‹ L'université de Paris, 1200-1875Chapitre 82 sur 143 · Du Boulay, Hisloire de l' Université j t. V · texte numérisé non relu

Du Boulay, Hisloire de l' Université j t. V

somme de cent écus d'or est versée par les nations de France, de Picardie, de Normandie, pour couvrir cette dépense.

Avril i^S{. — Lettre du prévôt de Paris J. d'Estouteville à M. le recteur et à MM. de Notre-Mère, — l'Université de Paris, enjoignant, de la part du roi, de déclouer et défermer tous les livres des nominaux.

Délibération de la nation de Picardie pour assurer, dans tous les collèges, l'exécution de la sentence du prévôt d'Estoutevillc.

31 mai 1481. — Lettres des vicaires généraux * de l'évêque de Paris adressées aux maîtres et écoliers de la nation de Picardie, auxquels il est accordé le droit de construire, à leurs frais, une chapelle, avec clocher et cloches, rue du Fouarre, pour y célébrer le service divin.

Novembre 1550. — Discussion soumise à l'Université de Paris au sujet de la charge de procureur dans la nation de Picardie, qui aurait été conférée contrairement aux statuts de l'Académie. -

Le grand bedeau de la nation de Picardie, Mathurin Chedepeau, frappé, dans Texercice de ses fonctions , par M^ Faultier , un des maîtres de la même nation , avait porté plainte devant le lieutenant criminel. — Il fut cité pour ce fait, le 8 février 1601, devant les députés de l'Université, assemblés au collège de Navarre , et blâmé sévè-

1. Du Boulay, Histoire de V Université, tomes V et VI. Voir aussi : Règlements de l^ Université de Montpellier» Bibl. Nationale (manuscrits, 4831-1879).

remeni de ce que, pour obtenir justice, il s'était adressé à d'autres qu'au recteur et à son conseil , seuls juges des membres de l'Université en fait de discipline scolastique. ( Recueil des actes et autorités concernant la juridiction du recteur , 1744, in-f.)

En 1642, Pierre Le Bourg, recteur de l'Université de Paris, notifia, le 8 octobre 1642 , son mandement annonçant sa visite aux divers collèges de l'Université. Le 1 S novembre, il visita le collège de Laon, où furent trouvés vingt-cinq boursiers, assujettis à une discipline régulière.

En 1763, sur le rapport de M. de Lavcrdy, la Cour approuva les conclusions de ses commissaires , et les lettres patentes du 21 novembre confirmèrent l'arrêt du 19 août, en réunissant au Collège Louis- le -Grand la fondation des boursiers des petits collèges. — Par suite, furent ainsi supprimés les collèges d'Arras, d'x\.utun, de Bayeux, de Poissy, de Bourgogne, de Cambrai, de Cornouailles, de Dainville, de Fortel, d'Huban, de Justice, de Laon et de Presles, de Lisieux, du Mans, de Maître-Gervais, de Narbonne, de Reims, de Sainte- Barbe , de Saint- Michel, de Séez , de Tours, de Trèguier, des Bons - Enfants , des Dix -Huit, des Cholets et de Mignon.

Les lettres-patentes du 3 mai 1766 avaient fixé

au mois d'octobre suivant l'ouverture des épreuves pour l'agrégation. — Les épreuves furent closes le 13 décembre, et l'on proclama le nom des nouveaux agrégés, parmi lesquels, pour la Picardie, nous remarquons : en théologie, François Guyart, prêtre de Soissons, licencié en théologie; Adrien Capin, prêtre de Beauvais ; Joseph Porion , sous-diacre d'Amiens; — pour les classes d'humanités : Gossart (Jean-Baptiste), de Noyon, professeur de rhétorique au collège d'Amiens; Jacques Delille% de Clermont, professeur au même collège ; Jean Martin, de Compiègne , professeur à Compiègne ; pour les classes de grammaire, Firmin Caboche , prêtre du diocèse d'Amiens.

Les adversaires de Tagrégation prirent leur revanche à la rentrée des classes, et M. Coupé, régent de seconde au collège de Navarre, fut, à raison d'un discours véhément , suspendu pour trois mois des assemblées de la faculté des Arts et de celles de la nation de Picardie, dont il était membre [Lettre de M. de Saint-Florentin au recteur^ {^novembre 1766).

La faculté des Arts (en février 1779) intervint

1 . Le traducteur des Géorgiques, le chantre des Jardins et de V Imagination était régent de seconde au collège d'Amiens. Élève de rhétorique, il y avait remporté sept prix et le prix d'éloquence, fondé par les maîtres es arts de TUniversité de Paris.

près de la Cour des aides en faveur d'un maître de la nation de Picardie, qui tenait un pensionnat à Passy, et le fit exempter de la taille.

Sous Louis XVI , le déplorable état des finances réduisit le gouvernement à proposer à l'Assemblée nationale , comme le seul moyen d'éviter la banqueroute, une contribution extraordinaire, réglée au quart du revenu net de chaque citoyen. — L'Université de Paris subit la loi commune; le chiffre de sa contribution fut fixé à 8,000 livres, ainsi réparties : l'Université en corps, 2,000 livres; la faculté de théologie, 300; la faculté de droit 300 ; la nation de France, 3,400; la nation de Picardie 1 ,000; la nation de Normandie, 1,200; la nation d'Allemagne, 800; la faculté de médecine, en l'absence de tout revenu fixe, s'excuse, par l'organe de M^ Bourru, de ne déposer nulle offrande sur Tautel de la patrie \ — La nation de Picardie, voyant ses masses inutiles pour les cérémonies publiques , et ne pouvant d'ailleurs les offrir à la patrie, à cause des dettes qu'elle a

1. Dès 1G36, le 7 août, rUniversilé^ précédée de ses bedeaux et avant en tête le recteur, vêtu de pourpre, salua ainsi Louis XllI entrant au conseil : « Sire, votre Université, la plus pauvre de « tous les corps de votre ville de Paris, mais la plus riche en « alTection, vient vous offrir sa vie et ses biens; elle vous promet « deux cents hommes de pied, qu'elle assure entretenir. » A quoi le roi, tout joyeux, répondit : « J'ai besoin d'hommes. Vous avez, « dans vos collèges, de grands écoliers qui n'ont pas tant d'inclina- « tion pour rélude, envoyez-les-moi pour servir. » Ainsi fut-il fait.

contractées, a , le 19 juillet 1790, décidé, d'un commun accord , que lesdites masses seraient vendues, pour les deniers qui en proviendraient être employés à payer ses dettes et notamment celles du maçon. — Le surplus, s'il y en a, sera versé dans la caisse de la nation , entre les mains de M. le questeur. — A cet effet, ladite nation a nommé commissaires, pour surveiller ladite vente, les procureurs , censeurs , doyens qui ont signé avec MM. Levasseur et Tronquier, délégués pour assister le questeur; Bondy, procureur; Binet, doyen de Beauvais; — Lhom.ond, doyen de Noyon; Guy, vice- doyen d'Amiens; — Delestré, doyen de Térouanne et ex-censeur.

Au moment où la société française s'effondrait sous l'action révolutionnaire, la nation de Picardie, avec les nations de France et d'Allemagne, jeta une suprême protestation, en déclarant que les règlements de l'Université qui obligeaient les maîtres à s'acquitter exactement de leurs fonctions étaient toujours en vigueur, qu'ils avaient tout prévu, qu'ils répondaient à toutes les nécessités de la discipline, qu'il suffisait d'en exiger l'observation stricte.

C'était là une vaine consolation , tout était consommé. — L'Université de Paris, dont l'histoire s'ouvre en 1200, parle diplôme de Philippe-Auguste,

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qui affranchit les écoliers de la juridiction du prévôt de Paris \ se vit supprimée de fait, par le décret de la Convention nationale du IS septembre 1793. — Cette Assemblée décida en effet qu'il serait établi dans la République trois degrés progressifs d'instruction: le premier, pour les connaissances indispensables aux artistes et ouvriers; — le second, pour les connaissances ultérieures , nécessaires à ceux qui se destinent aux autres professions ; — le troisième, pour les objets d'instruction dont l'étude difficile n'est pas à la portée de tous les hommes.

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