LES JÉSUITES ET L'UNIVEUSITÊ PEN'DANT L.V LIGIE
Un Jésuite illustre, le P. Bcllarmin, avait r-ombattu dans ses écrits, au nom du Saint-Siège, les droits du roi de Navarre à la couronne de France '. Sixte-Quint le chargea d'accompagner le cardinal Caëtan à Paris pour l'aider de ses liimirres dans les cas difficiles; et, à la suite de Bcllarmin, sous l'œil satisfait du légat, on vit Claude Mathieu, Henri Sammier, Eilmond Hay, Commolet, supérieur de la maison professe de Paris, et tous les Jésuites (jui résidaient en France, s'enrôler sous la bannière de la Ligue. Sammier et Mathieu furent d'habiles négociateurs, dont la sainte Union sut mettre les services à profit. « Comme la Compagnie, dit Etienne Pasf[uier -, est composée de toute espèce de gens, les uns pour la plume, les autres pour le poil ; aussi avaientils entre eux un père Henri Sammier, du pays de Luxembourg, homme disposé et résolu à toutes sortes de hasards. Cetui fut par eux envoyé en l'an 1581 vers plusieurs princes catholiques pour sonder le gay ; et, à vrai dire, ils n'en pouvaient choisir un plus propre, car il se transfigurait en autant de formes que d'objets, tantôt habillé en soldatesque, tantôt en prêtre, tantôt en simple manant. » Tandis que Sammier parcourait l'Allemagne, lltalic et l'Espagne, Claude Mathieu, surnommé le Courrier de la Lir/ue^ faisait de nombreux voyages de Rome à Paris et de Paris à Rome, pour provoquer l'intervention active du Saint-Siège en faveur des Guise.
Faut-il rappeler que le P. Odon Pigenat, qui succéda comme provincial au P. Mathieu, entra dans le conseil des Seize et se mit à la tète des plus ardents partisans de l'influence espagnole, à tel point que l'historien de ïhou le qualifie de « ligueur furieux, aussi fanatique qu'un corybante ^ »? Ne sait-on pas que le P. Commolet a égalé les violences des plus fameux sermonnaires de la Ligue, en mettant Jacques Clément parmi les anges, et en invoquant contre Henri IV le souvenir d'Aod, meurtrier du roi des Moabites? « Il nous faut un Aod, disait-il d'une voix tonnante, fùt-il moine, fùt-il berger, fùt-il goujat, fùt-il huguenot même, n'importe M » Sans doute Pasquier a substitué la passion du
1. Responsio ad prœcipua capita Apolo'jiie pro succcssione Henrici Navarreni. Romse, 1586.