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Par Jean-Joseph Languel de Gergy, évêque de Soissons

3. Ce collège était, bien entendu, distinct du collège de Laon, à Paris, qui fait l'objet de la présente étude, et qui avait été fondé, en 1313, par Gui de Laon, trésorier de la Sainte-Chapelle, avec Raoul de Presles, avocat au parlement, pour les écoliers pauvres deà diocèses de Laon et de Soissons.

En 1729, Mgr de La Fare, avec Tagrément du roi, chargea les Jésuites de la direction du collège. En 1781, le collège fut transféré à Tabbaye de Saint -Jean de Laon et les études confiées aux religieux de cette maison , par Mgr de Sabran , approuvé par le roi. Le séminaire de Laon fut fondé en 1662 par Mgr d'Estrées, évêque de Laon, cardinal, en 1671. Le prélat donna 2,000 livres pour cet établissement, et le clergé du diocèse s'imposa d'une somme de 2,000 livres pour soutenir ce séminaire, auquel fut annexé le prieuré de Gizy ^

Les frères des Écoles chrétiennes de l'Institut fondé par le R. P. Jean-Baptiste de La Salle s'établirent à Laon, en 1684, pour instruire l'enfance. — Mgr d'Estrées les encouragea, la ville leur donna 500 livres de pension, et, en outre, ils faisaient dans la ville et la- campagne la quête du vin,

La pension des sœurs Marquettes ou de la Providence a été fondée, à Laon, par mesdemoiselles Marquette et par Marie Yallet, sous les auspices de Mgr Jean d'Estrées. — Sousl'épiscopat de Mgr de Sabran, le faubourg de Vaux fut doté d'une école

1. Geoffroy de Billy, né à Guise (l536), et évêque de Laon (1G01-1G12), tint aussi un synode et y a publié des statuts sur la discipline ecclésiastique.

gratuite pour l'éducation de la jeunesse ^ — Sur d'autres points de la Picardie, se fondaient à Tenyi des collèges. — En 1627, le 12 février, Maxime de Froideur, chanoine de l'église de Saint-Montain de La Fère, y fonde le collège de cette ville, en abandonnant sa prébende de chanoine. — Les frères des Ecoles chrétiennes y furent établis en 1788, dans une maison donnée par la ville de La Fère. — Les sœurs de Saint- Vincent de Paul y furent installées par le saint lui-même, en 1 656. — Dès le douzième siècle, le monastère des Bénédictines, à Barisis, possédait une école célèbre.

Les sœurs de Marie s'établirent à Crécy-sur- Serre, en 1686.

Rozoy-sur-Serre avait, bien avant 1789, des écoles publiques pour l'éducation des enfants, confiées aux sœurs de la Providence de Laon. — A Vervins, le collège fut fondé au seizième siècle, par Jehan de Coucy, abbé de Bonnefontaine, fils de Raoul II de Coucy, seigneur de Vervins, comme le dit un ancien titre. — En 1705, le titre et les revenus de la chapelle de l'Hôtel-Dieu furent réunis au collège de cette ville, sous la condition que le

1. Voir aussi les Statuts du diocèse de Noyon^ promulgués en synode, le 3 octobre 1613, par Mgr François deClermont, évêque, comte de Noyon, pair de France.

L'KGLISE ET SON ENSEIGNEMENT. So

régent, avec rautorisation du curé, y dirait la messe tous les jours, et inhumerait les morts. I Le collège de Guise fui fondé, en 1740, par le duc de Bourbon. Auparavant, il y avait un maître des écoles à Guise, jouissant des revenus de la chapelle Saint-Nicolas d'Hirson, aux termes d'une convention du l^*" juin 1565, intervenue entre le cardinal de Lorraine et Robert de Coucy, abbé de Fesmy et de Saint-Michel en Thiérache.

Le collège de Marie fut fondé (1701) par Jacques Wanet, prêtre du diocèse de Laon, né à Marie, et archidiacre de Chartres. — Les écoles de Marie, autrefois communes aux deux sexes, furent séparées pour les garçons et pour les filles, par suite des donations de Mathieu Beuvelet, originaire de Marie, supérieur de la communauté de Saint-Nicolas-du- Chardonnet, à Paris. — Les frères de Marie, institués par M. Grenier, curé doyen de cette ville, furent chargés des garçons, et les filles confiées aux sœurs de l'Hôtel-Dieu.

Les seigneurs d'Aubenton y fondèrent un collège, le prince de Condè donnait 200 livres au régent, la ville 60 Uvres, la fabrique de l'église 40 livres. Le régent était, en même temps, vicaire. En ] 680, mademoiselle de Guise fonda des écoles publiques à Aubenton, et à Ilirson des écoles pour les jeunes filles.

A Saint-Quentin, dès le sixième siècle, existaient des écoles publiques, déjà célèbres, où saint Médard puisa sa science et ses vertus. — En 1115, Anselme, archidiacre de Laon, illustrait l'école de cette ville; en 1242, Enguerrand, écolâtre de Noyon, y brillait dans sa chaire, alors que Pierre Wandès immortalisait son nom et l'Éghsc par son enseignement. — Les chanoines avaient une école dans la Panneterie (Actes capitulaires de 1527). — Les chanoines avaient la direction du collège qu'ils administraient, dès 1317, suivant les intentions des donateurs, Gossuin le grenetier et sa femme; ils nommaient les maîtres, les rétribuaient. — Le collège, converti récemment en lycée, fut ruiné par les Espagnols (1557), et réédifié aux frais du chapitre.

Le collège de Noyon fut fondé par les évêques et prêtres de cette ville, qui le dirigeaient. — Il en fut de même pour Péronne.

Ribemont avait une école, dès 1141, dans le prieuré de Saint-Germain, fondé au neuvième siècle. Elle fut enrichie par les fondations de la ville (4652) et le testament de son curé François Paloillot et de sa sœur (13 juillet 1741), avec codicille du 11 janvier 1759. — Moy eut une école dirigée par les sœurs de la charité et de la congrégation de Saint-Maur de Paris , aux termes de la fondation due aux libéralités de madame Marie-Marguerite Le-

gendre, veuve d'Antoine Crozat, seigneur de Moy, marquis de Moy, commandeur des ordres du roi, aux termes d'un acte notarié du 20 juillet .1740. — L'école des garçons de Moy était tenue par un clerc laïque, sous la direction du curé de la paroisse. — A Vendeuil, l'école des filles était dirigée par une sœur de l'Hôtel-Dieu, et la reconnaissance publique cite encore la sœur Marie Leclerc ^

Yendeuil avait une école de garçons tenue par le maître d'école, en même temps clerc laïque; les enfants, pour leur assistance aux services funèbres, recevaient de un sol à cinq. — Le clerc recevait aussi, pour son salaire, une somme de cinq à six sols.

ï. Voir les Comptes de la fabrique de Vendeuil (1565-1624), explorés par l'érudit curé M. Delaigle, dont les recherches historiques , déjà si complètes , mériteraient d'être encouragées et publiées.

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