‹ L'Université de MontpellierChapitre 33 sur 36 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

Le

ilaient méconnus FT qu'on n’y avec le juif Henri Heine, que « des bastilles de l'obscurantisme » !, les Allemands aspiraient à nous

en ravir l’houneur de l'invention, en je revendiquant comme des types

de l'ancien style germanique, altendeutsch.

Crest ainsi que le dôme de Cologne , inachevé jusqu’à la fin du xix siècle, qu’entourent d’ailleurs des églises d’un roman autrement original que celui des cathédrales de Worms et de Mayence?, fut

considéré, pendant la Révolution française, comme «l’image de la patrie agonisante». La paix rétablie, la voix populaire en exigea l'achèvement,

appuyée par les écrivains les plus en vogue, Frédéric Schlegel, Joseph Gürres, Sulpice Boisserie, qui insistaient pour qu’on en fit «la basilique du vœu national et le panthéon de l'Allemagne » *; chauvinisme d'autant

plus exalté qu'il s’imaginait que le grandiose édifice était l'œuvre d’un

allemand!

Or il est aujourd’hui prouvé que le dôme de Cologne, commencé en 1248, n’est qu’une réplique de la cathédrale d'Amiens, qui remonte à

1220, et dont l'exécution avait été confiée à un français, Gérard de

Pile, magister Gerardus lapicida, maître ès œuvres travaillant sous la

direction de l’architecte Robert de Luzarche. La critique n’y a d’ailleurs relevé d’autres défauts que le verticalisme systématique des lignes et

la perfection des proportions, qui en font le mérite spécial, suivant la

règle de la vraie géométrie, secundum veram geometriam*.

{ Henri Heine, Deutschland. Ein Wintermärken, 1884.

ve Églises des douze Apôtres, de Saint-Géréon, de Sainte-Ursule, de Sainte-Marie du Capitole,

de Saint-Martin le Grand.

S« Je dois regretter que des archéologues de mérite continuent à appeler Le l’an-

cienne architecture germanique, quoi qu'ils sachent fort bien que cette dénomination est tout

à fait sans fondement. Ne suffit-il donc pas que l’Allemagne possède les plus splendides

monuments de cette architecture et qu'on l'ait nommée dans son temps germanique en Espagne et en Italie pour que nous lui donnions aussi ce nom chez nous ». (Sulpice Boisserie,

Ansichten Risse und einzelne Teile des dons zu Koeln. — Geschichte und Reschreibung

des doms zu Koeln. Munich, 1842. — Louis Réau, Les Villes d'art célèbres, Cologne, pp. 58-69).

4 Voir ci-dessus, t. LIT, Ch. xxvit, p. 544.

- so

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