait pas eu l’occasion d’approfondir suffisamment dans sa jeunesse ; mais il dut la meilleure part de ses brillants succès à ses talents naturels et. pour le dire en un mot avec M. le Dr Spring, à cette influence mystérieuse qu’on appelle le prestige. Si Lombard n’eût pas été médecin, il eût été soldat : il avait besoin d’agir et de se trouver en quelque sorte mise» demeure de remporter une victoire. Aussi bien les circonstances contribuèrent à favoriser le développement de ses dispositions innées. Orphelin de bonne heure, il fut élevé par son aïeul, qui exerçait la profession: de notaire; à l’âge de 15 ans, il songea à faire choix d’une carrière et entra comme élève «à l'hôpital militaire de Liège. Dès l’année suivante (1800). il reçut la nomination de chirurgien sous-aide : en 1811, il fut désigné pour les établissements hospitaliers de la 24* division militaire, à l’ile de Walcheren, et attaché ù l'hôpital de Middelbourg en Zélande. Son aptitude, son zèle et son dévouement lui valurent, en 1812,d’è.lre envoyé à l’hôpital d’instruction du Valde-Grâee, pour y continuer ses éludes.
Il s’y appliqua surtout à l'art des dissections. Une place de prosecteur devint vacante ; il prit part au concours et remporta la palme; mais presque aussitôt il fut mandé à Tours, en qualité d’aide-major du 5e régiment des gardes d’honneur. Il reçut le baptême du feu le IG octobre 1815, devant Leipzig, où il eut un cheval tué sous lui dans une charge de cavalerie. Le 50 octobre, à la bataille de Hanau, toujours aux côtés du colonel de Salluste.qui l'avait pris en affection, une balle vint le frapper à la jambe gauche ; il fut proposé pour la Légion d’honneur, distinction qui ne lui parvint qu’en 1846, après 55 années d’oubli. Lombard suivit l’armée dans sa retraite vers la France; en janvier 1814, il tomba avec son colonel aux mains d'un parti de Cosaques : enivrer leurs gardiens, s’emparer des chevaux, sabrer le détachement ennemi et regagner ventre à terre le quartier général , ce fut l'affaire de quelques heures. Lombard fut ensuite chargé de la police des hôpitaux de Nancy, puis du service médical de celui de Boisserville. Mais la guerre allait encore le réclamer. La nouvelle du débarquement de Napoléon à Cannes exalta son jeune enthousiasme ; il ne songea qu’au triomphe de l’aigle impériale et ne se demanda pas quel sort serait réservé aux provinces belges. Il assista, comme aidemajor du 12*' chasseurs, à la bataille de Waterloo, parvint à rejoindre l’armée de la Loire et fut enfin licencié à Narbonne, le 5 septembre 1815. Avec la carrière militaire, il abandonna la chirurgie : installé à Paris, il s’y fit proclamer docteur en médecine (27 avril 1816); rien nele retenant plusen France, il revint à Liège, où il s’acquit en peu de temps une clientèle et une renommée considérables. En 1821, il fut nommé membre de la Commission médicale de la province ; dix ans plus tard, il fut appelé à présider ce Corps, et conserva celte fonction jusqu’en 1853. Le 10 décembre de celle année, le roi Léopold lrr lui décerna la croix d’officier de son ordre. Sa nomination à l’Université, comme professeur ordinaire, est datée du 5 décembre 1855. Ainsi qu’on l’a indiqué plus haut, le gouvernement
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4 'Si
lui ronlia la clinique médicale. Il eût été
difficile de faire un meilleur choix. « -
» bard, dit M. le docteur Didot , était » avant tout clinicien, clinicien éclec- » tique, admirateur des travaux hippo- » cratiques. Comme diagnosticien . il » put être égalé ; il ne fut surpassé par » personne. Son coup d’œil était en » quelque sorte divinatoire. Que de fois, » en entrant dans les salles de clinique. » il se procura l'innocente satisfaction » d'établir un diagnostic différentiel, » avant même d’avoir questionné lema- » lade, et d’après les seules indications » de l’habitude extérieure! Pendant l’é- » pidémie cholérique de 1849 , une » femme est apportée à l’hôpit al, en proie » à des vomissements incessants et k » des crampes très-manifestes. La don- » leur crispait sa face, qui du reste pre- » sentait une teinte voisine delà cyanose. » Le mot de choléra circule, et chacun » s’arrête à l’idée que cette malheureuse » est victime de l’épidémie. — Non, » Messieurs, dit Lombard, cette femme » n’est point cholérique ; elle souffre » d’un obstacle intestinal, hernie, volvu- » lus ou antre. — En effet, on reconnut » bientôt l’existence d’une hernie cru- » raie étranglée depuis la veille, et dont » on ne soupçonnait pas l’existence. »
Il serait facile d’énumérer une foule «le faits du même genre; il suffit d’ajouter que la renommée du professeur Lombard s’étendait jusque dans les pays étrangers. Lombard ne s'exprimait pas seulement avec une facilité remarquable:
il avait des convictions franches et profondes, et son grand art était de savoir les communiquer à ses auditeurs, et entretenir en eux le feu sacré de la science. Il avait recours à des comparaisons ingénieuses, rapprochait des faits dissemblables en apparence, et, toujours dominé par l’amour sincère de la vérité, prémunissait les jeunes esprits contre les théories trop absolues et contre les systèmes de circonstance. Il ne faisait point étalage d’érudition, mais se montrait pénétré de l'esprit des grands classiques et surtout s’attachait k former des observateurs.
Mais aussi comme l’exemple du praticien venait en aide aux enseignements du professeur! Lombard déchiffrait
une affection en paraissant à peine s’en occuper; il rassérénait son malade, il le distrayait par sa parole aimable et sympathique; il forçait l’espérance, pour ainsi dire, à reprendre place dans les cœurs. Ses formes aimables le firent chérir dans les familles opulentes, en même temps que la sûreté de ses jugements le fit rechercher comme médecin consultant chaque fois qu'il se présentait un cas difficile. Itéputation , honneurs, richesses, il eut tout, et il faut dire qu’en l’élevant sur un piédestal, l'opinion publique ne fit que reconnaître en lui des qualités qu'il possédait réellement. Il était l’idole des pauvres comme des riches. Sa mort fut le signal d'un deuil général : une foule immense, où étaient représentées toutes les classes de la population, accompagna son corps jusqu’à plus d'une lieue de la ville, au cimetière de Grftce-Berleur. — Lombard revêtit la toge rectorale en 1839-1840. En dehors de l’Université, il remplit pendant plusieurs années des fonctions électives. Il appartenait â l’opinion catholique. La part active qu’il avait prise aux événements de 1830 lui valut la Croix de fer. Il fut membre du Comité de sûreté publique institué le 27 août 1830; le 2 septembre suivant , il entra au < onseil de régence, on il siégea jusqu’en 1834. Quatre ans plus tard, les électeurs du canton de llollogne-aux- Pierres lui confièrent le mandat de conseiller provincial : il le cou serva jusqu’en I8i8. — Amateur passionné de tableaux, il avait formé une collection qui devint célèbre : elle est malheureusement dispersée aujourd’hui. On y remarquait nombre de bonnes toiles anciennes, et parmi les modernes, le premier Pulrocle de Wiertr, qu’il découvrit par hasard, roulé et couvert de poussière, dans un coin du musée St-André. Lombard fit rentoiler cette œuvre remat quable, et construire tout exprès, pour l’y placer, une vaste galerie. — Dans une biographie trèscirconstanciée, lue en séance de l'Académie royale de médecine de Belgique et insérée au t. IV des Mémoires de ce corps savant, M. le docteur Didot a exposé les opinions de Lombard sur un certain nombre de questions pra-