PRÉFACE. VU
rÉtat et l'Église, les fermes constitutions qui régissaient jadis les Universités, dont nos rois et nos parlements faisaient, avec énergie, avec résolution, respecter les droits, les privilèges, les franchises. Grâce à cette protection, toujours active, toujours vigilante, le savoir se transmettait de génération en génération, comme un flambeau éternellement allumé, dont parle le poëte Lucrèce. Chacun se reconnaissait à sa bannière, à sa nation, obéissait à son chef, marchait solennellement à la suite du recteur, dans les fêtes, entrées des souverains et les processions. Les registres mentionnent tous ces détails , avec un soin orgueilleux , avec une fierté jalouse. L'Église, plus humble en apparence, mais aussi en réalité plus entreprenante, avait compris de quel intérêt il était, pour elle, de tenir en ses mains puissantes l'enseignement comme la direction des âmes. Les manuscrits de l'antiquité avaient été recueillis dans les abbayes, copiés, commentés, traduits par les moines, et l'imprimerie avait plus tard répandu les livres, que leur prix élevé ne rendait pas encore accessibles à tous. Des collèges, des écoles furent étaWis lentement, dans les villes d'abord, ensuite