PREMIÈRE PARTIE
Historique
\ l'origine, L'enseignement de la médecine se donnai! dans les cloîtres, et les médecins étaienl clercs.
An xme siècle, L'exercice médical fui interdil aux moines el aux prêtres, mais de ces origines ecclésiastiques, longtemps encore les docteurs régents conservèrenl L'obligation du célibat. En ces temps, les médecins ne formaient pas une corporation distincte; ils étaienl partie de la Faculté des Arts. Peu à peu, de cette gaine se dégagea une faculté nouvelle qui fui pleinemenl constituée vers la fin du \in siëcle. Toul d'ahord, elle n'eul pas <\r Locaux en propre Ses maîtres enseignaient chez eux. C esl seulement !<■ \i\ siëcle finis s;ini qu'elle eut, rue de la Bùchérie une petite maison a elle, payée de ses deniers. Elle comptait alors trente el un régents
Comme marque de sa personnalité, elle se donna un sceau d'artrenl : la Viergre assise, couronnée el voilée, tenant d une m. un un
1 V. Solive historique tur l'ancienne Faculté th )/■ eetleColU
I h , t s . /■ |,,, i i , ■ — t.iiili.il. l'.tt i l'JO.'i
rameau touffu, de l'autre un livre ouvert ; sur chacun de ses côtés, des étudiants lisant ou écoulant des enseignements divers. Le contresceau représente un docteur barbu, encapuchonné, commentant le texte d'un livre posé sur un pupitre.
Dans la seconde moitié du xve siècle, et au cours du xvi' . de nouvelles maisons furent acquises, de deniers divers, autour du pauvre et petit berceau primitif. Mais c'est seulement au commencement du xvii° siècle que, sur l'initiative et par la ténacité de Riolan. l'anatomis te, fut construit sur l'emplacement de partie de ces maisons, un « théâtre anatomique », adapté à sa fonction. Seulement, le sol de ces écoles étant en contre-bas du niveau delà Seine, plus d'une fois, aux jours d'inondation, elles furenl envahies par les eaux et force était alors de chercher asile ailleurs.
Au milieu du xvine siècle, malgré des restaurations partielles, le théâtre de Riolan tombait en ruines. On se décida à en construire un autre, aux Irais des docteurs régents. Une somme de 51.000 livres v fut consacrée. C'est l'édifice élégant qui se dresse encore à 1 angle des rues ih- la Bûcherie el de l'Hôtel-Colbert, etquela ville de Paris vient de louer à bai! emphythéotique à l'Association générale des Étudiants de l'Université de Paris, avec charge de restauration. Ou l'appelle l'amphithéâtre de Winslow, parce qu'il fut inauguré par
Ulie leçon de ce niaïlre a n;i I on i ist e .
Trente ans plus lard, quand la Faculté des Décrets quitta, pour le bel édifice construit a son usage par Soufflol sur la place de I Eglise- Sainte-Geneviève, son vieux louis de la rue Jean-de-Beauvais, la Faculté de Médecine s'y installa, ne conservant, rue de la Bûcherie, que son « théâtre anatomique ». Elle avait espéré mieux, el rêvé, sur la place de l'Ëglise-Sainte-Gene^ lève, s) métriquement à la nouvelle Faculté de Droit, un bâtiment neuf, avec Soufllol pour architecte. Mais elle n'était pas en crédit. La faveur était toute aux chirure iens.
Ceux-ci ne faisaient pas et n'avaient jamais fait partie de la Faculté de Médecine. Leur art avait toujours été tenu par elle pour un métier manuel, indigne de la noblesse universitaire. A l'origine.
l.,i \ icillc Facul
Je VItidecine, rue do lu Bùch i ii •
barbiers el chirurgiens ne taisaient qu'un La muin qui inuniail le rasoir Lenail aussi, ,:i l'occasion, la lancette ou le bistouri An \i\ sans se détacher des barbiers, les chirurgiens avaienl I"' corporation spéciale, sous l'invocation des Saints Côu i l
i L'UNIVERSITÉ DE PARIS
et sous l'autorité de la Prévôté de Paris. Le droit des simples barbiers fut alors limité « à la saignée, au pansement des clous, anthrax, sses el charbons, à l'exclusion de toute plaie ouverte ». Les chirurgiens avaient de plus droit de faire « la diérèse, la synthèse et
Collège des chirurgiens. — Amphithéâtre anatomique. D'après la gravure de Simouueau ol Pérclle.
l'exérèse •>. ijui étaient toutes opérations par lesquelles les tissus organiques étaient ou séparés, <m réunis, <ui débarrassés des corps étrangers el dangereux. <!»• fui entre eux el la Faculté de Médecine une lutte >\>~ plusieurs siècles, de laquelle, fortsde la faveur royale, conquise par leurs opérateurs, ils sortirent victorieux.
Le premier qui les illustra fui Ambroise Paré. Quand il eul publié,
en 1545, smi livre sur la Mélhôde de traie ter les playes faites par les harquebuses et àultres bastons a feu, ils curenl l'habileté de lui conférer la maîtrise en quelques mois. Par lui, ils gagnèrent Charles IX, dont il devint le premier chirurgien. François I ne leur fut pas moins favorable. Par lettres patentes.
il leur octroya les privilèges de l'Université, el 1rs inl roduisil au nombre de ses suppôts: Mais.
devant la résistance opiniâtre il»' Il Diversité, ce furenj lettres mortes.
Louis XIII, né le jour des Saints Côme cl Dainien, n'eut que des sentiments favorables pour la corporation placée smis leur patronal:*' : il en I ni môme membre d'honneur In instant, Il ni\ ersité, sans toutefois les juger dignes d'être siens, réussit à les placer sons la dépendance de la Faculté de .Médecine.
Le Parlement leur interdit de porter robe el bonnet, el (il rayer de la façade de leurs écoles le mol collenitini. Mais, un peu plus lard, I ii nu s XIV, gagné par son premier chirurgien, François Félix, décida qu'ils auraient pour chef le premier chirurgien du roi Lorsque !• second Félix l'eu! opéré avec succès de la fistule, il recul la noblesse, el les lettres qui la lui conféraient spécifiaient que > I exercice di I i
Le grand amphithéâtre ù lu lin du xviu -
[) .i|.i. •- I allas de I louin
chirurgie ne pourrait lui être imputé à dérogeance ». Du fait, la corporation tout entière se trouvait ennoblie. A partir de ce moment, les faveurs succèdent aux faveurs. Les chirurgiens ne sont plus « les coquins », les « méchantes pestes » dont parlait Guy Patin, quelques années plus tôt. Le Parlement leur reconnaît le droit de faire des lectures en public. Ils sont autorisés à acquérir un terrain des Cordeliers et à y construire un amphithéâtre de 12o places. Un peu plus tard, malgré les protestations de la Faculté de Médecine. Louis XV leur crée des chaires dont les titulaires devaient être nommés par le roi sur la présentation de son premier chirurgien. Le nombre de leurélèves s'accroît chaque année. Aux professeurs titulaires, il faut donner des adjoints: l'amphithéâtre d'anatomie de Saint-Côme devient insuffisant ; il faut ouvrir une école de dissection dans la Cité. Au milieu du xvme siècle, le nombre des maîtres chirurgiens était de deux cents, et celui des élèves de six à sept cents. Force était d'abandonner Saint-Corne. C'est alors, en 170N, que. par un arrêt du Conseil du Roi, fut autorisée l'acquisition, au nom du Roi. des terrains et bâtiments du Collège de Bourgogne et de quatre maisons contiguës, et que sur cet emplacement fut élevé, d'après les plans de l'architecte (iondouin, l'élégant édifice qui est encore aujourd'hui le centre de la moderne Faculté de Médecine.
A la Révolution, Faculté de Médecine et Collège des Chirurgiens disparurent également, avec toutes les corporations et établissements d'enseignement de l'ancien régime. Ce qui leur succéda fut un établissement unique, où médecine et chirurgie, jusqu'alors séparées el antagonistes, devaient être rapprochées el fondues, avec des études communes et des études spéciales. Par décret du 14 frimaire an III. — i décembre 1794, — la Convention, pour satisfaire surtoul aux besoins des armées, créaittrois écoles de sauté-, à Montpellier, ii Strasbourg el à Paris. ( «elle de Paris était placée « dans le local de la ci-devanl Académie de Chirurgie, auquel on réunira le ci-devanl
couvent des Cordeliers ». L' enseignement y devait être à la fuis théorique et pratique. Il avait pour objets : l'organisation et la physique de L'homme ; les signes et caractères < I « * ses maladies, d'après l'observation : les moyens curatifs connus ; les propriétés des plantes et des drogues usuelles: la chimie médicinale; les procédés des opérateurs; l'application des appareils et l'usage des instru-
l'Il'H.. >
Façade .le la Faculté de Médecin
ments : 1rs devoirs publics des officiers de santé. Pour assurer la pratique, les élèves devaient être exercés aux opérations anatomiques, chirurgicales et chimiques, observer la nature des maladies au lit des malades el en suivre Le traitemenl dans les hôpitaux voisins il<' l'Ecole. Gomme instruments de travail, celle-ci devait avoir un cabinet d'anatomie, une suite d'instruments, d'appareils de rhi nii'jie, une collection il histoire naturelle médicinale, et des labora toires destinés aux exercices pratiques des élèves dans Les arts i|ui doivent assurer leur succès. Nous sommes Loin de La vieille
Faculté de Médecine et de ses commentaires d'Hippocrate. Un esprit nouveau a passé ; il commence à s'agir d'observation et d'expérience, et les effets des sciences positives, physique, chimie et autres, sur
Le grand escalier.
' étude ei le traitement île.-, maladies commencent à être entrevus.
Après la loi du 3 brumaire an IV, — 25 octobre 171).*» — l'École
1,1 Santé devient l'École de Médecine de Paris et sa destination prin*
cipale n'est j»l us de former «les officiers de santé pour les armées.
mais des médecins el «les chirurgiens pour le public. Ses ea< restent les mêmes, niais son organisation se précise; ses chaires reçoivent des titres Itirii définis : anatomie et physiologie : chimie médicale et pharmacie ; physique médicale et hygiène; patholog externe ; pathologie interne; histoire naturelle médicale ; médecine opératoire,- clinique externe: clinique interne; clinique de perfec-
Lu sallo du Cons
tionnement ; accouchements; médecine légale et histoire de la médecine.
Huit ans |ilu> tard, la loi du 19 ventôse an \l [10 mai I rétahlil le doctoral on médecine H crée !<• doctoral «mi chirurgie, cou férés l'un el l'autre par la puissance publique, après examens su devant I < • > écoles de médecine, sur les bases communes de l edu cation générale du médecin el du chirurgien, el sui l<--< i spéciales de chacun >\<^ < I « • 1 1 \ u r t s .
Enfin, lorsqu'une loi de 1806 eut décidé la constitution, sous le nom d'Université impériale, d'un corps chargé d'assurer les divers degrés de l'enseignement dans tout l'Empire, pour y entrer, l'Ecole de Médecine de Paris, déjà établissement d'Etat, conférant ses doctorats sous le contrôle et avec la garantie de l'Etat, n'eut qu'à prendre le nom de faculté.
11 n'est pas dans notre dessein de raconter ici les vicissitudes et les développements de la Faculté de Médecine de Paris au cours du xi\e siècle. Disons seulement qu'en 1890. lorsque les facultés des divers centres académiques furent réunies en corps, sous le nom d l niversités, avec des franchises civiles et des franchises scientifiques qu'elles n'avaient pas connues sous le régime impérial et sous les régimes monarchiques, tout naturellement la Faculté de Médecine de Paris entra, avec sa constitution propre, dans la nouvelle Université de Paris.
La Faculté actuelle.
Au cours du xix° siècle, la Faculté de Médecine n'avait pas reçu des accroissements en rapport avec son importance et ses progrès. Elle n'avait toujours que l'ancien Collège des Chirurgiens, le colin eut des Cordeliers, au voisinage duquel elle avait installé tant bien que mal, de façon insuffisante et malsaine, son école pratique d'anatomie, et sa clinique d'accouchements. Dans la ferveur pour l'enseignement supérieur qui suivit la guerre de 1870, la troisième République, en même temps qu'elle construisait la nouvelle Sorbonnc, se résolut à l'agrandir. Ville et État y onl consacré une somme de 21.400.000 francs.
Puisqu'on se décidait a faire neuf et grand, le mieux eût été de
se transporter ailleurs, en lieu plus vaste, sans la gêne de rues et de maisons trop voisines, et de construire non des édifices aux monumentales ri coûteuses assises, mais îles Laboratoires ou des ateliers légers et simples, adaptés chacun à sa destination particulière. Mais des habitudes étaient prises: el Ton révérai I l'ancienne faculté
Salir de lecture de la Bibliothèque.
comme un foyer ou comme un berceau. <hi se décida donc, erreur irréparable, pour L'agrandissement surplace.
La faculté actuelle, non compris ses cliniques el certains services accessoires, se compose de deux forts massifs, s'ouvranl I un el L'autre sur la place de I Lcole-de-Médecine, el Limités, sur les trois autres côtés, I un par la rue Hautefeuille el le boulevard Saint Germain, avec pan coupé à La hauteur de La rue Dupuytren, L'autre, de forme trapézoïdale, borné par La rue A.ntoine Dubois, la rue Racine el la rue de l'Lcolc-de-Médeeine
Dans le premier, a été conservé tout entier l'élégant édifice construit sous Louis XV par Gondouin pour le Collège des Chirurgiens. Sur trois cotés, l'architecte (iinain l'a enveloppé de constructions puissantes, dont la principale développe ses lignes sévères, en une seconde façade, sur le boulevard Saint-Germain. En ce massif, se trouvent les services du Doyen, ceux du secrétariat, le grand amphithéâtre, un amphithéâtre plus petit, l'amphithéâtre de physique, de chimie et de pharmacologie, avec les laboratoires annexes, les salles des examens, le musée Orlila, réinstallé avec un goût partait, la salle des actes, la salle du conseil et les immenses services de la Bibliothèque.
L'autre massif, tout entier de constructions neuves, s'est développé, suivant les plans de l'architecte Ginain. autour d'une cour rectangulaire, enveloppée d'un cloître au rez-de-chaussée. L'architecte a tiré' un excellent parti des irrégularités du terrain. A gauche, masqués à tous regards par les constructions en façade, les services de l'anatomie : huit salles de dissection, chacune pour cent élèves, conjuguées deux à deux en quatre vastes pavillons, prenant jour et air par en haut, et donnant Ions sur une galerie centrale : au-dessous, «m sous-sol, et aux alentours immédiats, les annexes de cet important service, dépôt des cadavres, salle pour les injecter, etc., etc... Accolé- à l'intérieur "lu bâtiment en façade sur la place, un grand amphithéâtre de douze ou quinze cents places pour les leçons et démonstrations où s'emploie le cadavre. Dans les divers bâtiments i|iii bordent la place, la rue Antoine-Dubois et la rue Racine, les services de l'histologie, de l'anatomie pathologique, île la physiologie, de la médecine expérimentale, de la pathologie générale, de la pathologie expérimentale, de la thérapeutique, de l'hygiène, el les travaux pratiques île h physique, de la chimie el île l'histoire naturelle médicales. A l'intérieur de l'angle formé par les bâtiments de la rue Racine el de la rue de l'Lcole-de-Médecine, dans la vieille
« * l; 1 1 s « * de l'ancien couveni <les Cordèliers, le musée Dupuytren, eonsacré aux efïels organiques de certaines maladies spéciales.
Voilà pour les enseignements théoriques et pour 1rs enseignements pratiques extérieurs au malade. Pour l'étude des malades, la Faculté a, dans divers hôpitaux, des cliniques nombreuses, chacune munie de laboratoires où se font les examens physiques, chimiques
Musée Orfila.
«'l microscopiques, radiographies, analyses des liquides organiques, ensemencements el cultures bactériologiques, désormais nécessaires au diagnostic H au traitemeul des maladies, De ces cliniques, les unes sonl générales <•! les autres spéciales. Les premières sonl au nombre de huit, quatre pour la médecine, quatre pour la chirur [>ie, ;'i l'Hôlel-DieUj ù la Pitié, à la Charité, à l'Hôpital Suinl Antoine, i I Hôpital Laënnec, ù I Hôpital Beaujon, .1 l'Hôpital Necker cliniques <l accouchemenl sonl au nombre de trois : la clinique l>
dèloquë, en un bâtiment spécial, à l'angle de l'avenue de l'Observatoire et de la rue Notre-Dame-des-Champs ; la clinique Tarnier, à l'Hôpital de la Maternité ; la troisième, toute récente, spécialement affectée à l'instruction des élèves sages-femmes, à l'Hôpital Beaujon. Les cliniques spéciales sont disposées dans divers hôpitaux : ophtalmologie, à l'Hôtel-Dieu : maladies nerveuses, à la Salpêtrière ; maladies mentales, à l'Hôpital Sainte-Anne: maladies cutanées et syphilitiques, à l'Hôpital Saint-Louis: maladies des voies urinaires, ;i Necker; maladies des enfants, à l'Hôpital des Enfants ; gynécologie, à l'Hôpital Broca.
A ces cliniques lixes s'ajoutent trente cliniques auxiliaires, plus mobiles, puisque les titulaires, pris parmi les médecins, les chirurgiens et les accoucheurs des hôpitaux, sont nommés pour trois ans. D'une façon plus générale, on peut dire que tous les hôpitaux de Paris concourent dans leur ensemble à la formation des étudiants en médecine, puisqu'à chacun de leurs services, qu'ils soient ou non rattachés à la Faculté, sont attachés plusieurs internes et plusieurs externes, auxiliaires des médecins, chirurgiens, et accoucheurs des hôpitaux, corps d'élite, recruté au concours par l'Assistance publique, parmi les étudiants en médecine. A noter enfin, comme annexe de la Faculté, un laboratoire de physiologie, construit par l'Université de Paris, sur un des bastions mis naguère à sa disposition par l'Administration de la Guerre.
Gomme l;i nouvelle Sorbonne, la Faculté de Médecine est, elle aussi, à sa façon, un musée d'art. SeuJemenl la plupart des œuvres qu'elle conserve sont d origine et de provenance anciennes '.
Quelques-unes seulement (latent des années de son agrandissement.
Sur la façade < 1 < ■ Gondouin, en attique, au-dessus de la grille
' V. Nue Lcgrand La Galerie historique et artistique de la Faculté de Médecine de Paris. Pu ii- i 'JO'à.
d'entrée, un vaste bas-relief rectangulaire du sculpteur Berruer. Le motif principal représentait Louis XV. accompagné de Minerv< de la Générosité, accordant des grâces à la Chirurgie flanquée de la Prudence ei de la Vigilance ; à droite et à gauche, des malades el des blessés. Il existe toujours en sa place primitive. Mais la Révolution y a fait quelques retouches : par elle, la ûgure «le Louis X\ s'esl transformée en une figure de la Charité, et aux mains de Minerve, le brevet et les croix sont devenus une lance et une branche de laurier. Au fond de la cour intérieure, au-dessus du portique d'ordre corinthien, qui tait face à la grille d'entrée, un fronton du même Berruer, représentant l'union de la Théorie et de la Pratique. Lu avant du portique, la statue eu bronzede Bichal par David d'Angers, précieuse à double titre à la faculté, el par sa valeur d'art, ei par le souvenir qui s'\ attache, étant un don du congrès médical Je iSiiT. Dans l'édifice de Gondouin, l'aile gauche contenait la Salle des Actes et I Ecole pratique d'anatomie; l'aile droite une salle hos pitalière de six lits, fondée par Louis \\ I pour l'étude des maladies rares en chirurgie, un petit laboratoire de chimie, el un amphithéâtre de l.âOOplaces Celui-ci subsiste toujours en sa structure première. Mais partie des œuvres d'arl qui l'ornaient ont disparu el onl été remplacées. Les grisailles de Gibelin qui en couvraient les murs, Louis V I / at cordant sa protection à lu Chirurgie : Est uiape dét ouvrant las set rets de I anatomie : des < hh urgiens portait t set ours à des l> sur un champ de bataille, exécutées à la fresque, onl promptemenl disparu. En 1864, «Mes furent remplacées par trois panneaux peints de Vlatoul Ambroise Paré appliquant la ligature aiu artères aprt's une amputation et repoussant le fer rouge employé jusqu'alors. Lanfrant debout en robe sur une estrade, une tête de mort à la ni dont il /a// la démonstration anatomique . Desault, ent d étudiants, en costume d'hôpital, vêtement noir et tat tatant le pouls d'un malade dont le pied e> >tré d'un g \
leur tour ces panneaux disparurent, en 1 8S'.>, dans un incendie, qui détruisit aussi, au même lieu, un beau buste d'Ambroise Paré, œuvre et don de David d'Angers. Il y a douze ans, la paroi plane qui domine la chaire du professeur a reçu une ample et noble composition décorative du peintre Urbain Bourgeois, figurant l'histoire de la médecine. En avant d'un portique antique, sont groupées, en des attitudes diverses, d'un ensemble harmonieux et varié, cinquante-six figures. Assis au centre, L'aïeul des aïeux, Hippocrate. à sa droite et à sa gauche, les médecins et savants dé l'antiquité grecque et de l'antiquité latine, ceux du moyen âge, le groupe des médecins arabes et les maîtres modernes.
L'aile gauche du monument primitif a été transformée en un amphithéâtre de cours; raile droite en un vestibule, d'un beau style qui se raccorde harmonieusement au reste de l'édifice, et par où prennent accès, au rez-de-chaussée, les nouveaux services de la faculté, et au premier, la Salle du Conseil et la Bibliothèque. Le long de ce vestibule, divers bustes de médecins, un groupe du sculpteur Thomas, Esculape et Hygie, et, au bout, au pied de l'escalier, l'adorable statue blanche de Barrias, La Nature se dévoilant devant lu Science, chef-d'œuvre de grâce et de pureté.
Au rez-de-chaussée, en diverses salles, au foyer des professeurs, dans le vestibule postérieur, parallèle au boulevard Saint-Germain. dans l'antichambre et dans le cabinet du Doyen, une véritable collection >\<> tableaux, de portraits et de bustes, parmi lesquels quelques chefs-d'œuvre. Dans l'ensemble, c'est à la lois une galerie d'art et un musée de documents. Beaucoup proviennent en effet de l'ancienne Faculté de Médecine. Celle-ci tenait à conserver l'image de ceux qui l'avaienl bien servie nu honorée. Cinquante-deux de ces images. portraits peints <>u lni>trs. sonl venus d'elle à la faculté nouvelle. Quelques-unes méritenl une mention spéciale : le poitrail de Claude Perrault, l'architecte-médecin, donné par sou frère,
l'avocat Perrault; celui de Jean Hamon, l'humble médecin de Port-Ro\aI, représenté de façon saisissante par Philippe de Champagne ; le portrait de Guy Patin, pétillant d'esprit et de malice ; celui de Fagon par Hyacinthe Rigaud; celui de l'Épine, par Nattier; celui de Pourtour du Petit, par Restout, longtemps égaré dans les collections de Versailles, retrouvé' là récemment avec ses titres d'origine
Cloître de l'École pratiqui
par un des bibliothécaires de la faculté, M. Noé Legrand, ce qui a permis de le faire revenir à la faculté; le buste de Winslov : celui de Camille Palconnet, par Falconnet : celui de Ferrein, par Pigalle, incomparable < 1 « - \ ie el <\ es pression .
Comme la Faculté de Médecine, le Collège des Chirurgiens, pro gressivemenl triomphant, avait voulu avoir, lui aussi, les images <!<• ses héros el de ses bienfaiteurs. Installées d'abord dans I édifice où brite aujourd'hui l'École des Vrts Décoratifs, naturellement elles - livi-
rent le Collège dans ses nouveaux locaux de Saiht-Gôme, et elles furent mêlées aux provenances de l'ancienne faculté, lorsque dan-, cet édifice, médecine et chirurgie furent enfin rapprochées. A signaler parmi les œuvres de cette provenance, les bustes en marbre de La Pevronie et de La Martinière, par J.-B. Lemoine. et un buste en marbre d'Antoine Louis, parlloudon.
La faculté nouvelle a tenu à compléter cette galerie des ancêtres : elle y a ajouté, de ses deniers, un précieux portrait d'Ambroise Paré, par Porbus. Elle a voulu avoir aussi sa galerie îles modernes et des contemporains. Elle est déjà nombreuse. On y remarque la copie d'un beau portrait de Laënnec, un portrait de Baudelocque, celui de Maï*jolin par Arv Schefler : le buste de Trousseau, donné par souscription publique et celui de Depaul par Uartholomé.
Dans l'escalier qui conduit au premier étage on a fort beureusenient placé un vaste tableau d'André Brouillet, don du professeur Michel. L'Ambulance dirigée par lui en 18~o dans le foyer de la Comédie Française. Les parois de la Salle du Conseil sont splendidemenl ornées de trois pièces des Gobelins. avec entrè-fenêtres, d'après les dessins de Le Brun : ['Elément de l'Eau, avec son entre-fenêtres: 1 Elément du Feu, également avec son entre-fenêtres : V Elément de la Terre, avec rentre-lenètres de VAir. On a récemment ajouté- à cette riche décoration deux tapisseries de Beauvais, provenant de Fontainebleau, auparavant tendues dans le salon du Doyen.
L'organisation de !a faculté.
Voilà l'enveloppe el l'habitat. Voyons maintenant la faculté elle-même, vivante el agissante. Toul d'abord, disons, une fois pour
toutes, sans avoir à le répéter quand nous passerons aux aul 1'arullés. ce qu'est l'organisation d'une faculté dans L'organisme collectif de l'Université de Paris.
L'Université est un corps investi de la personnalité civile. Chacune des facultés qui la composent est également une personne, capable de recevoir, acquérir et posséder. Coordonnée aux autres
ensemble des pavillons d'anatoniio.
facultés dans l'ensemble de II niversité, elle en est cependant indépendante et <'ll<' a sa vie propre, vie civile, \i<" scientilique. Poui vie civile, «'Ile a un budget personnel, où elle inscrit les subventions de I Mal. celle il<' I l niversité, celles que peuvent lui donner départements, communes, établissements publics H particuliers, ainsi que I'' produit des dons «-t legs faits en sa faveur Elle peut bén cier indirectement des libéralités faites à II niversité. Vinsi, ! \ <lc Paris subventionne l'Université pour entretenir 'l<u\ r liai ri
Faculté de Médecine; de même, le legs Commerey, quatre millions pour l'avancement des sciences, est inscrit au budget de l'Université : mais c'est la Faculté des Sciences qui seule en bénéficie.
La vie civile, avec les ressources diverses qu'elle apporte, n'est qu'un moyen de soutenir et de développer la vie scientifique des facultés. Enseigner la science faite, propager les méthodes qui la font avancer, l'accroître par des découvertes, est la lin véritable de l'enseignement supérieur. Les facultés y pourvoient par leur personnel. Comme elles sont établissements d'Etat, ce personnel est nommé par les représentants de l'État, tantôt sur présentations, tantôt après concours. Ce personnel varie suivant la nature et les méthodes des disciplines qu'elles enseignent. Mais en toutes, il comprend des professeurs titulaires, des chargés de cours et des maîtres de conférences, avec cette ditférence cependant que dans les Facultés de Médecine et de droit et dans les écoles supérieures de pharmacie, cours et conférences sont généralement confiés à des agrégés nommés au concours. Dans les facultés où la pratique se joint à la théorie, médecine, sciences et pharmacie, aux professeurs, chargés de cours et maîtres de conférences sont adjoints des auxiliaires, chefs de travaux, chefs de cliniques, chefs de laboratoires, préparateurs et moniteurs.
Personne civile, chaque faculté est représentée par un conseil. Le conseil comprend tous les professeurs titulaires. Il statue sur l'administration des biens de la faculté et sur les actions en justice; il vote le budget, recettes et dépenses: il délibère sur l'acceptation «les libéralités et sur la création de nouveaux enseignements, sur le maintien, la suppression ou la transformation des chaires vacantes. Il peut émettre des vœux sur toutes les questions relatives à la faculté.
Personne enseignante et savante, la faculté esl représentée par une assemblée. Plus large que le conseil, l'assemblée comprend,
outre les professeurs titulaires, les chargés de rouis et maîtres conférences pourvus du grade de docteur. D'une façon générale, la compétence de l'assemblée s'étend à tout ce qui concerne l'enseignement de la faculté, notamment à la détermination et à la coordination des programmes des cours. Gomme le conseil, l'assemblée
Uji pavillon d'anatomie.
peul émettre des vœux mais seulement touchant les questions relaii\ es à l'enseignemenl de la faculté.
Ces pouvoirs délibérants supposent un pouvoir exécutif. Le pou voir exécutif de la Faculté est le doyen, le directeur dans les écoles de pharmacie. Comme celles du recteur, ses attributions sonl doubles. Il esl le délégué de la faculté pour l'exécution de ses délibérations el décisions. Mais il est aussi, près d'elle, le déli gué de l'État, pour l'exécution des lois el règlements Ussi tientses pouvoirs temporaires trois ans d'une double investiture. Il « si
nommé par le ministre de l'Instruction publique, sur une liste de deux candidats à lui présentée, par l'assemblée de la faculté el par le conseil de l'Université.
Ceci dit, quels sont les traits propres de la Faculté de Médecine de Paris.
D'abord ses ressources. Annuellement, elle reçoit de l'État, i. 189. 000 francs, et de l'Université de Paris, 42.800 francs pour son personnel. Pour son matériel, elle reçoit de l'Etat 218.000 francs el de l'Université 324.000 francs, affectés aux dépenses de la bibliothèque, des laboratoires, des travaux pratiques des étudiants el des collections. Sa dotation est donc considérable, inférieure cependant à ses besoins. Le revenu de ses biens propres, la plupart provenant de dons et legs, est de 54.000 francs, affectés principalement à des prix aux étudiants.
Son personnel comprend 38 professeurs titulaires, 4 chargés de cours complémentaires, 42 agrégés et 30 chargés de cours de cliniques complémentaires, choisis pour trois ans parmi les médecins. chirurgiens et accoucheurs des hôpitaux; Au bataillon des maîtres, il faul ajouter celui des auxiliaires : chefs de travaux, chefs de clinique, chefs de laboratoire, prosecteurs, aides d'anatomie, préparateurs el moniteurs. II atteint le chiffre de 150. C'est donc, tous élémenls comptés, un effectif de 2lii unités.
Venons mainlenanl aux études et aux étudiants.
Ce sonl de longues, de laborieuses, de complexes éludes, que celles de la faculté' de Médecine, el, chaque joui', à mesure que se multiplient les découvertes scientifiques et qu'il s'en fait une application plus large el plus précise à l'ail de guérir, elles le deviennent davantage. Il ne suffil plus au futur médecin de connaître l'anatomie el le fonctionnement général de l'organisme humain, d'avoir
observé aux litsdes malades les signes et symptômes des maladies, el d'avoir reçu des maîtres les recettes des traitements. Au cours du xixe siècle, une révolution profonde <[ui n'est pas et ne sera jamais close, s'esl accomplie dans la médecine, surtout à la suite des
Uni par Philippe de Champaigne.
' .il, m. i .lu do
admirables découvertes de Claude Bernard el de Pasteur. La médecine n'esl pas, en eil'et, une science qui se suffise à elle-mùme comme l'algèbre el la géométrie. Elle esl science sans iloute, mais par dérivation. S. -s progrès sonl liés à ceux des science physiques el biologiques el en découlent. D'abord empirique,
les sciences positives n'étaienl pas encore
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science d'observation le jour où l'observation eut eliassé de la nature les entités scholastiques, et mis l'esprit face à face avec les faits. Elle est devenue science d'expérimentation, Je jour où. par un nouveau et décisif progrès, à l'observation passive qui constate et décrit les faits sans intervenir dans leur marche, se fut substituée l'observation active, ou l'expérimentation, qui modifie les phénomènes, les produit, les maîtrise, et, les tenant en main, eu établit les liens avec le degré de certitude auquel peuvent atteindre l'expérience et l'induction. Désormais les phénomènes vitaux et avec eux les phénomènes morbides qui n'en sont que des modalités, sont tenus pour déterminés par des conditions physiques et chimiques.
En employant le premier le terme de médecine expérimentale, Claude Bernard entendait que dorénavant la médecine devait être une science positive, au même titre que la physique et la chimie: que son objet, à elle aussi, était de découvrir des luis, celles qui régissent les phénomènes vitaux à l'état normal et à l'état pathologique; que le seul moyen d'intervenir efficacement dans leur développement, soit pour le provoquer ou l'enrayer, soit pour l'accélérer ou le ralentir, était d'en connaître d'abord le déterminisme particulier, puis de se rendre compte, par les procédés de l'expérience, des modifications qu'y apportent les substances médicamenteuses. Quelques années plus lard, la théorie pastorienne des microbes, avec son cortège infini de conséquences, venait confirmer et élargir encore ces vues générales.
Donc s'il faul toujours au médecin ce tact particulier, celle sorte de divination, qui esl un don. el qui tient plus de l'art que de la science, il lui faut avant tout la science, l'esprit de la science, la technique de la science. Toute maladie, c'est-à-dire toute altération pathologique, est déterminée par un certain nombre de conditions ci peut èire. dans une mesure variable, combattue par certains changements i 1 1 ( roduils dans ces conditions. Déterminer ces conditions et
les effets de ces changements, c'est de la science au premier chef. Celte façon d'envisager les maladies a transformé profondément la technique médicale. Il ne suffit plus au médecin de savoir manier le bistouri ou le forceps et de formuler une ordonnance. Toute cli-
s vi\ lus, par Rigaud.
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nique est flanquée d'un laboratoire; la boite àréactifs, l'étuve à cultures, le microscope sont désormais pièces indispensables de l'appareil méd cal à chaque instant, la science est mise à réquisition. Pour nombre u< diagnostics, un examen chimique, un examen microscopique, une ra diographie en disent beaucoup plus long que la simple obsen l'auscultation ou la percussion !><• même en thérapeutique, nombre
d'agents physiques et chimiques, l'électricité, les poisons organiques,
les virus atténués, sans parler des anesthésiques, des antiseptiques, sont d'intervention courante.
D'où, pour le futur médecin, une double nécessité : d'abord, dé n'entreprendre les études médicales qu'avec une suffisante initiation scientifique : puis, tout le long de ses études, de les lier toujours aux applications des sciences physico-chimiques.
A la première de ces nécessités, on a pourvu en instituant, voilà quatorze ans, à la faculté des sciences, une année d'études phvsiques, chimiques et naturelles, particulièrement destinée aux futurs étudiants en médecine. Ils y sont initiés théoriquement et pratiquement, au degré suffisant, à l'esprit de la science expérimentale, à ses résultats principaux, à ses procédés, aux éléments de sa technique.
Lu an plus tard, nantis de ce viatique indispensable, ils abordent, à la faculté de médecine, leurs études propres, et les applications des sciences à la médecine. Réglementairement, ces ('Indes durent [juatre ans, après lesquelles viennent les examens. En fait, elles sont d une durée plus longue, cinq ans, six ans, sept ans, parfois même davantage, quand l'étudiant réussit à l'internat des hôpitaux, pendant lequel, suivant les règles fort sages de l'Assistance publique. l'étudiant doit se consacrer tout entier à son service hospitalier, à ses études cliniques, et interrompre à la faculté inscriptions et examens. Abstraction faite de celle exception, qui est le fait iles meilleurs, et qui contribue pour la plus large part à la forma- Lion des meilleurs médecins et des meilleurs chirurgiens, la vie ordinaire de l'étudiant en médecine, 1res occupée, très chargée même, se répartil entre les enseignements théoriques, les cliniques et les travaux pratiques.
Le matin il va à I hôpital; il assisle à la visite du chef de service et reçoil renseignement clinique; l'après-midi, il est retenu à la
;ulté de une heure à quatre par les travaux pratiques, de cinq à sepl
par les cours et conférences. Les cliniques obligatoires seul, pehdanl plusieurs années, la clinique médicale et la clinique chirurgicale, puis pendant un semesl re la clinique <1 accouchements el , pendanl un semestre aussi, les cliniques spéciales . ophtalmologie .
maladies de la peau, maladies des voies urinaires, etc.
Les travaux pratiques onl pour objet, pendanl deux semestres, I anatomie, pendanl un semestre, lu physiologie, l'histologie, I anatomie pathologique, la physique médicale, la chimie médicale, el l'histoire naturelle médicale. Les cours et conférences théoriques portent sur I anatomie, l' histologie, I ;i phy sio logie, la pathologie interne, la pal holog ie externe . la pal holou ie généra le , I li\ l; iène .la I liérapeul ique .
la pharmacologie, la |>h\sique médicale, la chimie médicale, la parasitologie.
\prcs ces années laborieuses, oîi sans cesse lu pratique s unil à i.< théorie, commencenl les examens. <*n les a réceinmeul inodiliés.
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Mais les changements ont moins porté sur le fonds que sur les modalités. Ainsi on a séparé complètement les épreuves pratiques des épreuves de simple interrogation et on en a fait l'objet d'examens distincts. Au fond, la substance des examens, si l'on peut dire, est restée la même : analomie, histologie, physiologie, pathologie interne, pathologie externe, accouchements, pathologie générale, thérapeutique, hygiène, physique et chimie appliquées à la médecine, clinique médicale, clinique chirurgicale, clinique obstétricale, cliniques spéciales. En un mol, toute l'encyclopédie des sciences médicales. Comme sanction : le diplôme de docteur en médecine, donnant droit, à qui le possède, d'exercer la médecine, toute la médecine, sans restriction aucune, eu tout point du territoire de la République Française.
A cette seule énumération, on comprend que malgré cinq ou six ans de sérieuses études, ce diplôme ait moins une valeur scientifique qu'une valeur professionnelle. Il témoigne d'un ensemble d'études générales, et non de la possession d'une spécialité, encore moins d'une maîtrise scientifique. Aussi pour beaucoup d'étudiants, pour les meilleurs, les études sont loin d'être terminées avec le doctorat ; elles se prolongent, pour les uns, en vue d'une spécialité déterminée; pour ies autres, par un compagnonage scientifique dans les laboratoires et dans les services des maîtres. La Faculté de Médecine de Paris, usant de la liberté académique donnée aux universités, a créé deux diplômes universitaires de médecin-légiste, et de médecin colonial. Elle eût pu en créer bien d'autres, autant qu'il y a de spécialités <lans la médecine. Des considérations pratiquesl'en ont empêchée. Elle n'a pas non plus, au-dessus du doctoral en médecine qui est essentiellement un grade professionnel, de grade scientifique analogue au doctoral ès-sciences ou au doctoral ès-lettres. Mais elle ason agrégation, concours élevé el difficile, qui maintient haut les éludes.