ACTE
la mémoire de Mont
NO idélité à
11 juin 191, les populations de l'Ombrie nl une statue l'honneur du Poverello, qui ne dut son nom qu'à sa prédilection pour
la France, avec cette inscription sur le socle: « La ville d'Assise, gagnée
par l'esprit séraphique de saint François, réalisant l'idéal évangélique de justice et d'égalité, aboht par le pacte de 1210 , les servitudes féodales, six siècles avant la grande Révolution française »t. Cet accord,
gran palto, encore aux archives de la commune, mettait fin aux * discordes civiles. Sur les prières du saint, Majeurs et Mineurs se récon-
cilaient ; les premiers renonçant aux privilèges et aux droits féodaux ;
les seconds à leurs vieilles rancunes. Tous s engageaient, naturellement,
à ne plus fomenter de dissensions?. | C'était revenir au sujet de ce livre, que d'aller à Cornelimunster, à
quelques kilomètres d’Aix-la-Chapelle, en souvenir de saint Benoît
d'Aniane, fils d’un comte de Maguelone. Dans la vallée de l’Inde, qui se jette dans le Roer, affluent de la Meuse, Lothaire, fils de Charlemagne, avait, en.effet, fondé, en 815, un monastère, monasterium ad Indam, pour son ami, son conseiller intime et son premier ministre, le grand réformateur, au 1x° siècle, de l’ordre bénédictin, qui, au faîte du pouvoir, demeura le plusrigide des moines, en même temps que le plus libéral des hommes, poussant le souci et le respect des droits de l’homme jusqu’à ne pas admettre le moindre délai pour l’affranchissement des serfs: Mec
1 Sed communiter stabunt; et in communantia, et facient communiter ea quæ facienda sunt pro civilate, more bonorum civium. (Journal des Débats, juin 1911). 2 « L'esprit de saint François a fait ce miracle que dans ce pauvre pays d’Assise on ne voit,
pour ainsi dire, plus de malheureux; il ne reste de mendiants que juste ce qu'il en faut pour.
exercer la patience des étrangers, sans émouvoir leur pitié. Le dernier acte de la fête se déroula sur la place. François d'Assise, Bernardin de Sienne furent célébrés comme les apôtres glorieux de la justice et de l'égalité, les ouvriers infatigables de la réforme sociale. Sur cette place d'Assise, entre la colonnade du temple de Minerve et l'antique façade de | 7e maison de ville, dans l'apaisement du soir, on était pris tout à la fois par l’ardeur convaincue du discours, l'extraordinaire silence d'une foule immobile et la grandeur toute simple du spectacle ». (Journal des Débats, juin 1911).
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7 ne liberi imperabat®.
Hélas! qui daigne encore s'intéresser à ces nobles mémoires, aussi
| ra qu’ignorées? On ne se contente pas de taire leurs services: on voudrait effacer leurs glorieuses traditions de bienfaisance, de tolérance,
de solidarité. On s'acharne à travestir leurs idées et leurs œuvres, en
dénonçant à la haine des générations nouvelles et aux convoitises des
hommes de joie et de proie leurs disciples et leurs héritiers, à l'exemple
de Néron qui, pour se faire pardonner par la plèbe l’incendie de Rome,
qu'avait allumé son caprice, essaya, d'après Tacite, d’en rejeter l’odieux sur les chrétiens: Abolendo rumori Nero subdidit reos, et quæsitissimis pœnis affecit, quos per flagitia invisos, vulqus christianos appellabat ?. Du moment que l’athéisme dissimule son impiété sous le nom d'areligion et affecte un pseudo libéralisme pour supprimer la liberté, nous avons le droit et le devoir de rappeler, comme nous n’avons cessé
de le faire, — et nous pouvons bien ajouter, de prouver, au risque de
lasser la patience du lecteur —, que le christianisme n’a pas seulement aboli le servage, relevé la femme, réhabilité le travail, que c’est lui
1 Ardon, Vit. Benedict. Anian., n° 14. — Mabillon, Acta sanctorum, t. V, pp. 148-150. — Voir ci-dessus, t.[, ch. x, p. 483. — « Louis le Débonnaire chargea Benoît d’Aniane de fonder, à proximité de la résidence impériale, une abbaye destinée à servir de modèle à tous les monastères bénédictins de l'empire. Il l’enrichit d'un trésor sacré de reliques des plus
précieuses et des plus importantes, uniques dans leur genre; aussi bien au point de vue
archéologique qu’au point de vue religieux. Il est incontestable que ces reliques avaient fait partie du vestiaire de Notre-Seigneur...» (Gewandhkammer des Herrn de la chapelle palatine d'Aix). — « En 876, après la bataille d'Andernach, Charles le Chauve vint à Aix... En compensation de certaines reliques données à la chapelle palatine, il obtint de cette abbatiale des particules de la Sainte Croix, des reliques de saint Étienne, protomartyr, des saints Fabien et Sébastien, et surtout le bras de saint Corneille, dont Charles le Chauve avait reçu le corps entier, quelques années auparavant, du pape Jean VIII. Ce sont précisément ces dernières reliques qui ont fait donner à l’abbaye et à l'endroit de Cornelimunster son nom actuel». (Les saintes reliques de Cornelimunster; Notices historiques et Descriptions, Liège, L. Grandmont-Donders, 1888, pp. 1-4). — Qu'il nous soit permis de remercier et de féliciter le vénérable curé, docteur en théologie, Joseph Kleinermanns, qui a, au fond du cœur, le culte de notre illustre compatriote et qui, par ses travaux, fait honneur à l’érudition allemande: Die Heiligen auf dem bischüf-
lichen bezm, erzbischüftichen Stuhle von Küln. I Theil: Die Heiligen im ersten Jahrtausend.
— 9. Theil 1: Der h. Heribertus, Küln a. Rhein. Commissions-Verlag und Druck von J. P.
Bachem.
? Tacite, Ann., Liv. XV, $ xLIvV.
qui a ouvert les écoles au peuple, fondé les Universités, assuré l'essor des communes et l'institution des parlements.
Alors que nous devions au christianisme la civilisation moderne, le scepticisme et l’incrédulité voudraient nous ramener à la barbarie. La laïcisation des lois politiques a déjà pour effet de supprimer le droit des gens, qui en imposait aux peuples de l'antiquité. On voit tous les jours, telle nation civilisée envahir, sans déclaration de guerre, un territoire étranger, oubliant que, si tout citoyen doit sa vie au pays,
celui-ci ne doit pas méconnaître la justice et le bien public.
… Palriæque impendere vitam, Nec sibi, sed Loti genitum se credere mundo".
Il ne faut donc pas s'étonner de l'avortement fatal des rêves généreux des utopistes et des philanthropes qui se figurent qu'il suffit de traités pour réaliser la paix universelle, de lois pour réformer la société. Dans son tableau des mœurs des Germains, qu’on serait tenté de reconnaître autrement pures que celles de notre époque, Tacite observe qu’elles ont aussi plus d'empire qu'ailleurs les bonnes lois: Plusque boni mores valent quam alibi bonæ leges ?. Aussi quelle force morale peut avoir cette cour d'arbitrage, installée à Scheveningen, près La Haye, qui n’a pu prévenir aucun des conflits qui ont éclaté en Europe, en Orient, en Afrique ?
Pourquoi aussi en avait-on exclu la plus auguste des autorités, celle du Pape, qui est au-dessus des ambitions terrestres et d’une influence mondiale, qui peut faire appel à tous les hommes de paix et de bonne volonté de toutes les confessions, à même, comme au Moyen âge, d’arrêter par son prestige et son désintéressement les prétentions de la force et les attentats de la violence? C’est que, plus qu'aucun pouvoir, elle représente, pour parler comme Bossuet, « Celui de qui relèvent tous les empires, le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et terribles lecons. Car, en leur
{ Lucain, Pharsale, lib. II, v. 382-383.
? Tacite, Mœurs des Germains, XIX.
donnant sa puissance , il leur commande d’en user, comme il le fait lui-même, pour le bien du monde; et il leur fait voir, en la retirant, que toute leur majesté est empruntée, et que, pour être assis sur le trône, ils n’en sont pas moins sous sa main et sous son autorité suprême »t.
Ce n’est plus le temps où saint Louis avait des scrupules sur certaines acquisitions du domaine royal; il n'en est pas moins bon de rappeler avec le jurisconsulte Philippe de Beaumanoir, son contemporain, si apprécié de Montesquieu ?, que rien ne vaut la paix, mais la paix dans l'honneur et la justice, par justiliæ?, la seule qui nous vaille d’être
«sires du siècle et compaignons de Diu » #.
1 Bossuet, Oraison funèbre d'Henriette de France, reine d'Angleterre, Exorde.
2 Montesquieu, Esprit des Lois, liv. LXXVII, ch. xzv. — Laboulaye, Revue de linguistique, +. XI, ann. 1840. — Montalembert, Vie de sainte Élisabeth de Hongrie, Introd., p. 58.
3 Baruch, c. V, v. 4.
4 «11 noz sembla que il n’est riens que nus doie convoitier tant come ferme pes; car cil qui ferme pes a afermée en son cuer, est droitement sires du siecle et compaignons de Diu; car il estsires du siecle, en tant come il est en bonne pensée et le cuer en pes, que il ne convoite a otrage nule chose terriene et compaires de Diu, porce que il est en estat de grace et sans pechié.… Car noz ne creons pas que il soit nul si mal home que ses Cuers ne soit guerries de: sa conscience meismes ». (Philippe de Beaumanoir, Coutumes de Beauvoisis, publiées par le <omte Beugnot, Conclusion, t. IF, p. 505).
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Si L'ÉGLISE DE MAGUELONE CENTRE DU CYCLE ÉPIQUE ET DES TROUBADOURS as 3 Montpellier centre intellectuel dès le xr° siècle. — Évêques et conciles, papes et + E SRP Es Montpellier. — Génie pittoresque du Moyen âge. — Le désordre dans les campagnes en inspire ER HSE la terreur. — La vie religieuse rend à l’homme le goût de la nature. — L'invasion anéantit les nationalités; les légendes et les traditions reconstituent les peuples. — Cantilènes. — MIE 1 Ne … Chansons de geste. — La croisade en Espagne en fait le fond; le Midi en est le théâtre et en nes fournit les héros. — Fondations carolingiennes: Lagrasse, Conques, Joncels, Villemagne, Saint-Chinian, Saint-Thybéry, Psalmodi, Saint-Gilles, Aniane, Saint-Guillem, Celleneuve, Hôpital de Roncevaux à Montpellier. — Geste de Saint-Guillem. — La chevalerie. — Cours 4 seigneuriales, milieux littéraires. — Les Guillems de Montpellier. — Pierre de Provence et la belle Maguelone.— Bernard de Tréviez. — Deudes de Prades. — Folquet de Lunel. — 0 (1, : Rambaud d'Orange. — Dame Germonde. — Maison d'Anduze. — Guillem Vii de Poitiers et le/roman de Joufroi. — Pierre d'Auvergne. — Arnaud de Mareuil. — Guillaume de Balaun. — Pons de Montlaur. — Pierre de Bergerac. — Hugo de Saint-Circ. — Poètes juifs. — Le : ve PE Vilain Anier. — Guiraut Riquier. — Apologues. — Bataille des vins. — Vins du Midi. — Co - Brunetto Latini et Pétrarque à Montpellier. — Grammairien Yon. — La langue provençale. — Accompagnement instrumental. — La chevalerie dégénère en galanterie. — Prédominance de la langue d’Oïl sur la langue d'Oc. ...........,.... AE ATEN JR
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L'ÉGLISE DE MAGUELONE ET LES ORIGINES DE L'ÉCOLE DE MÉDECINE DE MONTPELLIER
L'organisme humain chef-d'œuvre de la création. — En Égypte et en Grèce, la médecine est sacerdotale. — Hippocrate en fait une science positive. — Les Romains s'approprient la science grecque. — Cassiodore sauve la Médecine antique. — Saint Benoît de Nursie et son ordre. — Le Mont Cassin et Salerne. — La médecine grecque traduite en arabe par
les chrétiens de Syrie. — Les Écoles de l'Islamisme en Occident sont surtout médicales. __ —Avicenne, Averrhoëès, Albucasis. — Académie de Cordoue. — Les Juifs à la suite des Er Arabes. — Chassés d'Espagne par la tribu des Almohades, ils se réfugient en Languedoc. mt ESS gs L — Rabbins médecins. — Ils font passer en hébreu les ouvrages musulmans. — Enseignement 5 É ARE de la médecine à Montpellier dès 1025. — Satire de Guyot de Provins. — Proclamation en MR ne
ù gl de la liberté absolue de l'enseignement médical. — Les Juifs en ont le monopole. — Me nu ae à En Pour développer les sciences les moines apprennent les langues étrangères.— Charlatanisme HER TES 4 .…. médical. — École de traducteurs à Tolède. — La Papauté crée les Facultés et les Universités. | “ DA