‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 105 sur 178 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Faveur aveugle de Marie de Médicis pour la Compagnie de Jésus. — Des Icllres patentes du 20 août 1010 permettent aux Jésuites de reprendre leur enseignement au collège de Clermont. — L'Université s'oppose à l'enregistrement, et, grâce à l'appui du Parlement, tient ses adversaires en échee. — Le Parlement censure les doctrines ultramon laines de Bellarmin. — Marie de Médicis continue à couvrir les Jésuites de sa protection.

La Compagnie de Jésus parut un moment déconcertée, en présence des manifestations violentes et haineuses qui suivirent l'attentat de Ravaillac. Mais elle ne tarda pas à reprendre courage.

Les événements conspiraient en sa faveur. Loin d'avoir à craindre que la mort de Henri IV lui fit rien perdre du terrain qu'elle avait su gagner en France, tout semblait lui promettre, sous la régence de Marie de Médicis, des appuis plus puissants, et surtout des dévouements plus aveugles.

Le nonce Ubaldini, protecteur ordinaire des Jésuites, était toujours pendu aux oreilles de la régente, suivant le mot de Lestoile ^ Le duc d'Epernon, l'homme du parti catholique et de la politique espagnole, déclarait au conseil de la reine que « quiconque toucherait les Jésuites, le toucherait, et qu'avant de souffrir qu'on leur fît tort, il y perdrait les moyens et la vie ». Villeroy, Sillery, Jeannin, tous trois anciens ligueurs, étaient les principaux ministres du nouveau règne, comme ils avaient été ceux du règne précédent; et ils n'étaient pas éloignés, surtout

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